Aufgang l'interview

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Comment est né Aufgang ?

Aymeric (batterie): Aufgang est réellement né en 2005. On se connaît tous les trois depuis à peu près 2000. Nous nous sommes rencontrés à New-York. Mais la date officielle de la naissance d'Aufgang est 2005, dans le cadre du festival du Sonar à Barcelone où nous avons eu l'opportunité de jouer pour la première fois.

Pourquoi avoir choisi se nom qui se traduit plus où moins en allemand par « montée » ?

Francesco (piano): Aufgang ne signifie pas réellement « montée » en réalité, on ne peut pas vraiment le traduire... Tout en gardant cette idée de « montée » il peut représenter le lever du soleil, comme l'escalier qui monte, où le monte-charge... Selon la déclinaison, cela ne pas vraiment dire la même chose, tu ne trouveras pas d'équivalent en français. D'ailleurs, on l'aime bien, c'est un terme un peu archaïque, personne ne l'utilise en allemand. Enfin si... On l'a vu à Berlin, c'était le terme utilisé pour représenter le passage pour aller à la mezzanine du lobby de l'hôtel, donc il y a toujours cette idée de « montée », mais ça reste conceptuel. Mais c'est une idée que nous aimons bien, d'aller toujours vers le haut, ce que nous essayons de traduire dans nos morceaux aussi, comme Sonar qui monte perpétuellement... Après nous avons un Libanais, un Français breton et d'origine chilienne, moi je suis luxembourgeois d'origine italienne, donc nous n'avions pas de terrain commun. Alors un nom allemand pourquoi pas ?

Pour la plupart vous venez d'horizons plus « classiques », comment avez-vous appréhendé cette approche de la musique électronique ?

Rami (piano): Nous avons toujours aimé écouter d'autres musiques que le classique. Aymeric par exemple produit du hip-hop. Durant sa période au Conservatoire lorsqu'il travaillait sur les percussions, il produisait d'autres types de musique, Francesco pareillement... Nous improvisons et composons depuis assez longtemps maintenant... Ce terrain d'entente commun nous a permis de développer un style hybride... Ce n'est pas de la fusion, ce n'est pas non plus du classique que l'on mixe sur un beat, c'est réellement un langage propre au 21ème siècle qui casse toutes les barrières, qui peut justement séparer toutes les structures et mêler tous les courants entre eux.

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L'accroche que l'on peut voir sur l'album et les affiches  « 2 pianos + 1 batterie » n'est pas tout à fait juste puisque vous utilisez également des boites à rythmes, séquenceurs...

Aymeric : C'est le côté humain qui est mis en avant. C'est les instruments que l'on nous voit réellement jouer sur scène... Nous sommes accompagnés de beaucoup de machines, de séquences, de synthés, ça pourrait presque être un quatrième musicien. Mais physiquement, sur scène, ça reste deux pianistes et un batteur. Après il faut demander pourquoi ils vendent ça comme ça... (Rires).

Francesco : Moi je pense qu'il est là le quatrième homme, quelque part derrière le rideau. On ne le voit pas, et c'est bien je trouve. C'est l'acteur silencieux, mais il est toujours présent. Nous n'avons pas de morceaux totalement acoustique, il y a toujours une partie de production, même si c'est en finesse. Par exemple pour le live on a quatre micros par piano, pour l'enregistrement on en avait huit. Il y a toujours cette interaction avec la technologie, et on passe un temps fou à programmer ces machines afin qu'elles répondent à nos attentes. Malgré tout à chaque fois on change un peu le set up, on tente d'humaniser un peu plus les machines pour que ça devienne quelque chose d'organique qui se confonde dans notre jeu acoustique de batterie et de pianos.

Avez-vous pour volonté d'introduire les instruments baroques dans les clubs ?

Francesco : Effectivement, pourquoi pas ! Déjà c'est assez rare de voir un piano à queue dans club non ? Alors deux ensemble...  Je pense que ça reste du jamais vu. Nous sommes très ouverts, comme je te le disais, on change souvent notre set up et nous envisageons des collaborations avec des orchestres avec d'autres instruments.  Nous sommes évidemment très inspirés par la musique baroque... Un clavecin... L'utilisation d'un clavecin en night-club, ça ce serait vraiment génial. Deus ex-machina, on fait descende le clavecin d'en haut... Le robot-clavecin.

Rami : Les éléments les plus fantaisistes nous donnent de l'énergie pour créer, pour aller plus loin, à partir du moment où cela sert la musique.

Quel est votre optique lorsque vous composez ?

Aymeric : Notre motivation c'est de chercher à créer une musique unique, différente tout en y insufflant nos influences. Nous composons de multiples manières, mais l'improvisation reste le centre de notre manière de procéder. On peut jammer, faire pas mal d'essais, puis bricoler... Notre façon de travailler change à chaque fois. Mais le but est de créer un objet unique, qui nous plaise et nous corresponde.

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Vous qualifieriez-vous comme des laborantins du son ?

Aymeric : Oui (ensemble), nous sommes très méticuleux et très perfectionnistes, et ce sont vraiment deux mots qui correspondent à notre travail et à notre façon de composer.

Francesco : Après ce n'est pas comme si nous effectuions une étude de marché. Par exemple, nous ne pouvons pas cibler notre public, on ne peut pas dire le public qui aimera Aufgang sera untel. Nous ne le savons pas. Si nous jouons dans une boîte, dans une salle de concert ou dans une église, c'est certain que le public sera différent et nous nous adaptons tels des caméléons, on change la set-list, nous modifions la tonalité... Mais l'intérêt c'est de jouer pour ces publics très différents. Que ce soit des raveurs ou un auditoire d'intellectuels, on s'en fout... Si on arrive à toucher déjà un public, on est content, et s'il est éclectique et varié, nous sommes d'autan plus ravis.

Rami : Le message c'est que si on arrive à toucher beaucoup de personnes grâce à notre musique, c'est qu'au final, elle réussit à représenter une certaine ouverture d'esprit et de ne pas enfermer les courants musicaux dans des cases séparées. C'est vrai que même si le mot semble fort, c'est un peu un rêve pour nous de pouvoir jouer avec nos instruments dans une boite de nuit. C'est quelque chose dont on parlait entre nous sans qu'on arrive vraiment à le matérialiser concrètement. Et puis les choses arrivent, sur 6 dates, nous avons joué dans 4 night-clubs, c'est assez intéressant, intriguant et excitant de ne pas savoir où on va...

On ressent beaucoup d'influences dans votre musique, que ce soit le jazz, le classique orchestral, la techno de Détroit...

Aymeric : Le rock aussi...

Je n'y avais pas pensé...

Aymeric : C'est plus dans l'énergie en fait...

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Mais alors d'où vous vous viennent réellement vos influences ?

Rami : Elles viennent de partout.Ça peut venir quand tu marches dans la rue, chaque être humain a sa propre sensibilité. Nous ne sommes pas influencés que par la musique.

Aymeric : Tous les arts nous inspirent.

Rami : Et pas seulement les arts, il suffit qu'un élément tragique se passe...

Aymeric : L'économie ! Nous allons faire un morceau sur l'économie (Rires).

Rami : Les influences, ça reste quelque chose de très personnel...

Francesco : Déjà nous sommes trois personnes différentes, avec trois cultures différentes, trois ambiances différentes, trois parcours différents... Il y a déjà tout un mix d'influences, après ce n'est pas à nous de les déterminer. Nous préférons laisser faire les médias et surtout le public, puisque si ça lui parle c'est qu'il a déjà une référence par rapport à ce qu'il écoute.

Votre titre Barock vient d'être remixé à la fois par Robert Hood, Mondkopf et Wareika. 3 nouvelles approches pour 3 nouvelles révolutions, quelle est la prochaine étape d'Aufgang ?

Rami : Le prochain album...

Francesco : Non, il ya un EP avant...

Rami : Oui, c'est sûr... Mais pour l'instant on continue à jouer le premier album et on a besoin de se renouveler... Mais nous avons des idées.

Et vous comptez rendre réel ce quatrième homme ?

Francesco : Mais il existe déjà sauf qu'on ne le voit pas. C'est tout simplement la meilleure partie de nous trois.


Cosmetics l'interview

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De loin ça ressemble à ce qui se fait chez Italians Do It Better : une fille et un mec qui se retrouvent dans une musique synthétique minimaliste assimilable à de l'électro lo-fi. De plus près, Cosmetics est de la synth pop pétée de boucles acides qui parle de peaux douces maltraitées par des gants en cuir... C'est signé sur le label du mec qui avance masqué : Captured tracks. Entretien avec Nic M, ingénieur en chef du son Cosmetics...

Je pense qu'une petite présentation est nécessaire, comment s'est passé  le début de Cosmetics ? Où  vous êtes-vous rencontrés ?

l_4b46e200c4774cf8942ec421d2a00e55Nous avons formé Cosmetics durant l'été 2008. Nous nous sommes rencontrés et sommes devenus un couple un an auparavant et nous travaillons sur l'art et la musique ensemble depuis le début.

Pourriez-vous nous parler de votre vie à Vancouver? Vous semblez travailler dans la mode ou quelque chose comme ça, la mode et la musique, ça marche ensemble ?

Vancouver est une ville appréciable, la plus chaude du Canada. Nous travaillons tous les deux au quotidien pour une entreprise de fringues. Nous sommes intéressés par tout ce qui est créatif: la mode, le design, la production de musique, de films, n'importe quoi... Nous incorporons tout ce que nous aimons dans Cosmetics, mais la musique et le feeling est toujours au centre des choses.

Votre musique est répétitive, froide comme la glace, mais les paroles plutôt érotiques. C'est une façon de jouer avec les mots ou une façon d'exprimer la touche Cosmetics ?

C'est une observation intéressante. J'aime bien le contraste. Je n'aime pas la musique ou l'art qui n'a qu'une facette, j'aime bien quand les contrastes se frottent les uns aux autres. C'est ce qui est à l'origine d'une bonne chanson ou d'un bon visuel ... c'est donc plutôt cool que les gens perçoivent ça dans notre musique.

Quelles sont les musiques qui vous ont influencé lorsque vous étiez plus jeune ?

Quand j'étais adolescent à la fin des années 90, j'ai écouté des groupes comme Huggy Bear, Bikini Kill, Unwound, Beat Happening ... Olympia stuff. Mon groupe préféré est The Make Up. Notre ami Thomas nous a récemment demandé si Cosmetics était une référence à The Make Up. Ce n'était pas censé en être une, mais nous avons aimé l'idée, c'est drôle.

Quel est votre style de musique ?

l_cfc4197457074ca6bbbf15ec84b98667La Cosmetics musique. Je ne sais pas... Nous faisons juste la musique que nous voudrions écouter, qui reflète notre personnalité et nos coups de cœur. Nous imaginons qu'elle évoluera au fil du temps, nous ne sommes pas attachés à un genre particulier. La musique que nous faisons est la traduction actuelle de nos personnalités.

Comment choisissez-vous les sons qui composent vos chansons ? Tout est écrit avant que Aja pose sa voix ?

Nous enregistrons tous les jours, les chansons connaissent de nombreux changements avant que quelqu'un les écoute. Notre set live a toujours été différent d'un show à l'autre. Généralement, les chansons se construisent autour d'un beat de base et d'une mélodie de synthé. Ensuite, Aja ajoute ses idées, je m'agrège et nous construisons une chanson autour de cela. Nous avançons et reculons un paquet de fois. On change les choses jusqu'à ce que nous aimions la façon dont les sons s'agrègent. Le choix des sons se fait au feeling, ce que nous estimons fonctionnant le mieux avec le concept initial et l'humeur de la chanson.

