Sonic Protest 2017 : Golden Oriole

The Approaching Of The Disco Void. Cela cerne plutôt pas mal l’ambiance absolument cheloue que peut réfléchir Golden Oriole. Une espèce de funk étirée et concassée, étendue puis broyée, quelque chose d’à la fois parfaitement élastique et relâchée mais également contrit, puissamment tendu. Cette musique agit sur deux niveaux bien distincts : l’inoxydable mécanique appuyée par un batteur absolument fantastique, monstre métronomique et suprême imprimant une dynamique de fer et un groove de démon, tout en laissant soin au guitariste d’évider toute la substance d’une telle rythmique en injectant à la place ces riffs malléables, incertains, une blanche et froide ambiance. La musique de Golden Oriole agit comme un flash puissamment aveuglant, une source vive d’une lumière absorbant toute espèce de volonté, de pensée, de réflexion.

Les deux Norvégiens – et comme la plupart de leurs compatriotes œuvrant dans la même scène, comme Noxagt ou Ultralyd -  ont cette façon de construire leur musique sur une base extrêmement cérébrale avec le paradoxal effet d’amener ces tranches de son à quelque chose de pure, d’ultime, d’une totale simplicité où l’on se perd, où l’on s’échappe, où chaque seconde implique le rapprochement inévitable d’un ultime dénouement, quelque chose d’imparable, de magnifique, comme si l’esprit ne se détournait jamais d’un point, d’un objectif, d’un but. C’est particulièrement probant sur The Pyrite Wink, deuxième morceau mis à disposition par le groupe avant la sortie d’un album courant mars : le titre file droit, ne laisse jamais place au doute et accélère durement pour finir par s’empaler sur un final proprement hallucinant.

Golden Oriole est en fait une prolongation de Staer, moins le bassiste – on reste stylistiquement dans la même base de données, et même si Staer se faisait beaucoup plus métallique, violent et clinique, le duo reste toujours redoutable et impressionnant sur scène – et ils seront à l’affiche du festival Sonic Protest courant mars avec, encore plus que d’habitude, un line up galopant allègrement sur la monture du démentiel, jaugez plutôt : Nurse With Wound, This Is Not His Heat, Flying Luttenbachers, Wolf Eyes et beaucoup d’autres... et donc Golden Oriole, pour une superbe soirée le vendredi 24 mars à la Marbrerie avec les Suisses de La Tène et Orgue Agnès – soit la réunion d’El-g, Ernest Bergez de Sourdure et Clément Vercelletto, qui forme notamment Kaumwald avec Bergez.

Vous pouvez retrouver toutes les informations liées au festival sur leur site.


Hylé Tapes sort une compile 100% féminine (et non-binaire)

par Nastasia Hadjadji

La dernière sortie Hylé Tapes est un évènement à plusieurs titres : trois cassettes, un fanzine, trente-quatre artistes rassemblées, plus de six nationalités et surtout un parti-pris fort, ne rassembler que des artistes féminines et/ou non-binaires. Self-Identified Non-Male Artists Making Experimental Electronic Music fait partie de ces objets politiques et sonores singuliers qui ne sont que trop rares dans le paysage musical français. Les trois cassettes de cette compilation donnent à entendre l’immense diversité des productions sonores rangées sous l’étiquette « musique électronique expérimentale » : de l’ambient poétique, en passant par les expérimentations drone et post-industrielles, cette compilation explore ce spectre musical dans toute sa largeur.

En ne réunissant que des artistes femmes (ou female-identified), cette compilation se fait l’écho de voix et de propositions sonores trop souvent inaudibles, ou absentes des programmations. Parce qu’en 2017 la question de la représentation des femmes et des minorités de genre - dans l’ensemble de la société tout comme dans le champ de la musique et de la culture - demeure un enjeu crucial, cette compilation est une initiative importante. Importante parce qu’en réunissant ces trente-quatre artistes, elle permet la mise en réseau et le partage d’expériences ; importante ensuite parce que ces trente-quatre artistes sont autant de figures sources d’inspiration pour de potentielles futures musiciennes ; importante enfin parce que l’initiative est portée par un label indépendant, et qu’il est fondamental que les marges s’emparent de cet enjeu si déterminant.

