On y était – Baddies

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Mini-Concert de Baddies, le Point Ephemère, 14/10

Comme toute journaliste rock qui se respecte, avant d’assister à leur premier concert dans l’hexagone, je suis allée me balader sur le myspace de Baddies, fraîchement débarqués de l’extrêmement productive Manchester Southend (d’où viennent The Horrors et These New Puritans, mais non rien à voir par ici). Les quelques titres à l’écoute titillent ma curiosité et une montagne de citations plus qu’élogieuses de la presse britannique finirait presque par m’emballer complètement (« Comme Franz Ferdinand sortant de prison et perdant foi en l’humanité » ouah). Mais allez savoir pourquoi, comme avec les critiques de cinéma, quand on me martèle que c’est très très bien, je me laisse systématiquement gagner par le doute.

C’est donc avec un esprit plutôt aiguisé et dubitatif que je me rends au mini show de Baddies (6 titres et hop-là terminé). Tout de suite, leur intention ne laisse aucune équivoque : les quatre gaillards arborent un uniforme chemise-cravatte à la Hives, version bleu layette, qui proclame « c’est du sérieux, on s’est sapé» sans parler de la carrure bodybuildée du bassiste, et de l’hyper ressemblance entre le chanteur et le batteur (oh mon dieu, seraient-ce des jumeaux ???). Vous me direz, et la musique ? Alors pour la faire courte, je dirais Franz Ferdinand sortant de prison… Je blague.

Pour commencer, l’uniforme n’est pas le seul atout commun de Baddies et des Hives, leur rock bien tendu avec des mélodies accrocheuses s’en approche, en tirant nettement plus vers le punk tout de même. Mais là où les Hives détonnaient avec une production bien léchée, Baddies tombe dans un créneau bien plus lisse, celui du rock commercial à la limite de Green Day, et ce ne sont pas les Whoo-whoo-whoo à la Blur Song 2 qui vont y changer quelque chose. Certains morceaux se détachent heureusement. « We beat our chest » qui clôturera ce concert, possède un côté funky 80’s proche des Talkink Heads, plutôt plaisant et accrocheur. Dommage que le reste des morceaux reste pour leur part, dans la veine rock à guitares agressives et chant plus que passable (le leader faisait soit dit en passant parti d’une formation métal avant de créer Baddies).

Il est d’ailleurs étrange de constater que c’est finalement en live que Baddies se vautre dans un son beaucoup trop produit et agressif, les titres « Open one eye » et « Battleship » promettaient pourtant de beaux lendemains dans l’enregistrement studio. Malheureusement pour le show, la plus grande déception réside dans la « prestation vocale » de son chanteur Michael Webster qui donne plus dans la vocifération et la gesticulation que dans le chant à proprement parler, contrairement à l’album dans lequel il parvenait à de subtiles modulations.

On-t-il échangé les jumeaux ? On se le demande presque, tellement les nuances de sa voix disparaissent pour n’offrir qu’un spectacle répétitif et par là même, très lassant. Espérons que leur tournée dans toute l’Europe jusqu’au 31 décembre, soit pour Baddies une bonne salle de répétition pour la suite.

Virginie Polanski