Vous n'avez que trois chansons?

Nous avons trois chansons sur notre site actuellement - deux de notre premier 7 "et une démo issue de la même session d'enregistrement. Nous avons en fait plus de chansons que cela à notre répertoire, mais nous gardons les enregistrements jusqu'à ce que les tracks soient parfaits. Quand nous jouons live les personnes présentes sont surprises par le changement car elles entendent notre musique qui est en constante évolution, ça change à chaque concert. Nous écrivons et ré-écrivons constamment des chansons. Certaines chansons disparaissent de la set list, d'autres apparaissent.  Actuellement, notre set live est constitué de nos 8 chansons favorites.

l_62307ce2a6a24ce7afddee8ec9b07978Sur quoi travaillez-vous maintenant ?

Nous venons de terminer un 2ème 7'' intitulé "Sleepwalking" qui sortira bientôt. Nous sommes en tournée au printemps avec Blank Dogs, nous allons donc préparer cette tournée et penser éventuellement à enregistrer une tour tape pour l'occasion.

Après la tournée, nous allons mettre la touche finale à  notre LP, qui sortira en Septembre 2010. Après cela, nous voulons tourner en Europe.

Comment ressentez-vous vos concerts ? Que préférez-vous à vos concerts ?

Nous adorons jouer en live. Il est important pour nous de ne pas être seulement un groupe de studio. Nous aimons les concerts à l'arrache dans des lieux étranges ... avec le public au plus près de nous prêt à devenir fou. Depuis peu de temps notre ami Félix joue de la batterie par dessus les pistes enregistrées. Ça rend beaucoup mieux, ça nous donne un coté « live band » plus affirmé. Nous voulons tourner le plus possible quand notre LP sera fini.

Audio

Cosmetics - Black Leather Gloves


BEKO

beko-recordsSouvenez-vous de l'âge de pierre, du temps du compact-disc. Ce temps où l'on nous annonçait la mise à mort du microsillon sur l'autel du laser optique. Remémorez-vous le cloisonnement qu'il induisait, sa cherté et son peu d'intérêt cellophané. L'espace musical de chacun ne trouvait alors de convenables horizons qu'en assiégeant le consciencieux disquaire du coin et sa platine nichée entre deux fauteuils en cuir à la profondeur désarmante. Lequel disquaire fut vite remplacé, concentration capitalistique oblige, par la fameuse borne fnac n'égrainant que les trente petites secondes introductives de chaque morceau. Rien de tel pour honnir ce code barre et tout le commerce qui tourne avec, tel un rapace tentaculaire avilissant l'incongruité et l'originalité à la botte d'un conformisme dispendieux. Maintenant, projetez votre attention sur l'explosion digitale. Muni d'une bonne dose de curiosité, il est extrêmement facile via le net de se plonger dans des univers musicaux autres et de s'immerger de sonorités composées aux quatre coins de la planète. Flippant même, le chemin parcouru en si peu de temps. Pour le pire diront certains : téléchargement illégal, violation de propriété intellectuelle et mise à mort des albums au détriment des singles.

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L'apparition l'année passée d'Holidays Records dans le paysage musical bouscule pourtant les idées reçues : le net-label propose un maxi ou une compilation chaque vendredi en téléchargement gratuit. Emboîtant ce pas de géant d'une diffusion nouvelle d'un vivier musical infini, le label digital BEKO se ré-approprie l'idée. A sa manière. Si le principe reste peu ou prou le même, à savoir la publication hebdomadaire d'un single librement téléchargeable, le site est épuré au paroxysme du minimalisme quand les pochettes polychromes n'indiquent guère plus que le nom du groupe et le numéro de collection. Au delà d'un effet visuel, par ailleurs incontestable, c'est sur la diversité et la qualité que Jack et Reno s'appuient pour faire avancer et grandir leur protégé au nom de four pyrolitique. De leur Bretagne chérie, selon un axe Brest / Nantes, ces deux passionnés dénichent de véritables pépites d'ici et d'ailleurs pour les exposer ensuite aux oreilles d'un public aussi bigarré que ne le sont les groupes békotés. Ce qui attire inévitablement l'oreille de professionnels en quête de nouvelles têtes. Preuve en est, la récente signature du troublant duo canadien de Memoryhouse sur le label Evident Records.

En résumé, chacun y trouve donc son compte. Alors pourquoi pas vous ? Laissez-vous guider par Reno, qui, outre son statut de co-promoteur du site Beko(teur), partage son temps entre son magasin de disques et l'association Mémé Préfére en Quinquonce, dans un entretien trusté d'inestimables découvertes cliquables. Le jeu en valant outrageusement la chandelle, ce n'est pas dit qu'on ne lui redonne pas la parole très bientôt...

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Que faisais-tu avant Beko ?

Haha... Je te vois venir... Il y a maintenant plus de dix ans, avant de Bekoter, nous avions avec des amis un label "Diesel Combustible" au catalogue bien achalandé d'artistes locaux tels que Tank, Osaka, Dale Cooper, nos amis germaniques des cultissimes Ma Chérie for Painting, Mileva, Velvet First Floor et Color und Climax, une collaboration avec notre ami d'Active Suspension. Suite à une tentative avortée de sortie cdrs.. l'aventure s'est terminée. Reste que les artistes Diesel ont fait parler d'eux en signant sur de prestigieux labels, Earworm, Roisin, Rocket Racer... pour ne citer qu'eux.

D'où vous sont venues l'idée et la volonté à toi et Jack de créer un tel net-label avec chaque semaine un single en téléchargement gratuit ?

C'est avec le label Autres Direction in Music que l'idée m'est venue et notamment avec leurs premières sorties digitales (Atone, Melodium)... Mais il en existe tant d'autres... on est loin d'être les précurseurs ! Une chose est sûre, c'est que Beko je ne voulais pas le faire sans Jack... N'écoutant plus vraiment les mêmes choses, cela nous permet de nous compléter...

Holiday Records vous a poussés à franchir le pas ?

Entre autres, je trouvais intéressant de proposer le téléchargement gratuit d'un artiste chaque semaine. Après il me fallait trouver une idée différente, sous forme de 7", une direction artistique propre et un autre jour que le vendredi !

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Peux-tu expliquer comment "fonctionne" un net-label proposant la mise en téléchargement gratuite notamment à l'heure où le téléchargement illégal est de plus en plus réprimandé ?

Beko est sous Creative Communs ce qui permet aux groupes d'autoriser le téléchargement, tout en ayant la possibilité de sortir les morceaux proposés par Beko sur cd / vinyle. Beko permet de diffuser, promouvoir leur musique plus facilement... tout cela dans la légalité.

Comment choisissez-vous les artistes avec lesquels vous travaillez et comment entrez-vous en contact avec eux ?

Au début j'avais mes préférences, je savais ce que je voulais Bekoter, à savoir des groupes que j'écoutais depuis longtemps (Bilinda Butchers, Death and Vanilla, Hanging Coffins). Je les ai juste contactés par mail et ils ont accepté immédiatement ! Puis en prospectant, je suis tombé sur Memoryhouse (le Beko s'est fait en deux semaines), Bathcrones et très récemment sur le Hongrois de Evil Have no Songs. Maintenant la demande est telle, que l'on reçoit un grand nombre de propositions permettant de tomber sur quelques perles comme The Leaf Library (sortie le 19/04). Et il faudra être patient, vu que le planning est complet jusqu'en octobre prochain !

Quels sont tes rapports avec les artistes que tu sors via Beko ?

J'espère bons... Je suis très souvent en contact avec eux pour les informer des stats et des retours sur les blogs, radio et presse, mais beaucoup d'entre eux étaient déjà des amis. Andrea de Procedure Club nous a beaucoup aidés en contactant Sore Eros et Eternal Summers, Mélanie de Moscow Olympics nous a fait un beau Beko, en attendant leur nouvel album... D'autres le sont devenus comme Liz et Chris de Tan Dollar, Jamie Long... Vous retrouverez d'ailleurs beaucoup d'entre eux très prochainement..

Pourquoi cette volonté de faire paraître des artistes du monde entier ? On remarque qu'il y a très peu de groupes français dans le catalogue...

C'est pas mal de voyager non ? Les USA sont très bien représentés, vu la quantité et qualité musicale, l'Asie avec Moscow Olympics nous a permis des téléchargements de Chine, Corée et même de Mongolie ! Quatre artistes français à ce jour... des amis et des nouveaux venus très talentueux, tel La Femme, qui a réussi à sa façon de me réconcilier avec la chanson
française. Mais très prochainement d'autres viendront se greffer à l'aventure Beko... par exemple EDH et Folle Eglise...

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Peux-tu expliquer la marque de fabrique de Beko, notamment au niveau du style de musique et de l'artwork ?

Beko a été créé pour la musique (de la bonne), la créativité et la liberté artistique... Nous sommes de grands consommateurs de disques... quelque peu maladifs. Nous ne considérons pas Beko comme un label mais plutôt une plate-forme où l'on peut accéder gratuitement à la découverte... Le but est de faire découvrir les artistes que nous aimons... La sobriété du site par son peu d'info et ses pochettes permettent à Beko de se démarquer...

Sur l'ensemble du catalogue, j'imagine que tu as tes coups de cœur. Si tu en gardais cinq (player) ? Peux tu dire pourquoi ?

Chaque Beko est un coup de cœur...mais si tu en veux cinq...

The Dreams... je suis fan de toutes les productions de La Grande Triple Alliance Internationale de L'Est !

Raw Thrills, pour sa créativité débordante et ses relents à la John Maus.

Procedure Club, parce que c'est eux...

Eternal Summers, le "k" tant espéré !

[servez-vous de la touche ► pour faire défiler les morceaux]

Et à venir Muscle Drum, la pop déglinguée à la Tall Dwarfs que je rêvais d'entendre depuis bien longtemps

Peux-tu nous dire comment tu imagines Beko dans dix ans ? Une future Institution ?

Je ne suis pas quelqu'un qui se projette dans l'avenir. J'espère seulement que Beko aura permis de découvrir de nouveaux groupes, et j'espère qu'ils seront signés sur un vrai label ! Et puis dans dix ans je serais ...... à la retraite !

Dans le court terme, des évolutions ?

Le site devrait être amélioré très prochainement, ça devient pénible d'aller cliquer sur le Death and Vanilla ! Des écoutes seront proposées et un lien (tant demandé) pour ouvrir les fichiers rar sur Mac.

As-tu des projets parallèles ou bekoter est une activité à plein temps ?

Heureusement non. J'ai un métier qui me comble, une association organisatrice de concerts Mémé Préfére en Quinquonce et je me prépare activement pour le marathon de New York, qui fêtera cette année son quarantième anniversaire.

En guise de conclusion, je te laisse présenter tes coups de cœur d'ici et d'ailleurs... et tous non bekotés !

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Sur ma platine... j'écoute :

Liliput - Live Recordings, Tv-clips & Roadmovie (Kill Rock Star, 2010)
C'est un groupe avant-gardiste suisse, à savoir l'un des groupes féminins les plus emblématiques des débuts du punk.

Bleach - Killing Time (1992)
L'un des albums shoegaze (deuxième vague) qui me suit d'années en années...

Cliffordandcalix - Lost Foundling 1999-2004 (Aperture, 2010)
Il s'agit de la rencontre entre Mira Calix et Mark Clifford (Seefeel).

Grand Trine - Sunglasses 12'' (Divorce, 2010)
Du heavy-psych-space-punk canadien !

My Cantina - Wide Awake (Hidden Feast, 2006)
L'album d'un duo de Chicago, que je me suis enfin décidé à acheter : imagine que Slowdive rencontre the Postal Service !

