Sean Pierce - Sutro 12'' (PREMIERE)

Formant ASSS avec ses acolytes d'Oregon Alexander Smith et Sean Sumler, Sean Pierce n'en finit plus cette année d'inonder nos oreilles de ses expérimentations électroniques entre un premier EP en avril sur le label américain Motor, Transit, et une collection plus expérimentale de morceaux sur son propre bandcamp dilapidée en septembre. S'y ajoute depuis le 26 octobre dernier, Sutro, un second format court sur la structure Berlinoise Mannequin, délayant une électronique aussi malsaine que salement décavée. Si certains célèbrent le bonheur extatique par le bais de leurs beats, l'originaire de Portland lui mitraille dans le glauque, baignant sa techno modulaire d'un intense voile patibulaire, celui par le biais duquel l'on se sent proche de la rupture, physique et nauséeuse, coincé que l'on est entre bruits et pulsations. L'enclume rythmique s'abat sourdement sur de la taule rouillée, les synthétiseurs cisaillent de la ferraille au kilomètre, l’œil semble se figer sur les néons crasses, bref, Sean Pierce dresse avec Sutro un panorama aussi froid que nihiliste qu'on aura tôt fait d'écouter ci-après en intégralité.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Sean Pierce - Sutro 12'' (Mannequin, 26 octobre 2015)

01. Immodest Force
02. Hair
03. Memoir
04. Motorcade
05. Sutro
06. Torn Screen

seanpierce


Sixth June - Drowning

Sixt June - DrowningDuo serbe devant l'éternel, Sixth June a quitté depuis quelques années Belgrade pour Berlin. Là où vit précisément Alessandro Adriani, instigateur du label Mannequin Records (lire), toujours aussi friand de décoctions à base de claviers analogiques. C'est ainsi tout naturellement - après un bref passage en 2010 sur Genetic Records via la structure parente No Emb Blanc - que le vidéaste Laszlo Antal et l'actrice Lidija Andonov sortirent deux EP sur la maison de disques néo-berlinoise dont Back For A Day en 2011 et l'enthousiasmant Pleasure le 3 décembre dernier. Histoire de battre le rappel quant à cette réussite, les deux jeunes gens aux visages émaciés ont auto-produit une mise en image de Drowning, tout aussi captivante.

Vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=ySJmnrG3rK8#t=90

Audio

Tracklisting

Sixth June - Pleasure EP (Mannequin Records, 3 décembre 2013)

A1. Pleasure 04:10
A2. Someone 04:30
B1. Drowning 05:24
B2. Kill me 04:51
B3. Enoemos


Police Des Moeurs - s/t (FULL STREAM)

Pitché le 2 décembre dernier à l'occasion d'une écoute exclusive du morceau Ta Fin du Monde (lire), le premier LP éponyme des quatre Police des Moeurs, emmenés par Francis Duguas, est depuis peu en écoute intégrale via le label néo-berlinois Mannequin. De quoi s'enticher de leur son minimal-synth élégant sans être maniéré, et piailler d'impatience quant à leur prochaine venue européenne prévue en juillet 2014. Mention spéciale aux morceaux Dernière Chance et Je Serai Là Encore, véritables parangons de la métamorphose du groupe vers une pop électronique sacrifiant un brin de spontanéité sur l'autel d'une maturité faite de temps instrumentaux plus longs et d'une narration plus complexe. Pour commander l'album, c'est par ici.

Audio


Police des Moeurs - Ta Fin du Monde (PREMIERE)

Police des Moeurs À mi-chemin entre les Hexagonaux trop souvent passés à l'as Martin Dupont et les New-Yorkais de Xeno & Oaklander, les Montréalais de Police des Moeurs enfilent les labels fascinants au même rythme que les single envoûtants : après Visage Musique (lire) et Atelier Ciseaux (lire), les voilà sur Mannequin pour droper leur premier LP éponyme à paraitre le 9 décembre prochain via la structure néo-berlinoise (pre-order ici). Une histoire qui avait commencé en début d'année avec la compilation The End of Civilization (lire) patronnée par Valentina Mushy et le morceau Tout Ce Qui Te Fait Mal Te Fait Du Bien en tête du tracklisting. Un brin assagi, le quatuor mixte emmené par Francis Duguas livre avec Ta Fin du Monde une mise en bouche en parfaite résonance avec ladite compilation - du moins dans le titre -, taillant dans les claviers et des paroles châtiées en français les affres d'une synth-pop en clair-obscur, à la fois vénéneuse et lumineuse.

