Light Pollution – Apparitions

Avez-vous déjà entendu parler de pollution lumineuse ? Oui ? Non ? Donc petit rappel pour ceux qui s’ébahissent devant leur éclairage 10 000 Volts digne d’une armée d’atomic 3000 : une partie de la faune se meurt car les ténèbres sont aussi capitales à sa survie que la lumière naturelle l’est à l’homme. Vous saisirez peut-être un peu mieux le contexte dans lequel se place notre quatuor venu tout droit de Chicago. Armés de leurs instruments de musique en guise de lampe torche, nos quatre petits gars s’épanchent sur leurs dérèglements internes et leurs... Lire la suite →

Kurt Vile – Square Shells EP

Le garçon traîne ses guêtres et sa drôle de tignasse dans les rues d’un Philadelphie suranné, noyant son amertume d’une nonchalance éperdue. Sa réputation le précède, la gloriole lui pend au nez, fendillant subrepticement son visage anguleux d’un sourire esquissé. Kim Gordon se repait de ses balades étirées, cahoteuses, nimbées d’électricité réverbérée. Et pourtant, il vous toise timidement, préférant dans l’instant mirer cette boue sèche auréolant ses godillots. Sa voix fait défaut au duo The War On Drugs quand sa guitare confère à celui-ci l’écrin d’un unanime enthousiasme. L’Amérique, orpheline... Lire la suite →

Ganglians

Il faut bien le dire, certains groupes font tout pour échapper à la moulinette critique. Deux mois que Monster Head Room et sa pochette colargol traînassent sur le coin de ma table, me rappelant sans cesse ô combien l’art de la procrastination est irréductible à ma volonté. Avec Ganglians, les natifs de Sacramento ont de toute évidence voulu, par ce nom de scène si peu ragoûtant, se soustraire à la verve abrasive de tous ceux pourfendant l’incurie néo-hippie. Et une rapide et allusive écoute avait sonné le glas d’un intérêt bien placé : le supplice aurait dû être... Lire la suite →

Sleepy Sun – Fever

C’est à peine si j’ai eu le temps de terminer de siffloter les dernières notes de White Dove, que les Sleepy Sun nous reviennent déjà avec un nouvel album intitulé Fever. Hmmmm ! Rien que le titre me fait frissonner. Pas rassasié des élans chamaniques et des vapeurs de Quechua émanant de leur précédent single, c’était tout naturellement que j’allais me jeter sur ce bonbon qui fait mal à la tête le lendemain. Ainsi pour ceux qui ne les connaissent pas, Sleepy Sun fait partie de ce que l’on nommera la... Lire la suite →

On y était – Band Of Skulls

Band Of Skulls... un groupe au nom prometteur dont le premier album mi-figue, mi-raisin, Baby Darling Doll Face Honey, m'avait laissée sur une impression de pas assez. Commencer sur l'excellent Light Of The Morning et finir sur un Stun Me All Wonderful relativement chiant, c'était comme offrir un repas sans mousse au chocolat : frustrant.

On y était – Tweak Bird + Real Estate + Ted Leo And The Pharmacists

Photos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine Tweak Bird + Real Estate + Ted Leo And The Pharmacists, Le Café de la Danse, Paris, 26 mai 2010 En ce 26 mai, je me suis dirigé vers Bastille le cœur léger. Ça devait bien faire trois mois que je n’avais pas écouté Real Estate. A vrai dire ça ne m’avait pas manqué. Énième groupe pop de l’année 2010 aux guitares réverbérées et inoffensives, leurs chansons ne m’ont pas plus marqué que ça. Les deux autres groupes présents ce soir-là ne m’évoquaient rien... Lire la suite →

Holiday for Strings – Favorite Flavor + Thieves Like Us – Again and Again

Thieves Like Us, souvenez-vous, a sorti son premier album, Play Music, en décembre 2008 chez Sea You records et distribué en France via Kitsuné. Drugs in my Body, le débilitant single d’un album plutôt bon dans sa tentative pop cold wave, empruntant autant à New Order qu’à la trilogie berlinoise de Bowie, résonnait dans nos oreilles pile poil au sommet de la hype pour l’onéreuse marque au renard. Maintenant que les compilations Kitsuné en sont au volume 31 et que Gildas et Masaya, les créateurs du magasin de fringues / label, s’adonnent aux interviews... Lire la suite →

Steve Mason – Boys Outside

Cher Steve Mason, tu crois sincèrement t’en tirer comme ça ? D’une chiquenaude confinant à la minauderie ? Tu penses nous semer, nous faire oublier qui tu es ? De King Biscuit Time à Black Affairs, tu imagines que l’on n’a pas démasqué la supercherie ? Te tapir dans l’ombre reste pourtant l’une de tes meilleures idées tant tes ersatz euphorisant ne vaudront jamais une demi-mesure de ton Beta Band galvaudé et très tôt mis à mal. Comment ne pas haïr ta mièvrerie désormais resplendissante, collant à tes basques telle une ombre ostentatoire à ton talent ? Va-t-on... Lire la suite →

