Moon Duo - Animal

Moon Duo by Aylin GungorMoon Duo, le side-project du guitariste Ripley Johnson de Wooden Shjips avec Sanae Yamada, est à mi-chemin de la fainéantise absolue et de la géniale cabale. En cause, encore et toujours, cette propension à répéter une même formule psyché-pyrotechnique, de riffs en riffs, de morceaux en morceaux, d'albums en albums et d'années en années, semant de facto sur la durée, tous les ingrédients nécessaires à la perte de repères et à l’énigme intégrale. Sachant que ladite formule est plus que pompée à la base aux pontes du kraut et du psyché-rock, les prémisses de l’escroquerie étaient d'ailleurs d'autant plus prégnants depuis le LP Circles (lire) ressassant dans les grandes largeurs Mazes, paru deux ans plus tôt (lire). Alors à l'annonce du futur Shadow of the Sun, à paraître le 3 mars prochain sur Sacred Bones, que peut-on espérer du désormais trio avec l’addition de John Jeffrey à la batterie ? La réponse est conditionnelle - puisque ne tenant qu'au morceau Animal récemment défloré et à ouïr ci-après - mais un changement de tonalité se dessine, rendant la balade cosmique plus noire, comme balayée d'une onde bruitiste primitive et bestiale. Et bizarrement, ça marche. Bien plus que la resucée en règle de Nin Inch Nails égrainée le même jour sur les internets et signée Luis Vasquez avec The Soft Moon - l'ingrat Black tournant à vide pour annoncer l'album Deeper prévu le 31 mars sur Captured Tracks. Entre ces deux lunes, il y a un plus qu'un monde, il y a un délit.

Audio

Tracklisting

Moon Duo - Shadow of the Sun (Sacred Bones, 3 mars 2015)

01. Wilding
02. Night Beat
03. Free The Skull
04. Zero
05. In A Cloud
06. Thieves
07. Slow Down Low
08. Ice
09. Animal

Moon Duo - Animal


Moon Duo - Sleepwalker (Zombie Zombie rmx)

Sans titre 2Sorti en fin d'année dernière sur Sacred Bones Records et Souterrain Transmissions, Circles des cosmiques Moon Duo n'a pas changé la face du monde, loin s'en faut, reprenant les choses là où Ripley Johnson et Sanae Yamada les avaient laissées avec Mazes (lire), emprunts d'un même talent à l'heure de faire voyager l'esprit le cul doublement vissé au canapé. La réelle révolution de palais a eu lieu en avril dernier et l'album de remixes, délaissant Circles aux appétits déconstructivistes de White Rainbow, Eric Copeland de Black Dice, Sun Araw, Phil Manley de Trans Am, Umberto, K-X-P et Zombie Zombie. Soit une belle tripoté de frappadingues à l'imagination débordante et aux productions mariant incantations et hallucinations. Et c'est la relecture électronique du single Sleepwalker par Cosmic Neman et Étienne Jaumet que l'on retrouve justement portée à l'image par BJ NEV et qui rend grâce à l'original dans toute sa dimension immersive et introspective.

Moon Duo sera en concert le 19 juillet prochain au 104 dans le cadre du festival City Sounds (Concours).

Vidéo

http://youtu.be/MvlYqKA0Bl0

Audio


Moon Duo / Psychic Ills - Split 7"

Balancé en plein cœur de l'été, ce split 7", partagé entre Moon Duo et Psychic Ills, est quelque peu passé entre les mailles du filet pour le clampin arpentant les plages de sable fin, la clope au bec, la bière à la main. Pourtant chacune des deux formations a récemment sorti l'artillerie lourde, avec deux des trips psyché les plus aboutis de l'année 2011, Mazes (lire) pour l'un, Hazed Dream (lire) pour l'autre. Rien d'étonnant donc à voir ces colocataires de label (Sacred Bones) titiller conjointement cette langueur estivale cramée de soleil de leurs paraboles lysergiques explosant l'espace-temps. Une façon comme une autre d'annoncer pour 2013 leur retour discographique. Si Take Me With You n'est pas - comme son titre pouvait le laisser penser - une reprise de Prince, elle est en revanche du Psychic Ills dans le texte, distendant sa mélodie sur un motif rythmique répétitif et ne souffrant aucunement d'une adaptation vidéo réalisée par Robert Beatty et Coleman Guyon.

