Hoop Dreams - XCPR

Pop lo-fi au filigrane tirant sur le shoegaze mancunien, Captured Tracks tire une fois de plus son épingle du jeu en signant Hoop Dreams, jeune sextet virginien qui chie des tubes comme on se torche le cul. En seulement deux titres, le combo contamine nos tympans d’effluves vénéneuses, laissant sillonner un courant froid  nous obligeant à appuyer sur « repeat », « repeat », « repeat », « repeart », « repeat »… Un début bien prometteur, aussi aguicheur que malingre et qui nous oblige à ronger notre frein en attendant la suite.

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Tracklist

Hoop Dreams - XCPR (Captured Tracks, 2011)

1. XCPR
2. Dream Light


Led Er Est - May

led-er-est-mayOn avait laissé le trio new-yorkais en proie à des cauchemars poussiéreux, réminiscences de coldwave en hystérie collective. Led Er Est nous revient plus glacial que jamais avec un nouvel EP sobrement intitulé May, illustration d'un printemps aux couleurs hivernales, dégageant de fortes odeurs de souffre et de dioxyde de carbone. Changement dans la continuité, Led Er Est nous offre des mélodies de plus en plus étoffées et s'extirpe peu à peu du carcan ninimal wave dans lequel on a tenté de le cloisonner.

Ceux qui avaient pu mettre là main sur leur split vinyle, réalisé en collaboration avec le groupe Avant-Garde sur le label italien, , auront déjà eu le plaisir de s'épancher sur le très vivace Lonesome XOXO. Pourtant, cette version 2011 bénéficie d'un nouveau mix mettant en exergue les harmoniques synthétiques au détriment des accords de guitares et fait de ce titre une véritable petite bombe new wave. Difficile de ne pas succomber également au charme tentaculaire de Madi La Lune, instrumental dark disco inquiétant, bercé par le claquement du ressac. Une déferlante de beats très eighties que n'aurait pas dénigré John Carpenter, rappelant le meilleur d', et illustrerait le parfait Giallo. On souffle un moment sur Plants, ballade en apesanteur sur laquelle Samuel Kklovenhoof offre un chant plus posé qu'à l'habitude. Mais le repos est de courte durée, la rage reprenant ses droits sur le trop éphémère Opto 5, condensé explosif de drum machines déchainées, de lignes de basses endiablées et de synthé en furie... Un track coldwave brut et sec, aussi froid qu'un cadavre. La suite laisse place au jeu de l'expérimentation, le groupe s'enfonçant avec May dans les méandres des gouffres atmosphériques gothiques. Une voix profonde et perçante nous agrippe, nous attirant dans cette spirale de sons en dédales, suffocante et oppressante.  Drosophila Melanogaster ne laissant plus de place à analyse, une mélodie s'échappant comme un virus, glissant sous notre peau, titillant quelques instants nos nerfs avec sadisme avant de laisser l'auditeur en état de mort cérébrale.

Dans cette prolifération émergente de groupes à sonorités synthétiques, Led Er Est fait figure de chien fou, l'écume aux lèvres, la rage au ventre. Jouant chaque note comme si c'était la dernière,  le combo se livre au jeu de la damnation, composant la bande originale de nos fantasmes les plus tordus... Mais avec quel sens de la mélodie !

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Tracklist

Led Er Est - May (Captured Tracks, 2011)

1. Lonesome Xoxo
2. Madi La Lune
3. Plants
4. Opto 5
5. May
6. Drosophila Melanogaster


Blank Dogs - Collected by Itself 2006-2009

blank-dogs-collected-by-itself-2006-2009Mais qui est donc Blank Dogs ? Plus on pense en savoir sur le projet de Mike Sniper et plus on reste dans le flou, tant l'homme se plaît à s'envelopper d'une aura mystérieuse. Rarement nous aurons connu artiste si prolifique, puisque le musicien compte déjà cinq albums au compteur, une douzaine d'EP, de multiples compilations et ce, en à peine cinq ans de carrière. Un parcours sans fausse note, loin de là, chaque sortie apportant son lot de bouleversement. Une course en hors-piste qui nous amène à la lisière de la noise, de l'expérimental, de la coldwave, du post-punk et plus récemment des sonorités synthé-pop. On en connaît qui ont fini par se perdre pour moins que ça. Et pourtant, ce véritable bourreau de travail distance les émules d'une colossale enjambée, livrant quelques pièces maîtresses dont la reconnaissance ne devrait pas tarder à être gratifiée. Et si nous ne pouvons que saluer le talent fertile du multi-instrumentiste acharné, force est de constater que les rouages de la production indépendante n'auront pas permis à Blank Dogs de toucher le très large public... Du moins, à ses débuts. Fervent défenseur des supports K7 et vinyle sur lesquels s'imprimeront les premiers méfaits du New-Yorkais, les faibles quantités éditées ne permettaient plus aujourd'hui à l'auditeur de se replonger dans les limbes de l'avènement de ce phénomène tapageur. Mike Sniper corrige le tir, compilant pas moins de 27 morceaux sur son propre label Captured Tracks, publiés entre 2006 et 2009, la plupart extrait de maxis et de singles totalement introuvables. Toujours aussi boulimique...

