On y était - BATTANT

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Battant tabasse.

Samedi soir à la Maroquinerie, on trépignait tous d’impatience en attendant le magnétique trio anglais, Battant, qui sont précédé par une réputation de lives fiévreux, pratiqués intensément dans le East London ces deux dernières années. Autant dire que ça tapait du pied sévère en se cognant le slow show de Telepathe en première partie.

Est-ce qu’on espérait trop?

Battant et sa chanteuse androgyne Chloé Raunet fait son entrée sur trois titres planants et prometteurs d’une suite plus énervés (Mark Twain, The Butcher et Rerinse). Arrive le tubesque Radio Rod et c’est à ce moment précis que je me dis qu’il manque quelque chose, non seulement sur cette scène un peu vide, mais surtout dans le son sec envoyé par la boïte à rythme : une batterie! S’il est vrai que Battant mélange et emmêle à merveille leur rock d’une grave empreinte newwave/coldwave fonctionnant parfaitement sur leur album, le live se montre un peu chiche en matière de gros son que nos oreilles affamées réclame ce soir-là.

Cette impression de manque s’estompe une fois envoyé Socket, le titre le plus rock de leur premier album. A ce moment,  la salle (franchement empotée) se laisse gagner par le rythme frénétique et le chant fiévreux « Plug the TV into his mind » de Chloé. Un peu poseuse selon certains, elle se montre parfaitement maîtresse de ce live, oscillant entre séduction et fuckoff attitude, se balladant avec sa Kro entre ses deux acolytes Tim Fairplay et Joel Dever, l’un grattant frénétiquement sa guitare et l’autre plié en deux devant son clavier.

Final au top!

Heureusement pour nous, le meilleur arrive : le trio envoie la furie punk/horror du titre Human Rug, cascade de riffs et arabesques moyen-orientales dissonantes. Les « mini-battant » à la coupe garçonne clonée de Chloé secoue leur mèche de cheveux devant leurs yeux fermés, parties dans une transe aux accents vaudous.

Finalement, c’est aussi ce que le public demande ce soir : avec une signature sur le label de la night Kill the Dj , on a qu’une envie, c’est que Battant nous fasse danser ! Vœux exaucé à la fin du rappel avec le bonus track festif Jump’up, morceau volontairement absent de leur premier album, et qui, selon toute vraisemblance, aurait pu les propulser dans les charts, au même titre que les Ting Tings. Mais les trois Battant en aurait décidé autrement, désireux de tracer leur propre voie dans un genre défini par eux-mêmes.

Ce soir-là on a presque oublié tous les groupes à chanteuse charismatique (oubliée Karen O, oubliée VV!). Le live de ces londoniens pur jus nous a prouvé qu’on pouvait mélanger sans scrupules autant de genres, très noirs et très dansants, que d’émotions en 55 minutes.  Il est certain que l’on trépignera en attendant leur retour sur nos scènes.

Virginie Polanski!

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On y était - THE PIERCES

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" C’est bien ici le New York Club ? " A chaque arrivant cette même question. Il faut dire que rien ne distingue l’entrée de cette immeuble de la rue de rivoli. C’est pourtant bien là. Après La Flèche d’or l’année dernière, les filles des Pierces ont choisi ce nouveau lieu animé des nuits parisiennes pour mettre « thirteen tales of love and revenge », leur 3ème album, en scène. D’amour, il en est d’ailleurs beaucoup question pendant les 45mn de concert. A voir Allison et Catherine, on comprend mieux pourquoi les garçons jouent des coudes devant. Le casting familial est bien étudié. L’une est blonde, l’autre brune et l’harmonie vocale, aussi chaude que parfaite. Mais passons sur les charmes des demoiselles... pour un coup d’œil sur le CV. Et là une ligne rassure : the Pierces a fait la première partie des concerts d’Albert Hammond Jr, l’un des Strokes en solo alors en tournée européenne. Pas de suspense inutile, l’entraînement a visiblement payé. « Sexy, diabolique et drôle ». Voilà comment Allison définit leur musique produit par Roger Greenawalt, l’homme derrière Nils Lofgren et Ben Kweller. Sexy, diabolique et drôle donc. Elle est un peu plus que ça en fait. Leur mélange de folk, groove et touche d’électro, un peu fade sur l’album, se révèle bien plus intéressant sur scène. On passe d’une soirée cabaret à un dérapage ragga. D’une aspiration bavaroise (si,si !) à une ambiance de saloon. Et le violon sait donner des airs tsiganes aux arabesques des filles de Birmingham et de leurs 3 acolytes. C’est là tout le charme des Pierces. Souffler le chaud et le froid. Alterner balades mélancoliques et électro pop entraînante. Les sœurs Pierce ont probablement abusé des BO de Burton ou Tarantino mais le tout manque un peu de force pour une «  pop vicieuse » ( Catherine ) et le jeu de scène est parfois plan plan. Qu’importe, on se laisse volontiers entraîner dans cette boîte à musique hétéroclite dans la lignée des cocoon, the Do et consorts. Minuit. The Pierces termine sur la balade « Go to Heaven ». J’en vois certains qui y sont depuis près d’une heure…

F.Clooney

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THE PIERCES - SECRET