On y était - Soirée Pan European à L’Autre Canal

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Koudlam, Judah Warsky, Flavien Berger, Buvette, L’Autre Canal, Nancy, le 14 mars 2015

Judah Warsky, Flavien Berger, Buvette et Koudlam : elle sentait bon, la grosse affiche du label Pan European accueillie par la SMAC nancéienne l’Autre Canal à l’initiative de l’association Monolithe, qui organise des concerts en Lorraine depuis 2006. C’était un plateau promo très cohérent, quatre apostolats pour propager les évangiles du label parisien distillés par une ambiance électro-pop aux approches plurielles. J’étais donc préparé à un mélange de douceur et d’effervescence sur fond d’empathie musicale, ce soir-là je voulais que le beat m’aime autant que Jésus et j’étais prêt à me plonger dans une ritournelle interminable et confortable de quatre heures de mélancolie suave et de bonbons sucrés, jusqu’à en perdre la notion du temps ou celle de l’équilibre. Ou les deux.

L’Autre Canal, c’est donc la SMAC du coin, un bloc de béton intérieur rouge planté entre les péniches du canal de la Meurthe et le nouveau secteur résidentiel dont la municipalité s’évertue à vouloir étendre les façades atones et uniformes jusqu’au stade Marcel-Picot. Le cadre manque d’un quelque chose de festif, ce qui contribue sans doute, et c’est tant mieux pour les voisins, à limiter l’agitation à l’intérieur du complexe qui n’attend que ça, quitte à nettoyer les reliquats alcoolisés des teenagers qui se sont collés une mine avant de passer la sécu sans se demander si 120 décibels et 40° de mirabelle ne font pas 160 tours minute dans la tirelire. Heureusement ce soir-là, le public est un beau panel de trentenaires, ou presque.

Le programmateur de la salle m’apprend que Buvette, Warsky et Berger se relaieront dans un seul et même enchaînement sans pause avant de céder la scène à Koudlam, et c’est Buvette qui entame le warm up. Cheveux longs, poncho ethnique, c’est le fils du soleil mais il peine à tiédir la salle. Ce n’est pas faute d’y mettre du zèle en s’approchant, micro en main et oscillant du bassin, pour chantonner gentiment vers une salle remplie au tiers seulement, à honorer plus que son contrat par une présence agréable et enthousiaste. Le type est vraiment sympa, le beat est bon, l’acoustique flotte un peu quelque part mais la voix claire de Cédric Streuli complète parfaitement les aigus mignons de ses intrus. Seulement voilà, Buvette, c’est la tiédeur incarnée. Ce ton monocorde, cette approche simpliste à quelques pas de l'easy listening mais dénuée de tout second degré m’empêchent de trouver une vraie crédibilité aux prod du Suisse, qui manquent d’affirmation, voire d’autorité. C’est de la poésie, mais de ce genre où la versification l’emporte sur la musicalité. Les toniques sont quasi absentes et le rythme manque d’une certaine richesse, et si sur quatre morceaux, dont The Sun Disappeared, la formule passe bien, cette licence poétique très personnelle finit par lasser. Je vais discrètement bailler dans ma bière à l’extérieur de la salle et prendre le frais et une clope pour me réveiller en attendant Flavien Berger.

Berger, c’est ce type qui il y a un peu plus d’un an se faisait connaître par un morceau kraut de vingt minutes tout en douceur et progression, sur fond d’expérience intérieure spatio-onirique. Taré, et tellement dans l’héritage de Klaus Schulze. Ses prod arythmiques sur la durée, mélanges sucrés de saveurs pop, kraut et classiques, son phrasé suave, ses lyrics Dada et son goût pour l’improvisation en live ont piqué ma curiosité. J’avais en outre été bien chauffé par les textos dithyrambiques de mon pote Gaspard qui s’était rendu la veille au Trianon. Sans rien me révéler, mon blind-test dummy avait excité mon système limbique. Normal qu’aux trois premières notes des Véliplanchistes, je me rue dans la salle pour trouver la place qui me fera apprécier au mieux le set, mais je ne la trouve pas. En fait, Berger est partout, derrière ses consoles, micro autour du cou, devant la scène, un peu sur le côté, à balancer sa tignasse mi-longue et chercher le contact avec le public du regard et de la voix, au point de venir chanter son amour martien dans la salle. C’est du clubbing planant, c’est brillant de contraste et de pertinence, et Flavien nous complète cet excellent départ par une exclu intitulée Inline Twist, au beat percutant dans une approche plus club que les autres morceaux, plus stridente et abrupte aussi. Il s’amuse, il « rajeunit » (sic) et nous aussi. Comme promis, il laisse une grosse place à l’impro, pas seulement sur les transitions mais dans les compos elles-mêmes, sur leur longueur, leur intensité, leurs variations. Au cinquième ou sixième morceau (ça reste dur à définir), Berger nous campe une sorte d’edit de Frànçois & The Atlas Moutains pour conclure par un soliloque musical interminable ponctué de vocalises, de bombes lâchées au moment opportun, de plages ultra planantes. Le mayonnaise a pris, personne ne veut rompre le lien, pas plus le public que Flavien, et la transition s’opère en douceur et discrétion avec Judah Warsky.