La compilation sort en édition limitée à cinquante exemplaires (K7) et s’écoute ci-dessous :

Audio

V.A. - Self-Identified Non-Male Artists Making Experimental Electronic Music (Hylé Tapes, 17 février 2017)


Anna - May (PREMIERE)

En vrai, Anna s'appelle Martin. Martin Vidy, frérot de l’un des quatre de Volage, groupe qui, l’on s’en souvient, avait si bien remué les âmes sensibles avec Coffee Dreamer, maxi qui s’était permis de remballer en beauté le bruit et fureur de leurs compositions précédentes. Un pied dedans un pied dehors, Anna s’emploie à conserver ce savoir-faire artisanal qui fait les belles heures de la sphère lo-fi tourangelle en y distillant néanmoins deux trois épis pleins de rêve bricolés avec naïveté et force rugosités expérimentales. Et c’est chouette comme tout. Rose comme le visuel de Maria Middtun qui illustre l’album, May décolle les mélodies sucrées (Twin) d’un emballage pop qui pique un peu quand même (Depression Medication Against God's Mom Issues). Anna, psycho cop option porno (cf. SoundCloud), s’ouvre à une psychédélie un rien fantastique où les effets de distorsion s’appliquent à faire de la voix un outil à sottises, on pense par exemple à Connan Mockasin sur Legacy, les cordes restent plus premier degré. Mais à peine, selon le quart d’heure de folie de The Blue Noise. Enregistrement home made hasardeux sur cassette, May est bientôt disponible. Rendez-vous le 10 février chez Howlin’ Banana Records et Un Je Ne Sais Quoi.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Anna - May (Howlin' Banana Records / Un Je Ne Sais Quoi, 10 février 2017)

01. Pavement
02. The Blue Noise
03. Legacy
04. Twin
05. Christmas Song
06. Depression Medication Against God's Mom Issues
07. I'm From May
08. Criticism
09. Ultra Pop
10. Friends


Bad News From Cosmos - Dear Sarah / Vacuum Times (PREMIERE)

L'underground odessite a un nouvel allié en cet ambassadeur de marque que constitue le duo Bad News From Cosmos qui, contrairement à l'adage, apporte plutôt la bonne nouvelle venue d'un studio à l'air confiné qu'on imagine implanté six pieds sous terre, les connexions électriques un peu aléatoires : la sortie très prochaine de Minn Sjó, troisième album à paraître le 29 novembre sous la houlette d'Anywave, label à l'oreille affutée et visionnaire. Enregistré en quelques jours seulement, il se veut plus du côté de l'improvisation que de l'expérimentation, prenant le contre-pied de leurs précédents disques, armé d'une instinctivité qui fait ici montre d'un sensibilité exacerbée, ça calme son monde et fait un bien fou. Les lignes sont subtiles, aériennes pour ne pas écrire cosmiques, la voix éthérée d'Iryna Bodnar se prête au jeu d'une narration émotive et délicate quand les ambiances musicales d'Andrii Hrachov décodent une hétérogénéité féconde, toujours empreintes d'une matière gracieuse mais surtout vibrante. Démonstration avec ce premier extrait, Dear Sarah / Vacuum Times, titre d'ouverture avec plus d'un atout charme dans ses filets mélodiques.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Bad News From Cosmos - Minn Sjó (Anywave, 29 novembre 2016)

01. Dear Sarah / Vacuum Times
02. Losers
03. Kosmadomamama
04. One Hundred Twenty Stars
05. Tsunami
06. Someday
07. Awesome
08. Hollow Twilight
09. Human Ways
10. Dark Wing
11. Remember / Not To Wake Up


Johnny Mafia - Kim Deal (PREMIERE)

