Yacht – See Mystery Lights (DFA)

yacht_coverPremière remarque : la pochette du cd de Yacht est vraiment horrible. Marrant qu'un groupe qui fait d'habitude dans la surenchère figurative et symbolique ait aussi peu d'imagination pour son artwork. Passons. L'image que j'ai de DFA est celle d'un label à singles : j'ai souvent eu du mal a m'enthousiasmer pour un cd longue durée de LCD Soundsystem, Black Dice ou The Rapture. Je serais tenté de dire que c'est encore une fois le cas ici. A vrai dire le dernier yacht s'inscrit dans la grande tradition des « cds-tiroirs », musicalement inqualifiable. Il me fait particulièrement penser au « Homies & Homos » du britannique Riton édité 5 ans plutôt. A savoir à partir d'une base électronique et synthétique l'ajout jusqu'à l'écœurement d'élèments pop, new-disco et bigbeat soft. Il en résulte des pistes incroyablement longues (jusqu'à 8'54''); sortes de kermesses sonores décalées visant à générer une complexité, au final, écrêtée. Cela dit il y a de vraies bonne(s?) chanson(s?) dans ce cd, je retiens particulièrement « summer song » pour le côté The Rapture 2.0 . Impressions mitigées donc; un petit conseil : regardez dans le rétroviseur en vous procurant le « live after breakfast » de Los Microwaves paru en 82, ça me semble légèrement plus décomplexé que Yacht.

Nicolas

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YACHT - Summer Song from Jona Bechtolt on Vimeo.

Tracklist

Yacht - See Mystery Lights (DFA, 2009)

1. Ring the Bell
2. The Afterlife
3. I'm in Love With a Ripper
4. It's Boring / You Can Live Anywhere You Want
5. Psychic City (Voodoo City)
6. Summer Song
7. We Have All We've Ever Wanted
8. Don't Fight the Darkness
9. I'm in Love With a Ripper (Party Mix)
10. Psychic City (Version)

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Prins Thomas – Live at Robert Johnson

prins_thomas-live_at_robert_johnson1L'exercice du cd mixé, trace d'une prestation live en club, est une tache ardue : sa conception équivaut à un travail d'alchimiste ayant pour but de résoudre la difficile équation efficacité dancefloor/ affirmation de choix personnels. A ce jeu beaucoup s'y perdent soit en faisant ce que chaque gugusse armé d'une connaissance pointue de la blogosphère peut faire (aligner des titres sans saveurs) soit en s'enfermant dans l'autisme musical au nom d'une érudition mal placée. En choisissant Prins Thomas pour sa deuxième livraison (la première ayant été confiée a la sensuelle chloé), le Robert Johnson insuffle une coloration post-disco à sa petite entreprise. Post-disco? Encore un terme pompeux... Pour faire simple, on pourrait ramener ça à une génération de trentenaire ayant pris (trop?) au sérieux la vague « cosmic-sound » 70's, mouvement musical au frontière d'une multitude de genres (electro, disco, funk, psyché, krautrock, jazz, expé) et à l'imagerie reconnaissable entre mille (invitation au voyage interstellaire et ce genre d'illuminations). Le résultat sonore est franchement impeccable. Ni trop nostalgique, ni trop visionnaire ce mix a pour grande qualité de tracer une ligne droite entre Massiera et Villalobos, James Yuill et Sebastien Tellier en laissant entrevoir une forme de « dépendance » sonore entre chaque piste (qualité première d'un mix me semble-t'il). 1 heure et 16 minutes de musique pour un rendu compacte aux dispersions multiples, c'est la tout le paradoxe.

Nicolas

Tracklist

PRINS THOMAS – Live at Robert Johnson (Robert Johnson Office, 2009)

