Appalache - End Of The Road (PREMIERE)

Bien entouré de ses proches - avec sa femme pour les chœurs, Romain Barbot, instigateur du label Blwbck et moitié de Saåad, pour l'artwork, Grégory Hoepffner d'Almeeva au mastering et The Ninous lorsqu'il s'agit de jouer sur scène - , le multi-instrumentiste Julien Magot remet en scelle son one-man-band Appalache avec un nouvel LP à paraître le 6 mai prochain, intitulé Tiny Love Billionaire, et ce, via Blèch Records - jeune label créé à cet effet. Après Sourire en 2012 co-réalisé par Bookmaker Records et BLWBCK (lire), puis Achievement March en 2013 sur le seul BLWBCK (lire), le Parisien revient en solitaire aux affaires, lui qui préside à la batterie du désormais ensemble Henryspenncer (lire), histoire d'assumer, avec une verve shinny pop aussi libérée que sa pilosité, un incontestable talent pour faire mûrir dans nos cerveaux harassés les germes des beaux jours et des voyages aux confins d'une Amérique fantasmée. Véritable ode rassérénée au bonheur de l'itinérance, Tiny Love Billionaire se dévoile par un premier extrait à découvrir ci-après, End Of The Road, gageure estivale au refrain entêtant et à la mélodie irradiée d'un soleil plus qu'accommodant. De quoi faire converger une sacré cohorte d'hédonistes à la release party de l'album prévue le 6 mai au Bus Palladium (Event FB).

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Appalache - Tiny Love Billionaire (Blèch Records, 6 mai 2016)

01. Be My Bed
02. Sail
03. Cairo
04. End Of The Road
05. Rich
06. No Way Out
07. Paul Hogan
08. Holly All Down
09. Swim In Clouds


Edito & Mixtape : Hexagonie - ANTI-frenchpop

antiDire qu'il se passe quelque chose à Paris et balancer à la figure de son interlocuteur la réouverture du Showcase, c'est un peu comme dire qu'en France une nouvelle scène n'en peut plus d'émerger, prête au raz-de-marée discographique, en citant pêle-mêle et sans les mentionner ici tous ces groupes sortis de l'ornière souterraine qu'à la force de maisons de disques sur les jantes et de producteurs d'événements avides de salles combles. Alors oui, il y a un regain de business dans la musique pop française, avec un nouveau modèle qui émerge : le repérage, la mise à l'épreuve, puis le coup de massue médiatique. Bon. Avec internet, une curiosité bien placée amène toujours au-delà de cette piètre mascarade et c'est donc presque naturellement que les magazines papiers sont encore les meilleurs soldats de ce regain de cocorico - comme si le made in France était musicalement et commercialement un avantage. Cela peut paraître con à dire, mais l'existence d'une scène dans une ville ou une région, ou d'un mouvement musical fait sur des accointances spontanées, n'a rien à voir avec les frontières et encore moins avec la langue. Des groupes français se retrouvent sur des labels américains, allemands, britanniques. L'inverse n'est pas moins vrai. L'émulation créative ne se regarde jamais a posteriori, sauf dans les musées. Alors quoi ? Il ne se passe rien ? Non, justement, mais faire des compilations bleu blanc rouge ne rime à rien s'il s'agit de plaquer un étendard préfabriqué à la face des auditeurs, imaginé par des quadra nostalgiques des années Daho et composé de gringalets pillant éhontément ce répertoire que leur jeunesse leur interdit de sanctuariser. Dans un mouvement inverse, l'idée de cette anti-compilation est née d'une demande faite à la rédaction par le site Goûte Mes Disques, sachant que ses germes étaient pré-existants. La trame : rassembler groupes hexagonaux et labels indépendants de par le globe, amis et profondément exigeants sans se confondre en babillages, sinon en remerciements pour leur spontanéité à répondre par l'affirmative à ce projet. Faire des choix fut presque aussi compliqué que de s'arrêter à vingt. Alors on en a mis vingt-et-un : sur Goûte Mes Disques dans un sens, ci-après dans l'autre, sur Goûte Mes Disques en téléchargement titre par titre, ci-après d'un seul tenant.

Tracklisting

01. La Secte du Futur - Fall Prism (XVIII Records)

Si la France - et l’axe Paris/Bordeaux en particulier - est un étonnant réservoir de formations garage entremêlant crânement stridences punk et sonorités synth, ce n’est pas peu dire qu’il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Et La Secte du Futur se pose là, forte d’un second album foutrement bon sorti le 24 janvier 2014 via Eigtheen Records et intitulé Greetings From Youth. Coalition de membres issus des Catholic Spray, de J.C. Satàn, de Black Bug ou encore Skategang, ledit album, mixé par Maxime Smadja et dressant un pont entre noise, punk et surf music, se dévoile à l'aune de Fall Prism, véritable claque pleine de cambouis.

02. Anna - Badman (Howlin Banana Records)

Side-project d'un membre de Volage, formation garage-noise de Tours, Anna est l'occasion pour ce dernier de dégoiser de très belles compositions psych-folk à l'évidence rare et gravées sur bandes magnétiques en février 2014 via le toujours très actif label parisien Howlin Banana Records.

03. Maria False - Death (Montebourg Burnt dub) (Le Turc Mécanique)

Encore un groupe Rennais, le quatuor Maria False donne à la fois dans le shoegaze et le psyché depuis 2012, avec notamment le Lp Artefact au compteur. Le remix de Death, morceau extrait du maxi Spots and Lines in a Frame sorti en juin 2013 via Le Turc Mécanique, est signé Montebourg - projet kraut sentant bon la désindustrialisation.

