Jamie Harley l'interview & sélection vidéos 2010

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Si l'on vous souffle à l'oreille le nom de Jamie Harley, spontanément, pas sûr que celui-ci vous dise quelque chose. A moins d'être biographe avisé du co-fondateur de Factory Records, Tony Wilson, et de savoir que ce citoyen de la couronne, exilé en terres franciliennes depuis son plus jeune âge, fut son neveu le temps d'un second mariage. Remarque, suffisait-il d'avoir lu le récent portrait dressé par Jean-François Le Puil, à l'occasion d'un bilan de fin d'année par le mensuel Magic (lire), pour s'en étonner et comprendre quel type de figure tutélaire modela les horizons de notre homme. En revanche, si l'on couche sous vos yeux - bientôt ébahis - les noms de Memoryhouse (Heirloom, Lately (deuxième), Bonfire) d'How To Dress Well (Ready for the Word, Lover's Start...), de Memory Tapes (Bicycle), de Twin Shadow (Castles in the Snow) ou encore de Museum Of Bellas Artes (Watch the Glow), et que l'on vous dit que Jamie Harley en est l'unique promoteur visuel, votre mémoire, si joueuse, époussettera ipso facto les délicieuses réminiscences entourant l'ensemble de ses clips, construits, peu ou prou, selon une même ligne directrice, celle d'un found footage en pleine recrudescence. De l'avis de tous, Jamie Harley en est le maître incontesté. Rendue désormais possible et accessible à tous par la mise à disposition globalisée d'archives numériques, documentaires et cinématographiques, cette récupération de "pellicules impressionnées" à des fins différant de leur origine tient sa pratique et sa conceptualisation des situationnistes et de l'internationale lettriste cofondée par l'illustre Isidore Isou. Ce proche de Guy Debord a, entre autres, réalisé le fameux Traité de bave et d'éternité, réputé pour avoir provoqué un violent tumulte lors de sa projection au Festival de Cannes du fait d'une dissociation de sa bande-son et de sa bande-image. Revitalisant la technique, mais contrecarrant cet effet "discrépant", Jamie Harley retravaille la bande-image pour que celle-ci épouse dans ses moindres détails, tel un scopitone fantasmé, une bande-son déployée par les groupes pour lesquels il s'investit. L'image première est décontextualisée, détournée, mais aussi remontée et retraitée en fonction des divagations musicales. Parfois ralentie, dédoublée, saturée, inversée ou même superposée, l'image n'est plus alors comprise en tant qu'expérience filmique, son auteur-électeur se soustrayant à leur tournage, mais bien telle une quantité numérique à la plasticité infinie. Si un trouble halo aux volutes oniriques s'en empare, une liberté stylistique absolue s'en dégage : celle d'accentuer l'émotivité dont témoignent les individus-acteurs pris tels quels comme sujet. La joie, comme l'angoisse inondant un visage, paraissent éternels, quand les corps, confrontés aux vicissitudes de leur environnement, semblent s'engouffrer dans une lutte immuable. Dans Lover's Start, Brel n'est plus Brel, mais bien l'homme personnifiant la fuite éperdue dans l'infini céruléen des côtes du nord.

Dans la mesure où les vidéos de Jamie Harley se regardent tel un songe projeté dans l'éther de ses pensées, rien d'étonnant que ses (re)créations soient si prisées au sein d'une mouvance musicale effeuillant dans toute sa splendeur l'esthétique des émotions. Réalisant de la sorte une foultitude de clips, imageant des concerts, dont ceux de la récente tournée du duo Memoryhouse (lire), avec lesquels il est quasiment assimilé, et travaillant avec How To Dress Well sur l'entièreté d'un album, , mis en images, l'année 2010 qui s'achève prend des allures de consécration artistique pour un Jamie Harley par ailleurs engagé jusqu'au cou dans l'aventure Schmooze, dont il dirige, en sus de sa direction artistique, sa déclinaison blog consacrée au défrichage musical par l'image. Rencontre avec un passionné, stakhanoviste assumé du clip, nous offrant dans ce qui suit coups de cœur et autre sélection annuelle de haute volée. Quant à Lyonel Sasso, collaborateur épistolaire d'Hartzine, c'est dans le répertoire de celui-ci qu'il pioche, histoire de fomenter un florilège déroutant de grâce.

Interview de Jamie Harley


Peux tu te présenter en quelques mots ? D'où viens tu ?

Je suis originaire du nord de l'Angleterre, de la banlieue sud de Manchester, mais j'ai presque toujours vécu en France et je me sens d'ailleurs bien plus français qu'anglais !

Comment as-tu eu l'idée de fonder Schmooze Blog ? Pourquoi un tel nom d'ailleurs ?

A l'origine Schmooze est une agence de supervision musicale (pub, cinéma, mode) dont je fais la direction artistique. Si je me souviens bien, "Schmooze" vient du nom d'un bootleg de Beck à l'époque de One Foot in the Grave. J'avais envie de créer un blog pour promouvoir les artistes que j'aime, et aussi pour montrer des formes alternatives d'associations entre image et musique.

En créant Schmooze Blog, tu cherchais une fenêtre d'exposition pour tes vidéos ?

Pour ce qui est des vidéos, j'ai commencé à en faire quelques mois après la création du blog : on ne poste jamais de mp3, et la toute première vidéo n'était qu'un prétexte pour pouvoir poster l'un des premiers titres de Memoryhouse. Comme le groupe avait apprécié le résultat, j'en ai fait une autre, et j'ai ensuite commencé à recevoir des demandes pour en faire pour d'autres artistes. Et de fil en aiguille, j'ai fini la 37ème la semaine dernière !

J'ai assisté avec bonheur au concert de Memoryhouse (voir) au Point FMR où tes vidéos défilaient en toile de fond. Explique-moi tes relations avec le groupe et l'idée qui a présidé à la poursuite de ce projet. Comment choisis-tu les artistes avec qui tu décides de travailler ?

C'est agréable d'avoir la possibilité d'une collaboration un peu suivie avec un groupe. Que ce soit avec Memoryhouse ou How To Dress Well, la relation s'est installée de façon très naturelle. Sans doute parce que j'ai commencé à travailler avec eux dès leurs débuts. On va faire un concert avec How To Dress Well au MoMA fin février et le travail avec Memoryhouse se poursuivra au moment de la sortie du premier album. Je ne choisis les artistes avec lesquels je travaille qu'en fonction de mes coups de cœur, mais il faut aussi que j'ai le sentiment de pouvoir apporter quelque chose.

Dans une blogosphère sans fond, quels sont les amis de Schmooze Blog ?

C'est très dur de n'en citer que quelques uns, mais voici les premiers qui me viennent à l'esprit : Transparent, The Line Of Best FitGrrrizzl'y, Wow magazine, Yvynyl, No modest bear ou Yours Truly.

Avec Lisa Ehlin, vous êtes les deux seuls contributeurs récurrents de Schmooze Blog. Comment choisissez-vous les contributeurs occasionnels ? Quel est le futur proche de Schmooze Blog ?

Les rôles ne sont pas figés, mais en général je fais les sélections quotidiennes de nouveautés et Lisa s'occupe des invités à qui l'on demande de choisir et de commenter certaines de leurs vidéos préférées. On choisit bien sûr nos "guests" parce qu'on aime ce qu'ils font, mais aussi parce qu'on pense que leurs sélections seront intéressantes. Il va certainement y avoir de nouveaux contributeurs dans les semaines qui viennent, et davantage de rédactionnel.

Confectionnés à partir d'images d'archives, d'ancien films et programme TV recyclés, les clips véhiculés par Schmooze Blog sont-ils spontanément DIY ou est-ce un effet recherché ? Quels rapports vois-tu entre esthétique visuelle et musicale ?

Je trouve que les clips sont devenus très ennuyeux au cours de la décennie précédente. Les budgets ont tellement baissé qu'il est aujourd'hui quasi-impossible pour un réalisateur de ne faire que ça, et beacoup ne voient dans le clip qu'un tremplin pour faire autre chose. Les fan-videos et les vidéos faites à partir d'images d'archive ont ramené une sorte d'innocence, de fraîcheur et de spontanéité. Et je continue de croire au clip en tant qu'objet artistique à part entière, et pas seulement comme un outil de promotion pour vendre des disques.

Une sélection 2010 commentée, par Jamie Harley

Voici une sélection de quelques coups de cœur ayant marqué mon année 2010.

Greatest Hits - Ambulence :

Alice Cohen est l'une des mes réalisatrices préférées, son style se reconnaît instantanément et c'est une qualité rare.

Therapies Son - Golden Girl :

Un grand espoir pour 2011. Alex Jacob a 19 ans, vit à Los Angeles et enregistre sous le nom de Therapies Son des merveilles de pop baroque.

Hallucinists (Music by The Octopus Project) :

Des images qui restent en tête et qui s'accordent à la musique à la perfection. Une bonne vidéo, quoi.

Coma Cinema - Blissed :

Une autre association parfaite entre un musicien et un réalisateur (Coma Cinema et Tyler T Williams). Je vois beaucoup plus le clip comme une collaboration que comme un simple outil de promotion.

Gem Club - Spine :

J'adore cette association entre Gem Club et BrIanna Olson qui réalise toutes les vidéos du groupe. Il n'y a rien de fait pour le viral là-dedans, juste des moments de grâce.

Cloud Nothings - Hey Cool Kid :

Une vidéo de fan qui surclasse sans peine l'officielle, et le morceau m'a poursuivi toute l'année.

Outer Limits Recordings - $20 Dollar Bill :

Outer Limits Recordings, où comment être cool sans donner l'impression du moindre effort pour l'être.

Bonus

Ice Cream Shout - Tattooed Tears :

Love Lake - Curses :

Une sélection des clip de Jamie Harley, par Lyonel Sasso

Trente-sept vidéos en un peu moins d'un an. Il fallait l’œil expert et la prose volubile de Lyonel pour décrypter et sélectionner cinq vidéos aussi essentielles que ne le sont les morceaux dont elles sont bien plus qu'une simple illustration par l'image.

A Classic Education - Gone to Sea

Cette chanson d' A Classic Education est un bain de jouvence, une eau pure. Finalement la mer transporte toutes les histoires, toutes les mythologies. L’Océan ambassadeur de la vie, de la fertilité – de l’amour. Ce fragment d’innocence, Jamie Harley le retranscrit parfaitement ici. La vidéo suit parfaitement l’intensité rythmique de la composition. Harmonie des îles, mouvement incessant des vagues, visages radieux – tout y est. On navigue à perte de vue comme dans l’image finale. Une jolie illustration de l’innocence.

Memoryhouse - Bonfire

La musique est ample, évanescente. Elle se détache du réel. Seule la voix, profonde, de Denise Nouvion nous rapproche de quelque chose de tangible. Visuellement, il n’y a rien de plus difficile à retranscrire. Ici, on est dans une impression de la réalité. Les lueurs blondes d’une émotion. Une vidéo faite de vapeurs, de liquides et de chairs. Sublime, tout comme la chanson de Memoryhouse. Une douce valse pastorale magistralement orchestrée visuellement par Jamie Harley. Au passage, je soupçonne la culture cinématographique du monsieur immense …

How to Dress Well - Lover’s start

Violente rafale mélodique, la composition de How to Dress Well demandait une grande impression visuelle. On en a du sel sur le visage en regardant ce long plan séquence. Bleu comme la nostalgie et la tristesse. Final bleuté - c’est un parcours, le long d’une plage, d’un adieu. D’une liberté retrouvée. Brel finit par lâcher les oiseaux avant de se livrer à l’océan. Quelle puissance poétique, assurément ma vidéo préférée.

Lonely Galaxy - Time

Les vieilles vidéos d’enfance ont ce rapport à l’ineffable, à la nostalgie et l’étrange sensation du temps qui fuit. La montée mélodique offerte par Lonely Galaxy est l’équivalent de tous les souvenirs qui nous remontent à la gorge lorsque l’on goûte à ces madeleines visuelles. Cette vidéo est terriblement émouvante et est superbement mis en forme par Jamie Harley.

Memoryhouse - Lately (deuxième)

La chanson est sublime. Ce qui pourrait amplement suffire pour tout commentaire. D’ailleurs comment dépasser la puissance émotionnelle de pareille composition avec des mots ou des images ? Enfin, ce qui me plaît là, est finalement très personnel. Je repense aux romances et séquences évanescentes d’Histoires de Fantômes Chinois, film fantastique parfois sublime, parfois grotesque. Une ambiance à la fois sensuelle, mystique et kitsch. Cette musique est d’un charnel redoutable. Jamie Harley compose un visuel au diapason. Redoutablement ensorcelant.


Coma Cinema - L'interview

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C'est écrit en tout petit dans le bas du contrat : quand on décide de dédier tout ou partie de ses jours à la chronique musicale, on s'expose également à quelque déception. On accepte indirectement la possibilité de se voir couper dans son élan, de se voir refuser quelque requête qui nous tient à cœur ou d'attirer l'indifférence ou les critiques d'aucuns. Pire encore, à l'instar de Bill Pritchard qui, après son entretien avec son idole Françoise Hardy, avait indiqué au verso de l'album Parce que « If you get the chance, destroy your myths by meeting them », la rencontre virtuelle ou non avec l'artiste peut également détruire l'admiration qu'on lui vouait jusqu'alors. Heureusement, il y a aussi les entretiens qui nous surprennent ou qui nous enchantent tout simplement comme celui-ci. Ainsi, quelques semaines avant la sortie du très attendu Blue Suicide, Mat Cothran (Coma Cinema) répond aux questions d'Hartzine. Avec humilité et sincérité. Et plus rien ne sera jamais comme avant.

Coma Cinema l'interview

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Qui es-tu Mat Cothran ?
Who are you Mat Cothran?

Je suis un homme qui joue de la musique et qui chante des chansons.

I'm a human boy that plays instruments and sings songs

Quel a été ton parcours avant Coma Cinema ?
What did you do before Coma Cinema?

Je n'ai pratiquement aucun souvenir de ce que je faisais de mon temps libre avant le début de Coma Cinema. J'étais plutôt jeune (15 ans) donc avant cela je passais beaucoup de temps à écouter les CD de mes parents.

I have almost no recollection of what my free time consisted of before Coma Cinema started. I was pretty young (15) so before that I spent a lot of time listening to my parents CDs.

Quelle vision as-tu de cette profession ? Est-il possible d'en vivre selon toi plus facilement ou plus difficilement qu'avant ?
How do you perceive this profession? In your opinion, is it easier or harder to live on it than before?

En fait, je ne considère pas du tout la musique comme une profession. Jamais un enregistrement ne m'a rapporté d'argent, ce qui me convient parfaitement. Il était sans doute plus facile de vendre un disque avant l'accès gratuit à la musique sur le net, mais je préfère la gratuité. L'argent détruit l'esprit et tue les vraies valeurs de l'art.

Well I certainly don't see it as a profession. I've never earned any money from a recording, which is fine by me. I feel like you probably had a better chance to sell a record before the internet made music free, but I like free better. Money destroys the spirit and kills real value in something like art.

Pourquoi tes morceaux sont-ils si courts ? Est-ce une volonté de ta part ?
Why are your tracks so short? Did you do it on purpose?

Sur le premier album, si les morceaux sont si courts c'est parce que je ne savais pas encore comment étoffer musicalement une idée. Mais ils sont de plus en plus longs ! Sur le nouvel album, il y a une chanson de plus de quatre minutes, et j'apprends à être patient et à laisser traîner mes idées quelque temps pour mieux leur donner corps. Ceci dit, j'aime les chansons courtes, ce n'est jamais une bonne idée d'allonger une chanson lorsqu'une minute ou deux suffisent à véhiculer l'idée.

On the first record most of the tracks are so short because I still hadn't learn how to really flesh out an idea musically. They're getting progressively longer though. The new album has a song that's over four minutes, and I'm learning to be patient with my ideas and give them time to hang out awhile. I do love short songs though, it's never a good idea to lengthen a song if the idea is small enough to be conveyed in a minute or two.

Penses-tu à l'interprétation « live » lorsque tu crées une chanson ? Aimes-tu interpréter tes morceaux sur scène ?
When you create a song, do you think about how you're going to sing it on stage? Do you enjoy performing your songs?

Je ne pense pas à l'interprétation avant d'y être forcé. Je n'ai jamais eu de groupe très assidu et le va-et-vient incessant fait que je n'ai pas de base solide sur laquelle m'appuyer pour la scène. J'adore interpréter mes chansons devant des gens et il y a un côté de l'interprétation que je n'arriverai jamais à reproduire en studio. Nos concerts sont très énergiques et laissent beaucoup de place à l'improvisation, alors que les enregistrements sont un peu plus calmes et définitivement structurés.

I don't even consider performance until I have to. I've never had a very dedicated band and people are coming and going all the time so there's never a good foundation to build on for a performance. I do love to play the songs for people and I feel like there's a nature to that I'll never be able to replicate in a studio. There's a lot of energy in our shows and a lot of improvisation, while the recordings are a little more subdued and definitively structured.

Blue Suicide est plus « cohérent » que tes deux précédents albums : les morceaux s'imbriquent parfaitement les uns aux autres. C'est une volonté ? Si oui, pourquoi en avoir répandu son contenu sur le net au fur et à mesure ? ?
Blue Suicide seems more "consistent" than your two previous albums: the songs fit perfectly into each other. Is it a will? In that case, why have you spread its content little by little on the net?

Je pense que mon état mental était bien plus stable pour cet album que pour les deux premiers. J'ai essayé de faire attention à la manière dont les chansons s'écoulaient dans leur ensemble et de faire un truc qui ne s'affaisse pas en plein milieu comme c'est souvent le cas (même pour des albums que j'adore). Pour moi, répandre mes chansons sur le net au fur et à mesure était juste une façon amusante de permettre aux gens de les entendre. C'est chouette d'être en attente et c'est toujours cool d'écouter un single et de découvrir plus tard comment il s'intègre dans la représentation plus complète de l'album.

I feel like I was in a much more stable place mentally when I was making this record than I was making the first two. I tried to pay attention to how the songs flowed as a whole and make something that didn't get dull in the middle like so many records do (even records I'm really fond of). I think spreading it little by little is just a fun way to let people hear it. It's nice to have things to look forward to and it's always cool when you hear a record's singles and then later get to hear how they fit into the larger picture of the album.


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Her Sinking Sun est la meilleure chanson de 2010 pour moi... Comment l'as‑tu conçue ? Est-ce toujours le même schéma de composition pour les autres morceaux ?
According to me, "Her Sinking Sun" is the best song of the year 2010... How did you conceive of that song? Do you always use the same writing structure for all the songs?

C'est très gentil de ta part. Bizarrement, c'est la chanson que j'ai mis le moins de temps à enregistrer et elle a été entièrement conçue en plus ou moins une heure. J'ai essayé des loops et des samples et j'ai commencé à façonner le principal loop à partir d'un sample de ma voix. En fait, toute la chanson, mis à part la batterie et une ligne de synthé, est constituée de samples de voix. J'utilise un processus différent pour chaque chanson que j'enregistre. J'enregistre dans de nombreuses maisons et pièces différentes et mon organisation n'est pas toujours très cohérente.

