Charts #2

Holy Strays - Enlightenment (Not Not Fun, juin 2011)

J'en sais long comme le bras sur les procédés de production de notre cher Holy Strays. De sa première tape enregistrée selon des procédés « bricolés » à ses dernières sorties au son de plus en plus travaillé, l'évolution est palpable. La première face du sept pouces me fait penser à une version synthétique d'un Psychic Hills époque Mirror Eye agrémentée par une voix de chaman de RER et ces presets de claviers foncièrement nouveaux romantiques (dans le fond si, si). La face B, bien connue des abonnés au flux RSS de Beko DSL, est plus catchy et devrait retenir l'attention des amateurs de structures rythmiques 4/4.

Holy Strays - Phrenesia

 

Weyes Blood - The Outside Room (Not Not Fun, juin 2011)

Cette musique engendrée par une des multiples filles cachées de Nico a pour avantage d'être plus terre à terre que le bataillon de rêveuses emmené par Grouper et Ekin Fil. Le John Cale dans l'affaire s'appelle The Dark Juices et a (ont ?) le mérite de glacer n'importe quelle grille d'accords pensée par Nathalie Mering. Beaucoup plus « hanté » que le dernier album des Horrors.

Weyes Blood and The Dark Juices - Dream Song

 

 

Aluk Todolo/Der Blutharsch - A Collaboration (WKN, juin 2011)

J'étais bien embêté pour parler du dernier live d'Aluk Todolo au Point Éphémère. Hyper séduit par le rendu et la scénographie, leur musique me semblait avoir évolué notablement. Adieu les grincements claustro à la German Oak et bonjour à un alliage véloce et mutant mêlant cavalcades black métal, riffs sadiques à la Khanate et serment voodoo.
Je voulais m'éviter de parler de psychédélisme, les références sont nombreuses et il vous suffira de lire une interview d'Aluk Todolo pour les retrouver (bon ok, on peut parler de Moolah). Au final, Albin Julius (le leader de Der Blutharsch), caméléon néofolk, se mêle bien à tout ça et va au fond des liens qu'il a tissé avec la « scène » black métal.

Aluk Todolo/Der Blutharsch - A Collaboration 01

 

The Cosmic Dead - Cozmik Tape I (Who Can You Trust Records, avril 2011)

J'imagine très bien ces Ecossais s'emmerder en écoutant la discographie de Bardo Pond ou les derniers Sonic Boom et se dire : « Pourquoi pas nous ? ». Bien joué les gars, c'est sûrement la meilleure décision prise et la plus belle surprise acid rock de ces derniers mois. C'est astral et heavy à la fois (LE riff titanesque de Spice Melange Spectrum creusé dans les médiums), la recette est certes éprouvée mais tellement jouissive.

The Cosmic Dead - Spice Melange Spectrum

 

 

//Tense// - Escape (Mannequin Records, avril 2011)

A-t-on encore besoin de prouver que l'EBM est une musique au groove indéniable ? //Tense// développe l'idée et rend le propos catégorique. La musique du duo de Houston gagne en consistance au fil des sorties. Les débuts abrasifs chez l'ami Jérôme (Desire Records) ne sont pas reniés mais légèrement adaptés au contrôle absolu du corps (Body Conscious). J'ai un peu honte d'avouer que la voix du chanteur me fait beaucoup penser à celle du leader d'un groupe néo-métal (« mouvement » au combien ridicule avec le recul) jadis écouté : Orgy.

//Tense// - Escape

 

 

Philippe Laurent - Hot Bip (Minimal Wave, juin 2011)

Après avoir pleuré toutes les larmes de nos corps en se remémorant le magnificence tronquée du duo lyonnais DEUX, Minimal Wave nous propose de relever la tête et de plonger dans « l'industrieuse » de Hot Bip, pseudo utilisé par Philippe Laurent dans les années 80. En remuant rapidement cette époque-matrice du synthétique, on pourrait dire que Hot Bip est l'équivalent d'un The Actors freak et tourné vers la déconne et le second degré (Rapide 5, Le Temps des Cerises). Le choix du tracklisting et l'objet marquent un sans fautes, une habitude pour ce label.

Philippe Laurent (Hot-Bip) - Désordre et distortion (Version 1)

 

 

Joie Noire - I (Desire Records, 2011)

On m'avait décrit la musique de Blackjoy comme « un truc soulful, un peu chiant ». Force est de constater que son retour sous le pseudo Joie Noire n'est pas du tout de cet acabit. Hyper homogène, croisement subtil entre de grosses nappes d’obédience kraut à la Wolfgang Riechmann et des multitudes de bleeps acid ; il manque peut-être un single évident (nécessaire ?) pour que l'album soit une réussite totale. Dommage qu'aucune retranscription live ne soit prévue.

