Television Personalities l'interview

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Malgré plus d’une dizaine d’albums, un réseau de fans inconditionnels, et le soutien de la presse spécialisée votre succès en France reste confidentiel malgré plusieurs passages remarquables et remarqués. Pensez-vous que la manière d’appréhender la musique du point de vue des Français est très différente qu’Outre-Manche ?
Dan : Je ne vois aucune différence non, je ne suis pas connu en Grande Bretagne non plus,
Guitariste : tu es probablement plus connu en France qu'en Angleterre,
Dan : en Angleterre, je ne sais pas ce qu'ils pensent de nous, ils nous font faire des tours et des détours par des chemins tordus. Une fois de temps en temps, ils décident de nous accueillir avec des banderoles et des ballons, et puis ils nous rangent dans des boites, pour nous ressortir l'année suivante, ou celle d'après. Je ne sais pas vraiment ce qu'il y a dans l'esprit des gens, je ne comprends pas ça mieux que quelqu'un d'autre. Et de toutes manières, je ne crois pas qu'il y ait grand chose à comprendre de Television Personnalities. C'est assez simple en fait.

On vous a collé toutes les étiquettes, et vous êtes passés par un peu près par tous les styles de musique…
Dan : Je me suis perdu...

Comment définiriez-vous la musique de TV Personalities ?
Dan : je ne crois pas que nous ayons un style musical particulier, je ne pense pas à la musique en terme de style, c'est stupide.
Guitariste : est-ce que tu dirais que c'est honnête?
Dan : Oui, ça l'a toujours été, pour moi la musique, c'est très personnel,

Alors si vous parlez d'émotions dans votre musique, de quoi parle-t-on ?
Dan : et bien, le prochain album s'appellera probablement "Triste pauvreté" ! Je ne sais pas, il s'agit juste des circonstances dans lesquelles j'écris, qui se transposent en musique.

Vos textes passent régulièrement du rire aux larmes, du cynisme au drame…
Dan : ça, c'est avant le petit-déjeuner...

Vous avez un certain penchant pour le clair-obsur, non ?
Dan : c'est juste ma manière d'être, et ce n'est pas comme ça qu'est la vie réelle,

Mais c'est votre vie...
Dan : pour la plus grande partie, oui,
Guitariste : ou la vie d'autres personnes parfois?
Dan : oui, c'est aussi de l'observation, mais les gens prennent ça souvent pour autre chose, pour un style un peu Lou Reed. Je ne suis pas un grand fan de Lou Reed, les gens pensent souvent qu'il a vraiment vécu la vie qu'il dépeint dans ses chansons, mais je peux vous assurer que Lou Reed n'a jamais attendu l'homme (nd : I'm waiting for my man). Ca n'était pas Lou Reed, c'était quelqu'un d'autre. Et ce n'était pas non plus moi.

On vous reproche souvent d’être trop entier, parfois ingérable, vous n’hésitez à vous mettre à nu dans vos chansons. Pensez-vous que c’est là la recette de votre véritable succès ?
Dan : succès? Quel succès? Mes excès peut-être ! Ingérable? Non, je suis juste quelqu'un de "sanguin"... Je trace ma propre route la plupart du temps. Et je laisse tomber les gens, c'est probablement ma faiblesse. Il faut toujours que je descende du bus pour sauter dans un autre bus, parce que je veux voir ce qui se passe dans ce bus-là. Il y a beaucoup à voir dans les bus et les trains. Surtout dans les trains. Ou dans les bus de Londres.

My Dark Places...
Dan : oh vous en avez un aussi?

De côté obscur? Oui je pense, comme tout le monde.

My Dark Places marqua votre résurrection et celle de TV Personalities, mais pas seulement, on note des bouleversements notables dans votre manière de composer, de jouer. Une certaine accalmie au niveau du rythme. Est-ce dû à votre état d’esprit actuel ? A une envie de passer à autre chose ?
Dan : Mon état d'esprit? (rires) Vous n'avez pas envie d'aller voir là-dedans, croyez-moi... My Dark Places, est sombre. Il est très différent du reste de TV Personnalities, vraiment différent. J'en ai écrit la plus grosse partie tout seul, sans personne autour de moi, je préférais travailler seul. Ces temps-ci, j'aime bien travailler avec d'autres personnes. Mais pour My Dark Places, je n'avais rien fait depuis longtemps, et j'avais envie de faire les choses seul... Pour le nouvel album, j'avais un nouveau jouet pour m'amuser. Un synthé qui fait des trucs dingues, je me suis dit que ça pourrait être fun. Je m'ennuie juste avec les guitares. C'est un album drôle, je suis très détaché de ce que je fais en musique. Quand j'étais plus jeune, j'étais excité par tout le truc, faire l'album, la création de la pochette, etc. Maintenant, ce n'est plus comme ça, j'écris une chanson et c'est tout. Je ne veux plus m'investir dans ce qui s'ensuit. Je suppose que ça compte beaucoup dans ce que je fais. Le nouvel album est très joyeux.

