Api Uiz – Olé (avant)

Dans le cadre du Sonic Protest – festival parisien de fabuleux défricheurs courant les deux premières semaines d’avril – Hartzine s’est porté volontaire pour anoblir une poignée de groupes du festival. Rien Virgule et Sourdure sont déjà passés au tamis, Api Uiz est à la suite.

Je me souviens. Je me souviens de la dernière fois que j’ai vu Api Uiz sur une scène. Je me souviens que c’était en Angleterre, à Londres, il y a un ou deux ans, que c’était au Victoria, à Hackney. Je me souviens que c’était un hiver fruste, sec et peu amène, propre à démotiver le plus rude volontaire. Je me souviens que les Bordelais jouaient la première partie d’un groupe anglais – Please – et que le scientifique Arnaud Rivière était de la partie.

Je me souviens qu’Api Uiz entamait la soirée à 19h30 et je me souviens surtout qu’on était à peu près quatre, dans la salle, à ce moment-là. Un mec qui visiblement s’était trompé de lieu, deux gars de la tête d’affiche du soir, et moi. Et puis le groupe. Ils ont joué la première note, partie de la première mesure, elle-même constitutive du premier morceau. A ce moment très précis, cet instant solennel de fusion, cet intense point d’accroche où tous les possibles s’ouvrent avec ampleur, les trois Bordelais sont passés d’un statut parfaitement statique à la plus entraînante débauche d’énergie que j’ai pu voir lors d’un concert.

C’est-à-dire qu’en soi, les trois de Bordeaux n’ont pas cette commune mesure de gesticuler comme des scélérats mais professent plutôt une espèce d’intensité électrique, de nervosité presque spasmodique, accomplissant une somme de gestes rapides et précis : de vifs coups de guitare, de brûlants roulements de toms, de solides raclements de basse. Api Uiz enchante donc avec conviction : on a réellement l’impression que le propos est d’accumuler toute la fougue disponible pour caractériser des morceaux aux allures carrément virevoltantes.

Difficile de trouver une vidéo live du groupe filmée à peu près correctement, mais en cherchant un peu, on tombe sur ce morceau, Olé (avant), issu de leur tout dernier album Cinq Cent Mille Euros à Mille Deux Cent Degrés, sorti en décembre 2013. Api Uiz n’a rien sorti depuis mais s’expose sporadiquement sur les routes de temps à autres, d’autant plus qu’ils sont récemment passés de trois à cinq membres. Samedi prochain, ils seront justement à la Parole Errante, à Montreuil, histoire d’ouvrir pour une paire de légendes : Konono 1er, Circle et Quintron & Miss Pussycat sont à l’affiche. L’affaire est évidemment de s’y rendre.

On fait d’ailleurs gagner quelques places pour les dates restantes du festival ici.

Vidéo

Audio

 

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