The Feeling of Love - School Yeah 7'' (Sweet rot, 2010)
L'un des meilleurs groupes français actuels.

Wild Safari - Cave Sequins cs (Night People, 2010)
Le projet de William Cody Watson de Pink Priest.

Arian Sample - Self-Titled lp (Hogs on Ice, 2008)
Étrange disque de folk... d'ailleurs je n'ai pas de pochette pour celui ci, juste du papier Kraft...

Ruth White - Fowers of Evil (Limelight,1969)
Groupe mutant d'avant-garde électronique, très noir, loin d'un silver apples...

Opus Finis - Penance 7'' (2007)
Une sortie Weird Records (Xeno & Oaklander+Led er est) d'un duo post-wave basé à Miami.

The Seven Fields of Aphelion - Periphery (Graveface Records,2010)
Des membres de Of Black Moth Super Rainbow, fragile, ambiant...

- This Town Lp (Hozac, 2009)
Du garage rock sur un des labels des plus excitants du moment !

Native Cats - Native Cats 7'' (White Denim, 2010)
Une très belle découverte australienne, qui me fait penser (bizarrement) à Arab Strap.

White Ring / OoOOo 7" (Emotion, 2010)
La witch house, la musique la plus excitante de l'année.
Mater Suspiria Vision - ANNODAMONNA (free download)
Le groupe le plus créatif de l'année.

Mes coups de cœur en vrac...

Rosemary
Winter Drones
BADTIMEEXPRESS
PPALMM
Eachothers


Villeneuve l'interview

l_f0d8101ed14d4e27a2ae10338e1bad2cBenoît de Villeneuve, dont le magnifique et déjà classique Dry Marks of Memory est paru il y a peu, nous a accueillis chez lui pour une entrevue où il nous parle de ses influences, de ses compositions et de ses projets. Installés dans l'un de ses canapés aussi confortables que vintages, entourés de livres (dont l'excellent No Wave de Thurston Moore et Byron Coley), de pochettes de vinyles minutieusement accrochées au mur et de piles de cd charriant l'équilibre, nous laissons cet érudit passionné nous ouvrir les porte de son univers musical. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que nous le retrouverons sur scène, en compagnie des Canadiennes de Suzanne the Man et de l'anglais Jonjo Feather, le 01 avril prochain à la Flèche d'Or lors d'une soirée organisée par nos amis Les Boutiques Sonores.

A cette occasion, et pour mesurer à sa juste valeur l'une des trop rares apparitions scéniques de Benoît de Villeneuve, nous nous associons avec Les Boutiques Sonores pour vous faire gagner deux places de concerts et deux exemplaires deux exemplaires du maxi vinyle Death Race (Edition limitée, 2009). Pour ce faire, rendez-vous ici.

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Collapse l'interview

Puisque Hartzine a pour seule ambition de faire place à ceux qui en manquent, il était temps de parler d'une scène aussi foisonnante que très souvent mise en marge de la musique alternative. Je parle bien entendu de la musique industrielle. Il était donc venu pour moi d'attraper le train en marche et de me pencher sur ce courant qui a bercé mon adolescence et révolutionné mes perceptions auditives à tout jamais, ouvrant mon intérêt à de nouvelles forme d'expérimentations sonores et décuplant mon addiction à farfouiller les bacs pour dénicher LA perle rare. Ainsi quoi de mieux qu'aller directement à la source et de rencontrer l'une des entités françaises majeurs dans sa discipline depuis maintenant plus de 15 ans : Collapse.

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John & Jehn l'interview

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 Emeline Ancel-Pirouelle © pour hartzine

Le matin où j'ai reçu Time Of The Devil s'est révélé un printemps précoce et inattendu. Après des mois à écouter en boucle des opus plus sombres les uns que les autres, hiver oblige, le dernier album de John&Jehn a soufflé un vent chaud dans mon esprit embrumé. Il me fallait une bonne perfusion de pop énamourée et je l'ai trouvée dans ce duo de lovers français exilés à Londres. Leurs titres frais et flamboyants m'ont emballée, et c'est donc avec un plaisir non-dissimulé que votre dévouée est allée rencontrer John&Jehn, un après-midi pluvieux, du côté de Pigalle.

Après un premier Ep L'Amour Ne Nous Déchirera Pas, en 2005, suivi d'un album John & Jehn sorti lui en 2008, le petit dernier Time of The Devil. J'aimerais que vous reveniez à la genèse de J&J, comment tout a commencé ?

John : Tu as mentionné le premier Ep, qu'on a sorti en 2005. Cet Ep reflète la manière dont on travaille, et la manière dont on voit la musique. On compose au moment où on s'enregistre. Et la genèse musicale de J&J, c'est ça. On s'est enfermé un mois dans un petit home-studio en 2005, et c'est là qu'on a découvert notre univers musical ensemble, en s'enregistrant. Cela a été très important pour nous, parce qu'on y a mis notre base.

Jehn : On a commencé par être ensemble en temps que couple, et on était pas du tout convaincu (enfin surtout moi) que faire de la musique ensemble était une bonne idée. Parce que tout d'un coup, ça devenait quelque chose d'assez important et ça me faisait un peu peur. Mais quand on s'est enfermé pour essayer, tout d'un coup, il s'est passé un truc. Et ça a été un vrai point de départ.

John : C'était un émerveillement cet Ep ! Toutes les prises sont des one shots, on s'est enregistré en s'amusant comme des fous. Cette démo, transformée en Ep, avec une couverture sérigraphiée à la main, a été prise par Rough Trade, et distribuée par eux en Angleterre. Quelque part, on l'a oublié ce truc-là, c'est marrant que tu en parles. C'est un peu ce qui nous a poussés à vivre à Londres aussi. C'est parce que cette démo y a été accueillie à bras ouverts.

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Vous n'aviez pas eu le même accueil en France ?

Jehn : En France, Magic l'avait chroniqué en temps que démo.

John : Et Rough Trade en temps qu'Ep. La vision était différente, on a tout de suite été pris au sérieux là-bas.

Je voudrais revenir à votre couple, sans aller dans le privé, est-ce que ce projet musical ne vous fait pas peur ?

Jehn : Non, plus maintenant.

John : Dans quel sens ?

hartzine : Pour votre histoire à deux.

John : Dans le sens de détruire notre couple ?

hartzine : Pas forcément, mais ça peut l'ébranler...

Jehn : Je comprends tout à fait ton point de vue, parce que c'est exactement celui que j'avais au départ. L'idée est venue de John. La proposition. Il avait une vision intéressante de par notre différence d'âge. Personnellement, je n'avais pas beaucoup d'expérience de l'intime, je n'étais pas passée par toutes les étapes du couple, je n'avais pas eu de longue relation.

John : Ça me fait rire ce que tu dis...

Jehn : Je parle pour toi, ça t'embête pas ?

John : Non non, vas-y !

Jehn : Selon lui, si on ne se lançait pas là-dedans, on allait se séparer six mois plus tard. Le couple n'est pas une solution en soi. Être en couple, ça n'a pas de sens.

John (à hartzine) : Tu sais, le danger dont tu parles n'en est pas un. Je pars du principe qu'une séparation, c'est pas grave. Le couple n'est pas quelque chose de sacré. Et je crois que si on n'était plus un couple aujourd'hui, on continuerait à faire de la musique ensemble.

Jehn : J'ai l'impression que les gens se séparent parce qu'ils ont peur de se séparer ! Quand il se passe quelque chose de fort, on a forcement peur que ça s'arrête. Notre démarche par rapport à ce nouvel album, c'est aussi d'exprimer toutes ces mauvaises pensées. Quand on est en couple, puisqu'on parle de ça, on a peur de désirer quelqu'un d'autre, ou d'avoir une relation intime avec d'autres gens. Il y a une espèce de claustrophobie qui est une aliénation. Ce qu'on a voulu exprimer, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de ces pensées-là...

John : ... qui peuvent aussi nourrir le couple. La question, c'est comment rester un individu intéressant dans un couple, parce que le couple c'est chiant !

johnjehn-25-copieJustement, l'écriture puisque tu commences à l'aborder, comment ça se passe ?

John : On écrit tous les deux les chansons.

Jehn : Oui, par contre, on chante pas forcément son propre texte. Moi, je chante pas mal de textes que John a écrit, et inversement selon les titres. Après, je peux aussi ré-arranger des textes qu'il a écrits. Mais c'est quand même principalement John qui écrit.

La musique aussi ?

John : Disons que je fais souvent le squelette des morceaux. C'est moi qui produit, on n'a jamais fait appel à un producteur sur nos disques, donc j'apporte souvent les squelettes, les idées, et la direction artistique. Jehn est une arrangeuse hors-pair, et surtout une chanteuse hors-pair, on se complète parfaitement et on est très conscient des rôles de chacun dans la composition.

Jehn : Et comme on est tous les deux, on se passe les instruments en studio, on fait tout tout seuls.

John : Les morceaux ont été commencé à la basse, pour trouver un groove tout de suite, et adapter une structure de morceau dessus, en fonction du chant. C'est pour ça que les chants sont très en avant sur l'album.

Tu dis que Jehn est une chanteuse hors-pair, de mon point de vue, ta voix John est aussi bonne, comment est-ce que vous trouvez l'équilibre entre les deux ?

John : Moi je vais pas être objectif (rires), parce que sur cet album, je trouve que Jehn a un chant vraiment abouti. Il y a eu un énorme travail à ce niveau, en terme de direction artistique.

Jehn : John me dirigeait complètement, ça a été des séances longues et douloureuses. Il sentait que j'avais un potentiel, et que je pouvais toujours aller plus loin. On se pousse mutuellement quand on crée.

John : C'est aller d'un extrême à un autre pour essayer de trouver le juste milieu. Le chant c'est très psychologique, on a souvent tendance à se limiter à ce qu'on sait faire par peur du ridicule. C'est un travail de torture mentale pour emmener l'autre plus loin que tout ce qu'elle pouvait imaginer. Et c'est super important le chant dans les formats pop, c'est primordial.

J'ai pas mal de parties chantées aussi, du coup je me faisais des séances de studio tout seul, sans technicien. J'ai essayé des techniques de David Burn, qui sont de courir sur place, de s'essouffler, d'avoir un chant essoufflé, généralement c'est les trucs qu'on garde pas ! (rires) Parce qu'on va dans des extrêmes, mais ce qui est intéressant c'est le processus. Entre le moment où on était là, à paresser, et le moment où on va chercher un truc extrême, il y a plein de prises, et c'est généralement une de celles-là qui va être la bonne.

C'est comme ça que je travaille, je cherche la prise, le one shot.

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Comme au cinéma ? Il y a un aspect très BO dans votre musique, non ?

Jehn : Oui c'est vrai. À la base, je suis comédienne, et c'est vrai que j'aime être dirigée. Ça me parle assez ce que tu dis... Mais la clé, au niveau du chant a été musicale. On a cherché des mélodies. Après dans l'interprétation, on n'est pas au théâtre, on n'interprète pas des personnages, je ne crois pas qu'on fonctionne en ces termes-là.

Quand je parle de cinéma, il s'agit plus d'histoires, d'émotions et d'ambiances...

John : Oui, et puis il y a une ambiance visuelle aussi, qui est très importante. On travaille avec Antoine Carlier, qui réalise toutes nos vidéos, et les photos pour cet album. C'est un tueur ! C'est le troisième membre de J&J actuellement, il est capable de parler de l'album de A à Z, il s'est totalement fondu et intégré dans le projet.

Il a réalisé un documentaire sur l'enregistrement, je crois ?