That's incredibly kind of you. Oddly enough that song took the least amount of time to record and was kind of all conceived in an hour or so. I had been experimenting with loops and samples and started building the main loop from a sample of my voice. The entire song actually, outside of drums and a synthesizer line, is made up of vocal samples. Every song I record is different though in the process. I record in a lot of different houses and rooms where I live and my set up doesn't stay very consistent.

Quel est le fil conducteur de Blue Suicide ? Qu'est-ce qui t'a hanté, habité pendant toute sa conception ?
What is the main thread of Blue Suicide? What haunted you during its creation? What was your state of mind?

C'est un genre de commentaire sur l'état des choses, je pense. Le premier morceau, Business as Usual, expose en quelque sorte toute la problématique liée aux aspects foireux de l'art et de l'humanité. J'ai l'impression que les gens évoluent avec toute cette souffrance intérieure sans savoir qu'en faire et une bonne partie de l'album parle de cela. Aussi austère que cela puisse paraître, c'est pourtant l'album le plus gai que j'ai enregistré. Il y a aussi des chansons joyeuses.

Le dernier album Stoned Alone était beaucoup plus thématique ; la plupart, voire toutes les chansons se rapportaient à la même situation et aux mêmes personnes dans ma vie. Par contre, cet album englobe toutes les différentes choses que je vois ou que je ressens. Je suis beaucoup plus sobre et réceptif maintenant que je ne l'ai été, ce qui fait que j'écris moins sur moi et plus sur les autres personnes et sur d'autres sortes d'expériences.

It's sort of a commentary on the state of things I think. The first track "Business as Usual" kind of lays out this whole scenario of how fucked up things are in art and humanity. I feel like people are walking around with all this internalized suffering and don't know what to do with it and a lot of it is about that. As bleak as that kind of sounds though it's by far the most upbeat thing I've done. There are happy songs in there too.

The last record Stoned Alone was much more thematic, with most if not all of the songs being about the same situation and the same people in my life, but this record is more encompassing of the different things I see or feel I guess. I was and am much more sober and aware now then I have been so my focus shifted from myself a lot to writing about other people and other kinds of experiences.

Comment as-tu enregistré Blue Suicide ?
How did you record Blue Suicide?

Par miracle, je pense. Cela fait des années que mon matériel rend l'âme à petit feu mais cette année il commençait vraiment à tomber en ruine. L'album a été entièrement enregistré à l'aide de deux micros SM 57 reliés à mon enregistreur numérique. Je m'y retrouve assez bien dans tout mon bordel. J'utilise le même matériel depuis presque cinq ans mais je ne pourrai probablement pas l'utiliser pour un autre album, il est trop naze.

By some kind of miracle I think. All my equipment has been dying for years but this year it really started to give up the ghost. The record was entirely recorded using two SM 57 microphones into my digital recording machine. I feel like I know my way around my shitty equipment pretty well by this point. I've been using the same gear for five years nearly, but I probably won't be able to make another record with this set up, it's just too fried.

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De quoi parle Desolation's Plan ?
What is Desolation's Plan about?

Ça parle de faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter le besoin constant que l'on a de baisser les bras. J'ai l'impression que la fainéantise et l'ennui sont naturels chez l'être humain. Il faut faire beaucoup d'efforts pour être heureux, ça n'arrive pas comme ça ! Je ne sais pas si on est prédestinés à avoir une bonne vie. Pour moi, il n'y a rien de bon si on ne le crée pas soi-même.

To me it's about doing whatever possible to avoid the constant need to give up and just not try anymore. I feel like laziness and boredom is the natural state of being human. You have to try really hard to be happy, it doesn't just happen. I don't know if we're meant to have good lives. I don't feel like anything good comes without creating it yourself.

Tu es très prolifique... Comment trouves-tu les inspirations pour Coma Cinema et tes autres projets ?
You're very prolific... How do you find all the inspirations for Coma Cinema and your other projects?

Sans vouloir tomber dans le mélodramatique, si je ne remplissais pas mon temps avec tous ces projets, chansons et choses, je ne sais pas ce que je ferais, mais probablement des trucs hallucinogènes jusqu'à ce que mon cerveau fonde et sorte de mes oreilles. Rester occupé m'aide à rester vivant.

Hopefully this won't sound too melodramatic but I if I didn't fill up my time with all these projects and songs and things I don't know what I'd do and probably would do some kind of hallucinogenic until my brain leaked out of my ears. Staying busy helps me stay alive.

Parle-nous un peu de Teen Porn...
Can you tell us a bit about Teen Porn...

Haha ! Au début, Rachel Levy (de Kiss Kiss Fantastic) et moi voulions juste nous marrer en écrivant des chansons qui foutent les jetons, mais quand j'ai entendu ce qu'elle parvenait à faire avec la musique que je créais, j'ai vraiment été touché. On a beaucoup bossé sur l'album de Teen Porn. On a essayé de créer la musique la plus maléfique possible. J'aime beaucoup la musique sombre, le black metal et tous les trucs de maison hantée qui vont avec, et sa voix est si parfaite dans presque tous les registres, elle a un sacré talent.

Haha! It just started as a way for me and Rachel Levy (of Kiss Kiss Fantastic) to fuck around and make some creepy songs but when I heard what she was doing with the music I was building it really affected me and we've been working really hard on the Teen Porn album, just trying to make the most evil music we can. I'm really into a lot of dark styles of music, black metal and the whole haunted house thing that's been going on, and her voice is so perfect for almost anything, she's incredibly talented.

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As-tu d'autres side-projects de la sorte ?
Are you implied in other side-projects of the same kind?

J'essaye d'aider les groupes de mes amis dès que je peux. Pour le moment, je bosse sur une chanson avec Pandit du Texas et Blackbird Blackbird de Californie. C'est assez génial.

I try to help out my friend's bands whenever I can. I'm currently working on a song with Pandit from texas and Blackbird Blackbird from California that's pretty rad.

Pourquoi avoir créé ton blog-label, Summertime in Hell ? Une initiative « entre amis » ? Tu l'imagines sur la durée ?
Why did you create your blog-label Summertime in Hell? Is it an initiative you took "among friends"? Do you think it will last?

C'est une initiative que j'ai prise pour filer un coup de main aux musiciens auxquels je tiens. Ça a été un succès, à ma grande surprise, mais ce n'est pas vraiment une entreprise sérieuse. Je pense que tant qu'il y aura de la musique à faire connaître, le label continuera d'exister, et je ne vois pas cet aspect de ma vie disparaître. J'aimerais mieux l'exploiter (vinyles, etc.) mais je n'ai tout simplement pas assez d'argent pour le faire. Mais peut-être un jour, qui sait ?

It was definitely an initiative that I took to help out the music of people I care about. It's been surprisingly successful but it's not a serious business venture or anything. I think it's going to last as long as there is music to give away and I don't see that aspect of my life going anywhere. I'd like to do more with it (vinyl etc) but there's just no money to do those types of things. Maybe someday though!

Comment vois-tu ton avenir, Mat ?
How do you see your future, Mat?

Avec un optimisme prudent et cynique.

With cautious, cynical optimism.

Retrouvez la chronique de Blue Suicide en cliquant par .

Vidéos


Rachel Levy - L'interview

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Rachel Levy, artiste déjantée qui vit à Los Angeles et amie d'enfance de Mat Cothran, prend quelques minutes de sa journée pour répondre à nos questions et présenter en exclusivité pour Hartzine Wilder, le nouveau titre de Teen Porn, avant de retourner sur facebook, twitter, tiny chat, courir sur la plage et dormir dans un parking.

Comment es-tu devenue musicienne?
How does it come that you're musician?

On passait beaucoup de musique classique à la maison pendant mon enfance. Mes premiers souvenirs remontent à des nuits bercées par les cassettes des Quatre Saisons de Vivaldi ou de la 6e Symphonie de Beethoven.A lot of classical music was played in my house growing up. My earliest memories are falling asleep nightly to Vivaldi's The Four Seasons and Beethoven's 6th Symphony via cassette tape

Y a-t-il un morceau ou un musicien qui t'a poussé à faire de la musique ?
Is there a song or a musician who influenced you to do music?

Non, pas en particulier. J'ai toujours été émue par la belle musique, peu importe laquelle.
Nothing in particular. I've always been easily moved by beautiful music, doesn't matter what.

Tu as de multiples projets musicaux : Kiss Kiss Fantastic, Teen Porn, Gay Boiz, Persona LA Ave, Kitteh Fur... Lequel est le plus important pour toi ?
You have a lot of musical projects... Kiss Kiss Fantastic, Teen Porn, Gay Boiz, Persona La Ave, Kitteh Fur?  Which one is the most important to you?

Mon dieu, question suivante ! Impossible de répondre. Je les aime tous.
Oh my god! next question! Impossible. Love them all.

Dis-m'en plus sur tes procédés de création dans Kiss Kiss Fantastic et Teen Porn, qui fait quoi ?
Tell me about the creative process... Who makes what, in Kiss Kiss Fantastic and Teen Porn?

Dans Kiss Kiss Fantastic, Jeremy et moi échangeons des idées musicales par email ou parfois par téléphone. Il m'envoie quelque chose, je chipote ou ajoute d'autres idées et lui renvoie. Le processus se répète jusqu'à l'achèvement du morceau. Jeremy joue de la guitare/batterie/voix. Je joue du synthé/voix/trompette/etc. Dans Teen Porn, Mat amène un morceau qui tue. J'ajoute quelques paroles et mélodies vocales, parfois des synthés. Nous envoyons ensuite le résultat à Satan pour approbation.
For Kiss Kiss Fantastic, Jeremy and I throw around musical ideas via e-mail or sometimes on the phone about what we want to do. He'll send me something. I'll mess with it or add ideas and send it back. We repeat the same process until song is complete. Jeremy plays the guitar/drums/vox. I play the synth/vox/trumpet/whatever.For Teen Porn, Mat comes up with the killer tracks. I'll add some demented lyrics/vocals, sometimes synth. We then send it to Satan for approval.

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Tu en es où dans ces projets ? Tu enregistres un album ou tu évolues au jour le jour ?
How far have you got with both of the projects? Are you recording an album or do you enjoy doing music on a day-to-day basis?

Si je ne faisais pas de musique au jour le jour, je me tuerais. Je serais une vraie feignasse. Mais avec KKF, Teen Porn et Gay Boiz, nous sommes en train d'enregistrer un album pour le moment.
If I didn't do music on a day-to-day basis, I'd kill myself. I'd be lazy as fuck. KKF, Teen Porn, and Gay Boiz are working on a full length album currently.

Dans Violet, tu dis « If I had dreams, I'm sure I'd share them with you »...Tu peux partager quelques-uns de tes rêves avec nous ?
In Violet you say "If I had dreams I'm sure I'd share them with you"... Could you share some of them with us?

Jouer de la musique avec mes meilleurs amis, dépenser mon argent, traverser le monde et les galaxies.
Play music forever with my best friends, give all my money away, travel the world and the galaxies.

Comment as-tu rencontré Mat Cothran?
How did you meet Mat Cothran?

Nous avions cours de science ensemble en 4e dans la classe de Madame Hetherington. Il m'a fait passer un petit mot et nous avons été collés. Nous sommes devenus d'excellents amis. C'est vrai.
We had 8th grade science together in Mrs. Hetherington's class. He passed a note to me and we totally got detention. We became best friends. Seriously.

Ta vision de la musique est-elle différente depuis que tu as rencontré Mat ?
Is your vision of music different since you met Mat?

Absolument. Mat est la personne la plus talentueuse que je connaisse. Sa musique vient droit du cœur, magnifiquement sincère et vraie. C'est un héros musical.
Definitely. Mat is the most talented person I've ever known. His music is straight from the heart, beautifully honest, and real. He is a musical hero.

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Comment définirais-tu ton style ?
How would you define your pop style?

Tout est une question de mélodies et d'harmonies.
I'm all about melodies and harmonies.

Y a-t-il un groupe dont la carrière est un exemple pour toi ?
Is there a pop band or singer whose carrier is an example to you?

THE BEACH BOYS

Être un artiste en Amérique, c'est comment ?
How is it to be an artist in America nowadays?

C'est n'importe quoi. Tout le monde peut être un artiste s'il a un ordinateur portable et une chambre pour enregistrer.
It's whatever, dude. Anyone can be an artist if they have a laptop and a bedroom to record in.

rachel3rachel21

Que penses-tu du côté visuel de la musique ? Est-il important pour toi ?
What do you think of the "video side" of music? Is it important to you?

Il peut avoir un grand pouvoir quand il est pertinent. Je trouve que Tyler T Williams et Jamie Harley conçoivent des vidéos/images qui placent l'artiste ou la chanson à un niveau supérieur.
It can be very powerful when done 'right'. I think Tyler T Williams and Jamie Harley do killer visuals/videos that always enhance the artist/bring the song to a new level.

Penses-tu tourner en Europe ?
Are you planning to tour in Europe?

J'aimerais beaucoup mais $$$$$ !
Would love to but $$$$$!

A quoi ressemble une journée de Rachel Levy ?
How does a "Rachel Levy day" look like?

4h30 Réveil
4h50-6h40- Je vais au boulot en écoutant des morceaux ou je cherche des idées pour mes projets, je bois du café
7h-7h30 Je m'assoupis dans un parking de Starbucks
8h-15h Je travail dans une école ---->facebook/tweet/café/joue à Four Square
16h-18h Je vois ma famille, je cours sur la plage puis retourne chez moi
19h-22h Je profite de mon mari, travaille mes morceaux
23h-2h Détente ---> tinychat

4:30 AM- Alarm
4:50-6:40- Drive to work ---> listen to tunes/work on ideas for tunes/drink coffee
7-7:30 Nap in Starbucks parking lot
8-3 Work at School ---->facebook/tweet/drink coffee/play 4 square
4-6 Kick it with family, run on beach, drive home
7-10 Kick it w/ husband, work on tunez
11-2 am Chill ---> tinychat

Peux-tu nous présenter ton nouveau morceau ?
Could you introduce the fresh tune to us?

Wilder par Teen Porn
Vidéo de Fabien Le Gourrierec
La chanson est inspirée d'une histoire de fantômes d'Anne Wilder

Wilder by Teen Porn
Video by Fabien Le Gourrierec
Song is based on a ghost story by Anne Wilder

Veux-tu ajouter quelque chose ?
Is there something else you'd like to say?

Je vous aime tous ! <3!
I love you all! <3!

Retrouvez la chronique du split vinyle, récemment paru sur Amdiscs, de Teen Porn et Coma Cinema ici.

Audio

Teen Porn - Wilder

Vidéo


Jeans Wilder l'interview

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Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut... Je suis Andrew, les gens me connaissent en tant que Jeans Wilder. J'adore me défoncer en regardant Seinfeld. Parfois, je fais de la musique. Ha !

Si tu devais définir ta personnalité en trois mots, quels seraient-ils ?

Honnête, charmant et paresseux.

Peux-tu m'expliquer pourquoi "Jeans Wilder" et pas "Andrew Caddick and Melissa Duenas" ? Parle moi de ce nom... qui est Jeans Wilder ?

Et bien, Melissa était juste batteuse sur les concerts pendant deux mois et n'a joué sur aucun des enregistrements... Je n'ai jamais aimé jouer sous mon propre nom, c'est pour ça que j'utilise un pseudonyme. Jeans Wilder est juste un jeu de mots sur Gene Wilder, l'acteur... Ce jeu de mots battait tous les autres noms que j'avais en tête...

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Comment est venu l'idée de créer Jeans Wilder ?

J'ai accumulé beaucoup d'énergies négatives à force de travailler à fond dans un job stressant... Je me suis alors investi dans Jeans Wilder uniquement pour me décharger de mes frustrations avec le monde extérieur... et pour ne pas finir par me tuer.

Parle-moi du processus créatif, qui fait quoi ?

J'écris, joue, enregistre et produit tous. Sauf les samples que je peux utiliser.

Quelles influences introduis-tu dans les chansons de Jeans Wilder ?

Au départ, le groupe était très "Jana Hunteresquement" sombre, un peu folk sur les bords. Maintenant, c'est plus du doowop rencontrant les Beach Boys... Une juste progression naturelle non ?

Comment définirais-tu ta musique si c'était George W.Bush qui te le demandait ? Et si c'était Mick Jagger, même réponse ?

Je leur dirais juste que c'est de la musique pour taper de la cocaïne. Ils adoreraient ça.

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Si tu étais contraint à l'exil sur une île déserte, quels disques emmènerais-tu ?

Smiley Smile des Beach Boys, Jane Doe de Converge, Philosophy of the World de The Shaggs, Nigga Please d''Ol' Dirty Bastard et Speaking in Tongues des Talking Heads.

Parlons de Nice Trash... Je le trouve très réussi. Il dégage une certaine atmosphère, mélancolico-romantique. Qu'en dis-tu ?

Je l'aime beaucoup. Je suis fier du résultat. Son écriture et son enregistrement ont fait partie d'un processus très intense. Un processus qui a pris deux ans. Ça parle de moi tombant amoureux de quelqu'un. Le disque retrace du début jusqu'à la fin de l'histoire. Romantique, mais triste.

Quelles sont tes intentions avec Nice Trash ? Dis-moi en plus sur ce titre ?

Nice Trash était une private joke avec cette fameuse personne... J'étais un loser pour elle, mais un loser cool... Comme si je ne méritais rien, tout en ayant un putain de sens de l'humour à propos de cette contradiction...

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Cet album va sortir via Atelier Ciseaux et la Station Radar. Comment les as-tu rencontrés ?

J'ai commencé à travailler avec la Station Radar par l'intermédiaire de Jen Paul, une incroyable musicienne du New-Jersey, qui m'a invité à faire un split vinyle avec elle (voir par ). Ils ont aimé mes morceaux, depuis notre relation est plus étroite que jamais. J'ai rencontré Rémi d'Atelier Ciseaux, lorsqu'il m'a approché pour faire un 7"... qui a fait boule de neige jusqu'au split vinyle avec Best Coast (lire).

Est-ce que l'esthétique d'un disque a autant d'importance pour toi que la musique elle-même ?

J'aime penser ça oui... D'un côté, la musique est vraiment la raison pour laquelle tu achètes un disque. Mais le visuel et le packaging a son importance aussi... Je pense qu'ils peuvent te raconter une bonne partie de l'histoire, comme la musique.

Est-ce que Jeans Wilder est un bon groupe en live ? Quelle est la configuration des concerts ? Quand est-ce que tu viens nous montrer ça en France ?

J'ai fait pas mal de concerts en tournant aux US. C'est toujours un peu "juste" pour moi... jouant des instruments live sur des bouts d'enregistrements... J'ai eu une batteuse pendant quelque temps (Melissa Duenas donc, ndlr), mais je suis en train de monter un vrai groupe pour une tournée en Europe prévue en mars prochain.

