Lantern - Happy (PREMIERE)

Après quelques circonvolutions très garage lo-fi et plusieurs cassettes sur Bathetic ou Night People en 2012 (lire), le groupe originaire de Philadelphie Lantern sortait en 2013 son premier LP via Sophomore Lounge et Cardinal Fuzz, Rock 'N' Roll Rorschach, à l’immédiateté blues-rock incandescente. Presque trois ans après, le duo formé par la tige Emily Robb et le moustachu Zachary Fairbrother et accompagné par Christian Simmons à la batterie revient avec un second long format aux atours pop méticuleusement épurés : la grivoiserie d'alors, tapinant sans détour dans la gouaille punk, s'estompe magistralement sur Black Highways And Green Garden Roads, à paraître simultanément par l’intermédiaire de Sophomore Lounge et Fixture Records le 19 février prochain, laissant place à une orfèvrerie surannée et intimiste faisant minauder quelques fantômes des années soixante dans les aspérités de ses arrangements. L'atmosphère est ouatée, presque mélancolique, l'harmonie s'éprenant, selon leurs propres mots, d'une volonté de conciliation entre le merveilleux, le sérieux et l'absurde. Si bien que l'on ne sait sur quel pied danser : se foutent-ils de notre gueule raturant plus tard cet effort d'une saillie salopée de saturation ? Ou persévéreront-ils par la suite dans cette veine rassérénée ? Quoiqu'il en soit, avec l'extrait Happy à découvrir ci-après, les trois Lantern ont grimé leur fausse candeur acoustique, troublée de délicates illuminations d'orgue, dans une onirique vidéo réalisée par Carrie Yotter où la passion des instruments briqués et lustrés transcende jusqu'au plus profond des rêves. Du propre.

Vidéo (PREMIERE)

Trackluisting

Lantern - Black Highways And Green Garden Roads (Fixture Records, 19 févier 2016)

01. He Is A Pinball
02. Another Turn
03. Black And Green
04. Wait, Wait
05. We Are Here
06. Happy
07. Don't Worry Baby (It Won't Be Long)
08. Cry To Me
09. Dervish
10. Gravel
11. Green Garden Road
12. We Are Here Again
13. BLK HWYS
14. On My Side

Pour commander le LP, c'est par ici, la cassette c'est par .


Severed+Said - Death By Empire (PREMIERE)

Après une première saillie sur bande magnétique en 2014 intitulée Crying In Dreams sur le label no future Popnihil, le Floridien John Touchton a entonné dès l'année suivante sur Not Not Fun ses mantras pour synthétiseurs malades avec la cassette Occlusions parue le 4 mai 2015. Réinterprétation selon ses propres codes analogiques de diverses influences charriant aussi bien le ragga que la transe opiacée, c'est derrière le patronyme de Severed+Said que ce-dernier inocule ses effluves lysergiques, distendant l'espace temps, à la manière d'une pelle de psylo avalée au clair de lune. Mise en images par PhantomPhoton, le morceau conclusif Death By Empire se trouve divisé en deux parties, faisant apparaître une image, puis la résonance psychédélique de celle-ci. De la sorte, le résident de Jacksonville sait exactement où et à quel moment manipuler notre attention et s'amuser avec nos pupilles dilatées malgré elles.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Severed+Said – Occlusions CS (Not Not Fun , 4 mai 2015)

01. Occluded
02. Black Shine Bright
03. Phosphene
04. Tincture
05. Love Stoned
06. Death By Empire


Gaika - Bohdy Knows At 90

S’il fallait crever de cynisme en régurgitant une à une les contradictions de nos quotidiens dans une société occidentale complètement bipolaire, Bohdy Knows At 90 du londonien Gaika se placerait sur le podium des oraisons funèbres. Totalement moulé au reste de l’expérimentale mixtape Machine sortie en novembre dernier, ce grime trap minimal à playlister dans toutes les caves ironise sur nos paradoxes comportementaux. Et Gaika d’appuyer le constat: “On dirait parfois que la société et la culture sont uniquement déterminées par l’hédonisme, la culpabilité et la tension qui en découle”, avant de passer les quatre minutes et quelques du morceau à demander pardon pour ses péchés par la bouche de Bipolar Sunshine.

