Terror Bird / Micro Cheval - Split 12"

C'est bien justement au lendemain de la journée internationale pour les droits des femmes que le label parisien Svn Sns Rcrds agite les internets avec l'annonce et le preview ci-après du tout premier split 12" 100% féminin de sa discographie, réunissant sur les deux faces d'un même objet vinyle deux voix aussi incomparables qu'iconoclastes dans les circuits de l'ombre. Et si l'une entonnée par la fantasque Nikki Never n'avait pas fait résonner l'admirable timbre hanté de son projet Terror Bird depuis la cassette Clubs Tape EP parue l'année passée (lire), l'autre portée à bout de clavier par Laurène Exposito n'a de cesse, depuis la sortie de l'inaugural EP (lire) de Micro Cheval, d'impressionner et conquérir les cœurs, même les plus ardus en affaire. Chacune dans un registre qui lui est propre implémente de quatre missives la beauté de son art, la première effeuillant un synth-glam brinquebalant, mais toujours sournoisement emballant, la seconde allant jusqu'à franchir un cap, laissant loin derrière l'influence majeure Solid Space, pour pointer sa frimousse non loin des références synth-pop les plus éternelles. S'échinant parallèlement sur son propre label handmade Waving Hands Records (lire), nul doute que la néo-rennaise n'en restera pas là. En attendant, si le disque est à commander via ce lien, les morceaux And Every Yesterday de Terror Bird et Face It de Micro Cheval sont à découvrir ci-après, en exclusivité.

Audio

Tracklisting

Terror Bird / Micro Cheval - Split 12" (Svn Sns Records, 7 avril 2015)

A. TERROR BIRD
A1. Beauty's illusion, Truth is Blind
A2. And Every Yesterday
A3. A Little Rivalry
A4. I Promise You Will Forget

B. MICRO CHEVAL
A1. Face It
A2. Never Goodbye
A3. I Wonder
A4. Fun


Terror Bird - Clubs Tape EP (PREMIERE)

TB-ClubsIl serait d'une redondance absolue de présenter à nouveau Nikki Never, l'oiseau de nuit venu de Vancouver, dont on a évoqué le nom à chacune de ses sorties estampillées Terror Bird dont les plus récentes sur Night School Records (lire) et... Svn Sns Rcrds. Et s'il faut une session de rattrapage niveau présentation, les copines de Retard s'en sont chargées avec leur grrrrl power légendaire (lire - une interview où on apprend entre autres qu'elle a emprunté quelques pas de danse à Kate Bush). , justement, est sur le point de faire coup double discographiquement avec une Tape EP () dénommée Clubs - en écoute intégrale ci-après - avec deux faces synth-glam biens distinctes, entre enjouement électronique et dépression vespérale, à paraître en juillet, et un split LP en très bonne compagnie de Micro Cheval. Terror Bird sera en concert le 13 juin prochain au Garage MU dans le cadre du Festival Humanist (tu veux une place ?).

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Terror Bird - Clubs Tape EP (, début juillet, à la cool)

A1. I Am A SLiver
A2. Clubs
A3. And The Sky
A4. This Tired Scene
B1. Flowers
B2. The Kindness Of Records
B3. Most Romantic Girl


Who are you Night People Records?

Que ce soit les Peaking Lights (lire), Alex Zhang Hungtai de Dirty Beaches (lire), Ela Orleans (lire), Jennifer Baron de The Garment District (lire), ou William Cody Watson de feu Pink Priest (lire), nombreux sont ceux à participer à ce concert ininterrompu de louanges à l'adresse de Shawn Reed, instigateur et cheville ouvrière du label Night People - à l’œuvre depuis 2005 pour presque deux cents références - et moitié du duo Wet Hair qu'il forme avec Ryan Garbes depuis 2008. La liste est longue, donnant presque le tournis, de formations ayant eu le privilège de voir leurs compositions cornaquer esthétiquement par ce natif de l'Iowa, ancien étudiant des Beaux-Arts spécialisé dans l'estampe et la reprographie. Merchandise, Rene Hell, Uncanny Valley, Femminielli, Terror Bird, Blanche Blanche Blanche, Russian Tsarlag, Yves/Son/Ace, Blessure Grave, The Pheromoans, Dan Melchior, Naked On The Vague, German Army, Featureless Ghost, et plus récemment, Dylan Ettinger, Unhappybirthday ou Roladex... Si citer ceux-ci pêle-mêle exhaustivement ne rime à rien, sinon à niveler leur qualité et talent respectif par la juxtaposition nauséeuse, cela permet de saisir de quoi on parle à la lisière de ce qu'ils évoquent d’authentique : d'un engagement sans faille et permanent, à l'abri des circonvolutions cycliques et éphémères des modes, d'une éthique artistique ne brandissant pas le DIY autrement que comme un parti-pris et une nécessité, d'un modèle autonome et autogéré viable non sans effort économiquement, d'une volonté de révéler au plus grand nombre, sans pour autant se corrompre, des musiciens aussi barrés qu'inspirés, délayant à la marge leurs divagations psyché, kraut, post-punk, voir bruitistes et électroniques. Night People ratisse large, se jouant des étiquettes comme des nationalités - juxtaposant ainsi sur ses bandes magnétiques, patiemment dupliquées maison, expérimentations électro-noise chinoises avec Xiao Hong & Xiao Xiao Hong, garage punk US avec Lantern et pop synthétique dégénérée de Melbourne avec Fatti Frances - le tout selon une esthétique radicale et réfléchie, trouvant son inspiration dans la culture fanzine punk et érigeant chaque sortie - LP ou cassette - telle une œuvre d'art à part entière, accessible et diffusable. Surtout Shawn Reed se nourrit de son expérience de musicien crapahuteur - avalant les kilomètres en bagnole, dormant quelques heures par nuit l'arrache sur des matelas défoncés, le tout pour jouer devant un public clairsemé mais passionné aux quatre coins des États-Unis - pour conférer au label cette dose vitale d'humanité agissant tel un catalyseur d'émotion et de motivations : les rencontres, les échanges, les idées et les partages incessants se retrouvent tous, presque palpables, sans filtre, ronéotés sur les pochettes sérigraphiées de chaque sortie. Comment, à ce titre, ne pas mentionner le split Double Feature d'Ela Orleans et Dirty Beaches (lire) co-réalisé par La Station Radar (lire) et Night People ? Décidément, l'obstination à produire des disques n'est pas encore pour tout le monde au vingt-et-unième siècle qu'une question de blé - contrairement à ce que l'on aimerait nous faire croire (lire) - et peut encore s'affranchir de toutes autres considérations que celles amicales et artistiques. L'histoire que Shawn Reed a patiemment accepté de nous compter - la sienne - s'intime auréolée des oripeaux de l'exemple, par ailleurs agrémentée de la compilation Tape Gun, parue début 2014 et brassant deux années de nouvelles sorties, à télécharger et écouter ci-après, avec entre autres D. Vassalotti - échappé des excellents Merchandise - Idiot Glee ou Beat Detectives. Histoire d'enfoncer le clou, à défaut d'entamer notre intérêt, Shawn offre avec le morceau Endless Procession un long et sinueux extrait du prochain album à paraître cette année de Wet Hair, The Floating World.

Entretien avec Shawn Reed

by Dirty Beaches 2
Shawn, qui es-tu et quelles ont été tes premières expériences musicales ?
Shawn, who are you... and what were yours firsts musical experiences?

J’ai grandi à Muscatine, une petite ville industrielle au bord du Mississippi dans l’Iowa. Les racines de ma famille sont imprégnées par la culture rurale de cet État qui en est l'élément constitutif. Je me suis mis à la musique punk au collège en écoutant une émission de radio nocturne qui diffusait de la musique alternative. Au lycée, à la fin des années 90, j’ai commencé à jouer dans des groupes locaux. La vente par correspondance a joué un grand rôle dans ma quête de musique et de découvertes, c'était un lent processus, avant l'arrivée d'internet. En 99, je me suis retrouvé à l’école d’art de l’Université de Northern Iowa avec pour spécialités la gravure et l'estampe. Ce fut une période formatrice tant à l’école qu’en dehors : c'est à ce moment que j’ai rencontré des personnes clés qui m’ont aidé à consolider et façonner mon lien entre les musiques underground et l’art visuel. J'étais très proche de deux de mes professeurs d'estampes, Aaron Wilson et Tim Dooley. Ils m'ont imposé un haut niveau d'exigence s'agissant de mes productions en arts visuels et m’ont également fait découvrir des styles de musique plus arty en dehors des genres punk, hardcore et indie qui ont eu un grand impact sur mon approche tel John Cage, Can, Sun Ra, Throbbing Gristle ou Royal Trux.

Au même moment, avec tous les punks du campus, on a lancé un espace DIY dans un garage et on s'est mis à inviter des groupes en tournée pour venir jouer à Cedar Falls. Nos propres groupes ont ainsi commencé à partir en tournée et à sortir leurs propres disques. Créer un réseau au sein de la scène musicale DIY est ainsi devenu une partie de plus en plus importante de ma vie. J'ai découvert de nouveaux styles comme le free jazz, le psych-rock, le post-punk ou le krautrock tout en poussant mon art visuel dans des directions similaires, en allant aussi loin que je le pouvais en mêlant sérigraphies, textiles et sculptures. J'ai alors pris connaissance de la scène noise du début des années 2000, notamment Paper Rodeo de Providence, American Tapes du Michigan... J'ai contacté une galerie à New York qui travaillait avec de nombreux artistes que je trouvais intéressants. Malgré leur étonnement que je connaisse Little Cakes, les choses sont parties de là puisque j'ai exposé dans leurs galeries de New York et Tokyo avant qu'elles ne ferment. J'ai apprécié la plupart des personnes avec qui j'ai travaillé dans ce milieu mais globalement je ne m'y suis pas retrouvé. J'expose toujours mais pas avec cet engagement que j'ai pour la musique underground qui offre une autonomie et de réelles opportunités.

My name is Shawn Reed, I grew up in a small industrial Mississippi River town in Iowa called Muscatine. I grew up in the country and my family has deep roots in rural farming culture in Iowa which is the main historical back drop of the state and its economy. I got into punk music in middle school from listening to a late night radio station that played sub culture alternative music. In highschool in the late 90's I started playing in locals bands. Mail order became a big part of my experience trying to find music and check things out it was a slow pre internet process.  In 99 I ended up in Art school at the Univeristy of Northern Iowa for Printmaking. It was a formative time both in and out of school. I met some key people that would help solidify and shape my connection to underground music and visual art. I had two printmaking Professors I was very close to Aaron Wilson and Tim Dooley who set a high standard for what was expected from me concerning the visual art I was making and would go on to make. They also introduced me to some weirder and more arty music outside the punk/hardcore/indie context that had a big impact (John Cage, Can, Sun Ra, TG, Royal Trux etc).