Audio (PREMIERE)


Musumeci - Schwarz Morgen / Zusammen LP (PREMIERE)

FRONT COVERDébut de la décennie quatre-vingt, Turin. Les années de plomb n'en finissent pas d'ensanglanter la botte quand l'élection présidentielle italienne souligne les maux sociaux et économiques du pays : crise, dette et déficit budgétaire records embrassent un contexte déjà tendu par la corruption, la mafia et un rejet de plus en plus latent d'une immigration devenue massive. De la même manière qu'au Royaume-Uni où le désespoir, né de la crispation d'une société au bord du gouffre, féconde l'univers culturel, l'Italie connaît alors une effervescence musicale trop souvent passée sous silence. Et tandis que le label documentaliste se plaît à mettre en lumière toute l’acuité de la période post-punk transalpine par le biais de la compilation Mutazione, parue en août et chapeautée par Alessio Natalizia de Walls, le label romain Mannequin Records (lire) n'a de cesse de piocher avec goût dans ce vivier mésestimé à l'heure d'alimenter les bacs à rééditions. Ce lundi 14 octobre, le néo-Berlinois Alessandro Adriani sort ainsi trois LP de formations turinoises cristallisant par leur new-wave noire et frigorifiée ces sentiments croisées de décadence, d'affliction et de romantisme dépité. Il en va ainsi de Tommy De Chirico et Monuments, mais aussi et surtout de Musumeci, réunion ultra-confidentielle de Mauro M. (ex-Rude Pravo), Franco G. (ex-Errata-S-Corrige), Laura G. (ex-Rude Pravo) et Paul C. (voix de K Position) autour d'un synth-punk politisé - en témoigne le morceau présent sur la compilation Danza Meccanica Vol.2 (lire) du même label et baptisé Harry Batasuna. Deux EP, Schwarz Morgen (1985) et Zusammen (1986), réunis ici sur chacune des faces à écouter ci-après, scelleront cette collaboration oscillant entre D.A.F. et Psyche, entre radicalisme punk et digressions synthétiques. Si Schwarz Morgen résonne telle une violente et vociférante déclaration d'intention, Zusammen se love dans un obscur instrumentalisme non dénué d'électricité.

Audio (STREAMING PREMIERE)

Tracklist

Musumeci - Schwarz Morgen / Zusammen LP (Mannequin Records, 14 octobre 2013)

A1. Paura
A2. Schwarz Morgen
A3. Tag Fur Tag
A4. Harry Batasuna
A5. Berlino
A6. Lieber

B1. B.F.V.
B2. Zusammen
B3. Sie Ist Vorber
B4. Apocalypse
B5. Challenger
B6. Haguenau
B7. Untitled