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Peux-tu nous en dire plus sur Jacuzzi Youth ? Worthless Waste ? Daytime Television ? As-tu d'autres side-projects ?

Jacuzzi Youth est un projet chopped and screwed que je fais sur mon temps libre... Disons que je pense tout le temps à Jeans Wilder, alors c'est sympa de faire un break de temps en temps, délaisser le projet un moment en me laissant tenter par autre chose.

Worthless Waste et Daytime Television sont des projets de Jonathan Lockhart, qui en a d'ailleurs un autre se nommant Lambo Doors. Je n'ai rien à voir avec ces groupes... et si j'ai quelques side-projects en cours, il est un peu tôt pour en parler.

Qui sont les amis de Jeans Wilder ? Y a-t-il une scène aux US à laquelle tu te sens appartenir ?

Il se trouve que je suis amis avec des gens que je ne nommerai pas... Leur succès n'est un secret pour personne (lire)... Les gens aiment me taquiner avec ça, c'est bizarre... Comme si je n'étais qu'un trou du cul à cause de mon amitié avec quelqu'un. En tout cas, non, je ne me sens proche d'aucune scène en particulier...

Michael de Ghost Animals m'a déjà demandé de lui envoyer des Gauloises blondes. Qu'aimerais-tu recevoir de français dans ta boîte aux lettres ? Pareil ! J'aimerai bien des cigarettes françaises ! Et pourquoi pas un bonbon français ?

Traduction : Virginie Polanski.


A.P. WITOMSKI l'interview

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J'ai découvert A.P. Witmoski lors d'une chaude soirée d'été. L'air contenait  un doux parfum de fleurs bouillies et la route toute proche n'était plus empruntée depuis des heures. Ce soir-là, pas un brin de vent ne vint rompre le cours silencieux d'une nuit immobile remplie d'un noir enveloppant et un sentiment étrange de solitude absolue me traversa. L'instant se para alors d'une profondeur toute inaccoutumée, moment opportun me direz-vous pour saisir comme il se doit le bonheur fragile d'une plénitude retrouvée. Par hasard, à côté de moi se trouvait Nine Melodies & Other Visions et sa pochette attractive comme un clin d'œil amical approuvant mon envie d'accompagner ce temps soudainement suspendu d'une bande-son idéale... Mais qui se cache donc derrière celui qui fit de ma nuit un paradis ?

Peux-tu décliner ton identité car peu de personnes te connaissent encore ?

J'ai 29 ans, je réside à Grenoble et j'ai sorti cette année un premier album auto-produit qui s'intitule Nine Melodies & Other Visions, suivi récemment d'un nouvel EP Canionical. Je suis aussi docteur en physique.

Quand es-tu tombé dans la marmite musicale et que représente la musique aujourd'hui pour toi ?

Je pratique la musique depuis mon enfance, j'ai démarré assez tôt par le piano classique pendant une dizaine d'années. A l'adolescence, je me suis mis à la guitare et ai débuté dans mes premiers groupes au lycée, au moment où j'ai commencé à me laisser pousser les cheveux... J'ai évolué dans pas mal de formations indie rock ensuite, comme chanteur puis batteur. En fait, je suis un autodidacte un peu touche-à-tout et j'ai toujours été attiré par l'orchestration plus que par la technicité des instruments, c'était déjà le cas quand je jouais du classique.

Comme j'exerce une profession qui m'occupe beaucoup, j'essaye de consacrer le reste de mon temps libre à la musique que ce soit dans ce projet ou dans d'autres formations en gestation que j'ai à côté. C'est un peu comme une deuxième vie pour moi, cadre la journée, artiste la nuit.

Qu'est-ce qui t'a poussé à te lancer ainsi dans l'aventure ?

J'ai vraiment démarré ce projet solo il y a environ un an, j'avais alors rassemblé un tas de compositions dont certaines sont devenues les titres du premier album. Je crois que j'avais tout simplement envie de faire quelque chose de plus personnel. C'est aussi pour ça que ça m'a paru évident de me produire alors sous mon propre nom. Après ces expériences passées en groupe, j'étais arrivé à un point où j'avais l'impression de toujours être en décalage avec ce que j'avais envie de jouer. C'est un exercice compliqué d'évoluer dans un groupe : pour que ça marche, ça demande beaucoup de concessions. La composition à plusieurs devenait problématique, je ne trouvais pas de sens à ce processus créatif trop souvent hasardeux et dilué. Fonctionner seul a d'autres inconvénients, mais c'est vrai que je suis moins dépendant des autres dans la mesure où je maitrise les instruments dont j'ai besoin pour composer.

apwitomski_1Ton nom commence a circuler sur pas mal de blogs influents. C'était une nécessité pour toi de passer par eux pour te faire connaître et les considères-tu comme aussi importants que les médias dits classiques ?

J'écoute beaucoup de musique, je consulte quotidiennement les blogs, les sites spécialisés, en quête de choses innovantes. J'ai découvert dans cette sphère une curiosité, une ouverture d'esprit et surtout des espaces accordés à des artistes émergents comme moi. Quand on connait la difficulté à atteindre les canaux de diffusion classiques sans avoir déjà un nom ou un réseau, ces blogs représentent une véritable opportunité de pouvoir toucher un public très ciblé et surtout ultra sensibilisé au partage instantané de l'information. Je suis d'ailleurs impressionné par la faculté des blogueurs, parfois très jeunes, à ingurgiter et digérer autant de musique, et si vite. Ca peut paraitre épuisant cette course à la perle rare mais c'est juste le reflet de notre société qui va de plus en plus vite. Personnellement, je trouve ça très stimulant. En France, les médias consacrés à la scène indépendante sont encore relativement peu nombreux par rapport aux US. J'ai eu une chronique de mon album dans Magic cet été, c'est une bonne revue, j'en ai été vachement fier. Je pense finalement que tous ces médias sont complémentaires selon la maturité des projets : les blogs constituent un excellent premier tremplin pour diffuser ensuite vers les médias de masse.

Comment vis-tu justement la mutation que subit la musique depuis quelques années, les nouveaux supports, les nouveaux moyens d'écoute, etc... ?

Je trouve ça passionnant de pouvoir découvrir tant de nouveaux artistes, de partager ses découvertes, de diffuser sa musique au monde entier. J'ai appris qu'un de mes titres, Ink Osmosis, était sur une compilation d'un artiste brésilien. J'ai aussi beaucoup d'auditeurs américains, européens ou encore japonais sur last.fm. Ça me procure beaucoup de satisfaction que ma musique voyage. Sans ces moyens d'écoute, il était quasiment impossible il y a encore peu de temps d'imaginer avoir un de ses morceaux joué sur une radio à l'autre bout du monde. Bien sûr, cela signifie aussi qu'il faut maintenant consacrer un temps non négligeable à la gestion d'une multitude de sites, entre myspace, facebook, twitter, bandcamp... C'est à s'y perdre parfois. J'aimerais passer davantage d'énergie à faire plutôt de la musique, mais ça fait partie du jeu, il faut savoir utiliser ces moyens de communication intelligemment pour se faire connaitre.

Quels sont tes thèmes d'écriture favoris et qu'est-ce qui influence le plus ta manière de composer des chansons?

Je puise beaucoup dans mes expériences, mes émotions ou encore mes voyages. Je reviens par exemple du Japon, j'ai absorbé plein d'ambiances, de sonorités exotiques, ça m'a inspiré pour Shin Junk Prototypes. J'ai un style d'écriture plutôt abstrait et je dois avouer que trouver des paroles n'est pas la phase la plus confortable pour moi, ça me demande beaucoup de concentration. Les mélodies et les rythmes me viennent plus facilement. J'ai des thèmes récurrents comme l'enfance, la souffrance, la rédemption. Je pense aussi que mon métier m'influence grandement dans ma musique et vice versa : ce n'est pas toujours évident de trouver l'équilibre entre le rôle qu'on a au travail et celui que l'on endosse comme artiste. Tout ça n'est pas complètement cloisonné, alors parfois un univers déborde un peu dans l'autre. Une grande partie de mon inspiration vient de ce compromis permanent, ce sont vraiment deux facettes complémentaires de ma personnalité.

Comment décrirais-tu ta musique ? Peux-t-on justement la catégoriser tant cette dernière m'apparaît être la rencontre de beaucoup d'influences hétérogènes...?

Les étiquettes sont effectivement toujours réductrices et je ne suis pas forcément le mieux placé pour dire que ma musique est de tel ou tel style. Même si elle s'inscrit résolument dans un esprit pop, j'ai traversé beaucoup de périodes musicales qui continuent de m'influencer. Mon adolescence plutôt rock, néo-métal pendant un temps, j'ai même eu un projet electronica au début des années 2000, je faisais des trucs dans le style Boards of Canada. Je reviens d'ailleurs un peu sur des sonorités plus synthétiques sur mes derniers morceaux. Les chroniques présentent souvent mes chansons comme une invitation au voyage, le genre de choses que tu aimes écouter en regardant le paysage défiler, un paysage chaotique parfois.

Tu réalises, il me semble, les artworks de tes disques ? C'est la musique qui inspire ton travail plastique ou l'inverse ?

Je n'ai pas vraiment de processus créatif préétabli. Pour Nine mélodies & Other Visions, ce sont des peintures que j'ai réalisées sur une période de deux-trois ans, par la suite j'ai trouvé que l'univers musical et visuel formait un tout et il m'a semblé évident de les rassembler dans l'album. Il est vrai qu'avec les nouveaux supports, on perd un peu la magie de la pochette et du livret, mais j'essaye maintenant de davantage travailler sur mes clips, comme pour Traumatrope. Quand j'ai écrit cette chanson, je voulais parler de la persistance des émotions et de certaines images parfois traumatisantes que tu gardes gravées longtemps dans la tête. Là, je suis parti de la musique, des paroles et j'ai tourné assez rapidement le clip en une prise travelling depuis ma voiture, j'ai ensuite retravaillé l'image pour lui donner un aspect un peu mystique. On n'échappe pas à ses démons.

Cherches-tu un label et quel serait selon toi celui qui correspondrait le mieux à ce que tu fais ?

Je serais bien sûr très content que ma musique intéresse un label. J'aime bien ce qui sort du côté de Lefse, Jagjaguwar, Secretly Canadian, Warp ou encore 4AD. Mais il existe aussi sûrement des labels qui pourraient correspondre à ce que je fais et que je ne connais pas encore, y compris en France...

apwitomski_2Je n'ai pas l'impression que tu fasses énormément de concerts. Cherches-tu à développer une démarche scénique ou souhaites tu rester simplement une "Françoise Hardy" ?

Je travaille actuellement sur un set live, il y a un gros boulot d'adaptation des morceaux avec les musiciens qui m'accompagneront, car j'ai vraiment envie de tourner avec un groupe après cette longue période en solo. Il me tarde de jouer ces chansons devant un public. Je pense aussi que les visuels de l'album prendront toute leur ampleur sur scène. Une de mes appréhensions, c'est d'ennuyer les gens. Aujourd'hui, à moins d'avoir un set complètement barré ou d'être un showman hors du commun, ça devient vraiment difficile de capter l'attention pendant une heure et demi : on est devenu tellement habitués à voir des mecs sur scène en train de jouer qu'il faut redoubler de créativité pour rendre les choses un peu surprenantes. Les meilleurs concerts que j'ai vus sont ceux qui avaient une mise en scène vraiment travaillée. Je vois le live un peu comme un réalisateur ou un chorégraphe le considèreraient, il ne suffit pas de se pointer avec son micro et ses chansons, on a un rôle à jouer, un scénario à faire vivre.

Des disques qui t'ont particulièrement marqués ces dernières années ?

Récemment les groupes qui tournaient sur mon iPod étaient surtout Small Black, Bear In Heaven, PVTZola JesusWhy?, Yeasayer, Moderat, Deerhunter, Beach House. J'aime bien les trucs pop mais qui sonnent plutôt dark ou mélancoliques. Ca doit être un résidu des groupes qui ont forgés mes goûts musicaux dont Depeche Mode est l'un des piliers.

Quel est ton plus grand rêve ?

Il se trouve que j'ai assisté à la soirée Dark Was The Night l'année dernière au Radio City Hall à New-York. Une initiative des frères Dessner de The National pour récolter des fonds pour la lutte contre le sida. Il y avait des groupes géniaux et une super ambiance. Ca serait vraiment ultime de pouvoir espérer travailler avec des musiciens et des producteurs aussi brillants un jour.

Une actualité à nous dévoiler ?

Je viens de sortir une reprise de Mayonaise des Smashing Pumpkins dans une version plus synthpop. J'en suis assez content, parce que je l'ai faite en deux jours, à la demande express d'une blogueuse texane qui faisait une compil de reprises 90's par divers artistes. On y retrouve Coma Cinema et Kiss Kiss Fantastic entre autres. J'avais quelque jours off, ça tombait bien et ça m'a amusé de le faire.

Je te laisse le mot de la fin...

Restez curieux et je vous dis à bientôt sur scène.

photos©Christophe Levet

Audio

Vidéos


!!! (Chk Chk Chk) l'interview

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Quand on t'annonce que tu vas rencontrer Nic Offer de !!! (Chk Chk Chk), sans savoir pourquoi tu t'attends à un pur moment de folie extatique, une fête avec guirlandes et cotillons. Au lieu de cela, Patrice et moi-même patienterons une heure autour d'un café afin de laisser le temps au chanteur de se remettre d'une nuit qui semble s'être finie tard dans la mâtinée. Parfait, c'est juste le temps qu'il me faut pour réviser les bases rudimentaires d'un anglais que je n'ai plus potassé depuis le lycée, soit un sacré bail. Et lorsque l'heure de la rencontre sonne, c'est un Nic Offer ensommeillé et débraillé que nous retrouvons à son hôtel. Toujours cotonneux, nous passerons outre les questions à rallonge habituelles pour tenter un petit jeu qui semble malgré tout tomber à plat. Une interview dans une pure ambiance lynchienne, ça vous tente ?

Bon ben voilà, on va commencer...

Ça va être marrant, surtout que je viens de me réveiller. Mais allez ok, vas-y !

Quelle est la première chose que tu fais le matin en te réveillant ? Une interview !

Ouais ! (Rires.)

Alors, tes débuts ? (Ndt : prononcé, "tes débits", il ne comprend pas mais hésite, c'est très drôle.)

Mes "débits" ? (Gros silence gêné.) Hum... (Il rigole tout seul.) Oh man... J'ai pris un médoc pour dormir aussi, mon cerveau est embrumé... Hum... hum... hum... Est-ce que tu veux dire "mes dettes" ?

Juste le commencement de !!!, le début de votre aventure...
OH, nos DÉBUTS ?
Yeah.
OH !

Désolé pour l'accent français.

Hum, c'est marrant, quand j'écoute nos débuts, notre premier album, c'est juste là, je ne l'écoute pas, je ne le regarde pas. Et puis récemment, je l'ai réécouté pour la première fois depuis dix ans pour les besoins d'une interview. Ce truc est là, et on ne peut pas le changer, alors qu'il y a des choses que j'aimerais bien changer dedans. Des choses embarrassantes. D'autres trucs qu'on a fait du mieux qu'on pouvait à ce moment-là, et c'est surprenant, et j'en suis fier. C'est un truc très étrange à avoir dans son existence. Ça marque et puis c'est là et tout le monde peut l'écouter. C'est quelque chose
dont t'es fier et gêné en même temps. C'est une expérience de l'avoir fait, et de pouvoir l'écouter.

Le nom du groupe ?

Nous l'avons choisi pour vraiment nous différencier des autres, parce qu'on avait le sentiment de faire quelque chose de vraiment différent à ce moment-là. C'est ce qu'on a fait et j'en suis fier. Il n'y a jamais eu d'autre nom de groupe que j'aurais préféré, je suis fier de notre nom, ça le fait. Aussi parce que c'est un peu chelou. Et il y a certaines personnes qui détestent, qui pensent que c'est horrible. Et d'autres qui pensent que c'est génial, que c'est le meilleur du monde. Et j'aime ça. Le genre de personnes qui aiment notre nom viennent à nos concerts, et ceux qui pensent que c'est un nom de merde sont le genre de personnes qui ne viennent pas. Ils ne pensent pas de la même manière que moi et je ne veux pas d'eux à mes shows.

La ville que tu préfères ?

Paris.

Sérieusement ?

Oui. Paris est vraiment ... Ouais, j'adore Paris. C'est la première ville que j'ai vue en Europe, la première ville où j'ai été en dehors des USA, donc elle a une place spéciale dans mon cœur. On se baladait ce matin, avant d'aller se coucher, et j'adore cette ville, j'adore Paris. Je ne laisse jamais personne dire du mal de Paris. Je la défends. Je sais que les Français disent du mal de Paris, mais les Parisiens ont toujours été adorables avec moi. Même quand j'étais un punk des rues, avant que je sois une star. Les Américains disent que les Français ne sont pas sympas, et moi je leur réponds que c'est faux. Et si la prochaine fois qu'on me le demande je suis à Hambourg, je ne répondrai pas Hambourg mais Paris, toujours Paris.

Ton humeur du moment ?

Endormi mec. Je suis dans le gaz, j'ai pris de la mélatonine. Il fait super beau. Et j'adore jouer à Paris. Alors je suis super content d'être là.

Une chanson de FM ?

Il y a une chanson, par un mec d'Afrique genre des 80's, qui s'appelle Dizzy Kane, et la chanson s'appelle Sweet Music (il chante et sa voix se casse). C'est une chanson sur la radio, j'aime ce genre de chanson, ça parle de la radio, ça sonne si bien et c'est exactement ce que tu veux entendre sortir de ta radio.

Tes influences ?

(Il hésite longuement.) Tu veux dire ce que j'écoute ?

Ce qui influence le groupe, ta vie, ce que tu veux...

J'aime mes influences, même si je suis plus vieux, il y a des gens qui m'écoutent. Quand j'arrive quelque part, il y a toujours des gens qui chuchotent : "Regarde qui est là !"

J'aime le fait que je peux toujours écouter des disques, et être toujours aussi excité que lorsque j'avais dix ans. Et penser qu'il y a toujours des groupes qui en savent plus que moi sur le monde secret des choses, et qui ont une compréhension plus profonde des choses. Et que je dois apprendre d'eux, pour pouvoir devenir comme eux, alors oui, j'adore mes influences. (Ndt : nous ne saurons donc pas de qui il s'agit !)

Ok, heu, ton meilleur souvenir ?

(Rires.) J'en ai des bons. J'essaie de me rappeler du dernier. Je pense que les meilleurs souvenirs sont... Tu sais comme tu peux te rappeler de trucs vraiment étranges, parfois tu te rappelles d'une tasse de thé sur une table, pour aucune raison valable, tu peux oublier des choses très importantes, mais pour une raison quelconque cette tasse de thé reste dans ton esprit. De toutes ces années où le groupe a été ensemble, à voyager à travers le monde, à rigoler, il y a certaines blagues qui n'étaient pas forcément les blagues les plus drôles du jour mais ce sont celles dont je me souviens. Juste des blagues qu'on avait à certains moments. Voilà les choses dont je me rappelle

Et tes pires moments ?

