Who are you Positive Education?

Non, à Saint-Etienne il n'y a pas que la mine et le Chaudron. N'en déplaisent aux Gones. Il y aussi l'infatigable collectif Positive Education, dressant un pont entre post-punk et techno via des soirées au line-up recherché, et dont la première mouture de son festival ayant eu lieu du 7 au 10 octobre 2015 a été abordée en long, en large et en travers (lire). S'exportant aussi bien à Lyon, Paris et bientôt Rennes et fricotant avec des organisations toutes aussi excitantes que sont La Fête Triste ou Danse Noire d'Aïsha Devi, les énergisant Stéphanois fêtent depuis presque un mois maintenant leur quatrième anniversaire, ayant invité pour ce faire les mythiques Barcelonais d'Esplendor Geométrico et s'apprêtant à recevoir le 18 mars prochain à La Coop Samuel Kerridge et Beau Wanzer (Event FB) - soirée pour laquelle on vous fait gagner des places en fin d'article. L'occasion idoine de leur poser quelques questions en plus de leur soutirer un mix signé Antwn.

Positive Education l'interview

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Positive Education est né il y a quatre ans à Saint-Étienne. Pouvez vous me dire comment le collectif s'est formé et avec quel objectif ?

Au départ nous étions 2 puis, 6 puis, 40. Le collectif s’est formé au fil des rencontres, des liens de cœur et envies communes.

L’objectif était de faire vivre notre ville, notre patrimoine mais aussi d'éveiller, de développer des idées, créer des rencontres en organisant des soirées et des concerts avec les artistes que nous aimons.

Aujourd’hui, celui-ci évolue avec la concrétisation de notre festival dont nous avons lancé la pré-édition en octobre dernier et l’envie de monter un label commence à venir. On ressent désormais la nécessité d’une presse locale gratuite et d’une émission radio.

PE compte dans ses rangs une bonne poignée de DJ / producteurs. Pourquoi ne pas avoir monté sur cette base un label ?

Au moment ou nous avons lancé le projet Positive Education, notre ville n’avait aucune envie de recevoir notre esthétique. Nous y avons cru parce que Saint-Étienne ressemble à tout ce que nous aimons dans notre musique.

Il y a quatre ans, nous aurions monté un label inutile, on n'aurait rien apporté, nous n'étions pas prêts, nous n’avions pas la même oreille et c’est sans doute la première chose à retenir. Nous nous sommes toujours dit que, avant de monter le label à Saint-Étienne, nous devrions tous signer sur un label qu’on affectionne, et se laisser le temps de développer une touche singulière. Nous n'en sommes pas encore là, mais ça viendra avec encore un peu de travail.

Le fait de se démarquer et de se regrouper avec PE, est-ce une façon d’affirmer une conception différente de la musique électronique ? En quoi diffère le message, s'il y en a un, par rapport à d’autres entités ?

Nous ne sommes pas certains de cette question, si elle entend les bénévoles ou les artistes.

Dans les deux cas, c’est que du feeling. Nous avons notre conception, nos goûts, nos envies et avant tout nous sommes potes ou amis.

Nous ne jouons pas tous et pas toujours sous PE DJ’s, nous avons également des envies de carrières indépendantes, nous sommes nombreux à avoir des productions de coté avec de nouveaux projets en cours. Parfois nous jouons à deux, parfois à trois, parfois à dix juste par plaisir.

Se démarquer à travers un groupe n’a jamais été un sujet de préoccupation. Pour ce même plaisir, il nous arrive de jouer gratuitement lorsque les déplacements ont pris tout le budget mais c’est pas un problème, c’est un choix. Chacun fait les choses comme il l'entend.

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On l'a bien vu à l'occasion de votre premier festival l'année dernière : vous faites ostensiblement un pont entre précurseurs et musiques électroniques actuelles ? L'un ne va pas sans l'autre ?

Il est un peu dur de situer Ron Morelli avec LIES records ou encore Container, comme précurseurs à travers cette question. Pourtant ils le sont. Ce qui nous intéresse avant tout c’est le cœur et l’originalité.

