Patience - White Of An Eye

Si Roxanne Clifford n'est pas Rose McDowall, avec qui elle sera en tournée au Japon cet été, Roxanne Clifford n'est pas une inconnue au bataillon pop : Veronica Falls, ferraillant une pop évasive, un brin consensuelle, et responsable de deux albums sur Slumberland Records, c'était en partie elle, au chant. Et il faut croire que l'exil à du bon pour la (rétro)créativité, puisque c'est en se barrant de son Manchester natal pour la cité des Anges, que l'anglaise décide de remiser sa pédale fuzz au placard et dépoussiérer avec sobriété un clavier titillé selon la veine synth-pop propre aux eighties. Première saillie jouvencelle sous le patronyme de Patience l'année dernière avec le maxi The Pressure, pourtant bien détendu du beat, le temps de formaliser avec l'EP White Of An Eye, prévu pour le 22 septembre sur Night School Records, mais déjà épuisé en pré-commande, son véritable chef d’œuvre, condensant avec spontanéité et candeur toute une époque, des synthés anémiques d'Eli et Jacno aux arcanes mélodiques de New-Order, en squattant également les bravades de Chris and Cosey et notamment l’indémodable October Love Song. De quoi s'offrir un clip en bonne et due forme, telle une égérie lynchienne en salopette blanche.

Vidéo

Tracklisting

Patience - White Of An Eye (Night School Records, 22 septembre 2017)

01. White Of An Eye
02. Blue Sparks


Losange - Atone (PREMIERE)

"Les mecs, j'ai ouvert le livre de la vie". Cette phrase, répétée à satiété un soir de juillet, sur la terrasse d'un balcon parisien, à un moment où le soleil chasse définitivement l'aurore, se détachait en surimpression de divagations électro-cosmiques signées Klaus Schulze. Pas question ici d'en noircir les pages, mais d'en saisir la portée, à la fois ascensionnelle, extatique et gravitationnelle. La même apesanteur ressentie lors de cette nébuleuse embardée avec ces doux rêveurs de Bitchin Bajas (lire). Preuve s'il en est que le voyage n'en est que plus beau, et libre, dénué de balises rythmiques incessantes et finalement implacables. La métronomie suggérée permet l'échappée belle, le pas de côté, la trappe temporelle, l'horizon tangent. Exactement, et j'en viens à mon sujet, ce que Benoit Baudrin et son Losange arrivent à immiscer dans l'entre-lacs de nos silences, instiguant, sur la base d'un minimalisme flanqué de quelques claviers et autres machines, un maximalisme spirituel et crépusculaire, scotché que l'on est dans la contemplation béate de la peinture jaunie de notre plafond. Il y a un peu plus d'un an, Losange déflorait la discographie d'un label, Johnkôôl records, pas tout à fait comme les autres (lire). Le 22 septembre prochain, paraîtra son premier LP dont le premier extrait, Atone, est à découvrir ci-après. Attention aux yeux.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Losange - Quartz (Johnkôôl records, 22 septembre 2017)

01. Atone
02. Minéral
03. Spleen Sidéral
04. Shadow
05. Techno Fleuri
06. Idoles
07. Écu
08. Feu Endormi


On y sera : Heart Of Glass, Heart Of Gold 2017

Les différents reports (lire  ou bien encore ) et autres articles publiés dans nos pages en attestent : entre le HOG HOG et nous, c'est une véritable histoire d'amour qui s'est nouée depuis la première heure. Comment pourrait-il en être autrement, tant les souvenirs de soirées dantesques, de rencontres inoubliables et surtout de fun à tous les étages s'entrechoquent dans nos mémoires. Certes, il semble progressivement que le gigantisme ait vécu et que les amoureux de la chose musicale aiment de plus en plus s'encanailler à nouveau dans des festivals estivaux à taille humaine, ayant tout autant le sens de l'accueil que celui de l'écoute. Mais s'agissant du Heart Of Glass, Heart Of Gold, on parle là du mètre-étalon en la matière : tout d'abord, le cadre est splendide. Un centre de vacances en plein Aveyron réquisitionné pour l'occasion, avec piscine surplombant le lac, mini aquaparc et bungalows ou tentes ecolodge pour loger les festivaliers. Rien que ça. Parce qu'ici, on ne déconne pas avec l'accueil, les conditions sont tout bonnement parfaites, à en faire oublier nos souvenirs de tentes quechua et files d'attentes interminables pour espérer une douche ou un moment d'intimité. Et ça, quand un public se sent chouchouté, ça pose une ambiance.