Phantom Love - 12" EP

Il y a tout juste un mois, Phantom Love révélait son insidieuse essence via un 12″ EP à paraître aujourd’hui sur  - et partiellement divulgué par le blog 20JazzFunkGreats et le morceau introductif Lotus -, le tout sans dévoiler une once de son existence, ni même de son identité véritable. Contrecarrant donc la fameuse assertion sartrienne avec cet énigmatique projet, qu'on nous laisse situer quelque part au sud de l’Europe, et plus certainement en Italie, Phantom Love ravive par ses instrumentations denses et hypnotiques cette fascination morbide, aux ornements gothiques, pour l’obscurité, mère de toutes les mystères. Désormais marque de fabrique de la structure romaine - ayant récemment édité la compilation End of Civilazation (lire) -, l'électronique minimale inoculée sur les quatre pistes dudit EP - en écoute exclusive ci-après - témoigne d’un syncrétisme sans frontière - conciliant la fantasmagorie propre au cinéma de Carpenter (lire) aux soubassements rythmiques d’une kosmische music proférant encore et toujours que d’une discipline stricte peut naître une liberté absolue -, créant par analogie un jeu de miroirs par le biais duquel on ose quelques comparaisons plus contemporaines : dans le sillage d’artificiers américains tels que Xander Harris (lire) et Umberto (lire) du label Not Not Fun, passés maître dans l’art d’ensorceler les foules, Phantom Love magnétise l'attention avec une lascivité qui n'est pas sans rappeler celle de Tropic of Cancer, le chant en moins. S'étirant sur dix minutes, qui en paraissent moitié moins, Lotus initie la cabale introspective par la répétition primaire de motifs séquencés, dans lesquels s’immiscent les germes psycho-actifs du voyage spatio-temporel : arpèges de synthétiseurs obsédants, tintements de cymbales lointains et nébuleuses réverbérations. Odeon Columns prolonge cet état traumatique, que Psychic June, en face B, fait voler en éclat par ses vitupérations discoïdes. Tropical Illness, et ses claviers en suspension, conclut un premier EP, bientôt suivi d'un second, paru le même jour que deux autres albums sur l'hyperactif Mannequin : le LP de Cult of Dom Keller, ainsi qu'un autre 12" de The Coombe, collaboration de Karen Sharkey et Samuel De La Rosa de Led Er Est.

Streaming (PREMIERE)

Tracklist

PHANTOM LOVE - 12" EP (09/04/2013, Mannequin)

01. Lotus
02. Odeon Columns
03. Psychic June
04. Tropical Illness


V.A. - The End Of Civilizati​on

Dans la droite ligne d'une immixtion quasi symbiotique de Mushi au sein du label  - structure sur laquelle l'Italienne a sorti ses deux premiers longs formats, Faded Heart (2011) et Breathless (2012, lire), et dont l'initiateur, Alessandro Adriani, s'occupe des claviers lors de ses prestations live -, rappelant de près ou de loin celle d'Ela Orleans (lire) au sein de Clan Destine Records, une carte blanche a été accordée à Valentina Fanigliulo, de son vrai nom, pour compiler une douzaine de morceaux inédits selon ses propres accointances musicales. Ainsi est née l'idée de The End of Civilization, témoignant une nouvelle fois de l'ouverture internationale du label romain pour les scènes actuelles issues des mouvements cold wave, dark wave, minimal synth et post-punk - en sus d'un flair qui n'a d'égal que celui de Dark Entries ou Desire Records dans l'art de la réédition de trésors cachés. Prolongeant la série de splits du label unissant sur deux faces d'un même vinyle formations transalpines et étrangères - tel le 7" d'Ancien Regime et Led er Est - et illustrant les propos tenus par Alessandro lors d'une interview en 2011 (lire) - concernant justement ce lien vrai et profond entre la scène italienne et étrangère -, The End of Civilization juxtapose styles et influences, faisant la part belle à la scène nord-américaine. Ainsi on chemine avec un intérêt non feint de la coldwave francophone et euphorisante des Montréalais de Police des Moeurs - que l'on retrouvera bientôt via un EP six titres sur Atelier Ciseaux - au post-punk décharné des Angelinos de Deathday, du duo orégonais minimal-noise ASSS aux (faux) Irlandais de Tablets - qui ne sont autres que ceux de Low Sea (lire) -, de la pop synthétique de Jim Smith aka Teeel à celle spectrale de Brandy St. John et son projet The Long Wives, et ce, avec une attention toute particulière pour les formations que l'on connait moins, ou pas du tout, que ce soit la machinerie froide et statique des résidents de Chicago, The Circa Tapes, ou celle luminescente des Londoniennes de Phosphor. Et si une touche plus Krautrock est apportée à l'édifice par les Berlinois de The Strange Forces, les Anglais de The Murder Act coulant la leur dans une no-wave plombée de saturations, l'un des plus beaux mystères restera pendu aux lèvres de Rosemary, projet de la chanteuse iranienne Sahar et du producteur danois Lasse, jetant un pont synthétique entre Téhéran et Copenhague avec un singulier détour par Portland et l'italo-disco de Glass Candy. En plus d'excuser à elle seule toutes les insultes proférées par ce satrape de Materazzi, Valentina Mushy a autant de bons amis que de bon goût à revendre. L'inquiétante pochette de la compilation, réalisée par ses soins, en atteste.

