Pram est ce genre de groupe qui, à lui seul, est en mesure de représenter ce que le post-rock a montré de plus versatile en deux décennies. Avant d’évoluer définitivement début 2000 vers une indie pop malléable et psychédélique avec des titres comme l’interminable Narwhal, et après l’art rock de leur premier album Gash, le quintette de Birmingham a passé quelques années à repasser dans son style particulier les contours d’un jazz moderne qui, dans les années 90, ne survivait guère que dans l’acid jazz et le dégoulinant (et binaire) smooth jazz.

Cette inspiration très présente, évidente même sur des titres comme Blue, flirte dès 1993 et leur deuxième album avec un hard bop langoureux et avant-gardiste métissé de krautrock, appuyé par un thérémine et finement construit autour d’un thème musical que se rejettent les musiciens, guidés par la voix effacée et délicate de Rosie Cuckston. La bienheureuse réédition par Medical Records (lire notre entretien) — par ailleurs déjà à l’origine l’an passé d’une revisite de savantes productions de Zeus B. Held — est l’occasion de revenir sur deux orfèvreries sorties à l’époque sur Too Pure, entre autres label de Moonshake, Seefeel et Stereolab: The Stars Are So Big, The Earth Is So Small… Stay As You Are et Helium.

Audio

The Stars Are So Big, The Earth Is So Small… Stay As You Are 1993

 

 

Helium