Family Of The Year - Here Is The Sun (EP)

foty_epcoverQuels imposteurs ces Family Of The Year ! Ce groupe originaire de Los Angeles, sous un emballage folk, nous offre en réalité 5 titres dont la teinte s'avère des plus éclectiques et attrayantes. Here Is The Sun en référence au titre de leur premier EP (Where's The Sun?) est un EP digital conçu spécialement pour la France et qui reflète la riche diversité des compositions du groupe. Ce recueil nous propose à la fois un folk brillant sur Stupidland ou Stairs et une pop électro délicieuse sur The Barn (remixé par Panic Bomber) ou sur le magnifique Castoff. Au total, 5 titres différents mais fondamentalement liés par les harmonies irrésistibles des voix féminines et masculines de Joe Keefe et Meredith Sheldon et qui nous renvoient aux Beach Boys ou à MGMT. Le premier EP ainsi que l'album Songbook sont téléchargeables sur le site du groupe avec donation optionnelle. Quant à  Here Is The Sun, sa sortie digitale est prévue pour le 6 septembre 2010. En attendant,  Hartzine vous offre Castoff.

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Family Of The Year - Castoff

 

Tracklist

Family of the Year - Here Is The Sun (Volvox Music, 2010)

1. Stupidland
2. Stairs
3. Castoff
4. Charlie Song
5. The Barn (Panic Bomber's Memory Remix)


Best Coast - Crazy For You

Bethany Cosentino s'apparente décidément à une stakhanoviste de la surf-pop. Non contente de faire la maline en compagnie du rappeur Kid Cudi et de Rostam de Vampire Weekend pour une marque pompe cool à l'étoile historique (voir par ), en plus de nous avoir abreuvé durant presque deux ans d'incalculables maxis (ici), split vinyle (), vidéos drolatiques () et concerts mémorables (report), l'inénarrable californienne frappe d'un grand coup l'été du sceau de Best Coast et de son premier véritable LP, Crazy For You, à paraître le 27 juillet sur Mexican Summer. Et si l'on était en droit de s'attendre à une sorte de best-of de ses multiples sorties précédentes, il s'avère indiscutable que notre fumeuse de joint préférée s'est attelée pour l'occasion à une sacrée tâche sous la férule de Lewis Pesacov (guitariste de Fool's Gold) et de Foreign Born : seule la langoureuse balade When I'm With You fait état d'un précédent pressage. Inutile de dire pour autant que les thèmes évoqués par ces douze pop-songs exécutées à la vitesse de l'éclair - le disque ne dépassant pas la demie-heure - sont de nature à remettre en question les principes fondamentaux de la physique quantique : Pourquoi n'est-il pas là ? Pourquoi n'est-il pas avec moi ? Pourquoi ne sommes nous pas ensemble ? Autant de questions bêtes et pas méchantes, à la tautologie assumée, renvoyant aussi bien à cet éphèbe avec qui Bethany rêve de couler des jours heureux, telle une Bridget Jones tatouée de la tête aux pieds, qu'à l'accent mis ici sur la forme condensée de compositions élaborées en compagnie du fidèle et chevelu Bobb Bruno. Bien qu'il s'agisse d'un clin d'œil appuyé à son ami de voisin Nathan Williams et à la pochette de son récent effort, King of the Beach, l'artwork signé David Rager ne reculant pas devant la mise en scène d'un félin flanqué de cocotiers, Crazy For You ne doit rien à personne d'autre qu'à Bethany, arguant de cette grâce vocale à quelques encablures des Beach Boys et des sixties. C'est bien celle-ci d'ailleurs, mis en abîme par la guitare tout en réverb et distorsions de Bobb, qui confère un cachet à la fois suranné et ensoleillé à des morceaux oscillant autour de rythmiques justes mais rudimentaires. L'ex-Pocahaunted égraine de la sorte la bande-son idéale d'un été valdinguant entre un sentimentalisme enjoué (Boyfriend, the End, Bratty B), langueur corrodée (Summer Mood, Our Deal, When the Sun Don't Shine, When I'm With You) et bois envoyé à toute blinde (le diptyque I Want You, Happy, Each and Everyday), se jouant de saturations à l'épaisseur pourtant calibrée. Pas le temps de s'ennuyer, pas même celui de trouver redondantes certaines formules, que la belle nous laisse en plan, l'écouteur à blanc. Un peu trop compact, pas assez diversifié mais néanmoins contondant et entêtant, Crazy For You est un drôle de coup d'essai. On se doute qu'il ne tardera pas à être transformé.

