PAN EUROPEAN… Défricheur de talents

panEst-ce que la musique française survivra aux années 2000… Dur à dire, alors que l’hexagone s’enfonce dans le tout mercantile grâce au virage télé-réalité qui fait doucement mouiller les petites culottes des adolescentes pré-pubères et qui marque le retour des tubes en carton-pâte période Top 50. Même la pop s’enlise dans le préfabriqué et les idoles d’hier reviennent le temps d’un hit, histoire de s’assurer le plan retraite sur la Côte d’usure.
Lobotomisée par le tabassage médiatique et publicitaire, une jeune scène va s’extirper de la masse, saisissant rapidement que son désarroi vient de cet état de stagnation et de conditionnement, et va tenter de dynamiter les codes appliqués par les majors toutes puissantes qui alimentent l’auditeur lambda depuis des décennies de bouses infâmes, tout en se réclamant d’une loi inconstitutionnelle afin de lutter contre le téléchargement. Ainsi Tyler Durden l’avait prédit :

 » On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies. « 

Pourtant Pan European est de cette génération montante, de ces héros qui nous rendent fier de notre patrie, allant s’abreuver au sein de la sainte trinité du rock 70’s: Kraut, Psyché, Noise, et brandissant fièrement un étendard aux inscriptions D.I.Y depuis leur QG du Point Ephémère. Pan European c’est Arthur Peschaud et Romain Turzi, qui non contents de redéfinir les fondations même du rock avec leur groupe, sous le patronyme du très charismatique leader Versaillais, embarquent avec eux une ribambelle d’artistes enterrés dans les cartons de leur label Record Makers, et signent sous cette nouvelle structure la compilation Voyage: Facing The History of French Modern Psychedelic Music. L’impact est immédiat. Non seulement ce petit label déniche des zicos plus passionnants les uns que les autres, mais offre un défrichage musical qui fait table rase sur des années de piétinement et d’embourbement, se renouvelant à travers des influences parfois oubliées. A ce titre une rencontre s’imposait…

La rencontre

Il est 20 heures du mat’ et il fait un froid de gueux sur les bords du canal Saint-Martin. Je fume une dernière clope avant de rejoindre Arthur Peschaud avec qui j’ai rendez-vous pour une interview. Une fois passées les portes du Point Ephémère, je le repère au bar et salue l’artiste. Le contact est facile, on prend un verre, venu accompagné d’une amie qu’il connait parfaitement, ça déride forcement. Ambiance posée, on parle de tout et de rien, mais il va bien falloir commencer cette foutue interview. Ce n’est pas que je suis pressé, mais je suis curieux. A peine, le temps de chercher mon micro, qu’Arthur grimace et me fait comprendre gentiment que le jeu des questions-réponses, c’est plus le domaine de Romain (Turzi). Il s’excuse d’ailleurs pour son absence. Il n’y a vraiment pas de quoi. Dans tous les cas de figures, pas du genre à vouloir froisser, je m’adapte et remballe mon microphone.

