Darlings - Teenage Girls (video)

darlingsLes Darlings, énième groupe enfanté en 2009 par  les rues embouteillées de New-York, nous ont proposé cette année et ce, en moins  de trois minute,  le retour en grâce du son garage de la côte d'en face. Cette info, exposée en moins de trois phrases, sera sans suite ou pas.

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The Young Friends - North End / South End

youngfriends1Difficile d'en savoir plus sur eux autrement que par leur page myspace pour le moins laconique. Une chose de sûre, bientôt on en saura plus. Avec des morceaux d'une telle efficacité, inutile de dire que de l'ombre à la lumière, il n'y a qu'un pas. A l'instar de leur grand frère The Drums, et pratiquant une surf music sautillante et condensée - pas de morceaux de plus de trois minutes - ces jeunes gens ne vont pas tarder à devenir les meilleurs amis de tout le monde. Voix nonchalantes, guitares mélodiques caressant la base du manche et batterie discrète et épurée, c'est frais et intrépide, instantanément accrocheur. Des cousins d'outre atlantique, Two Door Cinema Club pour ne pas les citer, se tirent la bourre sur Kitsuné en alignant des concerts partout en Europe. Pas de raisons valables donc pour qu'un groupe égrainant de la sorte deux tubes potentiels (Make Out Point et North End) ne réussisse pas à franchir l'étape supérieure. Cela va s'en dire, c'est tout le mal qu'on leur souhaite.

Thibault

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The Young Friends - Make Out Point

Tracklist

The Young Friends - North End / South End (Holiday Records, 2009)

1. Make Out Point
2. North End
3. Riverside Kids
4. South End


Sleigh Bells

sleighbellsChez Hartzine, on est (presque) comme tout le monde. Les pieds en éventail sur le bureau, une partie endiablée de Sudoku sur nos "smart phones", on attend. On scrute l'horizon entre les buildings de cinq étages de Downtown, on attend. Quoi? qu'est-ce? Mais le BUZZ mon ami! Le groupe avec lequel on va tous vivre, manger, respirer et transpirer. Rien de moins. Alors comme on distingue très nettement une perturbation entre la Floride et Brooklyn, un truc qui n'a pas l'air très menaçant comme ça, mais qui possède tous les atouts pour provoquer quelques catastrophes naturelles, et bien c'est notre devoir de vous prévenir : Sleigh Bells arrive.

Est-il bien nécessaire de préciser que c'est à New York que ça se passe? Vous vous en seriez douté, j'en suis certaine. Alors pour vous parler de ce nouveau duo tellement attendu, je vais faire un petit détour chez Walt Disney, j'espère que personne ne m'en voudra. Sleigh Bells est en effet le titre d'un épisode d'Oswald le lapin, série animée des années 20, dont je vous donne un petit résumé au combien éclairant : Oswald joue au hockey de rue mais est attiré par une jolie demoiselle cherchant à apprendre le patin à roulette, il tente de lui apprendre mais comme il l'a attachée à des ballons d'hélium, elle s'envole. Merci wikipedia. Et maintenant : démonstration.

Sleigh Bells est donc un duo garçon/fille. Derek Miller, issu de différentes formations, certaines proches du hardcore s'attelle à la composition, guitare et beats, Alison Krauss, institutrice au bras tatouée (!) concentre toute son énergie sur le chant. On peut dire sans aller chercher midi à 14h, que ces deux-là jouent au street hockey! Des riffs elektro/métal de Miller sur Infinity Guitars, aux beats très hip hop de Beach Girls, Miller et Krauss envoient des coup de crosses à tout ce qui se trouve sur leur passage.

Alison excelle aussi aux patins à roulettes, dans ses tenues de scène très Peaches, son punch synthétique nous envoie chez les bitchy brésiliennes de CSS en passant par la très haute en couleur anglo-paki M.I.A.

Le girl power, remember?

La jolie demoiselle est sans nul doute une boxeuse, ce n'est pas pour rien que notre duo a partagé l'affiche de l'autre duo elektro/punk Kap Bambino lors de leurs dates à New York le mois dernier. Mais Alison est versatile, après nous avoir envoyé sa crosse à la figure, elle nous fait pleins de bisous... Ring Ring (hommage à De La Soul?) et 2HELLWU déstabilisent complètement nos oreilles, d'une douceur infinie, le chant d'Alison s'envole très haut porté (j'y reviens) par des ballons d'hélium. La boucle est bouclée.

Sleigh Bells est en train d'enregistrer son premier album à paraître au printemps prochain, en attendant vous pouvez nourrir vos oreilles assoiffées sur leur myspace, sautiller sur les tubesques Crown on the Ground et Infinity Guitars et galocher peinard sur leurs happy-ballades . Il va sans dire que nous attendrons en trépignant, leur venue à Paris pour ce qui promet d'être un live dantesque... À suivre.

