Yacht – Afterlife

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On pensait que Yacht en croisière mais le duo foutraque et un brin frappé du ciboulot Jona Bechtolt/Claire L. Evans lui, n’en avait pas réellement fini avec nous et c’est dans la préparation de leur seconde tournée qu’ils nous envoient la vidéo christique de The Afterlife. Baptême hilarant pour qui connait l’univers et comprend les paroles de ces deux trasheurs signés sur DFA.Un pur régal pour les yeux et les oreilles ! Ce clip est réalisé par Monsieur Bechtolt lui-même, cinéaste à ses heures, où celui-ci prouve d’ailleurs son humour en soulignant sa vidéo de cette phrase : « Si tu ne vas pas à la mort, la mort viendra à toi »… qu’il est con !

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On y était - Autechre

Autechre, Paris, La Machine, le 20 mars 2010

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C'est à 22 heures précises que vos deux chroniqueurs, Aki et Thibault, toujours avides de plus de bruits et d'exigences élitistes, se pointent à la porte de La Machine, bravant la pluie et détournant les yeux des écrans projetant les minutes décisives d'un match France-Angleterre en dent de scie.

Elle s'en est allée La Loco, emportant dans ses wagons le gratin de beaufs arpentant Pigalle en perpétuelle quête de débauche et de castagne... Hummmm pas si sûr ! Et malgré la joie inextinguible d'apprécier enfin en live et en vivant l'un des duos qui fit la renommée de l'écurie Warp, les lourdeurs de la semaine commencent à se tasser méchamment au fond de nos chaussettes détrempées. Alors, avoir à se taper le pécore de province venu se pochetronner le cornet comme au Métropolis, comprenez qu'il y avait comme un manque d'amour dans nos cœurs. Surtout que stupéfaction, infarctus, incontinence... ce que nous pensions être un concert de deux heures se transforme, à la vue du line-up long comme un bras, en all-night long party... Autechre est annoncé à 01h45. Notre humeur se tend comme un fil de fer barbelé...

L'entrée dans les locaux de La Machine Molle ? Dans la lourdeur la plus totale... Et ne croyez pas que nous faisons référence à l'ouvrage de William Burroughs pour ses frasques opiacées ou sa superbe diablerie. Non, l'adjectif est ici hautement péjoratif, informant qui veut bien nous croire de passer son chemin et de boycotter cette discothèque banlieusarde implantée en plein Paname. Vestiaire obligatoire, fumoir riquiqui et intenable pour multiplex commercial de haut-standing, jeux de lumières digne d'un aérogare... Seul avantage le prix des boissons est raisonnable, enfin, si vous appréciez vous envoyer un dé à coudre ou vous farcir une canette de bière chaude à la paille. Qu'on arrête de nous bassiner avec la Machine et qu'on nous rende le Pulp !

L'âme en peine, les souliers raclant le sol, nous déambulons, perdus dans nos pensées, un verre à la main. Et ce ne sont pas les vagues mix electro-drum'n'bass pseudo-warpiens qui risquent d'allumer une quelconque étincelle dans nos esprits corrodés. Par moment, Thibault balance quelques baffes à un Aki, lové en position fœtale sur le sofa, pour s'assurer que ce dernier est bien vivant, quand un brusque attroupement extirpe vos deux hartziners d'une semi-léthargie méditative. Un début de couinement plus loin, Rob Hall commence un set... dur à décrire. Crissement et enchevêtrement bruitiste mesurés à 8.7 sur l'échelle de Richter. Le public s'affole, affublant l'homonyme de l'alpiniste néo-zélandais de divers encouragements sonores. Même si nous esquissons quelques sourires, c'est plus par moquerie, avouons-le, que par approbation. Aucun de nous deux n'étant réellement fan d'électro expérimental noise à la Merzbow, nous éprouvons toutes les peines du monde pour rentrer dans l'univers d'un musicien semblant jouer sur un nerf et tirer dessus à vau-l'eau afin d'obtenir mille souffrances différentes. Nos tympans, eux, signalent qu'il est grand temps de choper un verre et d'aller respirer le grand air frais du cagibi-cendrier.