John : Il est en train de réaliser un petit film qu'on va essayer de projeter. Ce qu'il fait est superbe, il filme toujours en qualité cinéma, c'est un maniaque de l'image. Il est comme nous, il a un rapport passionnel avec son boulot.

Jehn : Et je le trouve très intelligent dans son travail avec nous. Ce qu'il va toujours mettre en avant, avec son souci constant de l'image, c'est la musique. Il pense que nos visages représentent complètement notre musique.

John : Oui, il fait tout le temps des plans serrés, parfois je lui dit que les gens ont peut-être envie de voir la marque de ma guitare aussi ! Alors il fait des compromis mais c'est rare quand même... (rires)

Jehn : Et puis, on a une collaboration avec lui, où il a une liberté totale de création. Comme il n'y a pas d'intervention classique de maison de disque, avec Naïve on a de la chance, parce qu'ils nous laissent faire.

John : D'un point de vue artistique, on a carte blanche.

Je voulais revenir un moment sur votre vie en Angleterre, vous êtes installés a Londres depuis quatre ans, et dans vos références vous citez essentiellement des Anglo-saxons, que reste-t-il de français dans votre musique ?

John : Pour ce qui est de la France, on est un peu passéiste je crois, chez les Anglo-saxons on peut parler de plein de trucs actuels, en français, beaucoup moins. A part Gainsbourg évidemment. C'est vrai que pour cet album, il est une vraie référence. Dans Oh My Love, c'est comme si on avait une basse de Melody Nelson avec un orgue de Ford Mustang !

En tout cas, ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est qu'il y a beaucoup de groupes français qui n'ont plus honte de chanter en anglais, et des maisons de disque qui n'ont plus honte de signer des groupes qui chantent en anglais ! Et c'est tant mieux. En ce qui nous concerne, toute notre histoire musicale, notre parcours, notre manageuse et presque toute notre équipe est anglaise. Pour John&Jehn en tout cas. Après pour nous en tant qu'individu, on reste français, mais pas vraiment en terme musical c'est vrai.

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Sur Time of The Devil, j'ai l'impression qu'il y a deux ambiances, d'un côté on a des titres rock aux sonorités assez classiques (Oh my Love, Ghosts) et de l'autre, des titres très barrés new wave, en même temps, elles coexistent en paix je trouve.

John : Cool ! (rires)

C'est quand même la pop qui relie le tout, mais comment vous avez fait pour mixer ces influences si différentes ?

Jehn : On a enregistré sur deux étés de suite. Entre les deux on a tourné, et on a eu envie de travailler un peu comme dans les années 50, chanson par chanson, sans chercher forcément à faire sens, en se faisant confiance. Et finalement, c'est Antoine qui a amené le sens.

John : Il a lié le tout. Mais d'un point de vue musical, c'est la production qui donne du sens. Et nos voix sont les mêmes, que les influences soient des années 60 ou 80.

On s'amuse sur les instrumentaux, il y avait même des morceaux reggae qu'on n'a pas mis sur l'album ! On s'amuse à expérimenter des trucs. Au départ, on avait suffisamment de morceaux pour faire un album complètement 80, genre New Order. Mais on s'est dit qu'on allait mettre des morceaux comme Prime Time ou Oh Dee, qui sont des morceaux orchestrés, avec beaucoup de pianos, très Phil Spector ! Au final, ça fait un chouette ensemble. On a très peur des chapelles, et des églises en général ! On ne veut pas appartenir à une scène, ou à un genre particulier. On veut être ce qu'on est. Le sens c'est nous qui l'amenons, j'espère, avec naturel.

Jehn : On a peur d'ennuyer, et de s'ennuyer aussi ! Je me sentirais pas de faire un album où on l'impression que c'est la même chanson tout le long...

John : C'est vrai que c'est une critique de l'album qui peut être faite. Si je m'auto-critiquais, ce serait ça : "À quoi ils jouent ? Où veulent-ils en venir ?" (rires)

Jehn : On aimerait faire des choses différentes à chaque fois, et que ce qui lie le tout, ce soit nous.

Propos recueillis par : Virginie Polanski. Merci à Lara d'Ivox.
crédits photos :  Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

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George Pringle l'interview

l_12b878023e35476ba8c6d08d72b69b62Personnalité atypique de la scène anglaise, la jeune George est ce qu’on pourrait appeler une artiste ‘DIY’ (do it yourself) : elle écrit, enregistre et produit ses chansons elle-même comme une grande. Son premier LP, Salon des Refusés,  sorti en septembre 2009 en distribution digitale via son propre label Deth To Fals Metal Records, se compose essentiellement de titres chantés en style spoken word le tout posé sur une musique électronique lo-fi du plus bel effet prouvant ainsi que ce grand corps-la n'est pas malade. En voici d'ailleurs la preuve via une interview prise sur le vif juste après son concert à la flèche d'or en février dernier.

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Appletop l'interview

olivierbigN'attendez pas des Appletop qu'ils révolutionnent le rock. Ces trois Varois n'en n'ont ni la prétention, ni l'ambition. Quoique. Croisant avec dextérité et urgence leurs multiples influences propres aux fières années quatre-vingt dix, de l'électricité de Sonic Youth aux envolées lapidaires de Sebadoh, Pierre, Olivier et Nicolas confectionnent des instantanés pop à l'efficacité immédiate et résolument taillés pour la scène. Baroudant depuis 2007 aux quatre coins de l'hexagone avec une gouaille sans pareille, ces jeunes gens n'en oublient pas pour autant leur devenir discographique qui devrait, incessamment sous peu, riper du maxi à l'album. Dans l'attente, Hartzine les a rencontrés. Souriants et décontractés, à l'image de leur musique.

Vous venez de Hyères, antre du MIDI festival, vous avez un son et des influences américaines, alliance contre-nature ou marque de fabrique ? En clair, pouvez-vous expliquer la part de rêve et celle de réalité que constitue votre musique ?

Pierre : J'ai du mal à comprendre la question ! Toujours difficile de commenter sa musique. La réalité réside sans doute dans le message positif qu'on essaie de faire passer dans nos chansons. Le rêve, ça doit être le reste !

Olivier : On pourrait dire marque de fabrique ! C'est juste qu'en fait, nos influences américaines sont plus du coté beatnik, un peu folk, et beaucoup indie-rock, que dans l'idée mainstream et MTV que renvoie l'alliance musique / US. C'était ça la question ? ha ha ha !

Nicolas : Dans notre maigre expérience de la musique, et des relations entre membres de groupes (nos anciennes formations respectives ainsi que des connaissances), on s'est rendu compte qu'il était assez difficile de trouver « chaussures à son pied », soit des gens, des amis même devrais-je dire, avec qui on partage vraiment les mêmes influences, avec qui on partage un bon nombre d'opinions sur la musique en général. En tout cas, notre son, qui certes a beaucoup évolué depuis nos débuts, résulte des diverses influences que nous avons n'est pas du tout une alliance contre nature, bien au contraire. Il résulte tout naturellement de ce qu'on écoute et vient de manière assez naturelle : on le travaille mais il n'est pas mûrement réfléchi comme un choix cornélien avec d'autres styles. En somme, notre musique est une part de notre personnalité et ne trahit en rien nos goûts, nos influences.

Dans le terme « marque de fabrique » il y a, à mon sens, un côté assez artificiel de la chose, du produit, comme quelque chose de réfléchi, monté de toutes pièces pour plaire aux gens. Ma part de rêve aurait été de faire ce qu'on fait actuellement, mais dans les années 90, au moment de Pavement, The Smiths et compagnie. Une époque où la musique était en devenir, une époque où les gens se posaient beaucoup moins de questions qu'aujourd'hui, beaucoup plus ouverts à écouter quelque chose de nouveau.

La réalité est que nous sommes en 2010 et qu'il est beaucoup plus difficile de réussir, avec une société moins ouverte, plus pointilleuse... En tout cas, beaucoup moins curieuse sur ce qu'il se passe, avec des phénomènes de mode où chaque année voit son lot de groupes monter en flèche, puis à la mode suivante, redescendre de la même manière qu'ils sont montés... Les gens se focalisent sur ce qui est « à la mode », et ça c'est la réalité la musique... en général.

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Vous avez sorti en 2008 deux maxis Don’t tell all of your friends et Firekids. Par ailleurs, j'ai pu lire que c'est un format que vous affectionnez. A quoi doit-on s'attendre pour la suite maintenant que vous êtes soutenus dans votre démarche par le label grenoblois Hell Vice i Vicious ?

Pierre : Hell Vice, c'est un peu un « grand collectif ». Les mecs sont très cool et sont devenus de bon copains. Je suis très content de les avoir rencontrés, pour notre album, il est possible que nous travaillions avec une autre structure. Pas parce qu'on ne les aime plus, bien évidemment, mais parce qu'avoir une distribution nationale c'est important et ça aide à pouvoir tourner.

Olivier : Le prochain album sera au format CD c'est certain, après si nous avons la liberté de sortir encore du vinyle on n'hésitera pas bien entendu. C'est effectivement un format qu'on aime ! On a des amis de la scène hardcore qui pratiquent beaucoup le 45T "split", une collaboration entre deux groupes, c'est à dire un disque avec un ou deux titres d'un groupe par face, ça c'est génial ! Je pense que ça fait un disque cool à écouter au final, et on aime affirmer nos amitiés avec d'autres groupes, le coté collectif ! Donc on le fera si c'est possible!

Nicolas : Oui, nous avons sorti Don't Tell.... qui est un maxi sept titres en format Cd, puis à la rentrée 2008, Firekids en vinyle car nous aimons beaucoup l'objet. Le maxi est un format que nous apprécions particulièrement pour plusieurs raisons. Pour commencer, les gens achètent peu un album complet d'artistes ou de groupes qu'ils ne connaissent pas. Le maxi, avec moins de titres et moins cher, est une certaine façon de s'ouvrir à un maximum d'oreilles, et donc de se faire connaître. De plus, c'est un format intéressant car il est possible de pouvoir en sortir à une fréquence régulière, de sorte à maintenir au maximum l'actualité du groupe. On ne fait pas un disque pour faire un disque, pour vendre un maximum. On s'investit jusqu'au bout du produit, c'est à dire qu'il y a la musique, certes, mais qu'on aime tout autant travailler sur l'objet, de la pochette au livret. C'est particulièrement important à l'heure où le téléchargement est à son apogée. Il me semble qu'il faut offrir aux gens qui achètent nos disques la possibilité de nous découvrir plus en profondeur. C'est aussi le cas pour le vinyle. C'est un format qui revient un peu sur le devant de la scène, ce qui n'est pas plus mal. On l'a fait vraiment pour l'objet qu'on affectionne avec une pochette faite à la main et les moyens du bord. On essaie de s'investir au mieux pour chaque produit que nous faisons.

En ce qui concerne la suite, nous sommes en train de travailler sur notre premier album, dont la sortie est prévue courant 2010...

Après un grand nombre de dates aux quatre coins de la France et après pas mal de lieux et de villes écumés… quel est votre souvenir le plus marquant ?

Pierre : Le bout de tournée avec nos copains des Saturnians, à l'automne dernier, huge times !

Olivier : Avec les Saturnians assurément ! À 7 dans un van pour une semaine au quatre coin de la France, c'était cool ! Je me souviens, chaque jour on était vraiment excités par l'arrivée dans une nouvelle ville, et il y en avait toujours un ou deux à la fenêtre pour haranguer les gens et déconner sur les coutumes locales de chaque ville ou les brancher sur leurs joueurs de foot, c'était vraiment marrant...