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Best Coast - Boyfrend

Best Coast - Our Deal

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Tracklist

Best Coast -Crazy For You (Mexican Summer, 27 juillet 2010)
01. Boyfriend
02. Crazy For You
03. The End
04. Goodbye
05. Summer Mood
06. Our Deal
07. I Want To
08. When the Sun Don't Shine
09. Bratty B
10. Honey
11. Happy
12. Each and Everyday
13. When I'm With You


Ducktails – Apple Walk

ducktails-image

C’est l’été, il fait chaud, il fait beau et les Beatles sont de retour les enfants… Et oui, les Beatles !!! Oubliez directement toutes les conneries qu’on a pu vous raconter sur John Lennon et Georges Harrison. Ringo Starr, lui, n’a en revanche bel et bien jamais existé.La preuve en est leur dernier clip ultra cul-culte tourné entre les plages de Trouville-sur-Mer et les Jardineries de Gally intitulé Apple Walk. Ma main à couper si c’est pas une vieille repompe du White Album ça ! Aïe ça pique ! Enfin, j’arrive pas bien à comprendre pourquoi ils ne sont plus qu’un maintenant. Et c’est bizarre ce nom, queue de canard… Et pourquoi pas les scarabées tant qu’on y est ? Et c’est qui ce connard de hippie sur la plage… Ils sont compliqués ces artistes… Tiens donne-moi plutôt encore du gâteau aux herbes de Provence. La gastronomie finalement, y a que ça de vrai.

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Women - Public Strain

women-public-strain-cover-artLo-fi, tel est plus que jamais le credo des Canadiens de Women avec ce second opus intitulé Public Strain. Deux ans après un (premier) album homonyme qui avait reçu un excellent accueil critique des deux côtés de l'Atlantique, le quatuor de Calgary repasse les plats. Flanqué d'une couverture sous forme de sublime instantané d'un paysage urbain enneigé, ce nouveau onze titres, tout comme son prédécesseur, sort chez Jagjaguwar et est produit par leur compagnon de label Chad VanGaalen, dont on se souviendra du récent projet Black Mold. La recette, elle aussi, reste identique : un savant mélange d'expérimentations sonores à tendance bruitiste et d'écriture pop-rock au final assez classique. Ajoutez à cela une production très crue, impliquant sans doute moult recours  à de bons vieux enregistreurs à cassettes, qui ravira les amateurs du genre et vous obtenez un album agréable à l'écoute à défaut d'être réellement surprenant. Car c'est bien là que se situe le principal problème des boys de l'Alberta : certes la voix de Patrick Flegel suinte la maturité tranquille, bien sûr des morceaux comme China Steps et Eyesore (le premier single) s'avèrent rapidement familiers, certes le groupe devient très séduisant dès qu'il s'avère capable de monter un peu le ton, tout cela n'empêche pas cet album d'épuiser certains poncifs du genre. L'intro Bells rappelle trop de « morceaux » rapidement oubliés (et c'est mieux ainsi), certaines constructions sonores lorgnent du côté de Deerhunter et le spectre des bons vieux groupes shoegaze britanniques (Spiritualized, Chapterhouse) qui auraient ingéré un mauvais cocktail de valium/xanax n'est jamais très loin. Il serait néanmoins des plus malhonnêtes de jeter cet album dans la corbeille « clones sans espoir ni avenir ». En effet, le potentiel de Women est indiscutable. Pris dans son ensemble, Public Strain s'avère rapidement capable de poser une ambiance sombre et urbaine. L'album, tout comme les références qu'il contient, semble grâce à son excellente production se balader dans le temps sans jamais se fixer dans une époque précise. Au final, un assez bon disque qui ravira les fans de la première heure à défaut de conquérir les éternels sceptiques et les dénicheurs de nouvelles sensations fortes.

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Women - China Step

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Tracklist

01. Can't You See
02. Heat Distraction
03. Narrow With The Hall
04. Penal Colony
05. Bells
06. China Steps
07. Untogether
08. Drag Open
09. Locust Valley
10. Venice Lockjaw
11. Eyesore


Blackbird Blackbird

l_ac8b2c4ea2e84ffe9b975e692155ca54Arcade Sound Ltd. ne serait-il en passe de devenir le label emblématique  de ce début de décennie en invitant en son sein les artistes les plus symboliques de cette coolitude retrouvée qui saccagent à grand coup morceaux sans parti-pris les codes musicaux établis et emmènent par là-même l'esprit lo-fi  là où il n'avait encore jamais mis les pieds ? Après Memory House, Coma Cinema, Arts&Craft, c'est au tour des Blackbird Blackbird de rejoindre la maison enchantée de Knoxville et d'en repeindre les murs d'un vieux rose qui fleure bon l'été en pente douce.

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Blackbird Blackbird - Summer Heart
Blackbird Blackbird – Pure
Blackbird Blackbird – Float On (Modest Mouse Cover)
Blackbird Blackbird – Hawaii (Teen Daze Remix)


Run DMT

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Faut-il être myope pour ne pas déceler les jeux de mots en carton-pâte de l'ami Mike Collins aka Run DMT ? Un humour potache qui ne s'accorde à rien sauf au microscopique label basé tout comme lui à Baltimore, Wigflip, distribuant philanthropiquement une dreamtronica à la physique expansive (de Mickey Mickey Rourke - sic - à la Happy Family), et trouvant échos dans les irrésistibles bombes à fragmentations que torpillent aussi bien ses deux fameuses mixtapes, Bon Voyage et Get Ripped and Die Trying, disponible ici et via Chokolate Bobka, que ses propres comptines à l'épilepsie cosmopolite. Sélecteur inconditionnel de samples venus d'ailleurs, des limbes tropicales et africaines aux contingences les plus urbaines, les collages sonores de Run DMT s'arrogent cette paisible cosmicité d'opiacés ingérés, bien calé que l'on est dans une chaise longue, à scruter un ciel blanc constellé d'étoiles noires. Début d'expérience, ici-même, avec l'enchanté Spruce Bringsteen et l'introspectif mix Amanda Huggakiss - en collaboration avec la Happy Family et disponible sur Wigflip. Ou quand la doucereuse léthargie se fait science de l'âme.