Réveillés par ledit trouble-fête et ses hurlements de machines, nous partons dans de folles discussions à l'étage, au bar à bulles - seule véritable innovation de La Machine - n'écoutant plus que vaguement les mélopées bruitistes s'extirpant d'enceintes omniprésentes. Et ce... jusqu'à ce que les ténèbres rampent et s'insinuent sous nos pieds. A peine le temps de se retourner, qu'une aube crépusculaire ronge la scène en irradiant le spectateur de son soleil noir. Comme un seul homme, nous dévalons les dédales d'escaliers pour nous approcher et tenter d'en voir plus... Peine perdue : Autechre - ou Ao-tek-er - ne laisse aucune place à l'interprétation visuelle de son set, laissant le public échafauder ses propres cauchemars sur des rafales sonores alliant à la magie de Roland TR-606 et MC-202 de puissantes boites à rythmes Machinedrum. Peu après cette tellurique introduction, les deux musiciens nyctalopes - bien qu'un seul apparaisse distinctement au centre de la scène - égrainent un condominium de nappes cristallines qu'ils dénaturent par la suite en le cisaillant de toute part, avant de le faire littéralement exploser dans une pluie de pierres précieuses frappant violemment le plancher. Rupture / break / assaut : on retrouve le style inimitable du duo de Sheffield que l'on considère trop souvent comme un sous-Aphex Twin. Preuve en est, ce soir Autechre ne souffre d'aucune comparaison, raclant le cortex cérébral d'un public abandonné aux froissements métallurgiques et polaires d'un live trouvant sa source entre le savant Draft 7.30 et le dernier né Oversteps.

A peine le show fini, nous nous extirpons d'une salle on ne peut plus blindée... Le jeu en valait-il la chandelle ? Pfff ... Demandez à tous les petits nippons qui plantent leurs tentes trois jours dans le froid avant la sortie d'un nouveau Final Fantasy. Vous verrez ce qu'ils vous rétorqueront.

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Villeneuve l'interview

l_f0d8101ed14d4e27a2ae10338e1bad2cBenoît de Villeneuve, dont le magnifique et déjà classique Dry Marks of Memory est paru il y a peu, nous a accueillis chez lui pour une entrevue où il nous parle de ses influences, de ses compositions et de ses projets. Installés dans l'un de ses canapés aussi confortables que vintages, entourés de livres (dont l'excellent No Wave de Thurston Moore et Byron Coley), de pochettes de vinyles minutieusement accrochées au mur et de piles de cd charriant l'équilibre, nous laissons cet érudit passionné nous ouvrir les porte de son univers musical. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que nous le retrouverons sur scène, en compagnie des Canadiennes de Suzanne the Man et de l'anglais Jonjo Feather, le 01 avril prochain à la Flèche d'Or lors d'une soirée organisée par nos amis Les Boutiques Sonores.

A cette occasion, et pour mesurer à sa juste valeur l'une des trop rares apparitions scéniques de Benoît de Villeneuve, nous nous associons avec Les Boutiques Sonores pour vous faire gagner deux places de concerts et deux exemplaires deux exemplaires du maxi vinyle Death Race (Edition limitée, 2009). Pour ce faire, rendez-vous ici.

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Cobblestone Jazz - The Modern Deep Left Quartet

