Fawkes - Vesuval (FULL STREAM PREMIERE)

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La Franco-canadienne Fawkes sait donner du temps au temps afin de maturer ses productions pour lesquelles l'auditeur ne peut se satisfaire d'une écoute épileptique. Deux après avoir divulgué l'introductif morceau Ekno, posant d'emblée une voix et une instrumentation que l'on aurait tôt fait alors d'assimiler à Grimes, la native de Toronto déflore son premier EP intitulé Vesuval fin juin via, Desire Records , en écoute intégrale ci-après. Et s'il l'on peut rattacher son travail - dont l'élément cardinal reste sa voix, qu'elle duplique en loops, repique, triture, et porte à son paroxysme - à celui du duo parisien Opale (lire), l'on sent à mesure d'une écoute attentive, sans quoi l'on ne décèle rien, cette intimidante et intime parenté avec l'une des figures pop contemporaines qu'est Björk, dont elle constitue une sorte de double antithétique, naviguant dans un univers néanmoins plus trouble et sombre que l'Islandaise. A la fois mélancolique et éthéré, Vesuval fait grâce à son nom quand les textures synthétiques qui carènent cette odyssée vocale rentrent en ébullition, et ce, sans jamais noyer la force dramatique de l'ensemble (Funeral, Solarii).

Audio (FULL STREAM PREMIERE)

Tracklisting

Fawkes - Vesuval (Desire Records, Juin 2015)

01. Funeral
02. Edea
03. Fossiliensis
04. Solarii
05. Sould Design
06. Apotheosis


Black Rain l'interview

Black Rain - Dark PoolAnticiper le futur proche est l'une des méthodes du roman - et par extension du septième art par l'adaptation - pour traiter du présent et mettre en perspective notamment ses déviances. Ainsi est né le courant cyber-punk - dont William Gibson fait figure de daron avec l'oeuvre canonique du genre Neuromancer(1984) - produit d'une violente collision entre technologie et radicalité musicale, entrecroisant cybernétique et dystopie dans un même élan cathartique. Au travers de ses ouvrages, Gibson pressent dès le début des années quatre-vingt le développement hypertrophique d'internet et ses formidables potentialités de contrôle humain et social qu'il induit. A l'heure où certains états Américains ou Européens (l'Estonie en 2015) abandonnent l’écriture manuscrite au profit de la saisie sur clavier et où se développe un apprentissage de la programmation informatique dès l’école primaire au détriment de l’écriture cursive, difficile de ne pas toucher du doigt l'acuité de ces écrits et le profond pessimisme qu'ils recèlent : programmer ou être programmé, telle est devenue la question. Et si Neuromancer est l'une des arlésiennes les plus connues du cinéma d'anticipation - bien que le réalisateur canadien Vincenzo Natali, à qui l'on doit Cube et Nothing, est censé en pondre une adaptation - ; nombre sont les films du genre à avoir connu une transcription sur grand écran par un grand nom d'Hollywood. On pense évidemment à Total Recall ou Robocop de Paul Verhoeven, à Blade Runner de Ridley Scott ou encore à la trilogie Matrix des frères Wachowski. Mais Johnny Mnemonic (1995) du touche-à-tout Robert Longo - mise en images du roman du même nom de William Gibson avec à la distribution Keanu Reeves, Henry Rollins, Ice-T et Takeshi Kitano - se pose lui aussi, malgré son échec critique et commercial retentissant, comme l'un des films références de la mouvance sci-fi cyberpunk. Alors que Christophe Lambert est le challenger de Longo pour le premier rôle - celui-ci préférant finalement se consacrer au tournage de Mortal Kombat  - , un autre premier choix, plus discret, se fait débarquer du projet : Stuart Argabright, épaulé de son acolyte japonnais Shinichi Shimokawa, sont remerciés à l'amiable s'agissant de la bande-son, pourtant déjà bien avancée. Stuart Argabright, oui, l'homme aux vies multiples, toujours sur la brèche de l'avant-garde. A la fois pionnier du post-punk US avec Ike Yard, et un album éponyme en 1982, culte et paru par l’entremise de Factory America - branche éphémère de Factory Records - (lire), et du hip hop avec Death Comet Crew, et plusieurs EP dont l'inaugural At The Marble Bar en 1985 sur Beggars Banquet, le New-Yorkais a, de par ses explorations électroniques et sa proximité avec le milieu du cinéma, très tôt composé des bandes originales, à mille lieux de l'entreprise d’uniformisation Hollywoodienne instigué par le compositeur Hans Zimmer et sa tentaculaire entreprise Media Ventures. Jetant les bases, par ce biais, d'une techno froide, industrielle et cisaillée d'influences punk, les créations de Stuart Argabright et Shinichi Shimokawa sous le patronyme de Black Rain préfigurent dans les grandes largeurs aussi bien le Sandwell District de Karl O' Connor (Regis) et David Sumner (Function), que les projets Surgeon d'Anthony Child ou Prurient et Vatican Shadow de Dominick Fernow, qui, comme Black Rain, squatte les sillons du label de Kiran Sande, Blackest Ever Black. Après le LP Now I'm Just A Number: Soundtracks 1994-95 en 2012 et le EP Protoplasm en 2013 de Black Rain, c'est précisément la précitée bande originale non-retenue par Sony de Johnny Mnemonic, revisitée et reformatée avec l'aide d'Oliver Chapoy, que la structure londonienne vient de sortir en août dernier affublée du titre Dark Pool. Et tandis que se trame un nouvel album d'Ike Yard, et d'autres rééditions de Black Rain, revues et augmentées sur Blackest Ever Black mais aussi sur Desire Records - déjà terre d’accueil du LP Nord d'Ike Yard en 2011 et d'une palanquée de maxis - , Stuart Argabright présentera Dark Pool demain à l'Espace B, avec Orphan Swords en première partie (Event FB). On en a profité pour rencontrer cet homme pressé, pressé d'explorer et pressé d'enquiller les projets, qui a pris le temps de nous répondre.

Entretien avec Stuart Argabright

Black Rain credit Jane Chardiet
Comment est né le projet Black Rain ?
How was born the Black Rain project?

En 1986, Death Comet Crew avait sorti un second EP - une reprise de Mystic Eyes et Death Comet Drive en 12" sur J-Mark Elektra - avec un son différent des débuts hip hop. Pas grand monde en a entendu parler car le label a mis la clef sous la porte juste après la sortie. On a continué à jammer dans cette seconde phase plus rock à base de machines, mais aucun label ne nous a approché. Nous faisions tous différentes choses, du coup le noyau n'a pas tenu. En revanche, j'ai très vite ressenti le besoin de former un nouveau groupe au son plus dur et j'ai commencé me rapprocher de Shin (Shinichi Shimokawa - bassiste, guitariste, compositeur, ingénieur et partenaire de production dans Death Comet Crew & Black Rain) pour faire quelque chose de nouveau.

By 1986, Death Comet Crew had released a second EP ( "Mystic Eyes" cover v / "Death Comet Drive" 12" on J - Mark Elektra ) with a different sound from the earlier hiphop /riphop . Not many heard it as the label went bust right after release, so no one knows about it. We continued jamming in this second, more 'machine rock' phase - but  another label did not appear for us , we were all doing different things and the center did not hold. Soon though, i felt a need to form a new group with a harder sound and began talking to Shin ( Shinichi Shimokawa - bassist, guitarist , composer , engineer & coproducing partner in DCC & BR ) about doing something new.

Quel était le but de ton travail avec Shinichi Shimokawa et quelles étaient vos principales influences ?
What was the purpose of your work with Shinichi Shimokawa and which were the influences?