At that same time a group of us local punks in college together at the time started a DIY space in a garage and began inviting bands on tour to come and play our small college town of Cedar Falls IA. It quickly led to our own bands starting to go on tours and to put out our own records and my formative years of networking in the DIY music scene became a bigger and bigger part of my life. I was finding out about more and music and got pretty heavily in to Free Jazz, Psych Rock, Post Punk, Krautrock etc. I was pushing my visual art in similar ways reaching out as far as I could doing instillation work that ranged from silkscreen to textiles and sculptures. Around that time I became aware of deep under ground art and music like the early 2000's Noise scene things like Paper Rodeo zine out of Providence RI, American Tapes out of Michigan etc. I had reached out to a gallery in NYC called Little Cakes since they worked with many artists I found interesting at the time. They in turn thought it was wild someone living in Cedar Falls Iowa knew about them and  things just went from there with me eventually getting invited into the Little Cakes family of artists. I ended up  showing at there their Gallery in NYC and Tokyo before the gallery eventual decided to close doors.  I had really enjoyed the main people I was working with in the gallery scene but overall I didn't relate to the context of it on a larger scale. I still show at galleries but haven't pursued it as much as I have working with underground music. I thought the music scene offered more organic and self directing opportunities and economy.

Night People Tapes

Peux-tu nous dire comment Night People a démarré et quelle était l’idée de départ ?
Tell us how did Night People started and what was the fundamental idea? 

Aux alentours de 2004, j'ai déménagé à Iowa City pour mes études et j'ai lancé Raccoo-oo-oon avec Daren Ho, un vieil ami rencontré dans les concerts à travers l'État. Mes anciens acolytes, Andy Spore et Ryan Garbes, se sont rapidement joints au groupe. On souhaitait jouer une musique libérée des carcans formels, entre écriture et improvisation, en utilisant tous instruments sur lesquels on mettait la main et avec Miles Davis, Can, Neu Suicide ou Sun City Girls comme principales influences. Après avoir fait tourner quelques démos, on a enquillé les dates tout en sortant divers CD-R et cassettes via WoodsistTime-LagRelease the Bats ou Not Not Fun. Jouer avec Raccoo-oo-oon a renforcé nos liens avec la contre-culture de l'époque et nous avons créé Night People Records pour soutenir les groupes avec lesquels nous traînions ainsi que pour mettre en valeur d'un point de vue créatif tout ce que nous faisions en dehors de Raccoo-oo-oon. L'économie du label a ainsi toujours été très liée aux tournées. Faire des concerts le meilleur moyen de promouvoir ses disques et de tisser des relations : la plupart des groupes du label sont des amis rencontrés en chemin. C'est Andy qui a trouvé le nom du label. Il veut dire au sens propre, plonger dans la musique jusqu'au bout de la nuit.

Pour prendre un exemple récent, mes amis de Merchandise sont venus en tournée à Iowa City. Après le concert nous nous sommes retrouvés chez moi à écouter des piles de disques jusqu'au petit matin, à parler de l'importance des sons et de ce que l'on pouvait s'apporter les uns aux autres. Cette nuit a scellé la décision de sortir sur Night People leur album malgré plusieurs autres offres provenant de labels plus importants et lucratifs. Au-delà de la musique, cela a trait avec un certain style de vie embrassant la musique et l'art : c'est le faire parce qu'il n'y a pas d'autres alternatives au vu de l'amour et du désir que tu portes à ces choses-là.

Quand Raccoo-oo-oon s'est dissous avec les départs de Daren à New York et d'Andy à Los Angeles, j'ai décidé de m'occuper du label à temps plein afin de voir jusqu'où je pouvais mener l'aventure. Terminant mes études, ma vie était à un tournant. Raccoo-oo-oon est une part importante de ma vie et je voulais faire perdurer toutes ces relations établies grâce à cette culture faite de correspondance, d'échanges et de tournées. C'est à ce moment que j'ai embrayé sur Wet Hair, au départ comme un projet solo. Ryan a vite rejoint le projet histoire de donner plus d'intérêt à la démarche. Comme je ne voyais pas de réel futur dans le monde de l'art, pour ce qui est d'exposer et d'être dépendant des conservateurs et collectionneurs, j'ai choisi d'orienter encore plus fortement le label dans une direction visuelle propre. J'ai pensé que si je faisais tous les artworks du label et sérigraphiais tout à la main, cela créerait un modèle esthétique et une base pour un catalogue futur intéressant. L'aspect visuel du label aiderait à susciter une confiance et un intérêt pour celui-ci permettant de faire connaître des musiques obscures et inconnues par-delà le monde. Ma volonté fut de conférer au label une sorte d'aura, provoquant le culte et le désir de collection, tout en gardant un côté personnel afin que ceux qui achètent les disques s'emparent d'un objet incarnant l'amour et la dévotion que je ressens pour la musique et l'art présentés. C'est un moyen de rendre l'art accessible au lieu de vendre celui-ci dans une galerie à un prix exorbitant pour un public limité. C'est aussi un moyen pour combiner cet intérêt que j'ai pour le design et celui pour les rencontres et les organisations d'expositions.

Je voulais me prouver que je pouvais faire fonctionner le label de qualité en restant totalement DIY, et ce sans aucun soutien ou financement autres que ceux générés par le label lui-même. J'espérais aussi pouvoir faire connaître de nouveaux groupes plutôt que d'essayer de plaire à un public et des goûts pré-établis. Ce versant du label a été un succès. Des groupes comme Peaking LightsDirty Beaches ou The Twerps ont tous vu les avantages de ce procédé. Les aspects financiers du label sont difficiles, je me sens plus que jamais étranger au mode de fonctionnement traditionnel de la musique indie, de la presse et des labels. Je ne sais pas combien de temps le label pourra survivre mais je n'ai aucun doute ou regret à son encontre. Je voulais simplement amener un public vers une musique à laquelle je crois. Ça n'a aucun rapport avec l'argent ou la hype, c'est juste une question de maintenir la créativité et ce genre de relations positives et excitantes qui m'ont amené à créer ce label.

Around 2004 I moved to Iowa City for graduate school and ended up starting Raccoo-oo-oon with an old friend who I knew from going to shows around the state Daren Ho. My former allies going back Andy Spore and Ryan Garbes were soon added to the band as well. We wanted to play more free form music that bordered between being rehearsed and being improvisational  We used any instruments we could get a hold of. Early on Miles Davis, Can, Neu, Suicide, Sun City Girls etc where big influences.  After a demo cassette we sent around to friends and labels we started a heavy touring schedule and started releasing music on a variety of labels like Woodsist, Time-Lag, Release the Bats and Not Not Fun. Touring with Raccoo-oo-oon just lead deeper into the subculture of the time and we started Night-People Records as a way to document who we were playing with and hanging out with and also what we were all doing creatively outside Raccoo-oo-oon. The label became economically connected to touring and still is. Touring is a good way to get the merchandise on the road out in the world in an initial way and it helped make connections through trading etc. most of the bands the label has represented were friends met on the road. Andy came up with the name of the label, its basically just a literal thing, staying up late getting deep with music.

A recent example was when my friends Merchandise recently came through Iowa City on tour, after the show we ended up back at my place staying up late into the morning hours playing piles of records talking about music and life getting deep on the sounds and what we had to introduce to each other, that night settled Merchandise working with Night-People on there next record despite many offers for them from much bigger and lucrative labels. Its about the lifestyle of it, its about love of music and art, its doing it for the sake of doing it because you have no other choice because of the love and desire you have for it.

When Raccoo-oo-oon disbanded with Daren moving to NYC and Andy moving to LA I decided to take the label on as a full time project to see how far I could push it. I had just finished up graduate school and everything in my life was going through a big transition, Raccoo-oo-oon was a huge part of my life and I wanted to keep and continue the connections I was making through that lifestyle and culture relating to correspondence, trading, and touring. I had started Wet Hair around that time as a solo project Ryan quickly joined the band so we could keep pushing forward with making music and touring taking on very different approaches to music then Wet Hair in order to keep it interesting and cover more territory and interests. Because I didn't really see the right future in the art world as far as showing in galleries relying on curators and collectors etc.  I choose to aim the label even more into a distinct visual direction. I thought if I did all the design work for the label and silkscreened everything by hand it would create an aesthetic template and foundation for an evolving roster of interesting music. The visual side of the label would help create trust and interest in the label so that I could introduce new and obscure music from all over the world. I wanted the label to have a bit of a collector and cult feel but also wanted it to be hands on so thepeople buying the records were buying something that embodied the love and devotion I feel to the music and art presented. It was a way to put art into hundreds of peoples hands for cheap instead of selling it in a gallery for a lot of money with limited reach to an audience. It also combined my interest in design with my interest in meeting people and curating.

I wanted to prove to myself that I could do the label at a high level totally DIY without any backing or funding other then what the label could generate for itself. I hoped I could introduce new bands and music and shift taste towards them instead of trying to appeal to an audience or things that had already been established. I think that aspect of the label has been a success  bands like Peaking Lights, Dirty Beaches, The Twerps etc have all seen the benefits of that process. The financial aspects of the label are very difficult, I feel more like an outsider then ever to the more mainstream way indie music, press, labels etc operate. I don't know how long the label will be able to survive but I don't have any doubts or regrets about it, I just wanted to help bring an audience to music that I  believe in, its not about money or hype its just about trying to sustain creativity and the kind of positive exciting connections that got me interested in doing a label in the first place.

Merchandise LP Front

Avec plus de 200 sorties au nom du Night People, comment juges-tu ton travail ?
With more than two hundred releases to your credit, how do you judge your work? 

Night People est un label maison. J’ai vécu dans la même baraque pendant neuf ans à Iowa City et le label faisait plus que partie des murs : la salle de répétition et l'atelier de sérigraphies se trouvaient dans la cave, mon salon me servait de bureau et de chambre d'écoute tandis que le grenier et le placard permettaient d'entreposer le matériel de livraison et la marchandise. Je restais la plupart du temps seul dans cette maison en essayant jour après jour de pousser le label, de continuer de le faire fonctionner et d'en améliorer tous les aspects. Je raconte tout ça au passé parce qu'après cette une longue expérience à Iowa City, où j'ai ressenti un lien profond avec la musique et l'art, j'ai décidé de partir. Suite à une récente tournée avec Wet Hair et Merchandise, certaines choses ont changé dans ma vie et j'ai décidé d'arrêter de vivre dans une petite ville étudiante. J'ai vécu une année à Minneapolis et désormais je réside à Saint Paul dans le Minnesota. Indépendamment de ça, le label continue et je travaille sur de nouvelles sorties.

Il m'est difficile de dire comment je juge mon travail. Il y a des choses que je veux toujours améliorer comme l'efficacité, répondre aux mails plus rapidement, être plus rapide pour tout l'assemblage... C'est dur parce que c'est tellement prenant, je double des centaines de cassettes par mois, imprime des milliers de pochettes de disques et gère un nombre hallucinant de mails ou de courrier, c'est vraiment difficile de tenir le rythme tout en s'en sortant à peine financièrement. La partie financière est la seule qui m'angoisse vraiment, j'adore le travail même quand c'est vraiment fastidieux.

En ce qui concerne mes designs et la musique que je produis, c'est juste l'expérience et la confiance que j'ai dans mes goûts, en plus de mon instinct. C'est vraiment juste une question de confiance en soi et de ressenti de la musique et de l'art. C'est plus une question de sensation qu'une réelle décision.

Its a house label, I had lived in the same house for 9 years in Iowa City and the label was part of the house itself in a way. I had the band rehearsal space and silkscreen studio in the basement. The dinning room was my office and listening room. The attic and closest held shipping material and merchandise. For the most part it was just me sitting in the house in Iowa City day in and day out trying to push the label and keep it going and make it better on all levels all of the time. I say that all in past tense because after a long haul in Iowa City and a deep connection and outward of expression of myself towards music and art there I have decided to leave. Following a recent tour with Wet Hair and Merchandise some things changed in my life and I decided to finally get out of living in a small college town and am now living in Saint Paul after one year in Minneapolis. Regardless the label is still going and I am currently working on new releases.