Nicolas : Mon souvenir le plus marquant, c'était lors de notre toute première tournée. Car si on a fait beaucoup de dates où on a enchaîné deux voire trois concerts, cette tournée était la première où nous partions tous les trois, pendant plus d'une semaine avec un concert chaque soir. Le premier soir, c'était à Clermont-Ferrand avec un groupe qui s'appelle les Niandra Lades. Musicalement c'était pas vraiment un bon concert, ni même pour la fréquentation... mais en revanche on a rencontré des gens vraiment cool, avec qui on a accroché direct. Du coup, trois jours après on les a invités pour un concert à Paris. On reste en contact, on joue le plus possible ensemble. Bref, un premier soir riche en rencontres...

L'idée de dates à l'étranger taraude-t-elle le groupe, ou il y a plus urgent pour le moment ?

Pierre : Nous avons déjà joué en Italie et en Suisse, et on y retourne très bientôt ! J'aimerais aller jouer en République Tchèque !

Olivier : L'urgence est partout : France, Italie, Suisse, Allemagne, toute l'Europe, le monde... Appletop, c'est un groupe très volontaire ! Blague à part, dès que nous avons les moyens de jouer, peu importe les conditions, on fonce !

Nicolas : Pour tout dire, elle nous taraude depuis un bon moment... Mais les contacts sont assez durs à l'étranger. Mais on y songe vraiment sérieusement en ce moment. Car avant, il était assez difficile d'aller en Allemagne pour une date isolée. Certes on travaille sur l'album, mais ce qu'on aime vraiment, c'est partir et jouer, rencontrer des gens, et encore jouer... et conduire.

L'esprit d'Appletop c'est le do it yourself ? Si oui, est-il subi ou revendiqué ?

appletopPierre : Au départ c'était subi, comme n'importe quel groupe qui débute ! Mais aujourd'hui encore, alors qu'on est entouré pour l'enregistrement de notre album et qu'on peut se laisser guider, on veut participer à tout. On aime ça. C'est important, la musique évidemment, mais aussi le son, le choix des amplis, des micros, du visuel... C'est ce qui fait notre identité. Par exemple, même la pochette du sampler promo, que seuls les « pros » auront à été pensée et réalisée par Olivier ; et d'un point de vue artistique c'est remarquable ! Mais bon, je ne peux pas faire trop de compliments, sinon Olivier serait gêné...

Olivier : Le Do It Yourself c'est bien sûr important pour nous, parce que c'est de là qu'on vient et on tient à ne jamais oublier ça. C'est aussi une éthique et une force : on a décidé de faire les choses par nous-mêmes lorsqu'on s'est rendu compte qu'il suffisait de se remuer pour aller jouer partout en France voire en Europe... Aujourd'hui, on a de la chance d'être un peu plus entourés et c'est important pour nous de garder bien plus qu'un simple regard sur ce qui concerne le groupe... et ce sera toujours comme ça je pense !

Nicolas : Ouh malheureux ! Le « do it yourself » est quelque chose de complètement revendiqué... Même maintenant qu'on travaille avec un tour / management, Arsenic et Champagne...

Appletop ? Ça vient d'où ?

Pierre : Ça vient d'un dessin gribouillé comme ça un jour d'ennui... C'était juste une copie involontaire de l'homme à la tête de pomme de Magritte ! Et puis il fallait mettre un nom à ce dessin, apple... head... non... face... nan... apple... top... appletop ! En un seul mot c'est plus cool !

Des projets parallèles à déclarer ?

Olivier : Conquérir le monde, ça arrive bientôt !

Des amis à remercier ?

Pierre : Toulon indie rockers ! Il y a plein de groupes cool ici, et ailleurs, les gens sur la route... On ne cite personne en particulier de peur d'en oublier. Mais ceux qui nous ont croisés de près ou de loin se reconnaîtront...

Audio

Appletop - O.m.a.r.


Kill For Total Peace l'interview

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Bien avant que la nuit ne soit échaudée, je débarque frais et enjoué dans le bar du canal à l’idée de poser quelques questions aux petits prodiges du jeune label parisien Pan European. Je croise Arthur qui revient tout juste de Dakar où il a suivi Koudlam, suivant le dauphin dans son escalade scénique inter-planétaire. Il m’accompagne à l’étage où le groupe est en train… de dîner… Sourires francs, bonne humeur, blagues… C’est pas du tout ce que j’avais prévu, me voilà assis au milieu d’une bande de potes prêts à faire la teuf. Ce sont eux au final qui m’harassent de questions… Attention, entretien cocasse…

Comment se sont rencontrés les musiciens de Kill ?

D.Gage : Ca a commencé parce que je travaillais dans un magasin de disques, Intra est venu ensuite bosser un moment avec moi, il avait toute une bande de potes et voilà…

Intra Moros : Je connais les autres membres depuis le lycée, à part Wolfgang qui nous a rejoints au moment de l’enregistrement de l’album. Et maintenant on a un vrai Line-up complet…

Laden : Mmmmhhh… Excellentes ces carottes…

Qui compose dans le groupe ?

D.Gage : Intra Moros compose essentiellement la musique, alors que je m’occupe plus exclusivement des paroles. Mais il arrive qu’on le fasse ensemble également.

Intra Moros : C’est la base, mais on va continuer de construire autour tous ensemble.

Quel est la recette ou l’ingrédient secret de l’originalité de la musique de Kill ?

Wolfgang : Le mix ?

D.Gage : Ouais, un peu… On essaye aussi du classique… On créé notre propre son, tout en se servant de nos propres influences. On est tous inspirés par plein de styles de musique, on a tous acheté beaucoup de disques, on écoute beaucoup de musique, on a des influences à droite et à gauche…

Intra Moros : Chacun joue dans différents groupes donc chacun amène son identité propre…

Ressentez-vous le même engagement que les groupes psychés des 70’s ou est-ce pour vous plus un plaisir de jouer, ou de rendre hommage à cette culture ?

D.Gage : A la base c’est plus un plaisir de jouer…

Laden : On n’est pas des vrais marginaux en fait. Dans 70’s les mecs prenaient les instruments pour revendiquer des trucs…

D.Gage : Tu ne veux pas la fermer (rires).

Laden : Nous quand on fait de la musique, ce n’est pas un hommage mais c’est plus pour se sentir vivre. Pour ne pas se faire chier.

D.Gage : Non c’est réellement un plaisir de faire de la musique, on n’a à aucun moment pensé à l’engagement.

Intra Moros : Et puis les groupes psychés n’étaient pas forcement engagés.

D.Gage : On ne peut pas changer le monde avec notre musique, tout ce qu’on peut espérer c’est qu’un maximum de monde l’écoute. Après je dis ça, je ne dis rien (rires).

Vous actualisez malgré tout le rock psyché et dans le bon sens du terme. Pensez-vous que la fusion revienne à la mode, sous une forme différente ?

Intra Moros : On ne se considère pas vraiment comme psyché, je crois qu’on serait sorti sous un autre label, personne ne nous aurait catégorisés comme ça. On a un côté nettement plus garage.

Laden : Si tu regardes bien, sur Pan European il y a des groupes plus psychés que nous…

D.Gage : En fait, justement sur Kill for, il y a énormément d’influences. Il n’y a pas que du psyché. Il y des effets sur les instruments, c’est sûr : des échos, etc…

Intra Moros : Sachant qu’on a plus écouté de la musique des années 90 que du rock psyché.

Vous m’avouerez que vous sonnez quand même plus psyché que le dernier ANO qui est lui vraiment ultra garage?

Laden : Le dernier quoi, pardon ?

hartzine: Aqua Nebula… Under the moon of.

D.Gage : Ah oui… Oui, c’est sûr. Je crois que tu as raison, on ne renie pas le côté psyché, mais il n’y a pas que ça. Tu trouveras par exemple du dub, même si je n’aime pas trop le revendiquer, mais certaines mélodies s’en ressentent. Il y aussi de l’électronique… Donc nous ne sommes pas un groupe psyché mais faits de multitudes d’influences.

Intra Moros : L’effet scène donne peut-être aussi cette impression. C’est vrai que la musique s’envole peut-être un peu plus en concert que sur le disque. Mais la musique psyché à connotation super vaste, de groupes hippies californiens foireux à des trucs électroniques de l’époque qui en appellent à ton cerveau… Tu as des trucs des 50’s que l’on peut considérer comme psyché… De la musique classique aussi. Et nous on a plus écouté des trucs nineties comme Sonic Youth…

D.Gage : Mais moi, je n’ai pas écouté de truc 90’s, en tout cas pas tout de suite… C’est plus des anciens trucs du Velvet, ce genre de choses… Tout ce qui est Sonic Youth, Sebadoh, c’est venu vraiment beaucoup plus tard.

Intra Moros : Donc ce côté psyché, on l’a mais sans le vouloir en fait.

Je trouve qu’il y a un esprit culture US qui se dégage de vos lyrics, quelles sont vos passions à part la musique ?

Laden : Moi perso, c’est la géographie…

Intra Moros : C’est psyché la géographie

D.Gage : Ah mais attends… Je cherchais… Mais bien sûr… Le vin.

Le vin ?

Intra Moros : Louie Louie c’est l’Espagne.

D.Gage : Ah j’adore le vin et justement j’aimerais monter un bar à vin.

Laden : C’est Psyché…

D.Gage : Ouais, un bar à vin un peu psyché.

Louie Louie : Le vin, c’est totalement psyché… Après ça dépend ce que tu mets dedans.

Intra Moros : Moi ma passion c’est la clope… Après on va te faire les clichés : le cinoche, la lecture…

D.Gage : Les sorties entre amis… Sans le vouloir l’alcool joue une énorme partie dans notre vie… La musique et l’alcool… Et même si tu ne le veux pas toujours, c’est toujours là. Mais moi ça reste particulièrement le vin.

Laden : Wolfgang lui a une grande passion qu’on appelle la dope (Fou rire).

Wolfgang : Totalement passionné.

Et euh tu étudies en fait…?

Wolfgang : Non, je teste.

Ca a un petit côté psyché…?

Wolfgang : Non, pas vraiment… C’est plutôt scientifique en fait (rires).

Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de jouer ?

Intra Moros : Nirvana… Syd Matters…

D.Gage : Arrête…

Laden : Bah non… Nirvana pareil… Quand on avait 13 ans, on matait en boucle les vidéos de Nirvana…

D.Gage : Non, la motivation c’est plus les mauvais groupes… Tu vois un mauvais groupe et immédiatement ça te donne envie de jouer.

Intra Moros : Du coup on est influencé par tellement de groupes dont on ne pourra pas te donner le nom car ils sont tellement pourris (rires)…

D.Gage : Et il y en a beaucoup en France en ce moment… Non des bons groupes… En fait c’est plus un groupe dont tu n’auras pas envie de monter sur scène après. Mais on se sent plus influencé par les groupes de merde (fou rire).

Et quels sont les groupes après qui vous flipperiez de passer ?

Général : Motorhead.

Intra Moros : Il y en a aussi beaucoup, il faut être réaliste. Même si a priori, il n’y a aucune raison… Mais quand même Motorhead…

Pensez-vous qu’il existe une époque charnière musicalement ou que tout reste encore à inventer ?

(personne n’arrive à s’entendre sur la question…)

Intra Moros : 67, 68, 69…

D.Gage : Attends redonne-moi la question s’il te plaît…

Pensez-vous qu’il existe une époque charnière musicalement ou que tout reste encore à inventer ?

D.Gage : J’espère que tout reste encore à écrire, sinon ça rendrait tout tellement déprimant…

Intra Moros : Il y a quand même une époque où les codes ont éclaté, et qui permettait aux musiciens d’aller là où ils voulaient.