J'ai rencontré Shin en 1983, en rentrant d'un séjour à Berlin Ouest. Je l'ai aidé à produire un groupe dans lequel il était. Impressionné par son jeu et ses idées, je suis resté en contact et je l'ai alpagué pour Black Rain une fois Death Comet Crew terminé. Je venais du punk et de l'électronique et je venais de terminer les démos pour The Dominatrix Sleeps Tonight. Shin était un bon bassiste avec des compétences que je n'avais pas et nous étions également devenus bons amis. Il a amené son jeu funky et solide et une bonne connaissance des riffs et ambiances rock/post-rock. Il pouvait passer de la guitare au clavier selon les besoins.

I had met Shin in 1983 after returning from W Berlin stay and helped produce a group he was in. Impressed with his playing and ideas,  i stayed in touch and i grabbed him for BR when DCC was done. I was coming from punk and electronic, also had just done demo for "The Dominatrix Sleeps Tonight". Shin was a good bass player and had skills  i did not have and we had also become good friends. He brought his solid , funky playing and a good knowledge of rock / post rock riffs, moods and could switch to guitar or keyboards as needed.

Après Ike Yard et Death Comet Krew, Black Rain était pour toi une étape logique dans ta recherche musicale ?
After Ike Yard and Death Comet Krew, Black Rain was for you a natural stage in your musical research?

Oui, Ike Yard, Dominatrix, Death Comet Crew, The Voodooists, sont toutes des idées qui se sont réalisées et qui ont été exploitées au maximum. The Voodooists était plus un "projet" qui n'a jamais donné de live mais qui m'a permis à la même époque de me mettre au multimédia : après avoir fait un clip sans budget, nous avons été appelé pour faire la bande son d'un Laser Disc (Video Voudou LD sur Ask / Kodansha / Toshiba / EMI, 1992). Black Rain a été monté pour opérer entre le "punk", l'industriel et le post industriel. Je lisais beaucoup et absorbait beaucoup de Sci Fi et Black Rain est devenu le lieu idéal pour les idées futuristes, presque comme un carnet de croquis pour des impulsions cyber et la réalisation de films de SF. Avec le temps nous avons trouvé des musiciens pour se joindre à nous, Bones à la basse puis Thom Furtado à la batterie. Ces enregistrements des premières années pourraient voir le jour sur Desire en 2015...

Yes. IY, Dominatrix, DCC, The Voodooists were all ideas that got fullfilled, worked out w Voodooists being the one that was a 'project' and never did live performance. Same time, I was able to get into multimedia as The Voods did a no budget music video, were asked to soundtrack a Laser Disc ( "Video Voudou" LD on Ask / Kodansha / Toshiba / EMI 1992 ). BR was formed to operate between street ,  'punk', Industrial and post industrial modes. Avidly reading, absorbing Sci Fi as i was, BR became the home of futuristic ideas and almost like a sketchbook for cyber impulses and Sci Fi Movie making. Over time, we found more musicians to join up, Bones on bass and eventually, Thom Furtado on drums. These 'early years' recordings may very well be released on Desire in 2015...

Dark Pool est la bande originale non retenue par le réalisateur de Johnny Mnemonic. Peux-tu nous raconter les circonstances de cette commande et décrire quelles étaient tes intentions ?
Dark Pool is the sound track non-held by the director of the movie Johnny Mnemonic. Can you tell us the circumstances of the command and describe us your intention at that time?

J'étais depuis 1984 le directeur musical du réalisateur Robert Longo qui a puisé dans mes compétences et connections cyber et techniques à mesure que ses projets de performances prenaient de l'ampleur. Longo et Gibson (respectivement réalisateur et scénariste de Johnny Mnemonic ndlr) ont tous les deux demandé notre bande son. Black Rain avait d'ailleurs été demandé par William Gibson pour travailler sur l'audiobook de Neuromancer, version anniversaire de 1999 (Warner) et ça s'était très bien passé.

A la base, j'avais travaillé avec Longo dans l'idée de faire un film de Gibson, de la pré-production et notes techniques à la production musicale et aux premiers edits, en plaçant la musique le long du film inachevé. En fin de course, Sony voulait un hit, étant donné que Keanu Reeves avait le vent en poupe avec Speed, et ils ont commencé à vouloir retirer notre bande-son originale pour y mettre les artistes Sony que j'avais déjà placé. On a donné notre accord pour être payés et retirés du projet - on a pas mal palpé ! - et on est passé à autre chose comme Now I'm just a number et Corpocyte. J'ai travaillé sur différents films de Gibson aussi bien avant qu'après Johnny Mnemonic.

Au final personne n'a vraiment rejeté la musique et les auteurs et réalisateurs sont restés des amis. Pour ces bandes-son, nous nous sommes concentrés sur l'idée de délivrer ce qui collerait au mieux à ce monde futuriste proche. Je pense que le résultat tient debout. Je ne sais pas si quiconque adaptera un jour Neuromancer. Comme Gibson l'a dit récemment, il y a eu beaucoup de tentatives, des départs, des quasi départs, donc dans un sens on peut l'imaginer sans qu'il existe vraiment.

I had been director Robert Longo's de facto music director since 1984 and he had tapped my cyber info & tech knowledge and connections as his own performance projects became larger and larger. Both Longo & Gibson asked for our soundtrack. BR had been asked by Gibson to work on the "Neuromancer" Audio Book Anniversary Version of 1994 (Time Warner) and that had gone very well.

I had worked w Longo from the inception of the idea of 'doing a Gibson movie' to the pre production and tech notes through to the music prod and first music edit ( placing music through the unfinished film ). In the very end, Sony felt they were going to have a hit - as Keanu Reeves had just been in "Speed" and was hot  - and they began asking about having our original score off the movie and the Sony Artists i place on the soundtrack ON the movie. We agreed to be ' bought out' - did pretty well thank you ! - and moved on doing new pieces like "Now, I'm Just A Number" and "Corpocyte". I had worked on various Gibson movie dev.'s both before "JM" and also after .

So - no one 'rejected' the music we did ! And the Director and the Author remained friends afterwards. For those soundtrack pieces, Shin and I were focused on delivering as near to 'exactly' the near future world the work demanded. I believe the results still stand up. Dunno if anyone will ever make a movie of "Neuromancer". As Gibson recently said there have been many attempts , starts, near starts so in some sense we can imagine it without it actually existing !

Black Rain 2

Pourquoi avoir décidé de le sortir sur Blackest Ever Black sous le nom de Dark Pool?
Why have you decide to take out it on Blackest Ever Black this year under the name of Dark Pool?

Après avoir ressorti Death Comet Crew, remonté le groupe et fait des concerts dans le monde entier, en plus de composer de nouveaux morceaux, et après avoir fait pareil avec Ike Yard, avec qui on bosse sur un nouvel album en ce moment même, Blackest Ever Black a sorti Soundtracks 1994-95. Etant donné le succès, je me suis simplement dit qu'il était temps de faire du nouveau Black Rain. J'ai toujours eu la chance de garder mes amis musiciens comme Shinichi, mais aussi Michael Diekmann (Ike Yard & Death Comet Crew), proches de moi. Il était donc facile de se reformer et de faire de la musique nouvelle vingt et quelques années plus tard.