Vous aimez énormément les dédicaces (They Could Have Been Bigger Than the Beatles, Lichtenstein paintings, Peter Gabriel song, Eminem song…), beaucoup de peintres aussi...
Dan : Oui oui, des films aussi, mes premières amours sont vraiment la musique, les films et la photographie,

Et quels sont les artistes qui ont changés votre vie ?
Dan : Je ne dirais pas que les artistes ont changés ma vie, je ne crois pas que la peinture par exemple, ait le même pouvoir que la musique, de pouvoir changer les gens. C'est toujours sympa de regarder un tableau, c'est toujours intéressant mais je ne pense pas que l'Art touche les gens comme le fait la musique, ou la poésie. Mais j'aime l'Art, j'aime le pop Art, c'est plein de couleurs. J'aime aussi beaucoup l'Art espagnol, parce que l'Art britannique est juste... typiquement british. Des montagnes... J'aime les artistes fous comme Bacon, mais je n'aime pas Picasso, beaucoup de gens les comparent mais je ne vois pas du tout pourquoi. J'aime l'Art qui fait sourire, qui fait danser. Enfin je préfère sourire de l'Art. Même si je suis un excellent danseur ! Je peux peindre et danser en même temps. Peu de gens savent faire ça.

Et quand sort votre prochain album ?
Dan : Si tout va bien, fin mars/debut avril je pense.

Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
Dan : Je vais vous faire une liste. Une très longue liste.

propos recueillis lors du festival Mo'Fo 2010 par Virginie Polanski. et Akitrash 

Massive Attack - Heligoland

heligoland1Oui je vous vois venir, c'est bon. Non, Hartzine ne fait pas dans les relents nostalgiques des 90's et figurez-vous que Massive Attack non plus, enfin tout se discute bien sûr.
Vingt ans bientôt que le duo extensible œuvre à nous obscurcir l'esprit avec ses ambiances cotonneuses et mélancoliques. Il y a 20 ans c'était les 90's, et avec Blue Lines, Massive Attack et ses compagnons d'armes Adrian Thaws alias Tricky, la voix chevrotante d'Horace Candy et celles des superbes Shara Nelson ou Nicolette, façonnent ce qui sera LE son des 90's. Décennie sans but ni espoir, la bande originale version trip hop lui colle particulièrement bien aux basques. Suivent Protection en 94 et Mezzanine quatre ans plus tard, qui installent définitivement Massive Attack au sommet du trip hop mainstream à l'opposé de Tricky qui cherchera toujours sa voix (et il la cherche toujours selon nos sources).
Les années 2000 laisseront le duo 3D et Daddy G s'écharper gaiement pour produire The 100th Window, puis histoire de se réconcilier sous le signe du dollar, un best of Collected en 2006. En clair, pronostiquer un nouvel album était osé. Et pronostiquer qu'il soit bon, là on vous prenait carrément pour une gaga. Une gaga des 90's qui plus est.
Alors, au risque de vous mettre par terre, Heligoland se révèle être un beau morceau de viande. Certes, il nous fait faire un petit retour en arrière. Il serait vain de croire qu'un groupe aussi puissamment ancré dans une époque, puisse d'un claquement de doigt, même dix ans plus tard, faire se dissiper le brouillard de Bristol. Oui c'est cotonneux, oui c'est mélancolique, et c'est encore plus que ça.
Dès Pray For Rain, les boucles de pianos déglingués nous font ralentir le rythme cardiaque, avec la voix légèrement éraillée de Tunde Adebimpe, on s'installe tranquillement dans une petite déprime hivernale qui finit par un rayon de soleil. Suit le TPN, soit le Tube Pour Nova (pas de quoi, non franchement) Splitting The Atom, qui est juste parfait dans le genre dark soul, mais qui provoquera nombre d'overdoses dans les bureaux de créa, branchés sur Nova justement. On replonge dans le ruisseau ouaté avec Horace Andy et Girl I love You. Mouais, c'est sur ces morceaux en forme de noeuds coulants que le groupe se mange, si vous voulez mon avis. Alors, est-ce que j'ai le droit de le dire? Ben oui, c'est TROP 90'S quoi.
Heureusement arrive la gracieuse et gracile Martina Topley-Bird, égérie couronnée s'il en est une, apposant son sceau royal sur Psyche, ballade à la mélopée engourdie, fantastiquement triste. Martina reste de par son histoire (découverte à 16 ans par Tricky, elle porte avec lui la responsabilité du chef d'œuvre majeur qu'est Maxinquaye) et sa carrière solo pas moins talentueuse (deux albums très réussis Quixotics et surtout The Blue God) une belle valeur ajoutée au nouvel album des Bristolliens.
Flat of the Blade plombe. Enfin, Paradise Circus arrive à point nommé pour nous élever très haut dans les airs. C'est ce véritable bijou, porté par la superbe Hope Sandovalnd, chanteuse de Mazzy Star, mais dont la voix est plus connue pour ses nombreuses collaborations avec les Chemical Brothers, Death in Vegas ou Air, qui porte tout l'album. Tellement addictif qu'on écoute les autres morceaux pour souffler un peu devant ce trop plein de beauté.
Saturday Come Slow nous rappelle que Damon Albarn possède une voix fabuleuse, en dehors de tous ses multiples talents, et qu'il devrait s'en servir plus souvent. Pour le coup, c'est aussi ça le talent de Massive Attack : sublimer des compositions et des orchestrations avec des cordes vocales connues et moins connues, qui ajoutent toujours une émotion différente de leur but premier. T'es triste? Oui moi aussi, mais pas de la même manière, notre double tristesse est plus belle et plus riche. Complexe aussi.
L'album se clôt sur Babel, tour érigée sur les décombres des 90's et des années 00, qui voient revenir un groupe mythique mais pas miteux, avec une capacité intacte à surprendre et toucher. Heligoland recèle quelque chose du recueil de nouvelles Moi tout craché de Jay Mc Inerney, un recueil réussi d'émotions contrastées à différentes époques, collectives et personnelles. Massive Attack tout craché.

