Exploded View - Exploded View

Ah, la belle affaire de la reconversion professionnelle ! On savait la culture perméable à ce genre de pratique avec ces acteurs, souvent des actrices d’ailleurs, qui s’aiment à pousser la chansonnette à un moment donné de leur carrière, la plupart du temps pour le pire, mais dans ce cas, si le grand écart part du journalisme politique et débouche aussi sur la musique, l'opération a atterri directement dans les tuyaux de Sacred Bones. C’est déjà plus classe. Comme quoi, il n’y a parfois qu’un riff à trouver et des carnets de textes à dérouler pour accoucher d’un beau projet. Et cette histoire, celle d’Exploded View, commence à Mexico en 2014. En pleine tournée pour son projet précédent, Annika Henderson y rencontre Hector Melgarejo, Hugo Quezada et Martin Thulin, producteur de Crocodiles, qui l’accompagnent sur ses dates locales. Deux bidouilles de répétition plus tard, ils se rendent tous compte qu’un truc hybride, entre Can (Disco Glove), post-punk léthargique et alchimie ténébreuse on the rocks, est en train d’émerger, suffisamment stimulant pour qu’il donne naissance à Exploded View, association musicale à but incandescent.

Voulu enregistré en une seule prise, en condition de live, l’album fixe les obsessions expérimentales du bien inspiré groupe et livre une matière distordue, résonnante, où les notes sont exhumées de "six feet under" (One Too Many), déterrées depuis les profondes inspirations de la blonde tête pensante d’Exploded View qui offre une écriture engagée et délicate, relevée d’un chant cristallin éparpillé, comme surimprimé, sur lequel la batterie solide mais pas viking du suédois Martin Thulin enfonce le clou et s’emploie à consolider la charpente des improvisations musicales du quatuor : le bel interlude Beige, par exemple, qui fait suite à Gimme Something, exceptionnel de ses modulations sensuelles. Un son à l’équilibre précaire et aux errements expérientiels, le frisson de l’instant, c’est pile ce qu’Exploded View, nouvelle mouture des projets musicaux d’Annika Henderson, a réussi à sculpter à travers ses sessions de travaux pratiques mexicaines. Il est fini, le temps des reprises.

Vidéo

Tracklist

Exploded View - s/t (Sacred Bones, 19 août 2016)

01. Lost Illusions
02. One Too Many
03. Orlando
04. Call On The Gods
05. Disco Glove
06. Stand Your Ground
07. No More Parties In The Attic
08. Lark Descending
09. Gimme Something
10. Beige
11. Killjoy


John Carpenter - Vortex

John Carpenter – VortexAprès David Lynch l'année passée, c'est au tour de John Carpenter de sortir un premier album solo, Lost Themes, le 3 févier 2015 sur Sacred Bones Records. Cinéaste culte de l'horreur et de la fantasmagorie, responsable entres autres d'Halloween, Escape From New York, They Live, Assault ou encore Precinct 13, John Carpenter profite de l'occasion, bien entouré de Cody Carpenter et Daniel Davies, pour remettre les pendules à l'heure et graver dans le sillon ses maîtres inspirations mille fois galvaudées par le premier des clampins muni d'un synthé. Vortex - objet de multiples montages extraits de films du réalisateur new-yorkais à découvrir via ce lien - pose un décor sans fard : Carpenter fait du Carpenter, sans surprise mais avec le même talent qu'à l'accoutumé.

Audio

Tracklisting

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John Carpenter - Lost Themes (Sacred Bones Records, 3 février 2015)

1. Vortex
2. Obsidian
3. Fallen
4. Domain
5. Mystery
6. Abyss
7. Wraith
8. Purgatory
9. Night


Institute - Salt

InstituteInstitute est le projet de Moses Brown, un mec élevé dans la plus grande adoration de John Lydon, bientôt rejoint par des membres de plusieurs formation d'Austin au Texas parmi lesquelles Wiccans, Glue, Blotter et Recide. Quelques mois leur seront suffisants pour dégoiser un EP de démo - à choper par ici - préalable à un 7" Giddy Boys sur la structure New-Yorkaise Katorga Works. Big Apple n'étant pas si grande qu'on veuille bien le croire, le label de Caled Sacred Bones (lire) s'empressera de sortir le 14 octobre de l'année un nouvel EP 12", dénommé Salt, qui poivre bien la gueule justement à tout amateur de savatage post-punk, aussi rudimentaire qu'efficace. Le morceau-titre Salt est en écoute ci-après, une bière dans la main, des graviers dans le slip. Parquets quoi ?