k7258cdwebDire que ce The Modern Deep Left Quartet était attendu au tournant par les puristes de la techno relève d'un euphémisme  à relativité assez amère, 23 Seconds ayant secoué le cœur du plus rigoriste aficionado des sonorités deep-house du Golden Age de Chicago aux accros des breaks jazzy secouant l'underground de Detroit. Et Dieu sait que le passage du second album est un moment bien souvent casse-gueule.
Mais le combo n'en est pas à  son coup d'essai, opérant depuis 2002 et mené par le très talentueux Matthew Johnson à qui l'on doit de nombreuses prestations fiévreuses et endiablées, le trio s'adjoint des services du non moins prestigieux Colin De la Plante aka The Mole et réalise un chef-d'œuvre intemporel.
Chance Dub déballe une minimale-house rutilante, qui envoûte par sa direction mentale et son cycle de basse hypnotique. L'enchaînement radical sur Sun Child, si lui semble mal amené, continue dans cette veine aérienne mélodique, bercé par des beats plus jazzy et des samples carribéens à l'instar du très mid-tempo Midnight Sun clôturant l'album.
Quelques bombes dancefloor parcourent également l'album du quartet, comme ce Mr Polite dont la boucle n'en finit plus de labourer nos cerveaux. Impossible de rester les chevilles immobiles sur ces kicks légers, mais dont la montée progressive nous emporte malgré nous. Un track qui pue gentiment le sexe, en bon hymne à la lascivité. Et que dire de Fiesta, dont la basse rugueuse disloque les membres pour mieux laisser s'exprimer les corps. Ce morceau déjà paru en face B du EP Traffic Jam aura eu l'occasion de se rôder en club et d'user nos cuisses. Merci !
L'album indispensable de nos prochaines nuits blanches, qu'elles soient luxurieuses ou agitées par le rythme effréné du nightclubbing, Cobblestone Jazz traverse les genres en n'en conservant que le meilleur. Une perle pour remplacer votre vieille boule à facette.

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Cobblestone Jazz - Fiesta

Tracklist

Cobblestone Jazz - The Modern Deep Left Quartet (!K7, 2010)

1. Chance Dub
2. Sun Child
3. Mr Polite
4. Cromagnon Man
5. Fiesta
6. Children
7. Chance
8. Midnight Sun


On y était - Hot Chip

hotchipHot Chip, Paris, lundi 8 mars au Bataclan

Un hiver qui n'en finit pas. Le moral dans les chaussettes. Il n'en fallait pas plus pour se précipiter au Bataclan lundi dernier, voir ou revoir le groupe le plus emballant des dance floors : HOT CHIP ! Certes nous sommes lundi soir et le public parisien peut se révéler versatile. Certes One Life Stand, le dernier opus des anti-stars menés par Alexis Taylor, surprend quelque peut "le fan" par des choix parfois... hum... limites. Certes. Mais nous ne sommes pas à une contradiction près, et l'envie de se faire plaisir sans se poser de question s'impose comme une évidence en ces temps frileux. Or c'est exactement ce qui va se passer ce soir.
Exit Pantha Du Prince, annulé à la dernière minute. La salle se réchauffe sans se faire prier, l'excitation monte, les verres se vident. La scène déborde d'instruments, guitares, claviers, boites à rythmes comme autant d'outils pour installer le son synthé/pop d'Hot Chip. Le décor apparaît à l'image de la pochette, nous sommes donc dans la Grèce Antique...! Soit. Arrivent enfin les cinq fantastiques. Si vous n'avez jamais eu le privilège de contempler les membres du groupe, vous vivez probablement un choc frontal. En effet, le fluet Alexis Taylor fait plus penser au petit frère tendance nerd de votre meilleur pote qu'à sexy/back Justin Timberlake, sans parler de George Goddard (la deuxième moitié créative des chips) qui me fait immanquablement penser à mon oncle Alec très porté sur la charcutaille sous toutes ces formes. Pas exactement ce à quoi on s'attend, plongés tout entier dans les hymnes au déhanchement universel comme le quintette sait en produire par pelletés ! Ce décalage improbable n'est-il pas finalement ce qui nous emballe tant? Comment ne pas être touché par ces types un peu gauches qui se secouent de tout leur être sans aucun complexe (Goddard aux claviers est un spectacle désopilant à lui tout seul) !
Pour ce qui est de l'interprétation de leurs morceaux, on enlèvera immédiatement le terme "gauche" de notre vocabulaire. Car l'assurance des anglais lorsqu'ils envoient Hand Me Down Your Love, et Thieves In The Night n'est plus à démontrer. Dommage que le son du Bataclan soit à la limite du merdique, nos pauvres oreilles ne sont pas ménagées et la qualité du show en pâtit. Il faut faire abstraction.
Les premiers titres comptent parmi les meilleurs de l'album. Mes acolytes de la night fever et moi prions pour que le groupe oublie de jouer I Feel Better et Brother, deux morceaux à la limite de la blague potache, mais nous n'y coupons pas... Un constat s'impose malgré tout : car ce qui sur l'album sonne cheap et pas chip, à quelques encablures du terrrrrible What Is Love de 91, nous fait rire et danser comme des kékés et c'est ça qui est bon. Personne ne boude son plaisir ce soir. L'ambiance fait parfois penser à ces soirées en boite improvisées dans une petite ville de province, c'est inégal mais on s'en fout. Heureusement le niveau remonte avec le titre phare de l'album One Life Stand et avec une flopée de titres tirés des albums précédents : Hold On et Over And Over finissent de mettre le feu a la salle, qui se soulève en rythme, portée par l'énergie dévastatrice du combo anglais. Les visages rougeoient, la sueur éclabousse. La voix d'Alexis Taylor impressionne. Entre castrat et reine disco, la douceur et la mélancolie s'associent dans une célébration puissante de la musique comme arme de danse massive.
Le groupe quitte la scène après un rappel triomphal sur le titre le plus à l'image de l'esprit d'Hot Chip, Ready For The Floor. Bombe indémodable. Le bain de good vibes a fait son effet, le sourire aux lèvres, nous quittons la salle avec une force renouvelée pour affronter le froid et la vie, la vraie.

