Bonobo – Black Sands

bonobo_black_sands_albumcover_kIl y a mille et une façons de découvrir un artiste. Évidemment, il y a cette source incommensurable qu’est le web, mais il y a aussi votre charmant disquaire ou vos amis… Pour ma part j’ai découvert Bonobo au cours d’une soirée de dérive télévisée, scotchée devant une de ces émissions hasardeuses du PAF, dont je tairai le nom, histoire de garder un minimum de crédibilité à vos yeux. Si pour vous Bonobo n’évoque rien d’autre qu’un petit chimpanzé, sachez que Simon Green est un musicien/producteur anglais signé sur le respectueux label Ninja Tunes qui est diffusé dans un nombre conséquent de publicités/séries/films. Et si vous tendez l’oreille aux morceaux Flutter ou encore Ketto issus respectivement de Dial M for Monkey (2003) et Days to Come (2006), un magnifique « MAIS OUIIII » sortira de votre bouche (promis). Comme une suite logique, Black Sands arrive et pour ceux qui hésiteraient encore à tendre l’oreille, suivez mon périple en terre conquise. Cet album, c’est avant tout une invitation au voyage, à la ville comme en rase campagne, en Asie, comme aux frontières de l’Amérique. Nous entamons donc ce court séjour, au milieu d’un temple asiatique avec un Prelude doux et harmonieux qui s’enchaîne religieusement bien avec Kiara, gagnant en rythme et en gimmick si chers à notre guide. Notre chemin se poursuit avec Kong, la grande ville, le mouvement, la foule, la vie. Toujours cet esprit électro jazz omniprésent et si parfaitement maîtrisé qui sait si bien nous charmer. La talentueuse Andreya Triana prend alors part à notre voyage, de sa voix suave et veloutée, elle donne tout un relief à cet album. C’est au tour de l’Espagne désormais en suivant El Toro qui sait se faire entendre en proposant un large choix de percussions, au milieu de saxophones et de violons, orchestrés de mains de maître. We Could Forever est sûrement l’un des titres qui marquera l’album. Cette sensation de liberté nous imprègne, et du bout des doigts nous caressons les oiseaux, nourris de cette magnifique envolée de flûte traversière qui nous maintient en équilibre. En 1009 nous retrouvons le côté électrique, électronique de la ville pour ensuite perdre pied dans un ascenseur émotionnel avec All In Forms entre joie et mélancolie. Dans une cave aux lumières tamisées, The Keeper et Stay The Same, marquent cet esprit jazzy, et comme un fondu entre deux scènes d’un film soviétique noir et blanc arrive Animals qui note la patte du label, titre qui aurait tout aussi bien pu se trouver sur la tracklist de Man With a Movie Camera des Cinematic Orchestra. C’est maintenant la fin du voyage, toujours difficile, ici marquée par Black Sands aux tons mélancoliques, qui nous fait doucement redescendre de notre nuage.

Audio

Bonobo – Eyesdown (feat. Andreya Triana)

Tracklist

Bonobo – Black Sands (Ninja Tune, 2010)

1. Prelude
2. Kiara
3. Kong
4. Eyesdown
5. El toro
6. We could forever
7. 1009
8. All in forms
9. The keeper
10. Stay the same
11. Animals
12. Black Sands