01. A Very Small Intro
02. Arpadys - Funky Bass (Idjut Boys Version)
03. Cage & Aviary - Giorgio Carpenter
04. Capracara - King of Witches (Rub N Tug Remix)
05. Trans Am - First Words
06. Map of Africa - Wyatt Urp
07. Bjørn Torske - Kokt Kveite
08. Käre & The Cavemen - Gallery Oslo
09. Babytalk - Chance (Babytalk Remix)
10. Frankie Valentine - Zumbi (Isoul8 Remix)
11. Low Motion Disco - Love Love Love (Still Going Remix)
12. James Yuill - This Sweet Love (Prins Thomas Re-Edit)
13. Dogs Of War - Le Stress
14. Cos/Mes - Build The Band
15. Ricardo Villalobos - Waiworinao
16. Anarchic System - Generation (Long Version)
17. Argy & The Mole - Cantstandlovegetaway
18. Martin Circus - Disco Circus
19. Opolopo - I Do (Domu Discotech Mix Ð Intrumental)
20. Acid Test - Test 1
21. Mathew Jonson - Followed By Angels
22. Samos - Alpha Storm (Original)
23. Sébastien Tellier - Sexual Sportswear
24. Closer Musik - Maria
25. Lindstrøm - Contemporary Fix (Bjørn Torske Remix)
26. Steel an' Skin - Afro Punk Reggae (Dub)
27. A Very Small Outro


Snd - Activism (Raster- Noton)

snd1Une des pierres angulaires du mythique - et défunt - label Mille Plateaux, le duo anglais snd ne pouvait que se retrouver sur Raster-Noton pour la suite de ses aventures, neuf années (et oui, déjà!) après la sortie de son dernier opus sur la tant regrettée structure fondée par Achim Szepanski (exception faite du triple vinyl 4, 5, 6 de l'an dernier).

Les excellentes habitudes conservant leur très robotique - tiens, le terme rime avec extatique - vigueur en cette fin de première décennie du 21è siècle, Mat Steel et Mark Fell maintiennent plus que jamais leur place au sommet de la hiérarchie überminimaliste, aux côtés des - who else ? - alva noto et Pan Sonic. Comme toute démarche un tant soit peu recherchée, celle remarquable d'AtomTM par exemple, l'auditeur sera immanquablement sollicité à franchir le pas qui le sépare du Rubicon glacé aux multiples craquelures glitch que forme cet Atavism. Les premières épreuves franchies, le corps tout entier expurgé de ses restes de chaleur humaine, la satisfaction - masochiste en son commencement, expiatoire en son terminus - le rendra définitivement accro à une œuvre qu'on peut déjà classer parmi les meilleures de la maison menée de main de maîtres par Carsten Nicolai, Olaf Bender et Frank Bretschneider. Et en soi, c'est un énorme exploit qui, nous l'espérons ardemment, ne nous fera pas patienter neuf autres années.

Fabrice

Audio

SND - 14


Sharam Jey Feat. Princess Superstar - Monday Morning

Petite fête entre amis qui tourne au grand n'importe quoi. Le clip de Monday Morning, pépite electo trash et premier extrait du prochain album de Sharam Jey, invite Princess Superstar en fond sonore et quelques unes de ses copines allemandes à montrer leurs culotte à la petite camera indiscrète et maligne. Frustration de ne pas en avoir été  assurée.

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Interview - Sebastien Schuller (part3)

Le successeur de l’inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview qu’il a bien voulu nous accorder.

#3 LA SCENE : Sébastien Schuller nous parle de la tournée qu'il nous concocte pour le début de l'été.

La cigale, le festival de Montreux...


Interview - Sebastien Schuller (part2)

Le successeur de l'inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview qu'il a bien voulu nous accorder.

#2 Sebastien Schuller nous parle de ses principales influences musiacles

Animal Collective, Talk Talk et compagnie.


Interview - Sebastien Schuller (part1)

Le successeur de l'inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview que Monsieur Schuller a bien voulu nous accorder dans les locaux de son label Green United Music.

#1 Sebastien Schuller nous parle de la conception de son nouvel album Evenfall

Philadelphie et Paris, ce grand écart géographique.
Sa rencontre avec Bell Orchestre (side-project de Richard Parry et Sarah Neufeld du groupe Arcade Fire).
Ses envies organiques.


On y était - BATTANT

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Battant tabasse.

Samedi soir à la Maroquinerie, on trépignait tous d’impatience en attendant le magnétique trio anglais, Battant, qui sont précédé par une réputation de lives fiévreux, pratiqués intensément dans le East London ces deux dernières années. Autant dire que ça tapait du pied sévère en se cognant le slow show de Telepathe en première partie.

Est-ce qu’on espérait trop?

Battant et sa chanteuse androgyne Chloé Raunet fait son entrée sur trois titres planants et prometteurs d’une suite plus énervés (Mark Twain, The Butcher et Rerinse). Arrive le tubesque Radio Rod et c’est à ce moment précis que je me dis qu’il manque quelque chose, non seulement sur cette scène un peu vide, mais surtout dans le son sec envoyé par la boïte à rythme : une batterie! S’il est vrai que Battant mélange et emmêle à merveille leur rock d’une grave empreinte newwave/coldwave fonctionnant parfaitement sur leur album, le live se montre un peu chiche en matière de gros son que nos oreilles affamées réclame ce soir-là.