Virginie Polanski.

Audio

Massive Attack - Saturday Comes Slow (feat.Damon Albarn)

Tracklist


Massive Attack - Heligoland (EMI, 2010)

1. Pray For Rain (featuring Tunde Adebimpe)
2. Babel (featuring Martina Topley-Bird)
3. Splitting The Atom (featuring Robert del Naja/Grant Marshall/Horace Andy)
4. Girl I Love You (featuring Horace Andy)
5. Psyche (featuring Martina Topley-Bird)
6. Flat Of The Blade (featuring Guy Garvey)
7. Paradise Circus (featuring Hope Sandoval)
8. Rush Minute (featuring Robert del Naja)
9. Saturday Come Slow (featuring Damon Albarn)
10. Atlas Air (featuring Robert del Naja)


These New Puritans - Hidden

puritains452covEn 2008 These New Puritans avait réussi à s’extraire d’une masse qui semblait vouloir ressembler à tout prix à Bloc Party ou Franz Ferdinand en dopant sa pop au valium et à la novocaïne, mis à part sur le strident Elvis. Une bande de gamins décharnés, sapés comme des gravures de modes, mais cultivant cette attitude détachée et impassible qui fait froid dans le dos.
Bien décidé à remettre le couvert cette année, Hidden déboule comme un mastodonte dans un placard à balais et file directement une impression de claustrophobie. L’ambiance est étouffante, on se sent piégé dans l’obscurité la plus totale, avec pour seule indication d’orientation le martèlement de la batterie qui agresse les oreilles comme le pilonnage d’un marteau-piqueur. Ajoutez à cela la folle emballée orchestrale : cuivres, bois, violons, tambours, chœurs… et Hidden ressemblerait presque à la chevauchée fantastique. Presque car encore une fois le rythme pêche et fait défaut aux jumeaux Barnett. Cette variante contemplative qui avait autant surpris qu’excité sur le single We Want War fini par soûler et endormir pire qu’une plaquette de Lexomil, la formule se répétant inlassablement sur les onze morceaux. Seul Three Thousand et son allure redondante réussit à éveiller l’intérêt. Et la production de Dave Cooley n’arrivera pas à sauver du naufrage ce navire qui s’enfonce douloureusement dans l’abyme. Dommage, on attendait beaucoup du quatuor anglais qui semblait naviguer entre post-rock hype et gotha-electro visionniaire. Mais bon, la rencontre d’un iceberg sans doute.

akitrash

Audio

These New Puritains - Three Thousand

Tracklist

These New Puritans - Hidden (Domino, 2010)

01. Time Xone
02. We Want War
03. Three Thousand
04. Hologram
05. Attack Music
06. Fire-Power
07. Orion
08. Canticle
09. Drum Courts-Where Corals Lie
10. White Chords
11. 5


Band Of Skulls - Baby Darling Doll Face Honey

bandofskullscoverTenter de capter l’énergie brute du rock alternatif des Black Keys ou des White Stripes tout en étant un trio anglais sorti de sa campagne de Southampton et ayant figuré sur la B.O. de Twilight 2 (le retour de la revanche du fils de Dracula pour post-ados attardés), c’est possible ? Et bien tout à fait, car de leur côté les Ricains ne se gênent pas pour piller l’indie-pop british, savamment, soit dit en passant. Il était donc temps que les Anglais leur rendent la monnaie de leur pièce. Écrasant au passage l’oubliable Dead Weather, projet monté à la hâte, et à mon goût au seul but d’encaisser quelques pépettes de plus, Emma Richardson et Russel Marsden font état de réels talents de vocalistes et secouent d’entrée de jeu sur Light Of The Morning, morceau d’intro suivi du lourd Death By Diamonds And Pearls qui soulève la poussière de sa rage, et sur lequel Russel singe Jack White avec brio. Pour un premier album, Band of Skulls s’affirme par un savoir-faire à l’ancienne et dégage une audace qui va puiser aux racines du stoner et du rock. Un cocktail de saturation de guitares, d’électricité ambiante, de cisèlement de batterie qui fait mouche, sans oublier les quelques ballades obligatoires (Honest, Cold Frame). Mais attention, peu avare en remerciements, on ressent ce petit côté The Who et Led Zep au milieu de l’album, avec des morceaux légèrement plus pop mais tout aussi conquérants (Patterns, Impossible). Baby Darling Doll Face Honey est l’album attendu par tous les amateurs de houblon portant fièrement leurs t-shirts à l’effigie de « III » puants toujours la sueur de la veille.

