Kevin Royk – Afronautas

Attention court-circuit dans le monde comme il va.

Montevideo, paisible capitale de l’Uruguay, est le centre d’une étrange insurrection glam pop depuis déjà quelques années. Glam pop? En tout cas c’est comme ça que Kevin Royk définit la constellation qu’il a commencée à tisser dès 2008 avec son projet Nuevo Movimiento, qu’il a poursuivi avec GlamaZone en 2012 et K.BOOM! l’année passée. Il a sorti ces derniers jours Afronautas sous son blaze Kevin Royk et c’est vraiment un album super bizarre. Kevin Royk se défini comme « queer et ladyboy », il vit donc en Uruguay et se fait remixer par tout ce que la scène uruguayenne compte de types, meufs inventifs. On citera notamment les prods de Lechuga Zafiro qu’on croise ici ou là dans une compil’ Staycore, N.A.A.F.I ou un set de Nguzunguzu.

Compliqué de définir la musique de cet activiste, mais on retrouve clairement la filiation de cette scène musicale monstrueuse qu’on aime à chroniquer, dancehall, raggaeton, grime, hip hop, R’n’B et même EDM, le tout pour une fois avec très peu d’Auto-Tune.  Honnêtement c’est plutôt assez sale et on ne sait pas trop où se mettre, ça ressemble à un mix entre la fête foraine, le spectacle de trans-genre bonne époque, le cabaret burlesque, la marche des fiertés et une scène queer racialisée radicale. C’est un peu comme imaginer un tomorrowland coincé entre acide, pride et chanteur de casino de seconde zone. Queer au sens le plus noble du terme. Queer voire Freaks, un Tomorrowland de la parade monstrueuse de Tod Browning mais dirigée par John Waters. « Gender Anarchism » à tous les étages quoi. En gros tu te retrouves à écouter une voix un peu bizarre en bootleg sur du Martin Garrix même pas pitché. Un parasite dans ta FM.

La première impression c’est que c’est un peu difficile à avaler ou à écouter, mais très vite ça suinte et ruisselle dans tout l’organisme.  Il y a eu la chanson française dégénérée et maintenant l’afrofuturisme dégenré. C’est quand même incroyable ce qu’on peut faire avec un bon Audacity. Autrement dit Afronautas est un gros plaisir coupable bizarre avec un magnifique tube en guise de dernier morceau, Zatiriza… N’empêche que si le disco n’était pas mort ça ressemblerait peut-être à ça aujourd’hui… Un truc bizarre au milieu du monde musical comme il va.

Bref, on ne va pas s’étendre sur cet étrange album, mais en tout cas ça vaut le coup d’y jeter une oreille, et de garder un œil attentif sur l’insurrection queer ladyboy uruguayenne.

Audio

Kevin Royk – Afronautas