Laden : Je dirais le début du rock’n’roll… Maintenant on se trouve dans une période de constants revivals décennie après décennie… On peut se poser objectivement la question si tout reste encore à écrire ou si tout est recyclé…

D.Gage : Je pense qu’il reste encore des choses à créer, sinon ça ne servirait à rien que l’on fasse de la musique.

Intra Moros : Cela dit, il y a quand même une époque qui marque un changement que ce soit dans la littérature, dans le cinoche… Je lis actuellement un bouquin sur les Beatles et qui parle de ça justement.

Louie Louie : Il ne faut pas croire que le changement ce sera de voir des mecs faire de la musique en tapant sur une casserole, et jouant sur une gratte pourrave… Autant faire ça chez toi, dans ta piaule, avec des instruments pourris…

D.Gage : Euh… Mais tout à l’heure tu m’as dit qu’il y avait une culture US, et surtout dans les paroles… Qu’est-ce qui t’as fait penser à ça ? On n’a pas cette connotation, surtout que je suis Anglais à la base…

C’était en rapport au titre Captain America sur Kill For, et la répétition de Superman dans Smokes sur l’album de One Switch to Collision?

Intra Moros : Exact… et De Niro aussi.

D.Gage : (Rire) Smokes ? C’est sur mon frère. Mais c’est cool, on a enfin trouvé quelqu’un qui écoute les paroles.

J’ai pensé que vous aviez peut-être une culture comics?

D.Gage : Bah oui forcément, j’essaye d’être un super-héros et je veux sauver le monde.

Bon continuons vers la dernière question…

Général : Oh non… non ! (Rires)

Non, mais ne vous inquiétez pas on vous fera une interview par concert… Mais cela dit ma question ne porte pas sur Kill, puisque j’ai entendu dire que One Switch pourrait revenir sur le devant de la scène…

Laden : Intox… Intox…

D.Gage : Qui est-ce qui t’a dit ça ?

(Je sifflote)

D.Gage : Pour l’instant on ne sait pas, on finit 3 morceaux. On les sortira peut-être en 45 tours. Mais on reste focalisé sur Kill for Total Peace. One Switch reste un peu en pause, mais on ne sait jamais.

Intra Moros : Plus pour un délire de potes à la campagne, mais pour l’instant aucun album de prévu. Mais cela dit tu es peut-être mieux informé (rires).

D.Gage : Nan mais c’est marrant, t’as vraiment entendu ça ? En tout cas si tu as des news, dis-le nous quand même (fou rires)….

Akitrash

Coming Soon l'interview

Comment se sont rencontrés les membres de Coming Soon ?
Billy (Basse/Chant): On a commencé au Lycée avec Ben et Howard, ensuite mon frère nous a rejoints, puis Alex… Ça s’est fait progressivement durant six ans en fait. Au début c’était un petit groupe de lycée…
Ben (Guitare/Chant): ... qui s’est agrandi par l’envie des membres de nos familles, de nos amis de nous rejoindre… On habite une petite ville donc c’est très facile de faire des rencontres.

Il y a eu un engouement pour votre groupe, un très fort buzz, et cela même avant la sortie de New Grinds, comment l’expliquez-vous ?
Howard (Chant): Je pense qu’on est tombé au bon moment où le public se sentait attiré par la scène indé Folk, c’était également le retour de la chanson en anglais… Tout en se posant la question si c’était un bon choix d’opter pour l’anglais, nos goûts musicaux allaient plutôt vers des groupes anglophones et qui faisaient ce genre de musique donc naturellement on a été classifié ainsi. Ça a beaucoup aidé au lancement de l’album et puis il y aussi la bande originale du film Juno sur laquelle une chanson de Leo a été retenue. Donc pas mal de facteurs rentrent en compte... En parallèle ça faisait déjà quelques années que nous rencontrions des musiciens, que nous participions à des festivals, que nous contribuions à des collaborations… C’est la rencontre de multiples hasards.

Justement comme beaucoup de nouveaux groupes francophones, vous boudez la langue de Molière. Choix persos ou raisons d’exportation ?
Howard : Je pense que tous dans le groupe, on a eu envie de se lancer dans la musique grâce à des artistes anglophones, et ce malgré nos goûts parfois très différents. Mais le lien fondamental reste la langue anglaise et à ce titre nous avons tous été très étonnés et influencés par Herman Düne qui joue de cette manière depuis plus de dix ans, sans complexe aucun. Ça s’est donc fait de manière très naturelle...
Ben : C’était aussi une nouvelle découverte de la langue qui allait de pair avec celle de l’écriture.
Billy : Par contre, cela fait presque un an que nous calons nos systèmes sons sur ceux d’Alain Bashung (?), ça reste quand même un lien avec la chanson française…

Deux albums en deux ans, vous êtes diablement prolifiques. N’aviez-vous pas été au fond de vos envies sur New Grinds ou doit-on s’attendre à une nouvelle cuvée d’ici fin 2010 ?
Billy : En fait c’est même plus que ça, il y a eu deux sorties, mais en réalité il y eu six albums réalisés par le groupe ou autres projets parallèles. On a toujours été productifs, c’est simplement que notre label ne peut pas absorber la sortie d’un album tous les deux-trois mois. Donc on s’amuse à compiler des morceaux inédits qu’on enregistre sur CD-R.
Ben : Dans cette période, il faut compter aussi l’album solo de Howard, donc ça continue comme ça, en réalité c’est plus que deux albums en deux ans.
Howard : En fait, entre New Grinds et Ghost Train Tragedy s’est écoulé plutôt un an et demi, ce qui est au final plutôt raisonnable si tu prends pour exemple les Rolling Stones qui sortaient un nouvel album tous les six-huit mois. On est conscient qu’il y a une crise du disque mais si deux albums sont prêts, c’est très agréable quand un label peut les réunir sur un même disque, tout unir sur un même point. Mais on a très envie de réenregistrer très rapidement et de sortir un nouvel opus dans un délai court… le 6 Février prochain.
(Ben et Billy se retournent vers Howard )
Billy : Le 6 Février ? (Rire général) Non, mais on sera très certainement dans ces eaux-là.
Howard : Non, plus sérieusement, un an et demi est une durée qui nous relie a beaucoup de groupes qu’on aime et en même temps, ça reste une période relativement longue quand tu tournes beaucoup. Mais le fait qu’il y ait six chanteurs-compositeurs permet de faire avancer le processus très rapidement.
Ben : Pour nous ce serait très frustrant d’attendre trois ans, de faire des démos, de réenregistrer inlassablement… Ce serait même un peu à l’encontre de notre éthique et de la musique qu’on aime et qu’on défend.

Chacun d’entre vous écrit et compose ?
Howard : Oui, mais certains le font plus que d’autres et ça dépend aussi des albums. Il n’y a que Ben et Mary qui n’écrivent pas de textes pour l’instant, mais la musique est composée en commun. On note des variations toutefois, certains étaient très prolifiques au début et se sont calmés et d’autres s’y mettent timidement, mais ça évolue d’un album à un autre.

Votre univers est cinématographique au possible, pourquoi vous être dirigés vers la musique plutôt que l’audiovisuel ?
Howard : Tout simplement parce que le milieu audiovisuel nous a rejetés (rires). Je précise « nous » car tout est collectif maintenant dans ce groupe. On a voulu être réalisateurs de cinéma, mais nous nous sommes fait jeter, et voilà.
Billy : Ce qui est moins ennuyeux car il y a moins de staff à gérer : pas de techniciens lumières, de cadreur…
Howard : On peut boire pendant les prises (rires).
Billy : C’est nettement plus relax.
Howard : Et puis on a peut-être plus de talent… Mais le cinéma reste un domaine très présent, car parfois quand on a du mal à se mettre d’accord sur un artiste qu’on apprécie, sur un morceau, l’esthétisme... le cinéma reste un bon référent.
Ben : C’est un sujet qui va permettre d’établir un accord lorsqu’on aborde un univers entre chacun de nous parce qu’on aura regroupé auparavant plusieurs images, plusieurs livres, plusieurs films, des éléments non musicaux au préalable mais qui peuvent le devenir indirectement.
Howard : Nous faisons également nous-mêmes vidéos, clips… On a posté récemment sur facebook une vidéo où on est en train de se bâfrer dans un des plus mauvais restos italiens de Londres. On adore faire ce genre de conneries alors que pour beaucoup de groupes, cette partie vidéo, c’est vraiment l’enfer, c’est quelque chose qu’ils délèguent… Nous ça nous amuse énormément, on écrit les scénarios ensemble, on les tourne ensemble, chacun met la main à la pâte…

Vous avez au final la main-mise sur votre image…
Howard : On essaye, tout en laissant une marge de créativité aux personnes avec qui nous travaillons. Comme Fred Mortagne avec qui nous collaborons régulièrement. Nous lui laissons toujours le dernier mot, la décision finale, voir la possibilité de nous emmener vers autre chose.
Ben : Nous ne sommes pas fermés, bien au contraire.
Billy : Par exemple nous venons de terminer le clip de
School Trip Bus Crash, et c’était réellement notre premier tournage dans un gros studio, mais nous ne voulions pas seulement être là en tant que musiciens… On a bricolé des trucs, on a peint… Nous n’étions pas là à attendre que le décor soit fait et arriver sans aucunes indications. On a storyboardé… On a participé au processus créatif du début à la fin et Fred a fini par le réaliser.

A la sortie de New Grinds vous avez été assimilés à la vague babies rockers puis reclassés dans un nouveau courant fourre-tout type Naive New Beaters… Quel est votre ressenti face à de tels avis ?
Ben : Bah en tout cas, ça nous fâche pas parce que…
Howard : On s’en fout (Rires).
Ben : On ne connait pas vraiment leur musique. Les BB Brunes, on écoute quand on tombe dessus par hasard à la radio. Nous n’avons aucune animosité contre eux, ni contre personne d’ailleurs (rires).
Howard : Replacé dans son contexte, c’est vrai qu’à la sortie du premier album, il y avait une scène Babies rockers qui existait et qui a plus ou moins disparu… A part peut-être les BB Brunes, qui ne sont pas vraiment des bébés. C’était plutôt les Naast, les Plastiscines… Des groupes essentiellement de région parisienne, qui existaient depuis six mois et qui ne jouaient pas très bien. Et que ce soit questions influences ou scènes, on était très différents, donc je pense que le lien c’était surtout l’âge. Mais très vite nous avons été rattachés à la scène Folk. Pour ce qui est du côté fourre-tout des Naive New Beaters, je ne vois pas trop, cependant ils sont très drôles.
Howard : Du coup, peut-être qu’on est drôle nous aussi… (Rires). Le côté fourre-tout, c’est peut-être parce que nous chantons tous et que sur un album de Coming Soon il peut y avoir des chansons d’univers multiples. Dans ce cas, je ne prends pas ça comme une critique car il y a de très grands albums qui peuvent être considérés comme un peu fourre-tout. Mais je ne m’explique pas la comparaison avec les Naive New Beaters, et ça reste surprenant. Mais concernant la vague Babies rockers, ça nous a un peu fait peur au début, d’autant que nous avions deux membres très jeunes à la sortie de New Grinds, Alex et Leo… Et c’est sûr que ça nous a un peu effrayés, mais sans raison finalement car c’était une scène totalement différente, qui n’attachait pas d’importance aux paroles par exemple. Alors que les groupes que nous rencontrions ou dont nous nous inspirions ont un rapport vraiment très vital au texte et à l’écriture, comme nous. C’est pour cela qu’il n’y a aucune animosité, et qu’au final c’est plutôt amusant de voir la critique qui aime faire et défaire ses propres inventions. Les Babies rockers ça a été une invention de la critique... ils s’en sont lassés, après ils ont fait la vague Folk, lassés pareillement, maintenant ils reviennent un peu au hip-hop bricolo… Donc qu’ils continuent…
Billy : C’est assez lassant ce phénomène de vague. Chaque premier janvier tu te demandes quel va être le courant dominant de l’année. Et nous, on n’est pas plus Folk que Rock, donc foncièrement on pourrait s’adapter à toutes les vagues.
Howard : D’ailleurs Ghost Train Tragedy est plus électrique, et on a pris à contre-pied le public qui s’attendait à un nouvel album plus bricolo, indé… C’est marrant de voir comment les critiques sont parfois un peu à la rue, alors que le public n’arrête pas d’être de plus en plus présent à nos concerts et à nous suivre.