Crédibilité oblige, le clip — réalisé par Gaika lui-même et l’artiste audiovisuel Diogo Lopes — colle au mood du morceau comme le khôl après les larmes. Filmé dans la houle à distance d’un bras, Gaika se met en scène, démasqué pour la première fois, et entrecoupe ses lyrics plaintifs de symbolismes subliminaux, de flashes colorés et autres ralentis et doubles-expositions saccadés. On est dans le tourment crade, mis à vif par la crudité du discours et d’une réalisation endeuillée par la quasi absence de couleur, déroulant un gris au pathos communicatif avant de conclure sur une dernière séquence de plans passés aux hachoirs. Funèbre, on avait dit?

Vidéo


Irène Drésel - Lutka

Il est des efforts qu’on ne saurait négliger. Irène Drésel, ou Irène Billard si on lui préfère son profil d’artiste plasticienne, auteure par le passé de quelques tentatives électroniques louables mais poussives, vient de balancer chez InFiné un nouveau morceau aussi sexy sur le fond que la forme, une minimal progressive au beat étouffé appuyée par un drone discret comme un bruit blanc.

Lutka est un clubbing de backroom, une ambiance d’alcôve intérieur cuir et velours qui, sans renouveler le genre, sécrète sur quatre minutes trente de développement sensitif une fragrance voluptueuse, relevée par un clip réalisé par l’artiste visuelle Florence Lucas (Flokim). Entre métaphores acidulées et porno chic, la vidéo dispense un érotisme très féminin qui sublime l’abstraction de la production musicale en une illustration imagée du fantasme et du voyeurisme sensuel.

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German Army - Folk Healer (PREMIERE)

Depuis 2011, l’occulte formation German Army poursuit sans relâche ses mystérieuses opérations du fin fond de la Californie, à savoir San Bernardino, qui a récemment eu droit à sa petite fusillade de rigueur. L’un de ses membres (on ne sait trop s’il s’agit d’un duo ou trio ou plus encore) nous avait d’ailleurs peint un triste tableau des lieux dans une elliptique interview qu’il nous avait accordé il y a 2 ans (lire). Selon lui, la désolation et l’ennui du lieu sont le carburant du projet, et la trentaine d’albums qu’ils ont pondus en moins de cinq ans est bien la preuve qu’ils doivent vraiment se faire chier à pierre fendre. Ce qui surprend, c’est la qualité et la variété constantes de leur production, baignant dans l’indus, le collage sonore, la minimal wave, ou « l’hypnagogique pop » comme dirait Wire. À pratiquement un album par mois (chaque fois sorti sur un label underground différent et toujours bien choisi), il est difficile de rester à jour des activités de ce groupe sans visage, qui gagne néanmoins en renommée par sa persévérance et l’ésotérisme de son art.

En exclusivité, Hartzine vous dévoile la captivante vidéo signée Moduli TV pour Folk Healer, petite perle cold-gaze extraite de leur album de novembre dernier, délicieusement intitulé Kalasch Tirich Mir, quoique cela veuille dire, et publié chez les très bons italiens de Yerevan Tapes. Quant aux futurs bricolages de German Army, ils sortiront sur Phinery, Sacred Phases, Metaphysical Circuits et Discrepant.

Vidéo

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Marshall Applewhite - Advance Beyond Human (PREMIERE)

Après une première participation au cinquième volume des compilations Dark Acid en bonne compagnie de Shady P et Orphan Swords (lire), le producteur originaire de Détroit Marshall Applewhite a embrayé dès septembre la parution d'un maxi sur Clan Destine Records, lui qui avait quasi exclusivement banané l'ensemble de sa discographie via son propre label Yo Sucka! sous l'alias Oktored. Empruntant le blase de Marshall Applewhite à un illuminé ayant convaincu pas moins de quarante personnes à se suicider en 1997 prêt de San Diego pour atteindre lors du passage de la comète de Hale-Bopp la Porte du Paradis, et ce après avoir imposé un ascétisme à base de castration, le bonhomme fidèle à sa réputation de tapageur dégoise une acid sans fioritures aux fort relents ghettotech et harsh indus. Dans la droite ligne de ces maxis précédents, Advance Beyond Human ne fait pas de prisonnier, et la mise en images à l'esthétique VHS signée Joel Dunn et à découvrir ci-après, non plus.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Marshall Applewhite - Advance Beyond Human (Clan Destine Trax, 30 septembre 2015)

A1. Hey Girl
A2. Advance Beyond Human
B1. Bull Head
B2. Sharevari


Volcan - Aurore (PREMIERE)