Its hard to answer how I judge the work. I know there are things I always want to be doing better like efficiency of the operation, getting the mail out quicker, getting faster at all the assembly etc. Its hard because its so hands on, I dub hundreds of tapes a month, print thousands of records sleeves and deal with crazy amounts of emails and physical mail its really hard to keep up with while still barely getting by financially. The financial part is the only thing that really stresses me out, I love the work even it it is very tedious.

As far as judging my designs and the music I am releasing its just experience and trusting my taste and gut instincts. Its really just having confidence and feeling the music and art. Its more of a feeling then a decision really.

Comme musicien et propriétaire de label, le DIY a donc une influence déterminante sur ton travail...
As a musician and a label owner, the DIY have a strong influence on your work...

Je ne revendique rien en faisant les choses avec des méthodes DIY, c'est avant tout par nécessité. Ceci dit je souhaite avoir le contrôle et être impliqué au maximum. Le DIY a donc un aspect pratique et une organisation que j'aime. Si tu disposes de toute une pile de disques ou cassettes Night People, cela rend vraiment bien, comme une œuvre d'art. En ce qui concerne la musique, je tente d'être éclectique tout en créant des liens. D'une manière ou d'une autre, je crois que cela fonctionne. Comparativement à d'autres labels, Night People est un projet artistique : je le vois telle une famille d'iconographie visuelle et de groupes avec lesquels je travaille en constante évolution. Je me sens très proche de courants esthétiques tels ceux de Push Pin Graphic, la Factory d'Andy Warhol, Sun Ra et plus encore des projets punks comme celui uniforme de Crass. Je ne peux me résoudre à compromettre ce travail graphique dans le but de vendre ou de rendre les choses plus faciles. Le DIY reste la toile de fond.

I don't have any real political points I am trying to make by doing things in a DIY way, its mostly out of necessity but its also because I want to have control and be really involved with the label, I like it being hands on and very curated in the way that it is. If you lay out a pile of NP releases all together it looks really nice like one big work of art. I try to have a lot of variety in the music but somehow present links between it all, I think it works for the most part. I think Night-People is a bit more of an art project then a lot of other labels, its like an evolving family of visual iconography and bands that I work with. I very much relate to groups like the Push Pin Graphic aesthetic or Andy Warhol's Factory, the Sun Ra band family, even more punk things like the Crass aesthetic and uniformity  I can't bring myself to compromise aesthetics for sales or to make things easier and so DIY is the backdrop of that I guess.

Quelle est la ligne artistique du label ?
What's the artistic guideline of the label?

L'unique ligne directrice est que tout les artworks sont sérigraphiés par mes soins. Ryan et Justin de Wet Hair m'aident de temps à autres avec des éléments visuels. On travaille si bien ensemble que l'esthétique est vraiment homogène. Au début, certains des groupes participaient à leur direction artistique mais j'essaie de rester le graphiste principal - si ce n'est le seul. Je peux imaginer un jour abandonner la sérigraphie des albums en faveur de designs plus élaborés mais je n'y suis pas encore. J'étais très fier du design de Spill Into Atmosphere de Wet Hair et j'imagine éventuellement Night People prendre le même chemin mais pour l'instant je veux conserver le côté artisanal et la sérigraphie. Tout est principalement réalisé à la main par le biais de techniques de reprographie.

The only guideline thus far is that everything is silkscreen and all art is done by me. Ryan and Justin from Wet Hair help with visual things at times since we collaborate a lot, we work so well together that its really seamless aesthetically. Early on some of the bands contributed to there own art but I try to keep it where I am the principle designer if not usually doing all the design. I could see at some point not silk screening the records in favor of being able to have more elaborate designs but I'm not quite there yet. I was really proud of the Wet Hair Spill Into Atmosphere design and I could see Night-Peoplegoing that way more potentially but for now I want to keep it hand made and silk screened.  All the design is done mostly by hand with heavy use of a sort of xerox aesthetic.

Quelle est la création dont tu es le plus fier ?
What is the release you are the most proud of?

Imaginary Falcons de Peaking Lights a été une sortie particulière. Ce sont de bons amis, je les ai rencontrés à une période de ma vie où j'étais déprimé. Ce sont des personnes fantastiques, je leur porte en tant que personne et en tant que groupe une estime sans égale. Je croyais en Imaginary Falcons quand bien même personne ne les voyait avoir le succès qu'ils ont maintenant. Je l'ai perçu dès le premier jour et je suis simplement heureux d'avoir pu travailler avec des personnes si formidables et un groupe aussi unique.

http://www.youtube.com/watch?v=olvMFWqbY4Q

Plus récemment, Personality Matrix de Featureless Ghost fait partie de mes fiertés. Ce sont aussi des personnes géniales et le vinyle sonne bien. J'espère que les gens les soutiendront, le groupe est doué sur scène et rend si bien sur disque. C'est un groupe spécial.

http://www.youtube.com/watch?v=YTmG9md0rzc

L'album Total Nite de Merchandise, sorti en avril 2013, est une autre sortie importante. Les membres de ce groupe ont fait preuve de tant d'amour et de confiance en choisissant de travailler avec Night People plutôt qu'avec tous les autres label qui voulaient sortir ce disque. C'est un super album, magnifique pour un enregistrement maison. Il y a quelque chose à la fois d'épique et qui te fait te sentir tout petit. Nous partageons une communauté d'esprit, s'agissant de notre amour pour la vie et de cette ferveur à rester fidèles à nous-mêmes, rester indépendants sans céder aux pressions extérieures merdiques, jouer comme on l'entend et pas l'inverse. Ils comprennent l'essence du label, le fait qu'il instigue une évolution constante tout en conservant ses fondations esthétiques initiales. Wet Hair et Merchandise sont très proches. Avec certains groupes, Night People représente une famille. Si tu parles à aux membres de Peaking Lights, Dirty Beaches ou Merchandise ils ne te diront pas autre chose. Total Nite a poussé l'esthétique visuelle encore plus loin et je suis très fier du résultat final.

http://www.youtube.com/watch?v=up3wlAxR9a4

Peaking Lights Imaginary Falcons was a special release, they are good friends, I met them at a time in my life when I was often depressed and they really are such fantastic people that I have a lot of love and admiration for them and the band. That was a release I just really believed in and I think a lot of people wouldn't see a band like them becoming as popular as they are now but I saw it from day one so I'm just happy I could have some part in working with such great people and such a great unique band.

Featureless Ghost Personality Matrix recently is a release I can really get behind, they are great people too and the vinyl sounds so good, I hope people get behind that band because they are so good live and it translates so perfectly to vinyl, I just think they are a special band right now.

The Merchandise record that came out in April 2013 was another big one, the members of that band showed the label so much love and trust picking Night-People to work with over so many other labels that wanted to release this record. Its also a great record, really stunning as a home recorded document, there is something both epic and humbling about the sound presented. Its really just about the connection we both have to the love of life itself and how both the band and myself have such devotion to sticking to your spirit and doing what you want and trying to not give into shitty outside forces making them come play on your terms not the other way around. They get the idea of the label and what it is, how its about constant change but somehow maintaining the core foundation of the identity/aesthetic and how it is presented. Wet Hair and Merchandise are close, Night-People in ways is like a family with some of the bands, I think if you talk to bands like Peaking Lights, Dirty Beaches, Merchandise etc. they would say the same thing about it. The Merchandise record pushed the visual of aesthetic further as well and I am very proud of the overall product of that record.

Peux-tu nous expliquer l’histoire commune que tu as avec Peaking Lights ?
Could you explain to us your common history with the band Peaking Lights?

Aaron et Indra ont déménagé de San Francisco à Madison qui est à environ quatre heures d'Iowa City. Ils ont joué un concert à Iowa City que j'avais organisé et nous sommes immédiatement devenus très bons amis. Ce sont des personnes géniales et on a beaucoup en commun, en termes de goûts musicaux et de vision du monde. Notre amitié s'est bâtie à partir de ça. Wet Hair est parti en tournée avec eux, Night People a sorti plusieurs de leurs disques. Nous sommes toujours en contact et je fais en sorte de les voir dès que j'en ai l'opportunité. Ils me manquent vraiment depuis qu'ils sont partis à Los Angeles. Je pourrais disserter pendant des heures sur eux et leur groupe.

Aaron and Indra moved from San Francisco to Madison WI which is about 4 hours from Iowa City. They played a show in Iowa City that I put on and we just became really good friends immediately. Its just one of those things, they are greatpeople and we have a lot in common with the music we like and how we feel about the world so the friendship just grew from there. Wet Hair has toured with them, NP has put over several releases by them, we still talk often and any chance I get to see or hang out with them I make extra effort towards. I've really missed them since they moved to LA. I could talk endless about how great of people they are and how good their band is.

Peux-tu nous en dire plus sur le mystérieux Lazy Magnet ?
Can you tell us more about the mysterious Lazy Magnet?

Lazy Magnet c'est Jeremy Harris. Harris est un vieil ami de tournée, on se croise deux fois par an. Il a habité Providence pendant longtemps. Ça fait plus de dix ans qu'il fait Lazy Magnet, un projet en constante évolution. Son autre groupe, Meager Sunlight est vraiment pas mal aussi. Harris est une des personnes les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de rencontrer, c'est un vétéran de la route et il a une capacité folle à s'extraire de tous les problèmes. C'est très inspirant de voir quelqu'un se persévérer ainsi année après année et dont les créations deviennent de plus en plus abouties.

Lazy Magnet is Jeremy Harris. Harris is an old tour friend, we seem to run into each other a couple times a year. He lived in Providence a long time. He has been doing Lazy Magnet for over 10 years and its constantly changing and evolving. Meager Sunlight his other current band is really great too. Harris is one of the most interesting people I have ever met, he's a true road warrior and just keeps pushing through any problems that come up in life etc. It just inspiring to see a person stick to it year after year and get better and better at what they are creating.

wet hair - spill into the atmosphere

Après le magnifique Spill Into Atmosphere, quelle sera la suite pour Wet Hair ?
After the gorgeous Spill Into Atmosphere, what will happen next for Wet Hair?

Pour le moment nous nous reposons un peu tout en travaillant à notre nouvel LP qui s'appellera The Floating World et qui sortira courant 2014. On rentre juste d'une tournée avec Merchandise. Je pense que ces morceaux sont nos meilleurs à ce jour, ils ont une structure plus complexe que tout ce que nous avons fait auparavant avec plusieurs couches de mélodies et de grooves entrelacés. Je ne sais pas si cela plaira mais nous aimons vraiment ce sur quoi nous bossons. Ce sera notre sortie la plus originale, allant plus loin dans des aspects musicaux compliqués à décrire.

We are chilling out right now, working slowly on new material and recording it as we go. We just did a tour with Merchandise. I think these new songs are our best yet, they are more structurally complex then anything we have done, there are many layers of melodies and grooves going in and out of each other in these new songs in a way I find interesting. I don't know if any one else will get it but we really love the new stuff we are working on and I think its our most original sounding material to date, I think it goes further into aspects of our sound that are hard to describe.

Quel est le futur proche pour Night People ?
What’s in the near future for Night People?

Je vais continuer à promouvoir le LP Totale Nite de Merchandise, je travaille sur la réédition d'un LP Deep Freeze Mice en plus d'un nouveau LP de The Garment District. En plus de beaucoup d'autres cassettes.