Fuzz qui peut, les riffs agités et impatients des guitares tricolores de Johnny Mafia débarquent et vont faire tressauter plus d'un adepte des sacro-saints Ty Segall et Thee Oh Sees. Comme nombre de groupes version française qui n'ont pas choisi la voie glacée et synthétisée des eighties comme expression à leurs aspirations artistiques, c'est plutôt du côté du garage et du rock enragé nineties que les quatre mafieux de Sens ont décidé de prendre la pose avec ce titre qui répond à la structure élémentaire du vite et fort et à l'énergie déridante. Zéro embrouille avec Johnny, ils sortent le 21 octobre Michel-Michel Michel, clin d'oeil à l'ami François Damiens, avec cet extrait intitulé Kim Deal, qu'ils expliquent avoir composé après avoir écouté les Pixies et maté des lives des Breeders. Logique et efficacité redoutables.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Johnny Mafia - Michel-Michel Michel (21 octobre 2016)

01. Sleeping
02. Bad Michel
03. Scarycrow VI
04. Black Shoes
05. Sometimes 666
06. Smell
07. Kim Deal
08. One Two One Two


Potions - Throbbing Youth (PREMIERE)

Rechercher l'espace à travers les machines, c'est la formule toute trouvée de Potions qui, sans crier gare, a sorti chez 100% Silk une sacrée bonne rasade de cyber dance. Sorte d'Alice In Wonderland au pleine Manufacturing Belt, Tom Owens n'était ni en retard ni à l'heure quand il a décidé de partir à l'aventure armé de son Roland mais une chose est sûre, les fioles englouties comprenaient une sale dose d'acide. On ne sait toujours pas ce qu'il a bu pour en arriver là mais les mixtures de Potions configurent des structures carrées, cuboïdes si l'on s'en réfère à l'album Pushing The Cuboid d'où est tirée cette vidéo de Throbbing Youth, qui ont l'art et la manière d'instiguer un petit cataclysme disco syncopé et impactant. Pulsations et saccades bien senties sont administrées sur ses nappes ambiant et chaudes, d'où point également le synthé funky de Rob Frye qui s'invite (et fait bien) sur Goof Forward, titre au groove acéré et extatique. Les textures intergalactiques de Tom Owens, enregistrées sur un simple Tascam DR-40, réalisent un sans-faute à l'éclat scintillant, qui fera trouver sans aucun doute l'espace de danser sur ces machines.

Directed and edited by Jillian Musielak with animations by Sarah Mosk

Vidéo (PREMIERE)

Tracklist

Potions - Pushing The Cuboid (100% Silk, 18 mars 2016)

01. Cool Ride
02. Heel Lift
03. Rope Burn
04. Throbbing Youth
05. Goof Forward
06. Fog Clearing
07. Detroit Heart Strings
08. Space Mountain


Virginia Wing - Forward Constant Motion

Auteur d’un premier essai remarqué il y a deux ans, le plus que convaincant Mesures Of Joy, Virginia Wing, trio (devenu duo) de Birmingham, revient aux affaires en cette rentrée musicale avec l’annonce de la sortie d’un second album, Forward Constant Motion à paraître chez Fire Records le 11 novembre prochain. Succédant à Rhonda,  étonnant EP dévoilé à l’occasion du Record Store Day qui avait poussé un peu plus loin les aspirations expérimentales de ces jeunes musiciens avec cependant le souci constant de ne jamais perdre de vue leur essence mélodique, base indispensable à tout créateur d’orfèvrerie pop, la livraison à venir démontre le souhait du groupe de sortir encore un peu plus des sentiers battus.

Si l’influence de Broadcast est toujours présente, les élans dream pop d'Alice Merida Richards et Sam Pillay, qui pourraient presque par moment leur donner le statut de Fear Of Men à mouvance électronique, sont alimentés par une volonté constante de repousser les limites de la simplicité afin de donner plus de profondeur au propos. Le fantôme de Laurie Anderson vient d’ailleurs bien souvent brouiller les cartes, comme sur cet entrainant ESP Offline, morceau dévoilé en exclusivité sur hartzine.

Voici qui démontre une fois de plus l’éclectisme et le bon goût caractérisant Fire Records, label décidément phare en matière de (re)découvertes.