Aki

Audio

Band of Skulls - Cold Frame

Tracklist

Band Of Skulls - Baby Darling Doll Face Honey (Domestic, 2010)

1. Light Of The Morning
2. Death By Diamonds And Pearls
3. I Know What I Am
4. Fires
5. Honest
6. Patterns
7. Hollywood Bowl
8. Bomb
9. Impossible
10. Blood
11. Dull Gold Heart
12. Cold Fame


Band of Skulls - I Know What I Am

bandofskull

Saviez-vous que le renouveau du rock alternatif passerait par l'Angleterre ? Si si...

Vidéo


Delphic - Acolyte

acolyte_bigJ’aime pas les fêtes de fin d’année. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, ça me rend bougon un point c’est tout. S’habiller propre sur soi pour faire plaisir à la vieille Tatie Simone qui radote et pue le patchouli, s’obliger à paraître jovial en toutes circonstances alors qu’on à qu’une envie, foutre le feu au sapin… Alors se taper Delphic le soir de Noël, c’est l’étoile au sommet du conifère calciné.
Ce trio venu tout droit de Manchester s’est à priori trompé de décade, surfant sur une vague synthétique qui avait plutôt bien réussi à des artistes comme Fischerspooner ou Midnight Juggernauts, mais préfère jouer la carte du buzz comme La Roux. Mais les supercheries sont en général très vite démasquées, et le superbe clip de Doubt n’y pourra rien, y a pas grand-chose à garder dans cet Acolyte de pacotille. Voix naïves et mièvres mille fois entendues, mélodies distendues et saturées (Acolyte, Submission) volés à The Presets, merci pour eux. A côté, le dernier Infadels fait figure de chef d’œuvre, c’est pour dire.
Quand on sait que Delphic bénéficie d’échos les désignant comme le groupe phare qui va réveiller la new-wave en Grande-Bretagne, moi je préfère attendre le retour des Klaxons et jeter ce disque au feu pour éviter que les braises de mon sapin ne s’éteignent.

Akitrash

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Delphic - Counterpoint

Video

Tracklist

Delphic - Acolyte (Chimeric / Polydor, 2010)

01. Clarion Call
02. Doubt
03. This Momentary
04. Red Lights
05. Acolyte
06. Halcyon
07. Submission
08. Counterpoint
09. Ephemera
10. Remain


Memory Tapes – Seek Magic

memory-tapes-seek-magicLe renouveau de l’electro-pop par des clichés synthétiques archi-usés c’est possible ? Ça dépend de qui tire les ficelles, et dans le cas du schizophrénique Dayve Hawk on répondra immédiatement à l’affirmative. Ce jeune américain un peu fêlé mais talentueux, fusionne ses deux projets musicaux Memory Cassette et Weird Tapes, et en garde toute la fraîcheur ainsi que l’originalité. Car Memory Tapes c’est avant tout l’histoire d’un mariage musical entre dream-pop vintage et post-rock futuristique et glam. Un peu comme si les Beach Boys effectuaient un come-back électronica chez 4AD. SIC !
Et juste au moment où l’on commençait à se lasser des revivals claviéristes bontempi et des pédales à effet pour ukulele, cet originaire de Philies pour les intimes, débarque avec son Seek Magic qui concilie, et d’une aisance ahurissante, la rêverie piquante du Loveless de My Bloody Valentine et le groove dance du  The Warning d’Hot Chip.
On ne transite pas entre électro ou pop, on fusionne, on malaxe, on digère et on recrache le tout sur huit titres qui se savourent autant qu’ils transpercent, fiévreux et électriques. On n’avait pas entendu mieux dans le genre depuis The Knife, et pas sûr que la ré-édit soit pour tout de suite. Narcotique et revitalisant en même temps, c’est possible ? Il faut croire que Memory Tapes a réussit cet exploit.

Akitrash

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Memory Tapes - Graphics

Tracklist

Memory Tapes – Seek Magic (Rough Trade, 2009)

1. Swimming Field
2. Bicycle
3. Green Knight
4. Pink Stones
5. Stop Talking
6. Graphics
7. Plain Material
8. Run Out

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On y était - Battles à l'Elysée Montmartre

battles4801Battles à la soirée WARP, l'Elysée Montmartre, Paris, 8 décembre 2009

J'avais vaguement traîné sur la page myspace de Battles quelques semaines plus tôt, c'est donc quasi-ignorante, que je me suis rendue à ce concert, assez friande que je suis de découvertes rafraîchissantes. Ouvrez les écoutilles, laissez-vous pénétrer... Hum. De Battles je ne connaissais donc rien. Hormis cette appartenance au label WARP qui, l'exigence et la "pointitude" mise à part, ne m'en contait pas plus. Après le très bruitiste duo Nice Nice et le dj set pour le moins déconcertant d'anachronisme de Four Tet (qui a essayé de nous faire croire qu'il était 3h du mat' et que la fête battait son plein, alors qu'il n'était que 21h ma gueule), Battles arrive, reprenez votre souffle.

Petit historique des familles : Battles se met au monde en 2006, se fend de quelques Eps, et d'un album Mirrorred en 2007, tout ceci qualifié par mes consorts journalistes de math-rock ou de post-rock. Vous savez ce genre un peu obscur et franchement 90's, avec des types bien allumés qui prolongent des riffs vaporeux et/ou râpeux sur des plages cds défiants les lois de la norme. Mais si, rappelez-vous Tortoise, et surtout Mogwai. Qu'est-ce que j'ai pu déprimer en écoutant Mogwai! C'était pas leur faute les malheureux, j'étais juste en pleine post-adolescence dans ces années là. Mais les influences de Battles sont plus bigarrées encore...