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Judah a beau chanter de plus en plus en français et réveiller mon snobisme primaire et complètement injustifié à l’égard des paroliers poursuivis par un héritage moliérien confinant à la névrose, je me sens une connexion avec ce type depuis Turzi, une connexion avec son univers sombre et introspectif. Et c’est comme ça qu’il débute son set, dans l’obscurité, campé entre deux pratos comme un écorché. L’ambiance est plus oppressante, la voix puissamment filtrée, le beat est pesant, lourd, il tape là où il faut. Le tout gagne en puissance dès le deuxième morceau, I Lost It, la prose de son texte se perd dans la texture chevrotante de sa voix inégale, les breaks sont parfaits, les silences émoustillent et laissent à peine le temps à l’oreille de se tendre pour guetter la suite du morceau que déjà le tympan se rétracte. Judah Warsky, c’est l’homme des influences, celles qu’il puise dans des répertoires composites pour ciseler un mélange confondant et poétique qui ne perd rien en live, au contraire. Bruxelles, premier titre de l’album éponyme, nous est imposé par une mesure somptueusement lourde et à grand renfort de réverb. Les lights nous pètent les yeux mais on est dans le noir avec lui, jusqu’à sa relecture de William Blake dans Painkillers & Alcohol, berceuse triste et sombre qui assoit une texture soyeuse pour mieux dissimuler les épingles cachées dans sa fibre. À l’invitation de Judah, une partie de la salle se met à danser un slow apathique et désenchanté, et les couples imbibés et enlacés sont rapidement rejoints par Warsky lui-même qui entre dans sa propre danse sans lâcher son micro. On est tous là pour nous amuser et même en l’absence de salle comble, l’artiste laisse sa décontraction et sa bonhomie gagner le public jusqu’au fondu au noir final. Pause.

Koudlam. J’avais préparé mes plus beaux godillots pour les secouer sur Negative Creep mais l’ambiance n’est pas celle attendue et c’est en vain que j’ai tenté de me laisser marcher sur les pieds par les quelques enthousiastes agités de soubresauts qui m’ont plus fait mal au cœur qu’aux orteils. Peut-être est-ce à mettre en rapport avec un dernier album, Benidorm Dream, qui avait levé chez moi quelques interrogations sur la progression stylistique de Koudlam, du moins qui m’avait laissé sceptique sur sa motivation à prolonger l’approche esthétique trompeusement simple et nonchalante qui m’avait tellement séduit dans Goodbye ou son EP Alcoholic’s Hymns. Ou peut-être est-ce à cause de l’attitude désabusée de Koudlam on stage, caché derrière des lunettes de soleil, un strobo agressif et sa guitare, qui finira par lui faire défaut et tourner le dos au public pendant dix bonnes minutes. Ou peut-être est-ce tout simplement parce qu’il s’est restreint à jouer les morceaux de son dernier album en omettant Negative Creep, jusqu’à ses premiers mots à l’adresse du public, “Bonne nuit Nancy”, lassante et énième relecture d’un rappel convenu invitant le public à se rendre digne des meilleurs morceaux, qu’il ne manquera évidemment pas de jouer. Negative Creep donc et enfin, See You AllSunny Day et Alcoholic’s Hymns, on est dans le répertoire qu’on connaît et qu’on a attendu qurante-cinq minutes. On a même droit à quelques esquisses d’une prestation scénique timide mais méritée. Gros capital sympathie tout d’un coup, c’est un beau rattrapage qui réconcilie Koudlam avec le public, et le type ne s’arrête plus, il se tape un bœuf tout seul, bière et clope à la main, après un second et bref rappel. Tirant parti du “meilleur pour la fin”, je décide de remballer mon tempérament atrabilaire pour rester sur une bonne impression finale qui, si elle ne me fera pas revenir trop tôt à un concert de Koudlam, m’évitera de rester sur un sentiment de déception.

Credits photos : Arnaud Vezain pour Monolithe


Koudlam - Benidorm Dream

On sait que Koudlam est un peu notre Icône Française. Inclassable à bien des titres, il peut a peu près tout se permettre. D'ailleurs, il se permet tout. On avait Jean-Michel Jarre, maintenant on a Koudlam. Bon, je vous laisse apprécier l'évolution. Le truc c'est que quand j'ai vu Koudlam pour la première fois sur scène en 2008, j'ai su qu'il se passait un truc tellement fort et incroyable qu'au bout de deux heures trente de live, où il a fini à genoux je me suis dit que si je devais devenir un jour fan d'un groupe en particulier, ce serait Koudlam. Depuis, on peut dire que Koudlam constitue une bonne partie de mes écoutes attentives et attendues.