Mes pires moments sont toujours drôles à la fin. Il n'y a jamais eu de trucs assez graves pour ne pas en faire des histoires drôles. Non, en fait c'est pas vrai. (Rires.)

La rencontre qui a changé ta vie ?

Hum... Probablement... J'ai rencontré Dan Gorman, le trompettiste, qui est vite devenu mon meilleur ami. Quand je l'ai rencontré, j'étais en train de rouler en tandem, et il m'a dit : "Je n'ai jamais roulé sur un truc pareil !" et du coup on a fait le tour du bloc, et je me suis dit : "C'est qui ce mec ?! J'aime bien ce mec !", et on a traîné ensemble toute la nuit, et il est là aujourd'hui. C'est une rencontre qui a changé ma vie. Je sais que ça a l'air d'être comme dans un film, comme si je l'avais inventé, mais c'est comme ça que c'est arrivé !

Quand tu étais gosse, tu voulais être...

Une rock star. (Rires.)

La chanson dont tu es le plus fier ?

Je suppose que je suis plus fier des chansons qui veulent vraiment dire quelque chose pour moi, qui sont importantes pour moi, et quand je vois les gens les chanter... Ce sont les choses que j'ai ressenties et que je voulais dire, et d'autres gens ressentent ça aussi. Ils les chantent avec moi, de ça je suis très fier. N'importe quelle chanson que les gens chantent en chœur avec nous.

Un artiste avec lequel tu rêverais de collaborer ?

Heu... Aretha Franklin. J'ai un plan pour elle. (Rires.) Parce que, évidemment c'est la meilleure, et elle a aussi fait de super reprises, et je voulais faire ce truc, où on donne un coup de jeune à sa carrière en l'aidant a choisir les chansons, un peu comme Rick Rubin avec Johnny Cash. Il lui a choisi de super nouvelles chansons, qu'il pouvait faire dans son style brut. Enregistrer avec un groupe bien brut tu vois. Et bien, j'ai des chansons que je voudrais qu'elle fasse. Yazoo, et U2, il y a certaines chansons, genre Bad de U2, elle en ferait une version incroyable ! Elle le ferait dans son propre style tu vois, soul, parce qu'il y a eu tellement de gens, surtout dans les années 80 qui ont essayé d'imiter les 60's. Alors je veux qu'ils lui redonnent ça, pour qu'elle le refasse dans son style à elle. Ça pourrait être dingue.

Les choses à faire avant la fin du monde ?

Je vais juste faire des câlins à tout le monde pour dire au revoir ! (Rires.)

Et dernière question : Strange weather, isn't it?

(Rires.) Il fait vachement beau tu veux dire ! Je ne savais pas à quoi m'attendre et en fait, il fait trop beau. On aurait peut-être dû l'appeler Gorgeous Weather, Isn't It?. Mais j'aime ce titre parce que j'ai toujours l'impression qu'il fait un temps bizarre. C'était pas ce à quoi je m'attendais. Je suppose que VOUS saviez que ce serait comme ça, hein. Ça a été comme ça ces derniers temps, ça ressemble à ça l'automne à Paris ? Bizarre....


Amdiscs - Future Reserve Label (Interview & Mixtape)

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A force de croître de la sorte, chaque personne s'intéressant de près ou de loin à l'indierock aura une histoire personnelle à conter à propos dudit Future Reserve Label, Amdiscs. Lorsque les volutes de fumée s'amusent du monde de la nuit, lorsque la faible lumière d'une lampe de bureau créé un îlot de lumière dans un océan de noir, lorsque les heures s'évaporent dans un tour de cadran irréel. Je cheminais de page en page, scrutant celle du blog-label de Matt Cothran, Summertime In Hell, satisfaisant mes lubies de noctambule perverti. Je découvrais le shoegaze sauvage du duo Ghost Animal - nous ayant récemment gratifié d'une mixtape, Heart Knocks, exsudant d'amitié - pour atterir sur une page dédiée à leur EP, In Your Room (lire). Une page d'Amdiscs. Indescriptible. Un brusque sentiment d'altérité entre mes pupilles dilatées et l'écran, vite comblé par une curiosité irrépressible. Là où Pitchfork se fait l'apôtre d'une mise en page consciencieuse et chloroformée, rendant sa lecture aussi laborieuse qu'un article du Financial Times, Amdiscs se joue des codes et des modes, étrillant le bon goût de couleurs criardes, constellées d'énormes caractères, le tout mâtiné de multiples collages artisanaux. Le dépaysement esthétique est total, voire brutal. A la manière de l'internationale punk d'alors, ayant consumé la fin des années soixante-dix d'un do it yourself intégral et passionnément anticonformiste, Amdiscs renverse, par sa spontanéité et son étrangeté revendiquée, l'outrecuidance du landerneau indierock actuel, méconnaissant sciemment frontières nationales et artistiques. Prolongement "naturel" du collectif praguois AM 180, créé en 2002 par Štepán Bolf, Jakub Hosek et Anezka Hoskova, ayant pour activité principale l'organisation de concerts et de performances en tout genre, Arty Maniac Discs, est né en 2007 à l'occasion de la sortie de l'album Songs About God, Love And Bitches du groupe post-punk Climatizado, l'une des seules références tchèques du label avec Table ou Dné. S'ensuit une pause d'environ deux ans durant laquelle les affaires d'AM 180 prennent le pas sur les activités balbutiantes du jeune label et ce, jusqu'à l'arrivée de l'artiste underground Rado Zrubec au sein du collectif. Appliquant à la bête un traitement cardiaque à forte teneur en amphétamines, Arty Maniac Discs renait de ses cendres et se conjugue au présent sous l'acronyme Amdiscs, proposant son savoir-faire à une multitude de groupes américains, mais aussi russes, portugais, mexicains et canadiens, tout en s'entichant d'une blogosphère indie en perpétuelle extension. Variant les styles et les plaisirs, avec pêle-mêle, la pop-shoegaze de Ghost Animal, la chillwave embrumée de unouomedude et Teams, l'énergie punk des Young Adults, la psyché-noise de Chrome Wings, l'expérimentale camée de Mickey Mickey Rourke, CVLTS, ou Pink Priest, la pop synthétique de Coolrunnings et celle racée de Jeremy Jay, l'ambiant éthérée de Teen Porn et de Persona La Ave, ou encore la witch haus viciée de Dream Boat, l'hallucinante Asapizza Anal Compilation reste le témoignage le plus déroutant d'une diversité ne rimant pourtant jamais avec hétérogénéité. Un esprit commun unit les groupes au label, qui, s'ils ne sont pas forcément cul et chemise, partagent cette même liturgie de l'anonymat et de l'effacement de l'artiste derrière sa musique. De même, à rebours de l'industrie du disque étudiant son marché histoire d'imposer les goûts préfabriqués de demain, une ligne de conduite sibylline façonne la philosophie du label : ne sortant que des groupes qu'ils apprécient musicalement à deux cent pour cent, les activistes d'Amdiscs - à savoir Anežka et Jakub Hošek, Rado Zrubec et Štepán Bolf - espèrent, avant toute chose, pouvoir divulguer leur musique au plus grand nombre possible. Supposant la recherche du support idoine, une véritable avalanche de sorties digitales, gratuites la plupart du temps, ou sous format cassette, ayant l'avantage d'allier fétichisme de l'objet et moindre coût de production, déferle depuis 2010 à la faveur de nos esgourdes, soit trois parutions cassettes pour une trentaine digitale. Traçant sa route sur les décombres encore fumants d'un music business littéralement transfiguré par internet, Amdiscs n'attend pas même 2011 afin d'inaugurer son catalogue vinyle : tel un symbole d'étroite connivence, la première référence est un split vinyle de Coma Cinema et Teen Porn, dernier projet en date de Matt Cothran et Rachel Levy de Kiss Kiss Fantastic, à commander par ici, quand la seconde est un LP, disponible par , des trublions punk de Young Adults. Nul doute que l'histoire n'est pas prête de s'arrêter en si bon chemin. Preuve en est, l'ineffable mix - agrémenté d'un bonus - écoutable et téléchargeable ci-dessous, que Rado nous à concocté, en plus d'avoir répondu à nos quelques questions. Cerise sur le gâteau, le clip inédit des Américains de Dream Boat, à visionner par .

Entrevue avec Rado Z.

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Peux-tu présenter Amdiscs en quelques mots ? Dis-moi comment Amdiscs est né, qui est derrière et comment vous vous êtes rencontrés et quelle fut l'idée à l'origine ? Pourquoi ce nom, "Future Reserve Label" ?
Can you present yourself in few words? Tell me how Amdiscs was born? Who is behind? How you met and which was the idea of origin? Why this name, "Future Reseve Label"?

Pour répondre à la première partie de ta question, certains d'entre nous viennent de l'Europe de l'Est, essentiellement de Prague, et d'autres vivent en périphérie de villes comme Londres ou New-York, un peu à la manière de gens défavorisés voulant profiter d'une location dans un milieu économique développé. Nous avons tous une soif inétanchable de musique, pour la plupart sous-estimée, et renforcée par notre goût pour l'inconnu. Le label compte aussi des gars impliqués dans A.M.180 collective, Creepy Teepee Festival, All Everyone United et des pages tumblr qui valent la peine d'être mentionnées comme Gothic Disneyland ou Mnauk (une page dédiée aux Lolcats). Amdiscs est né en une belle journée de l'année 2007, puis est tombé dans le coma jusqu'à sa résurrection cette année. Nous avons choisi le nom Future Reserve Label parce que nous aimons imaginer d'où l'avenir tire son origine, quelle est la graine qui détermine sa forme. Nous avons essayé de penser un futur dans lequel nous aurions un réel pouvoir politique et où la dévalorisation du génome humain serait évitée, par des fêtes sans alcool, par exemple.

To pin down the answer for your first question, we are bunch of guys from eastern europe, mostly living in Prague or nearby cities like London or NYC, sort of a poor relatives who want to profit from rent in developed economics. We all have an inconsolable starving disorder for great sounds, mostly underrated, and stressed by our questionable farts. Behind the label are guys who are also behind A.M.180 collective, Creepy Teepee Festival, All Everyone United, and some tumblr's which are worth mentioning (Gothic Disneyland, Mnauk). Amdiscs was born on a sunny day back in 2007, then it fell into coma, in its present habitat it was brought to life earlier this year. Future Reserve Label, because we remember where the future set its seeds and grew into how we know it now, we just spent time imagining the future in which we gain real political power and prevent the overall devaluation of human genome, like party without alcohol, or something...

Si tu devais définir Amdiscs en trois mots, quels seraient-ils ?
If you had to define Amdiscs in three words, which words you would choose?

Tout en un.

All in one.

Quel est la ligne de conduite du label ? Il y a une esthétique, un concept que vous essayez de conserver à chaque sortie ?
What is the guideline of the label? Is there an aesthetics, a concept which you try to keep at every release

Le fil conducteur est notre goût, et il est incontrôlable. Il est comme un bâton d'aveugle que nous baladons autour de nous. Nous aimons découvrir de nouvelles choses que nous ne cherchions pas forcément. Ensuite, nous dépensons notre énergie à défendre chaque chose que nous avons découverte, c'est une sorte d'engagement volontaire.

The guideline is our taste, and our taste is incontrollable, thats all we got to say, our taste is like a blind guys stick, we just swing with it all around. We love to find something we weren't searching for, in the end we share our energy with each thing we stumble upon, its a sort of voluntary commitment.

Comment choisissez-vous les artistes avec qui vous travaillez ?
How chooses artists with whom you work?

Ils nous choisissent par leur musique.

They choose us by their music.

Quels sont les relations entre les groupes et le label ? Il s'agit juste de sortir leurs disques ou les relations peuvent être plus fortes et durables ?
What are the relations between the groups and the label? It is only for an release or the relations are stronger and more sustainable?

Parfois, les relations que nous entretenons sont vraiment courtes, lorsque l'artiste se rend compte que nous n'allons pas lui ouvrir la voie vers le sommet. Mais c'est plutôt rare. Dans tous les projets dans lesquels nous nous engageons, nous trouvons quelque chose qui répond à l'un ou l'autre de nos désirs. Nous aimons l'idée que, d'une certaine manière, c'est différent pour chacun. Mais nous aimons ces artistes qui nous forcent à signer des contrats, c'est une garantie que nous gagnerons beaucoup d'argent...

Sometimes we do have really quickie relationship, when the artist doesn't get that we are not gonna pave him the way to charts.It's like no cock no drama. But thats odd. In all of the guys with whom we work together, is to be found something that appeals to some of our desires, we like to cherish that in certain way, with everyone its different. But we like those artists who force us to sign contracts most, its a guaranty that we will earn a lot of money...

Amdiscs a une attirance particulière pour la musique indie américaine ?
Particular charm for the music indie american?

Qualifie-nous d'indie rockers...

Call us "indie rocker"

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Comment se porte la musique indépendante en République Tchèque ?
You are Czech. How goes the independent music over there?

Pas trop bien mais soyons optimistes, même si ça sonne neuf, mais nous remercions le ciel de réaliser nos fantasmes.

Less than desirable cause shit ain't a big deal, even if it sounds like brand new, but we still thank god, facing our fantasies.

Trois groupes tchèques pour vingt-sept groupes américains dans votre catalogue ! Putain ! Ils ne savent pas se servir de leurs dix doigts dans ton pays ?
Three Czech bands for twenty seven Americans! Damned! They do not know how to use their ten fingers in your country?

On trouve toujours de la détermination pour rester debout et on peut trouver des maîtres auxquels s'identifier mais le nombre de groupes étrangers est supérieur, nous n'avons juste pas le temps de mettre le site à jour pour le moment.

You still find fortitude to stand up, and there can be found mantors to look up to. But the number of foreign bands is bigger we just dont have time to update the website nowadays.

Quels sont les amis d'Amdiscs dans une blogosphère en perpétuelle expansion ?
What are your friends in a blogosphere ceaselessly in extension?

Beaucoup de personnes nous aident consciemment ou non, et je les en remercie tous. Nous voulons surtout remercier Pitchfork. Ce sont des gens qui nous aiment et nous détestent à la fois, et ce qui est marrant c'est qu'avec le temps on n'arrive plus à savoir vers quoi penche la balance.

Lot of guys knowingly or unknowingly help us, and here goes the thnx to all of them. But we want to thank Pitchfork in the first place. There are guys who like us and hate us too, funny is that in time we just dont have time to update the website nowadays.

Que peux-tu me dire sur vos relations avec Mat Cothran (Coma Cinema) et Summertime In Hell ?
Tell me more your friendship with Coma Cinema and Summertime in Hell?

Il n'y a pas grand chose à dire. Mat Cothran veut devenir une star du x et nous avons donné notre accord.

There is not much to say, Mat Cohran wants to be a porn star, and we just agreed.

Justement, Teen Porn (Mat Cothran + Rachel Levy)... c'est excitant ?
Teen Porn should be exciting ?

Teen Porn est excitant... mais probablement pas pour ceux qui en scrutent la sortie chaque jour, ça pourrait avoir un effet débandant.

Teen Porn is exciting, but probably not for those who check it out on a daily basis, for them its a sort of a cockblock.

Tu peux me dire quelques mots sur Ghost Animal ?
Tell me some words about Ghost Animal...

Ghost Animal est un duo gars-fille radical qui produit des sons fabuleux. C'est assez ? On prévoit de sortir avec un peu de chance un 7" dans un futur proche. Nous y travaillons déjà. Ce serait pour fin novembre.

Ghost Animal is really rad guy and girl duo doing really awesome sounds, is that enough? There will be 7" dropping hopefully in near future, we are working on that already. Check it out late november.

Pourquoi Jeremy Jay sur Amdiscs ? Comment les choses se faites avec lui ?
Why Jeremy Jay is on Amdiscs? Say to me how things were made with him?

C'est un contrat qui a impliqué des avocats et des millions de dollars. Cela a nécessité d'importants transferts sur des comptes bancaires.

It was a deal involving lawyers and millions of dollars. Some major shifts on bank accounts occured...into debut...

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Tu fumes des joints à cinq du mat' en écoutant CVLTS, Pink Priest et Mickey Mickey Rourke. Lequel de ces trois groupes provoque la plus grosse montée ?
You smoke joints by listening to CVLTS, Pink Priest and Mickey Mickey Rourke at five o'clock a.m. Which one provokes the biggest trip?

Tous ces artistes ont le même pouvoir de désordonner tes schémas mentaux et de jouer avec les cordes à l'intérieur de ton squelette.

All of the above mentioned artists share the same ability to dig into your mental patterns, and play with the strings inside your skull.

Quel est le futur de Coolrunnings sur Amdiscs ?
What's the future of Coolrunnings on Amdiscs?

L'avenir de Coolrunnings sur Amdiscs est brillant.

The future of Coolrunnings on Amdiscs is bright.

Explique-moi The Asapizza Anal Compilation : une orgie comme testament précoce ?
Explain me the Asapizza Anal Compilation : a early testament in the form of orgy?

As-tu déjà essayé de changer la tonalité d'une vuvuzela ? Essaie...

Have you tried to change pitch on vuvuzela? Try it...

Quel est ton coup de cœur du moment ? Le truc qui te rend addict...
What are your knocks of heart of moment? The things which make you addict...

Jaromir Nohavica avec Comet Karaoke.

Quel est ton sentiment sur l'industrie de la musique et internet : les rapports de force ont-ils changé ? La musique a-t-elle un prix ?
What's your feeling with music industry and internet? Things are different? The music doesn't have more price?

La musique a toujours un prix mais cela dépend de la manière dont on voit les choses, de l'évaluation.

Music has a price, depends on the evaluation.

Quel est le futur proche d'Amdiscs ?
What's the near future of Amdiscs?

Des vinyles et du papier hygiénique.

Vinyls and toilet papers.

Peux-tu présenter la mixtape que vous nous avez concoctée ?
Can you introduce your mixtape?

Notre mixtape est composée d'artistes recrutés pour l'occasion. Personne ne voulait contribuer, mais finalement on les a obligés, Hartzine n'est pas encore assez connu... en tout cas par eux.

Our mixtape consist of artist we have spoken into it, nobody wanted to contribute, but we finally pushed them into doing it, hartzine is not that famous yet...for them

Pour finir, demande-moi quelque-chose.
For finishing, ask me anything...

Tout a déjà été demandé.

Anything asked...