Sur scène en effet, la batterie de John Stanier se fait furieuse et sèche, quand on sait que ce monsieur a officié chez feu-les très énervés-Helmet, on n'en est plus surpris. Le chanteur, Tyondai Braxton, ajoute lui aussi une couleur à la bataille qui lorgne vers le free-jazz. Entre impro et effets distordus absurdes et complètement assumés, on croirait voir sourire les clowns moqueurs de Mr.Bungle et surtout les frappés de Primus. Cette facette-là, j'avoue j'aime bien. On est toujours dans les 90's, mais celles qui manquent un peu aujourd'hui. Osé et marteau.

Pour le reste, je suis restée sur le bord de la route, même si mes acolytes de show ont tout tenté pour me convertir. Les musiciens de Battles sont de vrais nerds, dans le bon sens du terme j'entends, et il ne fait aucun doute qu'ils se font foutrement plaisir sur scène, il n'y a qu'à voir le grand sourire de ce type au prénom imprononçable. Mais le côté "on s'fait un boeuf" sur scène remporte rarement mon enthousiasme, surtout quand il s'agit d'un genre qui ne me touche finalement plus beaucoup, les affres torturés de ma jeunesse, que je ne peux m'empêcher d'associer à ce son, depuis un (petit) moment dépassés.

Virginie.


Portishead - Chase the Tear (video)

Sans doute lassé par la lenteur du procès Portishead - trois albums en seize ans - Geoff Barrow a retrouvé cette année l'instantanéité rock en enregistrant, en à peine douze jours, avec Billy Fuller (Fuzz Against Junk) et Mat Williams (Team Brick), le premier album de Beak. Sans doute la probabilité d'un nouveau départ pour Geoff Barrow tant les douze morceaux de ce disque éponyme tranchent par leur intensité volubile avec la lourdeur surannée de Third que les bristoliens sortirent l'année précédente. On était cependant loin d'imaginer que l'ami Geoff allait embarquer tout son monde dans sa fièvre motorik. C'est ce qu'annonce aujourd'hui Chase the Tear, morceau réalisé par le trio au profit d'Amnesty International. La voix de Beth Gibbons, soutenue par un motif rythmique aussi répétitif qu'addictif, est à couteaux tirés, dégageant une intimité confondante et acérée. Claustrophobes s'abstenir.

Thibault

Video


On y était - The Horrors au Trabendo

thehorrorslive

The Horrors, Le Trabendo, Paris, 30 novembre 2009 : The Horrors ou le dédoublement de personnalités.

2007 : The Horrors débarquent d'Outre Manche avec un première album Strange House, précédé d'une brouette d'Eps, follement garage, déclarant un amour sans limite à leurs influences évidentes : les Cramps, les Sonics, allant jusqu'à reprendre le fantastique Screaming Lord Sutch, à la sauce hardcore. Lookés dark et ébouriffés jusqu'au bout des poils (très rares), The Horrors emballe son petit monde, loin, très loin des Arctic Monkeys et autres Kaiser Chiefs éminemment exportables : les dark boys détonnent.

2009 : virage à 180 degrés, le deuxième album Primary Colours produit par le bristolien Geoff Barrow, aux manettes de Portishead, nous embarque cette fois dans un ralenti planant, guitares distordues, chant plus proche d'Ian Curtis ou de Nick Cave, et ho mais ce serait pas du Shoegazing les gars?! The Horrors sont un peu comme Madonna, ils flairent le son du moment et barbotent allègrement dedans. On se démaquille, on démêle ses cheveux et hop, c'est parti. Surprenant mais plutôt convaincant. Du moins, en studio.

C'est donc, avec une curiosité non dissimulée mon ami, que je me suis tirée du lit, que je suis sortie dans le froid et la pluie, pour aller transmettre mon petit virus à la foule du Trabendo. Et non, je ne suis pas vaccinée. Je ne disséquerai pas la première partie, qui m'a juste laissée avec un mal de crâne monumental et une légère pulsion suicidaire.

Me voilà, en pleine possession de mes moyens pour voir arriver les cinq garçons de The Horrors, jeunes très propres sur eux, le clavier a un air de Star Trek avec sa coupe casque, tous vraiment très bien peignés, sauf, Dieu merci, le chanteur Faris Badwan qui arbore toujours une création capillaire accrobatique. Mais le malaise commence.

Les anglais enchaînent les morceaux du nouvel album, dont le titre éponyme Primary Colours, mais même pour le fan le plus averti, reconnaître les titres qui défilent constitue un défi en soit. La faute à une balance incompréhensible : le synthé couvre absolument tous les autres instruments, seule la voix du chanteur émerge péniblement. Deuxième surprise, il semblerait que le groupe ait décidé d'accélérer le rythme de la plupart de ses titres, le I can't control myself très lancinant sur l'album, pulse presque sur scène. Mais que leur est-il arrivé? On dirait que les garçons ont décidé de rejouer l'histoire du post punk, en passant à vitesse grand V de la très Dark Wave façon Warsaw, à la New Wave plus légère genre Love will tear us appart, et puis directement aux sautillement des Talking Heads avec ce synthé limite cheap, qui vire sur certains morceaux à un son Dance, oui, vous m'avez bien entendu : Dance.