Plus qu'une réelle réédition, les 27 morceaux qui composent cette compilation ressemblent plus à une encyclopédie du genre lo-fi qu'à un vague balayage des années perdues. Un condensé de titres (loin d'être indigeste) empruntés aux mémorables Yellow Mice Sleep, Diana (The Herald), Doorbell Fire, Mirror Lights... imprimés pour la première fois en digital et remasterisés pour l'occasion. Une aubaine pour le profane comme pour les groupies de se (re)plonger dans les premier essais du visionnaire au visage drapé. Du gothisme suranné et vacillant de Freezing Styles à la ligne de basse inquiétante de Leaving the Light On, développant des atmosphères moites et angoissantes sur Two Months, Blank Dogs révèle la genèse du monstre qu'il s'est voué lui-même à créer. Aiguisant des mélodies d'une menue singularité pour mieux les écorcher, Mike Simonetti nous captive de sa voix caverneuse, monocorde, toute en écho, familière et lointaine comme celle du spectre d'un être cher. Avant même Under and Under et Land and Fixed, qui auront fini de le consacrer, l'artiste démontre déjà un talent inépuisable pour bâtir des mélodies emplies de tumultes, parcourues d'intenses courants électriques et totalement salutaires. Au contraire, certains tracks comme Scenes From a New Town se révèlent être de petits hymnes, figeant l'instant, Polaroïd corné fixant le temps qui passe. D'autres, comme Anywhere, apparaisssent comme de véritables odes à la lenteur, traînant de douces lignes synthétiques éreintées, ou comme Splitting, flirtent avec la minimal-wave, flot de rythmiques mécaniques et robotiques, invitation à se déchaîner sur des dancefloors lugubres et moites. Au-delà de toute étiquette, Blank Dogs a toujours été un projet à part dans le paysage musical actuel, la rencontre crépitante de courants parallèles destinés tôt ou tard à se rencontrer.

On ne peut que rester fasciné par cette rétrospective tant celle-ci, en plus de retracer les temps fort et méconnus d'un artiste indispensable, dessine une véritable cartographie du genre post-punk lo-fi dans ses grandes largeurs.  Au centre d'un parallaxe dont l'appel du vide serait l'enjeu macabre, Mike Sniper apporte un peu de lumière et transparaît avec la plus naïve simplicité comme le dernier outrage de ce nouveau siècle.

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Tracklist

Blank Dogs – Collected by itself 2006 – 2009 (Captured Tracks, 2011)

01 Leaving the Light On
02 Slow Room!
03 Two Months
04 Before the Hours
05 Keeping All The Time
06 Freezing Styles
07 1480 Fox
08 The Tied
09 She's Violent Tonight
10 Dismorphobia
11 Doorbell Fire
12 The Other Way
13 Calling Over
14 Yellow Mice Sleep
15 Outside Alarmer
16 Waiting
17 My House Is Red
18 Butler Hospital
19 Poison Ivy
20 Scenes in a New Town
21 Anywhere
22 They Said
23 Ages Ago
24 Mirror Lights
25 Splitting
26 Leaves
27 Stuck Inside the World