Déjà il y avait eu Koudlam et Cyprien Gaillard, et maintenant il y a Benidorm Dream. C'est très simple : c'est un opéra rock romanesque en one man band. Je ne reviendrai pas sur la fiction de la chambre d'hôtel, prostré, les stores baissés. Ce type invente une fiction tellement pertinente qu'il faut sans doute la laisser de côté pour parler de cet album. Et puis on sait à quel point, parfois, Koudlam peut évoquer la figure de Don Quichotte, seul contre vents et marées, tantôt originaire d'Ethiopie, tantôt du Mexique...

Il y a donc eu Koudlam et Cyprien Gaillard, Nowhere, Art Basel, et les lives à Moscou, Goodbye et un EP. Maintenant il y a Benidorm Dream. Voilà donc Koudlam qui s'attaque à un opéra rock, les rumeurs les plus folles avaient circulé, des collaborations avec Christophe ou Jean-Michel Jarre (sic !), et voilà où on se retrouve… Un opéra rock, en tout cas une sorte d'opéra rock. Un tissu de morceaux cohérents qui racontent un truc assez peu identifiable. Les quatre titres de l'EP sorti à la rentrée sont présents sur l'album, et judicieusement montés dans l'ensemble.

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Dans Benidorm Dream, on entend des bruits d'ascenseur, des bruits de foules lointaines, du gabber balearic, des balades épiques, des folk songs US dignes des meilleurs routiers de la route 66, du r'n'b autotuné, du hip-hop acide house, des bruits de clavecins, d'aigles et de grillons, des guitares, des bruits de portes, de barillets et ce genre de choses. Bref, ça parle de randonnées dans le massif alpin, de la société, de sommeil inconscient. Ça parle aussi de dystopie, mais une dystopie très grise et presque joyeuse, seulement presque.

David Evrard, dans Spirit Of Ecstasy, parle de « psychédélisme gris » ; ça irait plutôt bien au fond comme commentaire à cet album. Koudlam sort un opéra rock, ode au psychédélisme gris. Benidorm Dream, c'est un opéra rock de quand la fête est finie. On se souvient fort, on a des souvenirs lointains et un peu sourds, mais on n'est qu'à moitié éveillé. C'est un album aux yeux mi-clos, dans la somnole. Les somnoles tristes d'un synthé qui déraille.On ne sait pas si on se souvient d'une fête triste, d'un spring break manqué, ou si on fantasme une fête future et angoissante.

Benidorm Dream, c'est aussi un voyage en train de nuit dans les villes-dortoirs les plus sordides où, de la fenêtre, quand le réveil s'entrechoque avec la voie ferrée, on voit au loin les lasers du Top Club. C'est profondément mélancolique, comme opéra. Ça raconte au fond les bruits sourds, ce qui est révolu mais qu'on entend au loin. Ou alors peut-être ce qu'on préfère contempler de loin, dont on se souvient et que dans le même temps on imagine. On fantasme à Benidorm Dream.

Mais c'est un bon dieu d'opéra rock comme personne n'en fait plus ou n'en a jamais fait, exception faite à l'album mystico-lumineux de William Sheller, Lux AeternaBenidorm Dream ressemble à une construction mentale du bruit sourd de dehors. Halluciné, triste et plein de lumières qui clignotent. Le tout finissant dans une fresque assez épique et nostalgique d'une bonne douzaine de minutes.

En fait, à l'écoute de Benidorm Dream, on a l'impression, peut-être, d'écouter un album assez littéraire, en tout cas très narratif. Mais c'est une narration aussi très incertaine : il y a les codes d'une musique de boîte de nuit sur certains morceaux, sur d'autres les codes de classiques de la pop, des sonorités aussi qui évoquent le gabber ou les musiques « acid ». Dessus, Koudlam insère des bruitages, du chant plus ou moins autotuné, plus ou moins désespéré. Il y a d'autres voix aussi en surimpression. C'est assez fascinant comme dans cet opus, il y a une construction particulière tout en évocation de telle ou telle symbolique auditive. Un opéra rock en tant que Benidorm Dream construit un véritable récit, manqué ou non, là au fond n'est pas la question. Ce qui est intéressant peut-être avec Koudlam, c'est qu'il ose tout, le pire potache comme l'arrangement précieux. Gabber balearic contre fresque épique.

Je vous laisse vous perdre entre Transperu et Tycoon Love, ou tout entier dans le Benidorm Dream. La pluie tape contre les vitres, et vous vous souvenez encore encore et encore qu'on vit dans un monde dégueulasse. Surtout la nuit. Mais c'est assez beau, même si c'est surtout très gris, malgré les lasers qui clignotent.