Shin et moi avons travaillé sur des choses après les soundtracks pour Gibson et la sortie de deux albums sur Fifth Column Records1.0 en 95 et nanarchy en 96, et on a fini par avoir de quoi faire un autre album avant que Shin ne retourne au Japon en 1998. Pour des questions de budget, il était impossible de le faire venir en Europe ou aux US depuis Tokyo pour les concerts. Du coup le groupe est entré en sommeil après le dernier concert à NYC en 1997, quand on a bossé avec les guitaristes Satoru Ito de Toys (Tokyo), Ultra Bide (NYC) et Golden (Tokyo), et notre ami The Rammellzee. D'ailleurs, on a toujours des pistes enregistrées avec Rammellzee.

Après la sortie des soundtracks pour Gibson, Blackest Ever Black a ensuite sorti le EP du live Protoplasm en 2012 enregistré à Londres lors de la première tournée européenne de Black Rain. Je savais que je pouvais étirer des morceaux donc j'ai commencé à travailler sur Dark Pool. Après avoir été invité à collaborer avec Certain Creatures, dont le morceau Sparkle sur leur EP sorti sur Style Upon Styles en 2013, Oliver Chapoy est devenu le premier choix de co-producteur pour poursuivre l'évolution de ces pistes et des nouvelles qui ont composé l'album. Je suis très heureux du résultat et de sa réception jusqu'à présent.

Having reissued DCC, then reforming and playing dates worldwide and also making new music, then doing the same w Ike Yard ( new album in the works as we speak ), once BEB released the "...Soundtracks 1994- '95" and it did so well, I just thought that was the time to do some new Black Rain. I had always been lucky to keep my music friends like Shinichi Shimokawa ( DCC & BR ) and Michael Diekmann ( IY & DCC ) close so it was not so difficult to reform and also do new music 20 plus years later.

Shin and I had worked on music after the Gibson sdtks and released 2 Albums on Fifth Column Records ("1.0" in 1995 & "nanarchy" '96) and went on to create another record's worth of music before Shin went back to Japan 1998. Budget -wise , it was not possible to bring Shin from Tokyo for shows in Europe or US so the group went quiet after a last show in NYC 1997 or so where we worked with both guitarist Satoru Ito ( Toys ( Tokyo ) , Ultra Bide ( NYC ) , Golden ( Tokyo ) ) and our friend The Rammellzee. We still have a group of tracks we did w Rammellzee...

After the Gibson soundtracks got released , BEB then released the live "Protoplasm" EP in 2012 , recorded in London on BR's first Europe trip. I knew I could expand the tracks and so began work on Dark Pool. After being invited to collaborate w Certain Creatures  ( "Sparkle" on the Certain Creatures EP on Style Upon Styles 2013 ), CC's Oliver Chapoy became prime choice of a co producer to continue the evolution of the those tracks and the new ones that made up the Album. I am very happy with the Album and the response has been excellent so far.

Black Rain a beaucoup enregistré entre 91 et 96. As-tu d'autres projets du même type avec ce label ?
Black Rain made full of recordings between 91 and 96. Have you other projects of release with this label?

Pour la collection Now, I'm Just A Number : Soundtracks 1994 - 95 sur Blackest Ever Black, on a fait une sélection avec des titres de NeuromancerJohnny Mnemonic et des cuts. D'ici la fin d'année 2015, le label va sortir une édition augmentée de ces soundtracks. On a encore huit autres extraits de choisis donc la collection sera deux fois plus importante. On a aussi un autre projet qui combine musique et textes de l'auteur Evan Calder Williams avec une soundtrack mortelle qu'on est en train de pondre avec des artistes Blackest Ever Black et quelques autres grands noms. Et j'ai pas mal d'idées pour le prochain album de Black Rain, je vais travailler là-dessus en 2015.

For the BEB "Now, I'm Just A Number : Soundtracks 1994 - '95" collection we collected choice "Neuromancer" and "Johnny M" cuts and in fact, by end of 2015 BEB will be releasing an 'Expanded Edition" of these soundtracks. We have another 8 cuts chosen so the collection will become 2 X the size. Coming up there is also a project combining music & text by Author Evan Calder Williams with a super soundtrack we are pulling together w BEB Artists plus other notables. And i have a good deal of the next BR album in mind and will work on it in 2015...

As-tu l'impression d'avoir été des pionniers pour des gens comme Karl O' Connor or Anthony Child ?
Do you have the impression to have been a pioneer for people as Karl O' Connor or Anthony Child?

Je pense que Blackest Ever Black a créé une sorte de famille avec Karl, RAIME, Dominic de Vatican Shadow / Prurient et d'autres. Et nous avons utilisés certains des mêmes sons ce qui était marrant à la première écoute. Depuis que je les ai rencontré, je peux voir à quel point ce sont tous des artistes forts et il y a encore beaucoup à attendre ce cette famille/crew. J'ai toujours préféré la techno à tout autre style de musique club donc même lorsque je n'en faisais pas, j'en écoutais. J'ai eu envie d'en faire plus, ça sera de la tech/techno sur l'album que je vais faire en 2015.

I believe BEB had created a kind of family' including Karl, RAIME, Dom from Vatican Shadow/ Pruient and others. And we have used some sounds in common which was fun to hear the first time. Since meeting them , can see all are strong Artists and there is much more to come from this family / crew. I have always prefered 'techno' to other kinds of club music so even if I was not making it ,  i was listening to techno artists through the years and look forward to doing more, next generation 'tech' / 'techno' on my own Album which I will make in 2015.

Black Rain - Now I'm Just A Number Soundtracks 1994 95

Comment perçois-tu la techno qui se réfère à ton travail ?
How do you perceive this kind of techno which refers to your influence?

J'aime comment le punk - même si je ne pense pas que ça soit le bon terme pour qualifier ma musique - et même le hardcore - je parle de NYHC, le hardcore qui headbang - ont pénétrés ces musiques, tout comme la noise. C'est une époque inspirante qui fait le pont entre les générations. Ça me fait plaisir si les nouvelles générations sont inspirées ou influencées par mes anciens travaux et cherchent à travailler en tant qu'artistes de la nouvelle génération au gré de l'époque. L'EP de JBLA sur Desire sorti en 2014 était le fruit d'une collaboration avec des membres de Different Fountains et Midnightopera, de même pour les disques de Certain Creatures précédemment mentionnées et plus récemment la collaboration avec Orphan Swords sur leur titre Vassago. On échange nos idées par mail et on organise notre emplois du temps en fonction. Il y a deux autres collaborations très inventives de prévues pour 2015.

I like how 'punk' (i do not really believe 'punk' was the right, best naming of that music it came to represent) and even Hardcore (i'm talking about NY hardcore head banging h'core) have seeped into these contents , along w noise. That is an inspired moment that crosses generations. I am happy if younger generations are inspired or influenced by earlier works and have been seeking out other new gen Artists to work with as time goes on... So far the JBLA EP on Desire 2014 was one fruit of a running collab w members of Different Fountains and Midnightopera. Also the previously mentioned Certain Creatures record (fest. a wonderful Samuel Kerridge remix of "Sparkle") and most recently, the Orphan Swords collab on their track "Vassago" are all fruits of meetings, emails exchanging ideas and time schedules. Coming up for 2015 there are two more very imaginative collaborations to be released...

Qu'est-ce qui te fascine le plus désormais dans la création actuellement ?
What fascinates you most from now on in the current musical creation?

Je suis encore sur un nuage après avoir produit Dark Pool avec Oliver. C'était satisfaisant de concevoir les images, les scènes, les actions et les personnages qui peuplent Dark Pool et l'entendre ensuite complété avec exactement le son que je recherchais. J'ai également démarré la pré-production du prochain album et ça me rend heureux. J'ai prévu de poursuivre Black Rain pendant un moment. Avec un peu de chance Shin et Satoru pourront me rejoindre, surtout si l'on tourne au Japon en 2015. On a joué ensemble au Rural Fest à Niigata au Japon en juillet dernier dans ce grand rassemblement en extérieur qui a lieu dans une station de ski et ça s'est bien passé.