Nous avons eu Das Ding et Esplendor Geométrico en concert, Jeff Mills en soirée. Nous pensons aussi que Aïsha Devi, Powell, Traxx, et nombre d'artistes que nous invitons ont quelque chose de puissant en eux. Le format première partie perchée, suivie d'un concert légendaire du genre The The ou Severed Heads, poursuivant sur une soirée avec des DJ ou lives, nous paraitrait le meilleur déroulement émotionnel d'une soirée extraordinaire, donc pas toutes les semaines.

Nous écoutons beaucoup de choses, et c’est toujours très plaisant d’inviter un artiste qu’on affectionne depuis très longtemps, mais c’est pas le plus important.

Quelles sont les figures tutélaires de PE ou si tu préfères, les références les plus partagées au sein du collectif ?

Bourbonese Qualk, IXTAB, CP/BW, Charles Manier, Pan Sonic, Blush Response, Rich Oddie, In The Mouth of the Wolf, SΛRIN, Bruta Non Calculant, Taciturne, QUAL, Noumeno…

Lyon a les Nuits Sonores, Saint-Étienne, Positive Education. "Sainté" a-t-elle une influence sur votre manière de concevoir vos soirées ?

Évidemment, notre ville transpire la musique électronique et le rock’n’roll. Nous avons pour souvenir de voir une salle vide devant Agoria et de voir peu de temps après 10 fois plus de monde devant Willie Burns. Très marrant et intemporel.

Il y a de plus en plus d’artistes qui viennent vivre ici pour les bas prix et travailler leurs projets artistiques avec moins de pression financière. C’est peut être ça l’avenir de notre ville. Un laboratoire créatif. La taille idéale pour réinventer le monde.

Vous avez de visibles affinités avec La Fête Triste et Danse Noire. Qu'est-ce qui vous attire dans ces collectifs ? Quels sont vos autres amis ?

La Fête Triste et Danse Noire sont des amis proches, nous avons un immense respect pour eux, leurs choix, leur lecture, leur radicalité, leur beauté.

Danse Noire c’est différent, deux de nos fondateurs ont participé à la naissance de ce merveilleux projet, c’est une famille encore aujourd’hui. Danse Noire pour nous, c’est un grimoire, un livre sacré de la musique, ils connaissent énormément de choses dans de nombreux genres, ils nous fascinent.

Nous avons beaucoup de respect pour les labels et collectifs qui portent de belle identité, des sentiments sincères. Nous sommes fan et ami avec Antinote, BFDM, CLFT, LIES, Gravats.

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Vous fêtez dès vendredi vos quatre ans avec la réception d'Esplendor Geométrico. Peux-tu nous détailler à ta manière le programme d'anniversaire mettant par ailleurs en orbite Samuel Kerridge et Beau Wanzer ?

Saint-Étienne est une ville marquée par le rock, le punk, nous invitons Esplendor Geométrico et Beau Wanzer pour le plaisir des plus radicaux, des plus curieux en mode concert de début de soirée. Finir avec Samuel Kerridge en DJ set, c’est retraverser l'univers musical de l'association et du mois anniversaire. Il y aura du drone, des semblants de post-punk, de l'électro et de la techno.

L’étape au planétarium pour le live de Eomac est une collaboration pour le petit festival du grand espace. C’est un concept que nous allons développer.

On n'aime pas les soirées plates ou totalement décousues. On recherche à travers les racines un line up progressif où on commence tranquillement pour finir fort. Le dernier quart d’heure se passe en fonction du guest le plus important de la soirée généralement, mais pas toujours.

Pour la suite, vous avez quoi au programme ? Une seconde édition de votre festival ?

Une première soirée à Rennes (invités par Leonard Wanderlust) le 1 avril avec Svengalisghost. Le 29 Avril au Fil à Saint-Étienne avec Ontal, Umwelt, Kemaa, PEEV, S.Y.R.O.B. et des locaux de 22h à 5h.

Il serait difficile de ne pas voir naître comme il se doit, ce projet de festival. Nous y travaillons sans relâche. Nous espérons que celui-ci sera le plus intéressant possible, de par sa programmation et les étapes qui seront proposées.

Peux-tu présenter ta mixtape ?

On a dû se partager les podcasts, celui-ci est fait par Antwn (Positive Education - Rennes / Sainté).

Une mix très sombre, pas vraiment facile d'accès je pense mais qui reflète bien ce que j'écoute en ce moment. La technique n'est pas parfaite, mais l’ambiance globale du mix est là !