Le public est pourtant là et déchaîné. Je me demande si la fièvre ne me fait pas halluciner tout le live, mais les expressions de mes compagnons de show ne dépeignent rien d'autre que la plus grande perplexité. J'émets alors une hypothèse : et si The Horrors voulaient tout simplement devenir un groupe mainstream? En faisant quelques recherches sur eux avant le live, j'avais découvert que le groupe allait faire la première partie de Muse sur je ne sais plus quelle date. Muse.

Fin de show, les lumières se rallument. Je demande au ciel s'il n'y aurait pas un troisième groupe, pour nous faire oublier cette déception inexplicable..., et là miracle, mon voeux est exaucé! Les lumières s'éteignent. Et The Horrors reviennent pour un rappel avec trois morceaux furieux du premier album et une reprise de Suicide. Les vrais Horrors. Rock. Dark. Puissant. On efface tout et on recommence. Hello Docteur Jekyll!

Visiblement, les gaillards de The Horrors ne savent plus très bien où ils en sont. Influences, ton, carrière? Je suggère un bilan de compétence, ça coûte rien et ça pourrait mettre en peu d'ordre dans tous ces désirs confus. Comme dirait une conseillère Anpe : vous avez du potentiel. Reste à trouver un moyen de l'exprimer correctement. Et sincèrement, s'il vous plaît.

Virginie Polanski.


Memory Tapes - Stop Talking

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Dayve Hawk n'est pas schizophrène. Pourtant c'est par trois qu'il avance masqué sur la toile. S'étant déjà fait remarquer via Memory cassette, pour ses balades électro-digitales, et par Weird tapes, pour ses instrumentaux aussi cosmiques qu'acidulés, c'est avec un nouveau projet, Memory Tapes, et un album, Seek Magic, paru sur le bien bottes ugg pas cher nommé Something in construction records, que l'introspectif bonhomme chevelu nous revient. L'homme qui, pour le blé, remixa Britney Spears en un jour - If U Seek Amy - est avant tout attaché à dépeindre par sa musique ce qu'il est, loin des faux-semblants. Force est de constater que Seek magic, de son propre aveu, constitue le juste milieu, entre Memory cassette et Weird Tapes. D'où Memory Tapes. Américain d'origine, du New Jersey et des grands espaces forestiers, c'est pourtant du côté de l'Angleterre post-industrielle que Dayve Hawk puise son inspiration, tant il marie avec finesse et générosité l'electronica made in Sheffield de Plaid aux sonorités les plus pop des mancuniens cultes de New Order. L'album, ramassé en huit titres, où d'oniriques synthés font la part belle aux étoiles scintillantes, en appelle un suivant prévu pour la fin de l'année. Mais avant cela, silence. Stop Talking, morceau phare de l'album, est ici en écoute.

Thibault

Audio

Memory Tapes - Stop Talking


Bibio - The Apple And The Tooth

584Autant le dire tout de suite, lorsque Warp présente un album comme le bon complément d'un disque préalablement sorti, on peut, sans dénigrer la qualité et l'originalité de l'artiste, sentir le coup fumant, l'effet d'aubaine que représente un succès d'estime encore récent. Utile  retour en arrière : Stephen James Wilkinson est un amoureux de la nature, habitant des West Midlands en Angleterre. Jusque là rien de très original. Le jeune homme va régulièrement pécher au Pays de Galle avec son père tout en s'éprenant de sons organique et d'ambiances éthérées propres au duo écossais Boards Of Canada. Là, tout s'emballe : de la pêche, il tire son nom de scène, Bibio, soit l'espèce de mouches utilisées par son père pour appâter la poiscaille, des promoteurs du mirifique Music Has the Right to Children (Warp - 1998), il extrait la substantifique moelle nécessaire à la mise en branle de sa démarche musicale. Lors de studieuses années londoniennes, il jette les bases d'une délicate et colorée "folktronica", subtil mélange de guitares folks estampillées sixties et d'expérimentations électroniques savamment texturées. Fort logiquement, le jeune homme trouve vite terre d'accueil sur l'aventureux label hip hop Mush Records, par le biais duquel il égraine une discographie éloquente, dont "fi" (2004) intronisé "album de l'année" par Michael Sandison himself, moitié de Boards of Canada. Dès lors, l'amitié qui se tisse entre les maîtres et le prodige aboutit à la sortie d'Ambivalence Avenue (mai 2009) sur Warp, label légendaire en pleine célébration de son vingtième anniversaire. Alliant de subtiles aquarelles sonores dignes des canadiens de Caribou, à la finesse d'arrangements remémorant un certain Kieran Hebden, alias Four Tet, Bibio obtient le statut incontestable de bande son de l'été pour tout amateur de mélodies rafraichissantes et aériennes (Haikuesque, Lover's Carving) matinées de divagations électroniques assumées (Sugarette, Dwrcan). Cinq mois plus tard donc, Bibio propose The Apple And The Tooth, dont la sortie est prévue le 16 novembre 2009, composé de quatre inédits et de huit remixes de morceaux présents sur Ambilence Avenue. Des quatre inédits, tout est à prendre, rien est à laisser. Plus que de ludiques face B, The Apple and the Tooth comme Rotten Rudd et Bones & Skulls perpétuent cette science du bricolage kaléidoscopique où de cristallines guitares s'entrechoquent harmonieusement à une litanie de beats aussi efficaces qu'inattendus. S'agissant des remixes, mis à part deux exceptions plus que notables - Haikuesque remixé par The Gentleman Losers et Lovers' Carvings retoqué par Letherette - rien de très marquant : dispensables sans être inécoutables. L'impression première est donc la bonne : ça sent le réchauffé. Mais six titres sur nike air max pas cher douze d'un tel brio, c'est déjà ça de gagné !