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Run DMT - Spruce Bringsteen

Run DMT - Amanda Huggakiss


!!! - Strange Weather, Isn't It?

Classifier un groupe dans un genre musical n'est pas toujours chose aisé, mais quand celui-ci s'encombre d'un patronyme imprononçable, autant laisser tomber tout de suite non ? Et bien non, surtout pas. Chk Chk Chk en est la preuve vivante, bien qu'ayant laissé son batteur sur le carreau. Paix à son âme. Depuis je ne prends plus l'ascenseur. Fusion frénétique des extrêmes, puisque ses membres viennent d'horizons différents, de groupes radicalement opposés, des deux côtes des Etats Unis... Et pourtant c'est dans l'émulsion pluriethnique new-yorkaise et son foisonnement  culturel toujours croissant que notre bande de loufdingues trouvera les ingrédients qui définiront leur son par la suite.

Remarqués pour leurs prestations scéniques affolantes, les Chk Chk Chk le furent pourtant moins par leurs sorties d'albums qui reçurent régulièrement des accueils pour le moins mitigés. Héritage lourd à porter (ESG, Liquid Liquid, Père Ubu, Kassav'... Non ? Ah bon !), concurrence rude (The Rapture, LCD Soundsystem, Radio 4, Kassav'... Toujours pas ?)... Et pourtant, rendons à César ce qui lui appartient. Si le groupe ne peut échapper à sa prodigieuse réputation de machine à enflammer le dancefloor, leurs qualités d'enregistrement n'ont pourtant rien à envier au groupe de Matty Safer et de Porcinet Murphy. Car oui, les albums de nos Chk Chk Chk sont bien des objets trop mésestimés. Louden Up Now vaut bien tous les Echoes et LCD Soundsystem au monde... Il suffit de réécouter des titres comme Pardon My Freedom ou Hello? Is This Thing On? pour s'en convaincre. Et alors que leurs rivaux s'empâtent dès le second album, nos trublions reviennent en force avec un Myth Takes encore plus barré, se frottant par moment au kraut et à l'expérimental.

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Le départ récent de John Pugh, de Justin Vandervolgen mais surtout de Tyler Pope, ex-LSD Soundsystem (J'ai fait une faute ? Où ça ?), laisse Nic Offer seul aux commandes de son armada de musiciens, qui loin de baisser les bras devant les pertes, enfilent short et vieilles Addidas, prêts à repartir à l'assaut des bacs. Grand bien leur prit, puisque Strange Weather, Isn't It? s'inscrit déjà comme l'apogée musicale d'un groupe préfiguré à devenir mythique. En guise de démonstration, le groupe offre un AM/FM pour introduction, synthèse de ce que le sextet sait faire de mieux. Un hit immédiat, bouillonnant, funky et sexy comme la queue du diable. Et bien qu'il soit difficile de s'extraire des 4:55 minutes que durent cette petite épiphanie musicale, les choses sérieuses prennent corps réellement sur Wannagain Wannagain, perle funk-rock écrasante. Les cuivres font leur travail et la voix de Shannon Fuchess apporte un grain soul à ce track qui sonne comme du vieux Fishbone. Incursion new-wave des plus réussies sur Jump Back où la voix de Nic Offer lorgne étrangement mais habilement sur celle Dave Gahan... Si, si je vous assure ! Ce qui nous rappelle alors qu'avant de faire partie du groupe aux points d'exclamation, le lead vocal de plusieurs membres  appartenait à l'obscure entité électro-rock Out Hud.

Cependant si une question substantielle demeurait quand au caractère de cet album, c'était bien sûr qui s'engagerait cette fois-ci derrière les fûts ? Pour rappel, le collectif avait déjà perdu son premier batteur, Mike Gius dans un accident de voiture en 2005, il fallait donc dégoter un mec assez doué et peu superstitieux pour succéder à Jerry Fuchs. Paul Quattrone est de ceux-là, officiant auparavant pour Modey Lemon, le batteur vient prêter ses baguettes aux !!! avec un brio certain (Even Judas Gave Jesus A Kiss, Steady As The Sidewalks Cracks).

Les plus chanceux pourront jouir d'une version accompagnée de deux bonus track (dont le sublime Made Of Money) cadenassant définitivement cet opus originalement clôt par l'éprouvant The Hammer. Authentique montée technoïde tribale, le morceau laisse l'auditeur à genoux et installe à jamais les Chk Chk Chk comme les successeurs des Happy Mondays pour les années futures. Attention, we're talking about a révolution là !!!