I'm going to keep pushing the Merchandise Totale Nite LP, I am working on Deep Freeze Mice reissue LP in the works, an LP by the Garment District and plenty more cassettes to follow that.

Mixtape

V.A. - Tape Gun Compilations (Night People / Download)

01. Roladex - Cathode Rays
02. Dice Parks - Eurobot
03. Unhappybirthday - Himutsu
04. Beat Detectives - Your Love
05. Fingers Pty Ltd - Local Park
06. Fatti Frances - Slow
07. Boy Friend - Labyrinth
08. Some Ember - Wave of Fear, Wave of Joy
09. Regional Curse - Traditional Ascension
10. Dead Channel - Subterranean City
11. Cellophan Spill - Season 3
12. Dylan Ettinger - Juice
13. Tender Meat - Sweet & Sour Diesel
14. D.Vassalotti - Swallow My Pride
15. The Savage Young Taterbug - Disc Jockey Inside Corona Bottle (featuring Spacey Tracey)
16. Sleepy Filter - The Name
17. The Ukiah Drag - Silver Mint
18. Idiot Glee - Position A


Who are you Night School Records?

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Quel peut être le point commun entre l'adulée Molly Nilsson, la renommée Julia Holter, la fantasque Nikki Nevver de Terror Bird, la théâtrale Canadienne Sally Dige et l'élégante Mara Barenbaum de Group Rhoda ? Voire même avec la stratosphérique Suzy Soundz et sa visionnaire incarnation devenue culte The Space Lady ? A priori, leur féminité militante, leur voix pénétrante au timbre inclassable et donc mémorable, leur caractère insaisissable, leur éparpillement géographique - l'une étant suédoise et établie à Berlin, d'autres de San Francisco et deux d'entre elles tartinant leurs toasts de sirop d'érable - , ou encore le fait d'avoir toutes été, à un moment ou un autre, mises en scène dans nos colonnes ou à l'occasion de l'une de nos soirées. Ainsi, l'interviewée Molly Nilsson (lire) foula l'estrade de l'Espace B en avril 2012 (voir) à l'occasion du premier Fake Series du nom, tout comme Sally Dige (lire) en décembre 2012 et Group Rhoda en mai dernier. En trois ans, Nikki Nevver a quant à elle traîné ses guêtres à l'International - pour notre tout premier concert en compagnie d'Ela Orleans -, l'Espace B et la Mécanique Ondulatoire. Seules les intouchables Julia Holter et Suzy Soundz nous fuient, mais pas tant que ça (lire). Mais non, parmi toutes ces propositions, rien n'y fait, tel n'est pas là leur véritable dénominateur commun. Celui-ci se prénomme Michael Kasparis, instigateur depuis 2011 - et un 7" de Golden Grrrls - du label Night School Records. Le Londonien, un temps collaborateur de l'impeccable blog new-yorkais International Tapes et musicien de son état au sein de Please et de son projet solitaire Apostille, apparaît d'ailleurs en creux d'une autre histoire discographique puisqu'il travailla à Glasgow aux côtés de Fleur et Jérôme, maturant à ce moment précis l'idée directrice de La Station Radar (lire). Le monde est certes petit, mais le milieu de la musique indépendante est lui minuscule et... interconnecté, Michael m'écrivant en début d'année pour m'entretenir d'un LP co-réalisé avec l'Américain Slumberland de Golden Grrrls. De ce même goût pour les caresses vespérales et les nappes synthétiques obnubilantes a germé l'idée de cette interview, mais aussi et surtout de la mixtape, à écouter et télécharger en fin de papier, mettant en relief les aspérités d'un label se jouant, malgré les apparences, d'une esthétique musicale trop orientée : s'il convient de son attachement aux perspectives que recèlent ces divas du DIY, écoutant avant tout son cœur dicter ses choix de sorties, le trentenaire fait montre d'un éclectisme tutoyant l'expérimentalisme noise - avec les Écossais de Divorce, ennemis jurés de tout ORL patenté - électronique - avec les Lisboètes hallucinés de Yong Yong - et rock - avec l'exubérant Benedict Roger Wallers caché derrière le patronyme de The Rebels. Un sacré bouillon de culture underground qu'incarne notamment l'orgiaque cassette-compilation Appeal (2011), jetant un pont entre la micro-structure et une myriade d'autres jalonnant le Royaume-Uni, mais pas que, avec The Pheromoans, Haxan Cloak, Girls Names,  Mushy,  Meddicine ou Dignan Porch. On pense alors à Clan Destine Records, Night People, Mannequin, Captured Tracks... soulignant un peu plus tout l'attrait d'un label déjà auteur de trois LP en 2013, et pas des moindres avec le précité et éponyme Golden Grrrls, l'inestimable All This Time de Terror Bird (lire) et l'ultime The Travels de l'ange Molly (lire). Et ce, sans compter la surprenante sortie d'un 7" de Suzy Soundz, Major Tom/Radar Love - dont la face B est à écouter en exclusivité ci-après - précédant de quelques mois un Greatest Hits réactivant de fait le message de paix et d'harmonie sur terre de la Space Lady. Reprenant seize des meilleurs morceaux de celle qui arpentait, munie de son clavier et d'un casque ailé, les rues de Boston à la fin des années soixante-dix, puis celles de San Francisco dans les années quatre-vingt, et qui aujourd'hui écrit son autobiographie, la compilation rassemble des enregistrements de 1990 remastérisés par Brian Pyle d'Ensemble Economique. Une bonne connaissance de plus.

Audio (PREMIERE)

Audio

Entretien avec Michael Kasparis

Apostille

Raconte-moi comment l'aventure Night School Records a commencé ?
Tell me how did Night School get started? 

Je m'occupe seul du label avec l'aide de quelques amis talentueux. Tout a démarré pendant une période difficile de ma vie durant laquelle je vivais chez un ami et je me sentais déprimé. J'ai pris toutes les décisions importantes relatives au label le jour de Noël 2010, après être resté éveillé jusqu'à quatre heures du matin la veille à regarder Until the Light Takes Us. C'était plus excitant que de se poser les questions existentielles habituelles du style mais qu'est ce que je fous ? Et puis j'ai rencontré pas mal de personnes du milieu qui entubaient et baisaient les artistes, ou qui dirigeaient leur labels n'importe comment, sans aucun sens éthique. Ça a compté, je me suis dis que je pourrais le faire de manière transparente et honnête, en fonctionnant à l'enthousiasme pur.

Le label a commencé par deux sorties : Beaches de Golden Grrrls et Outside de Terror Bird. Les premiers sont des amis et je ne comprenais pas pourquoi personne n'avait encore sorti un disque d'eux, ils étaient si bons - et le sont toujours. Je suis complètement fan de Terror Bird. Je suis tombé amoureux de la voix de Nikki donc je lui ai simplement demandé si je pouvais sortir quelque chose. J'ai vendu un tiers de ma collection de disques pour financer ces sorties puis j'ai dû me débrouiller pour les fabriquer. Tout a été fait dans la difficulté et l'erreur. Au lieu de faire des étiquettes pour Beaches, j'ai découpé des formes que j'ai ensuite peintes à la main. Je me suis aussi coupé le doigt avec le massicot pour les quatre premières sorties dont il existe des éditions très limitées... avec mon sang. Pour le nom... j'allais à beaucoup de cours du soir à l'époque, pour apprendre des trucs, et je suis tombé sur un mauvais film d'horreur du même nom donc j'ai pensé que ça représentait bien mon état d'esprit à ce moment-là.

The label is just me, with some help from talented friends. It started at a difficult time for me, when I was living at a friend's house and feeling bleak; I made all the relevant decisions on Christmas Day 2010, after staying up till 4 am the previous night watching Until the Light Takes Us. I suppose it was something exciting to think about instead of all the usual "what the fuck am I doing?" sort of life questions. Also, I had come into contact with a lot of people who were screwing over artists, or were running labels badly and with no sense of ethics and I just thought I could do it in a transparent way powered by pure enthusiasm.

It started with two releases: Beaches by Golden Grrrls and Outside by Terror Bird. The former were friends of mine and I didn't understand why no one had released a record by them, they were/are so good. Terror Bird was utter fandom. I fell in love with Nikki's voice so I just asked her if I could put something out. I sold a third of my record collection to fund these records, and then had to figure out how to make them. Everything was done with trial and error. Instead of doing labels for "Beaches" I cut out shapes and hand painted the labels. I also sliced my finger up on a guillotine for the first 4 releases so there are very limited editions with my blood on some of them. The name - I was doing a lot of 'night classes' at the time, learning things, and I came across a bad slasher flick with the same name so I thought it represented how I was feeling at the time.

Quelle est la direction artistique du label ? Y a-t-il une esthétique musicale, un concept que tu essaies de garder à chaque sortie ? Il y a une évolution depuis les débuts, non ?
What's the artistic guideline of the label? Is there a musical aesthetics, a concept which you try to keep at every release? There is an evolution compared with the origin, no isn't it?

J'aime l'imaginer comme une sorte de tribune libre où je peux exprimer différentes idées et voir ce qui se passe. Je n'ai pas de recommandations, ni de directives, ni d'indications méthodiques ou une idée définie de ce qui est ou de ce qui doit être. Financièrement, c'est contre-productif, les labels ayant une idée très précise de ce qu'ils sont, une identité fixe, arrivant plus facilement à créer une communauté de fans. Mais selon moi c'est du marketing et c'est moralisateur, ce que j'essaie d'éviter. Ça engendre l'inertie, la médiocrité. J'aime surprendre les gens.

L'unique ligne directive est que, pour chaque sortie, je dois avoir un instinct viscéral à son sujet, sur son existence. Je suis bien conscient que certaines personnes qui n'aiment qu'un seul type de musique n'apprécieront qu'un ou deux groupes sur le label, et c'est bien, je suis heureux de pénétrer par petites touches dans leur monde. Mais ce que je trouve le plus intéressant c'est quand quelqu'un achète un disque de Golden Grrrls et un autre de Yong Yong en même temps. Je jouais à Brighton l'autre jour et quelques personnes sont venues me dire qu'elles adoraient le label - elles achetaient des disques de Group Rhoda et portaient des T-shirt de Divorce - et ce genre de choses signifie beaucoup. Ça montre que certaines personnes ont des idées similaires et que personne n'est seul.

Et oui, il y a une évolution. Mais si tu écoutes la cassette Appeal (LSSN003 d'avril 2011) tu auras un aperçu assez large du catalogue ! Il y a des trucs comme Haxan CloakBill KouligasMaria MinervaHeatsick dessus à côté de Golden Grrrls, Hard Skin, The Lowest Form. Je pense qu'aujourd'hui, les gens ont des goûts plus larges - en tout cas en ce qui me concerne - et je ne vois pas pourquoi un label ne devrait pas simplement suivre son cœur.

I like to think of it as a sort of open forum where I can gently nudge different ideas into the open air and see what happens. I don't have methodical guidelines or a set idea of what it is or should be. This is counterproductive financially as labels that have a very set idea of what they are, a fixed identity, tend to do better at building a 'fanbase.' But to me this is branding and is a little didactic, which I try to avoid. It engenders stasis, mediocrity. I like surprising people.

