The XX - Hot Like Fire

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L'insouciance nous fait parfois faire de choses invraisemblables comme s'engager dans une entreprise déconstructionniste visant à échafauder, à partir d'une chanson hétéronormée, un hymne transgenre. The XX, où comment arriver à déposséder la musique de gros bras de son substrat idéologique.

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The XX - Hot Like Fire (Aaliyah Cover)

Aaliyah - Hot Like Fire


A Mountain Of One - Bones (Video)

amountain Zeben Jameson et Mo Morris, les deux têtes pensantes d' A Mountain of One, s’apprêtent  à sortir en septembre leur premier album  dénommé Institute Of Joy. Pour vous faire patienter jusque-là, nous vous proposons de savourer la vidéo du sympathique single Bone.

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Moshi Moshi - Birthday

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Certes et vous pouvez le dire, nous sommes un peu en retard sur ce coup là! Mais on souhaite tout de même un très bel anniversaire au label anglais Moshi Moshi qui fête ses 10 ans de bons et loyaux services au monde de la musique. C'est tout pour le moment! (dixit le fantôme de Pol Pot sur la première de nos chaînes)

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Casiokids - Gront Lys I Alle Ledd

Slow Club - It Doesn’t Have To Be Beautiful

The Wave Pictures - Just Like A Drummer


Multichroniques : Forest Sword vs Pradada

L'hyper exposition de l'écurie Notnotfun records (Pocahaunted, Sun Araw...) a coïncidé avec l'émergence des musiques expérimentales dites tropicales, terme usurpatoire pour ne pas dire musique du monde. On aurait très bien pu appeler ça « krautrock joué par des ingés son fauchés » ça serait également revenu au même. Au milieu de ce magma mantrique, Forest Swords et Pradada proposent des visions pour le moins personnelles de cette hype momentanée.

forestsword

Forest Swords, c'est tout frais, même pas un an d'existence : une K7, un CD-R et déjà pas mal de papiers sur ce one-man band (no pain in pop notamment). Tout ça est plutôt mérité, tant le cdR en question épate par sa qualité pour un premier jet. On pourrait ramener ça à un Tortoise juvénile bardé d'intentions psychédéliques, shoegaze voire dub par moments (je dis bien par moments). La doublette Trust Your Blood – Riverbed est vraiment le point culminant de l'album : 11 minutes d'un ressac sonore minimaliste et aride. Forest swords, c'est davantage le bayou que l'océan.

pradada

Pradada, quant à lui, opère depuis un peu plus longtemps (milieu des années 2000, il me semble). Jusqu'ici, sa discographie m'avait laissé de marbre : musique concrète, ennui réel. Cd de la dernière chance avant l'oubli éternel, Slow Waltz in empty Horror remplit à moitié le contrat. Le démarrage s'effectue sur les chapeaux de roues, les deux premières pistes assurent la liaison entre un shoegaze brumeux et une mélopée de dresseur de serpent à la sauce harsh-électro (sic). Tout cela se gâte par la suite : l'apparat autiste reprend le dessus (une sorte de mixture nauséabonde de rythmes world et indus et de noise cheap). Dommage, j'aimais bien la pochette.

Nicolas

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forest swords - miarches

Video

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Tracklist

Forest Swords - Fjree Feather (autoproduit, 2009)

1. down steps
2. Red Rocks Fogg
3. Kaisaba Claps
4. Trust Your Blood
5. Riverbed
6. Bones

Pradada - Slaw Waltz in Empty Horror (Hobo cult Records - 2009)

1. Soul white swan
2. Confetti jungle jive
3. Hidden hotel samba
4. Static moon glow
5. Blood bells burn
6. Alcohol flavored lipstick
7. Purple pussy sprinkles