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Arthur commence par me parler de Koudlam, en bonne étoile montante du label, mais pas que. On sent chez Arthur une vraie admiration autant pour l’homme que pour sa musique. Il nous annonce d’ailleurs qu’il le suivra très prochainement à Dakar en tournée, et semble tout excité à l’idée de faire ce voyage. J’en profite pour lui asséner une ou deux questions sur le dandy qui finalement reste un mystère pour le grand public et semble cultiver une certaine distance avec lui. Pourtant selon le demi-boss paneuropéen, y a pas plus cool que lui, mais il est d’accord que ma description Gainsbarre-Walker-Vega colle parfaitement à l’image scénique du perso. Mais franchement il ne faut pas se fier aux apparences. Ceux qui l’auront découvert lors de la présentation de B à l’Elysée Montmartre ou à l’happy birthday du Point FMR sont invités à revoir leur jugement et de s’entasser à la Flèche d’or le 16 Janvier prochain. Moi, j’avais trouvé sa prestation tragique et plutôt grandiose en fait.
On e72aqua-nebula-oscillator002nchaîne directement sur Aqua Nebula Oscillator, et je ne peux m’empêcher de demander à Arthur comment il conçoit ses journées avec des personnalités aussi affirmées que les membres d’ANO, ou Koudlam. A priori gêné au premier abord, ma question le fait sourire, et nécessite un petit voyage dans le temps. Il me parle de l’époque de Record Makers, lorsqu’il travaillait encore comme homme à tout faire et voyait ces démos dormir dans des cartons. Il me fait comprendre que peu importe l’individualité de la personne ou son délire, il faut parfois aller au-delà. Pan European ne fait pas dans mercantilisme inutile et ne se vendra jamais pour une pub ou autre chose, c’est avant tout un noyau d’artistes qui cherche à explorer d’autres univers et se réunit autour d’un amour commun. Un peu hippie P.E ? Fuck that !
Il est temps d’aller faire un tour dans le laboratoire à idée, je suis donc l’homme dernière la barre, qui nous conduit dans l’antre du Studio de Turzi. Tout semble plongé dans la culture allemande et légèrement dadaïste (drapeaux, ouvrages sur l’Outre-Rhin, vieux vinyles de Kraftwerk qui trainent dans un coin….). Arthur s’empresse de nous dégourdir les esgourdes, et nous blablatons sur les critiques majeures que reçoit Pan European. Un artiste ressort bien entendu, celui de Koudlam, et Arthur de s’amuser de nous raconter l’anecdote d’une interview de Jean-Michel Jarre parue dans Technick’art, pour ne pas les citer. Il s’affaire à nous passer Zoolook, dernière œuvre de ce génie de l’électronique qui (l’avouant de lui-même) sombra tout de suite après dans les méandres de l’europop et citant en long et large Koudlam comme héritier… Se verrait-il faire son come-back auprès de l’auteur de Goodbye ? Affaire à suivre… Mais plus pris par l’ambiance à la fois étouffante et planante du studio, une question me brûle les lèvres… Est-il encore possible de nos jours d’enregistrer des albums psyché comme The Pipe at Gates of Dawn de Pink Floyd ou Kraut comme Tago Mago de Can, avec autant de pureté ? De créer un bijou indémodable ? Pierre, qui avait mixé l’indétronable A de Turzi, et qui vient de nous rejoindre, ne peut s’empêcher de me répondre : « Et le public, serait-il prêt accepter une telle clarté, nos oreilles salies par toutes les « merdes » qui nous assaillent sauraient-elles reconnaitre la perfection et l’apprécier ». Touché. Arthur, de son côté, est plus optimiste et pense à une véritable redistribution des cartes. Les majors se cassent la gueule, les CD des émissions poubelles engrangent de moins en moins de profit… Aujourd’hui l’underground s’éveille, les vrais artistes sortent de leurs terriers, et ne se cantonnent pas à un style mais inventent de nombreux genres totalement nouveaux à la frontière d’influences anciennes. Il n’y a plus de Mainstream, mais plein. La musique se divise en artères, en veines, puis en minuscules vaisseaux sanguins afin d’alimenter un public qui enfin s’est réveillé.

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J’alimente ensuite en dérivant sur One Switch To Collision et Kill For Total Peace, dont le dernier bénéficie d’un buzz surnaturel. Il semble assez soulagé par mon engouement, et est totalement conquis par ma réaction. Il faut dire que Kill For c’est deux ans de travail acharné et ininterrompu depuis le lancement de la compilation Voyage… Si Kill For est le dernier album siglé Pan European à avoir atterri dans les bacs, il reste pourtant l’un des tout premiers projets d’Arthur et de Romain. Et malgré son amour pour le psyché, le producteur visionnaire me fait part de ses envies de changer de registre. Le premier pas se fera en signant Service, groupe obscur donnant dans le rock noise à consonance métalleuse. Un brin synthétique, mais avec la lourdeur du drone, ce quatuor risque fort de faire son petit effet. D’autre part, totalement influencé par la musique world, Arthur aimerait lancer une vague de compilations regroupant une pléthore d’artistes maghrébins autour d’un concept comme les désert sessions de Josh Homme. D’ailleurs il nous citera le dernier Omar Souleyman (au côté du dernier Rebotini) dans son top de l’année. Il se dit proche de labels comme Sublime Frequencies ou Honest Jon’s en terme d’influence. Et se propose d’ailleurs de nous en faire écouter quelques morceaux.
Alors qu’une petite troupe s’est ameutée par l’enivrante hystérie provoquée par les mélodies de Group Bombino qui jaillissent des enceintes, il est temps pour moi de m’éclipser. Je remercie chaleureusement Arthur, que je retrouverai bientôt cette fois-ci derrière sa basse au cours d’un live donné par Turzi au Showcase. Je retrouve donc le froid, et la neige. Exit l’ambiance chaleureuse du Point Ephémère, dur retour à la réalité. Et c’est en m’engouffrant dans le métro que survient le déclic, et que je me rappelle avoir oublié un truc essentiel. Merde, pourquoi un paon ? Au fait vous ai-je déjà dis que Phantom Of Paradise était l’un de mes films préférés.