I am on a high from producing Dark Pool w Oliver. It was satisfying to conceive the scenes, images, actions and characters who populate Dark Pool -and then hear it completed and sounding just like we wanted. So the pre prod on the next record in underway and that makes me happy. I plan to continue BR for some time to come. W luck Shin & Satoru will be able to join again if we do in fact do a Japan tour in 2015. We played together at rural Fest. Niigata Japan this past July at a large outdoor multi night gathering held at a ski resort and that went v well.

Tu joues bientôt à l'Espace B. Tu décrirais comment les performances de Black Rain ?
You play soon in Paris at the Espace B. How would you describe the scenic performances of Black Rain?

Pour ces dates je pense qu'il est important de servir l'album au public, du moins la sélection de titres du LP que j'ai faite. J'ai des nouveaux visuels de l'artiste australien Patrick Quick et un nouveau set pour le public parisien, très SF, futur proche...

For these dates i feel it is important to 'give the audience the Album' , at least my selection of tracks from the LP. So i have new visuals by Australian Artist Patrick Quick and a new set for the Paris audience who is into Sci Fi, near future scenarios...

Et pour toi, quel est le futur proche ?
What's your near future?  

Après le concert parisien, je vais rester en ville pour enregistrer avec des amis. Le 5 décembre je vais à L.A. pour un gros concert à Mount Analog avec Silent Servant, Ancient Methods, Marshstepper et d'autres. Une fois à L.A. je compte recontacter de vieux amis techniciens et visiter la Silicon Valley dans l'idée de soit ressusciter ma petite boîte Dense Media Domain, soit pour monter une nouvelle entreprise qui travaillera sur des projets de part le monde. Le 14 décembre je retourne à la maison, à NYC, pour finir l'année du mieux possible. En 2015 il y aura de nouvelles sorties, j'essaye de finaliser un premier EP pour l'album. Certains morceaux sont club d'autres plus ambiants. Un nouvel album d'Ike Yard devrait voir le jour ainsi qu'un live enregistré au Contort lors de l'Atonal Festival de Berlin en août dernier. Les choses s'accélèrent. Les vieux systèmes se brisent. Plus se briseront dans les secondes, moments, années, décennies à venir. Dédié à faire le meilleur nouveau. Hâte d'être au prochain, prochain...

After Paris show , I will stay in town to record w friends. Then on Dec, 5, BR flies to LA for a major show @ Mount Analog w Silent Servant, Ancient Methods, Marshstepper and more. Once in LA i plan to recontact old friends in tech as well as visit Silicon Valley as part of process towards either revving up my small company DenseMedia Domain - or to consider forming a new tech company that will work on Projects around the world. By Dec. 14- I will fly home to NYC to end the year as best we can. In 2014 there will be a few new releases, am trying to complete a first Ep from my Album. Some cuts are club oriented, some are location oriented ambient. There should be a new Ike Yard Album and possibly a live record from the CONTORT at ATONAL Fest. show from August. Things are getting faster. Some old systems are breaking. More will break in coming seconds/ moments/ years / decades. Dedicated to making the best ' new'. Looking forward to the next, next...

Traduction : Alex P.

Audio

Tracklisting

Black Rain - Dark Pool (Blackest Ever Black, Août 2014)

A1. Dark Pool
A2. Profusion
A3. Watering Hole
A4. Endourban
A5. Burst
A6. Xibalba Road Metamorph
B1. Data River
B2. Night In New Chiang Saen
B3. Protoplasm
B4. Profusion II (Fallofthehouseofagodofbiomechanical)
B5. Who Will Save The Tiger?


Jesse Ruins - L For App (PREMIERE)

Jesse RuinsSi le duo japonais Jesse Ruins n'avait pas opéré de bouleversement majeur entre l'EP Dream Analysis sorti sur Captured Tracks et leur premier LP A Film coédité en mai 2013 par l'Américain Lefse et le Parisien Desire Records, dégoisant sur l'oreiller un shoegaze onirique, constellé de claviers gravitationnels, il semble que l'échappée de Nobuyuki Sakuma au sein des arcanes d'une techno expérimentale avec son projet Cold Name ait laissée quelques traces à l'heure de remettre en scelle son duo avec la chanteuse Nah. L for App, premier extrait à découvrir ci-après de l'album Heartless à paraître en fin d'année sur les labels M/A/G/N/I/P/H et Desire Records, indique de concert avec la pochette une orientation plus cuir, synthétique et froide de leurs admonestations sonores. Après la caresse, le fouet.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Jesse Ruins - Heartless (M/A/G/N/I/P/H / Desire Records, décembre 2014)

01. Scar Caused by Your Phone
02. L for App
03. Eat A Holy Monitor
04. ILAifS
05. Empty TL
06. Forgot Your Account
07. 404nf
08. She is in Photo SNS
09. Secret _ Illegal
10. Eat A Heartless Monitor
11. Click Raw
12. Truth of D
13. URL Sinking


Blush Response - The Drift (PREMIERE)

Blush ResponseBlush Response est le projet du soliste new-yorkais d'origine cubaine Joey Blush, délayant depuis quelques années les atours d'une musique jouée sur claviers analogiques à la fois sombre et percluse de beats tendant à la syncope. Déjà auteur de deux LP, We Are Replicants en 2010 et Tension Strategies en 2013, notre homme a trouvé chaussure à son pied pour son troisième effort, puisque Desire Machines sortira sur le label parisien Desire Records - qu'on ne présente plus (lire). Contraignant l'auditeur par une intense complexification rythmique introductive - on pense à Alec Empire -, Joey Blush offre avec la troublante mise en images signée Sam Baumel de The Drift, avec Melody Joy et Angelana Jones au casting et paru préalablement le 18 avril en tant qu'EP sur Basic Unit, une perspective on ne peut plus fidèle au LP annoncé le premier septembre. A savoir, aussi claustrophobe qu'addictif.

Vidéo (PREMIERE)


Ricardo Tobar - Hundreds

Ricardo_Tobar_Hundreds_Garden_Daniel_Avery_Bass_Clef_Remix_Art_750_750_90_sSi l'on tient une comptabilité exacte de nos regrets passés, celui d'avoir injustement sous-estimé la force de frappe de Treillis, premier LP sorti en octobre 2013 du Chilien Ricardo Tobar sur Desire Records, trône en numéro un de l'année écoulée. Partiellement réparé par une entrevue à l'occasion de la sortie d'un maxi paru le 9 juin dernier et reprenant deux titres phares de l’album, Hundreds et Garden, respectivement remixés par Daniel Avery et Bass Clef (lire), le ressentiment s'étiolera comme il peut, notamment les yeux rivés à la mise en images signée Hélène Peruzzaro et Laura Mateu d'Hundreds où l'obsession se pare d'un visage serti de cheveux blonds et transpercé d'un regard à la fixité pour le moins embarrassante.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=TBX7JnWodWQ


A G E N D E R - Fixations (STREAMING PREMIERE)

AGENDER - FixationA G E N D E R est un trio post-punk féminin de Melbourne emmené par la charismatique Romy Hoffman (Macromantics, Romy), dont on avait déjà évoqué Mani Pedi (lire), le morceau inaugural de Fixations paru le 23 juin sur http://desirerecords.bigcartel.com/product/a-g-e-n-d-e-r-fixations-dsr105lp" target="_blank">Desire Records et dont on vous sert plus bas l'écoute en intégralité. Enregistré par Casy Rice (Liz Phair, Dirty Three) et sorti préalablement en format cassette, ledit LP est une bonne décharge d'électricité des familles, avec une première face plus synthétique et l'autre plus brute de décoffrage. On retient, dans l'ordre, cette propension à ne jamais se départir de mélodies tout en dégoisant de la noise bien revêche et assidûment cramée, cette manie de toujours ramener tout au cul, aux désirs et au genre sans jamais vraiment saouler - car la lutte, oui, elle continue - , et enfin, cet étrange manière de mettre tout ça en boîte par Aubree Bernier-Clarke quand il s'agit de faire un clip. Avec des fleurs, ça passe toujours mieux. En trois mots, monte le volume.