Vous pensez que c’est difficile d’être à la fois jeune et de faire de la musique indé en France ?
Howard : Non, parce que l’inverse me semble aussi dur (Rires). Non, je pense que c’est dur d’être indé, dur de faire de la musique, dur de vieillir…
Billy : L’âge n’a pas beaucoup d’importance car beaucoup de groupes indés seraient très contents de passer à la radio et de jouer au Zénith. Donc indé, c’est plus dans ce qu’on aime et qu’on écoute, car les radios diffusent malheureusement très peu de choses qui nous plaisent. Et c’est plus facile, je crois, d’être musicien en France, car si tu prends pour exemple l’Angleterre où nous étions il y a quelques jours, les groupes y sont payés au pourboire et il y a des musiciens partout. La France a un côté plutôt sécurisant pour débuter une carrière musicale.

Ghost Train Tragedy à une consonance Country-Folk plus sombre et qui fait à bien des moments penser à Nick Cave. Quels sont les musiciens qui vous influencent ?
Howard : Encore une fois, il y a six personnes dans le groupe et tu auras facilement six réponses différentes. Mais je crois qu’il y a quelques artistes sur lesquels on tombe tous d’accord. Il y a par exemple toute la scène qui est sur le label Drag City, avec Smog, Will Oldham, Pavement… Ce sont des musiciens qu’on adore, on va le plus souvent possible voir leurs concerts. On essaye même de les rencontrer. David Berman des Silver Jews nous a même fait un dessin pour Ghost Train. Il y a bien entendu Herman Düne, puisqu’on les connait depuis très longtemps, on les a vu évoluer, et ils nous ont en quelque sorte inspirés. Après il y a bien sur tous les saints patrons : Lou Reed, Bob Dylan, Leonard Cohen…
Billy : Il y a bien entendu des groupes qu’on écoute chacun dans son coin épisodiquement pendant un an, parfois on s’interchange des albums, on se les passe dans le van, mais s’il y a un concert de Nick Cave dans la ville où nous nous trouvons, on va tout faire pour y aller tous.
Howard : Même si d’ailleurs l’influence de Nick Cave était très forte lors de la formation du groupe, ça fait très longtemps que nous n’avons rien écouté de lui ensemble, notamment en terme d’inspiration d’écriture. Il y a aussi des influences que l’on quitte un moment pour découvrir autre chose. Mais on essaye le plus possible ne pas y penser quand on fait un album.
Billy : Mais c’est vrai qu’il y a un côté plus sombre dans cet album.
Ben : Certains textes l’étaient déjà sur New Grinds.
Howard : C’est là où je pense que l’esthétique fait beaucoup, car si l’album ne s’appelait pas Ghost Train Tragedy mais Ghost Train Comedy, avec une photo sur la plage, certaines chansons apparaitraient comme plus conductrices. Mais les concerts restent très enjoués et énergiques.

Votre expérience réussit à l’étranger, le fait que vous y tourniez beaucoup, votre facilité à vous y créer un public ne vous pousse-t-il pas à faire vos valises ? Avez-vous plus à gagner en séduisant le public français ?
Howard : Nous avons toujours eu un lien important avec la France, puisque deux des membres étaient toujours au lycée. De plus notre label étant en France, c’était plus facile pour se développer et organiser des tournées. Mais il est clair que chacune de nos expériences à l’étranger s’est extrêmement bien passée. Je crois qu’on a tous un faible pour l’Angleterre et on a en prévision pour cette année une tournée européenne dont on aimerait que la France soit un territoire parmi d’autres plutôt que le chantier principal. On a encore envie de travailler en France, surtout que les festivals y sont super, tout en s’éloignant un peu. Surtout que c’est très plaisant de pouvoir démontrer en tant que Français que tu peux écrire des chansons à textes en anglais, se frotter à un public différent, mais qui éclate de rire sur tes refrains quand c’est décalé.

On est d’accord pour dire que les Majors sont mises à mal, la crise n’aidant pas et que les artistes indés ont le vent en poupe. Vos pronostics sur le mainstream ?
Howard : J’écoute tellement peu de musique qu’on appelle mainstream que je ne pourrais pas répondre à cette question.
Billy : Cela dit, il y a quand même un gros problème puisque 90% des radios diffusent ce type de musique, qui pour moi n’est pas écoutable du tout. Ca doit générer encore pas mal de chiffre car il y a encore des affiches, des publicités, les maisons de disque sont encore là… Alors effectivement, il y a peut-être moins d’argent à se faire pour un producteur qu’il y a vingt ans mais parallèlement un artiste peut aussi vendre, avoir un disque d’or tout en étant indépendant.
Howard : Je pense quand même que plus les majors vivent et plus la scène indé existe... le pire pour moi c’est quand tout est faible et que le mainstream récupère l’underground. Le crime c’est de voir par exemple Julien Doré et Carla Bruni-Sarkozy chanter
Anyone Else But You. C’est brader une culture indépendante. Donc que ces personnes continuent à reprendre Beyoncé ou ce type de trucs qui marche, et qu’on laisse aux artistes indés une structure, un public et une culture underground dans lequel il peut y avoir aussi de l’argent et des moyens. Ce qui est triste, c’est que les petits labels ne s’en sortent pas vraiment mieux pour le moment. On en chie pour sortir péniblement quelques 45 tours alors que des personnes viennent nous voir après le concert pour nous dire qu’ils ont téléchargé l’album. Les gens sont totalement décomplexés face à ce phénomène, alors que les disquaires ferment les uns après les autres. Je ne vois pas ce qu’il y a de vraiment réjouissant, à part le retour à la scène qui est effectivement génial et qui prouve la passion retrouvée du public pour la musique.

Vos chansons laissent une place importante au lyrisme et à l’imaginaire. Pensez-vous aborder des thématiques plus introspectives par la suite ?
Howard : Encore une fois, cela dépend des interprètes, nous faisons tous des va-et-viens entre des choses personnelles et plus générales. Certains ont commencé avec une écriture très proche du journal intime pour s’en écarter et aborder une structure plus métaphorique, alors que moi j’adopte un petit peu le schéma inverse. Il faudra suivre l’écriture de chacun pour voir comment ça évolue, mais nous n’aurons jamais cette attitude de vouloir raconter notre vie…

Comment envisagez-vous cette année 2010 ?
Howard : Glorieuse, comme toutes les années qu’on passe ensemble. Beaucoup de tournées, un album…
Billy : Moi je n’ai pas beaucoup d’espoir pour 2010 (Rire général). Je mise plutôt sur 2012, 2013… Cette année je la sens dure pour tout le monde, je la vois avec toutes les personnes autour de moi.
Howard : Nous ça va super… (Rires)

Propos recueillis par Aki

The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads l'interview

getattachmentaspx1Tonnerre de Zeus, il est approximativement 23 heures du mat’ ce vendredi soir au Scopitone. La foule semble chauffée à blanc. Pas moyen de faire un pas, les corps sont entassés les uns dans les autres comme des pièces de puzzle bien connectées, et bloquent chacun de mes mouvements. Bien heureusement, je réussis à me glisser sur le bord de la scène pile poil à l’entrée des Bewitched Hands On The Top Of Our Heads. Pas besoin de demander au public qui il est venu voir jouer ce soir, les acclamations n’attendent pas. Les jeunes Rémois propulsés par leur reprise du Tonight de Yuksek n’ont pas attendu la consécration pour se créer leur petit réseau d’aficionados. Et le Sextet est généreux avec son public, habitant la scène avec frénésie et livrant un mélange parfait de Psyché-Folk et d’indie-rock captivant l’auditoire jusqu’à la transe. Ces jeunes pousses manœuvrent déjà comme des vieux routards. Une tracklist rallongée, puisque pour ceux qui ne le savent pas, l’album en préparation ne comportera presque aucun titre présent sur leur myspace. Les témoins rapporteront : un Antonin déchaîné se jetant plusieurs fois dans la foule et balançant le matériel dans la surexcitation du moment. Un plaisir de jouer communicatif qui contamina immédiatement le public, et le fit succomber de ses morceaux charmeurs et entraînants. Pas une fausse note, des sourires sur toutes les lèvres… Bref, ce vendredi 22 Janvier, Le Scopitone était « The place to be ».

Mais un peu avant cela, nous avons profité d’un petit instant de détente des charmants Bewitched pour leur poser quelques questions.

Votre nom The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads, ça vient d’où?

Ben (Guitare/Chant): C’est un nom que j’ai trouvé parce que j’aime beaucoup les noms à rallonge, très inspirés de groupes américains en fait.

Antonin (Guitare/Chant): Pour un projet solo… A la base the Bewitched hands on the top of our heads était le projet solo de Ben.

Ben: Et le reste des membres s’est greffé peu à peu, et on a gardé ce nom là.

Antonin : Le vrai départ, c’est qu’on faisait tous de la musique depuis très longtemps et puis qu’un soir on a eu l’opportunité de jouer dans un bar tous ensemble et on l’a fait sous le nom de Bewitched… Finalement ça nous à paru naturel de le garder, mais au début c’était plus un collectif de potes qui se réunissait. Quant au sens du nom, c’est vrai qu’il porte à interrogation car il est peu commun et est assez long, mais on ne lui donne pas de vrai sens. On voulait juste un titre long, pas forcement mystique…

Ben : Si si, il avait quand même une signification car les mains ensorcelées au-dessus de nos têtes est une forme de revendication à la musique psychédélique….

Nico (Basse) : (Qui intervient avec toute la bonhommie qui le caractérise) Rooo… Toujours les mêmes les questions, vous n’êtes pas originaux les mecs, mais où sont passés les Jean-Claude Narcy et les grands reporters ? (Rires généraaux).

Antonin : Vous gardez l’intervention Nico, hein ?

(Je veux).

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On vous compare souvent à Polyphonic Spree et Herman Düne, personnellement je dirais qu’il y a plus une touche d’Architecture in Helsinki dans votre musique. Comment vous définiriez-vous ?

Ben : (Concernant Architecture…) On préfère.

Antonin : Polyphonic Spree et Herman Düne, à titre personnel sont des groupes que je n’ai pas vraiment écoutés, quant à Architecture in Helsinki ce n’est pas l’univers dans lequel je me retrouve le plus. Après, effectivement la comparaison est facile puisque nous sommes un groupes où nous chantons à plusieurs, avec de nombreux morceaux chorales… On nous a même comparé à I’m from Barcelona voir les Beach Boys, en globalité à tous les groupes à chant. Mise à part cette coïncidence qu’il y ait beaucoup de vocaux mais on n’a pas réellement d’attache particulière avec ces groupes.

Mais en termes de définition de votre musique.

Antonin : C’est simplement la réunion sous un même collectif de personnes qui se connaissent depuis longtemps, et ont des bagages musicaux différents et de différentes cultures.

Nico : On nous a souvent posé la question et on n’a jamais vraiment su y répondre. C’est dur au premier abord de se décrire, on fait avant tout ce qui nous plait. On pourrait autant répondre qu’on fait de la Pop que l’on marche sur des échasses (rires collectifs).