How To Destroy Angels

C’est avec un nom inspiré une nouvelle fois du répertoire de Coil que nous retrouvons Trent Reznor, puisque How To Destroy Angels fait référence au premier album du band indus monté par Peter Christopherson et John Balance. Adjoint  de sa femme Mariqueen Maandig au chant et d’Atticus Ross à la programmation, l’ex-NIN reprend du service comme il l’avait promis en tout début d’année.  Après A Drowning, premier single plutôt propre, The Space In Between dessine une facette plus sombre, dont le romantisme morbide rappelle les heures «fragiles » de son auteur.... Lire la suite →

On y était – Fol Chen & Liars

Fol Chen, Liars, Paris, La Maroquinerie, le 19 mai 2010 Vous avez déjà foutu les pieds en enfer ? Le malin a-t-il déjà joué de votre trop facile concupiscence, susurrant délicieusement ses charmes vils au creux de vos oreilles avant de vous les rabattre brutalement dans la plus complète stridence apocalyptique ? Oui ? Non ? Dans tous les cas, lisez attentivement ce qui suit. Ma journée commence pourtant bien : gagnant mon lieu de travail aux aurores, tel un angelot dévotement pétri de professionnalisme, je besogne sans interruption une... Lire la suite →

The Dead Weather – Sea Of Cowards

Il y a un an à peine, la nouvelle bande réunie autour du prolifique Jack White donnait son premier concert dans les locaux de Third Man Records, à Nashville. C’était en mars 2009. Les réactions ont d’abord été prudentes : side-project de trop, The Dead Weather incarnait l’énième menace qui retardait une fois de plus le retour des White Stripes. Mais il a suffit d’un seul concert à la Cigale trois mois plus tard pour que les médisants – du moins les médisants parisiens – revoient leur avis. Sur scène,... Lire la suite →

Ghost Society – The Back of His Hands, then the Palms

Certains disques mettent du temps à arriver à nos oreilles, étant plus dénichés là, au hasard de quelques recherches noctambules, que par le biais de personnes vous invitant à les chroniquer. Pour autant, aucune date de péremption ne figure nulle part et l’envie reste intacte d’en parler, quand bien même The Back of His Hands, Then the Palms est paru en janvier. D’ailleurs je pourrais très bien vous dire qu’il sort dans deux semaines, vous n’y verriez que du feu. Les Danois de la Ghost Society portent si parfaitement leur... Lire la suite →

On y était – Black Rebel Motorcycle Club

Photos©Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine Black Rebel Motorcycle Club, Le Bataclan, Paris, mercredi 12 mai 2010 Ce soir-là, le boulevard Voltaire est envahi par les uniformes noirs et les blousons en cuir de bikers qui ont préféré le métro à la moto pour se rendre au Bataclan, éphémère lieu de rendez-vous des aspirants rebelles venus prendre leur dose de cambouis musical. Le Black Rebel Motorcycle Club, malgré un nouvel album décevant, joue à guichets fermés. La réputation, que voulez-vous, celle qui fait qu’on admire le chef du gang alors qu’en réalité,... Lire la suite →

Beach Fossils – s/t

Dustin Payseur est un doux rêveur qui s’embarrasse de peu de réalité pour entreprendre ses projets. Pour un millier d’autres avant et après lui, il y a largement matière à repartir la queue entre les jambes dans sa Caroline natale et remiser sa gratte au profit d’un beau tablier de serveur de fast-food. Oui mais voilà, le jeune homme, fraîchement débarqué à Brooklyn dans l’espoir de vivre de sa lo-fi crasseuse, a suffisamment la musique dans le sang et de compositions derrière les fagots pour attirer l’attention sur son groupe,... Lire la suite →

Wild Nothing

La vingtaine à peine entamée et déjà Jack Tatum alias Wild Nothing fait preuve d’une maturité musicale qui pourrait faire raccrocher les guitares à une tripoté d’artistes écoutés ces temps-ci.  A l’instar d’Oberhofer chroniqué récemment, Jack fait parti de cette nouvelle vague américaine de jeunes adultes surdoués qui insufflent à la musique lo-fi une intelligence « phil spectorienne »  dynamisante .  Avec pour seule aide leur culture musicale débordante et la lecture si particulière qu’ils en font,  ces artistes sont capables de construire des édifices musicaux spectaculaires mais tellement imprégnés de cette... Lire la suite →