Aurore de Volcan sonne comme une (re)naissance, l’usufruit conclusif d’un EP concept oscillant entre ambient et krautrock technoïde. S’alignant sur la mythologie de la Grèce antique et le sacrifice virginal, le Thysia — peut-être celui d’Iphigénie, qui partage la sémantique solaire d’Aurore — les six morceaux composent une odyssée schulzéenne qui rappelle sans déplaisir certains passages de Cyborg ou Blackdance. Comme une délivrance, l’aboutissement heureux provoqué par ou malgré un acte barbare et archaïque, Aurore se pare d’une esthétique lumineuse progressive qui germe sur une boucle acidulée et chronométrique avant de se fondre parmi d’autres strates plus contemplatives, jusqu’au triomphe solaire rapidement éloigné de la vue par la crainte d’une irrévocable cécité.

Et pour illustrer son titre, Greg Vezon, qui réalise lui-même ses clips, s’est appuyé sur une retranscription visuelle de son propre scénario sonore, un entrelacs d’images résiduelles, de ce genre qui colle à l’intérieur des paupières lorsqu’on a osé fixer le soleil: sur fond noir, une forme composite pulsative révèle lentement sa géométrie variable et colorée, entre deux glitch vidéos et auréolée d’artefacts fantomatiques. Les formes se complètent, se superposent, hypnotiques et parfaitement calées sur le tempo. La simplicité de la géométrie renvoie au minimalisme de la composition et leur complétion trouve son apogée dans le vortex visuel qui envahit enfin l’écran, étourdit les sens de sa richesse stroboscopique et de la fusion de ses géométries, jusqu’à l’aveuglement final et son fondu au noir. C’est magnétisant de bout en bout, et c’est en première exclu ci-dessous.

Vidéo

Tracklisting

Volcan - Thysia EP (Camisole records, 3 décembre 2015)

01. Achlys
02. Thysia
03. Nyx
04. Forme Noire
05. Futur Vide
06. Aurore


The Holydrug Couple - Light or Night (PREMIERE)

En mai dernier, les Chiliens de The Holydrug Couple bananaient Moonlust sous nos pieds engourdies de tant d'effluves psychées s'évaporant une nouvelle fois des quelques sillons pressés par le label Sacred Bones qui cette année à décidément franchi un cap. L'homme à tout faire Ives Sepúlveda, qui officiait auparavant au sein de Föllakzoid au kraut couillu, et le batteur Manuel Parra allant s'enquiller une tournée des familles, avec vingt-cinq dates en vint-cinq jours de périple - dont une à la Maroquinerie le 19 mars avec The Oscillation et HolyWave dans le cadre d'une Gonzaï Night, elle aussi des familles, puis à Nantes et Toulouse les deux soirs suivants - , il ne leur en fallait pas plus pour envoyer une missive imageant la plus pop de leur composition, Light or Night, tournée de leur propre fait en super 8 dans les rues d'un Santiago interlope. Une caresse noctambule au bon goût acidulé.

Vidéo (PREMIERE)

Tournée

Hc

04 MAR - NL - Amsterdam - Paradiso
05 MAR - NL - Groningen - Vera
06 MAR - NL - Zeewolde - Where The Wild Things Are
07 MAR - DE - Hamburg - Hafenklang
08 MAR - DK - Copenhagen - Loppen
09 MAR - SE - Malmö - Inkonst
10 MAR - SE - Stockholm - Lilla Hotellbaren
11 MAR - NO - Oslo - Revolver
12 MAR - SE - Göteborg - Woah Dad HQ
13 MAR - DK - Aarhus - TAPE
14 MAR - DE - Berlin - TBC
15 MAR - BE - Liege - MAD Café
16 MAR - BE - Gent Charlatan
17 MAR - BE - Brussels - Homeplugged
18 MAR - UK - London - Shacklewell Arms
19 MAR - FR - Paris - Gonzai Party @ La Maroquinerie
20 MAR - FR - Nantes - Le Ferrailleur

21 MAR - FR - Toulouse - Le Saint des Seins
22 MAR - ES - Tolosa - Bonberenea
23 MAR - ES - Madrid - Siroco
24 MAR - PT - Cascais - Stairway Club
25 MAR - PT - Guimaraes - TBC
26 MAR - ES - Oviedo - Lata de Zinc
27 MAR - ES - Zaragoza - Lata de Bombillas
28 MAR - ES - Barcelona - Freedonia
29 MAR - FR - Lyon - Sonic
30 MAR - IT - Torino - Blah Blah
31 MAR - IT - Ravenna - Bronson