The only guideline for each release is that I have to have a gut instinct about it, about seeing it in the world. I'm well aware that some people who like certain musics will only like one or two things on the label and that's great, I'm happy to penetrate their world a little. But what I find most interesting is when people buy a Golden Grrrls record and a Yong Yong release together, for example. I was playing a show in Brighton recently and some people came up to me and said they loved the label - they were buying Group Rhoda records and had a Divorce T-shirt on - and that sort of thing means a lot. It shows that some people have similar ideas and that one is not alone.

And yes, there is an evolution. But if you listen to the Appeal tape I did - LSSN003 from April 2011 - you'll get a pretty broad preview of the scope! It had stuff like Haxan Cloak, Bill Kouligas, Maria Minerva, Heatsick on there next to Golden Grrrls, Hard Skin, The Lowest Form. I think these days people have wider tastes - I certainly do - and I don't see why a label shouldn't just follow its heart.

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Quels genre de labels t'inspirent dans ta démarche ?
What kind of labels inspired you in your approach?

Mmmh... un mélange entre les entreprises de mes amis et mes labels préférés à travers l'histoire. ESP – pour la liberté totale qui permet aux artistes de faire tout ce qu'ils veulent. En plus, ils ont l'air cool. El Saturn – un des premiers labels DIY ! Sun Ra est un modèle de quelqu'un d'à la fois clairement business man (si si, il l'était !) mais qui avait aussi l'air de venir complètement d'un autre monde (ou pour dire simplement « et complètement à l'ouest »). La Vida Es Un Mus – Mon ami Paco le dirige et il m'a été d'une grande aide au début. Il a une approche très pratique des choses et ça se voit dans ses disques. Il ne fait aussi jamais de compromis. Hospital Productions – le label de Dominick Fernow est un très bon exemple d'un label dirigé par un artiste qui s'occupe autant de ses propres travaux que de ceux des autres. Dischord – pour toutes les raisons que tu peux imaginer. Je n'aime plus tant de trucs sur le label mais comme modèle, c'est assez imbattable. Elektra – si tu regardes l'éventail des sorties d'Elektra de ses débuts à son incorporation à WEA en 1969, c'est assez dingue. Elektra a sorti AMM (un groupe anglais d'impro avant-garde de 1967), Bread, en passant par Funhouse. Et c'était par amour de la musique. Enfin je l'espère. Peut-être pas. Ils n'ont pas du gagner beaucoup d'argent avec AMM en tout cas.

Mmm... a mixture of friends' endeavours and my favourite labels through-out history: ESP - for the sheer freedom, allowing the artist to do whatever they want. They also look great. El Saturn - one of the original DIY labels! Sun Ra is a big inspiration for basically being a business man (come on, he was!) but also being other worldly. La Vida Es Un Mus - my good friend Paco runs this and he was a big help early on. He has a real hands-on approach to everything and it shows in his records. He also never compromises. Hospital Productions - Dominick Fernow's label is a great example of an artist-run label that equally deals with his own material and that of others. Dischord - For all the reasons you can imagine. I don't like that much on the label any more but as a model it's pretty unbeatable. Elektra - If you look at the range Elektra put out from it's inception to it's incorporation into WEA in 1969 it's pretty wild. Elektra put out AMM (1967 British improv avant garde group) through to Bread via Funhouse. And it was because they loved the music. I hope. Maybe not. They probably didn't make a lot of money out of AMM at least.

En tant que patron de label, est-ce que le DIY a une forte influence sur ton travail ? Est-ce que tu considères encore Night School comme un label artisanal ?
As label owner, does the DIY have a strong influence on your work? Do you still consider Night School like a bedroom label?

Oui, carrément. Bien que je ne sache pas exactement ce que ça signifie, DIY. C'est souvent utilisé par certaines personnes comme moyen de se sentir supérieur. Il y a des labels qui s'occupent d'absolument tout mais, pour ma part, j'aime toujours pousser le raisonnement jusqu'à l'absurde. Par exemple, un label peut être DIY mais il paye quand même quelqu'un pour presser un vinyle. Tu vois ce que je veux dire ? Où est-ce-que ça s'arrête ? Je suis DIY dans le sens où personne ne me dit ce que je dois faire. Je me fais aider pour distribuer les disques et parfois j'engage des gens pour la promotion, tout dépend de la sortie. Parfois je fais les sérigraphies des jaquettes, parfois des amis le font et il m'arrive d'avoir un budget qui me permet de les payer. Night School Records est un label artisanal puisque je n'ai pas de bureau, j'ai un boulot alimentaire, et il ne me rapporte pas vraiment d'argent. Ma chambre est si petite que si j'avais 200 LP invendus, il faudrait que je dorme dehors.

Yes definitely. Though I don't actually know what that means, DIY, I think it's often used as a means for people to feel superior over other people. There are labels where people do absolutely everything but I always like to reduce things to their absurd end. So for example, such and such might be a DIY label but you're still paying someone to press a vinyl record. You know what I mean? Where does it stop? I'm DIY in that no one tells me what to do. I have help distributing the records and sometimes I hire people to get the word out, depending on the release. Sometimes I sit and screen print sleeves, sometimes I have friends who do that and I might have a budget to give them some money. Night School Records is a bedroom label in that I don't have an office, I have a day job, and I don't really make any money out of it. My bedroom is so small that if I had 200 LPs leftover from a pressing I would have to sleep outside.

Quelle est la sortie dont tu es le plus fier ?
What’s the release of which you are most proud?

Chaque sortie est unique et je suis fier de chacune d'entre elles pour différentes raisons. Je suis fier du LP de Golden Grrrls parce que beaucoup de personnes ont pu l'entendre. Et Group Rhoda a été le premier LP que j'ai sorti. En ce moment, ma plus grande fierté est All this Time de Terror Bird, forcément. C'est un disque où, intimement, je me suis impliqué à toutes les étapes. D'ailleurs, toutes les chansons me font littéralement craquer.

Each release is different and I'm proud of them for different reasons. I'm proud of the Golden Grrrls LP in that a lot of people got to hear it. Group Rhoda was the first long player I did so I'm proud of that. At the moment I'm most proud of All this Time by Terror Bird, naturally. It's the record I've been most intimately involved with at every stage and every song on it almost makes me burst.

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Quels sont les artistes de Night School qui représentent le mieux l'approche artistique du label ?
What are the artists on Night School who represent most the artistic approach of the label?

Wow, je ne sais pas. Peut-être Apostille - c'est-à-dire ma propre musique - parce que c'est presque aussi ouvert musicalement que le catalogue du label. Peut-être est ce une réponse trop évidente... ?

Wow I don't know. Maybe Apostille (as in, my music) because it's almost as open in musical strains as the labels' roster. Maybe that's too obvious an answer...

Julia Holter, Golden Grrrls, Terror Bird, Group Rhoda... le label recèle une constellation de jeunes chanteuses délayant une pop expérimentale et synthétique. Es-tu obsédé par ce type de voix ?
Julia Holter, Golden Grrrls, Terror Bird, Group Rhoda... The label reflected a constellation of young women singing only an experimental and synthetic pop. Are you obsessed by this king of voice?

Haha, c'est une bonne question que je me suis d'ailleurs déjà posée. Je dois d'abord préciser un truc : je ne suis pas à la recherche de jeunes femmes qui chantent par dessus des synthés. En revanche, j'aime les voix féminines. Je les trouve plus puissantes que la plupart des voix masculines. Moins prudentes peut-être. Je ne sais pas. C'est difficile de parler de cet aspect, étant un homme : c'est condescendant - voire même sexiste - de ma part de rechercher ce genre de choses - et peut-être même louche et pervers. Pour ma défense j'ai aussi sorti The Rebel - dont Man V Cock est probablement la meilleure parodie de la misogynie existante -, Divorce avec pas un seul synthé et Yong Yong. Ceci étant dit, il y aura cette année beaucoup plus de sorties du genre de celles que tu as mentionnées.

Et puis, je suis plus intéressé par la perspective que par les voix. J'aime des points de vue différents de ceux dont te gavent les médias. Quelqu'un comme The Rebel a une vision du monde différente de celle de la plupart des gens et je trouve ça très intéressant. C'est la même chose avec Nikki de Terror Bird. La dernière chose par laquelle j'ai envie est de juger la musique d'un groupe est le sexe du musicien.

Haha that's a good question and one I've thought about. I have to say that I don't go looking for young women singing over synths, but I do love the female voice. I find it more powerful than most male voices. Less guarded maybe. I don't know. It's hard to talk about this aspect as a male; I think it would be patronizing and maybe even sexist for me to just go for that sort of thing - and also maybe creepy. In my defense I've also released The Rebel - "Man V Cock" is probably the best send-up of misogyny you can think of - Divorce (not a synth in sight) and Yong Yong. Having said this, this summer will see a lot more of the sort of stuff you mentioned from Night School...

Maybe it's not the voices so much as the perspective that I am interested in. I like different perspectives from what you are force fed by consensus media opinion. Someone like The Rebel sees the world in a different way to a lot of people and I find that very appealing. The same goes with Nikki from Terror Bird. The last thing I want to do is judge music on the gender of the musician.

Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu travailles et quelles sont tes relations avec eux ?
How do you choose the artists with whom you work and what are your relations with them?

J'aime penser que j'ai de bonnes relations avec chacun d'entre eux. Tant que tout le monde est honnête et fait les choses pour de bonnes raisons il n'y aura jamais de problème. Je choisis les artistes uniquement en fonction de leur musique et j'espère que ce sont des gens bien après coup. Il doit y avoir des musiciens qui sont des personnes affreuses mais heureusement, je n'ai pas encore sorti leurs albums. Ce n'est pas pour dire que je n'aime pas la musique de gens horribles, c'est certainement le cas, mais je n'ai pas eu de problème de communication avec les artistes. Ça fait partie du jeu, et maintenant, je considère la plupart, si ce n'est tous, comme des amis - s'ils ne l'étaient pas déjà avant.

Je ne pourrais jamais sortir un disque en lequel je ne crois pas et dont je ne pense pas que le monde a besoin de l'entendre.

I'd like to think I have good relations with all of them. I feel like as long as everyone is honest and does things for the "right reasons" there will never be a problem. I choose artists purely based on their music and hope that they are good people afterwards. There must be some musicians that are horrible people but thankfully I haven't released any of their records yet. That's not to say that I don't like horrible people's music, I probably do, but I haven't had a problem communicating with artists. It's part of the fun anyway, and most if not all of them I would now consider friends if I didn't before.

I would never put a record out that I didn't believe in and that I didn't think needed to be in the world.

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Peux-tu nous présenter les derniers LP de Terror Bird, Divorce et Golden Grrrls ? Quelles sont leurs histoires ?
Can you present us your ultimate three LP of Terror Bird, Divorce and Golden Grrrls? What's the story of this releases?

Haha OK, par ordre de sortie alors !

Divorce : Je suis ami avec Andy et Vic depuis l'adolescence. Leur musique a toujours été bien mais je crois qu'avec Divorce ils ont vraiment réussi ce qu'ils cherchaient à faire. La première fois que je les ai vus, ça m'a vraiment déconcerté, ça ressemblait aux débuts des Swans mais dénué de l'excès de masculinité (même si j'aime les Swans à leurs débuts, que ce soit clair). Ils ont évolué dans ce type de groupes qu'il est très difficile de décrire précisément. Ce n'est pas du simple noise rock. C'est vraiment unique.