Audio (PREMIERE)

Vidéo

http://vimeo.com/96661093

Tracklisting

A G E N D E R - Fixations (Desire Records, 23 juin 2014)

A1. Mani Pedi
A2. Monogamy

A3. Brunch
A4. Modern Lovers
A5. Ascertain
B1. Intimate Apparel
B2. Don’t Won’t Don’t
B3. Org. GDMT
B4. Fortune Cookie
B5. Wireless


Ricardo Tobar l'interview

Ricardo_Tobar_Hundreds_Garden_Daniel_Avery_Bass_Clef_Remix_Art_750_750_90_sLa carrière musicale de Ricardo Tobar commence au milieu des années 2000, à Viña del Mar, sur le littoral pacifique chilien. Loin des préoccupations de l'industrie musicale, et de la cadence machinique des grandes métropoles européennes, Ricardo profite du calme de "La Ciudad Jardín" pour bricoler ses mélodies à l'instinct sur Audio Mulch et Cubase. A l'époque, il avoue lui-même ne rien connaître aux synthétiseurs, et s'efforce simplement de produire et d'assembler les sons qui l'attirent. Sans professeur ni véritable accès à internet, Ricardo triture ses fréquences avec une naïveté troublante. En 2007, il envoie quelques démos chez Border Community, le label de James Holden, qui décide de sortir son premier EP El Sunset. L'accueil est favorable mais l'assimilation rapide des productions du musicien chilien aux représentants de la house progressive, dont il n'apprécie pas particulièrement la musique, pousse Ricardo à changer de cap. Au cours de ces six dernières années, obsédé par le besoin de créer librement et ne supportant ni les étiquettes ni les commandes, il partage l'ensemble de ses sorties entre des labels aussi différents qu'In Paradisum, Traum Schallplatten, ou encore Natura Sonoris. En octobre 2013, Treillis, son premier album, sort chez Desire, label français indépendant, sur lequel sont signés entre autres Egyptology et Ike Yard.

Quoiqu'en dise Ricardo, les onze morceaux de Treillis tiennent plus de l'aboutissement que de la rupture radicale avec ses travaux antérieurs. Flottant quelque part entre les nappes synthétiques de Boards of Canada, les riffs distordus de My Bloody Valentine, et les cadences frottantes d'un Rezzett, Treillis sillonne dans les eaux troubles d'une electronica-shoegaze qui constitue désormais la griffe du producteur. Souvent rapproché du noise rock, les productions de Ricardo broient pourtant sans doute plus qu'elles ne bruissent. On est loin des performances d'un Ron Morelli ou de la violence de Low Jack (qui a par ailleurs remixé un de ses morceaux). L'atmosphère générale balance entre boucles psychédéliques, mélodies lointaines et rêveuses, et lignes de basse tassées dans le grain. Un onirisme façon Cité d'Or, ambiance mécanico-chamanique et graviers. Des textures synthétiques qui absorbent et transportent comme les couleurs d'un dessin animé des années 80. Un rêve terreux et profondément incarné. Une musique introspective marquée par des expériences universelles, selon les mots de Josh Hall.

Si vous avez manqué l'album en octobre dernier, la séance de rattrapage est fixée au 9 juin, à l'occasion de la sortie d'un EP reprenant deux titres phares de l'album (Hundreds et Garden) - respectivement remixés par Daniel Avery et Bass Clef.

Ricardo Tobar, l'entretien

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Photos © Helene Peruzzaro

Depuis 2007, tu as sorti sept EP's & singles et un album, sur sept labels différents. Comment expliques-tu cette fréquence de changement ? C'est volontaire de ne pas être vouloir être affilié à un label ?
Since 2007, you’ve released 7 EPs & singles and one album, on 7 different record labels. How do you explain this turnover? Is it something intentional, not to be affiliated with one label?

Quand j'ai commencé, je pense que je n'étais pas vraiment conscient de tout ça. J'aimais quelques labels et je leur ai envoyé plusieurs démos. Mais les labels veulent, ou ont déjà, leur propre pâte, et attendent quelque chose de précis. En tant qu'artiste, le besoin d'évoluer, de chercher quelques chose de nouveau, est primordial. J'essaie de travailler avec des gens qui sont intéressés par mes morceaux au moment où je les produis. Il n'y a aucun intérêt à se répéter - pour le meilleur ou pour le pire.

I think when I started I wasn’t conscious about all this label stuff. I just liked a few record labels and I sent them some demos, but labels want or have their own sound and they expect something from you… As an artist you always need to evolve and search for something new or different so I try to work with people that are interested in my songs and in the phase I’m going through in the present. There’s no point on repeating yourself, for better or for worse.

Treillis est ton premier album, comment as-tu abordé ce changement de format ? Penses-tu que cette expérience va influencer tes productions à venir ?
Treillis is your first album, how did you approach this new format? Do you think this experience will affect your future releases?

J’essayais de travailler sur un album depuis une éternité mais au début j’étais complètement perdu. Je n’avais pas de concept, rien… la musique était cette chose abstraite que je faisais parce que j’aimais ça. Je savais que c’était de la techno et je savais que je ne voulais pas servir de matériel pour DJ mais ça s’arrêtait là. Donc l’idée de faire un album était géniale mais ça m’a pris un temps fou de comprendre ce que je voulais. En fait, c’est le mot “art” qui m’a sauvé. J’ai découvert que c’était plus important que ce que j’imaginais avant, même si ça sonne prétentieux.

Je crois que ça m’a vraiment influencé et je serai heureux de faire un nouvel album aussi vite que possible.

I was trying to work on an album since ages really but at the beginning I was completely lost. I didn’t have a concept or anything… music was this abstract thing that I was doing because I just liked it. I knew it was techno and I knew I didn’t want to be dj material but that was it. So the idea of doing an album was great but it took me ages to realise what I wanted. In fact the word « art » saved me. I discovered it was more important than anything else I was thinking before, even if that sounds pompous.

I think it really influenced me and i would be happy to do another album as soon as i can.

Lorsque tu as commencé à tourner, tu évoquais souvent les difficultés liées au passage de la production au live. Est-ce un problème que tu as réussi à maîtriser avec le temps ? Comment la perspective de jouer en live a-t-elle influencé ta manière de produire ?
When you started to tour, you often mentioned the difficulties you had going from the studio to live music. Do you still have this problem? How did the prospect of playing live affect your compositions?

Je pense avoir toujours quelques problèmes avec ça. Je joue toujours dans des clubs et les gens, même s’ils aiment ta musique, ils veulent avoir une expérience physique, ou au moins danser un minimum. Quand j’ai commencé à jouer en live c’était très difficile pour moi. J’étais souvent très frustré donc je me suis mis à produire des morceaux en ayant en tête l’idée des clubs mais je pense que c’était affreux. C’était une phase d’apprentissage et je suis heureux d’être passé par là.