Thibault

Audio

Bibio - Bones & Skulls

Tracklist

Bibio - The Apple And The Tooth (Warp, 2009)

01. The Apple And The Tooth
02. Rotten Rudd
03. Bones & Skulls
04. Steal The Lamp
05. S'vive (Clark Remix)
06. Sugarette (Wax Stag Remix)
07. Dwrcan (Eskmo Remix)
08. Lovers' Carvings (Letherette Remix)
09. Haikuesque (the Gentleman Losers' whispers in the rain mix)
10. All The Flowers (Lone Remix)
11. Fire Ant (Keaver & Brause Remix)
12. Palm Of Your Wave (Bibio Remix)


On y était - Baddies

baddies
Mini-Concert de Baddies, le Point Ephemère, 14/10

Comme toute journaliste rock qui se respecte, avant d’assister à leur premier concert dans l’hexagone, je suis allée me balader sur le myspace de Baddies, fraîchement débarqués de l'extrêmement productive Manchester Southend (d’où viennent The Horrors et These New Puritans, mais non rien à voir par ici). Les quelques titres à l’écoute titillent ma curiosité et une montagne de citations plus qu’élogieuses de la presse britannique finirait presque par m’emballer complètement (« Comme Franz Ferdinand sortant de prison et perdant foi en l’humanité » ouah). Mais allez savoir pourquoi, comme avec les critiques de cinéma, quand on me martèle que c’est très très bien, je me laisse systématiquement gagner par le doute.

C’est donc avec un esprit plutôt aiguisé et dubitatif que je me rends au mini show de Baddies (6 titres et hop-là terminé). Tout de suite, leur intention ne laisse aucune équivoque : les quatre gaillards arborent un uniforme chemise-cravatte à la Hives, version bleu layette, qui proclame « c’est du sérieux, on s’est sapé» sans parler de la carrure bodybuildée du bassiste, et de l’hyper ressemblance entre le chanteur et le batteur (oh mon dieu, seraient-ce des jumeaux ???). Vous me direz, et la musique ? Alors pour la faire courte, je dirais Franz Ferdinand sortant de prison… Je blague.

Pour commencer, l’uniforme n’est pas le seul atout commun de Baddies et des Hives, leur rock bien tendu avec des mélodies accrocheuses s’en approche, en tirant nettement plus vers le punk tout de même. Mais là où les Hives détonnaient avec une production bien léchée, Baddies tombe dans un créneau bien plus lisse, celui du rock commercial à la limite de Green Day, et ce ne sont pas les Whoo-whoo-whoo à la Blur Song 2 qui vont y changer quelque chose. Certains morceaux se détachent heureusement. « We beat our chest » qui clôturera ce concert, possède un côté funky 80’s proche des Talkink Heads, plutôt plaisant et accrocheur. Dommage que le reste des morceaux reste pour leur part, dans la veine rock à guitares agressives et chant plus que passable (le leader faisait soit dit en passant parti d’une formation métal avant de créer Baddies).

Il est d’ailleurs étrange de constater que c’est finalement en live que Baddies se vautre dans un son beaucoup trop produit et agressif, les titres « Open one eye » et « Battleship » promettaient pourtant de beaux lendemains dans l’enregistrement studio. Malheureusement pour le show, la plus grande déception réside dans la « prestation vocale » de son chanteur Michael Webster qui donne plus dans la vocifération et la gesticulation que dans le chant à proprement parler, contrairement à l’album dans lequel il parvenait à de subtiles modulations.

On-t-il échangé les jumeaux ? On se le demande presque, tellement les nuances de sa voix disparaissent pour n’offrir qu’un spectacle répétitif et par là même, très lassant. Espérons que leur tournée dans toute l’Europe jusqu’au 31 décembre, soit pour Baddies une bonne salle de répétition pour la suite.