04. Saintes - Where Were the Boys? (Crash Symbols)

Il aura suffit d’un peu plus d’une année à Anne-Sophie Le Creurer pour maturer son projet Saintes et le transposer parallèlement de son imagination à la bande magnétique et de sa chambre d’étudiante à la scène. Savant fourre-tout DIY entremêlant guitares, samples et boîte à rythmes sur l’autel d’une pop lo-fi émotive et brinquebalante, Saintes – devenu trio avec l’addition de Floriane Kaeser au clavier et Charlie Xiorcal à la batterie –, a livré le 11 septembre 2013 son premier album Horizontal/Vertical via Crash Symbols, partiellement dévoilé à l’occasion d’une compilation du collectif Nøthing – nébuleuse dont fait partie le groupe en compagnie de Maria False, Venera 4, DEAD, Future, Dead Horse One et The Name of the Band. L’abrasive Where Were the Boys?, où la voix d’Anne-Sophie joue au chat et à la souris avec celle de Kim Gordon, dans une vidéo à découvrir ci-après.

05. Future - In Your Eyes (Anywave)

Quand on s'enquiert du passé, notamment dans un pays qui s'est violemment épris de Trisomie 21, Front 242 ou Kas Product, autant le faire avec doigté, le regard vers l'ailleurs, l'Angleterre et pourquoi pas le shoegaze. Et autant se baptiser Future. À la fois âcre et fascinante, mélange d'historicité et de prémonitions, la musique de ce duo rennais trouve avec l'EP Stay Behind sorti en avril 2014 sur Anywave - label du stakhanoviste Aurélien Delamour, instigateur d'Avgvst - le parfait écrin entre assertions gothiques, justesse mélodique et visée électronique - deux remix d'Harshlove et GS01-h Container étirant l'affaire.

06. Dead - Loser (KdB Records)

Les rennais de Dead ont bâti leur univers autour de boîtes à rythmes acides et dansantes, en plus d'une voix froide et distante. Associés à des guitares oscillant entre déluge de larsens et répétitions de riffs, Dead fait la jointure entre les textures de Jesus and Mary Chains et la puissance d'A Place To Bury Strangers. Leur EP Verses paru en avril dernier via KdB Records en vinyle confirme ce que l'on savait déjà, à savoir que l'on peut compter sur eux.

07. Israel Regardie - Holocaust

Pour dénommer un morceau Holocaust en jouant sous le patronyme d'Israel Regardie, il faut avoir soit de l'insouciance à revendre, soit un talent brut de décoffrage. Les Lyonnais, auteurs d'un EP autoproduit Tu n'es personne en septembre 2013, tracent une ligne médiane entre coldwave et shoegaze, forts de cet habile équilibre.

08. Le Réveil des Tropiques - Sigiriya (Music Fear Satan)

Loin d’incarner la musicalité bariolée que connote son blase, le Réveil des Tropiques s’avère être un sulfureux cocktail puisque des membres de Farewell Poetry, One Second Riot, Casse Gueule, Testa Rossa, Ulan Bator, Looking for John et Trésors le composent. Si le quintette parisien, auteur d’un double LP éponyme via Music Fear Satan en novembre 2012, s’attelle à un genre plus qu’éculé – et où finalement les quelques maîtres règnent en seigneur (cf le nom du label) – il n’y trouve pas moins sa place, distendant, de par ses horizons aux sinusoïdes infinies, une galaxie post-rock claquemurée. Un nouveau double LP vient de paraître en avril 2014, Hallucinations Scéniques, enregistré lors de son éprouvante tournée française.

09. Oiseaux Tempête - Nuage Noir (Sub Rosa)

Attention, génies. Si certains se paluchent encore à raison sur les astres du label canadien Constellation - quoi que dès fois l'on s'endort défroqué - l'hexagone compte parmi ses ouailles l'une des plus atmosphériques et poétiques saillies post-rock jamais entendues de ce côté-ci de l'Atlantique et de ce côté-là de la Manche. Oiseaux Tempête, formation emmenée par Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul - par ailleurs membres de FareWell Poetry et du Réveil des Tropiques - ouvre avec son album éponyme paru en novembre 2013 sur Sub Rosa une brèche béante dans le cloisonnement quotidien, laissant avec subtilité l'esprit s'évader loin des affres d'un monde qui se meurt : le vol mélancolique de l'aigle, repu de sa puissance d'antan. L'album de remixes, nommé Re-Works et sorti le 28 avril dernier via Sub Rosa et Balades Sonores, est un modèle du genre, étoilé de relectures de Saaad, Dag Rosenqvist (aka Jasper TX) ou encore de Justin Small, membre de... Do May Say Think.

10. Chicaloyoh - Turn Into Windy Sand (Shelter Press)

Alice Dourlen, aussi discrète que magnétique, possède un rare charisme scénique, les odes brumeuses et méandreuses de la Normande s’intimant jusqu’au plus profond de l’assistance, laissant chacun tituber d’un trop-plein d’émotions. En parfaite résonance, le LP Folie Sacrée – paru le 30 septembre 2013 sur l’inestimable maison d’édition bruxelloise Shelter Press – s’égraine tel un bréviaire imageant une nébuleuse balade emprunte de mysticisme, à mi-chemin entre les halos vaporeux de Grouper et l’obscurantisme acrimonieux de Chelsea Wolfe. On flotte benoîtement dans des paysages sonores nimbés de guitares et de claviers, merveilleusement hanté par le fantôme d’une Nico désincarnée.