Audio

Vidéo


Moon Duo - Fallout

moon-duo

Evidemment, d'aucuns penseront que Moon Duo est le couple le plus glamour de la décennie. A croire que l'enfermement créatif et la distance psycho-active de leur musique créent, à la manière des Peaking Lights, une sorte d'anthrax à la folie du bon goût pileux, capillaire ou vestimentaire. Une opprobre vite ravalée devant l'obole lysergique qu'insufflent leurs instruments à la faveur de Mazes (lire), récemment sorti via Souterrain Transmissions. Et c'est une véritable capture visuelle de leur psyché déviante et contemplative que la mise en en images par Eric Mast du nébuleux Fallout reproduit lascivement, sur la durée. A vous faire presque regretter de ne pas avoir eu des parents hippies. Enfin, presque.

Vidéos


Moon Duo - Mazes

Moon Duo, souvenez-vous. Ripley Johnson, par ailleurs guitariste et chanteur des Wooden Shijps, fichu de sa compagne Sanae Yamada, était venu nous en mettre plein les esgourdes lors d'un concert à La Plage de Glazart l'été dernier. Nous avions filmé (voir) et nous avions aimé et ce, tout autant que le premier mini LP du couple lunaire, Escape (lire), paru début 2010 sur Woodsist. Autant dire que l'on surveillait tel le lait sur le feu la sortie de Mazes, prévue le 28 mars prochain, qui, s'il fallait quelqu'un pour en douter, tient toutes ses promesses, clivant l'auditoire en deux franges bien distinctes : ceux n'ayant que faire de telles divagations distordues où l'art de la répétition rythmique s'exerce à satiété, et ceux éberlués d'une telle mise en abîme des poncifs krautrock en plein cœur d'un son garage fuzz parfaitement maîtrisé. Joie de la décalcomanie grossière pour les uns ou luminescence psyché-rock pour les autres, c'est selon, et à vrai dire, ce ne sont pas ces quelques mots qui infirmeront l'opinion bien trempée qu'un tel disque peut provoquer. Reste que cette propension à dynamiter l'espace-temps selon l'exégèse motorik propre à Neu!, combinée à l'excellence d'un Ripley capable de dédoubler, voir de tripler sa guitare en permanence, selon le triumvirat réverbération/saturation/lead, insinue une invitation au voyage introspectif presque irrésistible, à défaut d'être novatrice. Car s'il est difficile d'esquiver l'hypnose fomentée par l'introductif Seer ou le nébuleux Fallout, sans se sentir pour autant immergé dans les mantras soniques délayés par Run Around ou In The Sun, la tâche s’enhardit invariablement lorsqu'il s'agit de repousser dans les limbes de l'indifférence Mazes ou When You Cut, où des boucles de claviers taillent une assise mélodique que la voix et la guitare de Ripley n'ont de cesse de prolonger tout en la dévoyant. Le conclusif Goners et son cheminement space-rock tendent à susurrer, à la lisière d'un kitsch hippie à peine défloré, en quoi Mazes aurait pu être une occasion manquée, à savoir là où la bacchanale sonique tempête dans l'onanisme. En d'autres termes, la faute de goût qui donne tout son relief au reste d'un album fortement référencé mais diaboliquement jouissif.

Tracklist

Moon Duo - Mazes (Souterrain Transmissions, 2011)

1. Seer
2. Mazes
3. Scars
4. Fallout
5. When You Cut
6. Run Around
7. In The Sun
8. Goners


On y était - Bonnes Manières #2

moon-duo-6-webPhotos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

Bonnes Manières #2 : The Feeling Of Love + Moon Duo, LaPlage, Paris, 17 juillet 2010

Sous les pavés, LaPlage de Glazart : une oasis au bord du périph' où l'on peut rassasier sa soif de chameau sans que ses oreilles soient laissées pour compte. C'est ici que la deuxième édition des Soirées Bonnes Manières a élu son domicile estival avec une programmation alléchante conjuguant le garage électrique de The Feeling Of Love - dont on a déjà évoqué le talent ici - et le glofi langoureux de Moon Duo.

