Lilly Wood And The Prick l'interview

lillywoodSouvenez-vous, c’était fin 2008, un duo parisien remixait L.E.S Artistes de Santigold. Cette reprise acoustique s’offrit un beau succès sur la Toile et annonçait déjà une belle suite.  Lilly Wood and The Prick ont depuis sorti un EP chez Cinq 7, nous promettent un album pour le printemps et enchaînent en attendant les concerts. Leur single Down The Drain fait le reste. Avant que tout ne soit plus jamais comme avant et que leur electro-folk jouissive ne fasse parler trop d'elle, nous avons rencontré Nili et Ben au Point Ephémère.

L'interview


Get Well Soon - Vexations

gwsEn commençant par le lyrique, somptueux et mélancolique Nausea, notre dandy blafard Konstantin Gropper l’affirme de but en blanc, les choses ne vont pas mieux pour le moment. Aurait-il pu en être autrement ? On voyait mal de toute façon Get Well Soon se transformer en Mika et le berlinois embrasser une carrière de pop-singer coloré. Et à nouveau Vexations porte les stigmates de son auteur. Un songwriting à fleur de peau, dont les mots glissent sur les lèvres jusqu’à en faire saigner. La musique de Get Well Soon porte en son sein la marque de fabrique d’une certaine tradition allemande, bien que délicatement optimiste et tournée vers de sentiments profonds, elle est également entouré d’un halo sombre et maladif. L’artiste semble chanter la joie avec toute la tristesse du monde (A Voice In The Louvre, We Are Free).
Résolument baroque, les mélodies de Konstantin Gropper, homme-orchestre et orchestral seul à bord du navire Get Well Soon, fait le grand écart entre musique classique et rock indépendant, et peint le spleen à l’aide d’une palette de couleurs délavées. On pense énormément à Piano Magic (5 Steps – 7 words), à Divine Comedy aussi (We Are Ghosts), frénésie de cabaret, dont les pathos ressurgissent de façon poétique. Vexations se dévore comme un roman qui nous serait chanté d’une voix suppliante, fabuleux cantiques enveloppées de leur mélopées enivrantes. Dépassant de loin la profondeur de Rest now, weary head ! You will get well soon, se second album à la fraîcheur et la gaîté d’une ballade nocturne dans la sylve des Carpates.

Akitrash

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Get Well Soon - We Are Free

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Tracklist

Get Well Soon - Vexations (City Slang, 2010)

1.Nausea
2.Seneca's Silence
3.We Are Free
4.Red Nose Day
5.5 Steps / 7 Swords
6.We Are Still
7.A Voice In The Louvre
8.Werner Herzog Gets Shot
9.That Love
10.Aureate!
11.We Are Ghosts
12.A Burial At Sea
13.Angry Young Man
14.We Are The Roman Empire


Delphic - Acolyte

acolyte_bigJ’aime pas les fêtes de fin d’année. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, ça me rend bougon un point c’est tout. S’habiller propre sur soi pour faire plaisir à la vieille Tatie Simone qui radote et pue le patchouli, s’obliger à paraître jovial en toutes circonstances alors qu’on à qu’une envie, foutre le feu au sapin… Alors se taper Delphic le soir de Noël, c’est l’étoile au sommet du conifère calciné.
Ce trio venu tout droit de Manchester s’est à priori trompé de décade, surfant sur une vague synthétique qui avait plutôt bien réussi à des artistes comme Fischerspooner ou Midnight Juggernauts, mais préfère jouer la carte du buzz comme La Roux. Mais les supercheries sont en général très vite démasquées, et le superbe clip de Doubt n’y pourra rien, y a pas grand-chose à garder dans cet Acolyte de pacotille. Voix naïves et mièvres mille fois entendues, mélodies distendues et saturées (Acolyte, Submission) volés à The Presets, merci pour eux. A côté, le dernier Infadels fait figure de chef d’œuvre, c’est pour dire.
Quand on sait que Delphic bénéficie d’échos les désignant comme le groupe phare qui va réveiller la new-wave en Grande-Bretagne, moi je préfère attendre le retour des Klaxons et jeter ce disque au feu pour éviter que les braises de mon sapin ne s’éteignent.

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Delphic - Counterpoint

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Tracklist

Delphic - Acolyte (Chimeric / Polydor, 2010)

01. Clarion Call
02. Doubt
03. This Momentary
04. Red Lights
05. Acolyte
06. Halcyon
07. Submission
08. Counterpoint
09. Ephemera
10. Remain


Oberhofer

oberhoferOn ne connaît rien du monsieur en photo ci-dessus mis à part qu'il se prénomme Brad, qu'il est jeune, américain et qu'il enregistre de la musique tout seul, avec son nom de famille Oberhofer comme nom de scène.  C'est le genre de rencontre improbable, faite un soir de pérégrination sonore à sauter d'ami en ami, sans fil d'Ariane, dans ce grand n'importe quoi de Myspace. C'est le genre de rencontre qui vous fait palpiter et coucher tard , qui vous rappelle que la musique est d'abord une question de surprise avant d'être objet d'analyse. Ses chansons, dans leur étrange et agréable cacophonie, me rappellent celles de BOAT, mais eux sont quinze pour les construire; aussi celles de The Dodos, mais ils sont trois pour les penser; chez Oberhofer, Brad, lui, est tout seul pour en assumer la beauté.

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Oberhofer - o000o000o

Oberhofer - Dead Girls Dance


Pantha du Prince – Black Noise

pantha_Pantha du Prince ou Comte de Lautréamont, car Black Noise dans sa course effrénée vers la lumière finit part plonger l’auditeur dans l’enfer cotonneux du coma blanc. Bien que pas encore délivré à une écoute grand publique,  certains aficionados de la musique minimaliste de Hendrik Weber lui auront tourné le dos en apprenant son passage de Dial à Rough Trade. Mais que ceux-ci se rassurent, il ne s’agit pas ici d’une tentative marketing bien placé de son auteur mais d’un essai un peu plus ouvert sur un ciel moins couvert et plus gracieux. Un peu plus shoegaze toutefois, le petit prince germanique n’en perd pas son sens du défrichage sonore et des mélopées aériennes mélancoliques. Quant au ralliement de guests de choix comme Noah Lennox (Panda Bear, Animal Collective), Tyler Pope (!!!) ou James Murphy (LCD Soundsystem), on ne pourra que s’en féliciter tant la démarche fait des étincelles que ce soit sur les morceaux  The Splendour ou Stick to my side, et apporte une brève éclaircie sur cet onyx que représente Black Noise. Un album qui se rapproche plus du minimalisme du dernier Nathan Fake et s’éloigne certes de ces précédents opus, ou de ceux de son compagnon de toujours Lawrence, mais au final tellement addictif.

Akitrash

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Pantha Du Prince – The Splendour

Tracklist

Pantha du Prince – Black Noise (Rough Trade, 2010)

1. Lay In A Shimmer
2. Abglanz
3. The Splendour
4. Stick To My Side
5. A Nomads Retreat
6. Satellite Sniper
7. Behind The Stars
8. Bohemian Forest
9. Welt Am Draht
10. Im Bann
11. Es Schneit