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Hot Chip - I Feel Better


Bomb the Bass – Back to Light

bombfeatTim Simenon pourrait être qualifié comme le maestro du grand écart. Débutant sa carrière en 1987 avec le tube interplanétaire Beat This, celui qui se cache derrière l’entité Bomb The Bass définissait ce que beaucoup d’entre nous appellent aujourd’hui « acid-house » au côté de nombreux autres artistes ayant malgré eux disparu du circuit. Pour d’autres, Bomb the Bass, ça reste l’excellent Bug Powder Dust sur l’indémodable The K&D Sessions de Kruder et Dorfmeister, imparable hit du pourtant très anecdotique Clear paru en 1995. On se rappellera d’ailleurs de la polémique dont fut frappé le groupe, à l’instar de Massive Attack, quelques années plus tôt. Leurs noms jugés trop agressifs durent être modifiés pour cause de climat sensible dû à la World War III… Ah non pardon, la Guerre du Golfe.
Quoi qu’il en soit, après un silence de radio de dix longues années, Tim Simenon rappela au monde que les basses vibraient toujours en assenant fin 2008 un Future Chaos sombre et désenchanté. Cette fois, l’attente sera moins longue, puisqu’à peine deux ans séparent Back to Light de son prédécesseur. Et première constatation, le titre ne pouvait pas mieux coller à cet album produit en partie par le proclamé nouveau king de la minimale-house : Gui Boratto.
Dès les premières mesures de Boy Girl ou de celles X Rays Eyes, pourtant chatouillés par la voix vocodée de Michael Kelley alias Kelley Polar, nous sommes transpercés par les halos brûlants diffusés par le Brésilien sur cette nouvelle mouture aux consonances 80’s appliquées par Tim Simenon. The infinites qui laisse entrevoir un certain renouveau avec son démarrage new-wave sombre rapidement dans du daft-like, pas inintéressant, mais trop tape-à-l’œil pour être sincère. Pauvre Paul Conboy, devenu depuis Future Chaos le collaborateur agréé de l’entité britannique, il lui faudra attendre le finalement brillant Burn Less Brighter pour obtenir une partition à la mesure de son talent. Même le crooner electro Richard Davis nous offre le minimum syndical, certainement plus inspiré par les climats rythmiques glacials que les sunlights caribéens. Et pourtant, niveau collaboration, le torturé Martin Gore sort substantiellement son épingle du jeu. Le mégalo se voyant offert un passage sur Milakia, track crépusculaire, à des années lumières des 9 pistes précédentes.
Soyons clair, Back to Light marque peut-être le retour de Simenon vers la lumière, mais plutôt celle des néons de clubs pour ados. Les connaisseurs ne sont pas dupes : production mal léchée, tracks bossés à la va-vite, featurings certes deluxes mais tellement mal utilisés… Au mieux on retrouvera un ou deux morceaux de ce Back to Light dans une des prochaines pubs Renault ou CK, mais certainement pas dans les charts de Resident Advisor.