Beach Fossils - What a Pleasure EP

beach-fossils-what-a-pleasure-ep-coverQuand un projet vous évoque à la fois le meilleur de 2010 (album, lire) et le pire (concert à Gand), la suite est attendue de pied ferme quelle qu’elle soit. Beach Fossils nous revient avec une gourmandise d’une vingtaine de minutes divisée en 8 portions qui rassasiera les fans, c’est sûr. Pour les autres, ce nouvel EP porte‑t‑il bien son nom ? À l’image de la pochette, laissons cette balle briser la fenêtre et, par l'occasion, un rai d’objectivité entrer dans la chambre du combo de Brooklyn.
What a Pleasure EP est construit tel un cercle vicieux puisque Moments est une ouverture planante d’une minute pratiquement calquée sur la fin du dernier titre, Adversity. Cette épanadiplose (ben oui) donne à l’auditeur l'occasion de former une boucle infinie. Ce caractère redondant dans sa globalité, que vous serez libres de qualifier de joliment cynique ou non, est de plus accentué en détails par certains traits déjà présents sur le premier album des Fossils. Ainsi, le nouveau recueil des héros surf pop fait à nouveau la part belle aux lignes de basse sautillantes soutenues par une batterie minimaliste et aux arpèges de guitare dignes des sempiternels groupes-références 80’s eux‑mêmes influencés par les 60’s. Notamment sur Out In The Way qui voit notre fantasme réalisé, à savoir Dustin Payseur et Jack Tatum (Wild Nothing) réunis pour notre plus grand plaisir. Manque d'originalité, certes : les titres n’échappent pas à la pop naïve qui hantait déjà l'album de la bande de Dustin. Les défauts inhérents à cette disposition puérile ne peuvent rester attachants indéfiniment. Toutefois, certains pics géniaux comme les singles limpides Calyer et surtout What a Pleasure montrent Beach Fossils sous une facette plus mature, la tête haute et la voix en avant dégagée de sa cage de réverbération. Cette qualité nouvelle affuble malgré tout cet EP d’un rôle prometteur de passerelle vers un deuxième album qui pourrait être celui du changement, nous osons l’espérer, afin que Beach Fossils - qui a décidé ici de nous faire tourner encore un peu la tête - sorte de cette spirale plaisante lorsqu’elle est un plaisir éphémère mais qui, sur le long terme, pourrait nous donner la gerbe.

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Beach Fossils - What A Pleasure

Tracklist

Beach Fossils - What a pleasure EP (Captured Tracks, 2011)

01. Moments
02. What A Pleasure
03. Fall Right In
04. Out In The Way (avec Jack Tatum)
05. Face It
06. Distance
07. Calyer
08. Adversity


On y était - Blank Dogs au Point Ephémère (vidéos)

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Blank Dogs, Le Point Ephémère, Paris, 27 octobre 2010.

Une fois n'est pas coutume, il y a des live reports instantanés et indépassables. Rien ne servait donc de s'échiner à la tâche et reproduire avec maladresse la force de propos allusive et percutante de Christophe Basterra, pilier de la Magic team, s'agissant du concert de Blank Dogs au Point Éphémère (lire) le 27 octobre dernier. On s'est donc plutôt focalisé sur l'aspect proprement visuel de la chose et c'est peu de dire que l'on a bien fait. Entre splendeur spectrale et violence de l'ombre, entre brume mélodique et glissement électronique, tout est là, concentré en quelques morceaux, et non des moindres (Northern Islands, End of Summer...). Seul signe indécelable à l'écran, la gentillesse du bonhomme, Mike Sniper, que l'on avait interviewé au préalable (lire) et avec qui nous avons prolongé la nuit au cours d'un after-show des plus réussis, organisé avec nos amis de Summery Agency et du Motel, où ce-dernier ne daigna que rarement lâcher les platines - à notre plus grande joie auditive.

Vidéos


Blank Dogs - Land And Fixed

blank-dogs-1Difficile d'avoir fait partie des DC Snipers, puis se faire appeler Mike Sniper tout en s'exposant à visage découvert. Avancer masqué, le maître mot pour viser juste. Et en rafale. C'est ainsi que depuis presque quatre ans l'inusable New-Yorkais conjugue activisme do it yourself et stakhanovisme artistique, empilant sans ciller les jalons de fondateur émérite de la structure Captured Tracks, au catalogue de sorties irréprochable, en plus de ceux liés à son projet Blank Dogs, déjà responsable d'une discographie pléthorique dénombrant pas moins de trois albums, On Two Sides (Sacred Bones, 2008), Under and Under (In the Red Records, 2009) et, depuis le 12 octobre dernier, Land and Fixed, en sus d'une pluie de maxis sortis sur différents labels, dont les récents Seconds et Phrases parus respectivement en 2009 et 2010 sur Captured Tracks. Par commodité, on passe ici sous silence les nombreuses collaborations du jeune homme au sein de groupes plus ou moins durables et formels - dont Roman Soldiers (Warmer, Sacred Bones, 2009) avec Gary War, increvable baroudeur cold-pop, ou encore The Mayfair Set (Young One, Woodist, 2009) avec Kristin Gundred des Dum Dum Girls d'I Will Be (Sub Pop, 2010) - mais une chose est sûre : Mike Sniper n'est pas prêt de se reposer sur les lauriers fraichement glanés auprès de la critique et de ses pairs.