Audio

Tracklisting

V/A - The End of Civilization (11 février 2013, Mannequin)

A1. Police des Moeurs - Tout Ce Qui Te Fait Mal Te Fait Du Bien
A2. ASSS - Clean Up
A3. The Circa Tapes - Olane Dementia
A4. TEEEL - Imperial
A5. Rosemary - Blind Myself

B1. Deathday - After Dark
B2. Phosphor - Skull
B3. The Murder Act - Rapture
B4. The Strange Forces - Shizer In The Shadows
B5. Tablets - I Feel Uneasily Loved
B6. The Long Wives - Odd Funerals


Der Noir - Another Day

Dead Summer. Un nom d'album à faire frissonner la volaille que l'on est, caquetant au beau milieu d'un hiver sans pitié. Dead Summer ou la marque de fabrique, froide, synthétique et désemparée, assénée en plein cœur d'un quotidien déjà gris par le trio synth-wave italien Der Noir. Et force est de constater que les Romains savent s'entourer lorsqu'il s'agit de fourvoyer nos pas noctambules. Le single Another Day se trouve en effet transpercé par la voix vespérale de Mushy (lire), quand bien même Newclear Waves en assure la production. Celui-ci n'est autre que la pierre angulaire du label (lire) sur lequel sort justement Dead Summer en ce début d'année 2012. Done et le morceau ayant donné son titre à ce premier LP, Dead Summer, ci-dessous en écoute, enfoncent éméritement le clou : l'infinie tristesse, aussi froide que contenue, n'est pas l'ennemie du beau, mais bien l'une de ses plus fidèles alliées. Suffit-il de savoir l'apprécier, sans crainte aucune.

Audio

Vidéo


Mannequin l’interview & mixtape

Mannequin Records, label italien spécialisé entre autres genres en minimalisme électro et post-punk, est dirigé par le passionné Alessandro Adriani. Cette structure, qui a ressorti en vinyle nombreuses perles du passé, se focalise à présent davantage sur la découverte de nouveaux talents italiens et internationaux. Alessandro apporte un soin tout particulier au choix de ses artistes et aux produits qu'il défend. Régulièrement enrichi, son catalogue comporte notamment les signatures de Martial Canterel, Sixth June, Led Er Est, //TENSE//, Mushy , Violet Tremors, Frank (Just Frank), et les Américains The Present Moment, qui préparent un album prometteur dont nous parlerons avec joie à la rentrée. Interview et mixtape pour Hartzine.

Salut, qui es-tu Alessandro ?
Hello, who are you Alessandro?

Salut, je m’appelle Alessandro Adriani, fondateur en juillet 2008 de Mannequin Records, qui produit, distribue et diffuse de la musique issue des mouvements cold wave, dark wave, minimal synth et post-punk, dans le but de proposer des groupes inconnus au monde.

Hello - I'm Alessandro Adriani , founder and executive director of Mannequin Records, founded in July 2008 in order to publish, distribute and spread music from the Cold Wave, Dark Wave, Minimal Synth and Post Punk area, with the purpose of bringing back to life and propose bands from this mostly undiscovered world.

Comment a commencé l’aventure Mannequin et pourquoi avoir choisi ce nom ?
How did Mannequin Records start? Why this name?

Le nom de Mannequin vient d’une vraie tête de mannequin que j’ai dans mon studio d’enregistrement (je suppose qu’elle date des années 70 ; je l’ai trouvée dans une ancienne parfumerie), j'y posais mes écouteurs. Après quelque temps, j'ai pu voir des similitudes avec la musique que nous proposons. En fait Mannequin était le nom d'un label canadien qui a produit Ceramic Hello et Kinetic Ideals, et aussi d'un morceau d’Experimental Products, d'un autre de The Wire, etc.

The name of Mannequin comes from a real mannequin head (I suppose it’s from the 70’s, I found in a old perfumery) that I have in my recording studio, where I usually put my headphones on.  Only some time later I was able to reconnect many similarities with the music we are proposing. In fact ‘Mannequin’ was the name of a Canadian label who produced bands like Ceramic Hello and Kinetic Ideals, Mannequin is the name of a track from Experimental Products and from The Wire, and so on…

Y a-t-il une philosophie Mannequin ?
Is there a Mannequin Records philosophy?