11. Appalache - Acquire Peace (Blwbck)

Celui dont on avait observé les prémisses de la mue stylistique en 2012 avec son LP Sourire - co-réalisé par Bookmaker Records et Blwbck - a sorti le 28 novembre 2013 Achievement March, à la fois plus abouti et définitivement libéré du post-rock d’alors, aussi aride que cathartique. Julien Magot, sous le patronyme d’Appalache évoquant l’immensité étasunienne, se libère littéralement de toute contrainte afin d’apposer son chant sincère et pénétrant dans un entrelacs de guitares lo-fi, résonnant tel le double trituré d’une sensibilité poignante. Acquire Peace en révèle l'essence.

12. Johnny Hawaii - The Parrots Are Not What They Seem (They Are Just Pigeons On Acid) (Hands in the Dark, La Station Radar & Atelier Ciseaux)

Certains s’entichent d’un coquillage pour ouïr le lent ressac d’une mer rêvée, subodorée. D’autres, les yeux fermés, dérivent au rythme des odes scintillantes et flottantes du Marseillais Olivier Scalia, usant du patronyme de Johnny Hawaii pour embarquer qui le veut bien sur d’immenses plages sonores – où les embruns miment un psychédélisme ouaté et où la houle se fait guitare réverbérée. Après un étincelant split cassette en compagnie de Cough Cool sur les labels Hands in the Dark et La Station Radar, le dream expop surfer inocule avec son ultime Southern Lights, paru le 30 septembre 2013 sur les précités labels, une invitation à la contemplation nostalgique, le regard scrutant la langueur de sonorités s’immisçant à équidistance des Américains de Ducktails et Real Estate et des standards surf-pop chers aux Beach Boys. Mâtiné d’un humour certain se révélant à la lecture du tracklisting, Southern Lights distille un charme nonchalamment fécond.

13. Opale - Hold You Tight (Stelar Kinematics, Heia Sun)

Les labels Stellar Kinematics et Heia Sun ont co-édité en mai 2013 le premier LP d’Opale, L’Incandescent. Établi à Paris et formé de Rocío Ortiz et Sophia Hamadi – œuvrant préalablement au sein de Playground –, le duo féminin franco-espagnol sculpte par ses compositions un trouble halo mélodique, où se confondent lascivement brume ambiant et luminescence psyché, tapissant leurs pérégrinations lunaires d’un voile mélancolique que révèle progressivement Hold You Tigh extrait dudit LP à l'esthétique visuelle soignée. Un nouvel album est en préparation.

14. Micro Cheval - Space Shit (Svn Sns Records)

La Parisienne Laurène Exposito susurre d’étonnantes comptines synth-pop à l’oreille de son Micro Cheval. Étonnantes, parce qu’à la fois bancales et charnelles, fragiles et lumineuses, passéistes et futuristes. C’est d’ailleurs en ces termes - charriant la stabilité et la gravité - que la principale intéressée décrit son projet, citant parmi ses influences majeures Solid Space – duo anglais auteur en 1982 d’un unique et épuisé LP Space Museum. La gracile Space Shit, extrait d’un EP cassette paru sur le label francilien Svn Sns Records le 30 septembre 2013, figure à merveille cette emprise mélancolique des ondes rétro-stellaires par l’imagerie eigthies de la conquête spatiale.

15. Splash Wave - Spin Jammers (Beko Disques)

Si le milieu de la musique manque souvent d'humour, les histoires de branleurs magnifiques et érudits frappent toujours avec autant d'évidence. Meilleur duo geek depuis Wayne Campbell et Garth Algar, les rennais de Splash Wave éclaboussent de leur gouaille synth-pop vocodée quiconque encore convaincu que Parker Lewis ne perd jamais. Mais le vernis ne trompe personne, les slackers sont de gros bosseurs et leur EP Guilty of Being Rad paru en janvier 2014 sur Beko Disques - prolongement physique de l'aventure digitale et brestoise du même nom - est une claque longtemps désirée, assurément méritée. Hymne de leur set live, le morceau Spin Jammers est remarquablement autoproduit.

16. Night Riders - Sombre Danse (C'est ça)

Le quatuor Night Riders, orfèvre en sonorités pop analogiques, sortait en octobre 2013 via son propre label C’est ça l'EP Sombre Danse. Ceux qui, il n’y a pas si longtemps, chantaient en anglais et déclaraient nonchalamment être « une interprétation à la fois des esprits black et punk » sous l’emprise de pulsions éthyles de fin de soirées, s’émancipent d’une nébuleuse synthétique à forte consonance locale, par une musique à la fois plus sombre et concise, où rien ne dépasse et ne vient troubler l’ordonnancement de compositions imageant d’intimes combinaisons noctambules. Précisément la frontière délimitant le rêve du mystère. Tandis qu'un nouvel EP, L’Espace et le Temps, est d’ores et déjà annoncé pour le 22 mai prochain, un quatrième – Soleil Noir – est paru sur Svn Sns Records.

17. Saåad - New-Helicon (Hands in the Dark)

Après Orbs & Channels en 2013, le duo toulousain Saåad, composé de Romain Barbot et Greg Buffier, a remis une nouvelle fois le couvert sur la table déjà bien garnie du label Hands in the Dark avec un LP, Deep/Float, ayant vu le jour le 17 avril 2014. À la fois introspectives et puissamment lumineuses, les longues respirations instrumentales du duo – que l’on retrouve à l’instigation du label Blwbck – résonnent telles l’échoïsation chamanique d’une scène techno de plus en plus aspirée par le bruit. Ce n’est ainsi pas un hasard si Blwbck a co-réalisé en 2013 le split de Saåad et Insinden avec les Parisiens d’In Paradisum et si Greg Buffier participe à l’exécution scénique du nouvel album de Mondkopf, Hadès.