Traduction : Calogero Marotta

Mixtape

Mind Blowing Mix for Hartzine, Brain Peeling (download)

Tracklisting

hartzinemixfinalcover01. Every - Check in Deck Trite
02. Tempelhof - Crakkhouse
03. Wild Eyes - Dark Rooms
04. Lord Boyd - Space Jordan 96
05. Red Psalm - Monster City
06. Monroeville Music Center - Panopticon Curator's Hymn
07. Λ - Nothing
08. DannielRadall - Lil'john
09. Teams - Comfort Slave (Instrumental)
10. Nites - It is an Excuse to Get Hurt and to Hurt
11. Police Academy 6 - 1Lesb
12. BL¤¤d Ou† - †DF
13. Family Den - AM Vibe
14. Teen Porn - Whori Amos
15. Chrome Wings - Wake me up When it's Summer
16. Port City - Ambrosia (Redux Demo)
17. Spent Man (Maine Coons) - Cannibal Laughter
18. BL¤¤D Ou† - ¤PNNR¤
19. Λ - Tide Plane
20. Dreams - Gone
21. Lord Boyd - Your Temple
22. Faux Fur - Vukk Roz
23. Kiss Kiss Fantastic - Lovely
24. Jef Barbara - Homme Universel
25. Sensible Soccers - Have a Summer With Us (Filipe)
26. Coolrunnings - Chorus
27. Persona La Ave - Pornwave
28. Every - Flood Steps
29. Outro Every - Triangularathonanon



Artwork par Jakub Hosek & Rado Z.
Samples extraits des prochains album d'Every, Halley Con, et Monroeville Music Center.
Les liens correspondent à des pages du site d'Amdiscs.

Bonus Mixtape

Other Side (download)

Tracklisting
amdiscslogowidget22001. Lx7x - Other Side
02. Wild Eyes - Northern Darkness
03. Coma Cinema - Blue Suicide
04. The Present Moment - Loyal to a Fault
05. Wool - Sort of Dues


The Pains Of Being Pure At Heart l'interview

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Révélé presque inespèrement à la faveur d'un premier album éponyme, paru l'année passée, via les labels de choix Slumberland et Fortuna Pop, les New-Yorkais de The Pains Of Being Pure At Heart s'apprêtent à franchir ostensiblement le pas du second effort, si redouté et redoutable pour tout groupe envisageant sa musique sur la durée. Émanant de l'incommensurable vivier brooklynois, la gageure est de taille mais loin d'être insurmontable pour ces jeunes gens d'à peine vingt ans. Ayant aimanté par leur noise-pop, à la fois tendre et téméraire, douce et éraillée, l'attention d'un public composite, immédiatement conquis par leur romantisme saturé et leur attitude sage et réfléchie, les Pains Of Being Pure At Heart s'inscrivent en droite lignée de leurs aïeux britanniques du mitan des années quatre-vingt. Enregistré l'été dernier entre Londres et New-York et précédé d'un single récemment dévoilé, Heart In Your Heartbreak, en écoute ci-dessous, la sortie de Belong en mars prochain s'annonce d'ores et déjà tel un puissant révélateur de renommée pour le quatuor ayant décidé de s'entourer à cette occasion des pontes Mark Ellis - alias Flood - à la production (Nine Inch Nails, PJ Harvey, Depeche Mode) et Alan Moulder (The Jesus and Mary Chain, Ride, My Bloody Valentine) au mixage. Rien de moins. Mais rien d'étonnant pour un groupe affichant, sans esbroufe ni vanité, tant sa filiation historique indiepop que son appartenance indéfectible au présent. Avec eux, et ce en dépit d'une science de la généalogie indie, point de vaines resucées passéistes. Et si certains morceaux d'alors sonnaient tels des lettres d'allégeance destinées à une montagne de références - This Love Is Fucking Right ! faisant par exemple écho à la chanson This Love Is Not Wrong de The Field Mice - ceux de Belong, malgré un enregistrement plus nuancé et débarrassé d'une bonne dose de réverb', s'écartent peu de cette réactualisation, désormais perpétuelle à l'heure d'internet, des idéaux indiepop - à savoir indépendance, spontanéité, refus mercantile et reversement des valeurs machistes. Un peu à la manière de Wild Nothing (lire), leur son mais aussi leur appartenance à des labels sachant préserver leur indépendance par le biais d'internet et d'une exigence sans faille, Slumberland et Captured Tracks pour les derniers cités, posent avec une acuité une question dont on ne pourra supposer la réponse qu'armé de "si" en cascade. En effet, quel aurait été le devenir de labels tels Sarah RecordsPostcard ou Subway s'ils avaient chacun mis en branle, du temps de leur existence, les potentialités de diffusion et d'influence que suppose internet ? Les fondateurs de Sarah Records, Matt Haynes et Clare Wadd, auraient-ils décidé de stopper net, dès 1995 et la centième sortie, après huit ans d'activisme au service de la cause indie, leur abondant et riche catalogue essentiellement constitué de 45 tours de The Field Mice, The Orchids, The Wake ou The Sea Urchins ? Le label météore écossais Postcard Records - seulement deux ans d'existence pour onze sorties parmi lesquelles Orange Juice, le groupe soul-punk d'Edwin Collins, Jospeh K et The Go-Betweens - aurait-il été destiné à une trajectoire si fugace ? Évidement, la même interrogation vaut pour Subway, prédécesseur de Sarah à Bristol, mais peut aussi valoir pour toutes ces expériences humaines et musicales n'ayant su apprivoiser l'industrie du disque sur son propre terrain. On pense à la disparition de Factory et de Zoo Records, fondé par Bill Drummond, aux malencontreux fricotages de Mute, 4AD et Creation avec les majors du disque et à la brutale dénaturation de Rough Trade, vidée de ses principes de base collectivistes. C'est donc tout un pan de la culture musicale de ces dernières décennies qui se retrouve habilement mis en exergue dans l'imaginaire indie actuel. Il n'y a donc qu'à fermer les yeux et se dire que malgré les années rien ne s'est étiolé : l'indépendance peut encore s'avérer volubile et légère telle une pop-song délicatement distordue. Sans attendre son incarnation sur microsillon avec Belong, The Pains Of Being Pure At Heart sera en concert le 22 novembre prochain à Glazart (concours), en compagnie des Français d'Eyes Behind ouvrant une soirée organisé par Summery Agency. D'ici là, entretien avec Kip Berman, leader aussi bavard qu'étonnamment érudit.

Entretien avec Kip Berman

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Votre premier album a rencontré un accueil plus que favorable par la critique et le public. S'il y a le goût de la nouveauté pour les plus jeunes, n'es-tu pas fatigué d'entendre à tout bout de champ, de la part des plus vieux, une montagne de références - telles Sarah Records et la génération C86 - souvent réductrices ?
Critics and the public gave a very warm welcome to your first album. Ain't you tired though, of listening to the same old references like Sarah Records and the C86 generation, often from the older ones? Isn't it too simplistic?

Nous sommes en fait très reconnaissants d'être rattachés à une tradition musicale si riche, éthiquement et esthétiquement vitale et réalisée avec passion comme l'indiepop produite par des labels tels que Sarah RecordsPostcard RecordsCreationK RecordsSubway et bien d'autres encore... Bien que les comparaisons aient parfois tendance à ne pas prendre en compte la diversité de nos goûts musicaux, c'est très flatteur d'avoir ces gens qui nous voient nous construire sur cette musique remarquable qu'est celle de ces groupes et de ces labels précurseurs.

We're actually very grateful to be linked to a music tradition as rich, ethically and aesthetically vital and passionately executed as indiepop music from labels such as Sarah, Postcard, Creation, K, Subway, and so many more. Even if the comparisons sometimes don't entirely seem to take into account the diversity of our musical tastes, it's super flattering that people see us as building on the remarkable music of those pioneering bands and labels.

Donc si je te dis qu'invariablement - en vous écoutant - j'ai l'impression de distinguer aussi bien la préciosité de The Field Mice que le tranchant d'un Sonic Youth pop... tu ne vas pas dédaigner cette interview par lassitude ?
So if I tell you, that when I listen to your music, I have the feeling to hear The Field Mice's preciousness, as well as the pop Sonic Youth's sharpness, won't you give up the interview by weariness?

Oh non, c'est génial ! Merci ! C'est excitant de savoir que certaines personnes peuvent voir en nous les qualités de deux groupes apparemment différents et que l'on aime beaucoup. On adore Sonic Youth et très peu de gens ne nous ont jusqu'à maintenant comparés à eux, donc c'est plutôt cool que tu distingues ça dans ce qu'on fait. Peggy était dans un fan club de Sonic Youth étant jeune et elle échangeait des mixtapes avec les autres gamins du club.

Hell no, that's awesome! Thank you! We're excited that people can see in us qualities of two seemingly distinct bands that we love very much. Plus, we love Sonic Youth a lot and not very many people ever compare us to them, so it's cool that you hear that in what we do. Peggy was in a Sonic Youth fan club growing up and exchanged mix tapes with other kids in the fan club.

Parle-moi de votre musique, de votre album et de vos quelques singles / maxis, au travers de quelques disques absolument fondamentaux à tes yeux...
Can you tell us about your music, your record and your few singles and maxis, through the most essentiel records to you?

Je dirais que notre premier EP éponyme - que nous avons nous-mêmes sorti en 2007 - était presque une lettre d'amour à certains des groupes qui nous ont donné l'inspiration pour nous lancer. Rocketship, The Field Mice, My Bloody Valentine (l'ère SunnySundae Smile), Black TambourineThe Vaselines et The Ramones. On avait sorti un maxi trois titres - dont Orchad of my Eyes - sur CloudBerry Records avant l'EP, et c'est vraiment cool d'avoir fait partie de cette série sachant c'est l'un des labels indiepop les plus intéressants du moment. On a fait un split 7'' sur Atomic Beat avec la chanson Kurt Cobain's Cardigan, avant d'en faire un autre sur Slumberland avec une première version de Come Saturday.
Avec le temps notre son a plus ou moins commencé à nous ressembler, mais je ne nierai jamais l'influence de certains de nos groupes favoris, en particulier sur nos tout premiers enregistrements. J'imagine que les gens avaient raison de critiquer nos trop nombreuses références, mais pour moi il est naturel pour un groupe débutant de tenter de ressembler à ceux qu'ils aiment, et c'est ensuite par l'inexactitude de l'imitation que la créativité émerge et que ces groupes deviennent ce qu'ils sont. C'est un cycle qui ne cessera d'exister. On espère même qu'un jour, un nouveau groupe prendra modèle sur nous à ces débuts, se plantera et deviendra encore meilleur.

I would say our first self-titled EP that we self released in 2007 was almost a love letter to some of the bands that inspired us to start playing. Rocketship, The Field Mice, My Bloody Valentine (Sunny Sundae Smile - era), Black Tambourine, The Vaselines and The Ramones. We actually put out a 3 song CD-R on Cloudberry Records prior to the EP, and it was really cool to be a part of that series, as Cloudberry is one of the coolest new indiepop labels operating today. We did a split 7" on Atomic Beat for the song Kurt Cobain's Cardigan before doing a split 7" on Slumberland for an early version of Come Saturday.
Over time we sort of started to sound like us, but I'll never deny the influence of some of our favorite bands, especially on our very earliest recordings. I guess people were right to criticize us a bit for being a bit too reverential, but to me it's very natural that when any band starts they attempt to be like the thing they love, and then through the inaccuracy of imitation, true creativity begins to emerge and they become who they are. I'm pretty sure every band wanted to be like their favorite bands when they started - it's a cycle that will continue on forever. Hopefully someday a new band will start that tries to be like us, gets it wrong, and becomes even better.

Cela fait quoi d'être remixé par les mythiques Saint Etienne ? Comment la chanson Higher Than the Stars s'est-elle retrouvée entre leurs mains ?
How does it feel to have one of your song remixed by the mythical Saint Etienne? How did the song Higher than The Stars end up in their hands?

C'était incroyable ! Lorsque l'on a reçu le remix, on était au Canada. Après l'avoir écouté dans le van, on était complètement stupéfaits par la beauté de ce qu'ils avaient fait de notre morceau. C'était carrément dingue d'avoir notre musique retouchée par Saint Etienne, un groupe que l'on adorait dans notre jeunesse. Ils représentaient cette parfaite rencontre de l'indiepop et de la dance music. Pour remixer notre musique, ils semblaient être le choix le plus parfait et le plus évident. On leur est toujours aussi reconnaissants d'avoir accepté de le faire. C'est, sans hésitation, l'un des trucs les plus cools qui nous soit arrivé.

It was incredible. I remember when we got the remix back, we were in Canada and listened to it in the van and were absolutely astounded by how beautiful they made it. It felt so crazy that our music was being touched by Saint Etienne, a band we really loved so much growing up. Plus, they represented that perfect intersection of the indiepop world and the dance world, so for a remix of our music, they seemed the most obvious and perfect choice. We're still very grateful they agreed to do it. It was totally one of the coolest things that has happened to us.

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D'où vient cette innocence empreignant chacun de vos morceaux ? D'une volonté musicale ou de la personnalité de chacun d'entre vous ?
Where does this innocence soaked in all of your songs come from? Is this a common direction or does it come from your different personalities?

Je ne pense pas que nos chansons soient particulièrement innocentes... Nombre d'entre elles abordent le sexe, les drogues et tout ce qui s'en suit. Mais je ne crie et n'agit pas comme un super macho sur scène, c'est très différent de l'habituelle performance rock'n'roll. Je ne verse pas dans le côté édulcoré de l'indiepop, non pas que ça ne soit pas beau, mais parce que ça n'a aucune relation avec ma vie. Tous ces trucs sur les promenades en vélo, se tenir par la main et les journées printanières... ça me semble juste très préfabriqué et pas vraiment à l'image de ce qu'est la vie. La vie est plus compliquée, les gens veulent coucher les uns avec les autres, tout le monde n'est pas poli et mièvre... Je veux chanter à propos de choses que l'on expérimente et non dépeindre une intenable idylle un peu niaise.

I think our songs aren't particularly "innocent" - a lot of them have to do with sex, drugs and all that. But I don't really scream or act super macho on stage, so it's really removed from the traditional "rock and roll" delivery. I am not into the super saccharine side of indiepop - not because it isn't beautiful, but because it has no relation to my life. All that stuff about riding bikes, holding hands and spring days - it just seems very contrived and not really how life is. Life is more complicated, people want to sleep with each other, not everyone is painfully polite and twee - I just want to accurately sing about things we experience, not try to paint some untenable twee idyll.

Les saturations constituent le côté sombre de l'innocence... une certaine violence spontanée ?
Do saturations of your sound represent the dark side of innocence? A certain kind of spontanious violence?

La musique qui nous a toujours le plus attiré est cette combinaison de sonorités abrasives et viscérales avec la beauté de la mélodie. Plus tôt tu as mentionné Sonic Youth... difficile de penser à un meilleur exemple de groupe exploitant au mieux des sons très sombres tout en créant une musique sublime. Aussi, n'oublions pas que faire du rock est une bonne chose. Le machisme est un cliché, l'attitude est surfaite, mais l'idée que la musique assure (me) plaît toujours autant. J'aime le puissance, l'immédiateté, la vitalité qui s'en dégage.

The music that has always appealed to us most is a combination of the abrasive, visceral elements of sound with the loveliness of melody. Earlier you mentioned Sonic Youth, and I can't think of a better example of a band that harnesses darker sounds to create beautiful music. Also, let's not forget that "rocking" is a good thing. The machismo is cliche, and the posturing is contrived, but the idea that music rocks still appeals (at least to me) on a very basic level. I love the power, the immediacy and vitality of that.

Parlons de votre futur proche. Il y a une grande attente s'agissant de votre second album. C'est stressant ? Cela change-t-il votre façon de concevoir l'écriture d'un morceau ?
Let' talk about your nearest future. People are really looking forward for your second record. Is it stressfull? Does it change the way you write songs?

On l'attend aussi avec impatience ! Non, le stress n'est jamais dû aux espérances. C'est une situation dont tu ne peux t'échapper et si tu essayes d'y penser, tu risques de sortir un mauvais album. Il est important que les valeurs et les idéaux avec lesquels on a commencé restent consistants. Si l'on reste vrai pour nous même et pour ce que l'on entreprend d'être, je pense que peu importe que les choses soient neuves ou différentes musicalement, ça restera toujours nous-mêmes. Comme pour le premier album, on a pris notre temps et écrit les meilleures chansons possibles. On les a enregistrées avec beaucoup de soin sans que cela en devienne avilissant, ni d'une précision stérile. C'est dur à expliquer, mais quand j'écoute le nouvel album, je trouve qu'il nous ressemble, mais un nous qui n'aurait pu être possible sans l'expérience de l'album précédent et d'être parti en tournée, apprenant un tas de trucs sur la route.

We're looking forward to it too! No, the stress is never about expectation - that's a situation you can't escape and if you try to think about it, you'll likely make a bad record. It's most important that the values and ideals that we started with remain consistent - if we stay true to ourselves and what we set out to be, I think however "new" or "different" things may be musically, it will always still remain "us." So just like the first record, we took our time and wrote the best songs we could, and recorded with a lot of care, but not like, soul crushing, sterile precision. It's hard to explain, but when I hear the new record, it just sounds like us, but an "us" that could have only been possible by having gone through the process of making a record once before and having toured and learned a lot of stuff along the way.

Quelle sera la teneur de Belong (à paraître en mars 2011) : une rupture ? une transition ? une confirmation ?
What will be the intention of this new record? a breaking-off, a transition, a confirmation?

On apprécie ce que l'on est, alors la pensée de soudainement faire quelque chose de totalement différent semble un peu en conflit avec les raisons pour lesquelles on a monté le groupe au départ. Nous ne sommes pas là pour vous montrer que l'on peut jouer tout type de musique ou que nous sommes profondément talentueux et capable de grandes prouesses artistiques. Nous sommes là pour faire la musique qu'on aurait voulu entendre quand on avait dix-sept ans, le genre de musique qui plait aux gens pour qui la musique importe beaucoup. Ca ne définira peut être jamais une génération et ça ne sera sans doute jamais sur la liste des choses les plus importantes de ce siècle. Ça serait cool d'être comme les Ramones, juste quelque chose de cent pour cent YES, qui puisse évoluer ou devenir adapté à la consommation de masse sans que pour les fans cela n'aie aucune importance. En anglais on dit too good to be true (trop beau pour être vrai). J'aime nous voir too true to be good. Je poursuis une idée sans concession de ce que nous voulons être, même si ce n'est pas le truc sophistiqué ou à la mode qui soit.

We like who we are, so the thought of all of a sudden trying to do something totally different seems a bit at odds with why we started the band in the first place. We're not here to show you that we can play any style of music, or that we are profoundly talented or capable of great artistic statements. We're here to make the music we'd want to hear when we were 17 - the kind of music that matters to the kinds of people to whom music matters a bit too much. It may never define a generation, it may never be on the century's most important lists and all that. It'd be cool to be like The Ramones- just something totally 100 percent "yes" that, to the people that are into it, it doesn't matter if it evolves or becomes suitable for mass consumption. In English, there's this expression "too good to be true." But I like to think of us as "too true to be good." I'm into an uncompromising sense of what we want to do, even if it's not the trendy or sophisticated thing.