Audio

Virginia Wing - ESP Offline

Tracklist

Virginia Wing- Forward Constant Motion (11 novembre 2016, Fire Records)
01 Lily of Youth
02 ESP Offline
03 Mecca Cola
04 Grapefruit
05 Miserable World
06 Andalucia
07 Sonia & Claudette
08 Local Loop
09 Be Contained
10 Permaboss
11 Hammer A Nail
12 Move On
13 Baton
14 Future Body


Ritual Howls - Spirit Murder (PREMIERE)

Un travelling avant, lent, effectué à la faible lueur des réverbères survivants qui bordent les rues désertes et décharnées de Détroit, Motor City plus magnétique que jamais. Enfin, ce qu'il en reste. La nature y a repris ses droits et étoffe de ses excroissances parasites humides et obscures les décombres de l'envers de ce décor cruel qu'on appelle toujours rêve américain. Maisons abandonnées et friches se succèdent, laissent place au vide, amplifient le silence et offrent la résonance la plus troublante et intense à qui veut bien l'entendre. Au milieu de ce fatras métallique qui s'exhibe entre nature et culture, et redéfinit les lignes d'un nouvel urbanisme, se tiennent les trois silhouettes floues de Ritual Howls. Imperturbables, plus conducteurs d'électricité que voleurs de cuivre, ils reconstituent à chaque album les pièces délabrées de la traversée d'un désert de ruines industrielles sur un mode conquérant. Into The Water sort le 19 août via Felte et cet extrait, Spirit Murder, se boit comme du petit sang et s'écoute comme un assaut belliqueux vécu en sourdine, combiné à un état d'angoisse fataliste sinon d'oppression qui creuse le sillon habité de la voix profonde et fantomatique de Paul Bancell. Bref, c'est-à-dire qu'on est toujours aussi fans.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Ritual Howls - Into The Water (Felte, 19 août 2016)

01. Scatter The Scars
02. Nervous Hands
03. Bound By Light
04. Coils And Magnets
05. God Swamp
06. Park Around The Corner
07. A Thoughtful Beast
08. Spirit Murder
09. Going Upstate


Mary Lattimore & Jeff Zeigler - Music Inspired by Philippe Garrel’s Le Révélateur

La force du langage tient parfois à son absence, à sa distanciation d'avec l’ouvrage sonore pour  dérouiller les mécanismes du discours induit, de l’image-mot. Tourné en 1968 entre bouleversements sociaux et éveil du mouvement cinématographique Zanzibar, Le Révélateur de Philippe Garrel est une enfilade de séquences interminables et totalement muettes où la rythmique n’est marquée que par l’itinérance et la répétition. Ce silence n’est pas un oubli, il appuie le sentiment d’isolement et de désespoir qui parcourt de bout en bout ce récit d’une famille dans la tourmente, perdue dans des paysages allemands au symbolisme onirique, pourchassée dans les jeux de lumière sous et surexposée de Michel Fournier. Long, morne, écrasant, le silence est le quatrième acteur du psychodrame, témoin muet et omniprésent des meurtrissures d’un couple sclérosé par sa parentalité. Du moins il l'était.

© Sarah Cooper
© Sarah Cooper

Presque 50 ans plus tard et avec l’accord du réalisateur, Mary Lattimore et Jeff Zeigler — tous deux connus pour avoir collaboré entre autres avec Kurt Vile  — décident de rompre cette insonorité contemplative et absorbante comme une inversion de la gravité, pour développer une nouvelle mesure du rythme qui, si elle brûle une partie de la noirceur originale de l’œuvre expérimentale de Garrel, en accentue aussi l’expressivité, en particulier dans ses paraboles oniriques. Le dialogue gênant avec le silence n’existe plus, il est remplacé par les discrètes envolées de harpe de Lattimore frappant la trajectoire des touches pianotées par Zeigler. Éparpillées dans l’espace et offrant à la fois une couleur au noir et blanc initial et une profondeur aux travellings lugubres, les gammes atmosphériques arrondies d’accords ponctuels au Melodica habillent le film d’une orchestration aussi poétique que la narration, étroitement associée à l’action, mais qui peut se lire aussi indépendamment tant la qualité cinématographique est inhérente au projet.