18. Kaumwald - Léthé (Opal Tapes)

Les Lyonnais Ernest Bergez et Clément Vercelletto forment Kaumwald, projet électronique et expérimental ayant eu le privilége de voir son premier EP, Hantasive, droppé en janvier dernier par la structure de Basic House, Opal Tapes. Oscillant entre drone invertébré et proto-techno sombre et bouillonnante, le duo ne laisse pas insensible tant les amateurs de stridences que de beats.

19. Leave Things - Atonement (Fin de Siècle)

La récidive a du bon. Du moins, c’est ce que l’on se dit spontanément à l’écoute de cette nouvelle livraison signée Tidiane Brusson agissant, du haut de son jeune âge, sous le patronyme de Leave Things. Après l’onirique diptyque Otherness/Unquiet révélé en juin dernier via l’exigeant label Fin de Siècle, le Parisien envoie joliment paître toutes les attentes à son égard à la lisière d’un décor surnaturel, dépassant à la vitesse grand V l’endroit même où l’on croyait le situer. Aperçu à quelques miles de The Field, le Suédois de Kompakt, le producteur à l’infamante précocité dégoise désormais avec le 7″ Atonement/Empfang paru le 1er avril digitalement, une techno sombre et raffinée, martiale et obnubilante, dont l’essence est à humer du côté des Anglais de Sandwell District. L’air du temps diront certains, mais avec un tel soin à peaufiner ses beats et ses textures, où l’effusion rythmique s’éprend de la pesanteur des émotions, difficile de ne pas y voir l’esquisse d’une grande œuvre, à la fois introspective et dansante, destinée à être gravée dans le sillon d’un long format attendu, toujours sur Fin de Siècle, en fin d’année.

20. Cotton Claw - Climax (Cascade records)

Oui, les faiseurs de beats ont encore de l'avenir. Lilea Narrative, Zo aka La Chauve-Souris, YoggyOne et Zerolex le prouvent, dépassant leur carrière respective avec Cotton Claw et distillant à huit mains un panachage de rythmiques et de synthétiseurs analogiques du plus bel effet. Avant tout destiné à rompre genoux et bassins en club, les odes électro hip-hop du quartet bisontin ont trouvé via Cascade Records et l'EP Dusted un accueil au-delà de toute espérance. C2C et Birdy Nam Nam pointent à Pôle Emploi, on ne va pas s'en plaindre.

21. High Wolf - 707 (Not Not Fun)

High Wolf, dont la psychédélie tribale, tropicale et acide s’entiche de beats, de nappes et de guitares obsédantes, hypnotise les oreilles tout autant que les rétines, doublant ses concerts d’une imparable dimension visuelle. Ode chamanique, 707 est extrait du sublime et onirique LP Kairos: Chronos paru l'année passée sur Not Not Fun.

Mixtape

01. High Wolf - 707 (Not Not Fun)
02. Cotton Claw - Climax (Cascade Records)
03. Leave Things - Atonement (Fin de Siècle)
04. Kaumwald - Lethe (Opal Tapes)
05. Saåad - New-Helicon (Hands in the Dark)
06. Night Riders - Sombre Danse (C'est ça)
07. Splash Wave - Spin Jammers (Beko Disques)
08. Micro Cheval - Space Shit (Svn Sns Records)
09. Opale - Hold You Tight (Stelar Kinematics, Heia Sun)
10. Johnny Hawaii - The Parrots Are Not What They Seems (They Are Just Pigeons On Acid) (Hands in the Dark, La Station Radar & Atelier Ciseaux)
11. Appalache - Acquire Peace (Blwbck)
12. Chicaloyoh - Turn Into Windy Sand (Shelter Press)
13. Oiseaux Tempête - Nuage Noir (Sub Rosa)
14. Le Réveil des Tropiques - Sigiriya (Music Fear Satan)
15. Israel Regardie - Holocaust
16. Dead - Loser (KdB Records)
17. Future - In Your Eyes (Anywave)
18. Saintes - Where Were the Boys? (Crash Symbols)
19. Maria False - Death (Montebourg Burnt dub) (Le Turc Mecanique)
20. Anna - Badman (Howlin Banana Records)
21. La Secte du Futur - Fall Prism (XVIII Records)


Who are you Bookmakers Records?

Plus d'un an que ça dure et toujours la même flemme éberluée : l'idée de dérusher l'interview faite des mecs de Bookmaker Records plongerait quiconque dans le désarroi le plus total à l'heure de chiader quelques lignes introductives. Tout a commencé par quelques disques achetés de mains à mains à la Mécanique Ondulatoire - dont Good Morning, Africa de Michael James Tapscott et Andrew Kenover - et quelques mois plus tard, me voilà dans un appartement du 11e, l'iPhone calé entre une bouteille de whisky et un pack de bières, le bout de papier avec mes questions raturées jonchant le sol, vite oublié. Trois heures trente digressives. Dur, trop dur. La sortie le 2 juin prochain de l'album d'Odawas, Reflections of a Pink Laser, constitue l'occasion idoine de rattraper la chose et d'enfin mettre en lumière cette micro-structure parisienne, bricolant à six mains d'indélébiles missives postées de l'espace, entre futur insondable et passé mystérieux, de Mars ou Saturne. Saturn justement, dernier disque d’Henryspenncer (lire), projet solitaire de Valentin Féron, instigateur du triumvirat Bookmaker, embarquant ses deux meilleurs acolytes, Thomas James et Clément Kir, sur les rives de musiques à la fois introspectives et atmosphériques, s'écoulant paisiblement dans les méandres drone, ambiant ou psychédéliques. À rebours de l'agitation discographique qu'impulse la webculture épileptique, Bookmaker se concentre sur des fragments d'éternité, à la fois modestement humains et indubitablement sacrés, étoilant de ses huit sorties depuis 2011 le ciel d'intimes méditations et respirations cosmiques - avec ce soin pour une iconographie géométrique plus que suggestive. Présents le 7 juin prochain au Village Label de la Villette Sonique (Event FB), le trio, trop heureux de faire coïncider la chose avec le nouveau LP d'Odawas (lire) en a profité pour confectionner une mixtape à son image, à écouter et télécharger ci-après.