Tracklist


Bomb the Bass – Back to Light (K7!,2010)

01. Boy Girl [ft. Paul Conboy]
02. X Rays Eyes [ft. Kelley Polar]
03. The Infinites [ft. Paul Conboy]
04. Price on Your Head [ft. Richard Davis]
05. Blindspot [ft. Paul Conboy]
06. Start [ft. Kelley Polar]
07. Burn Less Brighter [ft. Paul Conboy]
08. Happy To Be Cold [ft. Richard Davis]
09. Up the Mountain [ft. The Battle of Land and Sea]
10. Milakia [ft. Martin Gore]


Archie Bronson Outfit - Coconut

cocunutCommençons d'une manière très simpliste, que ceux qui ne connaissent pas Archie Bronson Outfit prennent bien soin d'éviter la page qui leur est dédiée sur Wikipédia... Groupe de Blues-rock, et puis quoi encore... Encore un qui a écrit sa définition en pensant fermement que Bob Dylan joue depuis toujours de la clarinette. Non en réalité ce trio barbu londonien, toujours activement recherché par les services psychiatriques d'interpol, roule sa bosse en marge des étiquettes. Si Derdang Dergang carillonnait vindicativement il y a quatre ans à notre porte, nos adorables chelous sont de retour, cette fois-ci armés de Coconut trempées dans l'acid.
Toujours signés sur le célèbre label qui livre également des pizzas, nos trois Archie se lâchent sur l'hallucinogène, ayant apparemment raflés ce qui se faisait de mieux en terme de petite pilules rose.  Et dans leur road-movie improbable, le combo aurait également kidnappé Tim Goldsworthy, éminent collaborateur du label DFA, à qui l'on doit d'ailleurs la production léchée du dernier LCD Soundsystem. Ne vous étonnez donc pas si Chunk ou Hoola vous rappellent le disco-punk bruitiste de The Rapture.
Non, mais très sérieusement, ces mecs doivent avoir un sérieux pet au casque. Pour s'en convaincre il suffit de visionner le DVD bonus (et ça c'est cadeau) compilant dix clips fait maison, et s'arrêter sur Wild Strawberries où nos Archie prennent un malin plaisir à jouer enrubannés de la tête au pied, comme de vieux chipsters qu'on retrouve au rayon grand brûlé de la plupart des hôpitaux. La dernière fois que j'ai pu assister à une telle performance, c'était à un concert de Klinik. Nous ne sommes plus vraiment dans le même registre.  Mais attention, on reste dans le domaine de la prouesse. Kick de batterie qui renvoie les Liars au bac à sable, rafales de guitare montant crescendo, nervous sur la sat', chant primal ponctué de « ouh-ouuuuuuuh » en background. Wild Strawberries est une explosion de psyché-garage comme on aimerait en  entendre plus souvent.
En outre cette nouvelle approche radicalement psychédélique est abordée dès l'ouverture de l'album. Magnetic Warrior et ses épanchements sur des effets fuzz, sa rythmique hypnotique, ses harmoniques orientalisantes, ne trompe pas. Quatre ans d'abus d'éther, un détour via un side-project  The Pyramids tout aussi barré et c'est le lâché de camisoles.
Retour d'ailleurs sur Hoola, titre dancey à tendance new-yorkaise de l'album. Hymne punk-funk pétillant où se croisent les influences de Gang of Four et The Wire. Plus que le morceau phare de ce Coconut,  la cadence frénétique des instruments, dont cette ligne de basse imparable parlent directement à nos vieilles baskets vintages qui s'animent et déglinguent le dancefloor. Où comment nos Anglais évadés de vol au-dessus d'un nid de coconuts écrasent James Murphy sur son propre terrain. Le pauvre s'étant du reste déjà fait mettre à l'amende par le dernier Juan MacClean. Ça risque d'être très dur pour le prochain LCD Soundsystem.
Et c'est toute la force de Coconut, passer du coq à l'âne,  des escalades trans-psyché d'un Harness à la post-folk électronica de Hunt you down.  Ce n'est pas pour rien que ce nouvel opus sortira donc en mars,  aussi appelé communément le mois des fous. Mais pour terminer, sachez qu'il est bien dommage qu'on ne note pas chez Hartzine car je lui aurais collé un 6 sur 5 sans problèmes. Déjà mon album de l'année, vous pouvez y aller les yeux fermés. Achetez-le, volez-le, offrez-le, mais écoutez-le !