Aurèle NOURISSON

Audio

Tracklisting

Koudlam - Benidorm Dream (Pan European Recording, 13 octobre 2014)

01. Ouverture
02. Negative Creep
03. Benidorm Dream
04. Driving My Own Condor At Night Over The Whole Crap
05. Transperu
06. Tycoon of Love
07. The Landsc Apes
08. Stoned
09. The Chinese Gig
10. All for Nothing
11. The Magnificient Bukkake (1756-1785)
12. Garden
13. Nostalgia

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=58hA3X53UZM
http://www.youtube.com/watch?v=w-hoKImJe9Q


Koudlam - The Landsc Apes EP

2008, la bagarre. Une vidéo circule sur le net, rythmée par un titre furieusement désabusé, une ritournelle de la violence mettant en scène des affrontements de hooligans qui se mettent joyeusement sur la tronche, témoignage sociologique distancié des incongruités des comportements humains. Le buzz est fait, le talent perce, on connaît désormais les noms de Cyprien Gaillard, réalisateur, et de Koudlam, compositeur. Leur collaboration fait crier plus d’un au génie, l’opéra électronique Desniansky Raion et les 14 titres autoproduits en 2006 de Koudlam (Nowhere) se dispersent sur la toile. On en redemande.

Koudlam, c’est l’approche inclassable d’un esthète polyvalent né en Côte d’Ivoire et partagé entre la France et le Mexique, une espèce d’onde sonore anthropomorphique, un sociologue musical qui remplace le discours, qu’il exploite peu, par le témoignage sonore, sorte de mise in situ cathartique à l’approche blasée. En 2009, la collaboration avec Pan European Recording enfante un album au lyrisme sombre et structuré, Goodbye, à l’ambiance céleste et universelle, au futurisme métissé de sonorités désuètes, ethniques, intemporelles. Une scénographie de l’infini, et des shows fous orchestrés, là encore, par Cyprien Gaillard. Une nouvelle fois, génie. Surgit en 2011 Alcoholic Hymn, un EP à l’émulsion fantastique, brillamment mis en images par le found footage enthousiaste de Jamie Harley, une valse titubante et mélancolique, présage d’un album plus vibrant encore.

The Lansc Apes, EP préparatoire d’un nouvel album prévu pour octobre, a évidemment suscité des attentes, une certaine impatience, mais force est de constater que ce quatre-titres, sorti le 15 juillet, n’a pas le souffle esthétique et primal des précédentes releases. On semble ici spectateur d’une phase mystico-introspective qui empêche l’ensemble de prendre une ampleur cohérente. D’abord enthousiasmé par un Negative Creep redondant, acide, lourd et fou comme une danse de derviche, balançant une aura incantatoire de party gabber sous MD, une fois encore brillamment porté en vidéo par Jamie Harley, il faut pourtant concéder une certaine déception à l’écoute de l’EP.

On commence par un premier titre, The Landsc Apes, qui donne son nom à l’EP, poussif et long en comparaison des autres morceaux, qu’on collerait bien à une scène de teen movie rempli de vampires aux questions existentielles. Les nappes d’intro sont agréablement aguicheuses, mais quelques clappings maladroits plus tard, on se rend compte que la tentative de Koudlam d’insuffler une énergie rythmée fait échec, tant on a le sentiment que Klaus Schultze flirte avec un trap mollasson et déphasé. L’envolée est pourtant là, elle guette, on l’attend, et sans doute que les glatissements de rapace, non sans rappeler Eagles of Africa, auraient pu contribuer à un bel essor d’imagination si l’on n’en sortait avec le sentiment qu’ils sont artificiels. Loin de la métaphore sonore, on est dans le figuré, comme forcés de sentir la puissance de cette montée qui finalement ne vient pas. L’ivresse lente et sombre de Realize ne fait qu’alimenter une langueur légèrement soporifique et pas assez profonde pour en apprécier l’obscurité introspective et douloureuse qui perce pourtant dans le chant et le bégaiement frénétique, incontrôlable qui conclut le morceau. On a envie d’être empathique sans vraiment y parvenir. La suite prend un peu d’ampleur avec All For Nothing, le son le plus pop de l’EP, à la tranquillité suave, mélancolique, légèrement inégale, rythmée par des soubresauts qui nous arrachent temporairement à l’ambiance douce amère du morceau, dont l’onirisme déséquilibré perturbe notre lecture du scénario musical, et c’est bien. On n’est pas dans le meilleur de Koudlam, mais ce titre nous réconcilie avec nos attentes. L’EP conclut sa progression sur Negative Creep, exutoire dansant qui sent la sueur et les moulinets de bras, une intervention musclée, physique et mentale, sur laquelle on sent que l’artiste a voulu s’appuyer pour marquer une transition dans son style pourtant déjà polymorphe et déroutant.