Tracklisting

The Holydrug Couple - Moonlust (Sacred Bones, 11 mai 2015)

01. Atlantic Postcard”
02. Dreamy”
03. Light or Night”
04. French Movie Theme”
05. If I Could Find You (Eternity)”
06. I Don’t Feel Like It”
07. Concorde”
08. Baby, I’m Going Away”
09. Generique Noir”
10. Submarine Gold”
11. U Don’t Wake Up”
12. Remember Well”


Aga Wilk - Hermannplatz (PREMIERE)

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Échappée de son duo avec Christian Gjelstrup, 77tm dont on a touché déjà quelques mots à l'occasion de leur ultime P.I.G (lire), la Berlinoise Aga Wilk sortira après Kosmos un second maxi sur Mecanica Records (lire) le 15 décembre prochain sobrement intitulé Moon. Dressant ses homélies synthétiques, aux fractales minimalistes, et ce, sur des amoncellements de basses et de boîte à rythmes à la tectonique glacifiée, celle qui s'est entourée de Flemming Dalum, David Carretta et Fotoplastikon à l'heure de fomenter des remixes de Love Like A Robot, a mis en image elle-même le morceau introductif dudit EP, Hermannplatz, révélant au détour d'un ductile cisaillement électronique mâtiné de claviers inquiets une véritable passion pour les chats à l'aura troublante. Cat Power.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Aga Wilk - Moon (Mecanica Records, 15 décembre 2015)

01. Hermannplatz
02. Ty I Ja (You & Me)
03. Love Like A Robot (Original Mix)
04. Love Like A Robot (Flemming Dalum Rmx)
05. Love Like A Robot (David Carretta Rmx)
06. Love Like A Robot (Fotoplastikon Rmx)


Jonathan Fitoussi - In Space (PREMIERE)

JFitoussi

Photo © Oliver Vaccaro

Depuis l'auto-produit Electronic Dream divulgué en 2009 jusqu'au récent Five Steps, composé à quatre mains avec Clemens Hourriere et égrainé en juin dernier via Versatile Records (lire), en passant par son très minimaliste LP Pluralis en 2011 à l'occasion duquel on l'avait interviewé (voir), le compositeur Parisien Jonathan Fitoussi, amateur de sonorités analogiques et manipulateur de bandes magnétiques devant l'éternel, s'est toujours débrouillé pour réduire à l’épaisseur d'une feuille de papier à cigarette la disparité entre recherche musicale, volatilité électronique et voyage méditatif. Il en va ainsi de ce nouvel album solitaire, baptisé Origins tel un hommage plus qu'appuyé aux compositeurs que sont La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich ou encore Philip Glass, paru le 6 novembre dernier, une nouvelle fois par l'intermédiaire de Pan European Recording, et dont la mise en images d'In Space signée Cedric Nussli, et à mirer ci-après, confine à la poésie la plus pure : des visages, deux, trois, ou deux qui n'en sont en fait qu'un, des distances temporelles et spatiales qui les séparent, mais une ondulation, une voûte céleste renversée et incarnée par le piano Steinway Model D. utilisé et réenregistré, qui les réunit selon un dénominateur commun qu'on nommera la grâce. Ou l'amour. Capturant en si peu de temps une puissance émotionnelle si forte, Jonathan Fitoussi nous invite à l'écoute et l’introspection. En ces temps si confus, il n'y a pas plus sage incitation.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Jonathan Fitoussi - Origins (Pan European Recording, 06 novembre 2015)

01. Eclipse
02. In Space
03. Perspectives
04. Surface
05. Microscopic
06. Celestial Arc
07. Visions
08. Moon Ceremony
09. Origins


Princesse - Vivid As Fever (PREMIERE)

Validé ou non par Alejandro Jodorowsky, la seconde sortie du jeune label Parisien Montagne Sacrée, après un premier LP en collaboration avec AB records des Lyonnais de Satellite Jockey, s'instigue via une bande magnétique qui s'embobine et se rembobine autour des circonvolutions sexysensibles, selon le mot de son auteur, d'Anthony Alias Princesse. Angelot de quelques vingt-cinq balais, qui a fréquenté il y a quelques années les atours de notre e-redaction, et qui compose en toute sincérité de romantiques balades oscillant entre pop balayée de guitare et électronique à la linéarité mélancolique, Princesse divulgue par le biais de sa voix grave et sensuelle une seconde partie à son Permanent Heartbreak, déjà initié en juin 2014 et un maxi digital, et dont le second extrait Vivid As Fever, subtilement mise en images par Diva et un montage en plan fixe d'un visage à l'émotivité humide, résonne en parfait écho du bonhomme qui sera en concert le 19 novembre prochain à l'Espace B en première partie de J Fernadez (Event FB) : "Je vis dans un tout petit studio de 15 m2, aussi les gens qui me rendent visite sont directement en contact avec mon intimité : ma cuisine est aussi ma chambre, mon canapé est aussi mon lit. C’est un peu comme ça que je conçois ma musique : sans hall d’entrée ni salon, on est directement dans la chambre à coucher, tant pis pour la pudeur."