Vidéo (PREMIERE)

https://www.youtube.com/watch?v=Ka3QENhhufw&feature=youtu.be

Interview

BANDE FLOUThomas, Clément et Valentin, on a déjà évoqué ensemble votre label, mais au final dérusher une telle interview demande un siècle et une bonne dose de patience compte-tenu des digressions que l'alcool induit. Mais reprenons le fil : d'où est née l'idée de Bookmakers Records, quelle en a été la trame et pourquoi s'enticher de musiques psychédéliques, folk et ambient quand on est à blinde de métal ?

Thomas : Valentin a eu l'idée de créer le label alors que j'étais persuadé qu'il voulait qu'on transforme son projet solitaire Henryspenncer en un groupe. J'ai dit oui tout de suite car c'était au départ pour soutenir sa musique et très vite nous avons souhaité contacter nos amis musiciens de MySpace pour leur proposer de nous envoyer leurs projets. Je me souviens que pour Among The Bones ou Seabuckthorn, c'est aussi Valentin qui les avait découverts. C'est pour toutes ces raisons qu'on a décidé de l'ériger en chef. Ce qu'il faut dire tout de même, c'est que depuis ce temps, nous avons parfaitement su créer une entité cohérente, on se connaît très bien et ce qui fait qu'on aime ce label c'est justement parce qu'aucun de nous ne prends l'ascendant. Ainsi, nous sommes tout les trois une quatrième personne. Je suis au fond de moi comme tu le dis si bien, à blinde de métal, mais ce n'est pas le cap de Bookmaker. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne changera pas de cap un jour.

Valentin : L'énergie originelle du label, c'est aussi un gros "et pourquoi pas nous ?". Créer un label était un peu un rêve pour chacun de nous, et de voir qu'on se mettait à acheter des skeuds édités à très faibles quantités, que des toutes petites structures du monde entier arrivaient à atteindre miraculeusement nos oreilles, nous a donné confiance. Pour ce qui est du style, on était à l'époque en pleine découverte de la vague néo-psyché américaine avec des groupes comme Titan, Grails, Comets On Fire ou Odawas, et on avait envie de défendre et de découvrir de jeunes artistes qui évoluent de près ou de loin dans cet univers.

Clément : J'ai subi une école de commerce pour être producteur de cinéma ou de musique. Mais j'ai pas réussi. Alors quand avec Valentin on a parlé de créer un label pour sortir son album, j'ai crié genre "youpi". Mais je ne suis pas du tout à blinde de métal. J'aime la musique qui véhicule des sentiments purs, alors dès que je peux la crier aux oreilles du monde, d'une manière ou d'une autre, je le fais.

Thomas: Clément, le métal véhicule des sentiments purs.

Clément : Bah, bien sûr Thomas.

Après un premier disque d'Henryspenncer, deux Anglais sont venus traîner leurs guêtres psych-folk dans votre jeune discographie, Among The Bones en split avec Henryspenncer et Seabuckthorn avec In Nightfall, aujourd'hui épuisés. Comment s'est faite la rencontre et en quoi cela a-t-il changé l'optique du label ?

Valentin : On avait découvert ces groupes en fouillant internet à coup de motivation et de pelles. On est tombé amoureux de leur musique. On les a contactés, ils ont dit oui. Depuis on est tous potes et fiers de les défendre.

Thomas : C'est très étrange, car toutes nos rencontres ont été mémorables, Andy (Seabuckthorn) et Misha (Among The Bones) sont plus que des potes, ce sont de vrais amis. Misha a enregistré l'album de Valentin, Julien (Appalache) s'est fiancé pendant la préparation de l'unique concert de Bookmaker et Andy réside désormais à Paris avec une amie à nous… Car nous sommes aussi une agence matrimoniale. Plus sérieusement, et nous le vérifions dans notre rapport avec les artistes, même dans nos relations virtuelles, il nous est très difficile de dialoguer et de collaborer avec quelqu'un qui ne serait ni curieux ni aimable.

Clément : J'aime beaucoup cette dialectique.

Premier LP de Bookmakers, Good Morning, Africa de Michael James Tapscott et Andrew Kenover est-il le moment cardinal, réellement fondateur du label ? D'abord pour le format, en vinyle. Ensuite pour le disque, un chef-d'oeuvre du genre.

Valentin : Avant de sortir cet album on s'était dit "contactons des GROS groupes, on s'en fout, proposons chacun des groupes et proposons-leur de sortir un live, un album de B-sides, un side-project, etc.". Au final, on a contacté des groupes comme Naam, Six Organs of Admittance, Grails, Zombi et… Odawas. Tapscott (le leader d'Odawas) est le seul à avoir répondu avec enthousiasme. Et nous en sommes heureux.

