Who are you Huble Records ?

AVATAR HR-1Jeune label parisien, Huble Records insuffle rêve et contemplation par le prisme d’une techno gravitationnelle, lorgnant à part égale entre Max Cooper et James Holden – deux monstres sacrés du genre. Inutile de dire donc que l’on retrouve quelques gènes communs avec l’entreprise aboutie Border Community – et plus largement des labels comme le Hollandais Gem ou le Français Meant Records -, d’évidence le futur n’est pour eux qu’une somme de projections plus ou moins folles que 2013 devrait aider à dégrossir. À mille lieues du photocopiage vide de sens, la galaxie Huble s’étend selon ses propres échéances et ses propres lois : s’intéressant aux paysages sonores dans leurs multiples dimensions, aussi bien suggérés auditivement que figurés par l’image (voir ci-après la vidéo d’Almira par Poussière), et dilatant ces derniers dans un espace-temps embrassant aussi bien une piste de danse qu’un confortable canapé, les deux fers de lance du label – Edgar Stalker et Kevin Jonson – prennent leur temps pour maturer leurs longs formats respectifs. Et ce, sans nommer Cosi Fan Tütte dont il sera bientôt question avec un premier maxi.

Mixtape téléchargeable et présentation du label avec Benoît, aka Edgar Stalker.

Agenda

Huble Records a le plaisir de recevoir en invité d’honneur REMAIN, figure de proue de la techno française et co-fondateur du réputé label Meant Records, pour une Partie Fine se tenant au « R » Pigalle, un ancien cabaret classé des années 1920, constellé de grands miroirs et de fresques d’époque. L’event FB, avec l’ensemble des détails de la soirée, est à glaner par ici.

Entrevue

ES

Benoît, peux-tu présenter Huble Records en quelques mots ? D’où te sont venus l’idée et le nom du label ?

Huble Records s’est construit dans un élan collectif par des passionnés qui ont voulu mettre en commun leurs visions respectives de la musique électronique. Aujourd’hui, cette structure nous permet de sortir librement des projets auxquels nous croyons. Le nom fait allusion au télescope spatial Hubble qui capte au-delà de l’atmosphère des galaxies lointaines… Nous aimions bien l’idée et la manière dont cela sonne !

Quelle est l’esthétique musicale et visuelle recherchée à travers Huble Records ?

Le travail de composition sur la microstructure et sur la profondeur de l’espace sonore nous a progressivement amenés à produire des choses se trouvant en phase avec nos aspirations. Nous voulons créer des images sonores et retranscrire une atmosphère singulière à travers l’écoute. Notre esthétique musicale est donc intimement liée à l’aspect visuel mais aussi aux expériences vécues de chacun. Bien que nous pouvons qualifier nos productions comme étant « aériennes », nous voulons également qu’elles puissent se danser car nous faisons de la techno avant tout. Je trouve que les termes de braindance ou encore de musique bicéphale sont particulièrement adaptés dans ce cas.

Huble Records à un an, réunit trois artistes pour trois EP. Quel est son futur proche ? Des longs formats sont-ils en préparation ?

Nous ne sommes encore qu’aux prémices de l’existence d’Huble. Certes, pour prendre du poids et être visible aujourd’hui il est nécessaire de sortir des productions mensuellement. Nous ne sommes pas encore entrés dans une telle logique. Nous préférons faire peu, mais bien, et proposer au public quelque chose qui nous ressemble. La sortie du premier album de Kevin Jonson est prévue pour avril 2013. Les formats longs se font de plus en plus rares en techno et demandent un certain investissement pour aboutir à quelque chose de cohérent. Trois autres projets devraient voir le jour au cours de cette année : le premier maxi de Cosi Fan Tütte, mon deuxième EP et une réalisation que l’on pourrait assimiler à de la cold-wave trancey.

Peux-tu présenter ton propre projet, Edgar Stalker, et ceux de tes amis, Kevin Jonson et Nouveau Pratique Gratuit ?

Le premier maxi de Nouveau Pratique Gratuit, Dans la limite des stocks disponibles, est né bien avant Huble. L’idée était de proposer au public un maxi téléchargeable gratuitement où des samples de matériaux ménagers se fondent aux textures électroniques… Les tracks de Kevin Jonson et les miens collent davantage à l’esprit du label en s’orientant vers une techno plus contemplative. Bien que nos manières de produire se différencient quelque peu, nous sommes constamment en interaction.

Parle nous des soirées Huble Records…

Nous avons commencé à organiser nos premières soirées il y a de cela déjà quelques années. Aujourd’hui nous avons une idée assez précise de ce que nous voulons faire et ne pas faire. Le plateau artistique, le choix du lieu, l’habillage visuel sont autant d’éléments à prendre en compte pour donner le ton. À chaque nouvelle édition, notre line-up est constitué d’artistes aux territoires vastes qui peuvent se conjuguer avec notre approche de la scène. Notre prochaine soirée se tiendra d’ailleurs au « R » Pigalle le samedi 5 janvier 2013 avec Remain en invité d’honneur.

Quelles sont tes influences principales ? Ta mixtape est-elle un bon panorama de celles-ci ?

Mes influences sont très larges. Pour être franc, mises à part les sorties des labels tels que Border Community, Gem, Traumschalplatten, Herzblut ou encore Ostgut Ton, je n’écoute pas beaucoup de techno à mes heures perdues. J’apprécie énormément de choses : la musique classique, répétitive, ambiante, le jazz, le rock psyché… Cette mixtape met en lumière le travail d’artistes électro qui à mon sens produisent une musique insaisissable et éthérée.

Mixtape

01. Idiot Idols – Homing (Mode B Remix)
02. Edgar Stalker – Almira
03. Max Cooper – Gravity Well (Microtrauma Remix)
04. Ricardo Tobar – Together (Fairmont Remix)
05. Sasha Wins & Igor Shep & S.W.I.S – Submachine
06. Christian Löffler – A Hundred Lights
07. Mauro Norti – Last Day (Oliver Lieb Remix)
08. Blokc & Groj – Ektorp
09. Kollektiv Turmstrasse – Heimat (Robag’s Turmkolle Rekksmow)
10. Oliver Schories – Sunday
11. Pablo Bolivar – Into t-The Televerse
12. Matthew Dekay & Lee Burridge – Lost In A Moment

Crédit photo: Alice Dubot.

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