 

Innergaze - Shadow Disco 12'' (100% Silk, juillet 2011)

Jason Letkiewicz est un de ces mecs qui a nourri (et continue à le faire) de manière obscure les bacs virtuels des magasins en ligne de musique électronique. Très lié au label acid house L.I.E.S et connu sous les pseudos Steve Summers, Maloveaux ou encore RBL, Jason performe toute forme de musique liée à un support analogique. Pas étonnant de le retrouver dans le radar du label Minimal Wave avec son projet synth-wave, Innergaze. En attendant que la sauce monte du côté de Veronica Vasicka, Innergaze s'est fait alpaguer par Amanda Brown, tête pensante de la sous-divison danse décalée de Not Not Fun. Pour l'occasion, Innergaze produit 4 morceaux plus colorés qu'à l'habitude. Croisement entre les rythmiques d'ESG et les synthés spatiaux d'Herman's Rocket, le 12 pouces est porté par les pistes Shadow Disco et What's your body doing tonight.

Innergaze - What's Your Body Doing Tonight (Master)

 

GERD & Elbee Bad - H.O.U.S.E (4lux, juin 2011)

Une réédition d'un titre acid house légendaire de 1994. Le patron Gerd donne une version actualisée à grand coup de tb808 du titre originel. Il convie également Arttu, récent auteur du magnifique EP Fera Diluted, pour un remix homoérotique conservant le vocal d'époque. LE EP à acheter sur Clone.

 

Clams Casino - Rainforest (Triangle, juin 2011)

[ ( beatmaker + sentimentalitéfaceauxélèments ) / formatalbum ]* deuxièmevaguewitchhousepirequelapremière = Clams Casino

 

 

 

Lana Del Rey - 4shared EP (Five points records,  2011)

Je n'ai pas fait l'effort de rechercher sur quel type de support sont sortis ces 4 titres (Diet Mtn Dew, Lolyta, Video Games et You Can Be The Boss). Leur origine est le compte 4shared de Lana. Deux d'entre eux sont magnifiques (les deux du milieu) et donnent l'impression d'entendre une Diana Dors déprimée qui se rattache au semblant de sexualité que dégage sa musique.

Lana Del Rey - Video Games


CVLTS - Theta Distractions

Après LUST, sorti l'année passée via Amdiscs, et Black Hole, Hi Five (lire) paru via Atelier Ciseaux, le duo américain CVLTS - que l'on avait présenté par - remet le couvert avec Theta Distractions (Bear on the Rug, juin 2011), superbe divagation synthétique oscillant entre mélodies ouatées et psychédélisme hypnotique. Gaurav Bashyakarla et Yeshua Thomas ne sont vraiment pas loin d'avoir ouvert en grand la boîte de Pandore de notre inconscient dans les fastes d'une rêverie éminemment opiacée, instantanément addictive. L'artwork est signé Francesco De Gallo du label canadien Hobo Cult (lire). Quand les grands esprits se rencontrent...

1. FLASHLIGHT SOLILOQUY
2. ZOMBIE HOLIDAY
3. WHITE CLUSTER
4. THETA DISTRACTIONS
5. MIRROR FACE
6. PAIN MANAGEMENT
7. CRYSTALLINE REFLECTOR


Keytars and Violins Mixtape

On continue fièrement cette épopée au sein des communautés virtuelles que vous et nous suivons. Je ne vais pas justifier le choix du podcast qui vous est proposé ci-dessous. Vous ne liriez pas ces phrases indigentes poussant à la consommation.
Sachez seulement que Keytars & Violins est un blog de musiques électroniques qui va bientôt fêter ses 5 ans, géré par un garçon très sympathique répondant au prénom de Leighton et qui décrit sa plateforme communautaire comme "un blog avec un mauvais nom". Le site en question a pour principal intérêt d'avoir tenu la distance en donnant à entendre le meilleur de la dance music non fonctionnelle. Playlist fournie sur un plateau.