Tel un symbole d'une imperturbable effervescence musicale, radicale et indépendante, jouant tout à la fois sur les vieux formats (cassette et vinyles en tête) et les nouveaux modes de transmission instantanée de la musique en ligne (téléchargement, blogosphère), il réincarne à brûle-pourpoint, par ses velléités cold-wave, l'ensemble des fantômes post-punk dissipés à l'orée des années quatre-vingt-dix. Ses deux premiers albums, perclus de voix caverneuses et de saturations corrodées, ont réouvert la boîte de Pandore là où les psalmodies cafardeuses de The Cure et Joy Division l'avaient fermé au tout début des années quatre-vingt : en plein effroi, taillé dans un son brut, presque industriel. Entre hommage passéiste et relecture numérique il n'y a qu'un pas que Blank Dogs s'empresse d'emboîter sans même se justifier, l'addiction auditive provoquée chez l'auditeur averti par On Two Sides et Under and Under renâclant elle-même son propre lot de réponses évasives. C'est d'ailleurs ce mimétisme sur les entournures, robustement chevillé à une singulière efficacité mélodique, que l'on retrouve sous une autre expression avec Land and Fixed, album aux sonorités synth-pop plus évidentes et à la production moins effrontément lo-fi. L'algarade ne s'apparente plus seulement à une forêt de distorsions viciées et hantées, s'accaparant désormais l'apparence d'un nouveau manifeste new-wave transpercé de part en part de claviers, oscillant entre lignes accrocheuses et nappes atmosphériques, de guitares à la parcimonie salutaire et de vocalises à la gravité assumée. Moins figé, peut-être plus enjoué, Land and Fixed égraine une vision plus contrastée d'un univers musical révulsé d'angoisses, esquissant par le biais du microsillon son ordonnancement cardinal, entre hymnes synthétiques rondement exécutés (Goes By, Northern Islands, Insides), habiles constructions cold-pop (Blurred Tonight, Another Languages), indolentes déflagrations à l'électricité roborative (All Around, Through the Wall) et fragile complainte touchante de sincérité (Treelines).

Tracklist

Blank Dogs - Land and Fixed (Captured Tracks, 2010)
1. Goes By
2. Collides
3. Longlights
4. Northern Islands
5. Insides
6. Blurred Tonight
7. Languages
8. Elevens
9. Out the Door
10. All Around
11. Through the Wall
12. Treelines


Blank Dogs l'interview

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Y'a-t-il un son Blank Dogs ? Comment le définirais-tu ?

Je suis sûr qu'il en existe un... mais il est très difficile de m'extraire du projet pour le nommer ou le définir.

L'esthétique du groupe est très sombre... Correspond-elle à ta personnalité ? Ou est-ce une façon de faire correspondre esthétique et musique ?

Je ne pense pas que ce soit conscient, c'est juste comme ça : ce n'est pas fait exprès. Je ne pense pas être une personne particulièrement sombre... mais j'exprime juste de cette manière une façon personnelle de voir les choses.

Quels sont les chansons que tu aurais rêvé de composer et qui pourraient nous éclairer sur ta manière de concevoir un titre ?

Oh, wow. Et bien, il y a tellement de réponses à cette question. Je dirais que Calling de Chrisma est vraiment une grande chanson, 25 O'Clock de Dukes of Stratosphear, Ouch Monkeys de Teardrop Explodes... Ce sont des petites chansons extraordinaires. Puis il y a des grands morceaux comme Cattle and Cane de Go Betweens, magnifique et mélancolique.

Qu'est ce qui me ferait choisir Land and Fixed comme album de l'année plutôt que Gemini de Wild Nothing ou celui éponyme de Beach Fossils ?

Je pense que ce serait à toi de le dire ! Je ne pourrais sincèrement te dire pourquoi...

En quoi est-il différent de tes précédents disques, On Two Sides et Under and Under ?

Je dirais qu'il est plus expansif, clair et concret.

Lis-tu d'ailleurs les critiques musicale de tes albums ?

Je le faisais avant. Je ne vois pas à quoi ça sert maintenant.