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Après Higher Than the Stars et le 7" Say No To Love, vous sortez Heart In Your Heartbreak en novembre, un single que l'on retrouvera sur le prochain disque. Vous affectionnez les petits formats ? Que représentent-ils à vos yeux ? Une façon plus immédiate d'égrainer votre musique ?
After Higher Than The Stars and the 7" Say No To Love, you're putting out Heart In Your Heartbreak in november, a single that will be on your next album. Do you particuly like those litlle kinds of records? What do they represent to you ? Is it an faster way to put your music out?

Oui et oui. Parce que nous avons ce sentiment très vieux jeu qu'un groupe devrait partir en tournée le plus possible pour diffuser son message, plutôt que de s'appuyer exclusivement sur internet. Il est important pour nous de toujours avoir de nouveaux morceaux pour les gens qui viennent à nos concerts. Nous ne pensons pas que la pop est un acte de génie isolé, sortant un nouvel album une fois tous les quatre ans... Nous devons continuer à travailler, à nous efforcer d'écrire de nouvelles chansons que les gens apprécient. C'est peut-être parce qu'on est Américains, mais on a cette idée que si tu fais quelque chose dans ta vie, il faut que tu le fasses à fond. Les 7'' c'est l'éclate et le fait que notre label ne voit pas d'inconvénient à en sortir un grand nombre, bien qu'il n'en tire pas de profit, c'est vraiment génial.

Yes and yes. Because we have this very old fashioned sense that a band should tour as much as possible to spread its message, rather than relying solely on the Internet, it's important for us to always have new music available for the people that come to our shows. We don't have this sense that pop music is this act of isolated genius, being released once every 4 years or whatever - we need to keep working, keep striving to create new songs for people to enjoy. Maybe it's because we're American - but there is this sense that, if you do something in life, really do it. 7" singles are great fun, and the fact that our label doesn't mind releasing them a lot, even though they make no money, is awesome.

D'ailleurs, pourquoi avoir choisi Slumberland et quelles sont vos relations avec ce label pétri d'histoire (St Christofer, The Black Tambourines, Stereolab...) et d'idéologie indie ? Comment êtes-vous entrés en contact avec eux ? Allez-vous continuer l'aventure ensemble ?
Why did you choose Slumberland and what is your relationship with this historical indie label (St Christopher, The Black Tambourine, Stereolab...)? How did you meet them? Are you going to move on together?

Alors pour être clair, en Europe et au R-U, nos disques sont distribués par l'extraordinaire label indiepop Fortuna Pop qui a distribué dans le passé des albums de chez Slumberland, tel que l'inimitable The Last Match des Aislers Set. Mais Fortuna Pop a aussi lancé certains de mes groupes préférés, comme les Lucksmiths ou les Comet Gain, dont l'album Realistes est sans doute un des plus fins exemples d'indiepop brutalement intelligente, romantique et passionnée. L'idée de base du label est que même si cette musique est communément impopulaire, elle ne devrait pas forcément l'être. C'est une attitude d'opprimé ne reconnaissant pas la défaite et nous sommes heureux d'en faire partie.

Pour ce qui est de notre relation avec Slumberland... Je vous écris à ce moment même de San Francisco, Californie, de l'autre côté de la baie d'Oakland, ville natale du label. C'est un label qu'on aime depuis l'enfance, et comme tu l'as mentionné, son catalogue est impressionnant. Il me semble avoir discuté pour la première fois avec Mike alors que je commandais la rétrospective originale des Black Tambourine en 10'' - ils ont d'ailleurs récemment sorti une version plus épurée en 12''. Il était vraiment content de voir que quelqu'un commandait ce disque et il m'a laissé un mot très sympa. Je lui ai plus ou moins mentionné qu'ils étaient d'une grande influence sur le nouveau groupe que j'étais en train de monter et il nous a derechef booké avec un autre groupe de Slumberland à New York. Je suis presque sûr qu'il était ivre quand il nous a vu jouer, parce qu'il a vraiment trop aimé notre concert. Mais peu importe... il nous a dit que si jamais il nous prenait l'envie de faire un disque, il adorait s'en charger.

L'idée de sortir un disque chez Slumberland était complètement hallucinante. Le meilleur endroit possible pour notre musique même... Dès lors, on n'a jamais vraiment porté attention aux offres d'autres labels. On a vraiment pris notre temps pour réaliser notre premier album, d'ailleurs personne ne se rend bien compte du temps qu'il faut pour concevoir un premier disque puisque personne n'a connaissance de votre existence. On a vraiment voulu qu'il soit le meilleur possible afin d'être digne de Slumberland tout en leur témoignant notre admiration et notre respect. Lorsque temps était venu pour nous d'enregistrer notre second album et qu'une kyrielle de directeurs artistiques, tous plus ringards que les autres, désirait nous signer sur leurs grands labels, on est resté catégorique sur notre volonté de continuer à travailler avec Slumberland. Ce n'est pas que les majors sont aussi diaboliques que certains se prêtent à le croire, elles débordent en fait de véritables mélomanes, mais nous pensons avoir le meilleur label possible pour le genre de musique que l'on fait. Nous ne sommes pas prêts de le troquer en échange de plus d'argent ou quelque chose d'aussi stupide.

Well, to be clear, in the UK and Europe our records are released by an equally amazing one-man indiepop label called Fortuna Pop. Fortuna Pop has licensed releases from Slumberland in the past, such as the inimitably great Aislers Set The Last Match record. But Fortuna Pop has also released some of my favorite bands ever, like The Lucksmiths and Comet Gain, whose album "Realistes" is perhaps one of the finest examples of brutally intelligent, romantic and unabashedly passionate indiepop ever made. The label is based on the idea that just because this music is always unpopular, doesn't mean it should be. It's an underdog attitude that doesn't concede defeat, and we are happy to be a part of that.

As far as our relationship to Slumberland goes, well, I am writing this as I sit in San Francisco, CA across the bay from Oakland, CA - the home of the label. It's a label we grew up loving, and as you mentioned, it's catalog is so impressive. I think i first interacted with Mike when i was ordering the original Black Tambourine 10" retrospective (they've recently released a more flushed out 12" version). He was really excited that someone was ordering the record and dropped me a really nice note. I sort of mentioned they were a big influence on this new band I was starting and he booked us to support another Slumberland band when they played in New York. I'm pretty sure he was intoxicated when he saw us play, because he liked it way too much. Anyway, he told us if we ever wanted to put out a record, he'd love to do it.

The idea of Slumberland releasing one of our records was very mind blowing. From that point on we didn't really even entertain any other sorts of label offers, because to us Slumberland was the best possible place for our music. We really took our time to release the first record (no one notices how long it takes to release a first record because they don't know you exist). We really wanted to make it as good as possible to be worthy of Slumberland and demonstrate our love and respect for the label. When it came time to do our next record and all the cheesy record A+R people wanted to sign us to their bigger labels, we were pretty adamant that we were happy to continue working with Slumberland as our record label. Not that major labels are as evil as people think, they are actually filled with people that love music as well - but we just thought we had the best possible label for the kind of music we played, and we weren't about to give that up just to get more money or something dumb like that.

Est-ce important pour vous cet esprit indiepop, notamment vis-à-vis de l'industrie musicale ? Se traduit-elle dans l'esthétique musicale et visuelle du groupe ?
Is this indiepop spirit important to you, talking about the record industry? Does it influence the musical and visual aesthetic of the band?

Absolument. Nous demander d'être tête d'affiche du festival Indietracks au Royaume-Uni l'année dernière a été un très grand honneur, car ce festival est réservé aux groupes qui, comme nous, s'intéressent à l'indiepop de façon inconditionnelle et passionnée. On pense notre musique comme étant pop, mais il est indéniable qu'une large part de l'esthétique qui nous est chère passe par l'indiepop, et cette communauté a été la première - et possiblement la seule - à défendre notre musique. Donc oui, s'ils m'attachent au mur et me fusillent pour quelque chose, je l'accepterai pour l'indiepop avec fierté.

Absolutely. It was one of the biggest honors ever to be asked to headline the Indietracks festival in the UK last summer, because that festival is solely for bands like ours, bands that care about indiepop in this fervent, impassioned way. We actually think of our music as "pop" but it's undeniable that much of the aesthetic that we hold dear is routed in indiepop, and that community was the first (and possibly only) to champion our music. So yeah, if they pin me to the wall and they shoot me for something, I'll gladly take it for indiepop.

Quel est votre sentiment à propos d'une blogosphère mondiale semblant perturber le mainstream par la gratuité, le DIY intégral et l'immédiateté ?
What do you think about blogs that seem to disturb mainstream proposing lots of free content? DIY and faster access to everything?

Pour nous ça a été magnifique. On ne peut pas nier que si notre musique a été si rapidement écoutée, on le doit avant tout à sa large diffusion sur internet. Même si nous pensons que les tournées sont le meilleur moyen pour un groupe de se faire connaître, quand vous commencez et que vous n'avez pas l'argent pour ça, internet permet à vos idées d'être entendues et soupesées par une frange de la population que vous n'auriez jamais autrement touché. Ceci dit, bien que tout le monde sache que la distribution gratuite de musique fait du tort aux majors, personne ne s'en soucie vraiment. Et même si vous entendez Metallica s'en plaindre, le piratage nuit surtout aux labels indépendants. Les gens devraient comprendre que quand ils omettent d'acheter la musique diffusée par les labels indie, ils mettent en péril leur existence, ainsi que celles des boutiques indie !

En tant que groupe, ça nous est égal si les gens volent notre musique, parce que la plupart du temps, ils finissent par venir nous voir en concert et acheter un vinyle s'ils aiment. S'ils n'aiment pas, je ne voudrais pas qu'ils regrettent leur achat. Mais du point de vue de nos labels, on encourage les gens à supporter Slumberland et Fortuna Pop, parce que ce sont des types biens dans l'industrie du disque. Chacun de ses deux labels est le fruit d'une seule personne, sortant de la musique underground depuis respectivement vingt et quinze ans, et ce sans le faire pour l'argent. Ils le font par amour de la musique, s'intéressant à des groupes que le mainstream ignore. C'est un problème compliqué mais nous ne sommes pas avides. Ça nous est égal que tu télécharges nos trucs !

For us it's been wonderful. We don't deny that the ability for our music to be heard so immediately when we started was largely the result of the rapid distribution of it on the Internet. We also believe that touring is the best way for bands to get their music out, but when you're starting and you have no money to tour at all, the Internet allows your ideas to be heard and evaluated by a large population that otherwise would never get to see you where you live. That being said, while it is common knowledge that the free distribution of music hurts major labels, that is not something that most people care all that much about. However, it also hurts indie labels as well - and while you hear about Metallica complaining about pirating, people should understand that when they fail to buy things from indie labels, they imperil the existence of those labels (as well as indie record stores!).

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Vous êtes de Brooklyn. Mais je n'ai pas assez de doigts pour compter le nombre de groupes qui se créent là-bas chaque minute. Du coup, s'il y avait une scène à laquelle The Pains Of Being Pure At Heart appartient... quelle serait-elle et comment la définiriez-vous ? Vous traînez avec d'autres groupes ?
Your are from Brooklyn, but I don't have enough fingers to count the huge amount of bands being created every second. So, is there a scene that The Pains of Being Pure at Heart belong to? How would you define it? Do you hang out with other bands?

We don't care from our perspective if people steal our music, because usually they end up coming to a show and buying the vinyl if they like it - and if they don't like it, I wouldn't want anyone to feel upset about purchasing our stuff. But from our labels perspective, we do encourage people to support Slumberland and Fortuna Pop, as they are the good guys in the record business. They are 1 person operations that have been putting out underground music for the last 20 and 15 years respectively and they don't do it to make money. They do it because they love music and care about bands that more mainstream sources ignore being heard. So yeah, it's a complicated issue, but we are not greedy and we don't care if you steal our stuff!

C'est étrange, car nous sommes fans d'autres groupes de Brooklyn, comme Crystal Stilts, Dream Diary, Vivian Girls, The Hairs, The Depreciation Guild, Zaza, Hooray for Earth, My Teenage Stride, The Secret History, German Measles et bien d'autres. Mais, bien que nous possédons une collection d'albums très similaires à celles de ces groupes, il est difficile de penser qu'une seule et unique esthétique les unifie tous. Même si personne en Amérique n'admet jamais faire parti d'une scène, je peux absolument comprendre pourquoi les groupes de Brooklyn sont perçus de cette façon. On est sans aucun doute amis avec beaucoup d'autres groupes. Je dirais qu'il n'y a PAS réellement de concurrence. Les gens ne sont pas du style à proclamer je veux être le meilleur groupe, et s'ils le sont, ça ne se fait jamais au détriment de quiconque. Chacun va aux concerts des autres et tout le monde se supporte mutuellement. C'est très amical et pas spécialement acharné, ce que peu de gens comprennent à propos de Brooklyn et New-York s'ils s'arrêtent à ce qui est dépeint à la télé ou dans les films.

It's weird, because we are huge fans of the other bands in Brooklyn - bands like Crystal Stilts, Dream Diary, Vivian Girls, The Hairs, Depreciation Guild, Zaza, Hooray for Earth, My Teenage Stride, The Secret History, German Measles, and so many more. But, while we have really similar record collections as a lot of those bands, it's hard to think that there is a single aesthetic that unifies them all.

That being said, no one in America ever admits to there being a scene, but I can definitely understand how the bands in Brooklyn can be perceived that way. And yeah, we're definitely friends with a lot of the other bands. I would say that it's really NOT competitive. People aren't like "i want to be the biggest band" or, if they are, it's never at anyone's expense. People come to each other's shows and support one another - it's really friendly and not very cut-throat, which I feel many people might not understand about Brooklyn/NY if they simply see how it is portrayed in tv and movies.

Est-ce facile de conjuguer The Pains Of Being Pure At Heart avec vos différents side-project (The Depreciation Guild...) ?
How do you deal with The Pains of Being Pure at Heart and all your different side projects (The Depreciation Guild...)?

The Depreciation Guild n'est pas un side-project de The Pain Of Being Pure At Heart. C'est un groupe différent qui existait avant nous. Kurt est batteur pour The Pain of Being Pure At Heart, mais il écrivait et performait déjà avec The Depreciation Guild et Chistoph - qui joue de la guitare avec nous pendant la tournée - bien avant que nous ne nous soyons formés. Nous avons donc fait de notre mieux pour laisser du temps aux deux groupes, histoire de tourner et d'enregistrer. C'est d'ailleurs plus dur pour Kurt et Christoph car ils sont littéralement tout le temps en tournée - nous avons démarré la tournée en juillet et ils ne seront pas de retour chez eux avant Décembre. Quant à l'implication d'Alex dans The Hairs, il ne prend pas part à leur tournée. Il voulait juste passer du temps avec Kevin et jouer avec lui  (ex-Knight School, Lil Hospital). Kevin est vraiment cool, je peux complètement comprendre, et si en plus ça permet à plus de personnes d'écouter sa musique qu'on adore tous, alors c'est encore mieux.

The Depreciation Guild is not a side project of The Pains of Being Pure at Heart, but a separate band that existed before The Pains of Being Pure at Heart. Kurt plays drums in The Pains of Being Pure at Heart, but he was writing music and performing as The Depreciation Guild with Christoph (who plays guitar on tour with Pains) long before The Pains even formed. So we've done our best to allow for touring and recording time for both bands. It's hardest on Kurt and Christoph because they are literally on tour all the time (we left for tour in July and they won't be home again until December). As for Alex's involvement in The Hairs, well - he doesn't tour with them, but just wanted to hang out and play music with Kevin (ex-Knight School, Lil Hospital). Kevin is really cool, so I can totally understand that and if it gets more people to listen to Kevin's music, which we all love, then all the better.

The Pains Of Being Pure At Heart, c'est avant tout un groupe fait pour coucher sur bandes des démos ou pour écumer les salles de concerts ? Quel est votre rapport au live ?
Was The Pains Of Being Pure At Heart an band to put out demos or to go live? What is your relation to the live shows?

On essaye de s'améliorer pour chacun des deux. Je pense que c'est plus cool qu'à nos débuts, on était mauvais en enregistrement ET en live. Mais cela aurait été agaçant si on avait commencé sous une forme complétement aboutie. On est encore en train d'apprendre, au fur et à mesure. Je pense que l'on s'est amélioré dans les deux, mais nous ne serons jamais parfait pour jouer dans les stades. Nous sommes imperfectionnistes ! On travaille très dur et on fait de notre mieux, mais parfois on se rend compte que les trucs qui partent de travers rendent les choses encore meilleures.

We have tried to get better at both. I think it's cool that when we started we were really bad at recording AND playing live. But it would have been annoying if we just started totally formed. I mean, we're still learning as we go along. I think we've gotten better at both, but we're not like perfect stadium rock. We're imperfectionists! We work really hard and try our best, but also realize that the stuff that goes wrong sometimes makes it even better.

Vous jouez à Paris pour la seconde fois après un (court) concert au Batofar. Est-ce une ville qui vous attire ou l'Angleterre et Londres reste pour vous la ville de tous les désirs ?
You play in Paris for the third time. Is Paris a attractive city to you or this all about London and the UK?

On adore Paris - n'est ce pas le cas de tout le monde ? Non pas qu'on veuille réduire une ville au charme de son public, mais tout le monde est tellement cool, élégant et beau à Paris. C'est plutôt intimidant pour nous, les Américains un peu nerd que nous sommes. On adore sortir et faire la fête après les concerts, tout le monde est tellement sympa avec nous, on s'amuse un peu comme des gamins à Paris. Et puis Céline et Vanina, qui programment nos concerts en France, sont les plus cools. J'aimerais leur tirer mon chapeau et les remercier pour nous laisser venir et jouer ici !

We love Paris - doesn't everyone love Paris? It's so cool, not to reduce a city to the attractiveness of the audience, but everyone is so cool, smart and awesome looking in Paris - it's rather intimidating, as we're nerdy Americans. We love to go out and party after the shows, because people are so nice to us and it's just like kids in Paris no how to party. Plus Celine and Vanina, who put on our shows in France, are the coolest - I'd like to give them a shout out and thank them for letting us come over and play!

Traduction Vv & Florianne

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The Pains Of Being Pure At Heart - Heart In Your Heartbreak (premier single extrait de Belong à paraître en mars 2011)


Musique pour Statues-Menhirs, le 20 novembre à Rodez

viewerMusique pour Statues-Menhirs, le 20 novembre, Musée Fenaille, Rodez

Quoi de mieux que de laisser parler celui qui est au centre d'un si beau et en même temps si étrange projet que celui de mêler instantanéité et fragilité de la performance musicale  à l'imposante solidité et l'étourdissante ancestralité de ces objets de pierre qu'abrite le musée Fenaille de Rodez.  Cyril Caucat, patron de label Arbouse Recordings, nous en apprend un peu plus sur ce dialogue improbable qu'il organise  cette année entre l'extrême raffinement des sonorités électriques de Nathan Bell, la poésie musicale concrète de VS_price et ces fascinantes représentations humaines.