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!!! – The Hammer

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Tracklist

!!! – Strange Weather, Isn’t It? (Warp, 2010)

01. AM/FM
02. The Most Certain Sure
03. Wannagain Wannagain
04. Jamie, My Intentions Are Bass
05. Steady As The Sidewalk Cracks
06. Hollow
07. Jump Back
08. Even Judas Give Jesus A Kiss
09. The Hammer
10. Blue (Bonus track)
11. Made Of Money ( Bonus track)


Wavves - King Of The Beach

frontVas-y je te laisse la chronique, ce disque m'a autant excité que la découverte des accords majeurs chez Offspring. Moins violent qu'Aki, mais non moins mesquin : un joli coup de latte dans les prémices d'une écoute sérieuse, celle primordiale, débarrassée en théorie de tout a priori. On repassera. A moi donc le troisième disque de Nathan Williams, King Of The Beach (dont la sortie sur Fat Possum vient récemment d'être avancée au 13 juillet), agissant toujours sous le nom de Wavves mais depuis rejoint par Billy Hayes et Stephen Pope, assurant respectivement batterie et basse pour le regretté Jay Reatard qui les jeta comme des malpropres. Exit donc Ryan Ulsh, remercié après la piteuse prestation du duo sous ecstasy et valium lors de l'édition 2009 du Primavera Sound Festival (ahah). Prestation qui valut, non sans ironie, les excuses d'un Nathan déclarant être dépendant à l'alcool. Cherchez l'erreur. Mais au-delà du back-line et des histoires de drogues et de bastons avec Jared des Black Lips (ahah), c'est à un grand ménage de printemps qu'à procédé le troublion : tentant le pari de faire autre chose que sur ses deux albums précédents, Wavves (Woodsist, 2008) et Wavvves (Fat Possum, 2009), tout en sortant des carcans surf-rock et hard-fi dans lesquels le commun des mortels tentait vainement de l'enfermer, le jeune homme de vingt-quatre piges, qui s'était jusque-là toujours autoproduit, s'est entouré pour ce troisième effort d'un producteur, et non des moindres, Dennis Herring (Modest Mouse, Elvis Costello). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la différence est notable : faisant encore évoluer il y a peu ses mélodies dans un remugle de saturations crasses, par le biais notamment de quelques maxis bruts de décoffrage (California Goths, 2009, To The Dregs, 2009) - empruntant les structures pop propres des grands frères, Pavement et consort, pour les noyer de distorsions chères à My Bloody Valentine - Nathan a radicalement tranché dans le lard et choisi une production claire et énergique tout en se gavant effrontément de l'héritage de feu Kurt Cobain.

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Au risque d'en décevoir plus d'un, Wavves se soustrait aux structures cornaquées d'électricité sauvage pour bétonner ses riffs devenus aussi compacts et efficaces que ne l'étaient ceux des inoxydables Nirvana. Affranchissant son songwritting et sa voix du brouillard assourdissant mais jubilatoire d'antan (au hasard, So Bored, No Hope Kids, California Goths), Nathan Williams semble ne plus s'intéresser ni aux goths, ni aux exubérances sombres d'une jeunesse californienne scénarisées à la perfection par Larry Clark dans Ken Park, mais bien à l'insouciance qu'on coltine bien plus facilement à cette dernière. Le bien nommé King Of The Beach fait honneur dans toute sa splendeur échevelée à cette nouvelle appétence, quand un bon tiers des morceaux le composant fait étal de cette même soif de vitesse sans ambages, parfois lumineuse (King Of The Beach, Take On The World, Post-Acid), parfois un brin fade (Super Soaker, Idiot). Difficile de ne pas grincer des dents lors de balades guillerettes très teen movie (Green Eyes, Convertible Balloon, Baby Say Goodbye), surtout que l'attention redouble lorsque la musique de Wavves se fait plus alambiquée, moins évidente, où les voix sont salement réverbérées et les synthés triturés (When Will You Come ?, Baseball Cards, Mickey Mouse). En filigrane de cet attrait pour ces morceaux plus lents, c'est toute cette alchimie brumeuse entre électronique et son noise qui semble s'être dissipée d'un coup d'un seul avec les arrivées de Billy Hayes et Stephen Pope. Tels deux pachydermes à chemises à carreaux dans un magasin de joailleries opiacées, les compères envoient du bois, certes, mais dénaturent ce qui constituait l'ADN du son halluciné de Wavves. Regrettable ou pas, c'est comme ça, ce qui n'enlève rien à l'intense plaisir de pousser le volume à fond tout en sautillant comme un con dans son salon. Un disque d'été donc, loin d'être le disque de l'été.

Histoire d'en prendre plein les esgourdes, Wavves jouera le 22 juillet prochain à la Flèche d'Or. On y sera.

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Wavves - King Of The Beach

Wavves - Mickey Mouse

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Tracklist

Wavves - King of the Beach (Fat Possum / Bella Union, 2010)

01. King Of The Beach
02. Super Soaker
03. Linus Spacehead
04. When Will You Come?
05. Baseball Cards
06. Take On The World
07. Post Acid
08. Idiot
09. Green Eyes
10. Mickey Mouse
11. Convertible Balloon
12. Baby Say Goodbye


Thieves Like Us l'interview

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Après que Thibault ait défoncé allègrement le dernier LP de Thieves Like Us lors d'une récente publication, il me semblait évident de donner la parole à la défense. Pontus, batteur du groupe en question, s'en est chargé en citant un pote de Francis Zegut et en invoquant des arguments irrévocables tels la primauté des groupes jouant des « lives réellement lives » et le fait que nous, Français, ne comprendrons jamais réellement les musiciens étrangers.

