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L’inquiétude a souvent été à la hauteur de notre affection s’agissant de La Route Du Rock: depuis des années, notre ravissement à chaque annonce de programmation, puis à chaque venue, se mêlait à l’angoisse qu’il n’y ait pas de prochaine édition, tant la vie est dure pour les festivals qui combinent à la fois exigence artistique et refus de la course au gigantisme. Désormais un peu rassurés sur l’assise financière de l’événement (sans s’étendre à nouveau sur le partenariat avec Matthieu Pigasse), c’est donc le cœur léger et les oreilles grandes ouvertes qu’on accueille un line up une nouvelle fois aventureux, singulier, pointu, et potentiellement assez fédérateur, notamment au travers de sa principale tête de gondole cette année: avec Fontaines D.C. en exclusivité estivale, 4 ans après un premier passage magistral sur la scène malouine, on peut croire à une certaine communion populaire au vu du statut de mastodonte que se trimbalent désormais les irlandais. D’ailleurs, la soirée affichant déjà complet (!), aucun doute sur le niveau d’attente et d’enthousiasme du public autour de ce concert qui s’annonce brûlant. Néanmoins, on aurait forcément tort de se focaliser sur la présence des dublinois, tant la programmation relève du sans faute avec une multiplication des motifs de réjouissances. C’est d’ailleurs dès la soirée du mercredi, dans la salle de La Nouvelle Vague, que commenceront les choses sérieuses avec d’autres irlandais, dont ceux de Just Mustard, qui avec leur troisième album We Were Just Here, ont donné une suite idéale à leur discographie: un opus impressionnant, trouvant un point d’équilibre aussi fragile que précieux entre textures shoegaze, mélodies lumineuses, indolence, et velléités festives garanties sous chape de plomb. Les dublinois de Gurriers aussi, qui s’apprêtent à sortir en septembre prochain leur second LP, qu’on espère aussi fracassant que leur Come And See de 2024, qui avait redonné du sens et de l’âpreté à l’étiquette post punk, mais pas que. On souhaite néanmoins à Elias Ronnenfelt, leader d‘Iceage et troisième larron de la soirée, bonne chance pour se faire sa place au milieu de ce déferlement sonique en perspective. Le lendemain, il s’agira de tenir sur la longueur avec une affiche bien fat, pour une soirée où chacun devrait y trouver son compte: d’abord, on sera ravi de se frotter à nouveau à la pop classieuse et soyeuse à souhait de The Divine Comedy, auteur d’un excellent treizième album, Rainy Sunday Afternoon, qui dépasse amplement le peu d’attentes qu’on plaçait encore en Neil Hannon. Ce soir-là, on sera aussi très en attente du passage de Smerz: à dire vrai, on ne s’était jamais vraiment penché sur le cas du duo norvégien jusqu’à maintenant, mais leur dernier LP, Big City Life, est un ravissement total. Trouvant un chemin synthétisant toutes les directions précédemment explorées, Smerz délivre un album à la fois troublant et éminemment cool, qui sent l’asphalte mouillé et donne des envies de clair de lune, trouvant l’équilibre parfait entre expérimentations électro pop, saillies post modernes et embardées trip hop du meilleur effet. A l’apéro avec un soleil rasant, le moment serait sans doute parfait. Jeudi toujours, Cate Le Bon nous embarquera aussi dans son millefeuilles pop si singulier, capable de nous balader tout autant dans les méandres d’un psychédélisme richement ouvragé que sur les autoroutes d’une pop colorée et accroche-cœur à chanter à pleins poumons. On ne loupera pas non plus le retour de l’icône electroclash Peaches, dont les shows sont invariablement des moments précieux. No Lube So Rude, son dernier Lp après dix années de silence, est un bon cru, qui réussit bravement à marier fun et politique, ce qui n’est pas une mince affaire. Seront également présents ce soir là le Darkside de Nicolas Jaar et David Harrington et leur électronique aussi érudite qu’aventureuse, le noise rock rageur et à l’os des anglais DITZ, et l’indie rock malin de Horsegirl, dont le second album, Phonetics On and On, a été produit par devinez qui? La bien aimée Cate Le Bon, justement. Le vendredi, pas de place non plus pour l’ennui avec pour commencer Baxter Dury (lire l’interview à La Route Du rock 2011), un habitué des lieux, parti explorer avec Allbarone ses envies electroniques et dancefloor les plus folles. Il y avait de quoi avoir peur, mais non: le dandy s’en tire magnifiquement sur ce nouveau territoire, et empile une couche de plus sur une discographie qui devient, avec un peu de recul, aussi protéiforme que passionnante. Parmi les musts de la soirée, citons également les écossais Mogwai, qu’il n’est plus nécessaire de présenter après 30 ans de carrière. On se réjouit simplement de pouvoir à nouveau profiter d’eux sur scène, avides de prendre en pleine poire leurs décharges telluriques, qui en plus de faire trembler les esgourdes, fendent sans mal les cœurs les plus retors. On repartira également du côté de l’irlande avec Sprints, dont le power-post-punk-tout-ce-que-
Pour consulter la programmation intégrale, c’est juste ci-dessous ou encore par ici. Pour acquérir vos précieux sésames pendant qu’il en est encore temps, rendez-vous à la billetterie, juste là. Et pour toutes les autres infos dont vous pourriez avoir besoin, rendez-vous directement sur le site internet de la Route du Rock.
En association avec La Route Du Rock, hartzine convie une nouvelle fois deux chanceux à venir se vriller les esgourdes et partager une bière avec nous le jeudi 13 Août, au son de The Divine Comedy, Peaches ou encore Darkside. Pour faire partie des élus, c’est simple comme un coup de trique: il vous suffit de nous envoyer un petit mot d’amour moite, en indiquant vos nom et prénom, à l’adresse slh@hartzine.com. Les gagnants seront tirés au sort et prévenus par mail. Bonne chance!
MERCREDI 12 Août (La Nouvelle Vague)
Just Mustard
Gurriers
Elias Rønnenfelt
JEUDI 13 Août (Fort de Saint-Père)
Darkside
The Divine Comedy
Peaches
Cate Le Bon,
DITZ
Smerz
Horsegirl
VENDREDI 14 Août (Fort de Saint-Père)
Mogwai
Baxter Dury
Dry Cleaning
Sprints
Moin
Alice Costelloe
SAMEDI 15 Août (Fort de Saint-Père)
Fontaines D.C
Kurt Vile & The Violators
Aldous Harding
Friko
CIEL
chest.
Written by: Claude Pimp
Hier, sans aucune forme de prétention, nous cherchions à transcrire et à réfléchir notre époque. Curieux et audacieux, défricheur passionné, nous explorions sans oeillères et à travers un contenu éditorial toujours riche
et exigeant l’ensemble des strates qui composaient le monde bouillonnant de la musique indépendante, ses marges souvent nichées dans le creuset du web comme le halo médiatique qui entourait certains. Mais çà c’était avant. Aujourd’hui, on fait ce qu’on peu !
dieu vous le rendra….
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