Akitrash

Discographie

voyageVoyage – Facing The History of French Modern Psychedelic Music (PAN, 2008)

Ok, je sais que ça peut paraitre réducteur comme ça, mais tout est dans le titre. La première sortie du label Pan Européean est un balayage de tout le spectre de la musique post-moderne et psychédélique actuelle à travers une compilation regroupant des artistes si prometteurs qu’on se demande encore comment ils ont pu rester inconnus si longtemps. De la chevauchée sauvage (The Dog) de Service au millésime opiacé et parasité de Lisa Li-Lund, sans oublier l’aérien Mantra de Mogadishow ou la très jazzy improvisation de Rob, qui s’affaire plus aujourd’hui à réaliser des tubes electro-douteux chez Institubes ; rien n’est à jeter. Un voyage sans escales au cœur d’un rock 60’s qui n’avait jusqu’à présent fait qu’effleurer notre douce contrée et qui s’y plonge après quelques quatre décennies de retard dans un élan de folie pure qui vous donne le vertige. Voilà un disque qui aurait fait une très bonne BO pour un nouveau Jodorowsky.

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Lisa Li Lund – Heavy Horse

Ulysse – The Countess’s Smiles


ano-anoAqua Nebula Oscillator – Aqua Nebula Oscillator (PAN, 2008)

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ANO, c’est « La famille ». Pas le cocon, pas le nid douillet parental, mais la secte maudite dirigée par le criminel le plus redouté de tous les Etats-Unis : Charles Manson. Pourquoi ? Car Aqua Nebula ne joue pas, mais vit sa musique jusqu’à l’habiter quitte à être maudit. Alliage contre-nature entre rock post-hippie et gothisme caverneux, chacun des titres de cet album éponyme pue le LSD et autre psychotrope. David Spher’Os, Takumi Lida rejoints par l’inégalable Juan Trip entrainent leur auditoire à embarquer dans leur train fantôme direction les catacombes. Une bonne respiration d’éther est fortement conseillée. Des morceaux comme St Trip ou Pox on you vous laissent avec un sourire béat que seule peut provoquer la démence. Contrairement aux champis ce disque est à consommer sans modération mais peut malgré tout provoquer de risque fort cas d’accoutumance. 100% hallucinogène.

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ANO – Pox On You

ANO – Take A Long Walk


koudlamKoudlam – Live at Teotihuacan (PAN, 2008)

Cri d’amour en l’honneur d’un peuple disparu (en voie de disparition ?) dont certains aimeraient enterrer jusqu’à l’existence sous une chape de béton, c’est ce que nous offre cet ex-écumeur de raves natif d’Abidjan sur ce magnifique EP dont le grandiose flirte avec le tragique. Ce crooner post-millénariste fait pleurer des larmes de sang sur la destruction des origines de notre civilisation (The Great Empire, Eagles of Africa) et dresse ce constat amer de sa voix rauque et plaintive : L’homme construit, l’homme détruit (See you all). Où comment faire passer un message à travers la musique et avec brio, qu’écrivains, documentalistes, et autres artistes tentent vainement d’exprimer depuis des décennies.

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Koudlam – Eagles Of Afrika

Koudlam – The New Order


one-switch-to-collision-korrectOne Switch To Collision – Korrect! (PAN, 2008)

Le premier groupe chorale de Pan European, puisqu’il regroupe à la fois des membres de Kill For Total Peace et Turzi, passe immédiatement du court au long. Jouant sur l’ambigüité territoriale, One Switch To Collision se positionne avant tout comme un groupe multicartes, passant du kraut au psyché sans que rien ni personne n’ait compris ce qui se passe, leur nom en portant d’ailleurs les stigmates. Si je ne devais garder qu’un album du label effervescent parisien, ce serait celui-ci. Véritable leçon de musicalité, aussi tonitruante que vaporeuse. La voix de D.Gage est à rapprocher de celle de Bobby Gillespie période post-Jesus & Mary Chain, à la fois soul et narcotique, se baladant sur des riffs de guitares tantôt affolants, parfois neuroleptiques, mais sonnants toujours juste. Ajoutez à cela un climat brumeux et enfumé, dans lequel résonne l’écho d’un orgue au son retro et une batterie qui enchaine les ruptures pour mieux déclencher l’embardée d’envolées lyriques puis embardées volcaniques et vous serez encore loin de deviner le potentiel auditif de One Switch To Collision. Que se soit sur Smokes, Bist Du Korrect ? ou le puissant Small Box of Wax, cette troupe de huit zicos réussit l’exploit impossible d’égaler le choucroute-rock planant de Can et Amon Düül ainsi que le british psyché d’Hawkind, voir de Pink Floyd. Mention spéciale au flamboyant Psychotic Sunday, soit seize minutes de corrosion mentale et de leçon d’hypnose. Surpuissant !