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De quels groupes de la scène new-yorkaise te sens-tu en ce moment le plus proche musicalement parlant ? Cold Cave ou The Pains of Being Pure at Heart peut être ?

Peut-être Crystal Stilts, mais j'aime ceux que tu as mentionnés aussi. Woods aussi, même si leur vision est toute autre, l'approche est similaire.

Avec qui tu partages ce même amour pour la synth-pop des années quatre-vingt ?

Avec Xeno & Oaklander, Led Er Est, les groupes sur Wierd qui sont encore plus synthy que moi.

Si tu est condamné à rester toute ta vie sur une île déserte... quels disques emporterais-tu dans ton malheur ?

Quoi que je prenne, je m'en lasserais assez vite, tu ne crois pas ? Peut-être quelque chose composé d'ambiances assez variées, comme le White Album par exemple, pas nécessairement un de mes préférés. Je pense que j'aurais de plus grandes préoccupations que les disques là-bas...

Blank Dogs est loin d'être ton unique préoccupation musicale. D'autres projets musicaux ou collaborations à déclarer récemment ?

Toujours, beaucoup trop pour en dresser une liste... et de toute façon, j'ai peur que ces projets ne se réalisent pas ou arrêtent brusquement d'exister si j'en parle, alors je me retiens !

Toutes tes sorties se font pratiquement via des labels différents et non des moindres, quel rapport entretiens-tu avec eux ?

Très bons en général. Certains de ces labels sont dirigés par de réels amis en dehors du domaine musical comme Woodsist, In The Red et Sacred Bones.

blank-dogs-51Quelle fut ta motivation première quand tu as créé Captured Tracks ?

Sans aucun doute de sortir de la bonne musique et de laisser une trace.

Cosmetics, Craft Spells... Y'a-t-il une marque de fabrique Captured Tracks ? Comment choisis-tu les groupes signés ?

Il n'y a aucune image de marque Captured Tracks... autre que la qualité.

A ce propos peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets avec ?

Juste un album, mais il n'est pas encore terminé.

Tu es en ce moment en train de tourner en Europe pour présenter ton dernier album : qu'attends-tu de ces différents concerts et comment conçois-tu de manière générale ton rapport à la scène ?

Je n'ai pas d'attentes particulières et jouer est parfois bénéfique, parfois une corvée. Je pense que la plupart des gens te diraient la même chose.

Blank Dogs est-il initialement créé pour sortir des disques ou te produire sur scène ?

Cela a commencé comme tout expérience, juste pour écrire des chansons et les enregistrer simplement. Je suppose que le projet a progressivement évolué en quelque chose de plus sophistiqué.

Qu'écoutes-tu venant de France ?

J'ai toujours écouté beaucoup de trucs français. Heldon, Kas Product, les premiers Michel Polnareff... Je trouve qu'il y a eu plein de bonnes choses en France.


Beach Fossils - Window View

l_b22364a6dcf9419198841e96338f8c86Encore un signe avant-coureur de l'automne. Au-delà d'aimanter notre attention au bout de ses lèvres et de sa guitare suspendue dans le temps, le New-Yorkais d'adoption Dustin Payseur nous souffle à l'oreille par le biais de l'évanescent Window View, troisième défloration cinématique de son impeccable coup d'essai éponyme sur Captured Tracks, déjà chroniqué par ici, la teneur essentielle de sa présence au festival Novosonic s'étalant du 27 au 30 octobre à Dijon. Le 28, les Beach Fossils, leurs mélodies sautillantes et leur gouaille d'allumés y partageront une affiche forte en gueule avec Former Ghosts et Xiu Xiu sur la scène de l'Atheneum. Après le festival Kill Your Pop en mai dernier, aucune raison valable ne vous empêchera d'élire domicile l'espace de quelques jours dans une ville à l'esprit rock bien moutardé.

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Blank Dogs - Northern Islands

mike-snipers-blank-dogsHoZac, Sacred Bones, In the Red, Woodist, aujourd'hui Captured Tracks et demain Italians Do It Better. C'est la liste non exhaustive de labels  sur lesquels  le New-Yorkais Mike Sniper a pu ou pourra exposer sa synth-pop unique. Après le remarqué double LP Under and Under sorti l'an passé et un futur 12-inch à paraître sur le label de Mike Simonetti, Blank Dogs sort le 12 octobre prochain le très  attendu Land and Fixed. On espère que la suite se révèle à la hauteur du premier extrait que l'on vous offre en écoute cette semaine.