L’album, prévu en octobre, suscite lui aussi d’ores et déjà des attentes, des questionnements, et une nouvelle fois le caractère inclassable des productions de Koudlam provoque les réactions. Pari tenu. En attendant de savoir ce que donnera ce nouvel LP, on peut encore user ses sandales et imbiber ses t-shirts sur Negative Creep, croiser les doigts pour la sortie d’un album moins inégal que l’EP et s’éviter de coller trop rapidement une étiquette sur la progression stylistique d’un artiste qui a toujours joué sur la surprise pour nous séduire. Wait & see.

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Audio

Tracklisting

Koudlam - The Landsc Apes (Pan European Recording, 2014)

1. The Landsc Apes
2. Realize
3. All For Nothing
4. Negative Creep


PAN EUROPEAN… Défricheur de talents

panEst-ce que la musique française survivra aux années 2000… Dur à dire, alors que l’hexagone s’enfonce dans le tout mercantile grâce au virage télé-réalité qui fait doucement mouiller les petites culottes des adolescentes pré-pubères et qui marque le retour des tubes en carton-pâte période Top 50. Même la pop s’enlise dans le préfabriqué et les idoles d’hier reviennent le temps d’un hit, histoire de s’assurer le plan retraite sur la Côte d’usure.
Lobotomisée par le tabassage médiatique et publicitaire, une jeune scène va s’extirper de la masse, saisissant rapidement que son désarroi vient de cet état de stagnation et de conditionnement, et va tenter de dynamiter les codes appliqués par les majors toutes puissantes qui alimentent l’auditeur lambda depuis des décennies de bouses infâmes, tout en se réclamant d’une loi inconstitutionnelle afin de lutter contre le téléchargement. Ainsi Tyler Durden l’avait prédit :

" On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies. "

Pourtant Pan European est de cette génération montante, de ces héros qui nous rendent fier de notre patrie, allant s’abreuver au sein de la sainte trinité du rock 70’s: Kraut, Psyché, Noise, et brandissant fièrement un étendard aux inscriptions D.I.Y depuis leur QG du Point Ephémère. Pan European c’est Arthur Peschaud et Romain Turzi, qui non contents de redéfinir les fondations même du rock avec leur groupe, sous le patronyme du très charismatique leader Versaillais, embarquent avec eux une ribambelle d’artistes enterrés dans les cartons de leur label Record Makers, et signent sous cette nouvelle structure la compilation Voyage: Facing The History of French Modern Psychedelic Music. L’impact est immédiat. Non seulement ce petit label déniche des zicos plus passionnants les uns que les autres, mais offre un défrichage musical qui fait table rase sur des années de piétinement et d’embourbement, se renouvelant à travers des influences parfois oubliées. A ce titre une rencontre s’imposait…

La rencontre

Il est 20 heures du mat’ et il fait un froid de gueux sur les bords du canal Saint-Martin. Je fume une dernière clope avant de rejoindre Arthur Peschaud avec qui j’ai rendez-vous pour une interview. Une fois passées les portes du Point Ephémère, je le repère au bar et salue l’artiste. Le contact est facile, on prend un verre, venu accompagné d’une amie qu’il connait parfaitement, ça déride forcement. Ambiance posée, on parle de tout et de rien, mais il va bien falloir commencer cette foutue interview. Ce n’est pas que je suis pressé, mais je suis curieux. A peine, le temps de chercher mon micro, qu’Arthur grimace et me fait comprendre gentiment que le jeu des questions-réponses, c’est plus le domaine de Romain (Turzi). Il s’excuse d’ailleurs pour son absence. Il n’y a vraiment pas de quoi. Dans tous les cas de figures, pas du genre à vouloir froisser, je m’adapte et remballe mon microphone.