I think I still have some problems with that. I’m always playing in clubs and people, even though they like your music, they want to have a physical experience or at least dance a little bit. When I started to play live it was really difficult for me. I was often really frustrated so I started to do some songs with clubs in mind but I think it was awful. It was a learning curve and I’m happy I went through that.

Dans le prolongement de ma question précédente, tu as déclaré, dans une interview avec Ibiza Voice, que tu ne savais pas faire de hit et que tu ne serais pas capable de composer spécialement pour le dancefloor. Pourtant, comme la plupart des artistes issus de la scène électronique, tu joues majoritairement en club. Comment parviens-tu à gérer cette tension entre le souci de garder ta ligne musicale et la "nécessité" de faire danser le public ?
You said in an interview with Ibiza Voice that you didn’t know how to make a hit and that you wouldn’t be able to compose a song especially for the dancefloor. And yet, as many electronic artists, you play mostly in club. How do you get to handle that tension between keeping your musical orientation and the need of making people dance?

Il y a toujours cette pression en concert parce que ça peut très bien se passer ou très mal. Tout dépend de mon humeur et des gens présents. Mais en général, le public des premiers rangs est déçu parce qu’ils veulent toujours quelque chose de différent. je crois que je fais l’exact opposé de ce qui fonctionne dans un club. J’essaie de continuer à peaufiner ça, c’est le secret !

There’s always this tension when I play live because it can go really well or really bad. It all depends on my mood and the people there with me. But usually people in the front are not happy because they always want something different. I think I just do the whole opposite of what works in a club. I try to keep refining that, that’s the secret !

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Tu as commencé à composer avec peu d'équipement, un logiciel téléchargé sur internet et quelques machines, ce qui a conditionné ton esthétique lo-fi, brute. Pourtant, sept ans plus tard, tu es toujours animé par la volonté de "salir" tes productions, de les traîner dans la terre, de distiller ça et là des imperfections, des cahots dans la rythmique et de fissurer tes lignes de basses. L'omniprésence de la distorsion est l'une de tes marques de fabrique, et ce souci ce raffinement dans le sabotage donne un aspect très vivant, presque animal, à ta musique. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce choix esthétique ?
You started to compose songs with very few equipments, a hacked software and some electronic musical instruments, which determined your lo-fi, rough aesthetic. However, seven years later, there’s still a desire to mess with your songs, get them dirty, to spread some imperfections here and there, some irregularities in the rhythm section and cracks in your bass lines. The distorsion’s omnipresence is one of your trademarks, and your refinement in sabotaging give a very lively, almost bestial aspect to your music. Could you tell us a little more about this aesthetic choice?

Ce n’était vraiment pas conscient. J’imagine que c’était parce que j’étais tellement plongé dans le noise rock. Tout ce que j’aime est toujours un peu noisy donc ça me paraissait naturel de produire des morceaux comme ça. J’ai toujours pensé que je n’étais pas assez extrême cela dit. Je veux aller encore plus loin.

It wasn’t conscious really. I guess it was because I was so into noise rock. Everything I like it’s always a bit noisy so it just feels natural for me to do songs like that. I always thought I wasn’t extreme enough though. I want to go further.

Un autre aspect caractéristique de tes productions, c'est leur force visuelle et leur faculté à engendrer des visions chez celui qui les écoute - une musique hallucinogène en un certain sens. On a souvent évoqué l'influence du mysticisme sur ton travail. Comment lies-tu la spiritualité à la musique ?
Another distinctive aspect of your productions is their visual impact and their capacity of creating visions in the listener’s mind - a kind of mind-expanding music. The influence of mysticism on your work has often been mentioned. How do spirituality and music connect in your work?

La spiritualité est quelque chose de très important dans la vie, du moins c’est ce que je pense. Si tu creuses un peu et que tu vas au plus simple, tout est spirituel. La créativité en est un aspect important et la musique est une petite partie de cet ensemble. Chaque manisfestation est d’égale importance, donc la photo, la peinture, la musique, la poésie ou n’importe quoi d’autre, tout est connecté. Il ne devrait pas y avoir de différence entre tous ces éléments.

Spirituality is something really important in life, I think, at least for me. Everything is spiritual if you go deeper and if you simplify things. Creativity is one important aspect of it and music is a tiny part of that circle. Any kind of manifestation is just as important, so pictures, paintings, music, poetry or everything you could think of is connected. There should be no distinction between all of them.

Une autre formation qui s'inscrit dans cette dynamique profondément visuelle, et à laquelle tu as souvent été comparé, c'est Boards of Canada. Pourtant, à ma connaissance, tu n'as jamais personnellement fait mention du duo écossais dans tes interviews. Est-ce une filiation que tu assumes ?
There’s another formation which fit into this really visual movement, and to which you’ve often been compared to, it’s Boards Of Canada. But to my knowledge, you’ve never mentioned the scottish duo personally durung your interviews. Do you agree with this affiliation ?

Je les aime beaucoup. Mais j'imagine qu'aujourd'hui, tout peut sonner comme du BoC, donc j'essaie de prendre mes distances avec eux. Et pour être honnête, ils sont trop bons pour que je puisse me comparer à eux. Mais je pense qu’on a la même influence : My Bloody Valentine.

I like them a lot. I guess everything can sound like BoC now so I try to keep my distance from them. And to be honest I can’t really compare to them, they are so good. But i guess we have the same influence : my bloody valentine.

Dans plusieurs interviews, tu mets l'accent sur le besoin de composer une musique qui a du sens, qui est riche de sens (meaningful). Qu'est-ce que ça signifie exactement pour toi une "musique qui a du sens" ?
During several interviews, you insisted upon the fact that you need to compose music which is meaningful. What do you mean by that exactly?

Quelque chose qui ne soit pas évident et qui puisse durer. J’ai souvent été comparé à d’autres artistes que je n’aimais pas particulièrement parce que j’étais sur le même label. J’ai eu envie de m’éloigner de tout ça et de dire “Fuck”, vraiment. Si je dois faire un disque de noise pour y parvenir, alors je le ferai.
Donc “faire de la musique qui a du sens”, pour moi, c’était de continuer à produire des morceaux, non pas pour l’argent ou pour la hype, mais qui me touchent ou me transforment. Si ça peut me toucher, alors peut-être que ça en touchera d’autres.

Something that’s not obvious and that can last. I was often compared to other artists that I don’t really like only because I released on the same label. I wanted to get far away from that and to say « fuck that » really… If I have to make a noise record to get there, i will. So meaningful was for me to stay making songs no for money or to be hyped, just to do something that can move me or change me. If this can affect me maybe it can affect others.

Treillis est un excellent album dont la richesse justifierait de longues heures de discussion. Malheureusement le temps nous manque, je me limiterai donc à une seule question formelle. Au trois quart de "Garden" (présent sur l'EP), tu injectes une coupure brutale en pleine mesure, puis repars tranquillement comme si de rien était. Tu mets souvent l'accent sur l'importance de la liberté créative. Est-ce que c'était ta manière de reprendre le contrôle sur la forme et l'aspect sclérosant de nos habitudes d'écoute ? Une sorte de fuck you musical pour manifester ton côté punk ?
Treillis is an amazing record we could talk about for jours. Unfortunately we don’t have the time so I’ll just ask you one formal question. At some point in the song “Garden” (from the EP) you make a sudden break in the middle of the rhythm then start again as if nothing happened. You often insist on the importance of the freedom of the creativity. Was this your way to take over our listening habits? Some sort of punk musical “Fuck You”?