Mannequin a le but double et parallèle de révéler des trésors cachés ou non publiés depuis la période de référence de ce genre de musique (fin des années 70 - moitié des années 80) jusqu’à aujourd’hui, proposant de nouveaux artistes italiens et étrangers en vinyle.

J’ai mis un point d’honneur à créer ce qui n’existait pas dans un passé récent, à savoir un lien vrai et profond entre la scène italienne et étrangère. Pour y arriver, j’ai décidé de produire une série de split vinyles de groupes étrangers et italiens qui faisaient de bonnes choses mais qui n’étaient pas vraiment remarqués.

Mannequin has the dual and parallel aim to unearth hidden or unpublished gems running along a road that starts from the period of reference for this kind of music (late 70's – mid 80's) and comes to nowdays, proposing, in the format of vinyl, new Italian and foreign artists.

I would like to point out that one of my first focus was to create what it was not existing at all in the recent past, I mean a true and deep link between the Italian and the foreign scene. To realize that, I decided to release a serie of split vinyls between foreign bands with local Italian bands that were doing great music but just some few persons were paying attention at.

Comment choisis-tu tes artistes ?
How do you choose your artists?

Je suis une personne curieuse, il est donc naturel pour moi de consommer des tonnes de musique tous les jours. En ce qui concerne les nouveaux groupes, je peux te dire que j’écoute toutes les démos que je reçois mais parfois, un ami attire mon attention sur quelque chose ou alors… sur internet… Je pense que tous les médias sont absolument nécessaires pour avoir une vision cohérente des bonnes choses qui se font. Et le conseil d'un ami vaut mieux qu'un millier de chroniques sur Pitchfork.

I am a curious person, so for me is normal to listen every day tons of new music. About new bands I can tell you that I listen personally every demo we receive, but sometimes it could be that a friend is bringing something to my attention, or well…from Internet….I do think that every media is absolutely necessary to have a proper vision of the good things are coming out. And an advice from a friend counts more than one thousand of reviews on Pitchfork.

Peux-tu en présenter quelques-uns  ?
Could you introduce some of them?

Nous produisons quelques-uns des meilleurs groupes internationaux comme Led Er Est, Frank (Just Frank), //TENSE// et Sixth June, et je suis très fier des morceaux qu’ils nous ont offerts. Le Faded Heart de Mushy a aussi été élu album de la semaine par Rough Trade ; c’est une vraie perle à ne pas manquer.

We released some of the best new International bands like Led Er Est, Frank (Just Frank), //TENSE// and Sixth June, I am really proud of the tracks they gived us. Mushy also was reaching the album of the week at Rough Trade with Faded Heart, a true gem you won't miss.

Mannequin est à la fois label et tourneur. Prévois-tu d’agrandir encore davantage son champ d’action ?
You are a label and also a booker, are you planning extend even more the scope of Mannequin?

Depuis mars 2011, nous sommes officiellement distribués dans la plupart des grands magasins digitaux par The Orchard. Donc l’étape suivante serait de proposer une distribution digitale aux labels ou aux artistes que nous distribuons physiquement.

From March 2011 we are officially distributed in all the most important digital stores by The Orchard, so the plan is to offer a digital distribution to the labels or artists we distribute physically.

Quelle est ton opinion sur la musique pop italienne ?
What is your view of Italian pop music?

Dans le cadre de mon boulot en dehors de Mannequin, j’écoute malheureusement beaucoup de merde. Sérieusement. Mais en dehors de ça, je trouve que l'Italie a produit des tas de chanteurs et musiciens talentueux par le passé, avec de grands producteurs. Ecoute un album enregistré dans les 70’s dans les magnifiques studios RCA de Rome et un enregistrement actuel. Il n'y a aucune comparaison. Et puis, il y a l'Italo Disco !