Virginie Polanski

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Sleigh Bells - Beach Girls

Sleigh Bells - Crown on the Ground


Atlas Sound

atlassound

Atlas Sound, Le Point FMR, Paris 16 novembre 2009

Le temps est poisseux, le métro bondé et la nuit déjà noire. Le week-end encore dans les jambes, joyeuse décoction ondoyant entre le mauvais goût d'un concert évitable (T21) et l'odeur rance d'endroits aux effluves d'éthyles, ce lundi transpire d'une sensation charnelle, une sourde mélancolie flottant aux abords du canal Saint Martin. Lieu d'avant garde, tant plastique que musicale, occupant une caserne de pompier pour partie abandonnée, le Point FMR, accueille foule d'artistes, à l'orée d'une reconnaissance internationale, venus prendre le pouls d'un public parisien réputé sourcilleux. La salle, pourtant à taille humaine, est blindée. Après Girls et The XX, et avant The Pains of Being Pure at Heart, Bradford Cox est l'origine d'un tel attroupement révérencieux. Leader démantibulé des sinueux Deerhunter, Bradford Cox est très en verve pour présenter Logos, second volet de son side-project Atlas Sound, initié en février 2008 avec Let the blind lead those who can see but cannot feel. Ce n'est que la deuxième fois que le grand bonhomme vient trainer ses guêtres à Paris, la première, lors de l'édition 2008 de la Vilette Sonique, fut l'occasion de percevoir quel foutoir régnait au sein de Deerhunter. Formé en 2001 à Atlanta et relevant d'une collision entre bricolage post-punk et ambient techno éthérée, à la manière d'un Sonic Youth revisitant le répertoire scolastique de Brian Eno, Deerhunter s'impose dès 2007 et son album Cryptograms comme valeur sûre de la scène expérimentale américaine au même titre que les new-yorkais d'Animal Collective. Le pouvoir d'attraction de ces derniers joue d'ailleurs à plein. Si Microcastle, troisième album de Deerhunter, et son orientation pop sous méthadone, découle de cette accointance psychoactive, une amitié indéfectible se tisse entre Bradford Cox et plusieurs membres d'Animal Collective dont Noah Lennox, alias Panda Bear. Celui-ci l'invite lors d'une tournée des new-yorkais en 2008 tandis que Bradford Cox est au plus bas, vertement découragé par la profanation numérique des démos d'Atlas Sound et Deerhunter.

Convaincu d'approcher la possibilité d'un mythe, c'est donc avec une curiosité non feinte que le public attend son heure. Récente signature du label Ghostly International - plus connu pour ses références techno, mais s'ouvrant de plus en plus au versant pop de l'électronique (The Chap, School of Seven Bells, Matthew Dear) - les Choir of Young of Believers assurent une première partie qui n'a d'originalité que la barbe proéminente et la nationalité danoise d'origine gréco-indonésienne de Jannis Noya, pierre angulaire d'un collectif à géométrie variable. Les conventions d'une pop aux arrangements biens ficelés sont par trop respectées pour aimanter durablement l'attention sur les chansons extraites de This is for the White in your Eyes (2009), récent album d'un groupe cultivant plus la neurasthénie qu'une poésie lunaire trop rarement entraperçue (Claustrophobia). Il n'empêche, Bradford Cox, lui, les aime bien. Il ouvre d'ailleurs son set en leur compagnie, sur un morceau foutraque vraisemblablement écrit l'avant veille. Mine satisfaite, la grande carcasse osseuse se déploie et s'en va chaleureusement étreindre chacun des Choir of Young of Believers quittant la scène. Bradford Cox, chemise blanche, cravate et lunettes noires, regagne sa chaise et sa guitare face à une foule un brin dubitative : aucun autre musicien ne le rejoindra. Seul, il entame alors un set intimiste, où la mise à nue révélée par l'apaisé Logos (4AD / Kranky, 2009) s'avère poignante et attachante à défaut d'être mémorable. Transfigurées par un minimalisme de circonstance, et jouées avec une lenteur glaçante, Criminals, Shelia, Kid klimax et Walkabout se succèdent dans un enchevêtrement d'échos et de loops. Jetant patiemment les bases de chacune de ses orchestrations répétitives, mille feuilles de boucles de guitare, de chant et d'harmonica, Bradford Cox disparait derrière sa batterie au deux tiers des morceaux pour en rythmer l'agonie. Ce qui marche au début et qui finit par lasser. D'autant qu'il se prend allégrement les pieds dans les câbles lors d'une reprise capharnaüm d'un des poncifs de Deerhunter, Rainwater cassette exchange. Mais l'essentiel est ailleurs et plus précisément au bout de ses lèvres décharnées par la maladie, Cold As Ice et Attic Lights, qui concluent le set, résonnent durablement dans les limbes tant la voix de Bradford Cox reste fascinante. L'homme transmets par son chant pénétrant et sa gestuelle maladroite cette fragilité consubstantielle à son être déliquescent - Bradford Cox souffre du syndrome de Marfan - cette équation sans inconnu, où la maladie travaille au corps et menace à tout moment d'écourter l'instant. Entouré d'un groupe soutenant ce patchwork de fine dentelle sonique, la magie n'aurait pas été loin. On se contente là d'en percevoir l'écrin.