Votre dernier CD a été mal reçu par mes collègues de la rédac et je me devais de faire contre-poids. Je pense qu'ils n'ont pas compris l'album qu'ils décrivent comme de la musique pour dancefloor juvénile. Perso, j'ai toujours perçu Thieves Like Us comme un groupe dédié à pas mal d'activités de la vie de tous les jours (cf. les pochettes de vos singles) mais en aucun cas comme un groupe « dancefloor ». Je suis dans le vrai ?

Déjà, on n'en a rien a foutre de ce qu'un jeune de seize ans avec des boutons pense de notre musique, ni de la musique en général. On fait de la musique parce que c'est un besoin. C'est notre vocation, il n'y a rien que l'on ne fasse mieux. C'est plus grand que des mots, des interprétations individuelles, et des fausses suppositions. Dirais-tu la même chose du blogging ? Le journalisme musical est, traditionnellement, un domaine qui attire les ratés. Pour citer notre ami David Lee Roth : "Les journalistes musicaux aiment Elvis Costello parce qu'ils ressemblent à Elvis Costello."

Maintenant pour répondre à ta question : Nous avons certains morceaux qui fonctionnent sur le dancefloor et d'autres qui fonctionnent mieux dans ton casque après une bouteille de Chablis et de la bonne herbe, mais nous ne sommes jamais juvénile, personne de réfléchi ne ferait cette supposition, ni ne la mettrait sur internet pour que tout le monde lise ça.

Drugs In My Body ressortait clairement du premier LP, le second semble plus homogène même si vous semblez accorder beaucoup d'importances au format single. Vous ne craignez pas de vous enfermer dans cette image de groupe à single ?

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Chaque année, internet raccourcit la durée d'attention de deux secondes. L'année prochaine elle n'existera plus. Personne ne télécharge un album entier sans avoir écouté au moins une chanson individuelle, les singles servent à attirer l'attention. Drugs In My Body servait comme appât (la dynamite ou le ver de terre) pour que les gens écoutent toute notre musique, même l'étrange album instrumental que l'on distribue gratuitement. Personnellement je préfère les albums, mais je suis une espèce en voie de disparition, et les albums le sont aussi, et cela fait un bon moment que je n'ai pas écouté d'album entier, du début à la fin.

Sur votre bio, j'ai lu que vous aviez créé le groupe en réaction à toute la musique électronique merdique que vous aviez écoutée/vue à Berlin. De quel type de musique parlez-vous ? Celle qui se fait derrière un laptop ? Vous concevez l'idée du live comme celle d'un groupe d'individus jouant de la musique avec de vrais instruments ?

Beaucoup de questions. La scène musicale en 2004, quand nous avons commencé a faire de la musique, n'était pas super. Le meilleur album de 2004 était Destiny Fulfilled. La scène berlinoise était particulièrement merdique, avec des gars perchés sur leur laptop, plissant les yeux à la foule... ou pire, des kids faisant des performances, se cachant derrière l'art pour ne pas montrer leur manque de talent et le fait qu'ils font du playback.Je comprends l'utilisation de loops et d'un backing track, même nous le faisons sur certaines chansons, mais ça devrait être aussi modéré que possible. Je comprends que tu ne puisse pas amener toute ta section cuivres en tournée, mais quand une personne est sur scène, elle devrait jouer ou foutre le camp. Jouer en live veut dire créer une experience unique, qui ne peut pas etre reproduite, qui ne peut seulement être appréciée par les personnes présentes.
Je pense que la scène musicale d'aujourd'hui est déjà bien meilleure, il y a un revival des lives réellement lives.

J'ai entendu dire que vous viviez désormais chacun dans une ville différente (Paris, Berlin et il me manque la troisième), ça ne doit pas faciliter les choses pour la vie du groupe, les concerts, etc. Comment vous organisez-vous ?

Trouver un endroit où vivre et travailler est toujours difficile, mais on est comme ça. On ne veut pas vivre à un endroit, ça devient ennuyant. L'herbe est toujours plus verte sur l'autre berge...

thieveslikeus-band-photo-paris-2010

Justement pour ceux qui ont quitté Paris récemment, que retirez-vous de votre passage dans cette ville ?

C'est une ville très belle et très individuelle, mais pour une personne pas française, c'est pratiquement impossible de vraiment s'intégrer. Je n'arrive toujours pas à me faire comprendre.

Vos paroles parlent parfois de filles froides et distantes. Pourtant en consultant la blogosphère, j'ai pu me rendre compte que vous aviez pas mal de retombées positives sur des blogs féminins quelque part entre une recette de cuisine et un accessoire Hello Kitty. Je dois en déduire que votre public féminin est un peu une arlésienne ?

Haha ! Il faut que tu me donne ces liens s'il te plaît ! Peut être que notre look est assez original pour un groupe, d'une manière un peu 70's. C'est peut être ce que les filles reconnaissent... Mais nous avons un nombre égal de fans mecs, homos, lesbiennes, travestis, transsexuels... des guérisseurs et des drogués. Peut être que tous nos fans ont un truc en commun : c'est des marginaux. Les gens qui aiment notre musique sont en général des gens qui n'ont aucune appartenance.