1. Andi Muller - Comedown (Luke Abbott Remix)
2. Paulo Olarte - Mil Anos
3. Deepchild - Live At Dimitris 1993
4. Matthias Reiling - He's Real
5. DJ Nibc - Hold On (Basic Soul Unit Remix)
6. Arttu aka Lump - Rise Up
7. Tito Fresh - Baby Step
8. Andreas Georgiades - Space Boy
9. Show-B - Time Comes
10. Humandrone - Rude Low
11.Larse - The More I Want
12. Dionne - Back On The Planet
13. Aera - Monte Sacro
14. Marcus Worgull - Long Way
15. Louca - Home (Daso Remix)
16. Herva - Skin
17. Ron Deacon - Sunday Walk
18. James Teej - Don't Appear (Michael J Collins Hacienda Rerub)
19. Seltene Erden - Kvanefjeld
20. Oliver Deutschmann - Gimme Some Love
21. Of Norway - The Bleeding
22. Ex-Pylon - Hammerfest
23. Objekt - CLK Recovery
24. Dexter - Space Booty
25. Braille - The Year 3000
26. Pedrodollar - Ner I Brunnen


Tan Dollar - Cursed

Enregistré par le désormais quatuor Tan Dollar il y a tout juste plus de quinze jours, produit par leur soin et instantanément jeté en pâture et en téléchargement dans les limbes d'internet, Cursed est un EP quatre titres sonnant telle une déclaration d'amour, spontanée et irrévérencieuse, à l'égard du label anglais Sarah Records et de ses fleurons twee pop d'alors, The Field Mice en tête. Encore trop insouciants pour tutoyer l'essentiel, ceux que l'on a récemment interviewés (lire) n'entament pas moins par cette candeur mélodique nos ultimes frissons printaniers. L'été est bel et bien à nos fenêtres.


VIDEOZ #1

Birkwin Jersey - Sixes and Nines

Psychic Dancehall - Long Lost Lover (Maria Minerva Reprise)

CHLLNGR - Ask For

Lana Del Rey - Kinda Outta Luck


Feel My Bicep mixtape

Ce blog londonien est une source continuellement actualisée des meilleurs titres proto-house, disco, techno et funk de la blogosphère. Les descriptions de chaque morceau posté valent à elles seules le détour et renvoient à cette prose anglo-saxonne qu'on croirait faite pour la dance music.

Ces trente minutes de mix ne trahissent pas ce paradigme musical. Playlist non communiquée... Nous avons relevé la présence de titres issus des discographies de Virgo et Azari & III... Toute aide est la bienvenue pour reconstituer le tracklisting.

Mixtape

DL


Charts #1

Massimiliano Pagliara
Focus for Infinity / Live at Robert Johnson – Juin 2011

As the Night Breathes

Le premier LP de Massi sort sur le label du club de Francfort, le Robert Johnson. Rien d'étonnant pour ceux qui ont pris mesure du lieu et de la mythologie qui l'entoure. On y célèbre tous les week-end une musique disco-synthético-bleep-wave, pour faire vite. Tout y est joué en-dessous de 120 BPM, les allers-retours entre edits et compositions originales se troublent et créent un continuum laidback le plus souvent de qualité, parfois soporifique.

Un peu comme l'album de Massimiliano au final. On sent clairement que les préceptes de la house et de la disco se sont gravés sans peine dans la tête de l'Italien et forment désormais une sorte de dépôt dont il est bon de se départir. On appréciera tout particulièrement la présence de guests inattendus (Heidi Diel de Time Life) et le gros clin d'oeil à PIL sur le track In Order Of More Depth... Un peu moins les penchants lounge du milieu de l'album.

Andy Stott
Passed Me By / Modern Love – Mai 2011

Execution

La pochette du nouveau LP d'Andy Stott indique d'entrée que cet album est interrogation, terreur et souffrance. Interrogation certaine sur le premier track subtilement intitulé New Ground. Où est passé l'artiste dub techno relativement anonyme ? Il galope désormais le long de contrées post-dubstep sans fond. C'est relativement chiant jusqu'à la piste 5 (Dark Details), qui initie l'auditeur à un broken beat malmené par des infra-basses sûrement produites par un sakalobo marabouté. Il en va de même pour la piste suivante : techno à bas BPM, salie, souillée par des vocaux fantomatiques et une basse caverneuse. Le final (Passed Me By) te donne envie d'y revenir.

Haus Arafna
New York Rhapsody / Galakthorrö – Juin 2011

Ground Zero

L'industriel en abrégé. Pas besoin d'en dire beaucoup plus, à part qu'en 2011, je crains que les thématiques de la grande musique d'autrefois échouent dans les mains d'un public fatigué d'avoir tourné les pages de l'abécédaire indie. Ça risque d'être moche.

Kindest Lines
Covered in Dust / Wierd Records – Juin 2011

Destructive Paths to Live Happily

J'arrête deux minutes de faire le VRP de Wierd Records. L'album des Kindest Lines m'a été annoncé par le boss du label comme « le calme avant la tempête ». J'attendrai donc la tempête, non pas que l'album ne soit pas de qualité mais les Cure n'ont jamais eu spécialement ma sympathie et passer après Martial Canterel et Staccato du Mal n'est pas la chose la plus évidente.