atlassound-walkabout-coverEt s'il fallait se convaincre d'un tel talent brut, l'écoute de Logos (4AD/Kranky), sorti le 19 octobre dernier, suffit amplement. Si Let the blind lead those who can See but Cannot Feel est un disque maladif, claustrophobe, mettant en abîme les symptômes d'un Bradford Cox meurtri génétiquement, Logos tend à une lecture rassérénée d'une fatalité incontournable. Si l'angoisse de la dégénérescence traverse de par en par Logos, ce n'est plus avec la saillie lacrymale que celle-ci chloroforme le disque. Par la captation sensible d'un regard éprouvé mais lucide, le disque émeut autant qu'il émerveille. Le morbide cède la place à la grâce. Entamé par l'aquatique The Light That Failed, qu'aucun animal collectif ne renierait, puis par la nébuleuse et acoustique, An Orchid, un premier sommet est atteint avec Walkabout et son chant espiègle, assuré par Noah Lennox. Criminals et Attic Lights, au-delà de témoigner d'une écriture délicate, égrainent une langueur éblouissante quand Sheila, et son refrain d'une froide sincérité (« Shelia, nous mourrons ensemble et nous nous enterrerons l’un l’autre, car personne ne veut mourir seul »), se pare d'une intemporalité propre à un classique du genre. Laeticia Sadier, échappée de Stereolab, prête sa voix à une odyssée narcotique de toute beauté, Quick canal, où un beat saisissant s'adjoint d'un tumulte progressif tissé de saturations shoegaze. Bradford Cox, étant de toutes les écoles, aurait pu nommer Washington school "New York school" tant sa logorrhée s'aventure sur le terrain lunaire d'un folk psychédélique subtilement défloré par ses amis funambules. Reste Kid klimax à l'électronique épurée, et Logos au rythme échevelé, toutes deux cousues d'un chant trafiqué que l'on pu croire être celui d'un Mark Linkous - Sparkelhorse - non moins inspiré. Logos est sans doute le disque le plus abouti de tout ceux que Bradford Cox a initié jusque là, avec ou sans Deerhunter. Pour preuve que l'introspection accouche parfois de miracle - car Logos est un grand disque - que la science ne saurait cerner. Un sacerdoce musical restant à confirmer sur scène avec un Bradford Cox aussi bien entouré que sur disque. Ce qui ne saurait tarder.

Thibault

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Atlas Sound - Sheila

Tracklist

Atlas Sound - Logos (4AD / Kranky, 2009)

01. The Light That Failed
02. An Orchid
03. Walkabout
04. Criminals
05. Attic Lights
06. Shelia
07. Quick Canal (feat. Laetitia Sadler)
08. My Halo
09. Kid Klimax
10. Washington School
11. Logos


Toro y Moi – Causers of this

toro-causersColumbia Part.2. Si tu lis régulièrement les chroniques publiées sur hartzine, le nom de Toro y Moi a peut être retenu ton attention. J'en parlais déjà  dans la chronique du hyper buzzé ep de Washed Out. En effet Toro y Moi fait partie de cette « scène » de hipsters localisée en Caroline. Ils partagent tous un amour inconditionnel pour ce que tout lecteur de pitchfork a pu admirer et détester du jour au lendemain. En gros : house filtrée, new disco, pop maussade, folk synthétique, ambiant.Le mauvais goût étant une des choses que les gens s'échangent sans réfléchir, il est parfois difficile de s'acclimater à cette fusion parcellaire et incessante de style musical. Cela donne néanmoins de bonnes chansons (Blessa, Minors, Lissoms, Thanks Vision). Le reste sonne davantage musique de pub ou jingle incroyablement long.

Nicolas

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Toro y Moi - Thanks Vision

Tracklist

Toro y Moi - Causers of this (Carpark records , 2009 )
01. Blessa
02. Minors
03. Imprint After
04. Lissoms
05. Fax Shadow
06. Thanks Vision
07. Freak Love
08. Talamak
09. You Hid
10. Low Shoulders
11. Causers Of This