Peux-tu nous présenter la genèse de l'évènement que tu organises "Musique pour Statues-Menhirs " en cette fin du mois de novembre ?

Musique pour Statues-Menhirs est le quatrième volet d'une série initiée en 2009. Au tout départ, fasciné par la fameuse collection de statues-menhirs du musée Fenaille (Rodez), j'ai eu l'idée de convier des artistes à travailler sur ce qu'elles pouvaient leur suggérer, leur évoquer. La plupart des artistes invités d'ailleurs, n'en avaient jamais entendu parler... Il a fallu donc leur préparer un dossier presse pour que cela puisse les inspirer. Entre temps je suis allé voir le musée, avec qui j'avais déjà fait des évènements musicaux. Je leur ai parlé de mon projet. Aurélien, le directeur a aussitôt été emballé par le projet. J'ai conçu le tracklisting et sélectionné les artistes. Et en avril 2009 sortait le double album Musique pour Statues-Menhirs (arbou026) avec entre autre Mira Calix, Nathan bell, David Daniell, Sylvain Chauveau, Serafina Steer, Fennesz...
Par la même occasion, pour la sortie du disque, nous avions imaginé un évènement du même nom, au sein du musée, dans la salle des statues-menhirs. C'est ainsi qu'en guise d'inauguration de la sortie nous avons invité Fennesz, Mira Calix, David Daniell et Mapstation à se produire. Ce fût un grand moment de création et d'émotion. Voir ces artistes au milieu des statues-menhirs, qui pour le coup avaient revêtu un habit de lumière singulier. Ce fût un moment priviligié pour découvrir ou redécouvrir ces oeuvres, dans une ambiance sonore inattendue. Fort du succès enregistré, nous avons eu la volonté de continuer. Ainsi il y a eu "Musique pour Statues 2" avec cette fois-ci Benoit Pioulard et Jasper TX, puis une troisième édition avec Serafina Steer et Orla Wren. Et enfin celle qui s'annonce avec Nathan Bell et VS_price ce samedi.

C'est, il me semble, le second évènement du genre ? Qu'as-tu retenu du premier et des performances des artistes qui s'y sont produits ?

C'est en fait la quatrième édition. A chaque fois c'est un moment unique. Les artistes qui s'y produisent présentent le morceau qu'ils ont réalisé sur le disque, et ensuite des morceaux de leur choix. L'ambiance y est, je crois, propice à l'enchantement, au rêve. Une manière aussi d'appréhender ces oeuvres primitives, avec un autre regard que celui qui est habituellement proné, un regard purement archéologique. Là, il s'agit juste de revenir aux sources de ces oeuvres, à leurs pouvoirs suggestifs, à leur primitivité.

Pourquoi la pierre et quel est le  rapport que ce thème entretien selon toi avec  la chose musicale ?

Comme je te le disais plus haut, il s'agit plus que de pierres. Il s'agit des premières représentations humaines connues à ce jour. Leur esthétique est fascinante, leur fonctionnalité totalement méconnue. Elles sont totalement mystérieuses. Beaucoup de choses ont été supposées, mais rien ne garantit telle ou telle théorie. Elles exercent donc un pouvoir imaginatif immense. Et elles interpellent toujours, quelles que soient les personnes. Nous ne pouvons rester insensibles. Elles rebutent ou au contraire emmerveillent. La musique, vecteur d'images, rajoute à tout ça.
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Par là-même, qu'apporte un tel lieu à fois  atypique et néanmoins  institutionnel voire solennel à la performance musicale ?

C'est vrai que ça reste atypique. C'est ce qui donne toute l'originalité à ce projet. C'est une manière, aussi, et je crois que le musée l'a compris, de permettre à des gens d'aller à la rencontre de ces statues-menhirs, d'une manière moins conventionnelle qu'une visite de musée normale. C'est aussi une façon de faire vivre ces statues-menhirs encore et toujours, de les inscrire dans la création contemporaine, et de rappeler aux spectateurs attentifs toute leur modernité. Ces évènements sont gratuits, ou peu coûteux, ce qui permet à tous de venir. Pourtant il est vrai que pour bien des gens cela reste un projet élitiste. C'est sans doute le côté académique du musée qui lui confère ça, les représentations. Aller dans un musée, ce n'est jamais facile pour tout le monde. Pourtant ce projet participe à ça, j'en suis convaincu. les musiques entendues sont totalement accessibles à n'importe qui et du coup l'auditeur ne peut que se laisser aller à ce qu'il ressent, en voyant ses confrontations entre les statues, le son, l'image (parfois), et la lumière. Par ailleurs, c'est sans doute un projet qui participe à la connaissance des statues-menhirs à  travers le monde, dans un milieu pas forcément de spécialistes.

La sortie d'une compilation, comme tu l'as dit,  a précédé le premier évènement dans lequel on retrouve entre autre Fennesz, Serafina Steer, Benoit Pioulard, Astrïd, Zelionople, Sylvain Chauveau, Jefre Cantu ledesma, Schneider TM... Quel est le point commun  entre tous ces artistes venus d'horizons et de styles différents ? Une suite est-elle envisagée ?

Pour parler du lien entre tous les artistes, c'est celui de s'être laissé aller à l'imaginaire, d'avoir accepté de jouer le jeu, de s'être intéressé à ces statues-menhirs et à leurs mystères. Car à l'écoute du disque, même s'il a un caractère un peu "expérimental", les univers sonores sont très différents et très diversifiés. C'est un disque qui invite au voyage, ni plus ni moins. Et qui donne, je l'espère, envie d'en savoir plus sur ces oeuvres énigmatiques. Quant aux évènements, nous en sommes au quatrième avec celui de samedi. Je ne sais pas où nous irons, jusqu'où. Il y a d'autres idées qui germent, on verra...

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Gravenhurst l'interview

gravenhurst / (c)vinciane verguethen / warpQue devient Nick Talbot aka Gravenhurst, le groupe qui a façonné, entre autres perles, les magnifiques Flashlight Seasons et The Western Lands ? Hartzine a interrogé le Bristolien avant son passage en version dépouillée en première partie de Paul Smith (Maxïmo Park) à la Flèche d'or le 20 novembre et au Botanique de Bruxelles le lendemain. Un entretien qui porte sur le passé, sur le futur, sur la vie.

Que devient Gravenhurst ? Es-tu toujours actif à 100 % dans ce projet ?
What is becoming Gravenhurst? Are you still 100% active in this project?

Oui, tout à fait. Je travaille actuellement sur mon sixième album dont les processus d'écriture et d'enregistrement ont été plus longs que d'habitude, pour plusieurs raisons. J'ai été atteint assez longtemps du « syndrome de la page blanche » en ce sens que je ne trouvais rien de nouveau ni d'intéressant à écrire. La créativité étant une partie essentielle de mon identité, cette période a été particulièrement difficile pour moi. Je me suis plongé dans les films et les livres, ce qui m'a permis de me débarrasser petit à petit de cette angoisse et de trouver de nouveaux sujets à exploiter. Mais je prends mon temps ! Me forcer à travailler rapidement est contre-productif. Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura un album en 2011.

Yes, absolutely.  The album I'm working on will be my sixth and it's taken longer to write and record than previous ones for several reasons. I had a long period of 'writer's block' where I couldn't think of anything new or interesting to write about. This was a difficult period because creativity is an essential part of my sense of identity. I immersed myself in film and literature and gradually the block lifted and I was able to come up with new material. But I'm not rushing it; forcing myself to work quickly was counter-productive. There will be an album in 2011 though for sure.

As-tu d'autres projets ?
Do you have any other projects?

Je contribue occasionnellement à Bronnt Industries Kapital, projet mené par Guy Bartell. Le dernier album de Bronnt est sorti sur Get Physical ; il s'appelle Hard For Justice et j'ai coécrit quelques titres.
J'ai aussi fait de l'ambient noise sous le nom de Ex.1. À l'origine, cela s'appelait Exercise One, un nom que j'utilisais depuis 1995 mais j'ai dû le changer récemment en Ex.1 parce qu'un duo berlinois a commencé à l'utiliser... J'ai également fait du « dubstep » mais je n'ai encore rien sorti.

I'm sometimes involved in Bronnt Industries Kapital; Guy Bartell is the main man and I contribute material occasionally. The latest Bronnt album was released on Get Physical; it's called Hard For Justice and I co-wrote a few of the tracks.
I also make ambient noise under the name Ex.1 Originally it was Exercise One, a name I have used since 1995 but a Berlin dance act started using it recently so I had to truncate the name to Ex.1... I've also been making dubstep but haven't released any of it yet.

As-tu déjà pensé abandonner le projet Gravenhurst ? Si oui, quand ?
Have you ever thought of giving up this project? If yes, when?

J'admets être passé par des périodes de doute et de confusion intenses. Pas parce que j'avais perdu la foi en la musique mais plutôt parce que certains côtés de la vie de musicien me posaient problème. Je ne suis naturellement pas fait pour les tournées, je trouve cela trop stressant. Ceci dit, je vais bientôt assurer les premières parties de la tournée de Paul Smith de Maxïmo Park et j'ai plutôt un bon pressentiment. Je préfère jouer en solo car il y a moins de choses à gérer. Les concerts de Gravenhurst avec musiciens ont été excellents pour la plupart, et parfois même carrément époustouflants ! Et je suis certain de reformer un groupe prochainement mais pour le moment, j'aime assez la simplicité des concerts en solo. Ça me fatigue de devoir veiller à ce que ma voix ne soit pas étouffée par les cymbales et les guitares !

I admit I have had periods of immense doubt and confusion. This is not because I've lost faith in the music, more that I find various aspects of being a musician problematic. I'm not a natural touring type, I find touring stressful. That said, I'm about to embark on a solo support tour with Paul Smith of Maxïmo Park and I have a really good vibe about it. I prefer to play solo, just because it means I have less to worry about. Many of the Gravenhurst band shows have been excellent. Some of them were fucking mind-blowing! And I'm sure I will put a band together again, but for now I'm enjoying the simplicity of solo shows. I don't have to worry about monitoring and being able to hear my voice above the crashingly loud cymbals and guitars!

Y a-t-il des musiciens qui t'ont influencé durant ton enfance ?
Have you grown up with musicians who influenced you?

Ma mère écoutait beaucoup de musique ; elle est une fan inconditionnelle des Beatles, j'en suis donc totalement imprégné. Mais Simon & Garfunkel a eu une influence plus immédiate sur Gravenhurst. Ma mère possède une collection impressionnante de disques, ce qui fait que mon subconscient s'est nourri d'un grand nombre de groupes et de compositeurs de talent. J'ai aussi beaucoup écouté de groupes « synth-pop » durant ma jeunesse ; en particulier les Pet Shop Boys que je trouve fantastiques. Je suis un grand fan d'Iron Maiden aussi ! Mais le groupe qui a changé ma vie est The Smiths. Johnny Marr est pour moi le plus grand des guitaristes. J'ai entendu les Smiths au moment où je commençais à jouer de la guitare ; mon adolescence se caractérise par un mélange de The Smiths, Simon & Garfunkel, The Cure, Ride, R.E.M, My Bloody Valentine et par un florilège d'émotions bizarres... Au moment où j'ai intégré l'Université à Bristol, j'étais obsédé par Stereolab, Flying Saucer Attack et un tas de « lo-fi » et « Krautrock ». Ensuite, j'ai eu mon époque Fairport Convention avec Sandy Denny, Richard Thompson et Guided By Voices! Au moment où j'ai eu mon blocage créatif, j'écoutais beaucoup Elliott Smith, et je trouvais qu'il avait placé la barre si haut en termes de composition que je ne pouvais pas rivaliser. Il est tellement bon que j'ai perdu toute confiance en moi. Mais ensuite, son influence a commencé à imprégner mes nouvelles chansons et j'ai progressivement recommencé à écrire.

I grew up listening to the music my Mum listened to; she is a massive Beatles fan, so the Beatles are infused in my very being. But Simon & Garfunkel influenced Gravenhurst more immediately than the Beatles. My Mum has a massive music collection so there are so many great bands and songwriters that have been soaked up sub-consciously. I also grew up listening to loads of synth-pop bands; especially Pet Shop Boys; they are fantastic. I'm also an Iron Maiden fan! But the band that changed my life was The Smiths. Johnny Marr is my guitar hero. I heard the Smiths at just the time I started playing guitar; my adolescence was a blur of The Smiths, Simon & Garfunkel, The Cure, Ride, R.E.M, My Bloody Valentine and a rollercoaster of crazy emotions... By the time I got to University in Bristol I was obsessed with Stereolab, Flying Saucer Attack and loads of lo-fi and Krautrock. I then got really into the Sandy Denny-era Fairport Convention, Richard Thompson, and Guided By Voices! Around the time I had my creative block I had got really into Elliott Smith, and I felt he raised the bar so high in terms of songwriting that I couldn't compete. I lost confidence because he is so fucking good. But then some of his influence filtered through to my new songs and I gradually started writing again.

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Quand précisément as-tu décidé de dédier ta vie à la musique ? Te rappelles-tu le jour exact ?
When precisely did you decide to dedicate your life to music? Do you remember what day it was?

Je pense que j'ai commencé à m'investir totalement dans la musique quand j'ai signé avec Warp, car je pouvais alors en faire mon gagne-pain. Avant cela, je vivotais grâce à mon propre label Silent Age Records, tout en suivant un Master en Philosophie et Histoire des Sciences à l'Université. Quand j'ai eu la possibilité de signer avec Warp, j'ai décidé de renoncer à ma carrière universitaire pour me consacrer à la musique. La philosophie me manque mais je continue à en lire. Si mon inspiration musicale me quitte un jour, peut-être que je reprendrai mes études. Mais mon manager, Michelle, m'encourage toujours musicalement et insiste pour que j'aie plus de musique en moi, et comme elle a toujours raison sur tout, je fais ce qu'elle me dit ! Je me suis extirpé de ce blocage créatif avec quatre nouvelles chansons qui, selon Michelle, sont les meilleures que j'aie écrites jusqu'à présent. Je serai donc toujours musicien dans un futur proche.

I guess I was able to dedicate myself to music completely when I signed to Warp, cos then I was just about able to do it for a living. Before then I was scraping by running my own label Silent Age Records, but I was still at University studying a Masters in Philosophy and History of Science. Then the Warp deal came along and I chose music over a career in Academia. I miss Philosophy but I still read it anyway. If I completely run out of musical ideas maybe I could go back and finish my studies. But my manager Michelle always encourages me musically and insists I have more music in me, and she's always right about everything so I'll do what she says! I've come out of the creative block with four new songs finished, and Michelle thinks it's the best work I've done to date, so I'll be a musician for the forseeable future.

Comment écris-tu tes chansons ? As-tu déjà pensé à une collaboration ?
Can you describe the writing process of a song? Have you ever thought of co-writing your songs?

J'ai toujours travaillé seul, et bien que j'aie souvent eu l'occasion d'écrire avec d'autres personnes, je ne l'ai jamais fait. Peut-être qu'inconsciemment j'évite les collaborations car c'est un nouveau défi et que les nouvelles expériences m'effraient. De plus, comme mon processus d'écriture s'est avéré assez efficace jusqu'à présent, je n'ai pas trop envie de le changer. J'écris souvent le titre des chansons en premier. Je pense à un titre, juste un truc qui évoque une part de mystère en moi, et je m'imprègne de ce mystère pour créer les paroles et la musique. Je note régulièrement des phrases qui me viennent en tête, un peu par hasard, dans un carnet et j'y reviens plus tard, parfois même des années plus tard, si j'arrive à les intégrer dans une composition. Le processus peut être très différent pour chaque chanson. Il m'arrive parfois de créer une chanson complète simplement en chipotant sur ma guitare devant un film ou autre, sans vraiment faire attention à ce que font mes mains ; The Diver, Fog Round The Figurehead et une nouvelle chanson appelée The Ghost Of Saint Paul ont été créées de cette façon. D'ailleurs, le fait que cette nouvelle chanson soit apparue spontanément m'a fait prendre conscience que l'écriture était toujours quelque chose d'ancré en moi.

I've always worked alone and though I have many opportunities to write with other people I've never done it. Maybe sub-consciously I am avoiding it because it's a new challenge and I'm afraid of trying new things. But the process I use to write songs has been pretty fruitful so far so I guess I'm loathed to change it. I often write the song titles first. I come up with a song title, just something that evokes a sense of mystery to me, and I'll use that sense of mystery to encourage lyrical and musical ideas. I often write down sentences I think of randomly, have them in my lyric book and come back to them, sometimes years later, if they fit into something I am working on. The process can be very different for each song. Sometimes a song will come out of nowhere apparently fully formed after I'm just messing around on the guitar while watching a film or something, not paying attention to what my hands are doing; The Diver, Fog Round The Figurehead, and a new song called The Ghost Of Saint Paul appeared like that. The fact that this new song came out spontaneously made me realise I still had it in me to write songs.

À quoi ressemblera ton prochain album ? Sera-t-il dans la lignée de Western Lands ?
What will your next album look like? Will it be in the vein of Western Lands?

Si je me base sur les chansons que j'ai écrites jusqu'à présent, l'album devrait être un peu plus acoustique, à l'instar de Flashlight Seasons. Mais il y a définitivement un élément rock dans deux des chansons et je dois en écrire encore au moins quatre, donc impossible de savoir tant que ce n'est pas fini ! Je sais comment il va s'appeler mais je ne le dis pas encore ! J'ai aussi une idée pour la pochette. J'aime avoir le titre de l'album avant d'écrire les chansons. En règle générale, il me vient en tête bien avant les chansons. Le titre de l'album amène les titres des chansons, les titres des chansons amènent les paroles, les paroles amènent la musique. C'est souvent comme cela que ça se passe. Pas toujours, mais souvent.

On the basis of the songs I've got so far I think it might be a bit more acoustic like Flashlight Seasons. But there's definitely a rock element in a couple of the songs and I want to write at least another four songs for it so we won't know until it's finished. I know what it will be called but I'm not saying yet! I have ideas for the artwork too. I like having the album title before the songs are written; I often come up with an album titles a long time before the songs. The album title suggests the song titles; the song titles suggest the lyrics; the lyrics suggest the music. That's often the way; not always, but often.

Qu'est-ce qui a changé en toi depuis le début de Gravenhurst ?
In what way have you and Gravenhurst changed since the beginning of the project?

C'est une question difficile. Je suis plus conscient des choses que j'aime et que je n'aime pas dans l'industrie de la musique, de mes faiblesses et de la manière dont je peux les maîtriser. Les tournées et la promotion des albums me mettent mal à l'aise ; j'adore me produire sur scène mais c'est tout ce qui va avec qui me fatigue. C'est un apprentissage de longue haleine... J'apprends à faire avec. Je dois apprécier la chance que j'ai. Il y a tellement de gens qui voudraient être à ma place : musicien professionnel avec une manager de rêve et une équipe loyale, un bon label, et la possibilité de composer pour le cinéma et la télévision.