Ensuite, évidemment, le line up est chaque année parfait, taillé pour faire monter la température à des hauteurs insoupçonnées. Et si les inter-plateaux de la team Hartzine DJ's font partie de la légende, la programmation se suffit amplement à elle-même. Ainsi, cette année, on y croisera les New-Yorkais de Beach Fossils qui, avec leur tout frais nouvel album Somersault, prouvent qu'ils en ont encore sous la pédale et continuent de chatouiller les cimes atteintes avec Clash The Truth (lire).  Le collectif islandais FM Belfast sera aussi dans le coin, histoire de défendre son titre de spécialistes ès electro-ribouldingue en faisant transpirer les popotins grâce à leur électro-pop survitaminée mais jamais stéroïdée. H-Burns tentera, lui, de transporter le public dans les ambiances cinématographiques de son dernier-né Kid We Own The Summer, tandis que les fêlés du casque Poni Hoax rendront justice à leur ambitieux mais inégal Tropical Suite, du moins s'ils ne sont pas eux-mêmes trop aspirés par l'ambiance locale avant de monter sur scène. On citera enfin la présence des merveilleux The Pilotwings, duo "à mi-chemin entre le secret le mieux gardé d'une micro scène house/techno indée et la fierté nationale" (lire) qui devrait sérieusement enfiévrer la piste du club.

On vous épargne le coup du name dropping à rallonge, en vous laissant consulter vous même la programmation intégrale juste ici. Pour acheter vos précieux sésames pendant qu'il en reste, c'est par  que ça se passe. Et enfin, pour toutes les autres infos dont vous pourriez avoir besoin, c'est sur le site du festival, ici-même. Reste plus qu'à vous donner rendez-vous là-bas pour une nouvelle édition qui s'annonce une fois de plus mémorable et qui constitue sans conteste la meilleure façon de prolonger l'été dans la plus pure félicité.

Vidéo

Heart Of Glass, Heart Of Gold 2017
Du jeudi 14 au dimanche 17 septembre
Saint-Amans-Des-Côts, Aveyron
44°40’00″N 2°40’56″E


Jay Watson remixe Le SuperHomard

par Gaël Bouquet

Le SuperHomard, c’est l’histoire d’un projet sorti en 2015 et injustement passé au travers de beaucoup trop de radars. Pas tous, fort heureusement, ce qui nous aura permis entre autres de voir le quintette avignonnais sur scène au festival This Is Not A Love Song à Nîmes au début de l’été. Séance de rattrapage pour les plus tête en l’air d’entre vous.

Vous en seriez presque excusés tant l’ambiance de ce premier mini-album appelle au rêve, carrément iodée pour le tubesque Dry Salt In Our Hair, remixé en juin par Jay Watson, multi-instrumentiste dans Pond, Gum, Tame Impala, etc.

Une pop classe et élaborée qui évoque tantôt les mélodies vaporeuses de Sean O’Hagan (The High Llamas) période Hawaii comme sur Bituminized ou l’émotionnel From My Window. Mais aussi quelque chose de plus Stereolabesque dans la voix sur Mister Corn ou Maple Key. Rayon influences, si certains évoquent des ressemblances avec Jacco Gardner - et l'on se demande encore pourquoi -, on sent chez Le SuperHomard une ambiance psyché sixties avec ce petit quelque chose en plus dans l’efficacité de la ligne de basse, dont on sent qu’elle pourrait à tout moment nous échapper et s’emparer du morceau, un peu à la manière de l’excellent Bertrand Burgalat Meets A.S Dragon.

Alors qu’il se murmure qu'un deuxième album est dans les tuyaux, nous en sommes convaincus, si l'un des projets pop le plus sexy de 2016 était Bon Voyage Organisation, pour nous 2017 devrait être l’année du SuperHomard.