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Speech Debelle - Speech Therapy (Big Dada)

speecharchLe rap féminin avait plutôt tendance ces derniers temps à nous exaspérer et il fallait soit, se plonger dans les bas-fond de l'indie  pour trouver quelques voix féminines capables à la fois de nous prendre aux tripes tout en nous garantissant un haut degré de satisfaction poétique soit, privilégier des rencontres moins orthodoxes quitte à se fourvoyer  dans le putassier.
A l'écoute de Speech Therapy, la première chose qui nous frappe c'est d'abord et avant tout l'élégance avec laquelle mademoiselle Debelle a su retrouver le chemin de la maison mère, maison jadis habitée par d'autres rappeuses (Bahamadia, Jean Grae) ayant su, elles-aussi, se libérer du joug de l'omnipotente tutelle masculine qui pèse depuis toujours sur le hip-hop. Ce qui frappe ensuite, c'est que la jeune fille du south London a fait le choix d'une production léchée, imaginée en partie par le chef d'orchestre Wayne "Lotek" Bennet et à contre-courant de l'esprit minimaliste qui règne en maître depuis l'avènement des Dirty South,  musique de Bal et autre Grime. Ce qui frappe enfin c'est tout simplement que la présence d'instruments, joués live, permettent aux propos crus et politiques de Speech d'être entourés d'une antinomique légèreté, manière lumineuse de conter sans misérabilisme les chroniques ordinaires de  son existence tourmentée tout en évitant l'écueil de se prendre pour le rhapsode de l'humaine condition.
En définitive avec cet album, Speech Debelle, en archéologue averti, déterre les symboles les plus antiques qui ont fait la gloire du hip-hop de son enfance, en exhume les codes et les traditions et les dépoussières avec un pinceau fin et efficace d'inentendu, empêchant ainsi et pour un temps sa course inexorable vers le déclin.

Benoît

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Speech Debelle - Better Days  Featuring Micachu

Tracklist

SPEECH DEBELLE - Speech Therapy (Big Dada, 2009)

01.    Searching
02.    The Key
03.    Better Days  Featuring Micachu
04.    Spinnin'
05.    Go Then, Bye
06.    Daddy's Little Girl
07.    Bad Boy
08.    Wheels In Motion  Featuring Roots Manuva
09.    Live And Learn
10.    Working Weak
11.    Buddy Love
12.    Finish This Album
13.    Speech Therapy

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On y était - The Rifles

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J’avoue que je remontais la rue Oberkampf à reculons, la motivation ne culminait pas aux sommets pour ce concert. Personne n’avait voulu m’accompagner, c’était donc moi et mon petit carnet de journaliste professionnelle. Oh frustration ! Car il y en avait des choses à dire ! Le programme donc : The Rifles, groupe anglais à cheveux.

Inspiration Oasis pour la coupe, mais pas seulement ; j’y reviendrai. Toutes mes excuses chers lecteurs, j’inaugure ce papier sur une thématique fashion de comptoir, mais ce petit groupe pop/rock qui fait mal aux oreilles (le petit casque capillaire a peut-être double fonction?) m’a tout de suite inspirée à un niveau tout autre que musical. À l’image de ce guitariste aux lunettes double foyer, chapeau de sorcière et slim, je me devais de débuter sur une touche complètement inappropriée. J’ajoute pour la postérité que c’est le genre de groupe qui aime se regarder la guitare, genre « viens on se fait des bisous de gratte » face à face. Ces scènes de vieux routiers me font immanquablement sourire dans ma barbe, et je ne peux m’empêcher d’oublier un instant mon sérieux légendaire …

Parenthèse modasse fermée, il est intéressant de constater qu’il existe toujours des groupes à fort potentiel (grosse prod, mélodies entêtantes) qui passent continuellement à ça du gros hit mondial, mais qui s’obstinent. Quand je formule « ça », le petit mot insignifiant prend malheureusement une envergure assez énorme dans son sens : la touche de génie qui fait le tube, pas moins. Malgré cela, la verve et l’énergie ne manque pas pour ce premier live en France d’un groupe jusque là inconnu dans l’hexagone. Pour tout dire, j’étais aussi surprise que le quatuor à l’accent cockney pure, qu’il y ait plus de deux ou trois personnes dans la salle. Au lieu de ce bide attendu, dans une salle presque remplie, les deux premiers rangs comptaient nombre de fans, scandant les refrains et sautant énergiquement en l’air.