Votre but ultime est, il me semble, la création d'une BO, vous avez avancé là-dessus ?

C'est dans les mains des mauvais gens. Quand était la dernière fois que t'as vu un film sans une bande-originale merdique ? Des années 50 aux années 80, les bandes originales étaient composées par des artistes et compositeurs célèbres, et aujourd'hui c'est toujours un nerd dans un studio surround-sound en train de bidouiller son orchestre midi... C'est plus fait par des artistes. J'aimerais bien entendre comment sonnerait une bande originale composée par Ariel Pink.

Je vous laisse le mot de la fin, parlez-nous de vos projets, vos side-projects, vos envies...

Écoute Anima Latina par Lucio Battisti. C'est tout.

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Thieves Like Us - Forget Me Not

The Drums - Forever And Ever Amen (Thieves Like Us Remix)

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Ghost Animal - In Your Room

frontC'est étrange comme les fantômes ne nous lâchent plus. Et qu'il s'agisse de nous faire danser (oOoOO, Balam Acab, White Ring) ou transpirer. Illustration encore avec Ghost Animal et ses guitares crades d'outre-tombe, mariant d'un revers de drap évidence mélodique et sonorités garage que l'on aurait trop vite fait d'enterrer à bon escient. Bouffé par les vers et perclus sous terre depuis des lustres, et ce malgré un blog d'entre les morts, l'animal ne revient que plus hargneux, écumant de cette rage violemment électrique et déployant avec fièvre ses hymnes de fond de caveau. Ghost Animal suinte l'effroi, l'algarade lo-fi. Complétant d'un Los Angeles hanté, le spectre de l'ombre s'étirant du Mississipi (Dead Gaze) en passant par Toronto (Little Girls), Ghost Animal s'acoquine avec goût lorsqu'il s'agit de coucher sur bande son macabre chaos : en juillet paraît sur le label de Mat Cothran, alias Coma Cinema (voir par ), Summertime In Hell, une cassette paradoxalement intitulée Summertime In Heaven, au même moment où, sur AMDISCS, son EP Frater Ave Atque Vale (disponible ici) se transforme en In Your Room, agrémenté de titres supplémentaires. Raisons de plus pour voir de grosses gouttes perler sur notre front, cet EP, téléchargeable ici et libre d'obole - trois malheureux dollar ou rien - du duo californien, composé de Michael Avishay et Marisa Rowland, ferraille impitoyablement, dans une configuration minimale (guitare, caisse claire, cymbale), un véritable déluge de distorsions à l'acide corrodant toutes velléités pop. Du flegme rance de Found God aux guitares crapoteuses de Some Other Time, en passant par l'irradié Fever Not Dead, le monde s'est arrêté de tourner et les plaines d'acier restent nos seules prairies de l'âme. Le morceau California Summer pt.2, déjà présent sur l'EP du même nom, disponible par , n'est que le brinqueballant témoignage d'un été suintant par tous les pores d'un soleil cafardeux quand la chaotique cabale In Your Room conclut l'EP par ce qui aurait pu être l'esquisse d'un clin d'œil ou d'un sourire complice, mais qui se révèle être l'empreinte d'une bourrade mortifère aux abords d'un précipice foutrement vertigineux. La contagion nihiliste semble irréversible. Effroyablement jouissive.

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Ghost Animal - Sumertime in Heaven

Ghost Animal - In Your Room

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Tracklist

Ghost Animal - In Your Room (2010)

1. Found God
2. There Are So Many Other People Like You
3. Some Other Time
4. California Summer pt.2
5. Fever Not Dead
6. In Your Room


On y était - The Dead Weather

the-dead-weather-6-webPhotos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

The Dead Weather, Le Bataclan, Paris, 30 juin 2010

Un an et un jour après la première incursion parisienne du supergroupe manigancé par Jack White depuis son studio de Nashville, The Dead Weather est de retour pour présenter Sea Of Cowards, son incandescent deuxième album, chroniqué ici dans nos pages. Malgré la chaleur écrasante, le public se presse devant le Bataclan, même si l'espoir d'y trouver une once de fraîcheur paraît bien maigre.