For my job apart Mannequin I unfortunately listen a lot of this shit. Seriously. Apart that, Italy produced a lot of very great singers and musicians in the past, with amazing producers. Listen to an album recorded in the 70's at the fabulous RCA Studios in Rome and listen to one produced now. You can't even compare them. And hey:  Italo Disco !

Vois-tu le fait d’être italien comme un avantage comparé à un label minimaliste anglais ou allemand ?
In your opinion, is being an Italian label a strength or a weakness compared to English or German minimal or dark labels?

En Italie, il n’y avait rien de similaire avant notre arrivée. Il a donc été facile de commencer et d’attirer un peu d'attention. L’ironie du sort a voulu que Mannequin soit plus connu à l'étranger que dans son propre pays...

In Italy there was nothing similar to us before so it was almost easy to start and to receive a little bit of attention. The ironic side is that Mannequin is more famous outside Italy than inside its country....


Quels sont les labels ou les artistes qui t’ont influencé ?
Which past or present labels or artists influenced you?

Je ne rendrai jamais assez hommage à Factory Records et 4AD. Je me sens « géométriquement » connecté à ces deux labels qui sont une inspiration continue pour Mannequin, aussi bien musicalement que graphiquement.

D’un point de vue plus personnel, dans les 90’s j’écoutais beaucoup de styles différents, de l’électro au post-rock, en passant par la dark wave et le minimal synth, mais mes groupes préférés étaient Coil, GYBE! et Ride.

I deeply pay my homage to Factory Records and 4AD. I feel "geometrically" connected with these 2 labels, that are a continuous inspiration for Mannequin, in the music and graphics.

Personally in the 90’s I was listening many different genres, from electro to post rock, from dark wave to minimal synth, though my fav bands ever are Coil, GYBE! and Ride.

Comment vois-tu ton futur ?
How do you see your personal future?

Je veux être un hacker.

I want to be a hacker.

Mixtape

1. The Present Moment – Intrigue
2. Octavius - Of Mask And Money
3. Sixth June - Back For A Day
4. Violet Tremors - Time Dissolver
5. Violet Tremors - Violet Trance
6. //TENSE// - Disconnect Myself
7. Mushy - Losing Days
8. The Metronomes - A Circuit Like Me
9. Degada Saf - Poli Su Mis
10. Intelligence Dept. – Loneliness
11. Vena - A Mortal Song In A Beautiful Sunday
12. Taste Of Decay - This Station
13. Led Er Est - A Darkness In My Soul (Solid Space cover)
14. Newclear Waves - Blood Moon
15. Opus Finis - Road To Hell
16. Ancien Régime - The Phantom Chariot
17. Led Er Est – Orange
18. Ancien Régime - Brief Encounter
19. Frank (Just Frank) – Valérie
20. CHROMAGAIN – Satisfied
21. Intelligence Dept. – Loneliness
22. Led Er Est – Lonesome XOXO


Mushy l'interview


Mushy, c’est Valentina, artiste pluridisciplinaire signée sur Mannequin Records, pour qui elle a travaillé en tant que designer avant de consacrer le plus clair de son temps à la musique. Souvent comparée à Zola Jesus, cette jeune Italienne passionnée, entre autres, de sons industriels, œuvre davantage sur le tableau des atmosphères dark wave plus abstraites et subtiles. Son album Faded Heart, est une pièce mature à exploiter sans retenue tant il est une source d'émotions intarissable. Graphiste et future architecte, Valentina accorde une importance capitale à l'image. Les diverses séquences que vous trouverez en bas de l'article transposent à merveille les ambiances sonores morbides qui hantent nos rêves et fantasmes les plus délicieusement malsains.

Qui es-tu Valentina ?

Je m’appelle Valentina, j’ai 26 ans et je vis à Rome. Je termine mes études universitaires d’architecte et j’ai commencé mon projet musical en 2003. Je suis plutôt active dans le domaine artistique. Tout art ou toute créativité me passionne et j’ai toujours tenté de m’exprimer par l’art de différentes manières, même si je n'ai pas de connaissances théoriques ou techniques à cet égard. Ce qui m’importe le plus, c’est de pouvoir m’exprimer par des moyens qui sont à ma disposition sans m’imposer de limites, en pensant uniquement à ma satisfaction personnelle et pas au succès.