Teaser

Mary Lattimore & Jeff Zeigler - Music Inspired by Philippe Garrel’s Le Révélateur (Thrill Jockey, 22 juillet 2016)


Drug Train - All My Friends (PREMIERE)

Ce n'est pas si évident que cela pour tout le monde, mais l'été est bel et bien là, prompt on l'espère à apporter son lot de doucereux détachements à l'ombre de nos doigts de pieds en éventail. Une période propice aussi pour le mélomane pour renâcler l'ensemble des disques accumulés compulsivement le reste de l'année, histoire d'en extirper ce substrat magique qui rompra la monotonie crue dédiée à la bande FM. Et s'il s'agit de préparer un petit paquetage de survie en milieu hostile pour lézarder l'âme en fleur durant la période estivale qui s'ouvre, il apparaît plus que primordial de s’octroyer la dernière livraison de Drug Train. Les Canadiens inoculent, avec le single All My Friends extrait du LP Petite Nature à paraître physiquement à l'automne sur le Brestois Beko Disques, tout ce que le quidam est en droit d'attendre de tendresse vertigineuse et de mélancolie ouatée. La voix délicate de la montréalaise, à la confluence de standards twee pop et des ondines propres à Memoryhouse, arrache l'adhésion dès la première écoute, la mise en images signée Julie Rainville médusant quant à elle le regard par sa fixité.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Drug Train - All My Friends EP (Beko disque, 2016)

01. All my Friends
02. All my Friends (Acquaintances mix)


House Of Wolves - Love Is A War

Au détour de deux albums aussi indispensables qu'atypiques dans le paysage musical actuel, Rey Villalobos, officiant sous l'appellation d'House Of Wolves, a su rendre ses lettres de noblesse au Folk empreint d'une extrême délicatesse et reprendre les choses là ou Elliott Smith les avaient si tristement laissées à l'orée de ce millénaire. Si son premier essai, Fold In The Wind, avait posé les bases de ce retour aux sources (lire ici), Daughter Of The Sea (lire ici), l'année dernière, avait dépassé nos plus folles espérances plongeant toute âme prête à se perdre dans ces compositions d'une  bouleversante authenticité et d'une rare pureté dans un état de douce béatitude.

L'annonce d'un nouvel album du Californien dont la sortie est prévue le 16 septembre prochain sur le label français Discolexique doit donc d'ores et déjà être considéré comme un événement majeur de cette année musicale, espérant que cette parution n'aura d'intimiste que la beauté des pépites qu'assurément elle contiendra. Pour vaincre cette attente déjà trop longue, Rey Villalobos nous gratifie d'une nouvelle composition, Love Is A War, hommage à son grand père ayant combattu durant la seconde guerre mondiale, qui apparaitra en bonus track sur l'édition vinyle de ce prochain essai à paraître. Une orchestration un peu plus poussée ne délaissant cependant nullement la fragilité et l'intensité émanant des compositions de ce songwriter hors-pair laisse présager de bien belles découvertes à venir. Pas encore les vacances, déjà vivement la rentrée !

Vidéo

House Of Wolves - Love Is A War
Vidéo par Tyler T. Williams


Liberation - S/T (FULL STREAM PREMIERE)