Quelques degrés supplémentaires et une première partie plus tard - The Cavaliers, quatre jeunes hommes restés coincés dans le rockabilly façon Pulp Fiction dont le set était capillairement très réussi - la température est déjà presque insoutenable. Et pourtant, on n'a encore rien vu. Quand les Dead Weather débarquent sur scène au son du vieux Beefheart habituel, je me mets littéralement à transpirer dix fois plus. Ce doit être à peu près l'effet qu'a la féline Alison Mosshart sur tout être humain normalement constitué. Difficile en effet de continuer de respirer normalement alors qu'elle se déhanche le long de la scène et que, souple comme un chat, elle jette sa chevelure de jais en arrière - en sa présence, les retours deviennent plus excitants d'une barre de pole dance. Pourtant, quand on a vu la belle égérie des Kills sur scène un certain nombre de fois, on sait que tout ça n'est qu'une chorégraphie consciencieusement répétée, de façon presque mécanique parfois : toujours les mêmes mimiques, les mêmes gestes, les mêmes effets ; mais exécutés avec tant de conviction qu'on a beau les connaître par coeur, on n'arrive qu'à y croire, désespérément. Et pourtant, ce soir-là, on sent qu'elle peine : accablée par la chaleur, VV s'effrondre par terre après deux titres - dont un Jawbreaker inaugural particulièrement fracassant - et disparaît de la scène à la moindre occasion. Assomée et trempée, elle ne fume même plus ses légendaires Malboro menthol et se traîne sur le sol d'épuisement sous l'oeil inquiet d'un tour manager aux petits soins. Mais si la chaleur aura eu raison du robot Alison, courcircuité en plein effort, ses trois acolytes mâles rattrapent le coup avec brio, continuant d'éxécuter consciencieusement les morceaux dans l'humidité ambiante. Laissant sa muse se reposer, Jack White attrape le micro et prend le devant de la scène pour un sublime You Just Can't Win, seul morceau vraiment risqué de la setlist, composée essentiellement des tubes du groupes. La version live de ces derniers me fait d'ailleurs repenser à la critique élogieuse que j'avais faite de Sea Of Cowards. Malgré sa qualité, ce second opus a subi le même sort que le précédent : rapidement, j'ai arrêté de l'écouter. Les morceaux qui le composent sont certes mieux construits, plus travaillés, mais ils restent aussi évanescents qu'un bon concert. Et pourtant, je ne manquerais pour rien au monde l'occasion de voir The Dead Weather en live ; car qu'on se le dise, c'est l'un des meilleurs groupes de scène actuels, et la réinterprétation qu'il y fait des morceaux dépasse de mille lieux leur version studio. Formé lors d'une tournée des festivals d'été, The Dead Weather est définitivement et presque exclusivement destiné à vivre sur scène, et ses albums ne sont qu'un aperçu de la puissance de ses concerts.

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D'après certaines sources, la température dans la fosse avoisine désormais les 51°C. De quoi tuer un poney. Jack White prend même la parole pour élire le Bataclan pire salle du monde, tandis qu'Alison s'effondre une énième fois, que le front de Dean Fertita s'épanche de litres de sueur sur le sol et que les cheveux de Jack Lawrence, pourtant habituellement aussi infaillibles que ceux d'un Playmobil, commencent à montrer quelques signes de faiblesse. Du côté du public, l'enthousiasme est toujours aussi intense, mais les corps trempés commencent à s'épuiser. Le mythique duo de Will There Be Enough Water, qui provoque comme d'habitude une vague de recueillement au sein du public, nous accorde un peu de répit, et puis c'est le rappel et le déchaînement final sur Die By The Drop et Treat Me Like Your Mother. Trop court, mais qu'importe ; on se rue vers la sortie et, enfin libérés de l'ambiance humide de la jungle, les esprits échaudés des fans de la première heure reprennent leurs discussions habituelles : "Et si on obligeait L.J. à se raser la barbichette ?"

Photos

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Setlist

1. Jawbreaker
2. 60 Feet Taal
3. Hang You From The Heavens
4. You Just Can't Win
5. I Cut Like A Buffalo
6. So Far From Your Weapon
7. No Horse
8. The Difference Between Us
9. I'm Mad
10. Hustle And Cuss
11. Blue Blood Blues
12. Will There Be Enough Water
13. Die By The Drop
14. Treat Me Like Your Mother


Wild Nothing - Evertide

evertideAprès le magnifique Gemini sorti sur le prolifique label Captured Tracks il y a quelques semaines,  Jack Tatum aka Wild Nothing s'offre une escapade européenne élégante qui nous ravit encore une fois. Evertide EP inaugure la naissance de Warmest Chord (www.warmestchord.com), créé par des membres de Rough Trade et Make Mine, et dont la spécificité sera d'accompagner ses productions musicales virtuelles par une œuvre graphique matérielle, ici un hologramme de l'artiste français Franz Vesolt (www.vesolt.com). Les 75 exemplaires de cette « pochette » ont déjà été envoyés aux plus rapides et chanceux, mais vous pouvez toujours vous consoler en téléchargeant les 3 titres toujours disponibles sur le site du label.

Evertide nous propose encore la nostalgie et le shoegazing gracieux de Gemini, essentiellement sur Golden Haze et Take me In, proches des camarades Beach Fossils, le côté kitsch en plus.  Quant à Your Rabbit Feet, qui comporte des passages rythmiques captivants familiers à Slowdive, à Yo la Tengo ou à New Order, il vous rend addict dès la première écoute.

