On y était – Broken Bells

Broken Bells, Paris, Lundi 1er mars 2010 au Nouveau Casino

Tout le projet Broken Bells, fruit de la collaboration entre James Mercer, chanteur de The Shins et Brian Burton, aka Danger Mouse, est basé sur l’effet d’annonce. En effet ce n’est qu’en décembre 2009 que nous apprenions la naissance de cette rencontre iconoclaste soit trois mois seulement avant la sortie de leur premier album et, ce n’est que fin février 2010, que nous est annoncé 10 jours plus tard la tenue d’un concert à Paris, première date de leur mini tournée européenne. Mais que vaut cette collaboration au final ?

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En attendant de pouvoir contempler le chat et la souris, en première partie, nous avons Joker’s Daughter, le projet folk de Brian Burton avec la jeune jeune chanteuse anglaise multi-instrumentiste Helena Costas. Ils ont commencé à collaborer ensemble en 2003. Mais avec les diverses collaborations de Danger Mouse (Gorillaz, Danger Doom..),  le fruit de leur session d’enregistrement n’a jamais pu aboutir sur un album fini. Jusqu’à l’année dernière où finalement The Last Laugh sort sur Domino Records. Arrivé tout juste pour la dernière chanson, force est de constater que sur scène Helena et ses compères se sont juste trompés de fête, l’épiphanie et les couronnes de galette des rois le 1er mars, c’est has-been ! Ajouté au chapeau du fou du roi d’Helena, on ne va peut être pas commencer à parler musique maintenant…

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Broken Bells ou la rencontre de deux grands hommes. Brian et James font connaissance en se croisant sur divers festivals avec leurs groupes du moment, Gnarls Barkley pour l’un et The Shins pour l’autre. Même si certains membres d’Hartzine n’aiment pas forcément tout ce qu’a pu produire Danger Mouse, force est de constater qu’avec l’âge Mister Burton se bonifie et ses collaborations sont de plus en plus intéressantes aussi bien musicalement qu’artistiquement parlant (on se souvient alors de l’admirable travail fait autour du projet Dark Side Of Your Soul avec le regretté Sparklehorse).
Il aura fallu tout de même un an pour que Broken Bells sorte leur premier album et ce 1er mars est un peu particulier pour ce « super groupe ». C’est tout juste leur 2ème concert et il se tient seulement une semaine avant la sortie officielle de leur album. Un vrai test grandeur nature en somme. Mais cet événement n’était apparemment pas assez vendeur ou annoncé trop tardivement pour pouvoir remplir le Nouveau Casino. On pouvait ainsi encore acheter ses places au guichet. Seuls les nombreux curieux et aussi tout le gratin habituel de la hype  médiatique parisienne sont présents dans la salle.  En déposant mon matériel au vestiaire, une gentille dame de chez Magic essaie de placer sa une de magazine (avec Broken Bells) au comptoir du vestiaire, il n’y a pas de petit profit comme on dit. On arrive devant la scène et on découvre la setlist. On commence déjà à côté de moi à réviser le refrain du single vitaminée The High Road qui ouvrira le concert. Sur l’album, Brian et James jouent de tous les instruments et assurent à eux seuls la composition des morceaux. Sur scène, ils sont accompagnés par quatre autres musiciens.
L’instant de vérité a sonné. Les deux compères arrivent sur scène ovationnés par la foule se faisant pressante aux premiers rangs. James à la guitare et au chant et Brian à la batterie, la grande route peut commencer ! Des petits problèmes de son pour leur première chanson n’empêchent pas d’admirer la voix du sosie officiel de Kevin Spacey. En plus du traditionnel éclairage de la salle, on a droit à un véritable spectacle visuel avec des projections vidéo qui jouent habilement avec les visages et ombres des artistes présents sur scène. Ces projections sont toutes inspirées de la pochette du disque : graphique, épurée et colorée. Jouant les morceaux dans le même ordre que celui de l’album, on a finalement plus l’impression d’assister à une écoute privilégiée de ce dernier qu’à un véritable concert. Heureusement le spectable prend une toute autre ampleur lorsque Brian décide se mettre au piano à côté de James. Au premier plan, on a les deux compères face à face se donnant la réplique à grands coups de montées vocales pour l’un et de notes de clavier pour l’autre, énorme ! Après 10 bonnes chansons bien mouillées et passés par de grands moments d’émotion (Citizen ou October) , le duo Danger-Mercer  repart en coulisses devant l’admiration et les acclamations du public. Pour faire durer un peu plus le plaisir, ils reviennent sur scène non pas pour jouer des inédits (il paraît que pas mal de titres sont déjà en boîte pour un second opus) mais pour nous offrir une séance de reprises et pas des moindres : Don’t Let It Bring You Downde Neil Young et Crimson & Clover de Tommy James and the Shondells. Du pur bonheur !

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Merci à Fabrice de chez Phunk