Mais qui sont donc ces Riffles ?

Je vais citer directement le site du Nouveau Casino, avec quelques commentaires en italique, si vous le voulez bien :

« The Rifles ont fait irruption sur la scène musicale il y a deux ans, lançant la charge avec No love Lost , un premier album rebelle ah les rebelles à l’image des espoirs de la working class des banlieues londoniennes est-ce que ça ne sonne pas un peu daté? Est-on de retour dans les 90’s les gars ?. Alors que les médias ignorent (étrangement) à raison je dirais le quartet de Walthamstow, le groupe accroît sa notoriété sur la route, récoltant au passage une pléiade de fans chez les fidèles de Paul Weller ou encore Oasis. Voilà nous y sommes, c’est bien là le problème.

C’est maintenant le deuxième round pour The Rifles et avec quelques énormes hits, comme ils y vont ! Great Escape se présente comme un véritable assaut indie ( ???)conçu pour les propulser à la place qui leur revient de droit : au top. No comment. Grâce à la collaboration du producteur Jan 'Stan' Kybert (Weller, Oasis, Bjork), Joel Stoker (chant), Luke Crowther (guitare), Rob Pyne (basse) et Grant Marsh (batterie) ont su faire mûrir leur musique ». C’est un avis, certes.

Mais c’est précisément ce qui me laisse complètement hermétique à ce groupe.

Certains revivals musicaux sont en phase avec notre époque parce qu’ils mettent en parallèle la société et ses aspirations sur des plans comparables, ET accordables. Plus clairement, un genre comme le disco, avec toute l’imagerie flamboyante et la mentalité correspondante, fait un retour sur nos scènes en s’adaptant à la fin des années 2000, se minimalisant, approfondissant ce son synthétique si caractéristique.

Et ça fonctionne. Idem pour tous les groupes qui se revendiquent du Shoegazing, ce truc un peu planant est au final vraiment d’actu. Les gens ont envie de planer.

L’imagerie des 90’s anglaises est « irressuscitable » parce qu’elle appartient trop à elle-même. Chaque année depuis 4 ou 5 ans, on nous annonce le retour du grunge en mode. Et chaque année, ça ne prend pas. Pourquoi ? Et bien, il faut juste admettre qu’on a tout sauf envie de retourner dans cette époque désespérée et désespérante. On veut du rêve et du glam bordel ! Des chemises à carreaux oui, mais avec des leggings dorées et des boots de 12cm. Alors du néo-Oasis sans valeur ajoutée ?... Pas sûre.

Virginie Polanski.


Bauhaus en deux temps

Bauhaus n'est pas mort. Incroyable mais vrai, ses membres ont formé deux groupes : un (Blank Dogs) signé sur la mecque indé rock/garage/psyché du moment (In the Red) et un autre (The Horrors) appelé a être la « new big thing ». Toujours en balance entre sa quête de l'immédiateté et son côté grandiloquent, Bauhaus a tranché en affectant à chacun de ses nouveaux projets ces caractéristiques qui ont contribué à l'explosion de la scène batcave. A Blank Dogs l'immédiateté, àThe Horrors la grandiloquence. Alors forcement l'oreille non avertie aura l'impression de parfois entendre la même chanson d'un cd à l'autre. Il existe une solution pour s'y retrouver : les accoutrements diffèrent (option elephant man pour Blank Dogs, option adulescent gothique pour The Horrors).Ps : On me dit que Bauhaus est bel et bien mort...