Audio

Wild Nothing - Your Rabbit Feet

Tracklist

Wild nothing - Evertide EP (2010, Warmest Chord)
1. Your Rabbit Feet
2. Golden Haze
3.  Take Me In


Tygerstrype

20436_271253509855_271245834855_3393937_6766109_nAbsolument rien, non rien de rien, pas la moindre phrase, rien, non vraiment rien pour nous aider à savoir qui se cache derrière ce parfait inconnu qu'est Gabriel Guerrero alias Tygerstrype, mis à part peut être qu'il mange, baise et dort à L.A., n'a pas l'air bien grand et n'excitera sans doute pas les yeux des amatrices de belles gueules. De toute manière, dans de pareils cas et dans la mesure où  je suis de ceux qui, en tant que partisan de la référence à tout prix, dissimule son incapacité à commenter sincèrement ce qui simplement l'émeut en se cachant derrière des pavés biographiques consensuels, je suis dans l'obligation de sortir ma casquette de faux cul et de partir des postulats suivants à savoir d'une part que la musique exprime au fond ce que nul autre langage ne peut dire et ,d'autre part, que le goût quant à lui se construit toujours dans le dos du critique. Donc pourquoi m'efforcerai-je encore à écrire sur ce qui doit simplement être écouté pour être compris. Pardonnez-moi cet excès d'ego trip.

Audio

Tygerstrype - Convict

Tygerstrype - Language is a Phonetic Orgy

Vidéo


Terror Bird - Shadows In The Halls

terrorL'Atelier Ciseaux a tenu parole. Celui qui est loin d'être porté disparu dans nos pages et qui a récemment régalé nos oreilles d'un split vinyle de Best Coast et Jeans Wilder et d'un 7" d'US Girls, récidive comme promis - et de concert avec la Station Radar - par un 7" d'un duo canadien à la splendeur sépulcrale proprement obnubilante. D'un redoutable et fantasmé prédateur préhistorique, Terror Bird s'est mué en indéfectible animal de la nuit, charriant de ses élucubrations désincarnées la moiteur de caves où l'on ne conjure l'ennui que par les beats. Nikki Nevver (voix, claviers) de Modern Creatures et Jeremiah Haywood (batterie) de Twin Crystals, abandonnant la frustre électricité de leurs groupes respectifs, prennent le contre-pied de la doucereuse chillwave pour emboîter le pas à cette nouvelle tribu de fantômes (oOoOO, Cosmetics, Balam Acab, White Ring ou Creep) peuplant tant l'incommensurable grimoire numérique qu'elle ne comble les sourdes aspérités d'insomnies hantées. Réhabilitant le format cassette et le son eighties, par le biais notamment du label Night People, support de leur captivante embardée Sociopaths are Glam parue l'année passée, le duo peut aussi bien convoquer autour de son minimalisme décharné l'intensité shoegaze des Jesus and Mary Chain que la new-wave tourmentée de Bronski Beat, et ce, à dessein de n'en garder que de substantifiques mélodies lunaires (les reprises Nine Million Rainy Days des premiers et Small Town Boys des seconds l'attestent).Tapi dans l'ombre, le visage faiblement balayé de lueurs astrales, on reste littéralement coi devant la beauté froide qu'insinue cette voix, transperçant, telle une émanation spectrale, d'infimes volutes de claviers (Dream For Your Bathwater, Box Office Boyfriend). On pense alors à un Glass Candy d'outre-tombe, où le glamour se conjugue au morbide d'un cimetière éventré. Pétrifié par son propre désir de renouer ce dialogue avec l'au-delà, le commun des mortels ne peut que recevoir Shadows in the Halls, sorti le 22 juin, telle une bienveillante malédiction. Le bruissement inaugural de Shadows in the Halls, mâtiné d'une rythmique fluette et presque enjouée, octroie au timbre si particulier de la nymphe Nikki un magnétisme étourdissant, surinant l'attention jusqu'aux quelques arabesques de synthétiseurs d'I Love No, dénotant d'une candeur crépusculaire que ne renierait en rien l'écurie . We Were Monsters creuse un sillon d'une toute autre nature, emprunt d'une profondeur à l'abysse sans fond, où l'on jure pénétrer les secrets d'alcôves d'un Mulholland lynchien, avant que Lament, ne conclue le 45 tours par une ode au parfum funéraire, où la voix de Nikki implore et où les nappes de claviers prononcent l'oraison. Le silence qui s'ensuit se fait létal et l'attente insurmontable : leur premier album, à paraître via Night People et Adagio 830, n'est prévu que pour la fin de l'été. D'ici là leur release party au Motel aura eu lieu. Dark pop tonight, revolution tomorrow.

Audio

Terror Bird - Shadows in the Halls

Vidéo

Tracklist

Terror Bird - Shadows in the Halls (2010)
Face A
1. Shadows in the Halls
2. I Love No

Face B
1. We Were Monsters
2. Lament - Twin Crystals Cover


Bermuda Bonnie

bermudabonnieElle est jeune, blonde platine, de belles et rondes lunettes noires et nippée palourde version flashy. Parfaite pour Saint-Tropez. Oui mais la demoiselle est new-yorkaise d'adoption en plus d'avoir plus d'un tour dans son synthé. Rebecca Huston, sous le nom con con de Bermuda Bonnie, sort un premier EP, éponyme, autoproduit et téléchargeable ici pour trois fois rien. La meuf idéale pour Parker Lewis, assortissant aux rutilantes chemises de ce dernier un son vintage bariolé. Listless et Houseboat finiront de vous convaincre.

Audio

Bermuda Bonnie - Listless

Bermuda Bonnie - Houseboat