Audio (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

Princesse - Permanent Heartbreak Part II (Montagne Sacrée, 10 novembre 2015)

01. Celle Que Tu Aimes
02. Vivid As Fever
03. Mourning
04. Rosalie (Soft Edit - feat. Tropical Horses)
O5. Losers

Princesse


Hieroglyphic Being & J.I.T.U. Ahn Sahm Buhl - Fuck The Ghetto / Think About Outer Space (PREMIERE)

Prenant la suite de Robert Aiki Aubrey Lowe et Ariel Kalma (lire) au sein de la série FRKWYS développée par le label New-Yorkais RVNG Intl., Hieroglyphic Being s'entoure du J.I.T.U. Ahn-Sahm-Bul ou Journey Into The Unexpected Ensemble pour traduire discographiquement l'impact de l'Afrofuturisme de Sun Ra sur son propre travail. Ainsi, le boss de Mathematics Jamal Moss s'est mis en tête de diriger un ensemble jazz constitué de Marshall Allen, Daniel Carter, Greg Fox, Shelley Hirsch, Shahzad Ismaily, Elliott Levin, Rafael Sanchez et Ben Vida et d'en déconstruire consécutivement le résultat obtenu afin de stimuler tout du long de We Are Not The First, à paraître aujourd’hui, ce que peut être un cerveau fraîchement reprogrammé, déstabilisant l'auditeur par le truchement combiné d'un désordre spontané et d'improvisations modulaires. Un bordel innommable en somme mais foutrement délectable, que la mise en images signée Georgia de l'hymne Fuck The Ghetto / Think About Outer Space rend carrément essentiel. Un disque de plus pour Hieroglyphic Being donc, mais un disque complémentent à part de ses marottes expérimentales, charriant plus du côté du free-jazz que de l'acid-house pétée.

Vidéo (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

Hieroglyphic Being & J.I.T.U. Ahn-Sahm-Buhl - We Are Not The First (RVNG Intl., 30 octobre 2015)

01. Apes & Ages
02. Civilization That Is Dying
03. Cybernetics Is An Old Science
04. Brain Damage
05. Three Days More
06. Fuck The Ghetto / Think About Outer Space
07. Universe Is A Simulation
08. Pussy Thumper
09. Cimetière des Innocents
10. Root Of
11. We Are Not The First

RVNG Intl.


Jeffrey Lewis & Los Bolts - Back To Manhattan

JEFFREY LEWIS & Los Bolts

Jeffrey Lewis est ces musiciens qui, lorsqu'ils sortent un disque ou enquillent les dates de concert, ne déçoivent jamais. La raison est simple : lui sait ce qu'il donne et l'auditeur sait ce qu'il attend, une sorte de rencontre parfaite, hors du temps, sur les chemins de l'anti-folk qui émaillent l’admirable Amérique, entre nonchalance viscérale et langueur inénarrable. Ainsi, lorsque l'on apprend que le désormais quadra New-Yorkais sort un album, brisant son silence discographique depuis A Turn In The Dream-Songs en 2011, inutile d'imaginer ce féru de bande-dessinée ailleurs que dans l'art qu'il maîtrise à merveille : conter des histoires à dormir debout avec un backing band, Los Bolts, aussi gracile sur sillons qu'intrépide en live. Et l'on est pas prêt de s'en lasser, en témoigne cet extrait de Manhattan, à paraître le 30 octobre prochain sur Rough Trade, justement intitulé Back To Manhattan et mis en images par Anna Bond. 100% dodelinement, 100% passion.