That's a difficult question. I've become more aware of which things about the industry I like and don't like; what my weaknesses are and how I can deal with them. When it comes to touring and promoting the records I'm not a natural at it; I love performing but all the stuff that goes with it I find exhausting. But it's a learning curve; I'm learning to deal with it. I have to appreciate how lucky I am. So many people would kill to be in my position; a professional musician with an amazing manager and a loyal following, on a good label, my work used in film and television.

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Dans quelle mesure les instruments sont-ils importants pour toi ? Les utilises-tu essentiellement à des fins de création ? Aimes-tu posséder les instruments ?
To what extent are the instruments important to you? Do you use them essentially for the purpose of creation? Do you enjoy possessing instruments?

J'ai acheté et vendu tellement d'instruments ! Il m'arrive d'acheter des instruments dont j'ai besoin spécifiquement pour un album, tels qu'une Fender Jazzmaster, puis de les revendre car je n'ai pas les moyens de collectionner les guitares. Si j'avais gardé toutes les guitares que j'ai eues en ma possession à un moment ou l'autre, j'en aurais environ 14. Par contre, les guitares que je possède actuellement, je ne les vendrais pour rien au monde ; mon Epiphone Sheraton Semi est un cadeau de mon meilleur ami Phil ; c'est une vraie beauté. Ma guitare acoustique est une Simon & Patrick. Ce n'est pas une guitare chère mais j'y suis habitué. Je sais comment l'amplifier et optimiser le son. Elle est cabossée et griffée mais j'adore le son qu'elle émet. J'ai une basse Précision que j'ai recomposée à partie de plusieurs morceaux, j'adore ça. J'ai aussi une Epiphone Les Paul que j'ai beaucoup utilisée sur scène entre 2005 et 2007. Et enfin, j'ai une petite guitare acoustique espagnole pas chère du tout puisqu'elle a coûté environ £40 (46 €). Mais elle sonne quand même bien. J'ai hérité d'une basse Music Man Sterling dont je déteste le son ; Je l'ai prêtée à Antoni Maiovvi. Je ne suis pas un collectionneur. Je n'arrête pas de vendre des trucs. Je suis tout l'inverse d'une pie. J'ai vendu tous mes vinyles et pour le moment je vends mes CD. La seule chose que je n'arrive pas à vendre, ce sont mes livres. J'en ai stocké beaucoup parce que je n'ai pas de place pour tous.

I've bought and sold so many instruments! I'll buy specific things for an album, such as a Fender Jazzmaster for an album, then sell it again because I can't afford to collect guitars. If I had kept all the guitars I've owned I would have around 14 guitars. The guitars I have now I wouldn't sell though; my Epiphone Sheraton Semi was a gift from my best friend Phil; it's a beauty. My acoustic is a Simon & Patrick. It's not an expensive guitar but it's what I'm used to. I know how to mic it up and make it sound good. It's dented and scratched to bits but I love the sound. I have a Precision Bass that I put together from various bits, I love that. I also have an Epiphone Les Paul that I used a lot live around 2005-2007. Last of all I have a cheap small Spanish acoustic guitar. It was about £40. It sounds pretty good though. I inherited a Music Man Sterling bass but I hate the sound of it; I lent it to Antoni Maiovvi. I'm not a collector. I constantly sell things. I'm the opposite of a Magpie. I sold all my vinyl and I'm currently selling my CDs. The only thing I won't sell is my books. I have loads in storage because I don't have room for them all.

Te considères-tu plutôt comme un chanteur ou comme un guitariste ?
Do you feel more like a singer or a guitarist?

Définitivement comme un guitariste. Chanter n'est pas naturel pour moi. Je n'ai jamais voulu être chanteur mais comme j'écrivais des chansons et que je n'ai jamais trouvé de chanteur qui me convenait, il a bien fallu que je le fasse moi-même. Je n'ai pas vraiment un larynx développé. C'était d'ailleurs problématique lorsque je devais chanter avec une formation rock ; je perdais ma voix. Après trois semaines de tournée, j'ai perdu ma voix lors d'un concert à Berlin. Malheureusement, il y a des séquences sur Youtube ! On dirait que quelqu'un m'étrangle. C'est horrible. J'ai régulièrement des infections de la gorge pendant ce genre de tournées. Les tournées solo me conviennent donc mieux à bien des égards.

Definitely a guitarist. Singing doesn't come naturally to me; I never wanted to be a singer but I couldn't find a suitable one and I was writing songs so I had to do it. I don't have a strong larynx. That was a central problem of singing over a loud band; I would lose my voice. At the end of a three week tour my voice collapsed at a gig in Berlin. Unfortunately there is some footage on Youtube! I sound like I'm being strangled. It's awful. I would get throat infections quite regularly on tour. So solo shows are better for me in so many ways.

Y a-t-il un groupe ou un chanteur pop dont la carrière soit un exemple pour toi ?
Is there a pop band or singer whose carrier is an example to you?

Tous les artistes qui font ce qu'ils ont envie de faire sans se soucier du temps que ça leur prend. Mes potes du label, Broadcast, passent autant de temps que nécessaire sur leurs enregistrements. Ils ne ressentent pas la nécessité de se conformer à la notion de l'industrie selon laquelle un album doit sortir chaque année. Scott Walker est content de laisser passer plus d'une décennie entre chaque album. Mais en même temps, il est certainement bien plus riche que moi !

I guess artists who do what they want and don't care how long it takes them. My label-mates Broadcast spend as long over their records as they feel necessary. They don't feel the need to conform to the industry notion of releasing an album each year. Scott Walker is happy to leave it more than a decade between albums. But then he certainly has more money than I do!

Que penses-tu de la scène pop actuelle ? Y a-t-il un artiste dont tu te sens proche ?
What do you think about the current pop scene? Is there any artist you feel close to?

Je ne peux pas dire que j'écoute beaucoup de nouvelle musique. J'adore le dernier album de Broadcast. J'ai tendance à aimer des groupes longtemps après leur séparation ! Il existe tellement de vieilleries que je dois encore explorer. Avec les nouveaux groupes, il faut attendre longtemps que le battage médiatique s'estompe avant de pouvoir dire s'ils sont vraiment bons ou pas. Ma mère achète beaucoup de nouveaux trucs qu'elle me recommande. Mes frères aussi achètent beaucoup de nouveautés. Il y a deux artistes que j'aime vraiment qui semblent avoir été influencés par Flying Saucer Attack. Dead Mellotron et Light Of Shipwreck. Ils sont très intéressants. C'est mon frère Sean qui me les a recommandés. Ces dernières années, j'ai écouté beaucoup de dubstep. Des gens comme Joker, Pinch, Peverelist, Burial,...

Aussi, j'adore le groupe metal Mastodon. Leur show à Bristol l'année dernière était l'un des meilleurs concerts de l'année, bien que je n'aie pas vu la scène en raison du monde et de la configuration stupide de la salle. Absolument incroyable malgré tout.

I can't say I listen to a lot of new music. I love Broadcast's last record. I tend to get into bands long after they have split! There is a wealth of old music out there I have yet to hear so I seek that out. With new bands it takes a while for the hype to die down and for it to become clear whether they are actually any good or not. My Mum buys loads of new music though; she recommends stuff to me. And my brothers also buy new music. There are two artists I really like who sound like they have been listening to Flying Saucer Attack. Dead Mellotron, and Light Of Shipwreck. They are really interesting. My brother Sean recommended them to me. The last few years I have been listening to a lot of dubstep. Joker, Pinch, Peverelist, Burial, people like that.

Also, I love the metal band Mastodon and their Bristol show last year was one of the best gigs of the year even though I couldn't actually see the stage because the venue was full beyond capacity and the room is laid out in a stupid design. It was still incredible though.

Vis-tu toujours à Bristol ? As-tu déjà eu envie de quitter l'Angleterre ?
Do you still live in Bristol? Have you ever felt like leaving England?

Oui, je vis toujours là. J'ai déjà pensé vivre à Berlin car la vie n'y est pas chère et parce que mon ami Tony (Antoni Maiovvi) y habite. Mais mes racines sont ici, à Bristol. Ce serait difficile pour moi de laisser autant d'amis et mes frères derrière moi. Mais ce n'est pas exclu. Si j'étais riche, j'aurais une maison à Bristol, une à Londres et une à Berlin !

Yes, I'm still here. I have had thoughts about living in Berlin because it's so cheap, and my good friend Tony (Antoni Maiovvi) lives there. But my roots are here in Bristol. It would be difficult to leave so many friends and my brothers behind. But I wouldn't rule it out. If I was a wealthy man I would have homes in Bristol, London and Berlin!


anything MARIA interview + live

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anything MARIA est une des révélations électro pop de la rentrée. Hartzine l'a rencontrée pour un concert privé et un entretien quelques jours seulement après son passage remarqué au Grand Palais à Paris. La belle sera en concert le 27 octobre dans le cadre du festival DESIN'VOLT au café de la Danse. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Interview

Live


Puro Instinct l'interview

l_15c291d441e445a587ddff6078e05b31Auparavant connu sous le nom de Pearl Harbor, Puro Instinct garnit cette file ininterrompue de groupes d'indie rock féminins. Leur charme vient probablement du fait qu'elles savent réellement jouer de leurs instruments et que leur groupe n'est pas un prétexte pour monter des tournées en deux semaines. Pipper a accepté de répondre à nos questions en prenant soin d'en éviter certaines. Vous y trouverez pas mal d'explications rationnelles sur la faillite scénique de leurs contemporaines et de révélations concernant leur futur LP.

J'ai pensé pendant un moment le groupe était mort, puis vous avez refait surface avec un nouveau nom, qu'est-ce qui s'est passé ?

Ce qui s'est passé avec le groupe ou le nom ? Nous revenons d'une tournée avec Ariel Pink's Haunted Grafitti et maintenant nous sommes de retour à la maison pour travailler sur notre premier album. Nous sommes quasiment tous sans emploi, nous avons fait le tour de  presque tous les cercles sociaux de Los Angeles, et nous avons pris goût à la cuisine libanaise.

Cet été, en Europe, j'ai vu sur scène des groupes de filles en tournée sur le vieux continent. Les concerts étaient souvent effrayant, parfois ridicules, ressemblant à de mauvaises répétitions. Dans la foulée, j'ai vu des images de vos derniers lives et c'était plutôt agréable. Vous semblez être des musiciennes assez douées ; depuis combien de temps jouez-vous ensemble, en tant que groupe ?

C'est drôle. Le problème est que la majorité des groupes dont tu parles sont scientologues. S'il y a un conseil que je puisse te donner, c'est de ne pas croire au battage médiatique, parce que tout est acheté par l'Église de Scientologie. L'incarnation live du groupe existe depuis janvier si on ne compte pas Mike, et en mai, si on le compte.

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Peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression que vos chansons sont moins axées sur le jeu de guitare. Elles sont de plus en plus construites à partir de lignes de synthés avec une certaine saveur vintage. Ça rend votre son indéfinissable : pas totalement dream pop, pas totalement synth pop, mais quelque part entre les Pale Saints et  un cover band rêveur de Chris Rea.Comment vous parleriez de vous ?

Hmm, ces comparaisons sont flatteuses. J'ai grandi en écoutant Confort of Madness des Pale Saints et Chris Rea a quelques plans de tueur... Je pense que nous allons prendre ta description et ne rien ajouter.

Comment fonctionne le processus de composition de chansons ?

C'est différent pour chaque chanson.


Si on se fie à votre Twitter, vous êtes en train d'enregistrer de nouveaux morceaux. Comment ça se passe ? Vous enregistrez à Los Angeles ? Vous vous impliquez dans le côté technique de l'enregistrement ou ça n'est pas votre truc ?

Notre ami Kenny Gilmore (Ariel Pink's Haunted Graffiti) nous enregistre et nous produit dans son studio de Glendale, en Californie. Il est si talentueux, je le recommanderais à tout le monde si je n'étais pas si exclusive.
Je n'ai pas touché aux commandes du studio parce que je ne veux pas tout gâcher... En écoutant nos playbacks, je me dis : « Putain, c'est nous ? ». Je serais capable de tout effacer de joie.
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Que pouvons-nous attendre de ces enregistrements d'un point de vue musical ? Plus de riffs de folk russe ?

« Easy-listening arena rock for headbangers on ecstasy... »

Vu votre différence d'âge, j'imagine que vous avez sans doute déjà pensé à faire de la musique chacune de votre côté ? Dans quel genre de side-project pourriez-vous jouer ?

Au jour d'aujourd'hui, je me consacre entièrement à Puro... Je fais assez d'enregistrements seule à la maison pour satisfaire mes besoins extra-musicaux... Ma sœur a mentionné l'idée de faire un « sludge-shitrock band with Don Bolles ».

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Vidéo


Blank Dogs l'interview

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Y'a-t-il un son Blank Dogs ? Comment le définirais-tu ?

Je suis sûr qu'il en existe un... mais il est très difficile de m'extraire du projet pour le nommer ou le définir.

L'esthétique du groupe est très sombre... Correspond-elle à ta personnalité ? Ou est-ce une façon de faire correspondre esthétique et musique ?

Je ne pense pas que ce soit conscient, c'est juste comme ça : ce n'est pas fait exprès. Je ne pense pas être une personne particulièrement sombre... mais j'exprime juste de cette manière une façon personnelle de voir les choses.

Quels sont les chansons que tu aurais rêvé de composer et qui pourraient nous éclairer sur ta manière de concevoir un titre ?

Oh, wow. Et bien, il y a tellement de réponses à cette question. Je dirais que Calling de Chrisma est vraiment une grande chanson, 25 O'Clock de Dukes of Stratosphear, Ouch Monkeys de Teardrop Explodes... Ce sont des petites chansons extraordinaires. Puis il y a des grands morceaux comme Cattle and Cane de Go Betweens, magnifique et mélancolique.

Qu'est ce qui me ferait choisir Land and Fixed comme album de l'année plutôt que Gemini de Wild Nothing ou celui éponyme de Beach Fossils ?

Je pense que ce serait à toi de le dire ! Je ne pourrais sincèrement te dire pourquoi...

En quoi est-il différent de tes précédents disques, On Two Sides et Under and Under ?

Je dirais qu'il est plus expansif, clair et concret.

Lis-tu d'ailleurs les critiques musicale de tes albums ?

Je le faisais avant. Je ne vois pas à quoi ça sert maintenant.

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De quels groupes de la scène new-yorkaise te sens-tu en ce moment le plus proche musicalement parlant ? Cold Cave ou The Pains of Being Pure at Heart peut être ?

Peut-être Crystal Stilts, mais j'aime ceux que tu as mentionnés aussi. Woods aussi, même si leur vision est toute autre, l'approche est similaire.

Avec qui tu partages ce même amour pour la synth-pop des années quatre-vingt ?

Avec Xeno & Oaklander, Led Er Est, les groupes sur Wierd qui sont encore plus synthy que moi.

Si tu est condamné à rester toute ta vie sur une île déserte... quels disques emporterais-tu dans ton malheur ?

Quoi que je prenne, je m'en lasserais assez vite, tu ne crois pas ? Peut-être quelque chose composé d'ambiances assez variées, comme le White Album par exemple, pas nécessairement un de mes préférés. Je pense que j'aurais de plus grandes préoccupations que les disques là-bas...

Blank Dogs est loin d'être ton unique préoccupation musicale. D'autres projets musicaux ou collaborations à déclarer récemment ?

Toujours, beaucoup trop pour en dresser une liste... et de toute façon, j'ai peur que ces projets ne se réalisent pas ou arrêtent brusquement d'exister si j'en parle, alors je me retiens !

Toutes tes sorties se font pratiquement via des labels différents et non des moindres, quel rapport entretiens-tu avec eux ?

Très bons en général. Certains de ces labels sont dirigés par de réels amis en dehors du domaine musical comme Woodsist, In The Red et Sacred Bones.

blank-dogs-51Quelle fut ta motivation première quand tu as créé Captured Tracks ?

Sans aucun doute de sortir de la bonne musique et de laisser une trace.

Cosmetics, Craft Spells... Y'a-t-il une marque de fabrique Captured Tracks ? Comment choisis-tu les groupes signés ?

Il n'y a aucune image de marque Captured Tracks... autre que la qualité.

A ce propos peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets avec ?

Juste un album, mais il n'est pas encore terminé.

Tu es en ce moment en train de tourner en Europe pour présenter ton dernier album : qu'attends-tu de ces différents concerts et comment conçois-tu de manière générale ton rapport à la scène ?

Je n'ai pas d'attentes particulières et jouer est parfois bénéfique, parfois une corvée. Je pense que la plupart des gens te diraient la même chose.

Blank Dogs est-il initialement créé pour sortir des disques ou te produire sur scène ?

Cela a commencé comme tout expérience, juste pour écrire des chansons et les enregistrer simplement. Je suppose que le projet a progressivement évolué en quelque chose de plus sophistiqué.

Qu'écoutes-tu venant de France ?

J'ai toujours écouté beaucoup de trucs français. Heldon, Kas Product, les premiers Michel Polnareff... Je trouve qu'il y a eu plein de bonnes choses en France.


Jack Tatum - Wild Nothing l'interview

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On a rencontré Jack Tatum, la tête dans les étoiles, lors d'un concert à Paris de son groupe, Wild Nothing, le 19 août dernier. En préambule d'un soir d'été comme on en redemande, surtout devant l'aréopage de cumulus se pressant à nos fenêtres, c'est avec une grande disponibilité et une sincère gentillesse qu'il se prêta au jeu d'une interview, nous éclairant ainsi sur sa personnalité, timide et réservée, son groupe, et son avenir que l'on jure radieux. Gemini était déjà sorti depuis plus de six mois sur le label de Mike Sniper, Captured Tracks, quand l'EP Evertide, paru sur Warmest Chord, jeune label anglais consacré aux petits formats, préfigurait dans son contenu le récent EP Golden Haze - les trois titres du premier cité se retrouvant sur le second estampillé Captured. Le concert du soir, délicat et aérien, allait lui en appeler deux autres en terre gauloise - organisés par la bien nommée Summery Agency : le 12 novembre à Paris (Espace B) et le 13 à Dijon (Deep Inside). Il se murmure même qu'un clip serait tourné dans la nuit du 12 au 13. En attendant d'en savoir plus, vous savez quoi faire.

L'interview

Les Lives

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Yuck l'interview

90506099_640On n'a pas calé officiellement d'interview en cette fin de Midi Festival. Mais après les ratés de la veille, on se devait de dénicher un entretien pour clore avec cette inoubliable aventure hyèroise. En trainant durant les balances de l'après-midi, on tombe sur le seul survivant du groupe Yuck, le chevelu Daniel ; les autres membres du groupe profitant de la plage. Lui déteste le soleil et nous prévient d'entrée de jeu qu'il est assez chiant mais nous accorde tout de même une brève interview dans les loges. Et on s'est bien marré.

Yuck vient de signer chez Fat Possum Records et sortira un single le 24 novembre prochain joliment nommé Georgia.

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Yuck - Georgia

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