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Arthur commence par me parler de Koudlam, en bonne étoile montante du label, mais pas que. On sent chez Arthur une vraie admiration autant pour l’homme que pour sa musique. Il nous annonce d’ailleurs qu’il le suivra très prochainement à Dakar en tournée, et semble tout excité à l’idée de faire ce voyage. J’en profite pour lui asséner une ou deux questions sur le dandy qui finalement reste un mystère pour le grand public et semble cultiver une certaine distance avec lui. Pourtant selon le demi-boss paneuropéen, y a pas plus cool que lui, mais il est d’accord que ma description Gainsbarre-Walker-Vega colle parfaitement à l’image scénique du perso. Mais franchement il ne faut pas se fier aux apparences. Ceux qui l’auront découvert lors de la présentation de B à l’Elysée Montmartre ou à l’happy birthday du Point FMR sont invités à revoir leur jugement et de s’entasser à la Flèche d’or le 16 Janvier prochain. Moi, j’avais trouvé sa prestation tragique et plutôt grandiose en fait.
On e72aqua-nebula-oscillator002nchaîne directement sur Aqua Nebula Oscillator, et je ne peux m’empêcher de demander à Arthur comment il conçoit ses journées avec des personnalités aussi affirmées que les membres d’ANO, ou Koudlam. A priori gêné au premier abord, ma question le fait sourire, et nécessite un petit voyage dans le temps. Il me parle de l’époque de Record Makers, lorsqu’il travaillait encore comme homme à tout faire et voyait ces démos dormir dans des cartons. Il me fait comprendre que peu importe l’individualité de la personne ou son délire, il faut parfois aller au-delà. Pan European ne fait pas dans mercantilisme inutile et ne se vendra jamais pour une pub ou autre chose, c’est avant tout un noyau d’artistes qui cherche à explorer d’autres univers et se réunit autour d’un amour commun. Un peu hippie P.E ? Fuck that !
Il est temps d’aller faire un tour dans le laboratoire à idée, je suis donc l’homme dernière la barre, qui nous conduit dans l’antre du Studio de Turzi. Tout semble plongé dans la culture allemande et légèrement dadaïste (drapeaux, ouvrages sur l’Outre-Rhin, vieux vinyles de Kraftwerk qui trainent dans un coin....). Arthur s’empresse de nous dégourdir les esgourdes, et nous blablatons sur les critiques majeures que reçoit Pan European. Un artiste ressort bien entendu, celui de Koudlam, et Arthur de s’amuser de nous raconter l’anecdote d’une interview de Jean-Michel Jarre parue dans Technick’art, pour ne pas les citer. Il s’affaire à nous passer Zoolook, dernière œuvre de ce génie de l’électronique qui (l’avouant de lui-même) sombra tout de suite après dans les méandres de l’europop et citant en long et large Koudlam comme héritier… Se verrait-il faire son come-back auprès de l’auteur de Goodbye ? Affaire à suivre… Mais plus pris par l’ambiance à la fois étouffante et planante du studio, une question me brûle les lèvres… Est-il encore possible de nos jours d’enregistrer des albums psyché comme The Pipe at Gates of Dawn de Pink Floyd ou Kraut comme Tago Mago de Can, avec autant de pureté ? De créer un bijou indémodable ? Pierre, qui avait mixé l’indétronable A de Turzi, et qui vient de nous rejoindre, ne peut s’empêcher de me répondre : « Et le public, serait-il prêt accepter une telle clarté, nos oreilles salies par toutes les "merdes" qui nous assaillent sauraient-elles reconnaitre la perfection et l’apprécier ». Touché. Arthur, de son côté, est plus optimiste et pense à une véritable redistribution des cartes. Les majors se cassent la gueule, les CD des émissions poubelles engrangent de moins en moins de profit… Aujourd’hui l’underground s’éveille, les vrais artistes sortent de leurs terriers, et ne se cantonnent pas à un style mais inventent de nombreux genres totalement nouveaux à la frontière d’influences anciennes. Il n’y a plus de Mainstream, mais plein. La musique se divise en artères, en veines, puis en minuscules vaisseaux sanguins afin d’alimenter un public qui enfin s’est réveillé.

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J’alimente ensuite en dérivant sur One Switch To Collision et Kill For Total Peace, dont le dernier bénéficie d’un buzz surnaturel. Il semble assez soulagé par mon engouement, et est totalement conquis par ma réaction. Il faut dire que Kill For c’est deux ans de travail acharné et ininterrompu depuis le lancement de la compilation Voyage… Si Kill For est le dernier album siglé Pan European à avoir atterri dans les bacs, il reste pourtant l’un des tout premiers projets d’Arthur et de Romain. Et malgré son amour pour le psyché, le producteur visionnaire me fait part de ses envies de changer de registre. Le premier pas se fera en signant Service, groupe obscur donnant dans le rock noise à consonance métalleuse. Un brin synthétique, mais avec la lourdeur du drone, ce quatuor risque fort de faire son petit effet. D’autre part, totalement influencé par la musique world, Arthur aimerait lancer une vague de compilations regroupant une pléthore d’artistes maghrébins autour d’un concept comme les désert sessions de Josh Homme. D’ailleurs il nous citera le dernier Omar Souleyman (au côté du dernier Rebotini) dans son top de l’année. Il se dit proche de labels comme Sublime Frequencies ou Honest Jon’s en terme d’influence. Et se propose d’ailleurs de nous en faire écouter quelques morceaux.
Alors qu’une petite troupe s’est ameutée par l’enivrante hystérie provoquée par les mélodies de Group Bombino qui jaillissent des enceintes, il est temps pour moi de m’éclipser. Je remercie chaleureusement Arthur, que je retrouverai bientôt cette fois-ci derrière sa basse au cours d’un live donné par Turzi au Showcase. Je retrouve donc le froid, et la neige. Exit l’ambiance chaleureuse du Point Ephémère, dur retour à la réalité. Et c’est en m’engouffrant dans le métro que survient le déclic, et que je me rappelle avoir oublié un truc essentiel. Merde, pourquoi un paon ? Au fait vous ai-je déjà dis que Phantom Of Paradise était l’un de mes films préférés.