Vidéo

Tracklisting

Jeffrey Lewis & Los Bolts - Manhattan (Rough Trade, 30 octobre 2015)

01. Scowling Crackhead Ian
02. Thunderstorm
03. Sad Screaming OId Man
04. Back to Manhattan
05. Avenue A, Shanghai, Hollywood
06. Outta Town
07. It Only Takes a Moment
08. Support Tours
09. Have a Baby
10. Athiest Mantis
11. The Pigeon


Rafael Anton Irisarri - Hiatus (PREMIERE)

Rafael Anton Irisarri 3

Moitié d'Orcas (lire), qu'il partage avec un autre faiseur de rêves Benoît Pioulard, le compositeur américain Rafael Anton Irisarri a dévoilé via Room 40, le label de l'Australien Lawrence English, son sixième LP dénommé A Fragile Geography. Du moins numériquement puisqu'encore une fois, comme nombre de sorties attendues émanant de labels indépendants, la qualité du pressage vinyle n'est pas au rendez-vous : un problème récurrent dont l'explication a largement été exposée au cours de notre dernier éditorial (lire). Véritable épreuve de force pour son auteur qui aura mis plus de deux ans à l'achever, A Fragile Geography s'intime tel le nœud gordien qu'Irisarri, et par métaphore l'Amérique, refusera toujours de trancher, entre tumulte quotidien et aspiration à la plénitude. Perdant dans un déménagement précipité de Seattle à Big Apple, puis du fait d'un vol de matériel, la plupart de ses premières ébauches, le néo-New-Yorkais a du reprendre à zéro son disque, impulsant avec un oeil neuf la trame de celui-ci, à l'ambient drone majestueux, symboliquement perçu par son auteur telle une réflexion culturelle sur le destin d'un pays à la fois confronté à sa propre violence et recelant paradoxalement d'une flopée de paysages à la beauté rassérénante. Œuvre monolithique aboutie, au souffle continu et à la spécialisation sans cesse extensible, telle une lumière ondoyante se répandant envers et contre tout sur l'obscurantisme, A Fragile Geography gravite autour du morceau pivot Empire Systems, que l'immédiat contre-point Haitus, dont la mise en images admirablement signée Sean Curtis Patrick est à découvrir ci-après, met remarquablement en relief.

Vidéo (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

Rafael Anton Irisarri - A Fragile Geography (Room 40, 16 octobre 2015)

01. Displacement
02. Reprisal
03. Empire Systems
04. Haitus
05. Persistence
06. Secretly Wishing For Rain


Sneaks - X.T.Y.

Eva Moolchan de Sneaks dégoise enfin sa première vidéo réalisée pour X.T.Y., réalisée par Ryan Florig, après la parution de son album Gymnastics sur Danger Records.

Jeremy de Danger a plus qu'un avis sur la question : "Je suis tombé sur le projet Sneaks en août 2014, lorsque qu'une amie de Washington, qui écrit également dans Making Waves, a mis en ligne un live de son nouveau groupe Peoples Drug. Sneaks partageait l'affiche. J'ai pu écouter quelques titres par cette vidéo - ce qui devait être le premier ou second show de Sneaks chez un disquaire. Très vite, j'ai essayé de la contacter, elle n'avait pas encore de bandcamp, elle n'avait pas sorti sa tape. Puis de fil en aiguille, elle m'a envoyé sept titres qui allaient faire l'objet d'un pressage sur Sister Polygon. L'idée de sortir ces titres en vinyl incluant des inédits m'a semblé naturelle. Son LP Gymnatiscs est sorti dans le cadre du fest Danger pour les deux ans et pour sa mini tournée de sept jours en France, en juin 2015. Eva est une jeune étudiante d'art de vingt piges qui voue un culte au vieux hip hop des 80 et à L7, qui reste un de ses groupes fétiches. Je dirais que j'ai rarement entendu un truc comme ça. Elle utilise des codes de l'electroclash, d'ailleurs Impose l’a comparée à LE TIGRE. Villa S a du early Kills meet Sleaford Mods. J'ai entendu ESG, je suis pas super ok, Bush Tetras, pourquoi pas. Sneaks est beaucoup moins groovy et funky, les boîtes à rythme font très breakbeat. La basse omniprésente y est pour beaucoup, bien tranchante, saccadée en même temps, rudimentaire... punk ! Bref, une sorte de poésie post punk minimaliste ?"

Vidéo

Tracklisting

Sneaks - Gymnastics LP (Sister Polygon / Danger Records, 2015)

01. Tough Luck
02. X.T.Y.
03. New Taste
04. No Problem
05. Red
06. Down In The Woods
07. True Killer
08. This Is
09. Figure 8
10. Someone Like That

Sneaks