"C'est bien simple, en Australie, ce mec est une légende". Le mot d'Alex Poveda, moitié d'All Night Wrong et tête pensante et agissante du label Svn Sns Records, en dit long, lui qui partagera l'affiche le 23 juin prochain dans l'antre de l'Espace B (Event FB) avec la gracile Carla Dal Forno (lire) et donc David West chantre d'un nouveau projet solitaire : Liberation. Une légende qui emmagasine les projets solitaires mais qui a également co-fondé le monument Rat Columns, l'incontournable trio post-punk Rank/Xerox, en plus de ses participations aux géniaux Lace Curtain, Burning Sensation, Total Control ou Whalehammer. Tu parles d'un CV. A mille lieu de rabâcher ses partitions, David West utilise Liberation au pied de la lettre de ce nouveau patronyme discographique, avec la ferme volonté d'en extirper la puissance cathartique vis à vis de sa propre inspiration. L'homme s'est donc débarrassé le temps d'un album de ses guitares, ne s'entourant que de machines pour bâtir sa nouvelle cathédrale à la nef résolument pop et au choeur intensément romantique. Un véritable puit de lumière inonde en clair-obscur les délicates formes que prend ce premier album éponyme qui verra le jour le 11 juin prochain via le Night School Records de Michael Kasparis (lire). Essentiellement écrit et composé à Melbourne dans sa maison, le disque, à écouter ci-après en intégralité, se déguste avec le même émerveillement que si l'on avait découvert un Frank Tovey délaissant son Fad Gadget non pour de la country fadasse mais pour cette sorte de musique dansante pour adultes mélancoliques. Chef d'oeuvre.

Audio (FULL STREAM PREMIERE)

Vidéo

Tournée

June 3rd - Dublin, Tenterhooks (IRE) +
June 4th - Aberdeen, The Tunnels (UK) +
June 7th - London, Bethnal Green Working Men's Club (UK)
June 8th - Glasgow, Stereo (UK) +
June 9th - Manchester, Gullivers (UK) +
June 11th - DIYSpace For London, (UK) ^
June 12th - Hope and Ruin, Brighton (UK) ^
June 13th - Undertone, Cardiff (UK) ^
June 17th - Aarhus, Denmark (DK) *
June 21st - De Gym, Groningen (NL) *
June 23rd - Espace B, Paris (FR) *
June 25th - West Germany, Berlin (DE) *

* with Carla Dal Forno (Blackest Ever Black)
+ with Apostille (Night School)
^ with CC Dust (Perennial, Night School)

Tracklisting

Liberation - S/T (Night-School Records, 11 juin 2016)

01. You Do The Rest
02. Looking For A Lover
03. Move Me
04. Forget
05. Distant Song
06. Demonstrate
07. Whatever You Want
08. Cold And Blue
09. Leaves Falling
10. Flight Number

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Jesse Osborne-Lanthier & Grischa Lichtenberger - CSLM

Conversations Sur Lettres Mortes est un projet né en 2014, alors que les festivals d’arts numériques canadiens MUTEK et Elektra investissent le musée d’art contemporain de Montréal. Jesse Osborne-Lanthier — qu’on connaît pour son projet Noir (lire) et son association avec Bernardino Femminielli (lire) — et Grischa Lichtenberger — artiste et musicien électronique berlinois référencé chez raster-noton — se rejoignent alors autour d’une performance qui vient d’être traduite au format EP, à paraître le 9 juin prochain sur Cosmo Rhythmatic.

Dans CSLM, Osborne-Lanthier et Lichtenberger évitent la facilité du glitch trainant et filtré pour isoler jusqu’au minimalisme des micro secondes de signaux émis par des écrans cathodiques et des magnétoscopes. En arrière-plan résonnent à l’occasion quelques aigus évanescents qui atteignent rarement la stridence, à peine assez pour égratigner le tympan et assumer le parti pris bruitiste récurrent à ce genre de travaux depuis Throbbing Gristle. Aspirée par un fondement éminemment techno travaillé avec une minutie d’horloger suisse, la rugosité indus se tâte dans la matière, les bourdonnements ronflants, les craquements électriques, les frottements magnétiques.

Les six titres, complétés de remixes par rien moins que Low Jack, Gábor Lázár et Rabit, se présentent synthétiquement comme une succession méticuleuse et diverse d’extraits subliminaux, dans un rapport très imagé à la transmission inconsciente de l’information, rendue possible par la rapidité du médium et notre rapport fétichiste à l’objet télévisuel, placé des décennies durant au cœur du foyer contemporain.