Mixtape

01. M//R - No Tag No Food
02. Tolouse Low Trax - Rushing Into Water
03. SØS Gunver Ryberg - Skolezit
04. Ron Morelli - In Secret
05. Samuel Kerridge - FLA-4
06. Samuel Kerridge - FLA-6
07. Savage Grounds - Motoric
08. Marie Davidson - The Voyage Out
09. Shapednoise - Until Human Voices Wake Us
10. Pan Daijing - OVERDOSE 猝
11. Noumeno - Phantom! (WSR Re-cycle)
12. ADMX-71 - My Theme Song
13. Not Waving - They Cannot Be Replaced
14. Antigone & Francois X - Pagan Woman

Concours

On fait gagner deux places pour la soirée du 18 mars à La Coop de Saint-Étienne avec Samuel Kerridge, Beau Wanzer et The Pilotwings (Event FB). Pour tenter votre chance, rien de plus simple : envoyez vos nom, prénom et un mot d'amour à l'adresse hartzine.concours@gmail.com ou remplissez le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront prévenus la veille de la soirée.

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Bruta Non Calculant l'interview

alaxis-andreas-gAlaxis Andreas G. est le genre de musicien à la personnalité bien trempée et à l'aura charismatique qui fait indéniablement défaut dans les limbes d'une musique électronique contemporaine qu'un mouvement circulaire de plus en plus rapide ne cesse d'élancer à sa propre redite - l'homme derrière les machines n'étant plus réduit qu'à l'unique statut de producteur. Précurseur parmi les précurseurs en France depuis 1996 avec Le Syndicat Electronique d'une musique ultra-minimale et industrielle au destin expérimental, le fondateur du label Invasion Planète Recordings officie désormais avec son frère de sang Victor-Yann sous l'alias Bruta Non Calculant, délayant un son néo-folk plongeant ses racines aussi bien dans une ambiant vespérale que dans un ésotérisme mêlant mythes païens et références religieuses. Auteur de deux disques en 2014, le spectral World in a Tear sur Cititrax en janvier et La Que Sabe en juin sur Treue Um TreueBruta Non Calculant sera en concert le 28 août prochain au Batofar dans le cadre d'une soirée instiguée par La Fête Triste - avec Andreas Gehm et Josh Cheon au line-up (concours). L'occasion pour nous de poser quelques questions à Alaxis Andreas G.,  qui a eu la courtoisie d'accepter en plein coeur de l'été. Un entretien pas comme les autres. Pour le confort de la lecture, l'ensemble des liens vidéos glissés par ce dernier pour illustrer son propos ont été repris plus bas dans l'ordre de citation.

Entretien avec Alaxis Andreas G., fondateur du groupe Bruta Non Calculant

Le Syndicat ElectroniqueBruta Non Calculant semble être un projet assez spontané, soudain. Qu'avez-vous fait depuis 2005 et la dernière sortie du Syndicat Electronique et pourquoi avoir mis un terme à ce dernier  ?

La dernière sortie du Syndicat Electronique remonte effectivement à 2005 ; ce fut la bande originale du film allemand d'Edwin Brienen Lebenspornografie sur mon label Invasion Planète Recordings fondé en 1998, dédié à la musique minimale électro-wave, synthétique et analogique (voir ici et ).

A cette période, un cycle s'achevait, je le pressentais... Et c'était en pleine gloire après sept années de bons et de loyaux services rendus à la musique d'avant-garde minimale ! C'était l'heure. On ne passe pas à côté des choses essentielles quand elles se présentent. J'entrai alors véritablement en "dissidence", c'est-à-dire en guerre... L'une de ces guerres, dont très peu peuvent parler, car très peu en reviennent ; une guerre mythologique, légendaire mais bien réelle ! La fin d'un "ancien temps", d'un "vieil Etat" s'annonçait. Comme les mots parlent pour ceux qui savent entendre ! Peut-être l'avais-je souhaité depuis fort longtemps, cette guerre. Guerre sainte, guerre intérieure, appelons ça comme on veut... un artiste se doit d'aller "là où ses pas le mènent", vérité de la Palice ? Non, bien plus ! Mystère Alchimique, pouvons-nous affirmer !