Akitrash

Discographie

voyageVoyage - Facing The History of French Modern Psychedelic Music (PAN, 2008)

Ok, je sais que ça peut paraitre réducteur comme ça, mais tout est dans le titre. La première sortie du label Pan Européean est un balayage de tout le spectre de la musique post-moderne et psychédélique actuelle à travers une compilation regroupant des artistes si prometteurs qu’on se demande encore comment ils ont pu rester inconnus si longtemps. De la chevauchée sauvage (The Dog) de Service au millésime opiacé et parasité de Lisa Li-Lund, sans oublier l’aérien Mantra de Mogadishow ou la très jazzy improvisation de Rob, qui s’affaire plus aujourd’hui à réaliser des tubes electro-douteux chez Institubes ; rien n’est à jeter. Un voyage sans escales au cœur d’un rock 60’s qui n’avait jusqu’à présent fait qu’effleurer notre douce contrée et qui s’y plonge après quelques quatre décennies de retard dans un élan de folie pure qui vous donne le vertige. Voilà un disque qui aurait fait une très bonne BO pour un nouveau Jodorowsky.

Ecouter

Lisa Li Lund - Heavy Horse

Ulysse - The Countess's Smiles


ano-anoAqua Nebula Oscillator – Aqua Nebula Oscillator (PAN, 2008)

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ANO, c’est « La famille ». Pas le cocon, pas le nid douillet parental, mais la secte maudite dirigée par le criminel le plus redouté de tous les Etats-Unis : Charles Manson. Pourquoi ? Car Aqua Nebula ne joue pas, mais vit sa musique jusqu’à l’habiter quitte à être maudit. Alliage contre-nature entre rock post-hippie et gothisme caverneux, chacun des titres de cet album éponyme pue le LSD et autre psychotrope. David Spher’Os, Takumi Lida rejoints par l’inégalable Juan Trip entrainent leur auditoire à embarquer dans leur train fantôme direction les catacombes. Une bonne respiration d’éther est fortement conseillée. Des morceaux comme St Trip ou Pox on you vous laissent avec un sourire béat que seule peut provoquer la démence. Contrairement aux champis ce disque est à consommer sans modération mais peut malgré tout provoquer de risque fort cas d’accoutumance. 100% hallucinogène.

Ecouter

ANO - Pox On You

ANO - Take A Long Walk


koudlamKoudlam – Live at Teotihuacan (PAN, 2008)

Cri d’amour en l’honneur d’un peuple disparu (en voie de disparition ?) dont certains aimeraient enterrer jusqu’à l’existence sous une chape de béton, c’est ce que nous offre cet ex-écumeur de raves natif d’Abidjan sur ce magnifique EP dont le grandiose flirte avec le tragique. Ce crooner post-millénariste fait pleurer des larmes de sang sur la destruction des origines de notre civilisation (The Great Empire, Eagles of Africa) et dresse ce constat amer de sa voix rauque et plaintive : L’homme construit, l’homme détruit (See you all). Où comment faire passer un message à travers la musique et avec brio, qu’écrivains, documentalistes, et autres artistes tentent vainement d’exprimer depuis des décennies.

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Koudlam - Eagles Of Afrika

Koudlam - The New Order


one-switch-to-collision-korrectOne Switch To Collision – Korrect! (PAN, 2008)

Le premier groupe chorale de Pan European, puisqu’il regroupe à la fois des membres de Kill For Total Peace et Turzi, passe immédiatement du court au long. Jouant sur l’ambigüité territoriale, One Switch To Collision se positionne avant tout comme un groupe multicartes, passant du kraut au psyché sans que rien ni personne n’ait compris ce qui se passe, leur nom en portant d’ailleurs les stigmates. Si je ne devais garder qu’un album du label effervescent parisien, ce serait celui-ci. Véritable leçon de musicalité, aussi tonitruante que vaporeuse. La voix de D.Gage est à rapprocher de celle de Bobby Gillespie période post-Jesus & Mary Chain, à la fois soul et narcotique, se baladant sur des riffs de guitares tantôt affolants, parfois neuroleptiques, mais sonnants toujours juste. Ajoutez à cela un climat brumeux et enfumé, dans lequel résonne l’écho d’un orgue au son retro et une batterie qui enchaine les ruptures pour mieux déclencher l’embardée d’envolées lyriques puis embardées volcaniques et vous serez encore loin de deviner le potentiel auditif de One Switch To Collision. Que se soit sur Smokes, Bist Du Korrect ? ou le puissant Small Box of Wax, cette troupe de huit zicos réussit l’exploit impossible d’égaler le choucroute-rock planant de Can et Amon Düül ainsi que le british psyché d’Hawkind, voir de Pink Floyd. Mention spéciale au flamboyant Psychotic Sunday, soit seize minutes de corrosion mentale et de leçon d’hypnose. Surpuissant !