Ben : On cherche avant tout à retranscrire des émotions… C’est le regroupement de plein d’univers, moi par exemple mes origines se retrouvent plus dans la Folk et la musique psychédélique, Antonin, lui, vient plus du rock-indé… Toutes ces influences se nouent aussi avec celles de Nico qui vient plus de la musique électronique… Ca reste un maelstrom d’influences qui se marient bien au final.

Antonin : Et comme on écrit tous des chansons, ça donne ce côté très éclectique à notre musique. Mais on ne revendique aucun style en particulier.

Le Buzz a commencé avec cette reprise de Tonight de Yuksek. Mais avez-vous toujours pensé que les choses iraient aussi vite pour vous ?

Général : J’espérais, il y a bien longtemps (rires)….

Ben : Non, je pense que ça nous a tous un peu surpris et on ne s’attendait pas à tout ça d’un seul coup…

Antonin : A vrai dire, Yuksek lui-même ne s’attendait pas à un tel succès. Et bien entendu on se dit qu’on n’en serait peut-être pas là si le morceau de Yuksek n’avait pas fonctionné de manière si spontanée. Ca reste néanmoins assez inexplicable, on fait tous de la musique depuis que nous sommes adolescents. Donc pourquoi maintenant, ça reste assez mystérieux. Certainement une concordance de chance, d’expériences ou tout simplement parce que c’était le bon moment.

Comment se passe le processus de création quand on est 6 membres actifs d’un même groupe ?

Ben : C’est relativement simple car chaque membre écrit et on adopte les morceaux qui ressortent du lot. A partir du moment où tout le monde est d’accord…

Antonin : En fonction, une chanson peut être écrite par un des membres et arrangée par le groupe. Il arrive qu’on se retrouve avec des morceaux écrit par deux, trois, quatre personnes. On ne se fixe pas de règles dans ce domaine.

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Vous pensez que ça vous aide ?

Antonin : Pour le moment on s’y retrouve, puisqu’on à eu tous l’habitude de composer chacun de notre côté dans nos groupes respectifs. Il n’y a pas cette lourdeur d’avoir la charge de la composition. De plus, le fait d’écrire à plusieurs contrebalance les périodes où certains se sentent moins créatifs, et dans ce cas d’autres prennent le relais. Cela permet d’être constamment productifs.

Vous êtes au final autant de membres que de leaders…

Ben : Exactement.

Antonin : Y a pas de leaders comme disaient les Inconnus (Rires).

Vous avez la méchante réputation de foutre le feu sur scène, vous la puisez où cette énergie tous les soirs ?

Nico : L’alcool…

Antonin : C’est parce qu’on est de gros dépressifs...

Nico : Tout à fait, on est complètement renfermés sur nous-mêmes donc dès que l’on sort et que nous voyons des gens, on est un peu fou-fou (Rire général).

Bon no comment… Mais justement au milieu de tous ces groupes qui se tournent de plus en plus vers la noirceur et se veulent pessimistes, vous surprenez par votre fraîcheur. Vous êtes tout le temps comme ça ?

Ben : (Il réfléchit) Ça dépend des jours… Si tu regardes bien, toutes nos tracks ne sont pas super joyeuses, même si la plupart sont assez enjouées, tu trouveras malgré tout des morceaux relativement tristes.

Antonin : On joue plus pour le plaisir qu’on prend ensemble, on ne cherche pas tellement à savoir si nos morceaux sont plutôt tristes ou enjoués. Les humeurs passent à côté. Il nous est même arrivé de faire des concerts en faisant la gueule.

Vous ne vous êtes jamais battus au moins ?

Ben : Non !

Nico : Rooo… Le jour où ça arrivera ça va partir loin.

L’album est a priori en cours de finition, il est prévu pour quand ?

Ben : Effectivement l’album est fini, il est encore en court de mixage et devrait sortir en Juin 2010 si tout va bien.

Mains ensorcelées… Vous faites vraiment de la magie ?

Ben : A toi de nous le dire…

Propos recueillis par akitrash

Audio

The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads - Work

Yuksek – Tonight (The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads Cover)


Television Personalities l'interview

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Malgré plus d’une dizaine d’albums, un réseau de fans inconditionnels, et le soutien de la presse spécialisée votre succès en France reste confidentiel malgré plusieurs passages remarquables et remarqués. Pensez-vous que la manière d’appréhender la musique du point de vue des Français est très différente qu’Outre-Manche ?
Dan : Je ne vois aucune différence non, je ne suis pas connu en Grande Bretagne non plus,
Guitariste : tu es probablement plus connu en France qu'en Angleterre,
Dan : en Angleterre, je ne sais pas ce qu'ils pensent de nous, ils nous font faire des tours et des détours par des chemins tordus. Une fois de temps en temps, ils décident de nous accueillir avec des banderoles et des ballons, et puis ils nous rangent dans des boites, pour nous ressortir l'année suivante, ou celle d'après. Je ne sais pas vraiment ce qu'il y a dans l'esprit des gens, je ne comprends pas ça mieux que quelqu'un d'autre. Et de toutes manières, je ne crois pas qu'il y ait grand chose à comprendre de Television Personnalities. C'est assez simple en fait.

On vous a collé toutes les étiquettes, et vous êtes passés par un peu près par tous les styles de musique…
Dan : Je me suis perdu...

Comment définiriez-vous la musique de TV Personalities ?
Dan : je ne crois pas que nous ayons un style musical particulier, je ne pense pas à la musique en terme de style, c'est stupide.
Guitariste : est-ce que tu dirais que c'est honnête?
Dan : Oui, ça l'a toujours été, pour moi la musique, c'est très personnel,

Alors si vous parlez d'émotions dans votre musique, de quoi parle-t-on ?
Dan : et bien, le prochain album s'appellera probablement "Triste pauvreté" ! Je ne sais pas, il s'agit juste des circonstances dans lesquelles j'écris, qui se transposent en musique.

Vos textes passent régulièrement du rire aux larmes, du cynisme au drame…
Dan : ça, c'est avant le petit-déjeuner...

Vous avez un certain penchant pour le clair-obsur, non ?
Dan : c'est juste ma manière d'être, et ce n'est pas comme ça qu'est la vie réelle,

Mais c'est votre vie...
Dan : pour la plus grande partie, oui,
Guitariste : ou la vie d'autres personnes parfois?
Dan : oui, c'est aussi de l'observation, mais les gens prennent ça souvent pour autre chose, pour un style un peu Lou Reed. Je ne suis pas un grand fan de Lou Reed, les gens pensent souvent qu'il a vraiment vécu la vie qu'il dépeint dans ses chansons, mais je peux vous assurer que Lou Reed n'a jamais attendu l'homme (nd : I'm waiting for my man). Ca n'était pas Lou Reed, c'était quelqu'un d'autre. Et ce n'était pas non plus moi.

On vous reproche souvent d’être trop entier, parfois ingérable, vous n’hésitez à vous mettre à nu dans vos chansons. Pensez-vous que c’est là la recette de votre véritable succès ?
Dan : succès? Quel succès? Mes excès peut-être ! Ingérable? Non, je suis juste quelqu'un de "sanguin"... Je trace ma propre route la plupart du temps. Et je laisse tomber les gens, c'est probablement ma faiblesse. Il faut toujours que je descende du bus pour sauter dans un autre bus, parce que je veux voir ce qui se passe dans ce bus-là. Il y a beaucoup à voir dans les bus et les trains. Surtout dans les trains. Ou dans les bus de Londres.

My Dark Places...
Dan : oh vous en avez un aussi?

De côté obscur? Oui je pense, comme tout le monde.

My Dark Places marqua votre résurrection et celle de TV Personalities, mais pas seulement, on note des bouleversements notables dans votre manière de composer, de jouer. Une certaine accalmie au niveau du rythme. Est-ce dû à votre état d’esprit actuel ? A une envie de passer à autre chose ?
Dan : Mon état d'esprit? (rires) Vous n'avez pas envie d'aller voir là-dedans, croyez-moi... My Dark Places, est sombre. Il est très différent du reste de TV Personnalities, vraiment différent. J'en ai écrit la plus grosse partie tout seul, sans personne autour de moi, je préférais travailler seul. Ces temps-ci, j'aime bien travailler avec d'autres personnes. Mais pour My Dark Places, je n'avais rien fait depuis longtemps, et j'avais envie de faire les choses seul... Pour le nouvel album, j'avais un nouveau jouet pour m'amuser. Un synthé qui fait des trucs dingues, je me suis dit que ça pourrait être fun. Je m'ennuie juste avec les guitares. C'est un album drôle, je suis très détaché de ce que je fais en musique. Quand j'étais plus jeune, j'étais excité par tout le truc, faire l'album, la création de la pochette, etc. Maintenant, ce n'est plus comme ça, j'écris une chanson et c'est tout. Je ne veux plus m'investir dans ce qui s'ensuit. Je suppose que ça compte beaucoup dans ce que je fais. Le nouvel album est très joyeux.

Vous aimez énormément les dédicaces (They Could Have Been Bigger Than the Beatles, Lichtenstein paintings, Peter Gabriel song, Eminem song…), beaucoup de peintres aussi...
Dan : Oui oui, des films aussi, mes premières amours sont vraiment la musique, les films et la photographie,

Et quels sont les artistes qui ont changés votre vie ?
Dan : Je ne dirais pas que les artistes ont changés ma vie, je ne crois pas que la peinture par exemple, ait le même pouvoir que la musique, de pouvoir changer les gens. C'est toujours sympa de regarder un tableau, c'est toujours intéressant mais je ne pense pas que l'Art touche les gens comme le fait la musique, ou la poésie. Mais j'aime l'Art, j'aime le pop Art, c'est plein de couleurs. J'aime aussi beaucoup l'Art espagnol, parce que l'Art britannique est juste... typiquement british. Des montagnes... J'aime les artistes fous comme Bacon, mais je n'aime pas Picasso, beaucoup de gens les comparent mais je ne vois pas du tout pourquoi. J'aime l'Art qui fait sourire, qui fait danser. Enfin je préfère sourire de l'Art. Même si je suis un excellent danseur ! Je peux peindre et danser en même temps. Peu de gens savent faire ça.

Et quand sort votre prochain album ?
Dan : Si tout va bien, fin mars/debut avril je pense.

Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
Dan : Je vais vous faire une liste. Une très longue liste.

propos recueillis lors du festival Mo'Fo 2010 par Virginie Polanski. et Akitrash 

Gablé l'interview

gableDans le cadre de la huitième édition du festival indé Mo'Fo' (29, 30, 31 janvier 2010), organisé comme chaque année à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouens), nous avons eu la chance de rencontrer Matthieu, Thomas et Gaëlle, membre d'un groupe pas comme les autres, Gablé. Au cours, de cette entrevue décontractée, à l'image des trois caennais aussi souriants qu'accessibles, nous avons tenté de comprendre le pourquoi du comment de cette musique thérapeutique pour narcoleptiques. Il est question de caisse à outils, d'instantanéité punk et de cruauté infantile. Tout un programme donc.

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Band of Skulls l'interview

band-of-skulls-575
De passage à Paris pour un petit live à la Flèche d'Or et un peu de promo pour leur ravageur premier album Baby Darling Doll Face Honey, le trio mixte de Band of Skulls a accepté de répondre à quelques une de nos questions sur un mode minimal : la One Word Interview. Esseulés par une intense journée, la créative Emma, le chevelu Russel et le rebondi Matt se sont prêtés au jeu, avant de nous livrer un show au taquet, rageur et transpirant, dont voici quelques images.

Virginie Polanski.

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