Comment définirais-tu ton projet Mushy ?

J’ai essayé de définir le rôle de Mushy dans ma vie privée ou personnelle. Ce n’est pas mon alter ego mais c’est l’expression, sans masque, de mon être profond et j’arrive heureusement de cette manière à le vivre de manière positive.

Tu te sens plus musicienne, architecte ou designer ?

Je me sens davantage comme une artiste car il regroupe les trois sans les mettre en compétition. Je n’ai grandi sous aucun de ces profils mais je me les suis appropriés tour à tour quand j’en ai eu l’occasion et l’inspiration. Je dis ça juste pour que l’on comprenne que j’essaie d’avoir toujours un rapport très simple avec les choses, en essayant de ne jamais rien étaler.

Envisages-tu la musique comme une architecte sonore ?

Quand je compose, je ne suis aucun schéma précis. Je pars d’une idée ou d’une mélodie que j’essaie de développer. Je commence à jouer du synthé ou de la guitare et quand j'ai une idée qui me ressemble, je commence à l'enregistrer. Premièrement, je commence à chercher une partie rythmique qui épouse la mélodie, je l'enregistre puis je continue avec la basse, la base harmonique puis la voix. Quand tout commence à prendre forme, arrivée à ce stade, j’essaie de redonner une structure au morceau et on peut dire qu’à ce moment l'architecte commence à projeter…

Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ?

J’ai commencé en 2003. À ce moment, j’écoutais beaucoup de musique industrielle et expérimentale en plus de la new wave. J’ai commencé comme un jeu. Un été, alors que j’étais en train d’étudier, un fil de cuivre a capté toute mon attention. Je me rappelle l’avoir fait vibrer comme s’il s’agissait d’une corde de guitare ou de basse, et le son ainsi produit était tout simplement parfait. J’ai pris une caméra numérique et j’ai enregistré une vidéo, juste pour le son. J’ai essayé de composer une mélodie et d’extraire de cet objet quelque chose d’autre que sa fonction habituelle. C’est ainsi qu’est né mon premier morceau et mon désir de recherche, d'expérience, de répéter et de jouer. J'ai uploadé quelques morceaux sur un programme de partage de fichiers et après quelques mois, le label indépendant industriel italien Cold Current m’a contactée et m’a proposé de presser mes morceaux en quelques exemplaires. De là tout a démarré.

D’où vient le titre de ton album, Faded Heart ?

Faded Heart est tiré du morceau éponyme de l'album. Le texte évoque un amour profond, qui est en train de s'évanouir. Je l'ai pris comme nom d'album parce que ce sentiment a été celui qui régnait à la conclusion de l'album. C'est l'instant qui arrive et qui s'évanouit.

Que penses-tu du fait d'être musicienne en Italie de nos jours? Est-ce un endroit valable pour y développer son art ?

Cela pourrait l'être mais malheureusement, ce n'est pas le cas… J’ai reçu plus d'intérêt du reste de l'Europe et des États-Unis que de l'Italie. Mais je ne me plains pas parce que les marques positives que j'ai reçues dans mon pays ont été importantes pour le genre musical underground dans lequel j'évolue par rapport à plein d’artistes italiens. J’aimerais de manière générale davantage de solidarité et de considération pour les artistes qui font de la musique valable dans tous les domaines.

Aimes-tu la scène ?

Je suis souffrance et libération à la fois. J’ai des sentiments très contrastés. Avant chaque live, je ressens une forte pression que je libère quand je commence à chanter, et là commence le processus de rédemption… Je vis le live comme une expérience cathartique. J’essaie toujours de créer une atmosphère et une ambiance autour de moi. C’est comme un transfert psychanalytique musical de moi vers le public, amplifié par une projection d’images suggestives. J’ai décidé, jusqu’à ce que j’en aie la possibilité, de jouer en concert seule sans l’aide de personne. Je me rends compte que musicalement, je ne peux offrir la même qualité sonore qu’un groupe pourrait le faire, mais c’est sans importance.

Tu te sens proche d’un artiste en particulier ?