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OSC - K9 Itch

OSC - Bist Du Korrect


ano-under-the-moon-ofAqua Nebula Oscillator – Under The Moon Of… (PAN, 2008)

Autant être honnête dès le départ, j’ai eu un mal fou à rentrer dans ce nouvel opus de nos devil’s rejects. Refonte du line-up, changement brutal d’ambiance, un titre se rapprochant de celui de Twilight 2, une pochette faisant penser à un fly pour un concert de Punish Yourself… Et pourtant, après quelques écoutes je dois bien avouer m’être finalement pris au jeu de cette nouvelle mouture d’ANO qui tronque ses atmosphères de hululements pour fleurs fanées à la cithare contre un garage-rock que n’auraient pas dénigré les MC5 tout en conservant leur costume d’Halloween. Il faudra pourtant s’habituer au chant tranchant de la Cruella, Shazzula, qui partage le devant de la scène avec l’unique vétéran du groupe David Spher’Os. Under The Moon Of… est certes un album qui déconcertera les fans de la première heure du combo machiavélique et psycho-tropique. Mais qu’on se rassure le chaos ambiant n’empêchera pas les moments de bravoure que sont Lost in space ou Flying Mountain. Et la déjanterie reprend vite dessus alternant accélération et aquaplaning aérien menant l’assistance jusqu’à l’aliénation. LSD Therapy qu’ils appellent ça… Buvards non-fournis par contre. SIC !

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ANO - Flying Mountain

ANO - Silver Moon


koudlam-goodbyeKoudlam – Goodbye (PAN, 2009)

Intituler son second album Goodbye pourrait paraitre prétentieux ou malvenu de la part du jeune artiste ultra-buzzé, Koudlam. Pourtant, le message n’est pas à prendre au pied de la lettre, il ne s’agit d’un adieu du musicien à la scène, mais bien d’un constat de crise où finalement le monde s’écroule sous nos pieds et nous tire sa révérence. Cet au revoir, c’est nous tous qui le scandons, car seule échappatoire au final, la mort.
Voici un disque profondément perturbant tournoyant autour de la destruction, qui sur bien des points me rappelle le concept-album de Nine Inch Nails, The Downward Spiral. Ce thème de prédilection, l’artiste le partage notamment avec son illustrateur, ami et parfois mentor Cyprien Gaillard.
La voix écorchée de Koudlam déchire les aortes sur Love Song qui détourne le slogan Johnny Lyndon période P.I.L et se transforme complainte le temps de la petite mort que dure Goodbye. On retrouve forcement See you all, hymne devenu prophétique ainsi que le World-Cold-wave Eagles of Africa dans une version totalement identique à celle déjà présente sur Live at Teotihuacan.
L’homme au regard de dauphin déchaine sa rage sur Middle, morceau new-wave sur lequel le chanteur rentre en transe, fusionnant avec le beat à la fois inquisiteur et inquiétant et laissera finalement les éléments s’exprimer sur Waves of Mutilation. Le ciel devient sombre, et nous assistons impuissant à l’écroulement de toute la civilisation moderne dans un fracas frénétique en l’occurrence synthétique.
Le monde attendait un nouveau prophète, pas de doute le voici. Mais celui-ci ne sera pas religieux, et son message d’amour sera doux comme la lame d’un rasoir glissant sur artère.

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Koudlam - See you All

Koudlam - Wave Mutilation


kill-for-total-peace-kill-forKill For Total Peace – Kill For (PAN, 2009)

Voir D.Gage bouger son corps comme Shaun Ryder qui aurait mangé du « Bez », avec son look de Steve Rogers en chantant Captain America, fait toujours son petit effet. Si Kill For Total Peace ressemble à un slogan militaire pour agrandir les rangs des troufions qui partaient au Vietnam, l’esprit révolutionnaire lui se ressent réellement dans la musique du quintet à la fois foutraque et suintant le perfectionnisme. Psychédélique et schizophonique ! Bang ! Bang ! Une balle dans la tête et ascenseur pour l’Elevator Love. On gonfle rapidement les rangs des fanatiques du Total Fuzzzzzzz, on bugue, on accroit le buzz et on se drogue à l’adrénaline pure envoyée par décharges à travers nos oreilles. Fuck Dreams, is my reality comme je répondrais à cette connasse de Sophie Marceau, et lui sucrerait sa sur-boum pour lui asséner les sonic-booms d’un Sunshine, collage électrique d’influences multiples et éclectiques. Pulvérisant toutes les audaces, Kill For est un album qui prend résidance bien confortablement au centre même du cerveau, prenant le contrôle de vos synapses, faisant tomber les pions comme le jeu d’échecs. Tout le génie du groupe se trouve là, dans cette capacité à rendre leur musique si addictive qu’elle vous ferait passer 6 minutes 41 en 50 seconds. Que quelqu’un me vire ce putain de casque, je n’arrive plus à m’arrêter…

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Kill For Total Peace - 50 seconds

Kill For Total Peace - Residance