Light Pollution – Apparitions

light-pollution-apparitions_frontAvez-vous déjà entendu parler de pollution lumineuse ? Oui ? Non ? Donc petit rappel pour ceux qui s’ébahissent devant leur éclairage 10 000 Volts digne d’une armée d’atomic 3000 : une partie de la faune se meurt car les ténèbres sont aussi capitales à sa survie que la lumière naturelle l’est à l’homme. Vous saisirez peut-être un peu mieux le contexte dans lequel se place notre quatuor venu tout droit de Chicago. Armés de leurs instruments de musique en guise de lampe torche, nos quatre petits gars s’épanchent sur leurs dérèglements internes et leurs désorientations face au monde de la manière la plus lunaire qu’il soit. Il y a parfois de la beauté lorsque l’on sonde l’obscurité.

Et là je vous vois venir… Non, non, Light Pollution n’est ni un croisement de Panda Bear et de Yeasayer, ni une copie de Grizzly Bear, c’est bien plus que ça. Non mais c’est dingue aussi, sous prétexte d’avoir un peu la tête perchée dans les étoiles, vous vous retrouvez si vite catalogué. Mais Drunk Kids versant adroitement dans la ligne des tubes fifties balaiera rapidement les idées perçues. Neuf tracks à la croisée des genres, sublimés par la voix à la fois profonde et diaphane de James Michael Ciccero, dont les intonations sublimes vous feraient verser quelques larmes même sur les morceaux les plus shoegaze. Et à ce jeu, le leader de Light Pollution rappellera celui d’Animal Collective, mais aussi de nombreux Anglais comme MorrisseyIan McCulloch,Ian Brown… Il ne semble donc pas hasardeux que le label Carpak (Toro y MoiBeach House…) ait décidé d’en faire sa nouvelle coqueluche.

light-pollution Apparitions se parcourt d’une traite comme un rêve éveillé, ou non pardon, plutôt comme un circuit sillonné à l’aveugle, éclaboussé par le trop plein de lumière rendant nos sens oculaires insignifiants. De là, on se laisse embarquer par les flux new-wave d’un Fever Dreams qui rappelle à nos sens la signification du mot « désorientation ». On s’égare en chemin, porté par un Deyci, Right On empreint de mélancolie, dont les sonorités aquatiques nous laissent avec une sensation de flottement. Cette même impression est poussée à l’extrême tout au long d’un Ssslowdreamsss élégiaque et neurasthénique, mais d’une beauté que seuls les êtres nyctalopes arrivent à percevoir. Le réveil se fait d’autant plus dur sur un Bad Vibes terriblement sec et douloureusement introspectif. Confrontation brute de l’obscurcisme  et de l’embrasement dans un bouillonnement orchestral où le groupe révèle un talent bouleversant pour les mélodies micro-apocalyptiques.

Ce premier album ne devrait donc pas laisser indifférent tant par ses mélodies tortueuses, ses atmosphères nébuleuses, ses sous-entendus angoissants que par son halo éblouissant, son confinement chaleureux et angélique. Un premier opus dont la noirceur vous éclairera les nuits les plus sombres.

Audio

Light pollution – Bad Vibes

 

Vidéo

Tracklist

Light Pollution– Apparitions (Carpak, 2010)

01. Good Feelings
02. Oh, Ivory!
03. Drunk Kids
04. Fever Dreams
05. Deyci, Right On
06. Bad Vibes
07. All Night Outside
08. Witchcraft
09. Ssslowdreamsss