The Approaching Of The Disco Void. Cela cerne plutôt pas mal l’ambiance absolument cheloue que peut réfléchir Golden Oriole. Une espèce de funk étirée et concassée, étendue puis broyée, quelque chose d’à la fois parfaitement élastique et relâchée mais également contrit, puissamment tendu. Cette musique agit sur deux niveaux bien distincts : l’inoxydable mécanique appuyée par un batteur absolument fantastique, monstre métronomique et suprême imprimant une dynamique de fer et un groove de démon, tout en laissant soin au guitariste d’évider toute la substance d’une telle rythmique en injectant à la place ces riffs malléables, incertains, une blanche et froide ambiance. La musique de Golden Oriole agit comme un flash puissamment aveuglant, une source vive d’une lumière absorbant toute espèce de volonté, de pensée, de réflexion.

Les deux Norvégiens – et comme la plupart de leurs compatriotes œuvrant dans la même scène, comme Noxagt ou Ultralyd –  ont cette façon de construire leur musique sur une base extrêmement cérébrale avec le paradoxal effet d’amener ces tranches de son à quelque chose de pure, d’ultime, d’une totale simplicité où l’on se perd, où l’on s’échappe, où chaque seconde implique le rapprochement inévitable d’un ultime dénouement, quelque chose d’imparable, de magnifique, comme si l’esprit ne se détournait jamais d’un point, d’un objectif, d’un but. C’est particulièrement probant sur The Pyrite Wink, deuxième morceau mis à disposition par le groupe avant la sortie d’un album courant mars : le titre file droit, ne laisse jamais place au doute et accélère durement pour finir par s’empaler sur un final proprement hallucinant.

Golden Oriole est en fait une prolongation de Staer, moins le bassiste – on reste stylistiquement dans la même base de données, et même si Staer se faisait beaucoup plus métallique, violent et clinique, le duo reste toujours redoutable et impressionnant sur scène – et ils seront à l’affiche du festival Sonic Protest courant mars avec, encore plus que d’habitude, un line up galopant allègrement sur la monture du démentiel, jaugez plutôt : Nurse With Wound, This Is Not His Heat, Flying Luttenbachers, Wolf Eyes et beaucoup d’autres… et donc Golden Oriole, pour une superbe soirée le vendredi 24 mars à la Marbrerie avec les Suisses de La Tène et Orgue Agnès – soit la réunion d’El-g, Ernest Bergez de Sourdure et Clément Vercelletto, qui forme notamment Kaumwald avec Bergez.

Vous pouvez retrouver toutes les informations liées au festival sur leur site.