C’est gentil, merci mec ! Je fais généralement ce genre de choses afin de dissimuler toutes les erreurs faites lors de l’enregistrement, mais j’aime mettre une coupure dans un morceau à chaque fois que ça semble opportun. J’ai toujours aimé Nine Inch Nails et Trent Reznor détruisait ses morceaux de cette manière. Je lui ai piqué ça. C’est très important de garder une attitude punk face à la musique, tu dois faire ce que tu as envie de faire, toujours.

That’s nice, thanks man. I usually do everything like that to cover all the mistakes i did during the recording, but I like to break a song whenever it feels right. I was always into Nine Inch Nails and Trent Reznor was destroying his songs like that. I grabbed that from him. To have a punk attitude towards music is really important, you have to do whatever you want to do always.

L'autre extrait de l'album présent sur l'EP, c'est "Hundreds" - rien d'étonnant diront ceux qui l'ont découvert via l'album, tant il était impossible de rester insensible à la puissance mélodique dégagée par le morceau. Pourtant, tu sembles entretenir des rapports ambigus avec cette track. Dans une interview avec Electronic Beats, tu déclarais qu'elle s'intitulait "Hundreds" parce que tu avais facilement composé des centaines de morceaux de ce genre, que tu avais décidé de "put something like that on the album just for the sake of it", “pour la forme, par principe”. Etait-ce une forme de concession pour ton public ? Est-ce que tu peux nous parler un peu plus de ton rapport avec ce morceau ?
The other song present on the album which was also on the EP is “Hundreds”. But you seem to have an unclear relationship with this track. During an interview with Electronic Beats, you said that it was called “Hunderd” in reference of the fact that you’ve composed hundreds of songs just like that one and that you decided to "put something like that on the album just for the sake of it". Was it some sort of concession for your audience? Could you tell us a little more about this song?

J’ai des sentiments mitigés pour tous les morceaux que j’ai composés ! Je n’en suis jamais satisfait, j’ai dit ça parce que je fais généralement ce genre de morceaux très rapidement pour les effacer au final parce qu’ils sont… je ne sais pas comment l’expliquer mais la plupart du temps, quand quelque chose est facile à faire, tu ne lui accordes pas une très grande valeur. J’aime beaucoup la distorsion sur “Hundreds” cela dit.

I have mixed feelings with every song i’ve made ! I’m never satisfied with them, I said that because I usually do songs like that really fast but at the end of the day I end up erasing them because they feel… I don’t how to explain it, but usually when something is easy to do you think it’s not worth it. I like the tape distortion on hundreds a lot though.

Les deux autres artistes présents sur l'EP sont Daniel Avery et Bass Clef. Comment le projet de cet EP a-t-il été conçu ? Qu'est-ce qui a déterminé votre volonté de travailler ensemble ?
Daniel Avery and Bass Clef also play on the EP. How did you come up with this project? What made you want to work together?

Avec Daniel, on parlait de faire un truc ensemble depuis un moment. On aime beaucoup ce que fait l’autre donc c’était génial de collaborer. Je ne connais pas Bass Clef personnellement mais j’ai toujours aimé sa musique et Jérôme (Mestre) de Desire le connaissait donc tout s’est fait simplement et de manière spéciale. Je suis très content de l'EP pour être honnête.

We were talking with Daniel to do something together since some time, we are really fan of each other so it was amazing to do the collaboration. I don’t know Bass Clef personally but I always liked his music and Jerome from desire knew him so everything was really special and easy to handle. I’m really happy with the EP to be honest.

Tu vis en France depuis quelques années maintenant, mais tu es né et a grandi au Chili. Quels rapports (musicaux) entretiens-tu avec ton pays d'origine ? As-tu eu l'occasion de jouer au Chili ? Existe-t-il une scène électronique là-bas ?
You’ve been living in France for some years now but you (were born and) grew up in Chile. What musical relationships do you have with your country of origin? Did you have the chance to play there? Is there an electronic scene?

Il y a une petite scène électronique là bas mais je n’ai aucun rapport avec eux. Je me sens tellement loin de ça. Les Djs s’intéressent à quelque chose que Luciano ou Villalobos ont déjà fait. Ils sont plus intéressée par les à-côtés de la vie de Dj : porter des lunettes de soleil en boîte, mettre une écharpe quand il fait super chaud, et se complaire dans cette ambiance superficielle. C’est comme s’ils avaient 10 ans de retard… Mais je suppose que c’est normal, on entend encore des morceaux identiques à ce que faisait Border Community il y a dix ans auparavant même si tout le monde est passé à autre chose.

There’s a little scene there but I’m not related to all that at all. I just feel so different to them. Dj’s there are focused on something that luciano or villalobos already did. They are more interested in the life of a Dj : wearing glasses inside a club, using a scarf when it’s really sweaty and stay in this uninteresting constant groove. It’s like they are 10 years away… but I suppose is normal, you still hear songs copying what Border Community did ten years ago even though everybody moved on.

Dernière question, est-ce que tu peux nous parler un peu de tes projets à venir ? Lives, nouvel EP, etc. ?
Last question, could you tell us about your future projects ? Lives, EPs, etc?

Je joue au Social Club à Paris le 19 juin et j’ai quelques dates après ça. Je ne souhaite pas parler des prochaines sorties mais des choses sont prévues !!

I’m playing in paris at the Social Club on june 19th and I have a few dates after that. I don’t want to talk about releases yet, but there’s some stuff coming out !!

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux

Audio


Ike Yard - Cherish 8 The KVB remix (PREMIERE)

Cherish 8 (The KVB remix)Ike Yard est l’un de ces groupes new-yorkais perçus comme précurseurs malgré le nombre famélique de ses productions - un album éponyme en 1982, culte et paru par l'entremise de Factory America - branche éphémère de Factory Records - , faisant suite à Night After Night, un 12" édité l'année précédente par Les Disques Du Crépuscule. Jouant un post-punk froid et acéré comme personne d'autre à ce moment là de ce côté-ci de l'Atlantique, il n'a pas fallu attendre leur reformation en 2011 et un second LP Nord sur (lire) pour qu'une kyrielle de musiciens reconnaisse sa filiation, notamment par l'entremise d'une série de trois EP de remixes accompagnant la réédition dudit album prophétique. De producteurs techno, d'hier et d'aujourd'hui, tels Regis ou Arnaud Rebotini, à plusieurs formations dark-wave dont Tropic Of Cancer et The KVB, chacun à ainsi fait voeux d'allégeance tout en posant élégamment sa griffe. Il en va des derniers cités, Nicholas Wood et Kat Day, qui, sur le troisième et dernier EP, disponible depuis décembre dernier, ont ré-arrangé Cherish 8, la transfigurant en lente et magnétique digression synthétique, véritable contre-pied léthargique à l'intense relecture d'Half A God par Powell.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Ike Yard - Remix EP #3 (Desire Records, 16 décembre 2013)

A1. Half a God - Powell remix
A2. Cherish 8 - The KVB remix
B1. Cherish 8 – Vessel remix
B2. NCR – Bandshell remix


A G E N D E R - Mani Pedi (PREMIERE)

Agender - Mani PediSi l'on ne pige toujours pas pourquoi Dee Dee Penny et ses Dum Dum Girls de copines rameutent toujours autant de blaires à leurs concerts - ok son cul est pas si mal, mais un porno est-ukrainien ferait le même effet - , le concept de groupes noise et synth-punk à forte consonance féminine à la vie dure - fort heureusement. Pour preuve les Australiennes d'A G E N D E R qui, comme leur blase l'implique, mélangent punk paranoïaque et théorie du genre tout en faisant plus qu'affirmer leur orientation lesbienne. Emmenée par Romy Hoffman, les guitares ferrailleuses et la batterie minimaliste tissent la trame psychotique de morceaux hantés par la dualité maladive de la sexualité et des désirs. Mani Pedi, porté à l'image par Larin Sullivan, incarne on ne peut mieux en guise de mise en bouche cette vindicte à voir bientôt le jour sur format long via l'inévitable Desire records. On en reparle.

