On y était – The Rifles

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J’avoue que je remontais la rue Oberkampf à reculons, la motivation ne culminait pas aux sommets pour ce concert. Personne n’avait voulu m’accompagner, c’était donc moi et mon petit carnet de journaliste professionnelle. Oh frustration ! Car il y en avait des choses à dire ! Le programme donc : The Rifles, groupe anglais à cheveux.

Inspiration Oasis pour la coupe, mais pas seulement ; j’y reviendrai. Toutes mes excuses chers lecteurs, j’inaugure ce papier sur une thématique fashion de comptoir, mais ce petit groupe pop/rock qui fait mal aux oreilles (le petit casque capillaire a peut-être double fonction?) m’a tout de suite inspirée à un niveau tout autre que musical. À l’image de ce guitariste aux lunettes double foyer, chapeau de sorcière et slim, je me devais de débuter sur une touche complètement inappropriée. J’ajoute pour la postérité que c’est le genre de groupe qui aime se regarder la guitare, genre « viens on se fait des bisous de gratte » face à face. Ces scènes de vieux routiers me font immanquablement sourire dans ma barbe, et je ne peux m’empêcher d’oublier un instant mon sérieux légendaire …

Parenthèse modasse fermée, il est intéressant de constater qu’il existe toujours des groupes à fort potentiel (grosse prod, mélodies entêtantes) qui passent continuellement à ça du gros hit mondial, mais qui s’obstinent. Quand je formule « ça », le petit mot insignifiant prend malheureusement une envergure assez énorme dans son sens : la touche de génie qui fait le tube, pas moins. Malgré cela, la verve et l’énergie ne manque pas pour ce premier live en France d’un groupe jusque là inconnu dans l’hexagone. Pour tout dire, j’étais aussi surprise que le quatuor à l’accent cockney pure, qu’il y ait plus de deux ou trois personnes dans la salle. Au lieu de ce bide attendu, dans une salle presque remplie, les deux premiers rangs comptaient nombre de fans, scandant les refrains et sautant énergiquement en l’air.

Mais qui sont donc ces Riffles ?

Je vais citer directement le site du Nouveau Casino, avec quelques commentaires en italique, si vous le voulez bien :

« The Rifles ont fait irruption sur la scène musicale il y a deux ans, lançant la charge avec No love Lost , un premier album rebelle ah les rebelles à l’image des espoirs de la working class des banlieues londoniennes est-ce que ça ne sonne pas un peu daté? Est-on de retour dans les 90’s les gars ?. Alors que les médias ignorent (étrangement) à raison je dirais le quartet de Walthamstow, le groupe accroît sa notoriété sur la route, récoltant au passage une pléiade de fans chez les fidèles de Paul Weller ou encore Oasis. Voilà nous y sommes, c’est bien là le problème.

C’est maintenant le deuxième round pour The Rifles et avec quelques énormes hits, comme ils y vont ! Great Escape se présente comme un véritable assaut indie ( ???)conçu pour les propulser à la place qui leur revient de droit : au top. No comment. Grâce à la collaboration du producteur Jan ‘Stan’ Kybert (Weller, Oasis, Bjork), Joel Stoker (chant), Luke Crowther (guitare), Rob Pyne (basse) et Grant Marsh (batterie) ont su faire mûrir leur musique ». C’est un avis, certes.

Mais c’est précisément ce qui me laisse complètement hermétique à ce groupe.

Certains revivals musicaux sont en phase avec notre époque parce qu’ils mettent en parallèle la société et ses aspirations sur des plans comparables, ET accordables. Plus clairement, un genre comme le disco, avec toute l’imagerie flamboyante et la mentalité correspondante, fait un retour sur nos scènes en s’adaptant à la fin des années 2000, se minimalisant, approfondissant ce son synthétique si caractéristique.

Et ça fonctionne. Idem pour tous les groupes qui se revendiquent du Shoegazing, ce truc un peu planant est au final vraiment d’actu. Les gens ont envie de planer.

L’imagerie des 90’s anglaises est « irressuscitable » parce qu’elle appartient trop à elle-même. Chaque année depuis 4 ou 5 ans, on nous annonce le retour du grunge en mode. Et chaque année, ça ne prend pas. Pourquoi ? Et bien, il faut juste admettre qu’on a tout sauf envie de retourner dans cette époque désespérée et désespérante. On veut du rêve et du glam bordel ! Des chemises à carreaux oui, mais avec des leggings dorées et des boots de 12cm. Alors du néo-Oasis sans valeur ajoutée ?… Pas sûre.

Virginie Polanski.