Virginie Polanski


The Wave Pictures - If you Leave it Alone

Il y a des groupes que l'on croirait d'un autre âge, d'autres que l'on imagine venus d'ailleurs. Visages poupons, mines radieuses, les Wave Pictures semblent jouer en toute décontraction les gammes de leurs grands parents américains. L'Amérique du grand ouest, celle d'une géographie fantasmée ralliant l'orgueilleuse country texane à l'intimiste folk californienne. On se surprend à deviner la boue séchée sur leurs bottes, la brindille de paille malicieusement fourrée au coin de leurs lèvres. On est pourtant loin du compte, à quelques milliers de kilomètres près. Loin d'un disque de débutant, If you Leave it Alone est le huitième du nom, en dix ans de carrière, des natifs de Wymeswold, petit village d'une poignée d'habitants, proche de Leicester. C'est dans ce coin un rien paumé, en plein cœur de la brume crachoteuse des Midlands, au centre de la Perfide, que Dave Tattersall (chant, guitare) et Franic Rozychki (basse) forment dès 1998, en guise de galop d'essai, Blind summit. Quelques reprises de vieux formats punk plus loin (des ramones aux stooges), Jonny Helm les rejoint (batterie), et le groupe, définitivement rebaptisé Wave Pictures, s'installe à Londres. Là, les trois gaillards enchaînent les concerts et tissent leur réseau, s'accommodant autant de l'avion pour sauter l'Atlantique et comploter avec Jeffrey Lewis que du channel pour traverser la manche et s'acoquiner avec Hernan Düne (Catching light: the songs of André Herman Düne 2006). Instant coffee baby, sort en mars 2008 et assoie définitivement le groupe au rang d'incontournables troublions de la scène pop actuelle tant chaque morceau est désarmant de générosité et d'espièglerie narrative (entre autres, il est question de cafetière italienne, de Casius Clay, de confiture...). Les bases de leur son semblent ici jetées, entre basse suave et guitare rêche, voix nasal et batterie sèche. Une formule adéquate pour une tripoté de morceaux potaches et enjoués transpirant de virtuosité et navigant dans les eaux territoriales de Jonathan Richman (Kiss me, Just Like the Drumer, Leave the Scene Behind). Sorti en catimini à la rentrée, If You Leave It Alone prend le pari de ne pas reprendre les choses là où les dernières notes lascives d'Instant Coffeee Baby les avaient laissées. S'il est toujours question d'avaries sentimentales ou d'autres potins rabroués, le ton change, intimement apaisé. Ce disque "n’a pas été engendré dans la difficulté. [...] J’ai plein d’exemples où avoir envisagé les choses avec légèreté et facilité s’est avéré être la meilleure solution, et cet album est l’un de ceux-là”. Dave Tattersal trace, le doigt dans le ciel, la feuille de route de ces douze compositions nimbées de soleil. D'émouvantes ballades, magnifiées d'une subtile trompette (If youleave it alone, My kiss, Come on daniel), se mélangent à d'intrépides escapades country (Canary Wharf, Bumble Bee, Softly you, Softly me), quand bien même l'humour et le handclap font bon ménage (Bye bye belly). Tiny Craters in The Sand et ses chœurs nonchalants rappelle la fougue d'Instant coffee baby, tandis que Nothing can change this love clôture d'une fragile comptine If You Leave it Alone, disque que l'on aura tôt fait de ressortir en plein hiver, à ces heures où la lumière vient à manquer.

Video

http://www.youtube.com/watch?v=wHQbHLTFXyE

Tracklist

The Wave Picture - If you Leave it Alone (Moshi Moshi, 2009)

1. If You Leave It Alone
2. Canary Wharf
3. My Kiss
4. I Thought Of You Again
5. Tiny Craters In The Sand
6. Bumble Bee
7. Come On Daniel
8. Too Many Questions
9. Bye Bye Bumble Belly
10. Softly You, Softly Me
11. Strawberry Cables
12. Nothing Can Change This Love


Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers

andrewNous avons affaire ici à un des représentants du bon goût britannique. De tous les bon coups, Andrew est un homme au cv impressionnant : producteur émérite (Primal Scream entre autre), musicien racé au sein du duo Two Lone Swordsmen et enfin remixeur touchant à tout ce que l'Angleterre a produit ces 30 dernières années (de My Bloody Valentine à The Future Sound of London). Cela dit à bientôt 50 ans, Weatherall devait se dire qu'il était temps de laisser une trace personnelle et consistante sur son compte Discogs; en gros un cd en tout point éloigné de l'ennuyeux The Bullet Catcher's Apprentice (son précédent Ep).

Afin d'écourter le suspense, je vais tout de suite dire que c'est chose faite. Weatherall, au delà de la simple production de titres, produit avant tout des clins d'œil. Clin d'oeil à une discothèque personnelle que l'on imagine vaste et sans limite (ou presque). Déjouant tour à tour les codes de la musique électronique (l'intro de Fail we may, sail we must ne laisse en rien présager la tournure pop du morceau) et du rock, Weatherall compile des instantanés qui placent son esthétique musicale à égale distance de l'inné et de l'acquis. Les mots clés sont alors nombreux : new wave, pub & surf rock, gospel, glam, techno, acid rock, ambiance pastorale, synthétique, organique, original, juste...

Un grand moment d'électro est a signaler en piste 8 : la démonstration pure et simple qu'une basse et des arrangements de cordes sont aussi efficaces que des synthétiseurs. Bref, une preuve parmi tant d'autres de la qualité de cet opus.

Nicolas

Audio

Andrew Weatheral - All The Little Things (That Make Life Worth Living)

Traclist

Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers (Rotters golf club, 2009)

1.Fail We May, Sail We Must
2.Privately Electrified
3.Miss Rule
4.Selective Walking
5.Liar With Wings
6.Let's Do The 7 Again
7.A Pox On The Pioneers
8.All The Little Things (That Make Life Worth Living)
9.Built Back Higher
10.Walk Of Shame