Vidéo (PREMIERE)

http://www.youtube.com/watch?v=8TBeq5NpTyE&feature=youtu.be


o13 - Remote Purity Control (PREMIERE)

o13 - Time Wave Zeroo13 est la réunion de Mark C et Stuart Argabright - soit la rencontre discographique du leader de Live Skull, mythique formation new-yorkaise post-no wave, et d'un membre des non moins reconnus Ike Yard et Black Rain - sous l'égide de la basse pénétrante, aux accents dub, de Kent Heine. Véritable OVNI polychrome, oscillant entre digressions synthétiques, évocations futuristes et post-punk amniotique, Time Wave Zero, leur premier LP sorti le 22 avril dernier via l'incontournable Desire Records, trouve avec la vidéo dévolue à la luminescente Remote Purity Control - parcimonieusement nimbée de guitares - une première transposition à l'image à découvrir ci-après, en exclusivité.

Vidéo (PREMIERE)

https://www.youtube.com/watch?v=z2YxbgVkPYg

Audio


Ricardo Tobar - If I Love You (D'Marc Cantu Remix)

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Livré avec trois remixes par Samuel Kerridge, D'Marc Cantu et Low Jack, l'edit If I Love You du plus parisien des Chiliens Ricardo Tobar préfigure son très attendu premier LP à paraître en octobre prochain sur Desire Records. Celui que l'on avait découvert via deux EP parus par l'entremise de la Border Community de James Holden, et qui a l'année passée sorti un EP via la structure plus sombre et expérimentale In Paradisum de Mondkopf, entonne avec If I Love You la parfaite voie médiane entre savoir-faire club et expérimentations électroniques. À la fois évident et ésotérique, dansant et noise, extatique et mental, c'est avec justesse que son label peut s'essayer à le décrire telle la face punk d'une musique électronique en perpétuelle recomposition.

Audio

Tracklist

Ricardo Tobar - If I Love You 12" (Desire Records, septembre 2013)

A1. D’Marc Cantu Remix
A2. 12’’ edit
B1. Samuel Kerridge Remix
B2. Low Jack Remix


Mixtape : Desire Records

8332_257450065197_249426295197_8706763_1707281_nDesire Records est sans doute l'un des labels parisiens les plus actifs et les plus excitants du moment. Inutile de faire l'inventaire de toutes les sorties chroniquées ou pas quand on peut se repaître d'une interview, certes datée, de son concepteur Jérôme Mestre (lire) qui a accepté de mettre en perspective le présent récent de la structure avec son futur proche le temps d'une mixtape à écouter et télécharger ci-après.

Mixtape

01 - Panico - Valle de la muerte (from Resonancia LP)
02 - Live Skull - Jerking the light (from Bringing Home The Bait LP reissue)
03 - Les Maîtres - Une douleur passagère (from Demos LP)
04 - Blitz - Undeground (from Second Empire Justice LP reissue)
05 - Deathday - Charles Joseph Whitman (from Deathday LP)
06 - Live Skull - Mr Evil (from Live Skull EP reissue)
07 - Katharsis - Repentance Wall (from Suspension Of Belief LP reissue)
08 - Blessure Grave - Bestow (from The Flashing LP)
09 - Puce Moment - (drive) (from Puce Moment LP)
10 - Noi Kabat - I corrode (from V/A And You Will Find Them In The Basement LP)
11 - Crossover - Luv sick vampires - Haunted by Unison (from Remixes LP)
12 - Trésors - Pleine lune - Blackmail remix (from Pleine Lune remixes 12")
13 - Sommet - Hilary step - Capt Hard Rock Gunter remix (from Remixes 12")
14 - Ike Yard - Half a god - Recombinant remix (from Remix EP #2)


TSTI - In Loving Memory

TSTI est le projet dark-wave du producteur new-yorkais Shaun Smith, qui, après avoir sorti en septembre 2011 l'EP autoproduit The Black Envelope, remettra le couvert en mai prochain via Desire Records. Préalablement édité en CD-R, Evaluations se trouve d'ores et déjà mis en images selon un footage d'In Loving Memory, certes conventionnel, mais ayant le mérite de révéler combien l'amour des synthétiseurs analogiques peut conduire sur les traces de figures tutélaires, de Depeche Mode à Talk Talk, sans pour autant les flouer.

Vidéo

Audio

Tracklisting

TSTI - In Loving Memory (Mai 2013, Desire Records)

01. In Loving Memory
02. Queen Of Swoons
03. Full The Animal’s Teeth Out
04. Love & Truth
05. Acquaintance
06. Match To Friendship
07. This Damage Is Magic
08. Because You Told Me To
09. In Loving Memory (Anti-707 Mix)


Femminielli - Shanghai, C'est Beau

Du Montréalais Femminielli on connaît (un peu) l'homme affable, curieux, fêtard (lire), on a apprivoisé sa verve érotomane sur le récent Double Invitation paru sur Desire Records (lire), mais inutile de préciser que jusqu'à présent on connaissait moins l'éphèbe expérimentant sur la longueur d'un LP, drapant de la sorte  son inénarrable sens de la formule (Shanghai, C'est Beau / Mais vivre est une prière inutile) d'un troublant et pénétrant océan de synthétiseurs dégénérescents. Album de collages enregistré entre 2010 et 2012, Shanghai, C'est Beau, édité via Clan Destine Records, est à considérer telle une œuvre étrange et rocambolesque parfaitement détachée du temps et de l'espace, sorte de double antithétique de ladite Double Invitation.

Audio

Tracklisting

Femminielli - Shanghai, C'est Beau (Clan Destine Records, 28 février 2013)

A1. Auto-Stoppeuses (Première Partie)
A2. Le Pacte
B1. Une Enfance Fragile
B2. Shanghai, C'est Beau...
B3. Auto-Stoppeuses (Deuxième Partie)


A Terrible Splendour - China Doll (PREMIERE)

Le duo anglais A Terrible Splendour s'apprête à sortir en avril son premier LP, Poseurs - en français dans le texte -, via l'hyperactif label Desire Records qui, outre la compilation And You Will Find Them in the Basement dédiée à l'actuelle synth-wave londonienne et le récent LP Snow Crash de Xander Harris (lire), a encore les albums de Blessure Grave, Deathday, Blitz et Somment dans les valises. Délayant une pop chiadée, conciliant romantisme briton et cabaret berlinois, et ce, par le biais d'uniques synthétiseurs et beatbox, A Terrible Splendour évoque à la fois les poncifs du genre, dont on ne cesse de se délecter - des Lyonnais de Deux aux vétérans de Sheffield, The Human League -, tout en s'intimant en dehors des sentiers battus d'une scène sursaturée par la beauté d'une voix, celle détachée et vespérale de MM Lyle. China Doll - déjà divulguée à l'occasion d'une cassette éditée par Desire Records et écoulée en à peine quelques heures en novembre dernier - s'écoute tel un classique synth-pop, entremêlant drame et innocence, mélancolie et insouciance.

Audio

Tracklisting

A Terrible Splendour - Poseurs (Avril 2013, Desire Records)

01. Forces Darling
02. China Doll
03. Dear Klara
04. Casting Couch
05. Lost In Transit
06. Garçon Dans Le Vent
07. Takes One To Know One
08. Victimless Crime
09. Slaves To The City
10. The Russians
11. Society