Nicolas

TRACKLIST

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Blank Dogs - Under and Under (In the Red, 2009)

1. No Compass
2. L Machine
3. Night Night
4. Open Shut
5. Setting Fire to Your House
6. Around the Room
7. Blue Lights
8. New Things
9. Falling Back
10. Tin Birds
11. Slowing Down
12. Face Watching
13. Books
14. Nothing Ugc
15. From Here

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The Horrors -  Primary Colours (XL Recordings, 2009)

1. Mirror's Image
2. Three Decades
3. Who Can Say
4. Do You Remember
5. New Ice Age
6. Scarlet Fields
7. I Only Think Of You
8. I Can't Control Myself
9. Primary Colours
10. Sea Within A Sea

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Burial & Four Tet - Moth

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Moth est la rencontre opportune de deux des faiseurs de son les plus influents de leur génération, le déjà vétéran  Kieran Hebden alias Four Tet et Will Bevan, Burial de son de scène, qui, depuis la sortie de son sémillant second album Untrue, apparaît comme le gendre idéal de la scène électronique londonienne. On espère donc vivement que cette heureuse collaboration ne restera pas à l'état de simple "coup d'essai" tant Moth, longue plongée introspective dans les eaux bouillantes et sans fond du dubstep, est un coup de maître(s).

AUDIO

Burial & Four Tet - Moth

TRACKLIST

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Burial & Four Tet – Moth / Wolf Club (text Records, 2009)

A1.Moth

A2.Wolf Club

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On y était - BATTANT

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Battant tabasse.

Samedi soir à la Maroquinerie, on trépignait tous d’impatience en attendant le magnétique trio anglais, Battant, qui sont précédé par une réputation de lives fiévreux, pratiqués intensément dans le East London ces deux dernières années. Autant dire que ça tapait du pied sévère en se cognant le slow show de Telepathe en première partie.

Est-ce qu’on espérait trop?

Battant et sa chanteuse androgyne Chloé Raunet fait son entrée sur trois titres planants et prometteurs d’une suite plus énervés (Mark Twain, The Butcher et Rerinse). Arrive le tubesque Radio Rod et c’est à ce moment précis que je me dis qu’il manque quelque chose, non seulement sur cette scène un peu vide, mais surtout dans le son sec envoyé par la boïte à rythme : une batterie! S’il est vrai que Battant mélange et emmêle à merveille leur rock d’une grave empreinte newwave/coldwave fonctionnant parfaitement sur leur album, le live se montre un peu chiche en matière de gros son que nos oreilles affamées réclame ce soir-là.

Cette impression de manque s’estompe une fois envoyé Socket, le titre le plus rock de leur premier album. A ce moment,  la salle (franchement empotée) se laisse gagner par le rythme frénétique et le chant fiévreux « Plug the TV into his mind » de Chloé. Un peu poseuse selon certains, elle se montre parfaitement maîtresse de ce live, oscillant entre séduction et fuckoff attitude, se balladant avec sa Kro entre ses deux acolytes Tim Fairplay et Joel Dever, l’un grattant frénétiquement sa guitare et l’autre plié en deux devant son clavier.

Final au top!

Heureusement pour nous, le meilleur arrive : le trio envoie la furie punk/horror du titre Human Rug, cascade de riffs et arabesques moyen-orientales dissonantes. Les « mini-battant » à la coupe garçonne clonée de Chloé secoue leur mèche de cheveux devant leurs yeux fermés, parties dans une transe aux accents vaudous.

Finalement, c’est aussi ce que le public demande ce soir : avec une signature sur le label de la night Kill the Dj , on a qu’une envie, c’est que Battant nous fasse danser ! Vœux exaucé à la fin du rappel avec le bonus track festif Jump’up, morceau volontairement absent de leur premier album, et qui, selon toute vraisemblance, aurait pu les propulser dans les charts, au même titre que les Ting Tings. Mais les trois Battant en aurait décidé autrement, désireux de tracer leur propre voie dans un genre défini par eux-mêmes.

Ce soir-là on a presque oublié tous les groupes à chanteuse charismatique (oubliée Karen O, oubliée VV!). Le live de ces londoniens pur jus nous a prouvé qu’on pouvait mélanger sans scrupules autant de genres, très noirs et très dansants, que d’émotions en 55 minutes.  Il est certain que l’on trépignera en attendant leur retour sur nos scènes.

Virginie Polanski!