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Archie Bronson Outfit - Magnetic Warrior

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Tracklist

Archie Bronson Outfit - Coconut (Domino, 2010)

1. Magnetic Warrior
2. Shark s Tooth
3. Hoola
4. Wild Strawberries
5. Chunk
6. You Have A Right To A Mountain Life
7. Bite It & Believe It
8. Hunt You Down
9. Harness (Bliss)
10. Run Gospel Singer


Collapse - In Despair

indespair_100Puisque Hartzine a pour seule ambition de faire place à ceux qui en manquent, il était temps de parler d'une scène aussi foisonnante que très souvent mise en marge de la musique alternative. Je parle bien entendu de la musique industrielle. Il était donc venu pour moi d'attraper le train en marche et de me pencher sur ce courant qui a bercé mon adolescence et révolutionné mes perceptions auditives à tout jamais, ouvrant mon intérêt à de nouvelles forme d'expérimentations sonores et décuplant mon addiction à farfouiller les bacs pour dénicher LA perle rare.
Ainsi quoi de mieux qu'aller directement à la source et de rencontrer l'une des entités françaises majeures dans sa discipline depuis maintenant plus de 15 ans : Collapse. Après une rencontre que vous pouvez retrouver en intégralité ici, votre rédacteur a reçu le privilège de chroniquer In despair, dernier opus du groupe, et attendu depuis maintenant 4 ans. Enfin, il est difficile de parler de groupe puisque Amadou Sall est seul au bord d'un navire qu'il mène d'une main de fer dans un gant de métal.
S'il est vrai que lors de l'entretien votre correspondant manqua de défaillir plus d'une fois en entendant cités des noms comme VNV Nation ou Suicide Commando de manière plus que respectable, je fus immédiatement rassuré d'entrée de jeu. Bien qu'ayant muté vers une forme plus électro, Collapse garde toute la rugosité de ses origines et l'animosité des tensions urbaines auxquelles nous nous étions habitués. D'ailleurs la parenté de titres comme Apocalypse ou One by one est plus à aller chercher du côté de Tyranny For You de Front 242 ou Millenium de Front Line Assembly que de vagues seconds couteaux de l'electro-EBM. Et ce même si Torment, implacable rouleau compresseur rageur et colérique, et pourtant ultimement dancefloor pour qui aime le pogo, penche dangereusement vers du Hocico, avant que la guitare en dénature la mélodie et transforme le morceau en tuerie hystérique.
Prey et Farewell gardent quant à eux cette saveur de l'asphalte hurlante. Amadou fait crisser les machines, brûler les cordes, mais dans une retenue emprisonnant la tension pour mieux la laisser nous saisir à la gorge. L'album se clôt sur une énigme à laquelle l'auditeur devra répondre seul. Une courte plage electro-ambient, laissant entrevoir des plaines désertiques jonchées de débris et plages marécageuses noyées sous les détritus. C'est ce que l'on appelle une aube noire, quel mystère se cache derrière ce titre intitulé Rest in Peace...

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Collapse - Torment

Tracklist

Collapse - In Despair (Collapse Music / Season Of Mist, 2010)
1. One by one
2. New horizon
3. Apocalypse
4. Torment
5. Coma
6. Prey
7. Farewell
8. It is time
9. Land of the dead
10. Voices
11. Rest in peace


//Tense//

tenseAlliage de chaines et de muscles, //Tense// gonfle de testostérone la pop synthétique qui se performe depuis la fin des années 70. L'obéissance à tous les codes de l'électronique de plateau télé Est Allemand fait plaisir à entendre. Nous y trouvons une petite touche Severed Heads sans le côté rêveur de nos amis australiens. Saluons donc l'initiative du label Desire qui ne devrait pas rentabiliser son plan de com avec ce genre de sortie. Néanmoins le Introducing Ep est en écoute sur Fairtilizer et disponible sur le blog du label.