Je venais de faire, en 2004, un dernier concert sur l'île de Malte (voir), un Haut Lieu symbolique : là où se situe l'un des premiers sanctuaires religieux, encore intact, de l'Humanité, lieu de sacrifice lié à un culte solaire et à une Déesse de la fertilité. J'ai suivi la voie qui s'offrait alors. Je me suis sacrifié au "soleil et à la lune" comme dit La Tradition. C'était il y a dix ans...

De plus, la situation exotérique, c'est-à dire extérieure, en surface, dans le monde musical profane, commençait à me dégoûter, à juste titre : il y avait beaucoup d'imitateurs, et de nouveaux artistes surfant sur la vague électro, récupérant nos influences sans jamais nous mentionner. Nous avions laissé quelques traces en jouant au Sin Festival, à New York, à plusieurs reprises quelques années auparavant... De là est né, par exemple, et pour n'en citer qu'un seul, un mouvement nommé "électroclash" quelque temps après, d'où ont surgit bon nombre d'artistes ridicules dont les aspirations n'avaient rien à voir avec les nôtres ! De plus en plus de labels dans le monde virent le jour à cette époque ! Etaient-ils authentiques ? Ca c'est une autre histoire. On nous demandait conseil par e-mail ou par téléphone, puis après plus rien... Certains de ces labels sont actuellement connus. Je ne m'étendrais pas sur le sujet.

Cinq années de silence total, après ça, dans une retraite à l'écart de toute modernité, un monde austère mais volontaire et surtout nécessaire ! Un retour à une Nature vénérable et salvatrice, dangereuse et prophétique ! L'Etude s'est avérée nécessaire pour survivre "à la Chute initiatique". Puis voyant la décadence du "monde électronique" et de ses pseudos-artistes, sur lequel je jetais parfois un œil léger mais attentif (oublie-t-on son premier amour ?) le besoin d'un retour se fit sentir : une reconquête encouragée par certains avec qui j'avais gardé contact... Non pas pour changer les choses et "sauver les ondes" mais pour ne pas avoir le sentiment d'abandonner un monde précieux à des gamins incultes et sans respect, compositeurs, par ailleurs, médiocres et opportunistes ! Mon retour fut discret, par le biais, d'abord, d'un petit label CD-R exclusivement Electro nommé Musamore et dont les pièces toutes épuisées maintenant, se vendent à prix fort (écouter ici et ).

Puis il y a eu mon label vinyle ultra privé, nommé Zu-sammen records où, à côté du son électro pur, j'ai développé petit à petit le son néofolk qui me tenait à cœur, par le biais du projet, devenu culte depuis, et dont une rétrospective a été signée aux Etats-Unis chez Brave Mysteries records ; Précurseur Grand Bois (écouter ici). Victor-Yann, mon frère, a rejoint l'aventure avec son projet nommé Age (écouter ici).

Plus tardivement, il y a eu le fameux Octroi records où j'ai signé des artistes tels que Nathaniel Robin Mann (écouter ici et ), Swesor Bhrater, autre projet de V-Y (voir ici et ), ou Agnes Beil ainsi que mes propres projets Shiny Black Mater (voir) et Précurseur Grand Bois (écouter  et ).

Bruta Non Calculant est la suite logique de tout cela : la résultante !

Le Syndicat Electronique - Dissidence

Quelle différence d'approche faites-vous entre ces deux projets et quelles en sont les permanences outre ce goût pour le minimalisme et cette personnification de l'anonymat ?

Ce sont les deux parties d'un ensemble cohérent qui ont pris forme dans un espace-temps donné : Le Syndicat Electronique est le guerrier d'avant-garde qui était nécessaire à la transmutation, un projet qui multipliait les quêtes et les blessures, à l'image d'un Jésus de la tradition chrétienne, d'un Job de la tradition hébraïque, d'un Mahomet de la tradition musulmane... et de tant d'autres ! Beaucoup d'erreurs, nécessaires, ont été commises ! Traversée d'un désert, mise en croix, recherche d'un point d'eau, etc. Toutes ces choses sont nécessaires pour la guérison de la Maladie, du mal à l'âme ! Pour cela il faut toujours un guerrier... et ne pas avoir peur de l'affrontement !