Thomas : Selon moi, ce n'est pas un moment cardinal. Ayant toujours défendu nos sorties avec le même enthousiasme, j'ai une profonde adoration pour chacun d'eux. Michael étant plus âgé, plus fou et plus loin que les autres, je dois avouer qu'il me paraît, tout comme le disque que nous nous apprêtons à sortir, un peu plus exotique.

Clément : Je suis d'accord avec Thomas. Tout de même, je dois préciser que si on avait un mécène ou un ticket gagnant on ne sortirait que des vinyles. Ça a été une sacrée belle fierté de sortir notre premier LP.

Pouvez-vous expliquer comment s'est faite la rencontre avec lui et en quoi cela vous enchante-t-il de travailler sur ses projets ? Avec ce disque, quelle est son emprise sur vous ?

Clément : Personne n'a d'emprise sur nous. Nous sommes très heureux de travailler avec lui parce que c'est un poète comme tous les artistes que nous produisons. C'est ce qui nous intéresse.

Thomas : Oui, et puis nous avons rencontré Michael à Paris l'année dernière. Depuis, j'ai la sensation que notre échange est plus naturel, nous avons compris que Michael était quelqu'un de spécial, qu'il vivait dans le cosmos en Californie quelque part entre la maison de Philip K. Dick et celle de Robbie Basho. À chaque fois que nous discutons avec lui, j'imagine le décor, la vie qu'il mène. Aussi, je le charie sur son caractère d'éternel taciturne et plus le temps passe, plus je comprends qui ils sont, lui et Isaac Edwards. C'est très étrange d'avoir ce type de relation avec des gens dont on ignore tout du quotidien. Nous nous faisons une idée simplement par leur musique et leurs mails. C'est une relation virtuelle de privilège, mais j'avoue que j'ai hâte de me rendre sur place et de l'observer dans la réalité à Oakland.

Valentin : Michael James Tapscott est fou. Il parle en rébus, marche de travers et dort à la verticale.

Good Morning, Africa

Vous avez co-édité ensuite le disque d'Appalache, Sourire, avec BLWBCK - finalement, le premier Parisien hors du label à s'immiscer dans l'aventure Bookmaker. Quelle est la portée de son disque selon vous ?

Thomas : La rencontre avec Appalache est hors du commun. Valentin était tombé sur une chronique russe de son album le comparant à un musicien parisien du nom d'Appalache. Lorsque nous sommes arrivés sur sa page internet inconnue, nous avons tout de suite connecté son univers au nôtre. Nous l'avons contacté, nous sommes tombés amoureux de lui et nous avons produit son disque Sourire. Julien évolue de jour en jour, c'est visible et frappant. Je suis persuadé qu'on ne pourra plus compter sans lui dans le futur.

Valentin : Et nous sommes tous les trois devenus témoins de son mariage. C'est beau la musique.

Clément : Moi je l'aime.

Question qui découle de la précédente : le dernier disque d'Henryspenncer, comme celui d'Appalache, est une co-production avec le label Trips und Träume. Les collaborations, c'est élégant mais cela sert à quoi : avoir plus d'impact, réduire les coûts, développer des synergies ?

Clément : Avoir plus d'impact, réduire les coûts, développer des synergies.

Thomas et Valentin : Rires.

Collaborer ok, mais collaborer avec qui ? Mis à part BLWBCK et Trips und Träume, quels sont vos amis, modèles, anti-modèles en termes de labels ?

Thomas : Bookmaker a débuté à peu près au même instant que Hands in The Dark, un label de grande qualité auquel on ne peut se comparer en termes de distribution et de rayonnement car nous sommes plus discrets à cause de nos occupations respectives. Nous avons souvent évoqué avec Morgan Cuinet l'idée de s'associer pour une sortie. De tout ce qu'ils ont pu soutenir, ce sont des artistes comme Sacred Harp, Stag Hare et Johnny Hawaii dont je me sens le plus proche. Aussi, j'ai longtemps vénéré Not Not Fun et Southern Lord. Aujourd'hui j'aime Music Fear Satan, son univers et ses choix sont très curieux, on dirait qu'il sait donner une idée précise de notre époque à travers ses choix. Jessica 93 ou Le Réveil des Tropiques en sont les preuves géniales. Bookmaker est beaucoup plus nostalgique, un peu en orbite dans une station spatiale avec des arbres dedans comme dans Silent Running. En fait Bookmaker Records c'est un peu à Bruce Dern dans ce film que ça ressemble : il est loin, seul et entouré de robots à diodes bizarres qui jouent aux cartes et d'un morceau de forêt en danger.

Revenons au Saturn d'Henryspenncer. En quoi est-ce un disque spécial pour le label... et pour l'artiste ?

Valentin : J’ai mis presque deux ans à concevoir cet album, j’y ai mis beaucoup d’énergie et d’amour. Et puis, soyons honnête, c’est un disque né d’une rupture qui m’a laissé sur le carreau, il y a du coup beaucoup d’émotions dedans. Et c’est aussi la première fois que je me suis retrouvé en studio (pendant deux semaines chez Misha d’Among The Bones à Londres) pour enregistrer, ça c’était vraiment une expérience incroyable…

Thomas : Saturn est un disque colossal qu'on a vu avec Clément arriver de très loin. Progressivement il se rapprochait et quand il a heurté la terre, tout était détruit en moins de deux.

Clément : Si j'avais été un bon musicien, j'aurais rêvé d'écrire cet album.

À la vue des pochettes de Good Morning, Africa et Saturn, on peut se demander comment vous concevez vos artworks. Sont-ils aussi importants que les disques ?