Letting Up Despite Great Faults

coverx600Connaissez vous Matt Sharp ? Oui, le type, à l'allure gauche et aux grosses lunettes, qui émerveilla, le temps de deux albums au sein de Weezer (The Blue Album - 1994, Pinkerton - 1996), le petit monde de l'indé pop américaine. Celui qui initia, avec The Rentals, une stimulante relecture de l'héritage new wave par le prisme d'une surf music à la coolitude typiquement californienne (The Return of the Rentals - 1995). Vous y êtes ? Oui. Mais, vous ne saisissez pas le sens de ce who's who ? Pourquoi parler du bon Matt quand le sujet de la chronique ici déployée sous vos yeux est Letting Up Despite Great Faults, groupe dont on se sait pratiquement rien ? Si la réponse peut être contenue dans la question, ce qui serait un peu léger de ma part, c'est avant tout parce que de la première à la dernière écoute du disque éponyme des LUDGF, il est difficile de ne pas penser à une filiation musicale plus qu'étroite entre ces derniers et le grand gaillard aux allures d'éternel étudiant. Certes, les arrangements différent, le son est moins compact, plus volubile, mais une intention similaire anime l'effort : faire de l'automne la saison omnisciente d'un calendrier grégorien obsolète. La luminescence de synthés accrocheurs comme la monochromie des guitares diffusent, avec cette même candeur, l'insidieuse mélancolie propre au prélude de l'hiver et à son cortège d'effeuillage anarchique. En extrapolant, on aurait pu croire que les californiens de LUDGF, natifs de Los Angeles, avaient franchi le pas et l'Atlantique pour signer sur le label berlinois Morr Music, tant l'on observe une familiarité de ton et d'ambiance avec - au hasard - Electric President. Mais non rien y fait, les LUDGF ont auto-produit leur disque tout en étant estampillés shoegaze par la presse musicale, Pitchfork en tête. De ça on s'en gratte la tête, préférant dire qu'à l'égal de The Pains of Being Pure at Heart, c'est tout une idée de la pop romantique qui transpire de ces balades habilement matinée d'électronique vintage. Et on risquera, dans un soucis de précision confinant à la dérision, l'étiquette - tout en néologisme - d'indietronica. Bien qu'un irrécupérable défaut de fabrication mitraille l'enthousiasme suscité par l'ensemble des parties instrumentales du disque : une absence flagrante de talent ou de maîtrise des séquences chantées. Matt Sharp, pour en revenir à lui, avait une voix incomparable : son timbre, savamment monotone, laissait choir une harmonie vaporeuse que Pétra, la troisième des Haden (les deux autres officiant dans That dog) magnifiait de fulgurantes mélopées aériennes. Sur ce second album des LUDGF, comme sur Movement, paru deux plus tôt, une timidité des voix, constamment étouffées, voir une maladresse due à la production ou, plus grave, aux qualités intrinsèques du quatuor, bousille une atmosphère éthérée du disque que la pochette suggérait pourtant avec goût. Si quelques titres sont à garder précieusement dans quelques unes de nos playlist saisonnières, on citera pèle mêle, les deux d'ouverture In steps et Folding Under Stories Told aux claviers sentant bon la naphtaline, ou encore l'échappée onirique So fast, délicieusement instrumentale, la plupart des morceaux n'échappent pas à un fatras d'idées non converties, parmi lesquelles les ébauches shoegaze (The Colors aren't You or Me, Release) ou les épures dream pop (So fast : You et Photograph Shakes), n'arrivant pas à la cheville du mirifique duo The Postal Service. L'escapade synthétique Our Younger Noise, la bien nommée, révèle le chemin encore à parcourir pour Rachel, Kent, Chris et Mike : une maturation en règle, sous peine d'anonymat plus qu'infranchissable. D'autant que Matt, après dix ans de silence radio, reforme The Rentals.

Thibault

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Tracklist

Letting Up Despite Great Faults - Letting up Despite Great Faults

1. In Steps
2. Folding Under Stories Told
3. The Colors Aren't You Or Me
4. Our Younger Noise
5. Pause
6. So Fast: You
7. Photograph Shakes
8. Sun Drips
9. Release


On y était - The Horrors au Trabendo

thehorrorslive

The Horrors, Le Trabendo, Paris, 30 novembre 2009 : The Horrors ou le dédoublement de personnalités.

2007 : The Horrors débarquent d'Outre Manche avec un première album Strange House, précédé d'une brouette d'Eps, follement garage, déclarant un amour sans limite à leurs influences évidentes : les Cramps, les Sonics, allant jusqu'à reprendre le fantastique Screaming Lord Sutch, à la sauce hardcore. Lookés dark et ébouriffés jusqu'au bout des poils (très rares), The Horrors emballe son petit monde, loin, très loin des Arctic Monkeys et autres Kaiser Chiefs éminemment exportables : les dark boys détonnent.

2009 : virage à 180 degrés, le deuxième album Primary Colours produit par le bristolien Geoff Barrow, aux manettes de Portishead, nous embarque cette fois dans un ralenti planant, guitares distordues, chant plus proche d'Ian Curtis ou de Nick Cave, et ho mais ce serait pas du Shoegazing les gars?! The Horrors sont un peu comme Madonna, ils flairent le son du moment et barbotent allègrement dedans. On se démaquille, on démêle ses cheveux et hop, c'est parti. Surprenant mais plutôt convaincant. Du moins, en studio.