Ils ont travaillé de manière obsessionnelle sur le disque pendant des mois puis on a décidé de faire des pochettes sérigraphiées. Le groupe les a faites lui-même soit 1000 pochettes en trois couleurs ! Quand j'évoquais le sujet avec eux pendant cette période j'avais l'impression qu'ils avaient des envies de meurtre. Mais ils s'en sont sortis et ce disque se définit par l'amour absolu qu'ils ont pour ce qu'ils font. Ils peuvent sembler un peu tendus en tant que personnes mais au fond ils sont portés par l'enthousiasme, la sueur et le sang. Littéralement. Ce disque te donne l'impression de passer ton cerveau à l'eau de Javel et je suis très reconnaissant qu'il existe. Je suis vraiment excité à l'idée de retravailler avec Divorce !

Golden Grrrls : Je crois que le groupe et moi-même sommes assez fiers de ce disque. Nous apprenons au fil du temps et ce disque m'a presque fait pleurer à quelques occasions. C'est POP et j'étais très fier que mes amis aient réussi leur coup. Chaque morceau est parfait à mes yeux.

Ils ont enregistré dans une usine de colle, ont utilisé des réservoirs de colle comme réverb, et beaucoup de personnes y ont participé à différents niveaux. Nos amies Laetitia de Manchester et Roxanne de Londres ont fait l'artwork.... Laetitia fait partie de Comfortable on a Tightrope avec notre pote Perry, tandis que Roxanne joue dans Veronica Falls et a un don pour le graphisme et ce genre de trucs. Des amis à Glasgow qui dirigent la structure Good Press nous ont aidé avec les dépenses, Mike l'a sorti sur Slumberland à San Francisco et un label japonais, Tugboat, a signé un contrat de licence pour sa sortie là-bas. Du chemin a été parcouru depuis la chambre de Ruari - un des membres de Golden Grrrls. Ça me rend si heureux de voir ce disque rendre d'autres personnes heureuses.

Terror Bird : Bon, comme je l'ai déjà dit, ce disque signifie beaucoup pour moi, pour différentes raisons. Chaque sortie dans laquelle je suis impliqué tient une place particulière dans mon cœur, j'investis beaucoup dans chacune, et All this Time, c'est un disque dont je parle à Nikki depuis des années, depuis le début de Night School. J'ai toujours voulu faire un album de Terror Bird mais je voulais le faire une fois que je serais devenu un peu plus à l'aise avec le processus et que j'aurais pu lui rendre justice.

En gros, pendant des mois, je me levais le matin et je trouvais ces chansons brutes que Nikki avait écrites dans ma boîte mail et ça me stupéfiait à chaque fois. Chaque nouvelle chanson devenait ma préférée. Le truc drôle c'est que parfois elles arrivaient par paquet de 3 ou plus et je me disais Mais comment PEUT-elle faire ça ? Elle est souvent blasée à propos de ça aussi. Donc quand après deux mois, je les ai rassemblées dans leur état brut, je sentais que ça allait être un super album de pop. La voix de Nikki est l'une de mes préférées de tous les temps et je crois que les morceaux de ce LP racontent une histoire, ils se répondent entre eux. Ils sont un peu tristes, quelques-uns sont drôles de la même manière que les Smiths étaient drôles, mais ce sont tous de superbes morceaux qui, je l'espère, touchent les gens autant qu'ils m'ont touché.

J'ai vraiment l'impression que Terror Bird devrait être écouté par le plus de gens possible. Je ne comprends pas vraiment ce que signifie le fait d'être mainstream ou même si c'est important mais ces chansons devraient être écoutées par tout le monde. Elles sont universelles et elles ont un sens. Elles - comme Terror Bird - ne sont pas un exercice à la mode et vide de sens dans l'assimilation de la pop culture. Ce sont les chansons d'un être humain qu'elle a écrites sur sa vie et son cœur. Que peut-il y avoir de mieux ?

Haha OK, in order of release!

Divorce: I've been friends with Andy and Vic since I was a teenager. They've always done good music, but I think it's Divorce that really nailed what they were trying to do. The first time I saw them it really floored me: like early Swans stripped of the over-bearing masculinity (but I like early Swans, don't get me wrong.) They've evolved into the sort of band that is really difficult to describe accurately. It's not 'normal' noise rock or whatever. It's just really unique.

The record they worked on obsessively for months and then we decided to screenprint the covers. The band did this themselves - 1000 sleeves in three colours! When I was talking to them about it during the time I felt like they wanted to kill me and themselves. They got through it and it is a record defined by the sheer love of what they do. They may sometimes be a little tense as people but at heart they are driven by enthusiasm, sweat and blood. Literally. That record is like washing out your mind with bleach and I am very thankful it exists as it does. I'm really excited to be working on future Divorce stuff!

Golden Grrrls: I think the band and I both are pretty proud of the record. We're both learning as we go and this record almost brought a tear to my eye a few times. It's POP and I was really proud of my friends for pulling it off. Each song on it is perfect in my eyes.

They recorded it in a glue factory, used glue tanks as reverb units, and loads of people contributed to it in different ways. Our friends Laetitia in Manchester and Roxanne in London did the artwork… Laetitia does Comfortable on a Tightrope with our friend Perry, while Roxanne plays in Veronica Falls and also has a great eye for graphics and such. We had friends in Glasgow who run Good Press help out with the lay out, Mike in San Francisco put it out on Slumberland, a Japanese label called Tugboat licensed it for release there. It's gone a long way from Ruari's (Golden Grrrls' guy) bedroom. It makes me so happy to see this record make other people happy.

Terror Bird: Well, as I said before, this record means a lot to me for various reasons. Each release I'm involved has a unique place in my heart, I invest a lot in each one, and for All this Time it was a record I talked to Nikki about for years, since the beginning of Night School. I always wanted to do a Terror Bird album but I wanted to do it when I was a little more comfortable in the process and could do it justice.

Basically for months I would wake up in the morning and in my inbox would be these rough songs that Nikki had written and I would be floored every time. Each one would be my new favourite. The funny thing is sometimes it would come in batches of 3 or something and I'd just be like "how can she DO this!?" She's often quite blase about it too. So when after a couple of months I pieced them together in their rough state, I felt like this was going to be a really amazing pop record. Nikki's voice is one my favourites of all time and I think the songs on this LP tell a story, they speak to each other. They're a little sad, some of them are funny in the way the Smiths were funny, but they're all great songs that I hope touch people in the same way they touched me.

I really feel that Terror Bird should be heard by as many people as possible. I don't know what "the mainstream" is or whether it should be paid attention to but these songs should be heard by everyone. They're universal and they actually mean something. They - and Terror Bird itself - is not some empty trendy exercise in pop culture assimilation. These are the songs of a human being writing about her life and her heart. What can be better than that?

À quoi ressemblera le futur proche de Night Schools Records ? Peux-tu présenter une des prochaines sorties, ou un projet secret ?
What’s the near future for Night Schools Records? Can you present any of the new releases or secret project?

Toujours plus ! Il y a pas mal de projets cette année. Certains vont vraiment surprendre les gens, d'autres les réjouiront et d'autres encore les perturberont probablement. On ne peut pas faire mieux.

More and more! There's a lot lined up this year. Some of it is really going to surprise people, some of it is going to make people happy and others is going to probably confuse people. Exactly the best way.

In a Circle Mixtape

loops
Plutôt que de présenter un mix de trucs que j'écoute et de trucs « cool » du passé j'ai préféré rester « dans la famille ». Dedans, il y a des artistes avec qui j'espère travailler, une inspiration secrète, des amis, quelques passages issus de précédents disques de Night Schools et un ou deux indices pour le futur. Je vous laisse décider qui est quoi.

Rather than present a mixture of things I'm into and "cool" stuff from the past I thought I'd keep it "in the family." There's a few artists on there that I'm hoping to work with, a secret inspiration, some friends' music, some cuts from previous Night Schools records I've released and one or two hints at the future. I'll let you decide which is which.

01. Divorce - Cunts in a Circle (from DIVORCE, Night School 2012)
02. Osmiroid - Casanova Technique (self released Cassette 2013)
03. The Rebel - Man v Cock (from TITRACK LUXURY OR BUMS ON A ROCK, Night School 2012)
04. Terror Bird - The Wrong Way (from ALL THIS TIME, Night School 2013)
05. Yong Yong - Tocha (Lord Prince Infinito Edit) (from LOVE - forthcoming LP release Night School 2013)
06. The Space Lady - Synthesize Me (Self Released, 1990)
07. Golden Grrrls - Think Of The Ways (from GOLDEN GRRRLS, Night School 2013)
08. Paco Sala - 06 (from THE FOG Cassette, Digitalis 2013)
09. Apostille - Dirt (demo) (from forthcoming release on GOATY 2013)
10. Occult Hand - Jessica Part 1
11. The Only Child - Pain Brought Forth (Demonstrations pt. 3)
12. Group Rhoda - Concrete Jungle (demo) (from TIME SAFARI, forthcoming on Night School)
13. Sally Dige - Doppelganger (from self titled 7" 2012 on Fabrika)

Mixtape's artwork by Alex Humphreys
Traduction Marie-Eva Marcouyeux

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=shUKSNAx74A

https://www.youtube.com/watch?v=7yz55xPma_Y

https://www.youtube.com/watch?v=W6tJqY2owp8


RE(FLUX) 7

RE(FLUX) 7RE(FLUX) n'est pas une mixtape. RE(FLUX) est un revue "passé, présent, futur" de disques que l'on ne peut se résoudre à passer sous silence. RE(FLUX) est une publication (presque) mensuelle changeant de mains et d'optique à chaque numéro. RE(FLUX) à vocation à être sommaire, partiel et subjectif. RE(FLUX) n'est pas une mixtape, mais peut s'écouter - en fin d'article - comme une mixtape.

RE(FLUX) 7

Le premier (et dernier ?) EP de The Coombe, projet de la cinéaste Karen Sharkey et de Samuel De La Rosa de Led Er Est, a vu le jour le 9 avril dernier sur le label romain , soit le même jour que celui de Phantom Love (lire). Délayant une musique psyché-planante, initialement composée pour les courts métrages de cette dernière, ce 12" éponyme conjugue minimalisme et onirisme sur l'autel de quelques divagations synthétiques.

Nikki Never a certes respecté le repos des braves, passant au moins un mois ou deux à se rouler les pouces dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, mais la voilà à nouveau partie bille en tête pour casser la baraque - et tout ce qu'il y a dedans. Deux albums, une tournée-marathon de quarante dates en quarante jours - dont une à Paris (Event FB) - et son projet de toujours, Terror Bird, sera à jamais lancé. Sortant via la structure londonienne Night School Records, et ce quasi-simultanément que Cut-Outs à paraître sur Svn Sns Records (lire), All this Time s'avère bien plus concluant et inspiré que le précédent Secret Rituals, un brin bordélique. Signe qui ne trompe pas, on y retrouve l'âme noire du merveilleux 7" Shadow in the Halls (lire).

Le duo chilien The Holydrug Couple n'a pas reculé devant l'abîme et se fend d'une reprise désenchantée de l'éculé Je t'aime Moi Non Plus de Serge Gainsbourg et Jane Birkin, et ce à l'occasion de la compilation Todo Muere Volume 3 éditée parle label new-yorkais Sacred Bones. De quoi inscrire son nom aux côtés de The Men, Moon Duo, Föllakzoid, Jozef Van Wissem & Jim Jarmusch et Zola Jesus - qui entonne, pour sa part, Diamonds de Rihanna -, le tout sans saloper l'essentiel devant l'éternel. Sans doute annonciateur d'un avenir discographique pour le moment limité à l'auto-production.