Clément : Les artworks sont quasiment tous réalisés par Thomas et Valentin, moi je donne mon avis et des idées mais c'est passionnant de les voir travailler.

Valentin : L’artwork d’un album est très important pour nous. C’est la matérialisation d’un paysage imaginaire, qui sert de contexte à l’histoire que raconte l’album.

Thomas : J'aime les objets et Valentin aime les disques, alors tous les deux on s'associe et ça dure des mois. Il nous faut beaucoup de patience et de tentatives. Comme Valentin le dit, c'est absolument indispensable de proposer un artwork qui soit cohérent avec les histoires que racontent l'album. Je travaille dans une entreprise culturelle où souvent et malheureusement on ne se soucie plus du contenu lorsqu'il s'agit de communiquer. C'est toujours pour attirer un large public que les affiches sont pensées et non pour donner une idée simple de ce qui va se passer. Alors par principe on tient vraiment à être sincères.

odawas last front

On en arrive au futur proche, qui brûle : l'abum d'Odawas, la formation de Michael James Tapscott avec Isaac Edwards, qui sortira en juin prochain. Dites-moi tout, sans langue de bois : que nous réserve le duo déjà auteur de deux disques sur Jagjaguwar entre 2007 et 2009 ?

Valentin : C’est un album inspiré par l’univers de Philip K. Dick, donc axé science-fiction et délire métaphysico-cosmique. C’est un peu la rencontre improbable entre Neil Young et Tangerine Dream et c’est aussi le premier disque d’Odawas en cinq ans. Le groupe avait arrêté d’exister et on n’a cessé de les pousser à se reformer, car il est évident que Tapscott et Edwards sont faits pour jouer ensemble. On est vraiment heureux que le groupe existe à nouveau, et fiers de sortir cet album comeback.

Quelles sont vos attentes à son encontre : une place au soleil ? 

Thomas : Une place dans une navette spatiale pour un voyage parrainé par la Nasa.

Clément : Comme pour toutes nos sortie,s nous souhaitons faire un peu plus connaître de la musique qui vient des tripes. Cet album nous fait vibrer tous les trois, c'est cette résonance que nous voulons propager à qui veut. Et si 250 types posent leur saphir sur ce vinyle avec hâte, et si 1000 types le rentrent dans leur bibliothèque mp3 pour pouvoir tomber dessus au hasard du random, et si 5 types l'écoutent en pleurant et 2 en dansant, alors ce sera une merveilleuse fierté.

Valentin : Odawas est un groupe bien trop méconnu vu sa qualité, sa longévité et son originalité. On espère pouvoir l’aider à atteindre les bonnes oreilles.

Et après ce LP, esquissez-vous la suite en termes de sorties ? Voire de concerts ?

Thomas : Il y aura un concert de Seabuckthorn au Showcase du Village Label de la Villette Sonique le 8 juin prochain. Il faut vraiment voir Andy en live, il a le cœur pur et joue avec une très grande élégance. Puis nous sortirons une cassette d'un américain mystique du nom de Sunfighter, qui était à l'origine une des toutes premières sorties prévues. Pour la suite on discute sérieusement de l'idée de sortir des disques fabriqués par des filles, des Américaines sensibles, solitaires et talentueuses. Il n'y a aucune raison que ce label soit exclusivement masculin. Sur la mixtape, on peut déjà entendre un titre de Tia Fletcher, une artiste fascinante qu'on va soutenir avec joie. Peut-être dans l'hiver, ce serait tout à fait indiqué.

Valentin : On aimerait organiser plus de concerts mais c’est un boulot à part entière, qui demande beaucoup de temps. En ce qui concerne Henryspenncer, ça fait longtemps que j’aimerais jouer en live mais ma musique ne marcherait pas en mode solo avec des loops, etc. J’ai besoin de monter un groupe pour jouer mes compos sur scènes, car elles sont souvent complexes et pleines de couches. Et un coup de fouet est venu accélérer ce processus… Un ami d’origine tunisienne m’a proposé de faire un concert en plein milieu du désert à une heure de Tunis, à côté d’un village berbère. Je ne pouvais pas refuser ça. Du coup je vais enfin me bouger le cul pour faire exister Henryspenncer en live. Le concert aura lieu en octobre, Seabuckthorn sera aussi de la partie, ainsi qu’un groupe de psyché tunisien. J’ai hâte.

Clément : Nous sommes chacun très pris par nos obligations professionnelles et personnelles ce qui fait que nous sommes parfois discrets. Mais nous préférons la qualité à la quantité et si nous sortons un album nous devons avoir l'énergie et le temps nécessaires pour le défendre. Par ailleurs, nous sommes ouverts aux mécènes et aux tickets gagnants !

Mixtape

01. ODAWAS - The Ice 0'00''
02. CHELSEA WOLFE - Feral Love 3"50"
03. GRAILS - Chariots 7'07''
04. STEVE MOORE - Worldbuilding 11'47''
05. ENSEMBLE PEARL - Painting on a Corpse 18'29''
06. SEAN LEON - Elephant Graveyard 25'18''
07. RIEN - Autobahn Love 31'05''
08. JAMES CALVIN WILSEY - Discos Nuevos 37'50''
09. SUN ARAW - Midnight Locker 42'02"
10. ROBBIE BASHO - Blue Crystal Fire 49'18''
11. BLACK TIA - Northern Star 54'04''
12. SWANS - Helpless Child 60'50''


Grégoire Orio et Julien Magot - Lapalissade

Capture d'e?cran 2014-03-10 01.05.05Lorsque Greg Orio - que l'on a découvert avec sa série de vidéos pour Saaad et le clip de Dawnshape - et Julien Magot d'Appalache (lire) se réunissent le temps d'un projet audiovisuel, c'est un petit chef-d'œuvre qu'ils façonnent à quatre mains. Ni un clip, ni un court métrage, Lapalissade est une œuvre expérimentale où les mots, les sons et les images s'entremêlent de façon à pénétrer les sens du spectateur pour une séance d'hypnose déstabilisante.