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Marvin - Hangover the Top

at010-artwork_DigisleeveJe m'y attendais. Un rapide tour de table, le temps de se partager les sorties de mars et d'avril... qui veut chroniquer Hangover The Top ? Silence. Les regards se braquent sur moi... Pourquoi moi putain ! Ils s'esclaffent. Ah oui... très drôle... bon, bon, ben ok je prends... Je rumine dans ma barbe... font vraiment chier... Et ce n'est pas parce que les Montpellierains de Marvin m'indiffèrent, non, au contraire, leur second disque à paraître le 6 avril prochain via Africantape rythme depuis un bon moment ce mal de crâne aussi tenace que matinal. Celui qu'on trimbale, claudiquant fiévreusement dans le dédale du métro, après une nuit d'agitation mâtinée de houblon. Non, c'est plus la morne lassitude de LA vanne éculée. Je vous le donne en mille, si Tom Waits casse la pipe, ce sera encore à moi d'évoquer cette voix trempée dans un fût de Bourbon ! Ben ouais... Du coup, je pense sérieusement à me mettre à la Badoit, histoire de faire taire les langues fourchues... Chose plus facile à dire qu'à faire. Mais revenons-en à notre trio qui mérite bien autre chose que la complainte d'un chroniqueur vaguement enhardi. Hangover The Top est le second album d'un groupe pratiquant dans ses oraisons noise un syncrétisme rock époustouflant, extirpant à la fois du math-rock, du post-rock et du post-punk de quoi cadencer effrontément neuf morceaux étonnamment divers. Choses nouvelles au regard de leur premier effort auto-produit (s/t, 2007), au déluge de guitare, batterie et synthés viennent se greffer d'éparses parties chantées quand une intempestive influence hard-rock surgit avec sagacité dès le morceau introductif (Roquedur). Enregistré par Miguel Constantino et mastérisé par Jason Ward en décembre 2009, Hangover The Top insinue par l'intensité sonore de chacune de ses joutes électriques, une production soignée et une complexification de ses structures rythmiques susceptibles d'élargir l'audience de ces trois infatigables baroudeurs. Car si la réputation d'Émilie, Greg et Fred n'est plus à faire lors de concerts déclenchant partout où ils se tiennent un joyeux bordel gorgé de sueur, l'album, par sa transposition roborative de morceaux éprouvées scéniquement risque d'embraser pas mal d'oreilles abasourdies, notamment celles ne s'étant pas encore remises du Sad Cities Handclappers d'Electric Electric. Si Dirty Tapping et Good Radiations, cisaillées d'un chant trituré de vocoder, sortent inévitablement du lot par leur accessibilité et leur immédiateté toutes trouvées, 12 comme Conan le Bastard s'évertuent à pousser le bouchon le plus loin possible d'un rock abrasif et joué mille blindes à l'heure. On Reste bien tranquille, le temps d'une grivoiserie savamment métallique, et l'on se jette sans coups férir sur Fear et sa mitraille incandescente à haut voltage. Désorienté, tourneboulé, la fin approche et les sept minutes de Here come the warm Jets, reprise du morceau clôturant le premier album solo de Brian Eno (Here come the warm Jets, 1974), sonne presque comme une ode revigorante aux lendemains qui déchantent. Décidément, Hangover the Top porte bien son nom. Le paracétamol n'a pas fini de pourrir mon estomac.

En plus d'une foultitude de concerts en France et ailleurs, les Marvin donnent une release party, à l'occasion d'Hangover the Top, le 3 avril prochain à la flèche d'or en (bonne) compagnie de Gablé, Papier Tigre et Fordamage. Be there.

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Marvin - Good Radiations

Tracklist

Marvin - Hangover the Top (Africantape, 2010)

1- Roquedur
2- Au 12
3- Dirty Tapping
4- Reste bien tranquille
5- Conan le Bastard
6- Good Radiations
7- Moustache 34
8- Fear
9- Here come the warm Jets (Brian Eno cover)


George Pringle l'interview

l_12b878023e35476ba8c6d08d72b69b62Personnalité atypique de la scène anglaise, la jeune George est ce qu’on pourrait appeler une artiste ‘DIY’ (do it yourself) : elle écrit, enregistre et produit ses chansons elle-même comme une grande. Son premier LP, Salon des Refusés,  sorti en septembre 2009 en distribution digitale via son propre label Deth To Fals Metal Records, se compose essentiellement de titres chantés en style spoken word le tout posé sur une musique électronique lo-fi du plus bel effet prouvant ainsi que ce grand corps-la n'est pas malade. En voici d'ailleurs la preuve via une interview prise sur le vif juste après son concert à la flèche d'or en février dernier.