Bruta Non Calculant est tel un "Dragon-Maître" ; un pied sur terre, la tête au ciel... Il ne multiplie plus les quêtes, les aventures, mais est "En Quête", perpétuellement ! Pour ceux que les mots interrogent, la différence est énorme ! Le Tout, cohérent, est anonyme, bien évidemment, car c'est un projet artistique global, une œuvre qui transmute l'ouvrier et qui, en retour, est transmutée par lui. C'est la quête de chacun d'entre-nous, en vérité ! L'Art ne sert-il pas à montrer, à témoigner ? Telle est La tradition qui coule à travers la voie exemplaire de chacun, éclairé, à son niveau, par sa propre conscience, et qui se donne au monde ! C'est cela le sens des mots christiques de la Cène "Buvez, ceci est mon sang, mangez, ceci est mon corps" ... Nous devons nous consommer en conscience ! Que de travail !

Le Syndicat Electronique procédait d'une sorte d'avant-garde électro-analogique. Le folk industriel de Bruta Non Calculant semble lui résolument tourné vers le passé. Rien que le nom choisi est significatif. Pouvez-vous expliquer quelle la vision dépeinte par Bruta Non Calculant ? Est-ce une réaction au monde contemporain ?

"V.I.T.R.I.O.L. : vitriol visita interiora terrae rectificando invenies occultum lapidem. Visite la Terre intérieure et en la rectifiant tu trouveras la pierre cachée."

Le monde contemporain n'est pas à combattre puisqu'il n'existe pas vraiment... Il est ce que nous en faisons. C'est d'un retour à une Mémoire dont il s'agit ici ! Mimir (la racine de ce mot ancien a donné Mémoire), c'est le nom de la Source ou buvaient les Anciens Nordiques. C'est cela l'authentique "Devoir de Mémoire", le retour à cette Source "Éternelle de Jeunesse" !

Et non un attachement éternel à un événement historique qui enchaîne à la culpabilité dominatrice infranchissable, quand on se laisse avoir par un "Dieu des lois" obsolète, vieux de 4000 ans. Nous sommes désormais englués dans un historique et des structures sociétales désuètes importés de l'hémisphère Sud de la planète par l'impérialisme romain. Tout ceci ne concerne nullement les peuples de l'hémisphère Nord qui ont toujours eu leurs propres codes, leur culture authentique... et qui vivaient en Paix ! Dieu est A-mour, a-t-il pourtant été dit, entre temps, il y a 2000 ans ! "Amour" que ce mot est galvaudé !  Cela signifie, en vérité, a-privatif de-mort : privé de mort, donc ! La mort est l'aveuglement, l'inconscience. Dieu est A-mour revient donc à dire Dieu est privé de mort : "Dieu est Vivant", ainsi se comprennent les paroles du Christ lorsqu'il dit : "Avant Moïse, JE SUIS" !

Bruta Non Calculant n'est pas ré-actif, c'est un projet actif s'inscrivant dans un contexte donné... Et avant Moïse ou Jésus... Nous Sommes !

World in a Tear semble donner le ton à l'album du même nom paru l'année passée sur Cititrax. Quelle est son histoire ?

Comme je l'ai dit, le projet Bruta Non Calculant débuta en 2006, avec l'arrivée progressive de mon frère Victor-Yann, lequel avait déjà travaillé avec moi, pour notamment le morceau Pretty Girl une reprise du titre du groupe hollandais des années 80 The Actor, que nous avons rencontré à l'occasion d'une soirée Enfant Terrible (lire) sur leur terre d'origine. Ce petit titre minimal montrait déjà clairement notre intérêt pour le blues ou le folk (écouter). Victor-Yann a participé aussi au projet ésotérique folk Iosophis sorti sur CD en 2 chapitres sur le label Totsoluna (ici et ).

Nous avons enregistré des morceaux en live, selon les principes "antiques", pourrait-on dire, de la musique minimale des premiers jours ! L'enregistreur tourne, il n'y a plus qu'a couper certains passages à la fin, et parfois à recomposer... C'est comme cela que procédait Pierre Henry ou Kraftwerk, pour ne citer qu'eux. L'album World in a Tear, dont le titre est initialement Alexandria (écouter) a vu le jour, une fois que nous avons eu le sentiment d'avoir recueilli assez de morceaux susceptibles de composer une oeuvre à part entière. Notre manière de travailler est cohérente et les morceaux, malgré des espaces-temps de création différents, se suivent et se répondent, comme pour nous raconter une histoire universelle.