L'Italien vivant à New-York Nicolas Dona redessine les contours de son projet Horrible Present (lire), conférant à l'acidité des jours pluvieux et nauséeux les dimensions d'une caverne intimiste et vespérale. On retrouve dans le timbre de sa voix la profondeur d'un certain T.J. Cowgill (lire).

Tandis que Nicolas Laureau, alias Don Niño, étrenne son ultime In the Backyard of Your Mind aux quatre coins de la France, son frangin Fabrice ne chôme pas et inocule sous le patronyme de F/LOR une électronica gracile et mélodieuse, revisitant quelques années plus tard les hangars désaffectés de Sheffield. L'album, dénommé Blackflakes, de ce tiers-actif de NLF3 (lire), est prévu pour mai de cette année via Prohibited Records.

L'hypnotique morceau Answered est à l'origine d'une double actualité pour le Londonien Kel McKeown, aka Kelpe, puisqu'un maxi 12" du même nom est paru le 15 avril dernier sur Drut Records, sa propre structure, annonçant un futur LP prévu pour le 3 juin prochain, Fourth: The Golden Eagle. Et c'est peu de dire qu'on reste scotché aux chrysalides analogiques de celui qui officiait il y a peu au sein de l'écurie DC Recordings.

Difficile de déblatérer à bâtons rompus sur l'énigmatique entité Art Crime, puisqu'on ne sait foutre rien à son propos, sinon que son concepteur est russe et que ces mélodies à l'électronique aérienne imprègnent pour la seconde fois, avec Never Look Back, d'évanescentes gueule de bois. La première c'était avec The Present, placé en ouverture de la mixtape du mois d'avril 2012 (écouter). Ponctuel et récidiviste.

Mixtape


Terror Bird - Do You Remember?

En mai paraîtra la troisième sortie de Terror Bird sur Night School Records. La chose s'appellera All This Time et précédera de peu un autre disque de la Canadienne via le label Svn Sns Records partagé avec le Berlinois Cyan Kid. Do You Remember? en est un premier extrait, brut de décoffrage, s'étirant sur quelques myriades synthétiques et habité comme toujours par la voix de Nikki Never s'extirpant d'une cathédrale en ruine. Si le titre interpelle - car oui l'on se souvient de ce concert à L'International avec Ela Orleans et Holy Strays comme si c'était hier (voir) - il apostrophe en creux sur ce mois de mai, définitivement chargé pour la native de Vancouver. Dès le 2 du mois, elle entamera une tournée marathon à travers l'Europe. Hartzine Events vous donne rendez-vous en sa présence le 22 mai prochain - le jour de son anniversaire.

Audio

Tournée

May 2 - Klub 007///Prague, Czech Republic
May 3 - Brno//TBA
May 4 - Bang Bang Club///Graz, Austria
May 5 - The Rhiz///Vienna, Austria (Dendritic show)
May 6 - Zagreb///TBA
May 7 - Tunel Klub///Rijeka, Croatia
May 8 - Italy TBA
May 9 - Moog Slow Bar///Ravenna, Italy
May 10 - Dal Verme///Rome, Italy (Nofi Recordings show)
May 11 - Italy TBA
May 12 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 13 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 14 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 15 - ZUKUNFT///Zurich, Switzerland
May 16 - Lyon, France TBA
May 17 - Nasti Club//Madrid, Spain
May 18 - Zarazoga, Spain venue TBA (Lemon Cat show)
May 19 - Bilboa, Spain venue TBA (Lemon Cat show)
May 20 - El Chico///Bordeaux, France (Unexpected Cold show)
May 21 - Un Brin Folk///Angers, France
May 22 - Paris, France venue TBA (Hartzine show)
May 23 - Café Central///Brussels,Belgium (Fantastique Nights show: www.lefantastique.net).
May 24 - Belgium TBA
May 25 - Netherlands TBA
May 26 - De Onderbroek///Nijmegen, Netherlands
May 27 - Oetinger Villa///Darmstadt, Germany
May 28 - MUDD CLUB///Strasbourg, France
May 29 - Kassel, Gemany///TBA
May 30 - Wismar, Germany w/ unhappybirthday//TBA
May 31 - Hamburg, Germany venue TBA w/ unhappybirthday
June 1 - Essen/Mulheim Germany venue TBA w/ unhappybirthday
June 2 - AZ///Cologne, Germany w/ unhappybirthday
June 3 - Karlsruhe, Germany TBA w/ unhappybirthday
June 4 - Germany TBA
June 5 - Naherholung Sternchen///Berlin, Germany TBA w/ unhappybirthday & Pacific Strings
June 14 - Pokefest///Košice, Slovakia
June 21 - Braunschweig, DE TBA w/ unhappybirthday
June 22 - King Georg//Cologne,DE w/ unhappybirthday
June 23 - Bunker Ulmenwall/Bielefeld, DE w/ unhappybirthday


Terror Bird - Secret Rituals / Lost Forever In Silence

Terror Bird, projet synth-glam de la canadienne Nikki Never (ex-Modern Creatures) - partagé jusqu'à aujourd'hui avec son mari, Jeremiah Haywood (Twin Crystals) - renait de ses cendres et mue en quatuor exclusivement féminin. Conjuguant autour de son minimalisme décharné l’intensité shoegaze des Jesus and Mary Chain à la new-wave tourmentée des Bronski Beat, et ce, à dessein de n’en garder que de substantifiques mélodies lunaires, Terror Bird, auteur remarqué sur les labels Atelier Ciseaux, Night People et Adagio 830 du EP Shadow in the Halls (lire) et de l'excellent LP Human Culture (lire), étoffe sa discographie à l'occasion d'une longue tournée européenne de mai à juin, avec la sortie attendue mi-mai du LP Secret Rituals (), flanqué d'une cassette sur DZ Tapes, Lost Forever in Silence.

Partiellement défloré via le EP digital Waiting for Nothing (écouter), Secret Rituals s'annonce telle une mise en abîme magnétique de la voix de Nikki, mise en abîme que l'on aura tout loisir d'apprécier sur scène le 11 mai prochain à l'Espace où Nikki sera accompagnée son backing band exclusivement féminin. Premier Rang, aperçu notamment sur Italians Do It Better avec Les Corps Humides, ouvrira la soirée de son electronic dance music, matinée de nappes synthétiques et de rythmiques kraut. A bon entendeur...

Audio

01. She Kissed Me
02. Waiting for Nothing

01. The Art Of Forgetting
02. Boredom (Followed By Misery)

Tournée

07 mai DE Frankfurt Waggon
08 mai NL Haarlem Geertruida
09 mai F Lille Peek-A-Boo
11 mai F Paris L'Espace B + PREMIER RANG (EVENT FB / PREVENTES)
12 mai DE Trier Festival of art and science and experiment (matinee show)
12 mai LUX Luxembourg d/qliq
13 mai B Ghent Kinky Star
14 mai F Toulouse house show
15 mai F Bordeaux El Chicho
16 mai F Caen Ecuyes
17 mai NL Tilburg house show
19 mai NL Groningen Galerie Noorderlicht
20 mai B La Neuve Les Bulles
23 mai F Strassbourg Le Mudd Club
25 mai DE Bielefeld AJZ (w/ Extra Life)
26 mai DE Braunschweig Kawa
27 mai DE Wismar Galerie auf Zeit
28 mai POL Wroclaw Falanster (w/ Molly Nilsson)
30 mai DE München Herr Hotter
31 mai A Vienna Celeste
02 juin CZ Kollin Divo Institute
03 juin CZ Prague Rock Cafe (w/ Bear In Heaven)
05 juin CH Lucern Sedel Club (w/ Die Selektion)
06 juin DE Karlsruhe Halle 14
07 juin DE Berlin 33rpm record store
08 juin DE Berlin Death # Disco w/ Die Selektion + Voyvoda @ Naherholung Sternchen
09 juin DE Leipzig Schubladenkonsortium
11 juin DE Hamburg Rote Flora
12 juin DE Halle Goldene Rose
13 juin DE Bochum Bastion
15 juin F Paris Gals Rock
17 juin F Angers Un Brin Folk


Terror Bird - Human Culture

r-2667768-1296314530Depuis le maxi Shadows in the Halls (lire) sorti l'année dernière sous la forme d'une collaboration entre Atelier Ciseaux et La Station Radar, on attendait trépignant d'impatience le second LP de Terror Bird après Sociopaths are Glam (écouter) paru sur Night People. L'attente n'était pas vaine tant Human Culture est une claque en pleine tête, et ce, dès la première écoute. Alors un conseil, ne faites pas comme moi et allez voir l'oiseau déployer ses ailes aux côtés d'Ela Orleans et de Holy Strays, lors d'une soirée (lire) organisée par Hartzine et Backyard Vacation le 7 mars prochain à l'International.



J'ai longtemps cherché à comprendre comment Terror Bird était arrivé à mélanger autant d'influences. Les morceaux de cet album me rappellent les plus beaux envoûtements causés par le label 4AD des Dead Can Dance ou autres Bel Canto. Human Culture pourrait aussi être un de ces albums d'une scène alternative fantasmée, coincé entre le punk et la new wave des années 80, quelque part du côté de Berlin. A l'heure où la pop se glisse dans des déguisements de sorcières, les rythmes digitaux hantés par les mélodies de Nikki Never font de ce disque un enchantement et un désenchantement, une musique jouée dans une urgence contrastée, parfois happée par un refrain qui claque dans les tampes comme Human Life, parfois spectatrice d'une structure qui va déraillant comme Cheat Yourself. Nikki a réussi à emprisonner les forces qui s'opposent en elle dans sa musique, elle lui ressemble et ne cherche pas à masquer ses stigmates. Sur des partitions squelettiques, que ses machines recrachent comme des spectres sonores sur les murs des villes, un piano est prêt à rendre l'âme, une boîte à rythme devient indomptable quand la voix ensorcelée de Nikki Never soutient ce château de cartes musical risquant à tout moment de s'écrouler. Je rêve d'entendre cette voix m'hypnotiser seule avec ce piano qui creuse des sillons dans ma tête. Non pas que j'élude le son batcave ou gothique, bien au contraire, mais je suis subjugué par la beauté des mélodies et cette façon intemporelle que Nikki a de placer sa voix.

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Dès les premières notes de piano de Married Women, on vole éclairé par la lune, planant au dessus d'une ville endormie. La voix de Nikki nous guide avec la beauté d'un ange, et lorsqu'elle range ses ailes, elle se mue en prédateur noctambule, nous invitant dans ses catacombes pour danser jusqu'à s'en briser les os. We Were Monsters. Au matin, elle fixe ses lunettes noires opaques et nous attire dans un cimetière où on laisse retomber la folie d'une nuit entière à oublier le jour. Make Believe nous laisse avec des sentiments contrariés, l'envie de rester ensemble et ce sommeil qui nous assomme, une réverb puissante cristallise cette première face qui trouve son inspiration dans la moiteur de la nuit. Mise à part l'urgence de vivre, qu'on retrouve dans le morceau éclatant Human Life, si l'ange de la face A devient lourd comme un cygne qui serait prisonnier de son destin sur un lac gelé, la face B tend elle vers la noyade. If We Escape d'abord, avec la voix éthérée de Nikki prenant de la hauteur pour nous dévoiler une place encore plus sombre aux mélodies toujours plus sublimes. Sur Keep me Haunted, des trémolos apparaissent dans sa voix indiquant les premiers signes d'un délitement consacré par un Who's Sorry Now concluant Human Culture. Décidément, il ne restera rien.

