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Get a room! l’interview

today30/07/2011 72 1

Arrière-plan
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Un des premiers artistes de musique électronique interviewé sur Hartzine nous a récemment demandé de retirer l’échange en question. Les raisons sont plus ou moins liées aux règles de management et de développement de carrière visiblement en cours dans le « milieu ».

Pas complètement naïfs, Cyrille et moi-même avons essayé de rassurer nos petites pommes sur l’authenticité non entamée de certains producteurs contemporains. C’est chose faite avec cette interview de Get a room!, auteurs récents d’une compilation regroupant leur savoir-faire certifié (l’edit). Aurélien aka Rove Dogs nous a parlé de lot de consolation et de retour aux fondamentaux.

L’edit a pour but d’actualiser un titre au regard des pré-requis dancefloor contemporains. J’imagine qu’il n’y a pas de formule toute faite pour ça. Quand vous retravaillez un track, l’idée est de garder le format chanson de l’original et de le retravailler comme des songwriters ou de vous positionner uniquement comme producteurs ?

Le départ d’un edit se fait strictement à partir d’un point de vue de DJ dans son sens le plus large et qui recouvre à la fois le dancefloor mais aussi une écoute domestique entre amis, un mix pour la radio, etc. C’est cet angle d’écoute qui permet d’évaluer la valeur contemporaine que dissimule un ancien titre oublié. Au final, quand certains morceaux ont besoin d’autre chose que d’un simple cut & paste, l’expérience du producteur se limite à un choix judicieux des éléments additionnels qui sont principalement rythmiques et plus rarement mélodiques.

Que doit contenir ou ne pas contenir un track que vous allez retravailler ?

Comme l’a dit très justement DJ Harvey : « Ceux qui décident de s’embarquer dans le re-edit ne doivent pas le faire à la légère en se limitant à boucler un break à l’infini. » D’abord, le choix du disque original doit, pour nous, être le fruit d’une véritable recherche. Il y a à la fois le contenu mais aussi l’objet en tant que tel.

Notre edit The Dreamer vient de la B.O. du film Le Marginal avec J.-P. Belmondo et, malgré la géniale production d’Ennio Morricone, le titre est une banale chanson orientée « leather gay », au besoin de l’ambiance darkos du scénario. Je prends cet exemple pour exprimer le bonheur de sortir un disque de son contexte lointain et hors-sujet afin d’essayer de l’adapter à l’hypothétique scène musicale à laquelle nous appartenons.

On a aussi un gros faible pour le coté « joke » que pourraient contenir certains de nos edits… Après avoir commencé avec DJ Harvey, il conviendra de conclure cette réponse avec Ivan Smagghe qui a écrit sur son blog que nous n’avions pas peur du « cheese good« . C’est très intéressant de voir comment lui a saisi notre envie de contraste alors que certains faux puristes nous reprochent parfois cet aspect très festif et léger qui ressort parfois dans nos edits et/ou DJ-sets.

Vous avez eu des retours des compositeurs ou des ayants droits des morceaux retravaillés ?

Nous avons brièvement discuté avec le producteur de Spectral Display, qui n’avait pas l’air mécontent des effets positifs de It Takes a Muscle. Il semble avoir plutôt bien supporté l’idée du bootleg , surtout qu’étrangement, M.I.A a sorti sa propre cover du titre quelques mois après, mais en toute légalité cette fois-ci. J’ai vu une jolie photo de Get a room! et de M.I.A sur le site officiel du groupe alors l’ambiance semble plutôt relax.

L’edit a bon dos ces derniers temps, à tort ou à raison… Mais a quoi cela est-il dû ? Un manque d’inspiration au niveau de la techno ? Un manque de mélodies ?

Historiquement, l’edit est tout simplement l’ancêtre du remix. Si tu regardes la majorité des 12″ disco et toute la première vague de house music, les remixes sont systématiquement des edits ! Il faut attendre l’arrivée de la culture du sampling pour constater que les remixes sont presque devenus de vraies productions. Aujourd’hui, l’edit est un retour aux sources incarné par des gens qui restent attachés à la noblesse originelle du truc. Le retour aux fondamentaux, c’est dans l’ère du temps, cette mouvance rentre alors en concurrence avec la production originale pour des raisons qui vont avec l’époque. Je ne pense pas qu’on puisse se servir du re-edit comme d’un argument à charge sur un éventuel manque d’inspiration de la scène électronique

J’ai envie de vous poser la question que tu posais a The Glimmers : peut-on honnêtement dire que le meilleur n’est pas derrière nous ? Pour vous, c’est un constat plus fataliste qu’optimiste ?

Dans les clubs, le vinyle est mort. L’artwork est devenu futile, le matos coute toujours aussi cher et les revenus phonographiques sont incompatibles avec les besoins réels d’un label indépendant. On rigole de l’époque ou les majors distribuaient des avances d’un million de francs à des artistes de merde sans réaliser qu’un jour, Napster allait débarquer pour vider les comptes. On se console en faisant danser les filles.

Vous avez sorti votre première compo (remix de Scenic sur Tigersushi). Vous produisiez déjà avant ? Ce morceau electro-baggy préfigure-t-il l’album ?

On a chacun eu des projets divers et variés auparavant. Get a room! est surtout le fruit d’une longue amitié qu’on a voulu concrétiser en un projet commun. On s’est habitué à travailler ensemble en faisant nos edits et on a pas mal de vraies prod’ en chantier maintenant. On vient de conclure la première étape qui consiste à s’accorder sur le son qu’on désire produire. Joakim nous a fait faire notre premier Get a room! remix, les retours sont bons alors on est motivé pour la suite.

Vous proposez votre propre label, votre propre vente en ligne, vos propres compiles… un désir d’indépendance totale ?

Pour nos edits, le truc s’est fait naturellement. On a ouvert smalltimecuts.com et on a sorti des galettes à l’arrache jusqu’à ce que Colette nous contacte pour faire une compile. Pour la prod, on est ouvert à tous les collaborations possibles… Mais pour l’heure, la priorité, c’est d’enregistrer de la musique.

Votre travail de compilation d’edits fait écho à celui d’Ivan Smagghe. Il faisait récemment votre éloge sur son blog. Un rapprochement de vos démarches respectives est-il envisagé ?
Nous sommes effectivement en train de bosser sur des projets éventuels avec Ivan et qui devraient bientôt voir le jour… ou la nuit devrais-je dire ? Ivan et Trevor Jackson ont chacun leur part d’ombre et de génie qui en font des êtres à part, ils sont une réelle source d’inspiration pour Get a room!.

Je vous laisse le mot de la fin concernant vos projets et vos dates pour cette fin d’été…

smalltimecuts.com

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/ Limited CD for Colette disponible ici

Audio

Aragain (Get a room! edit)

Écrit par: Nicolas

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Commentaires d’articles (1)

  1. Sparse sur 31/07/2011

    Gesaffelstein a demandé qu’on retire son interview ? ahah ça devient n’importe quoi

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