Audio

Tracklist

Le SuperHomard - Maple Key (Mega Dodo, 25 mars 2016)

01. Intro
02. Maple Key
03. On A Sofa
04. Bituminized
05. Dry Salt In Our Hair
06. On A Sofa (Part 2)
07. Mr Corn
08. From My Window


On y sera : Secret Solstice 2017

La team Hartzine avait déjà foulé la terre islandaise il y a de ça une paire d'années pour aller voir le festival Iceland Airwaves et on a décidé d'y retourner, cette fois-ci pour le festival Secret Solstice qui se déroulera du 15 au 18 juin au parc Laugardalur à Reykjavik. Pendant quatre jours et sous la lumière du soleil de minuit se côtoieront à la fois les légendaires Cymande, Chaka Khan ou Kerri Chandler, les artistes confirmés Ab-Soul et Unknown Mortal Orachestra, de même que les jeunes talents passionnants Princess Nokia. La scène locale islandaise sera représentée par une pelletée d'artistes et de groupes, notamment avec le duo rap Cyber ou encore Kiasmos. On vous raconte notre nouvelle aventure islandaise très vite avec un report complet et quelques interviews.

La programmation complète est à regarder , et des pass sont en vente ici !

Secret Solstice 2017
Du jeudi 15 au dimanche 18 juin à 12h
Laugardalur Park, Reykjavik


On y sera : Atlas Electronic 2017

Cet été, la team Hartzine part au soleil pour découvrir la deuxième édition d'Atlas Electronic (event FB) qui aura lieu du 24 au 28 août à Marrakech. Festival boutique prenant place au sein la Villa Janna, un écolodge entièrement construit en terre crue dans le respect de l’environnement et des traditions marocaines en plein cœur de la palmeraie de Marrakech, il accueillera pendant quatre jours musique, art et culture dans ce lieu d'exception, connectant des gens et des disciplines du monde entier.

Au programme, un line-up singulier de musiciens internationaux et locaux, des DJs et des concerts, de l'art et de la délicieuse gastronomie traditionnelle marocaine. De nombreux lives sont prévus, comme ceux d'Ata Kak et des artistes marocains Youssef Chegra ou encore Maalem Houssam Gania, mais aussi un concert unique lors de la soirée d'ouverture, celui de Hieroglyphic Being qui fera équipe avec les musiciens locaux. Aux lives se mêleront une pléthore de DJs et producteurs avec comme poids lourds Floating Points, Ben UFO, le boss de Running Back, Gerd Janson, Shanti Celeste, Khidja ou bien Palmbomen II qui a récemment sorti un très bon 12" sur Beats In Space. De nombreux talents marocains se joindront aussi à la fête tels que Dex Le Maffo, Yasmean ou Driss Bennis. Côté scène hexagonale, on n'est pas en reste, on retrouvera nos chouchous de The Pilotwings ainsi que Jugurtha. Bref, que du beau monde !

Cadre idyllique, programmation pointue, découverte culturelle et délices locaux - vous l’aurez compris, ce week-end de quatre jours au pays de l'Atlas est le meilleur moyen de passer un bon moment et faire le plein de bonnes vibes juste avant la rentrée parisienne. La team Hartzine y sera, et vous ? Retrouvez tous les détails et la programmation complète sur le site du festival.

La programmation complète est à regarder , et des pass sont en vente ici !

Atlas Electronic 2017
Du jeudi 24 au dimanche 27 août à 18h
Villa Janna Ecolodge, Marrakech


Lenparrot - Monday Land (PREMIERE)

Lenparrot, repérage signé de l'incontournable label Atelier Ciseaux, a maintes fois été présenté ici. Bonhomme aux effets de voix haut perchés, Romain Lallement a deux EPs à son actif, Aquoibonism et Naufrage, deux petites pièces de collection à la pop caressante, arrangée pudiquement (toujours par Olivier Deniaud) suivant le cours de quelques notes de synthé égrenées sur des mélodies minimalistes et délicates. À l'image de ce mignon tout plein Monday Land, extrait du futur premier album du musicien nantais, And Then He, à paraître cet automne sur le label Jour après jour après jour, produit par son fidèle collaborateur Julien Gasc, lui-même auteur d'une pop à la sensible complexité, et mixé par Yuksek. Une nouvelle vague d'élégance au format long qui promet de bien délicieux moments.

Audio

https://open.spotify.com/track/0ARPinnN02rf7Zi4Vu0BZM


Niandra Lades - Carvalhal (PREMIERE)

Si Kütu Records fait de la musique cousue main depuis 2006, le quatuor clermontois Niandra Lades fait du rock brodé à la guitare depuis 2013. Et les cordes blaguent pas, tantôt pépères tantôt vénères, mises en avant à l'aide d'un sens de la mélodie aiguisé et d'un chant à la langueur nineties assumée. Carvalhal est le troisième morceau de leur toute proche nouvelle fournée, deuxième du nom, intitulée Night Funeral, et il précipite les cœurs meurtris dans un très beau vague à l'âme, sensible et léger. Un truc cool qui tend les voiles de l'optimisme. Alors on savoure vite cette vidéo avant la sortie de l'album, le 05 mai chez Kütu Records.