Lapalissade se divise en deux parties. Elle démarre doucement sur la voix de Greg, elle est la petite voix intérieure du personnage du film, un homme d'une cinquantaine d'années, le visage fermé, le regard noir éclairé par la flamme d'une bougie.

How can we stop time, how long will it take

Le long poème récité par Greg se déroule lentement jusqu'à la moitié du film. Une corde enflammée se balance sous nos yeux comme un pendule, le moment est venu de traverser le miroir... Là ou le temps semblait figé par le rythme des mots et la longueur des plans, le voici qui s'emballe et nous aspire dans une scène lynchienne visuellement assommante... La guitare ne sait plus pour qui elle joue, les chants christiques et les drones brouillent notre conscience. Avant de perdre connaissance, on se souviendra du sourire du personnage principal qui semble avoir rencontré le diable lors de sa transformation.

Vidéo

http://vimeo.com/86666842


Appalache - Achievement March (STREAMING PREMIERE)

Celui dont on avait observé les prémisses de la mue stylistique avec son LP Sourire - co-réalisé par Bookmaker Records et BLWBCK (lire) - revient avec un nouvel album dans l'escarcelle, à la fois plus abouti et définitivement libéré du post-rock d'alors, aussi aride que cathartique. Julien Magot, sous le patronyme d'Appalache évoquant l'immensité étasunienne, se libère littéralement de toute contrainte afin d’apposer son chant sincère et pénétrant dans un entrelacs de guitares lo-fi, résonnant tel le double trituré d'une sensibilité poignante. On ne sait d'ailleurs pas trop pourquoi, mais à l'écoute répétée de cette cassette à paraître le 28 novembre prochain sur le seul BLWBCK, on l'imagine telle une réplique charnelle au récent et instrumental Southern Lights de Johnny Hawaii sorti le 30 septembre dernier par Hands in the Dark (lire). Si ce dernier s'immisce à merveille lors de flâneries estivales et lascives, les jambes recouvertes de sable, Achievement March en constitue l'exact contrepoint, à la fois heurté et intime, cru et passionnel : la douce fumée fait place à l'alcool délétère, la paisible amitié cède le pas à la solitude contrite. À l'écoute d'Acquire Peace, véritable sommet inversé du disque, on ne peux qu'esquisser les traits d'une infinie mélancolie, où dans le dénuement le plus total - un bruissement de cordes - la voix du jeune Parisien déchire le silence et entraîne l'auditeur dans une confusion brutale et immersive. Le voyage, initié dès l'électrique et entêtante Escape Baby, se poursuit avec la rassérénée Victoire - dont les premières notes semblent étonnamment proches d'une intro de The XX - répondant à la très panoramique Assessment For Life. Double Up obscurcit à nouveau le ton, quand le diptyque conclusif associant Emptiness à Pays Double When You Are Free fait superbement écho à la précitée Acquire Peace, tirant sur une corde émotionnelle à tout moment prête à lâcher. Avec ou sans nous, Julien Magot ira loin.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

appalache-2013©gregory-hoepffner

Appalache - Achievement March (BLWBCK, 28 novembre 2013)

1. Escape Baby
2. Dignity
3. Orange Part I
4. Acquire Peace
5. Victoire
6. Bonjourno
7. Assessment For Life
8. Double-Up
9. Orange Part II
10. Emptiness
11. Pays Double When You Are Free


Appalache - Sourire (streaming premiere)

On a plaisir à voir nos labels amis se retrouver en dehors de nos colonnes. Ça donne un peu de sens à ce qu'on essaye de mettre en avant sur Hartzine. De par leur back catalogue (orienté musiques doomy désertiques et NWO drone), on se doutait que tôt ou tard, Bookmaker et Blw Bck seraient amenés à nous proposer des choses communes. C'est le cas avec cet album d'Appalache, intitulé Sourire. Les deux labels se partageront respectivement l'édition CD et K7 des 7 morceaux du Parisien. Cette collaboration pose les prémices d'une posture qu'on adopte rarement en France dans un cadre rock indé : la modestie et la retenue.

Cette fin d'année apporte son lot d'albums qu'on n'attendait pas/plus et qui se révèlent être déjà en haut de nos charts annuels. On peut glisser celui d'Appalache dans le lot. Plus tôt dans l'année, Fue, son précédent EP, nous avait permis de placer le projet de Julien Magot en haut de notre liste des trucs à voir live. Sourire confirme et, pour être honnête, s'éloigne de cette scène post-rock désertique saturée avec l'émergence de Barn Owl. Le chant fait son apparition et les compositions deviennent plus concises, sèches, et nous rappellent parfois les débuts de Crystal Stilts.

On est hyper enthousiaste et on vous donne à écouter en exclu les 7 titres de l'album. Checkez les sites des labels (Blw Bck, Bookmaker) et commandez les formats physiques.

Stream

Tracklist

Appalache - Sourire (BLWBCK, 2012)

01.Kiki (1:17)
02.Marie Meow (3:38)
03.Sleep Away (2:46)
04.Marble State Fair (5:44)
05.Toledo, Oh (6:46)
06.09.18.1989 (4:29)
07.Mentally Strong, Morally Week (25:33)