Audio

Tracklisting

Institute - Salt (Sacred Bones Records, 14 octobre 2014)

1. Salt
2. Nausea
3. Familiar Stranger
4. Immorality
5. An Absence


Zola Jesus - Fall Back (PREMIÈRE)

Zola Jesus - VersionsSi Conatus (2011) n'a pas emporté la même et unanime adhésion que son précédent LP Stridulum II (2009), la diva gothique Nika Roza Danilova - plus connue sous l'alias Zola Jesus - ne s'est pas pour autant démontée. Invitée à se produire au Guggenheim de New-York, la nymphe en profita pour demander à JG Thirlwell de convertir les soubassements électroniques de ses mélopées en arrangements pour quartet à la patine néo-classique. Versions, à paraître sur Sacred Bones le 20 août prochain, est né de cette rencontre entre l'une des voix les plus envoûtantes du vingt-et-unième siècle et Fœtus, pionnier des musiques industrielles du début des années quatre-vingt au travers de ses multiples formations (Manoerxia, Steroid Maximus ou Wiseblood). Celui-ci, par son savoir-faire et sa compréhension des aspérités et silences que réclament les compositions de la jeune femme de vingt-cinq printemps, va réinitialiser certains morceaux de Conatus en œuvres lyriques, dépouillées de leurs nappes de synthétiseurs originelles. Le résultat, préalablement défloré avec Avalanche (slow), saura par sa légèreté faire taire les sceptiques (ou pas), tout en intimant à l'américaine une direction artistique autrement plus féconde. En témoigne l'inédit Fall Back, expiration spectrale et ascensionnelle d'une créativité régénérée, troquant ses oripeaux gothiques pour un angélisme classique assumé.

Zola Jesus et Fœtus se produiront ensemble le 4 octobre prochain au Café de la Danse dans le cadre d'une mini-tournée européenne.

Audio

http://www.youtube.com/watch?v=hvycDDxH2cM

http://youtu.be/9HFw3yOuauw

Tracklist

Zola Jesus - Versions (Sacred Bones Records, 20 août 2013)

01. Avalanche (Slow)
02. Fall Back
03. Hikikomori
04. Run Me Out
05. Seekir
06. Sea Talk
07. Night
08. In Your Nature
09. Collapse
10. Avalanche


Vår - The World Fell

Depuis la sortie d'In Your Arms de Vår en avril de l'année passée - divulguée notamment via une vidéo à visionner ci-après - nombreux étaient ceux guettant les annonces du label Sacred Bones avec la promesse de voir figurer le tant attendu LP du groupe de Copenhague, comprenant en son sein deux des activistes les plus prolifiques de la capitale danoise. À savoir, Loke Rahbek, co-fondateur du label Posh Isolation et chanteur du groupe Sexdrome, et Elias Bender Rønnenfelt, guitariste d'Iceage et membre de Marching Church et Pagan Youth. Une attente récemment récompensée puisque le label new-yorkais vient de lâcher dans la nature The World Fell, deuxième morceau de l'album à paraître le 14 mai prochain et joliment baptisé No One Dances Quite Like My Brothers. On y retrouve ceux qui se dénommaient encore début 2012 War - à l'occasion d'un debut EP, At War For Youth - en bien meilleure forme que leurs projets respectifs, embrassant d'une voix sombre d'immenses étendues synthétiques, entre minimalisme polaire, clin d’œil post-punk et revivalisme eighties.

Audio

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Tracklist

Vår - No One Dances Quite Like My Brothers (Sacred Bones Records, 14/05/2013)

01. Begin to Remember
02. The World Fell
03. No One Dances Quite Like My Brothers
04. Motionless Duties
05. Hair Like Feathers
06. Pictures of Today / Victorial
07. Boy
08. Into Distance
09. Katla