Vidéo

Tracklist

Niandra Lades - Night Funeral (Kütu Records, 05 mai 2017)

01. Yukae
02. Night Funeral
03. Carvalhal
04. Am I Ready ?
05. In The Blizzard... You !
06. Crows
07. Uneasy
08. Soldiers
09. Mountain M.


Fantôme Records réédite le premier EP de Hoan

Il y a quelques mois, on vous faisait découvrir Hoan à travers notre interview hebdomadaire Out Of The Blue (lire). Originaires de Montréal, ils sortaient au mois de septembre dernier un premier EP auto-produit, Modern Phase, véritable petit bijou pop à guitares, tout en clair-obscur, aux accents post punk subtils, que s'apprête à rééditer le label canadien Fantôme Records le 28 avril prochain. En guise de teasing et en attendant la date fatidique, le groupe nous dévoile les deux vidéos de Ways To Love et Inside Touch. Save the date & enjoy !

Photo : Richmond Lam

Vidéos

Tracklist

Hoan – Modern Phase (Fantôme Records, 28 avril 2017)

01. Échange Numéro 2
02. Technocrats
03. Ways To Love
04. Modern Phase
05. Inside Touch
06. Turbotime
07. Poise


The Psychotic Monks - Silence Slowly And Madly Shines (PREMIERE)

Au centre des préoccupations des Psychotic Monks, l'expérience psychique. Pourvu qu'elle soit forte, torturée et qu'elle laisse une trace indélébile dans la nôtre. Le quatuor parisien n'a qu'un seul but, en mettre plein la gueule, fort d'une transe ténébreuse et d'un psychédélisme noir soutenu qui puise sa source au plus profond de nous-mêmes. Plutôt qu'un road trip à la cool effectué en sandalettes à bouffer de la poussière sur une piste bordée de cactus, les Psychotic Monks tracent la route d'un grand voyage intérieur à bord de machines puissantes, à plein régime. Leur premier album, Silence Slowly And Madly Shines, éprouve le chaos - et prédit la fin du monde le 21 avril chez Alter K. Le paranoïaque Sink transcende l'album, l'auréole d'électricité. La matière musicale s'apparente ici à du magma en fusion qu'on ingèrerait ipso facto, la cervelle cramée par un nombre de volts qu'on ne serait plus en mesure de quantifier : Wanna Be Damned (Punk Song). On flirte avec la folie, ou plutôt la fascination de la névrose, à travers les dix titres de ce premier album qui lancine, enrage ou exulte. Il faut bien le dire, ce premier effort des Psychotic Monks surprend et embarque vers une conscience sauvage, à ras bord d'une furie sourde (The Bad And The City Solution) qui s'ébroue à la faveur des cordes bien triturées du groupe, pas nécessairement plus bruyantes mais nettement plus intéressantes.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

The Psychotic Monks - Silence Slowly And Madly Shines (Alter K, 21 avril 2017)

01. Part 1 - As A Burning And A Fever
02. It's Gone
03. Wanna Be Damned (Punk Song)
04. Part 2 - Squeak Of Gravels
05. Sink
06. When I Feel
07. Part 3 - Transforming
08. The Bad And The City Solution
09. Part 4 - Those Twisted Things
10. Walk By The Wild Lands


Bootchy Temple - The Flying Woman And Her Secret Pact With The Wind (PREMIERE)

Garde ton carré d'agneau pour plus tard, c'est Howlin' Banana Records qui cuisine ce week-end de Pâques, et régale avec une nouvelle tranche de pop à l'esthétique plus décolorée que tie-dye qui fait onduler la ligne d'horizon west coast qu'elle dessine. Jusqu'à Los Angeles, sinon Bordeaux pour les plus terre-à-terre. Cinq parangons d'un joyeux psychédélisme qui louvoient depuis les sixties jusqu'ici, avec un petit détour eighties griffé Paisley, voici Bootchy Temple, nageant dans un océan d'électricité aux flux et reflux bourrés d'effets décoiffants. The Flying Woman And Her Secret Pact With The Wind est le titre de leur nouveau single et rien que ça, c'est déjà un programme, une épopée à lui tout seul. La fantaisie toute naïve qu'il laisse imaginer est à la hauteur de la tartine de couleurs primaires que la vidéo laisse à voir, l'harmonie de l'enfance à rallonge, Childish Bazar paraîtra le 05 mai, chez Howlin' Banana Records... et Hellzapoppin Records, dernier-né des labels indépendants qui signe avec Bootchy Temple la toute première de ses sorties.