C'est donc, avec une curiosité non dissimulée mon ami, que je me suis tirée du lit, que je suis sortie dans le froid et la pluie, pour aller transmettre mon petit virus à la foule du Trabendo. Et non, je ne suis pas vaccinée. Je ne disséquerai pas la première partie, qui m'a juste laissée avec un mal de crâne monumental et une légère pulsion suicidaire.

Me voilà, en pleine possession de mes moyens pour voir arriver les cinq garçons de The Horrors, jeunes très propres sur eux, le clavier a un air de Star Trek avec sa coupe casque, tous vraiment très bien peignés, sauf, Dieu merci, le chanteur Faris Badwan qui arbore toujours une création capillaire accrobatique. Mais le malaise commence.

Les anglais enchaînent les morceaux du nouvel album, dont le titre éponyme Primary Colours, mais même pour le fan le plus averti, reconnaître les titres qui défilent constitue un défi en soit. La faute à une balance incompréhensible : le synthé couvre absolument tous les autres instruments, seule la voix du chanteur émerge péniblement. Deuxième surprise, il semblerait que le groupe ait décidé d'accélérer le rythme de la plupart de ses titres, le I can't control myself très lancinant sur l'album, pulse presque sur scène. Mais que leur est-il arrivé? On dirait que les garçons ont décidé de rejouer l'histoire du post punk, en passant à vitesse grand V de la très Dark Wave façon Warsaw, à la New Wave plus légère genre Love will tear us appart, et puis directement aux sautillement des Talking Heads avec ce synthé limite cheap, qui vire sur certains morceaux à un son Dance, oui, vous m'avez bien entendu : Dance.

Le public est pourtant là et déchaîné. Je me demande si la fièvre ne me fait pas halluciner tout le live, mais les expressions de mes compagnons de show ne dépeignent rien d'autre que la plus grande perplexité. J'émets alors une hypothèse : et si The Horrors voulaient tout simplement devenir un groupe mainstream? En faisant quelques recherches sur eux avant le live, j'avais découvert que le groupe allait faire la première partie de Muse sur je ne sais plus quelle date. Muse.

Fin de show, les lumières se rallument. Je demande au ciel s'il n'y aurait pas un troisième groupe, pour nous faire oublier cette déception inexplicable..., et là miracle, mon voeux est exaucé! Les lumières s'éteignent. Et The Horrors reviennent pour un rappel avec trois morceaux furieux du premier album et une reprise de Suicide. Les vrais Horrors. Rock. Dark. Puissant. On efface tout et on recommence. Hello Docteur Jekyll!

Visiblement, les gaillards de The Horrors ne savent plus très bien où ils en sont. Influences, ton, carrière? Je suggère un bilan de compétence, ça coûte rien et ça pourrait mettre en peu d'ordre dans tous ces désirs confus. Comme dirait une conseillère Anpe : vous avez du potentiel. Reste à trouver un moyen de l'exprimer correctement. Et sincèrement, s'il vous plaît.

Virginie Polanski.


Neonbirds - Decades

neonbirdsarticlesMechanic nerves and Plastic throats.Sur leur profil CQFD, vous n'en saurez pas plus. Ou si, mais il fallait demander. Les Neonbirds, duo parisien réunissant Léon et Baptiste, composent depuis près de quatre ans une cold dance addictive, à mi chemin entre cold-wave mancunienne des années 80 et techno minimale d'une Allemagne réunifiée. Déployant aussi bien leur savoir faire électrisant par de multiples concerts que par d'astucieuses vidéos sur la toile (réalisées par So Many Pictures ou Born to Film), les Neonbirds, s'activent pour aboutir dès 2010 à une sortie physique de leur récente démo contenant autant de moments forts qu'elle ne comporte de morceaux. Ici en écoute Decades. Une certitude : on en reparle bientôt.
Thibault

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Yeasayer - Ambling Alp

yeasayer

En 2007, Les premières chansons du quatuor de Brooklyn nous avaient laissé perplexe; sentiment sans doute provoqué par le goût de déjà entendu engendré  par l'émergence  fracassante de  nouvelle scène new-yorkaise et les références estimables affichées à l'époque par le groupe.  Yeasayer ont depuis fait un break, peaufiné leurs look affreux et leurs gimmicks eighties et reviendront début 2010, aidé de Britt Myers (Chairlift),  avec un album prénommé Odd Blood et dont le premier extrait  Ambling Alp sera sans nul doute sur les playlists des soirées appartement de nouvelle an.