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Alva Noto - Xerrox Vol. 2

alvanotoCaché sous son alias d'Alva Noto ou exposé sous son propre nom, Carsten Nicolai est toujours passionnant. Nous ne reviendrons plus sur l'indispensable Unitxt de l'an dernier, disque référence du maître de Chemnitz, où le spoken word grave et surréaliste d'Anne-James Chaton faisait écho à un monde déshumanisé et aéroportuaire. Dans le même secteur d'une electronica allemande plus que jamais au sommet, la réédition des quatre albums de GAS démontrait toute la pertinence de ses explorations des forêts lugubres de l'Europe du nord, et de la kyrielle de musiciens qui les ont traversées.

Tel un écho du pape de l'ambient techno de Cologne, les beats minimaux en moins, le second volume de la série Xerrox plonge ses racines dans notre modernité et vise à explorer un nouveau monde, là où le Vol. 1 se plongeait dans les racines du vieux monde et de sa musique classique. Imprégnés de samples collectés et développés aux Etats-Unis (ce fameux New World), les onze morceaux restent viscéralement proches de l'electronica germanique, tout en atteignant une universalité contemporaine proche de la perfection. Absolument fascinantes et remarquables, leurs textures brumeuses développent sur des tempi étirés des atmosphères entre rêves aériens et profondeurs souterraines. Qu'elles grésillent ou planent à des années-lumière d'avance sur la planète drone, les évolutions soniques du boss de Raster-Noton dérangent la meute bien pensante, tout en n'oubliant de nous rappeler par d'infimes menus détails la grande particularité - aux confins de la métaphysique et de l'astronomie - de chaque étape d'un parcours dès les premières secondes.

Fabrice

Tracklist

Alva Noto - Xerox, Vol.2 (Raster-Norton)

1/ Xerrox Phaser Acat 1
2/ Xerrox Rin
3/ Xerrox Soma
4/ Xerrox Meta Phaser
5/ Xerrox Sora
6/ Xerrox Monophaser 1
7/ Xerrox Monophaser 2
8/ Xerrox Teion
9/ Xerrox Teion Acat
10/ Xerrox Tek Part 1
11/ Xerrox Monophaser 3


Max Richter - 24 Postcards in Full Colour

richterarchives

Max Richter - 24 Postcards in full colour  (FatCat Records, 2009)

Le compositeur anglais Max Richter sort ce mois-ci son quatrième album (sans compter également la bande originale du film de Ari Folman «Valse avec Bachir»). Ce dernier est sans doute en passe de changer de « statut » et sa musique, jusqu’alors confinée au rang des secrets les mieux gardés de la musique indépendante, a l’air tout à coup d’intéresser un plus grand nombre. Sans doute faut-il y voir un intérêt plus croissant des médias, qui du coup exposent l’artiste de manière plus conséquente…
Dans tous les cas ce disque, quoi que plus visible, n’en est pas moins aussi brillant que les trois précédents. Richter est un tout jeune compositeur contemporain (40 ans) de très grande facture, qui nous offre un album lumineux, riche en couleur, comme son titre l’indique.
Il a, cette fois-ci, réalisé un opus plus conceptuel, alignant 24 vignettes sonores d’assez courte durée chacune, mais donnant la sensation au final d’une pièce unique…
Richter s’est interrogé sur la musique et son utilisation par notamment les opérateurs de téléphonie (sur sa marchandisation donc et sa médiocrité générale…) et s’est aventuré à proposer 24 sonneries potentielles. Les morceaux sont donc fugaces dans l’ensemble, enchaînant des séquences plus expérimentales (électronique et acoustique) avec des pièces orchestrées, habituelles à leur auteur. Toujours aussi minimale, la musique de Richter est à rapprocher de celle de Michael Nyman, John Tavener, Arvo Pärt ou même Erik Satie, quand il joue seulement au piano.
Elle est dans tous les cas très évocatrice et d’une profonde mélancolie, propice à la rêverie et au dépaysement.

Cyril

AUDIO

Max Richter - Cradle Song for A