Vidéo

Tracklist

Bootchy Temple - Childish Bazar (Howlin' Banana Records/Hellzapoppin Records, 05 mai 2017)

01. Once In A While
02. Empty Field
03. The Flying Woman And Her Secret Pact With The Wind
04. Space Bubble
05. No One's Face
06. The Boy's Fate
07. Walkin' On
08. Judy
09. A Sad Flower In The Sand
10. Shake Shake Shake
11. Hear
12. Down River


Volage - Spleen

par Gaël Bouquet

Sur le redoux printanier du mois d’avril plane un spleen automnal avec ce nouveau deux titres de Volage, paru en une édition limitée à cent exemplaires chez Howlin’ Banana Records. Sur le morceau titre de ce single mélancolique, la voix de Nathan Roche (Le Villejuif Underground, Camperdown & Out, etc.) traîne comme les feuilles mortes qui s’entasseraient dans la cour d’une vieille maison de vacances.

Face B, Don’t Get Closer, dont le cliquetis lointain qui résonne dans le mix évoque celui d’une horloge, rappelle par sa ligne de basse lancinante Timber Timbre époque Hot Dreams. Du moins jusqu’à ce que l’overdrive ne s’empare de la guitare le temps d’un refrain fuzzy à souhait.

À une période où les jardins sont en fleurs, Volage fait faner les siennes sur sa pochette façon nature morte avec cette photo signée Paul Rannaud lui-même. Réminiscence d’un side project chanté en Français paru en 2015 sur La Souterraine ? Après le très beau Coffee Dreamer, six titres acoustique sorti il y a à peine plus d’un an, Volage nous livre ici un single à la langueur presque adolescente, aux riffs à la fois simples et justement dosés.

Audio

Tracklist

Volage - Spleen (Howlin' Banana Records, 14 avril 2017)

01. Spleen ft. Nathan Roche
02. Don’t Get Closer


Alpine Decline - Dawn Evacuation by Helicopter (PREMIERE)

Dawn Education by Helicopter est un morceau tiré des sessions réalisées l'hiver dernier à Taipei, qui se sont transformées en ce qui sera notre prochain album Action Moves Away from the Center. Contrairement à nos autres albums, on a choisi de n'utiliser ni batterie ni guitares sur celui-ci, il a été produit entièrement à partir de synthés modulaires. Le disque devrait sortir fin 2017. Pour ceux qui préfèrent les guitares et la batterie, nous enregistrons à Pékin la suite de Life's A Gasp, ça s'annonce vraiment bien.

Écoute exclusive


Sonic Protest 2017 : Cantenac Dagar

Stéphane Barascud au banjo, Aymeric Hainaux au human beatbox et bidouillages cassettes sont à l’origine de l'hypnagogique projet Cantenac Dagar, mystérieux binôme qui pratique une transe au banjo paludique façon délivrance en extase ; leurs invocations entraînent l’auditeur dans des boucles jouées live aux furies cataleptiques.

Le duo possède une riche discographie mariant CD, K7 et vinyles, parue sur le tout aussi énigmatique label toulousain Isola Records. Plus assagi mais tout aussi envoûtant, leur dernier effort, Stilletone, évoque une expédition façon Popol Vuh pour un Aguirre saturé. Les deux illuminés seront d’ailleurs, à partir de ce jeudi, en route pour une tournée épique qui débutera à Lyon, passera par Moscou en juillet et qui s'achèvera le 23 septembre à Liverpool. On aura le grand plaisir de les retrouver samedi, à la Marbrerie, à l’occasion de l’excellent festival Sonic Protest en compagnie méphistophélique puisque programmés avec Wolf Eyes et Scorpion Violente.

Vous pouvez retrouver toutes les informations liées à la soirée sur l'event FB.