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Villeneuve - Death Race

villeneuveLe morceau commence comme celui d'un quinquet de jazz qui s'accorde. On est bien loin du compte. Une basse ronde et puissante donne le feu vert à un piano virevoltant, embarquant dans sa course une batterie tout en cymbales, pour neuf minutes étourdissantes, d'une intensité rare. Caracolant en pôle d'un style exsudant l'émotion pure, instrumentale et catatonique (fasciné par les sommets, obnubilé par la chute), à la manière des écossais de Mogwai ou des antibois de M83, Benoît de Villeneuve, producteur parisien de son état et agissant sous le nom de Villeneuve, annonce, via le sublime morceau Death race disponible en maxi vinyle, un album à paraître en janvier 2010, Dry Marks of Memory, succédant au revigorant First Date (2005). L'album, enregistré live, promet d'être beau et rétro avec les collaborations de Liz Green, Nili (Lily Wood & The Prick) et Ozark Henry. Le clip vidéo est un montage d'images du film THX1138 (1971) de Georges Lucas, produit par Francis Ford Coppola, dont la célérité ne donne que plus de cachet à cette funeste apologie de la vitesse.

Thibault

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Shanka - Rock The Folk !

shanka_cover_def_cropIl y a quelques temps, j'entendais parler d'un projet intrigant : Shanka, le guitariste de Lycosia, No One Is Innocent et Destruction Incorporated, annonçait la sortie d'un EP composé de reprises de morceaux de folk country - et entièrement autoproduit par lui seul. Avant même de l'avoir entre les mains, je me suis posée maintes questions. Pour résumer : comment un petit Français, dont l'univers musical me semblait à mille lieux de cette musique, allait-il s'approprier un patrimoine tout ce qu'il y a de plus américain ? Allait-il se rendre aussi ridicule que Roch Voisine reprenant "City Of New Orleans" ?

Si l'évocation de cette possibilité fait frémir d'horreur, on est vite rassuré. Premier bon point : François Maigret n'a pas choisi de faire un best of, mais a sélectionné cinq titres avec amour (comme les légumes dans la soupe Maggi, un peu). Tant mieux, on n'avait pas particulièrement envie d'entendre sa version de "Stand By Your Man". Dans le texte d'introduction publié sur son profil MySpace et sur sa page Facebook, il s'explique : "Ce sont mes amis Elliott Murphy et France de Griessen qui m'ont donné le 'virus' de la folk music et de la country music. C'est en rentrant d'un voyage à Nashville au printemps dernier que j'ai décidé de chercher ma propre interprétation de ce style musical en enregistrant des reprises de chansons 'à ma manière'". Alors, justement, voyons à quelle sauce il a mangé ces morceaux.

L'EP s'ouvre sur "The Cuckoo", un vieux standard anglais que le folklore américain s'est largement réapproprié. Parmi les nombreuses versions remarquables enregistrées depuis le début des années soixante, on retiendra celle, au banjo, de Clarence Ashley, la jolie interprétation de Rory Gallagher ou encore celle, plus énervée, de Janis Joplin avec Big Brother and the Holding Company. Enfin, quand je dis "énervée", ce n'est rien à côté de celle de Shanka. Au début, tout va pour le mieux, sans être très original : banjo et voix grave à la Johnny Cash. Et puis le petit coucou se transforme soudainement en un méchant vautour agressif. François nous avait pourtant prévenu : "à ma manière", il avait dit. Si l'on apprécie l'efficacité de la réinterprétation, on déplore néanmoins sur ce titre le son de la caisse claire, que l'on aurait apprécié moins mat, plus gras. Malgré sa radicalité, l'ensemble ne laisse pas un goût amer ; la douce voix de France de Griessen vient nous rassurer : non, nous ne serons pas mangés tout crus par un oiseau mutant. Ouf.

On enchaîne avec "Last Of The Rock Stars", un des titres les plus célèbres d'Elliot Murphy, sorti en 1973. En rendant ainsi hommage à son mentor, Shanka prend des risques, car il sait qu'il sera jugé par l'intéressé. Comment se sort-il de cet exercice périlleux ? Très bien, pour tout vous dire. Exit l'harmonica, place à la disto : sans en faire trop, il dépoussière l'hymne de Murph the Surf et lui donne une nouvelle jeunesse plus que méritée.

Nous voilà au morceau central de l'EP. Et ce n'en est pas un petit, de morceau : Shanka s'attaque carrément au célébrissime "Folsom Prison Blues" de Johnny Cash, composé en 1955 et performé en 1968 au sein même de la prison de Folsom, en Californie. Etait-il utile d'en faire une énième reprise ? Au vu du résultat, on est tenté de dire que c'était indispensable. Le titre est méconnaissable, jusqu'aux premières notes du génial solo, originellement interprété par le non moins génial Carl Perkins. Néanmoins, quoi qu'on puisse penser de la transformation, on ne peut pas nier le fait que la brutalité de cette nouvelle version correspond parfaitement à celle des paroles. C'était d'ailleurs l'un des objectifs de Shanka : "Mon but était de m'approprier le plus possible les chansons pour pouvoir les interpréter sans faux-semblants, quitte à aller parfois loin dans le soulignement de la violence sous-jacente des textes". Et c'est après cette phrase qu'il cite, justement, un extrait bien choisi de "Folsom Prison Blues" : "I shot a man in Reno just to watch him die". Objectif complété, mon Capitaine.