Cette impression de manque s’estompe une fois envoyé Socket, le titre le plus rock de leur premier album. A ce moment,  la salle (franchement empotée) se laisse gagner par le rythme frénétique et le chant fiévreux « Plug the TV into his mind » de Chloé. Un peu poseuse selon certains, elle se montre parfaitement maîtresse de ce live, oscillant entre séduction et fuckoff attitude, se balladant avec sa Kro entre ses deux acolytes Tim Fairplay et Joel Dever, l’un grattant frénétiquement sa guitare et l’autre plié en deux devant son clavier.

Final au top!

Heureusement pour nous, le meilleur arrive : le trio envoie la furie punk/horror du titre Human Rug, cascade de riffs et arabesques moyen-orientales dissonantes. Les « mini-battant » à la coupe garçonne clonée de Chloé secoue leur mèche de cheveux devant leurs yeux fermés, parties dans une transe aux accents vaudous.

Finalement, c’est aussi ce que le public demande ce soir : avec une signature sur le label de la night Kill the Dj , on a qu’une envie, c’est que Battant nous fasse danser ! Vœux exaucé à la fin du rappel avec le bonus track festif Jump’up, morceau volontairement absent de leur premier album, et qui, selon toute vraisemblance, aurait pu les propulser dans les charts, au même titre que les Ting Tings. Mais les trois Battant en aurait décidé autrement, désireux de tracer leur propre voie dans un genre défini par eux-mêmes.

Ce soir-là on a presque oublié tous les groupes à chanteuse charismatique (oubliée Karen O, oubliée VV!). Le live de ces londoniens pur jus nous a prouvé qu’on pouvait mélanger sans scrupules autant de genres, très noirs et très dansants, que d’émotions en 55 minutes.  Il est certain que l’on trépignera en attendant leur retour sur nos scènes.

Virginie Polanski!

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On y était - THE PIERCES

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" C’est bien ici le New York Club ? " A chaque arrivant cette même question. Il faut dire que rien ne distingue l’entrée de cette immeuble de la rue de rivoli. C’est pourtant bien là. Après La Flèche d’or l’année dernière, les filles des Pierces ont choisi ce nouveau lieu animé des nuits parisiennes pour mettre « thirteen tales of love and revenge », leur 3ème album, en scène. D’amour, il en est d’ailleurs beaucoup question pendant les 45mn de concert. A voir Allison et Catherine, on comprend mieux pourquoi les garçons jouent des coudes devant. Le casting familial est bien étudié. L’une est blonde, l’autre brune et l’harmonie vocale, aussi chaude que parfaite. Mais passons sur les charmes des demoiselles... pour un coup d’œil sur le CV. Et là une ligne rassure : the Pierces a fait la première partie des concerts d’Albert Hammond Jr, l’un des Strokes en solo alors en tournée européenne. Pas de suspense inutile, l’entraînement a visiblement payé. « Sexy, diabolique et drôle ». Voilà comment Allison définit leur musique produit par Roger Greenawalt, l’homme derrière Nils Lofgren et Ben Kweller. Sexy, diabolique et drôle donc. Elle est un peu plus que ça en fait. Leur mélange de folk, groove et touche d’électro, un peu fade sur l’album, se révèle bien plus intéressant sur scène. On passe d’une soirée cabaret à un dérapage ragga. D’une aspiration bavaroise (si,si !) à une ambiance de saloon. Et le violon sait donner des airs tsiganes aux arabesques des filles de Birmingham et de leurs 3 acolytes. C’est là tout le charme des Pierces. Souffler le chaud et le froid. Alterner balades mélancoliques et électro pop entraînante. Les sœurs Pierce ont probablement abusé des BO de Burton ou Tarantino mais le tout manque un peu de force pour une «  pop vicieuse » ( Catherine ) et le jeu de scène est parfois plan plan. Qu’importe, on se laisse volontiers entraîner dans cette boîte à musique hétéroclite dans la lignée des cocoon, the Do et consorts. Minuit. The Pierces termine sur la balade « Go to Heaven ». J’en vois certains qui y sont depuis près d’une heure…

F.Clooney

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THE PIERCES - SECRET