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S'agissant de cet album encore, pouvez-vous donner quelques indications pour expliquer la pochette du disque, sorte de nature morte pour le moins mystérieuse?

La pochette est une création originale, pour l'occasion, de l'artiste designer américain Peter Miles. Elle traduit ces rets, ces limitations vers lesquels le vent nous porte. Nous sommes alors prisonniers des grilles de notre propre conscience qui nous consume, nous dessèche, tels ces bouts de bois morts, qui ne touchent plus terre.

Quelle est votre approche de l'enregistrement ? Est-ce une expérience pour vous qui laisse la place à de l'improvisation ?

Définitivement, oui ! Comme je l'ai déjà dit plus haut ; pour la plupart des morceaux nous enregistrons live, en laissant tourner l'enregistreur qui est, en l'occurrence, un vieil ordi qui tourne... avec le logiciel soundforge ! Pour ma part, le souffle des machines ne m'a jamais gêné ! Il est la vie même du morceaux, peut-être même une base essentielle ! Un bruit de fond d'où émanent toutes harmonies ! Notre musique est faite "au doigt", il n'y a aucun système midi ! Par contre, une fois le plus gros fait, nous retouchons quelques trucs quand cela est nécessaire. Les voix sont en une seule prise, dans la plupart des cas. Nous enregistrons à des moments précis de l'année. Des moments sacrés. Nous utilisons une sorte de calendrier.

Ce travail nous l'avions déjà bien développé avec le projet Iosophis, où nous enregistrions dans des lieux sacrés, chapelles, églises, nature, avec un enregistreur portable, à l'exemple de ce morceau (écouter), où rien n'est trafiqué (nous étions dans les bois, Victor-Yann était assis avec son accordéon sur un rocher surplombant une rivière, et je me suis rapproché de lui en marchant dans les fougères sèches, voilà).

Dans un même ordre d'idées, quelle expérience faites-vous du live ? Pourquoi jouer vêtu d'un costume de chaman ?

Le live est une cérémonie. Je l'ai toujours envisagé comme ça. Que cette cérémonie soit violente ou non, elle doit mener à une catharsis. Seule là est la fonction de la musique pour l'âme humaine (sinon, cela reste du loisir, un passe-temps, une mode...). Voici quelques exemples ici ou  de live du Syndicat Electronique ou de La Séduction des Innocents. Le costume que je porte affirme une indépendance sur les trois niveaux : corporel (mon identité) , émotionnel (mon monde), spirituel (mon éthique). Les vêtements militaires du Syndicat Electronique affirmait sa dissidence latente, une "défense d'un Patrimoine" au sens pur du terme... Patrimoine intérieur, j'entend bien : Une Terre à sauver !

Le Chaman est le guide, qui vit entre deux mondes. Celui des morts et celui du Vivant... Ce costume me fut fabriqué par quelqu'un qui vit au pied de la Grande Vierge du Puy-en-Velay, point de départ des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle (chemin que j'ai accompli en 2005, justement)...

Vous avez collaboré par le passé avec In Aeternam Vale. De telles collaborations sont-elles encore envisageables ?

Je n'ai pas seulement "collaboré" avec In Aeternam Vale... Le terme est faible ! J'ai fait découvrir ce groupe indépendant, précurseur des années 80, aux nouvelles générations, ni plus, ni moins, puisque je suis celui qui est allé, à l'époque, chez lui, à Lyon ouvrir avec mon ami Max Lachaud, essayiste et écrivain qui est celui qui m'avait parlé, en tout premier lieu, de ces sons merveilleux de  vieilles boites à chaussures remplies de bandes magnétiques originales ! Personne avant ce jour, n'avait entendu parlé du projet de Laurent Prot. Depuis, il a fait du chemin, et c'est bien pour lui ! C'est quelqu'un de généreux. Mais je ne pense pas que nous puissions actuellement collaborer ensemble. Le split de l'époque Invasion Planète Records était vraiment mon coup de cœur pour cet artiste. Et cela l'a fait connaitre dans le monde entier ! Minimal Wave a pris le relais. Tout est accompli (écouter ici et ).