Retour au calme avec "Cherokee Fiddle", une vieille chanson de cow-boy traitant de sujets aussi primordiaux que le violon et le whisky. Les versions que l'on peut en trouver sur le net ressemblent plus à de la soupe qu'à ce qu'a dû entendre Shanka : "J'ai entendu 'Cherokee Fiddle' [...] dans un restaurant ('The Ol' Blinkin' Light') isolé au fin fond du Nouveau-Mexique". Probablement plus réjouissant que les interprétations d'Eddie South ou de Mickey Gilley. L'introduction de celle de Shanka ressemble étrangement à "Revolution" des Beatles. Ensuite - on commence à en avoir l'habitude - on retrouve la même énergie infaillible qui habite les autres titres de l'EP.

Ce dernier s'achève avec "What Would You Give In Exchange For Your Soul", un standard de gospel aux paroles plutôt naïves. Chantées par Shanka, elles prennent une toute autre signification : la question innocente devient, dans sa bouche, un réquisitoire diabolique. Décapant.

Malgré mes craintes, notre petit Français s'en est donc très bien tiré. Car, bien qu'il soit beaucoup plus éloigné géographiquement de Nashville que Roch Voisine, ses reprises sonnent plus justes. On sent en effet dans chacune de ses réappropriations un amour et une compréhension du patrimoine américain plus qu'appréciables et pour le moins touchants. Pour vous en convaincre, je ne peux que vous conseiller d'écouter, ci-dessous, son voyage mental en troisième classe sur un chemin de fer rouillé ; c'est perdu au beau milieu du désert californien, quand personne ne peut plus l'entendre, qu'il crie le mieux sa colère.

Emeline Ancel-Pirouelle

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Shanka - Folsom Prison Blues(Johnny Cash Cover)

Tracklist

Shanka - Rock The Folk ! (2009)

1. The Cuckoo
2. Last Of The Rock Stars
3. Folsom Prison Blues
4. Cherokee Fiddle
5. What Would You Give In Exchange For Your Soul


Kap Bambino - Batcaves (Jackson remix)

kapbambino1

Bonjour c'est Rigobert, cette semaine, mois des morts oblige, un remix d'outre-tombe  à faire danser un cimetière, même pas Kap Bambino!

Audio

Kap Bambino - Batcaves (Jackson remix)


Rigobert salve mix#1

sunnydayBonjour c'est Rigobert, à l'approche de Noël, Papa sort l'artillerie lourde est vous offrira chaque semaine jusqu'au jour J (à déterminer entre nous), une salve de remix pour vous remercier de votre assiduité. Au programme cette semaine,  Metronomy, A sunny Day in Glasow, Yeasayer...

A Sunny Day in Glasgow - Shy (Ernest Gonzales Remix)

Metronomy - Not Made for Love (Alalal Remix)

Ladytron - Ghosts (Modweelmod Remix)

Yeasayer - Ambling Alp (Memory Tapes Remix)

Max Tundra - Which Song (Passion Pit Remix)


Hartzine Autumnmix#3

Je suis presque, presque perdu. Encore un effort, j'y suis presque. Au prochain croisement, seulement au prochain croisement, j'y serai. Où? Rue de la perdition. Satané chemin, me voilà.  J'y suis enfin.  J'y reste et l'arpente jusqu'à trouver l'abandon. La grande ville et ses bas-fond me font face. Juste quelques marches à descendre. Je laisse ma vie d'homme ordinaire au vestiaire. Les effluves de sueur et d'alcool commencent à coller aux mûrs du long couloir qui me mène vers...Une porte à ouvrir, sas de compression, appel du pied, une dernière porte s'ouvre  sur un spectacle de nyctalopes de tout horizon venus, comme  moi, s'oublier un peu au son des basses vrombissantes.