A notre arrivée sur place, mes collègues et moi constatons que ce sont bel et bien les vacances : le public, pas hystérique pour un sou, se traîne mollement jusqu'aux chaises longues dont il préfère le confort à celui des premiers rangs de la fosse - qui resteront d'ailleurs désespérément vides toute la soirée. Néanmoins, aucun clapotis méditerranéen à l'horizon si ce n'est celui du Pastis contre les gobelets en plastique. Le soleil commence mollement à faire son lit tandis que Shazzula d'Aqua Nebula Oscillator nous montre sa frange en nous faisant écouter ses vinyles. Un détail commence à chatouiller mon oreille, et ce n'est pas parti pour s'arranger : les ingénieurs du son croient sans doute avoir affaire à un public de sourdingues pour pousser le volume si fort - où est-ce une ultime tentative dans le but de secouer les spectateurs apathiques ? Quoi qu'il en soit, ils ont décidé de faire exploser nos tympans avant la fin de la soirée.

the-feeling-of-love-8-web

Les trois membres de The Feeling Of Love ne doivent sans doute pas être emplis de gratitude à leur endroit puisque leur prestation, noyée dans un magma sonore presque insupportable et sans aucun relief, a paru ce soir bien monotone. Aucune des aspérités présentes sur leur excellent dernier album (OK Judge Revival, Kill Shaman Records, 2010) ne ressort de ce tas de sons brouillons. Déçue que je suis, je leur laisse pourtant le bénéfice du doute : c'est la faute de la salle, je les verrai ailleurs une autre fois et ce sera génial. J'ai presque fini de me convaincre quand une dispute éclate sur la scène, provoquée par le claviériste S., apparemment en désaccord avec ses camarades sur le dernier titre de la setlist. G. Marietta et Seb Normal cèdent, abandonnant son public sur ces mots : "Bon bah on split." Ambiance.

moon-duo-8-web

Moon Duo est arrivé sur scène à la cool : chaussure d'eau et ying yang vestimentaire. Un rider typique d'un duo psyché : mpc pour les rythmiques, loop station pour le guitariste et caisse de pédales en tout genres pour saturer les ondes synthétiques. Killing Time a ouvert le bal avec un son de guitare un peu timide. Les lignes de basses sourdes assénées par le synthé ont comblé la dispersion des lignes de guitare. Ripley s'est bien vite repris en enchainant la majorité des classiques du répertoire de Moon Duo avec un son retrouvé (triples humbuckers de patron) et une voix bien mieux en live finalement. L'assistance, mièvre du début à la fin du show (à part quelques petites brunes), n'a pas dû vraiment saisir la qualité du déhanché de Sanae. La hauteur de la scène y était peut-être aussi pour quelque chose.

Vidéo

Photos


Moon Duo - Escape

escapeMoon duo ou la fulgurance sonique... Premier single l'année dernière (Love On The Sea) suivi d'un Ep plus conséquent dans la foulée (Killing Time). L'album arrive en ce début d'année 2010 conjointement à une tournée américaine qui les mènera jusqu'à la pointeuse de la hype indie : le bizarrement nommé SXSW. Pour l'occasion, le village texan, désormais considéré comme l'Élysée de l'indie rock foireux, verra séjourner entre ses murs un pan de la musique contemporaine qui ne s'associe pas aux mots beach, chill ou wave (au choix). Pour la petite histoire, Moon Duo est un side project de Sanae Yamada et Erik 'Ripley' Johnson de Wooden Shijps, groupe incroyable qui reprend l'histoire la où Les Rallizes Dénudés l'avaient laissée : lignes de basse labellisées Motown, organ d'un autre âge, thèmes de grattes noise à ombre portée psyché. L'héritage est assumé crânement (on pensera également au The Hard Hit de Moolah et à German Oak époque Nibelungenlied) mais sans trop regarder dans le rétro. Escape a donc pour principale qualité de ne pas sonner comme un obscur Lp enregistré au début des années 70. La production optimise le travail mélodique mené principalement par Ripley (guitariste), devenu maître dans l'art du dropping et du mélange Flanger/Reverb/Saturation. Le montage rythmique des morceaux ne s'embarrasse d'aucune fioriture : les plans sont répétés à épuisement. Une tension statique s'en dégage, les variations jouent davantage sur ses faux solos oscillant entre stoner cheap et montée/descente sonique.

Audio

Moon Duo - Motorcycle, I Love You

Tracklist

Moon Duo – Escape (Woodsist, 2010)

1. Motorcycle, I love you
2. In th trees
3. Stumbling 22 street
4. Escape