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Pouvez-vous nous parler de San France Disko ?

S.F.D. est mon label actuel. San France Disko est le lieu de la Grande Faille, du "Tout Possible", là d'où surgissent les mouvements telluriques cycliques, inconscients ; forces du changement des apparences et de l'illusoire. Forge de destruction et de Creation. S.F.D. est un lieu mystique de Transmutation, un creuset alchimique où s'accomplit l'Oeuvre soumis au "Feu des Quatre Temps"... Chacun mettra dans ces mots ce qu'il a à y mettre. Je produis une partie de ma musique et de mes expérimentations mais aussi des artistes qui me touchent et qui participent de la même Aventure, par le même état d'Esprit : Swesor Brhater (écouter ici et ), Ashuburn County (écouter ici et ) et Agnès Beil (écouter ici et ).

San France Disko, c'est aussi le lieu où j'expose mes différents travaux dans le domaine alchimique et artistique ou des coopérations avec des artistes contemporains, tel que récemment, avec Aurélie Dubois qui m'a demandé de faire la bande-son de son court-métrage The Corridors (voir).

Je mène un projet parallèle Solo qui se nomme RU, ou je donne des conférences, des performances...

Quel est le futur proche de Bruta Non Calculant ?

Nous venons de sortir notre second album La Que Sabe sur le label indépendant allemand Treue Um Treue (extraits ici et ), maison-mère du projet Wermut, que j'ai signé, à l'époque, sur Invasion Planète Recordings. Ce sont des amis en qui j'ai une parfaite confiance. Ils me connaissent depuis si longtemps et nous avons les mêmes centres d'intérêt. Un troisième album est en préparation, mais nous n'avons pas de date de sortie, ni de label déterminé. Nous choisirons une fois l'œuvre au point. Nous préparons une tournée qui devrait se passer en Allemagne et en Autriche... Mais n'oublions pas que le futur n'est "qu'à venir", accueillons le dés à présent !

Vidéos

https://www.youtube.com/watch?v=r9NH9kPaWXQ
https://www.youtube.com/watch?v=j-rN3HqGc6o
https://www.youtube.com/watch?v=g80YespSxa8
https://www.youtube.com/watch?v=NY6SqiV2aew
https://www.youtube.com/watch?v=RwgcmtSaiaY
https://www.youtube.com/watch?v=0bdyuUlqec4
https://www.youtube.com/watch?v=WI1j0dN5Ufs&list=FLx2-Btx2C-R_mmoOgHzWuSQ
https://www.youtube.com/watch?v=Q7j75fYb1xI&list=PLA33EDE7C7274DE1F
https://www.youtube.com/watch?v=4OQPOrlIRLo
https://www.youtube.com/watch?v=Wbbvbf7empM
https://www.youtube.com/watch?v=ITGJlVGT0AE
https://www.youtube.com/watch?v=I7RIv-x2500
https://www.youtube.com/watch?v=VPaMRCKF7eQ
https://www.youtube.com/watch?v=YiKBPyQdNnw
https://www.youtube.com/watch?v=It9mEonJ4AY
https://www.youtube.com/watch?v=7uz_N3E5SYE
https://www.youtube.com/watch?v=J9iiq55BCe4
https://www.youtube.com/watch?v=2QcofX0BRN0
https://www.youtube.com/watch?v=hCFLFro0cgk
https://www.youtube.com/watch?v=eerjgdYI0mk
https://www.youtube.com/watch?v=g80YespSxa8
https://www.youtube.com/watch?v=4G4e2EeHXSA
https://www.youtube.com/watch?v=N5kAVhaoyLI
https://www.youtube.com/watch?v=VPaMRCKF7eQ
https://www.youtube.com/watch?v=D-NW_p6YUrk
https://www.youtube.com/watch?v=F880kOJj1qE
https://www.youtube.com/watch?v=AD0Ezf4bijU
https://www.youtube.com/watch?v=41K1gGp4iU0
https://www.youtube.com/watch?v=4KfFEaOovOo
https://www.youtube.com/watch?v=gvz2MjieMp0
https://www.youtube.com/watch?v=dx3Q6tD_Sl0
https://www.youtube.com/watch?v=CDIYXAuLe_g
https://www.youtube.com/watch?v=PpXyNyEdXYI

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