Benoît

1. Dead Man's Bones - In The Room Where You Sleep / extrait de l'album Dead Man's Bones (Anti, 2009)
2. Edward Sharpe & The Magnetic Zeros - Home / extrait de l'album Up From Below (Rough Trade, 2009)
3. Yeasayer - Ambling Alp / extrait de l'album Ambling Alp (Secretly Canadian, 2010)
4. Horse Shoes - Hey Come Back! / extrait de l'album The Imperial School (Holiday Records, 2009)
5. Small Black - Pleasant Experience / extrait de l'ep Small Black (CassClub, 2009)
6. Letting Up Despite Great Faults - Books & Spoken In Steps / extrait de l'album Letting Up Despite Great Faults (Autoproduit, 2009)
7. Savoir Adore - We Talk Like Machines / extrait de l'album In The Wooded Forest (Cantora records, 2009)
8. François Virot - Say Fiesta / extrait de l'album Yes Or No (Clapping Music, 2008)
9. Smith Westerns - Be My Girl / extrait de l'album Smith Westerns (Hozac, 2009)
10. Harlem - South of France / extrait de l'album Free Drugs (Female Fantasy, 2009)
11. Sisters - Glue
12. The Young Friends - North End / extrait de l'ep North End / South End (Holiday Records, 2009)
13. BOAT - (I'm A) Donkey For Your Love / extrait de l'album Let's Drag Our Feet! (Magic Marker Records, 2007)
14. The Fresh & Onlys - Peacock and Wing extrait de l'album Castle Face (Woodsit, 2009)

Podcast


On y était - Aufgang au Café de la Danse

large_5460Aufgang, Café de la Danse, Paris, 19 novembre 2009

Le problème, au Café de la Danse, quand on est assis à l'extrême droite de la salle, c'est qu'on est obligé de composer avec le bruit des mecs qui vont pisser. Le concert commence, quelqu'un se sèche les mains. Bon.

1 Mac + 1 violoncelle

Pour ouvrir la soirée, le label InFiné a misé sur un duo réunissant l'un de ses protégés, le producteur parisien Erwan Castex, alias Rone, et le violoncelliste Gaspar Claus. Le résultat : un seul et long morceau en demi-teintes. Rone, scotché à son écran, tripote frénétiquement les boutons de sa console tandis que Gaspar s'essuie les doigts sur le bois de son instrument. Ah, en fait, l'histoire des toilettes, ça faisait peut-être aussi partie de la performance. A la fin du set, le public fait comprendre discrètement qu'il aimerait un rappel. "On nous avait dit de faire court". Nos deux bougres, presque gênés de se tenir sur scène devant une salle pleine, nous font l'honneur d'un dernier morceau. Planant, mais pas transcendant.

2 pianos + 1 batterie

Je voulais commencer cet article par une allusion vaseuse aux CD de relaxation Nature & Découvertes avec cris de baleine intégrés, mais finalement, Aufgang mérite bien mieux que ça. D'autres ont déjà dû faire ce jeu de mot non moins vaseux auparavant mais je tiens à le préciser à nouveau : malgré son nom, ce groupe ne fait pas de la musique d'ascenseur. Ah ah. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas très sensible à ce genre de musique (comprenez : totalement ignorante), et l'écoute de l'album ne m'avait fait ni chaud ni froid. Ça n'a pas été le cas de ce concert. Bon, au début, quand je me suis retrouvée au milieu d'une marée de trentenaires branchés experts dans l'art de danser en mettant l'ambiance avec leur bras, je ne me suis pas totalement sentie à ma place, moi qui aie subi plus de pogos que de soirées hype. Mais j'ai été très rapidement convaincue par la performance de ces trois-là. C'est relojes especiales agréable, de temps en temps, d'écouter des types qui touchent vraiment leur bille en musique - dont la plus grande prouesse n'est pas le solo de "Stairway To Heaven", je veux dire. (Et non seulement ils sont doués, mais il faut en plus qu'ils nous promènent leurs faces de mannequins Armani sous le nez - franchement, il y a des claques qui se perdent.) Je ne vais pas vous rejouer le couplet de leur formation, ni celui de leurs influences ; d'autres s'y sont déjà collé, et très bien. Rappelons juste que les deux pianistes, Rami Khalifé et Francesco Tristano, se sont rencontrés en l'an 2000 de notre ère à la prestigieuse Juilliard School de New York. L'année suivante, ils rencontrent le futur batteur d'Aufgang, Aymeric Westrich, qui a officié un temps au sein de Cassius, et que Rami avait rencontré dans sa prime jeunesse au conservatoire de Boulogne-Billancourt. Tous mettent en commun leur goût de la musique électronique et de l'expérimentation sans limite. Bach... Not For Piano... Concours international de piano d'Orléans... Bla, bla, bla. Festival Sonar de juin 2005. C'est parti.
Oublions un peu tout ça, et revenons au Café de la Danse. Emmenés par le jeu carré d'Aymeric, les deux autres n'hésitent pas à malmener leurs pianos à queue en allant bidouiller on ne sait quoi avec les cordes à l'intérieur. Si Francesco évoque Fluxus lors des interviews, ce n'est pas sans raison. Et, soyons honnêtes, je serais bien incapable de citer une autre référence : je n'ai aucune idée d'où vient cette musique ; la seule chose dont je suis sûre, c'est qu'elle est terriblement passionnante. Ce soir, je rentre chez moi avec un préjugé en moins.

Emeline Ancel-Pirouelle