Oh, oui ! J'admire plusieurs artistes dont j’apprécie l’expression corporelle ainsi que des chanteurs comme Nico, Nina Simone, Michael Gira, Diamanda Galas ou Hope Sandoval. Musicalement, j'aime vraiment les sons sombres, mélancoliques, hypnotiques et psychédéliques et c'est ce que j'ai tenté d'exprimer musicalement dans mes morceaux. Mon parcours musical est un mélange de kraut, dark wave, post-rock et shoegaze.

La comparaison avec Zola Jesus te flatte ou t’ennuie ?

La comparaison ou le rapprochement avec Zola Jesus ne m’ennuie absolument pas, nous sommes toutes les deux artistes solo et le rapport expressif et intime que nous entretenons avec la musique est notre point commun. Je ne connais pas en détail son travail musical et je ne pense pas qu'elle connaît le mien, mais notre point commun est l'expression émotionnelle. Les commentaires que j'ai reçus pour mon album Faded Heart me définissent souvent comme une version italienne de son travail mais la comparaison, ensuite, s'est peut-être un peu éloignée de la raison initiale.

De quoi parle ta chanson Losing Days ?

Losing Days a été l'un des derniers textes que j'ai écrits pour l'album. Je parle de ceux tourmentés par leur douleur intérieure, vécue comme une condamnation à mort et, ce faisant, qui ne font rien d’autre excepté détruire leur propre vie. Je transfère la même condition à ma propre personne et je prends conscience que de tels sentiments sont négatifs et j'ai l'impression d'avoir perdu mes jours. C’est aussi sur la difficulté d’être conscient...

As-tu des projets parallèles ?

Depuis environ un an, en plus de Mushy, je joue dans un groupe new wave post-punk, Winter Severity Index. C'est ma première expérience dans un groupe et ça m'excite à la fois musicalement et intellectuellement. Nous sommes un quatuor de filles, nous avons déjà enregistré une démo de 5 chansons et nous avons l'intention de produire un album complet. Pour l'instant, nous essayons de nous faire connaître à travers des concerts tant en Italie qu'à l'étranger, nous avons reçu beaucoup de feedback positif, en particulier venant de la France, de l'Espagne, de l'Allemagne et du Portugal.

Comment vois-tu ton futur ?

Dans l'avenir, j'espère m’impliquer avec le même état d’esprit et la même passion musicalement et artistiquement. Je considère que c’est ma voie et ma source vitale.

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Sixth June - Back For A Day EP

front_coverC'est peut-être parce que c’est un hommage qui nourrirait un de mes phantasmes les plus chers, pourtant, assez étrangement, ce Back For A Day, m’est apparu comme une œuvre inspirée des ambiances et sonorités de Talk Talk, groupe atypique des 80’s à la discographie maigre mais ô combien précieuse, et en particulier à leur album le plus direct, le premier opus The Party’s Over. Ainsi, les titres 82 (qui plus est, année de sortie dudit premier album) et Today, qui ferait référence au morceau du même nom signé Mark Hollis, m’ont, vous vous en doutez, complètement ravi. Mais loin de moi l'idée de vous induire en erreur : il est évidemment des influences plus parlantes en Electronic Body Music et autres tendances électro minimalistes auxquelles Sixth June, jeune duo serbe fraîchement établi à Berlin, aura sûrement puisé son inspiration pour nous livrer ce nouvel EP 5 titres dans la lignée de leur brillant premier album Everytime, tous deux sortis (entre autres) sur le label Mannequin (bientôt en interview exclusive sur Hartzine). La qualité remarquable de ce duo berlinois est le mélange savant des mélodies synthétiques puissantes, dansantes et expressives de Laslo Antal et de la voix grave hypnotique de Lidija Andonov. Back For A Day vous transforme sans merci en pantin entièrement au service de Sixth June, de leurs mélodies et rythmes implacables et de la belle chanteuse à la voix androgyne, captivante et pessimiste. Et cette soumission est totalement exquise, au même titre qu’il est parfois agréable de s’abandonner au supplice et à la dépression.

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Sixth June - Back For A Day

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Tracklist

Sixth June - Back For A Day EP (Mannequin, 2011)

1. Back For A Day
2. Today
3. Come Closer
4. Inside
5. 82