Trailer

Tracklist

Jesse Osborne-Lanthier & Grischa Lichtenberger - CSLM (9 juin, Cosmo Rhythmatic)
A1 CRT Creeper
A2 House / Magma
A3 Comcast
A4 Good Morning America
A5 4% (Maurice)
A6 Primetime
B1 CRT Creeper (Low Jack Remix)
B2 Good Morning America (Gábor Lázár Remix)
B3 4% (Rabit Remix)


Psychic Ills - Inner Journey Out (PREMIERE)

C’est d’une logique implacable. Psychic Ills, auteurs depuis toujours d’un rock distendu au possible, format paysage et filtre spécial grands espaces américains activé, aura fait patienter trois longues années avant de sortir le successeur de One Track Mind (lire). Il n’y a pas à dire, chez les New-Yorkais de la précieuse écurie Sacred Bones, on prend le temps. Inner Journey Out sort le 03 juin et le titre ne laisse planer aucun doute sur l’orientation de cette nouvelle livraison : l’exaltation au long cours dans toute sa splendeur, perchée haut évidemment. Le voyage intérieur de l’anti-excité du bulbe Tres Warren et d’Elizabeth Hart, bassiste attitrée, commence avec un joli casting : Hope Sandoval en action sur le single I Don’t Mind, d’humeur americana, Brent Cordero, le clavier de tournée sorti du bus pour enregistrer avec eux en studio, le batteur d’Endless Boogie, Harry Druzd, et Derek James de The Entrance Band. Entre autres. Un petit monde qui fleure bon la poussière, entouré d’un halo faiblard à l’environnement vaporeux avec, en toile de fond, cette chaleur éditrice de mirages au potentiel lysergique certain. La vie sur la route, envol plané à une vitesse de croisière pépère, les fenêtres baissées, les boots à l’air libre.
Psychic Ills sera en concert le 18 juin à Paris dans le cadre du Paris International Festival Of Psychedelic Music et le 12 août à La Route du Rock, à Saint-Malo.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Psychic Ills - Inner Journey Out (Sacred Bones, 03 juin 2016)

01. Back to You
02. Another Change
03. I Don't Mind (feat. Hope Sandoval)
04. Mixed Up Mind
05. All Alone
06. New Mantra
07. Coca-Cola Blues
08. Baby
09. Music in My Head
10. No Worry
11. Hazel Green
12. Confusion (I'm Alright)
13. Ra Wah Wah
14. Fade Me Out


Murcof / Wagner - EP.01

L’interprétation est un exercice périlleux. En traduisant une œuvre avec son doigté, sa personnalité, et jusqu’à son pouls, l’artiste s’implique au niveau de son être. Il doit donner une lecture suffisamment respectueuse du contexte original tout en y imprimant son individualité, son émotion, voire sa sacralité dans le cas de cette Gnossienne 3 de Satie, délicate accession à la connaissance de soi par celle du divin, et retranscrite ici par deux artistes signés sur InFiné, Fernando Corona dit Murcof, et Vanessa Wagner. Le premier est un artiste électronique mexicain aux expérimentations ambient empreintes de classique moderne tandis que la seconde est une pianiste orfèvre reconnue pour ses interprétations de Debussy.

Le tandem, qui a déjà joué Satie en live, a choisi, pour la sortie de son premier EP sur le susnommé label, de ne pas mêler les approches et de délivrer, tour à tour, une appréciation personnelle de cette Gnossienne. Et ce bel exemple d’interprétation double, qui met aussi à l’honneur une œuvre du multi instrumentaliste David Moore, montre la variabilité du schéma d’un morceau quand il est exprimé par une technique acoustique ou synthétique, soumis à une lecture fine ou bien expérimentale, joué en direct ou sur support. Pour ce dernier point, on renverra les intéressé(e)s aux prestations live du duo, qui officiera notamment le 20 juin prochain en l’église Saint-Eustache de Paris dans le cadre du Festival 36h.

Audio

Murcof / Wagner - EP.01

Tracklist

Murcof + Wagner - EP.01 (29 avril 2016, InFiné)
1. David Moore – What Arms Are These For You! (Wagner version)
2. David Moore – What Arms Are These For You! (Murcof version)
3. Erik Satie – Gnossienne 3 (Wagner version)
4. Erik Satie – Gnossienne 3 (Murcof version)