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Blank Dogs - Northern Islands


Beach Fossils - s/t

beach-fossils-cvoerDustin Payseur est un doux rêveur qui s'embarrasse de peu de réalité pour entreprendre ses projets. Pour un millier d'autres avant et après lui, il y a largement matière à repartir la queue entre les jambes dans sa Caroline natale et remiser sa gratte au profit d'un beau tablier de serveur de fast-food. Oui mais voilà, le jeune homme, fraîchement débarqué à Brooklyn dans l'espoir de vivre de sa lo-fi crasseuse, a suffisamment la musique dans le sang et de compositions derrière les fagots pour attirer l'attention sur son groupe, étrangement dénommé Beach Fossils, dans lequel il compose seul, se faisant uniquement accompagner lors de ses tumultueux concerts. Ce qui n'est pas une mince affaire tant la jungle musicale est dense à Big Apple. Pourtant l'idylle new-yorkaise aurait pu tourner court mais Dustin a le cul bordé de nouilles : pile au moment de remballer son baluchon, le label de Mike Sniper, Captured Tracks, l'invite à distiller sur un EP, Daydream / Desert Sand 7', deux de ses pop songs irradiées de soleil et de réverbérations. L'histoire s'emballe quelque peu grâce à la ferveur de la blogosphère et le voilà parti pour enregistrer un LP autoproduit à paraître le 25 mai 2010. Tel son jeune compatriote et voisin de quartier That Ghost, les guitares de Beach Fossils possèdent ce code génétique indie-américain que Galaxie 500 et Pavement ont transmis à toute une génération de fieffés slackers et qui a engendré, bon gré mal gré, une palanquée de pâles copies aussi jetables qu'interchangeables. Sauf qu'avec Dustin, l'évidence mélodique transperce immédiatement le mur de sonorités garage que les morceaux de son LP éponyme dressent à nos oreilles. Là où on aurait pu dire, "ok, un de plus...", on se prend à battre la mesure du pied en écoutant son disque les yeux fermés. Alors, on s'imagine rêvasser à l'ombre d'un cocotier en s'envoyant à petites gorgées une bière bien fraîche, laissant dériver le temps et ses méandres de quotidienneté. Émanant d'un substrat sonore homogène, recouvrant de part en part l'album d'un voile d'échos et de distorsions granuleuses, la puissance évocatrice de ces onze morceaux tient autant au dénuement des arrangements cher au label (Blank Dogs, The Beets, The Mayfair Set) et laissant libre court à une lead guitare minimaliste au son clair (Youth, Twelve Roses), qu'à la voix du jouvenceau remémorant par moment un Jeremy Jay éraillé et dénué de ses atours de dandy européen (Daydream). Oscillant entre mélancolie juvénile (Golden Age, Gathering) et surf music joyeusement démantibulée (Vacation, The Horse), les Beach Fossils de Dustin parviennent benoitement à remettre en cause toute certitude calendaire : l'été, cette année, commencera avec un mois d'avance. On est prévenu.

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Beach Fossils - Youth
Beach Fossils - The Horse

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Tracklist

Beach Fossils - S/T ( Captured Tracks, 2010)

01. Sometimes
02. Youth
03. Vacation
04. Lazy Day
05. Twelve Roses
06. Daydream
07. Golden Age
08. Window View
09. The Horse
10. Wide Awake
11. Gathering


Wild Nothing

l_2ba6f58f13d4435fbb4693ece4cde26aLa vingtaine à peine entamée et déjà Jack Tatum alias Wild Nothing fait preuve d'une maturité musicale qui pourrait faire raccrocher les guitares à une tripoté d'artistes écoutés ces temps-ci.  A l'instar d'Oberhofer chroniqué récemment, Jack fait parti de cette nouvelle vague américaine de jeunes adultes surdoués qui insufflent à la musique lo-fi une intelligence "phil spectorienne"  dynamisante .  Avec pour seule aide leur culture musicale débordante et la lecture si particulière qu'ils en font,  ces artistes sont capables de construire des édifices musicaux spectaculaires mais tellement imprégnés de cette innocence poétique propre à leur âge qu'ils en deviennent de véritables objets naïfs, comme si  l'art brut devenait soudainement avant-gardiste.

Gemini, son premier album,  sortira chez Captured Tracks (meilleur label du moment!) le 25 mai prochain et pourrait pousser certains  à ouvrir une galerie d'art moderne sur l'île de Pâques.

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Wild Nothing - Live In dreams

Wild Nothing - Summer Holiday

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