Audio

Terror Bird - We Were Monsters

Terror Bird  - Human Life

Video

Tracklist

Terror Bird - Human Culture (Night People/Adagio830, 2011)

1. Married Women
2. We Were Monsters
3. Cemetaries
4. Integrity
5. She's a Revolutionary
6. Make Believe
7. If We Escape
8. Dumb Sick
9. Keep me Haunted
10. Human Life
11. Cheat Yourself
12. Last Moment
13. Who's Sorry Now


Terror Bird, Ela Orleans & Holy Strays - Concours

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HARTZINE et BACKYARD VACATION invitent LA STATION RADAR et ATELIER CISEAUX

Au-delà de notre simple volonté de mettre textuellement en lumière l’activité souterraine hautement addictive de cette poignée de micro-labels indépendants qui, de par leur sens du bon goût, leur flair à toute épreuve, l’esthétisme poussé de leurs sorties et j’en passe - créant ainsi un nouveau territoire propice à l’étonnement et étendant chaque jour un peu plus notre curiosité musicale - Hartzine souhaite dépasser la frustration d'un univers numérique quotidien et créer la possibilité d’une diffusion scénique de cette avant-garde.

Associés pour l’occasion à Backyard Vacation, nous invitons La Station Radar et Ateliers Ciseaux le 7 mars prochain à l'International (Paris, 11e) dans le cadre d'une soirée où se succéderont Holy Stays, Terror Bird et Ela Orleans. Fleur et Jérôme de La Station Radar croiseront - entre chaque concert - les platines avec Carl de l'éminent label Clan Destine Records.

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Afin de graver dans le sillon cette soirée mémorable, La Station Radar et Atelier Ciseaux ont confectionné un magnifique CD-R réunissant les trois groupes. Un bel objet, en édition très limitée, uniquement vendu lors du concert - avec une session de rattrapage le 9 mars suivant au Motel (les détails, ici).

Concours

Bien sûr, on vous offre la possibilité de glaner cinq exemplaires dudit CD-R - en plus de deux LP Lost d'Ela Orleans - sans trop vous fouler. Pour ce faire, rien de plus simple : envoyez-nous vos nom, prénom et adresse e-mail à l'adresse hartzine.concours@gmail.com. Les gagnants seront tirés au sort le 5 mars et prévenus le jour même par mail. Les disques seront à récupérer sur place.

Présentation

l_d80ca578ee1c4449a7e167dc27017eafTERROR BIRD
Le duo de Vancouver  électrisera de sa pop synthétique et minimaliste, autour de laquelle pourraient flirter l'intensité shoegaze des Jesus and Mary Chain comme la new wave tourmentée de Bronski Beat. Après l'EP Shadows in the Hall sorti en juin dernier, l'album Human Culture récemment paru sur Night People et Adagio830 vient aujourd'hui confirmer cette belle obscurité dont vous parle David dans sa belle chronique

elaELA ORLEANS
La Polonaise d'origine, New-Yorkaise d'adoption Ela Orleans viendra nous hanter avec ses "films pour les oreilles". Des morceaux cinématographiques à souhait aux mélodies intemporelles et sombres, soutenues par une voix androgyne.

Elle présentera Mars is Heaven, son prochain album, dont la sortie est prévue en avril prochain sur La Station Radar.

holyHOLY STRAYS
Enfin l'hypnotique Holy Strays magnétisera de ses arrangements drones et électroniques, oscillant entre dérives psychés et rythmiques allusives. Après deux cassettes, l'une parue l'été dernier sur le label californien Not Not Fun, et l'autre sortie avec Psychic Handbook chez Deep Tunes, ce Parisien travaille actuellement sur un premier album.

Info

HARTZINE & BACKYARD VACATION invitent La Station Radar et Atelier Ciseaux
w/ TERROR BIRD, ELA ORLEANS, HOLY STRAYS
7 MARS 2010
@ L'International
5/6, rue Moret 75011 Paris

Tous les détails sont à retrouver par ici.

Vidéo


Hartzine Février 2011

xxPhoto © Emeline Ancel-Pirouelle

Retrouvez, chaque mois, les choix éclectiques de la rédaction, à télécharger ici. En hommage à feu Peyton Houchins, on ouvre avec Gray Things.

Tracklist

00. Gray Things - Lazy Dream
01. Yuck - Despite Everything (Porcelain Raft Cover)
02. Dirty Beaches - Lord Knows Best
03. Wizard Oz - I can't remember
04. Pandit - Advert Your Eyes
05. Terror Bird - Human Life
06. Secret Knives - The Shining
07. Zoo Kids - Out Getting Ribs
08. Icarus Himself - Seen it Coming (Mexico)
09. Cheveu - Impossible Is Not French
10. Discodeine - Antiphonie
11. Martial Canterel - Occupy these terms
12. Smith Western - Dye It Blonde
13. Cercueil -  Subtitle
14. Vinyl Williams -The Inner Kingdom
15. Connan Mockasin - It's Choade My Dear
16. That Ghost - To Like You
17. Crocodiles - Hollow Hollow Eyes
18. Kayo Dot - Calonyction Girl
19. Off! - Darkness
20. Actress - Let's Fly


Bilan de l'année 2010

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Une année 2010 résumée en deux morceaux par tête de pipe. A écouter ci-dessous et à télécharger par ici.

Histoire de joindre la lecture à l'écoute, retrouvez notre bilan 2010 par .

Tracklist

01. Trentemoeller - The Mash And The Fury
02. Tristesse Contemporaine - 51 Ways To Leave Your Lover
03. Porcelain Raft - Tip Of Your Tongue
04. Terror Bird - Shadow in the Hall
05. Ikons - Slow Light
06. Tame Impala - Make Up Your Mind
07. Braids - Lemonade
08. Blank Dogs - Another Language
09. Wavves - Post Acid 
10. Daedelus - Stampede Me (feat. Amir Yaghmai)
11. Caribou - Odessa
12. Destroyer - Chinatown
13. Summer Camp - Jake Ryan
14. Coma Cinema - Her Sinking Sun
15. Gil Scott-Heron - Me And The Devil
16. Beach House - Silver Soul
17. Zola Jesus - I Can't Stand
18. Julianna Barwick - Sunlight, Heaven


On y était - Terror Bird & La Femme

terrorbird0008Photos Youngloup pour Hartzine

Terror Bird & La Femme, Paris, Le Motel, le 22 juin 2010

Le lendemain d'un début d'été tout en cacophonie. La veille, je reste cloîtré dans mon deux pièces attendant les derniers soubresauts d'un tintamarre à la saveur de l'enfer, quand l'ami Pat s'en est allé guincher au son d'un R'n'B dégoulinant Cours Saint-Emilion. Pour autant, c'est en bons amis que l'on se retrouve au Motel, histoire de sortir négligemment un mardi soir tout se repaissant d'une musique emportant l'unanimité.

De La Femme, on vous en a déjà parlé et on vous en fera profiter, abuser, en toute conscience, incessamment sous peu. Ils étaient de la partie, de notre party. Inutile donc de déflorer l'indicible énigme d'autant que les conditions live du Motel sont ce qu'elles sont : excessivement exiguës. De Terror Bird vous en saurez également beaucoup plus bientôt dans nos pages. S'il s'agissait de la release party de Shadows in the Halls, EP paru le jour même via la Station Radar et l'Atelier Ciseaux, Nikki Nevver était seule, munie d'un micro et d'un minuscule clavier de poche, son mari de batteur n'ayant pas la place de s'inviter sur scène. Bien décidée à prendre la pose et à nous faire hocher la tête, sa voix faisant preuve d'un grain impérissable, l'ambiance feutrée de ses morceaux ne put jamais véritablement prendre corps dans un Motel garni mais bien trop affairé à conter fleurette. Malgré tout, comment blâmer celle qui hante mes nuits ?

Photos

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Terror Bird - Shadows In The Halls

terrorL'Atelier Ciseaux a tenu parole. Celui qui est loin d'être porté disparu dans nos pages et qui a récemment régalé nos oreilles d'un split vinyle de Best Coast et Jeans Wilder et d'un 7" d'US Girls, récidive comme promis - et de concert avec la Station Radar - par un 7" d'un duo canadien à la splendeur sépulcrale proprement obnubilante. D'un redoutable et fantasmé prédateur préhistorique, Terror Bird s'est mué en indéfectible animal de la nuit, charriant de ses élucubrations désincarnées la moiteur de caves où l'on ne conjure l'ennui que par les beats. Nikki Nevver (voix, claviers) de Modern Creatures et Jeremiah Haywood (batterie) de Twin Crystals, abandonnant la frustre électricité de leurs groupes respectifs, prennent le contre-pied de la doucereuse chillwave pour emboîter le pas à cette nouvelle tribu de fantômes (oOoOO, Cosmetics, Balam Acab, White Ring ou Creep) peuplant tant l'incommensurable grimoire numérique qu'elle ne comble les sourdes aspérités d'insomnies hantées. Réhabilitant le format cassette et le son eighties, par le biais notamment du label Night People, support de leur captivante embardée Sociopaths are Glam parue l'année passée, le duo peut aussi bien convoquer autour de son minimalisme décharné l'intensité shoegaze des Jesus and Mary Chain que la new-wave tourmentée de Bronski Beat, et ce, à dessein de n'en garder que de substantifiques mélodies lunaires (les reprises Nine Million Rainy Days des premiers et Small Town Boys des seconds l'attestent).Tapi dans l'ombre, le visage faiblement balayé de lueurs astrales, on reste littéralement coi devant la beauté froide qu'insinue cette voix, transperçant, telle une émanation spectrale, d'infimes volutes de claviers (Dream For Your Bathwater, Box Office Boyfriend). On pense alors à un Glass Candy d'outre-tombe, où le glamour se conjugue au morbide d'un cimetière éventré. Pétrifié par son propre désir de renouer ce dialogue avec l'au-delà, le commun des mortels ne peut que recevoir Shadows in the Halls, sorti le 22 juin, telle une bienveillante malédiction. Le bruissement inaugural de Shadows in the Halls, mâtiné d'une rythmique fluette et presque enjouée, octroie au timbre si particulier de la nymphe Nikki un magnétisme étourdissant, surinant l'attention jusqu'aux quelques arabesques de synthétiseurs d'I Love No, dénotant d'une candeur crépusculaire que ne renierait en rien l'écurie . We Were Monsters creuse un sillon d'une toute autre nature, emprunt d'une profondeur à l'abysse sans fond, où l'on jure pénétrer les secrets d'alcôves d'un Mulholland lynchien, avant que Lament, ne conclue le 45 tours par une ode au parfum funéraire, où la voix de Nikki implore et où les nappes de claviers prononcent l'oraison. Le silence qui s'ensuit se fait létal et l'attente insurmontable : leur premier album, à paraître via Night People et Adagio 830, n'est prévu que pour la fin de l'été. D'ici là leur release party au Motel aura eu lieu. Dark pop tonight, revolution tomorrow.

Audio

Terror Bird - Shadows in the Halls

Vidéo

Tracklist

Terror Bird - Shadows in the Halls (2010)
Face A
1. Shadows in the Halls
2. I Love No

Face B
1. We Were Monsters
2. Lament - Twin Crystals Cover