 

 

Niggas With Guitars
Ethnic frenzy / Digitalis – Mai 2011

EFO

Ce 6 titres offre la possibilité d'être écouté en 3 temps. Le groupe a clairement mis au point la stratégie de l'embourbement auditif alternatif : chaque piste est alternativement à chier (pistes 1, 3 et 5) et cool (pistes 2, 4 et 6). Les pistes cool combinent éléments exotica (Milky White), new age (Ethnic Frenzy) et R'n'B lo-fi (E.F.O) sans qu'aucune logique n'en ressorte. Hypnagogic with guitars.

 

 

Brother Raven
Eagle Vision / Aguirre Records – Octobre 2010

Eagle Vision

S'essayer à créer de l'acid electronica en ayant trop écouté d'ambient, c'est parfois risqué. C'est à peu près ce que doit se dire Brother Raven au moment de reproduire son EP en conditions live. Le pic émotionnel est atteint sur Salamander. Par la suite tout le monde descend.

 

 

The Method Actors
This Is Still It /  Acute – Mars 2010

Bleeding

Cette réédition commence à dater, il est donc grand temps d'en parler. Acute fait un travail remarquable en ranimant des losers post-punk (The Lines) initiateurs de formules bancales (dub-post-punk pour les Lines, no wave-post-punk pour les Method Actors). La pochette est magnifique et laisse entrevoir la signification du titre du LP.

Les 11 premiers titres de l'album font place aux morceaux guidés par le jeu de guitare dépouillé de Vic Varney, la fin de l'album est plus rythmée et indique les méthodes de danse pratiquées à Athens, Georgie au début des années 80.

 

Vatican Shadow
Kneel Before Religious Icons / Hospital Productions – Janvier 2011

Harbingers of Things to Come

Cyniquement dédié (et scénarisé en fonction) aux forces armées embourbées dans un conflit non-identifié quelque part au Moyen-Orient, l'album K7 de Vatican Shadow est le meilleur truc post-industriel que j'aie pu entendre ces derniers mois. Le pari de mixer nappes ambient/néo-classique et rythmiques cyberpunk enregistrées sur un 2 pistes marche à fond. Bravo Dominik Fernow.


Soundscriber mixtape

Ça faisait un petit moment qu'on ne l'avait pas lu et/ou entendu. Cyrille marque son retour sur Hartzine de la plus belle des manières avec ce podcast d'une petite heure. Je vais vous épargner le développement littéraire du « mix qui raconte une histoire ». Sachez néanmoins que tout ça a été savamment pensé et recoupe à peu près tout ce qui motive nos petits corps à se remuer sur des rythmes 4/4 : bleeps, claps, vocals, repeat... (copyright Rob Alves).

Ce mp3 longue durée inaugure une série de podcasts électroniques qu'on espère régulière (on peut déjà dire bonjour aux bloggers de Feel my Bicep). Le teaser s'arrête là - néanmoins tout ça devrait s'accompagner de soirées hartzine en club à la rentrée...

La playlist vous est livrée amicalement : un chart acid house/techno activant toute une série de comportements syndromiques du bien-être.

DL
01. Class B Band - Sillycato
02. Populette - Daddy
03. The Rhythm Odyssey - Desire part 2
04. Acid Jesus - MF 2
05. Locusoluss - Gunship
06. Class B Band - Panfletto
07. Shonky - Crapulerie
08. Supermen Lovers -Take a Chance (Chloé remix)
09. Tape 2 Tape - The Devil Made Me Do It part III
10. Premier Rang - La Ronde
11. Dollar Mambo - Lightness


Paris - A Shifting Drifting World

Paris, pour un nom groupe parisien ça ne pouvait pas mieux coller. Derrière se cachent quatre hommes  :  Michael Theis, Arnaud Roulin ( faisant pari de la formation live de Bo'Tox), Maxime Delpierre (Jane Birkin & Joakim) et Nicolas Ker, leader de Poni Hoax. Ils signent là leur second EP, A Shifting Drifting World. La face A, éponyme, rappelle  la décadence froide de Fad Gadget. La B, quant à elle, nous emmène du côté de Depeche Mode, tirée en ses coins par les épingles à nourrice du punk. Mais on retiendra surtout de cette belle affaire le remix marathonien relevée par le goût psyché-trancey de deux autres Parisiens  exilés à Londres, Ivan Smagghe et Tim Paris (lire), regroupés pour l'occasion sous l'entité It's A Fine Line.

Audio