Vidéos

https://www.youtube.com/watch?v=3MxX69C2ftU

https://www.youtube.com/watch?v=OkZ6fk_YCVA


Bye Bye Ocean l'interview des trois ans

Bye Bye Ocean est dans doute l'un des collectifs qui a permis à la nuit parisienne de s'émanciper et de s'hybrider toujours plus. Pour le troisième anniversaire de ce crew maintenant historique et toujours aussi dynamique, on a fait une petite interview avec eux.

Comment ça a commencé, cette aventure collective ?

Tout a commencé il y a trois ans. À l'époque, il y avait une grande différence entre les soirées qui étaient proposées et ce qu’on écoutait réellement avec Camille - Thomas nous a rejoint plus tard. C'était en 2014, l’éclectisme musical en club à Paris était plus réduit et l'on a eu envie de proposer quelque chose de différent.

Pourquoi Bye Bye Ocean et pourquoi cette musique ?

Le nom nous est venu comme ça, c’est un mélange d'idées. On s’est dit qu'il était bien figuratif et offrait une image intéressante, assez apocalyptique qui pouvait inspirer les artistes avec lesquels on voulait collaborer. Musicalement, on a toujours agi en fonction de nos goûts du moment et si l'on devait mettre un terme aujourd’hui sur ceux du moment, ça serait la musique club expérimentale, sans style proprement défini.

Il y a une constellation qui s'est créée au fil du temps avec Stock71 et Permalnk, ce sont les mêmes protagonistes dans tous les projets ?

Il y a des affinités mais les entités et projets sont tous bien distincts. Les protagonistes ne sont pas exactement les mêmes et les envies sont différentes. Tous ces projets fonctionnent de manière très personnelle, la base commune étant de ne pas se fixer de limite.

Est-ce qu'avec vos soirées et celles, disons des copains, je pense à I've Seen The Future par exemple, Paris a fini par devenir plus émancipé ? Plus monstrueux ?

Grave, c’est un mouvement collectif, les soirées sont de plus en plus variées, une nouvelle forme de fête à vu le jour depuis quelques années. Évidemment, gros respect pour les copains d’I've Seen The Future et leur programmation de malade, big up aux Parkingstones également, qui révolutionnent la nuit parisienne en mélangeant live, performance et gros son club. Il y a aussi les soirées de Betty et Teki qui jouent leur rôle dans le fait de ramener toujours plus d’artistes d’horizons différents. Il fait bon sortir à Paris ces temps-ci.

On aime assez parler de musique monstrueuse pour parler de la musique que vous défendez, ça vous quoi, cette idée de monstre ?

On parlerait peut-être plutôt d’hybridation, un mélange de style, une expérimentation. Ou alors peut être pas un monstre mais un alien.

Votre programmation est assez impressionnante, Lotic, Rabit, Angel Ho, M.E.S.H., nunu, Celestial Trax, etc., comment cela se passe de votre côté, ces programmations, ces envies ?

Ça marche au coup de cœur, c'est assez personnel finalement. C'est avant tout l'envie d'inviter des artistes peu connus qui sont très rarement invités en France alors qu’ils tournent davantage à l’étranger. Nos line-ups sont toujours des cadeaux qu’on se fait à nous-mêmes et nous pensons arriver à transmettre le plaisir que cela nous fait à notre public.

Qu'est-ce que ça fait, d'avoir trois ans et de les fêter avec M.E.S.H., qui est sans doute un des types les plus brillants de sa génération ?

C’est un peu fou, on ne savait pas où cela allait nous mener, on n'a jamais eu de prétentions particulières mais on est très fiers et très heureux de fêter ça avec la famille samedi. Beaucoup de rencontres incroyables. Ça va être particulièrement intense, avec le grand manitou M.E.S.H. qui a marqué sa première venue et qui nous soutient tout particulièrement depuis.

Vous envisagez des évolutions pour la Bye Bye Ocean, qui est maintenant devenue une institution des nuits à Paris ? C'est quoi, le futur de Bye Bye Ocean ? Toujours autant d'envie et de sueur?

On ne pense pas à changer de lieu, la Java fait partie des symboles de cette soirée. Toujours autant envie de sueur, oui, pour un petit bout de temps encore. Pourquoi pas quelques ouvertures, un peu de footwork ? Un peu de live ? Un peu plus d’accessoires et de déco pendant les soirées comme pour ce troisième anniversaire...

Merci Bye Bye Ocean, longue vie !