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OSC – K9 Itch

OSC – Bist Du Korrect


ano-under-the-moon-ofAqua Nebula Oscillator – Under The Moon Of… (PAN, 2008)

Autant être honnête dès le départ, j’ai eu un mal fou à rentrer dans ce nouvel opus de nos devil’s rejects. Refonte du line-up, changement brutal d’ambiance, un titre se rapprochant de celui de Twilight 2, une pochette faisant penser à un fly pour un concert de Punish Yourself… Et pourtant, après quelques écoutes je dois bien avouer m’être finalement pris au jeu de cette nouvelle mouture d’ANO qui tronque ses atmosphères de hululements pour fleurs fanées à la cithare contre un garage-rock que n’auraient pas dénigré les MC5 tout en conservant leur costume d’Halloween. Il faudra pourtant s’habituer au chant tranchant de la Cruella, Shazzula, qui partage le devant de la scène avec l’unique vétéran du groupe David Spher’Os. Under The Moon Of… est certes un album qui déconcertera les fans de la première heure du combo machiavélique et psycho-tropique. Mais qu’on se rassure le chaos ambiant n’empêchera pas les moments de bravoure que sont Lost in space ou Flying Mountain. Et la déjanterie reprend vite dessus alternant accélération et aquaplaning aérien menant l’assistance jusqu’à l’aliénation. LSD Therapy qu’ils appellent ça… Buvards non-fournis par contre. SIC !

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ANO – Flying Mountain

ANO – Silver Moon


koudlam-goodbyeKoudlam – Goodbye (PAN, 2009)

Intituler son second album Goodbye pourrait paraitre prétentieux ou malvenu de la part du jeune artiste ultra-buzzé, Koudlam. Pourtant, le message n’est pas à prendre au pied de la lettre, il ne s’agit d’un adieu du musicien à la scène, mais bien d’un constat de crise où finalement le monde s’écroule sous nos pieds et nous tire sa révérence. Cet au revoir, c’est nous tous qui le scandons, car seule échappatoire au final, la mort.
Voici un disque profondément perturbant tournoyant autour de la destruction, qui sur bien des points me rappelle le concept-album de Nine Inch Nails, The Downward Spiral. Ce thème de prédilection, l’artiste le partage notamment avec son illustrateur, ami et parfois mentor Cyprien Gaillard.
La voix écorchée de Koudlam déchire les aortes sur Love Song qui détourne le slogan Johnny Lyndon période P.I.L et se transforme complainte le temps de la petite mort que dure Goodbye. On retrouve forcement See you all, hymne devenu prophétique ainsi que le World-Cold-wave Eagles of Africa dans une version totalement identique à celle déjà présente sur Live at Teotihuacan.
L’homme au regard de dauphin déchaine sa rage sur Middle, morceau new-wave sur lequel le chanteur rentre en transe, fusionnant avec le beat à la fois inquisiteur et inquiétant et laissera finalement les éléments s’exprimer sur Waves of Mutilation. Le ciel devient sombre, et nous assistons impuissant à l’écroulement de toute la civilisation moderne dans un fracas frénétique en l’occurrence synthétique.
Le monde attendait un nouveau prophète, pas de doute le voici. Mais celui-ci ne sera pas religieux, et son message d’amour sera doux comme la lame d’un rasoir glissant sur artère.

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Koudlam – See you All

Koudlam – Wave Mutilation


kill-for-total-peace-kill-forKill For Total Peace – Kill For (PAN, 2009)

Voir D.Gage bouger son corps comme Shaun Ryder qui aurait mangé du « Bez », avec son look de Steve Rogers en chantant Captain America, fait toujours son petit effet. Si Kill For Total Peace ressemble à un slogan militaire pour agrandir les rangs des troufions qui partaient au Vietnam, l’esprit révolutionnaire lui se ressent réellement dans la musique du quintet à la fois foutraque et suintant le perfectionnisme. Psychédélique et schizophonique ! Bang ! Bang ! Une balle dans la tête et ascenseur pour l’Elevator Love. On gonfle rapidement les rangs des fanatiques du Total Fuzzzzzzz, on bugue, on accroit le buzz et on se drogue à l’adrénaline pure envoyée par décharges à travers nos oreilles. Fuck Dreams, is my reality comme je répondrais à cette connasse de Sophie Marceau, et lui sucrerait sa sur-boum pour lui asséner les sonic-booms d’un Sunshine, collage électrique d’influences multiples et éclectiques. Pulvérisant toutes les audaces, Kill For est un album qui prend résidance bien confortablement au centre même du cerveau, prenant le contrôle de vos synapses, faisant tomber les pions comme le jeu d’échecs. Tout le génie du groupe se trouve là, dans cette capacité à rendre leur musique si addictive qu’elle vous ferait passer 6 minutes 41 en 50 seconds. Que quelqu’un me vire ce putain de casque, je n’arrive plus à m’arrêter…

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Kill For Total Peace – 50 seconds

Kill For Total Peace – Residance