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SayCet - Through The Window

On ne rentre pas dans l'ondoyant édifice sonore des Parisiens de SayCet comme on peut le faire fortuitement dans un vulgaire moulin. Une lumière diaphane empreinte d'ombres fantasmatiques insinue certes l'invitation. Mais déchaussez-vous, prenez garde à vous mouvoir sur la pointe des pieds, ne laissez pas vos paroles dépasser la frontière ténue du chuchotement. Installez-vous confortablement dans l'un des canapés disposés à cet effet. Ne vous frottez pas les yeux, laissez les au contraire s'habituer à cette obscurité trouble, confondante, ordonnant aux formes leur effacement, aux visages leur anonymat. Cessez de vous préoccuper des autres, de ce qui vous entoure, de votre environnement. La porte céleste séparant l'âpreté du quotidien à l'onirisme serein est à portée de mains. Vous en effleurez la poignée du regard, la profondeur suggérée par son franchissement n'est en rien vertigineuse. Votre cœur bat lentement, la pulsation est profonde, intense. L'écho qui s'en dégage donne un rythme certain à la polyphonie organique qui tourbillonne en apesanteur. Des images en filigrane vous submergent, celles d'un passé désincarné, d'un futur inavouable. Vous papillonnez dans une mer d'insouciance, lové sur vous-même, la rétine irisée de pâles reflets d'innocence. Vos sens frémissent faiblement, votre peau tressaille inopinément, la plénitude renversante s'étiole alors progressivement. Puis brusquement tout s'arrête. Les douze morceaux que compte Through the Window, à paraître le 22 mars sur Electron’y'pop, s'estompent à vos oreilles de la même manière qu'ils s'y sont invités. D'une beauté chapardeuse, l'addiction est instantanée, vous regrettez de ne pas avoir mis votre hi-fi en mode replay. C'est un fait. Le trio est loin d'être le moins connu des dealers de rêves. Il y avait One Day At Home qui depuis 2006 guidait de ses comptines atmosphériques nos pas chancelant de noctambules avertis. Des climats électroniques dénués de chant mais moins délétères que ceux des Ecossais de Boards of Canada avec Music Has the Right to Children. Une mélancolie perlée de douceur se dégageait de l'étincelant Chromatic Birds comme du bien nommé Dream Factory. Une blinde plus tard, quatre ans, Pierre Lefeuvre à troqué son panda contre un groupe permettant à sa musique d'atteindre une profondeur sonore et visuelle sans pareille. Phoene Somsavath, de sa voix cristalline, inocule une intensité ascensionnelle d'autant plus prenante que Zita Cochet en retranscrit, par ses projections déclenchées en temps réel sur scène, l'épure cinématographique. Through the Window devient cet esquif trop personnel pour être partagé, sur lequel on scrute le monde s'en feindre de s'y mouiller. Si le morceau inaugural, 15, reprend peu ou prou le fil instrumental de One Day at Home, Easy puis Opal jettent pudiquement les bases de cette nouvelle dimension élégiaque. Le piano y prend une ampleur insoupçonnée, nimbée de cliquetis scintillants et de beats pénétrants. Bruyère comme We Walk Fast révèlent avec magnificence une fragilité de l'être à peine dévoilée, flirtant sans aigreur avec le vide, la solitude, quand Fire Flies émerge de son évanescente chrysalide par le truchement de motifs rythmiques alambiqués. De leurs instrumentations lunaires, Kien-Lang et A Night With The Trees clôturent alors Through the Window, disque intime et contemplatif, telle une lente expiration et un retour difficile à une réalité brute et sauvage : le vacarme de la vie dans sa plus simple expression.

Saycet est en concert le 23 mars au Café de la Danse.

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Tracklist

SayCet - Through the Window (Electron'y'Pop, MVS / Anticraft, 2010)

01. 15
02. Easy
03. Opal
04. Bruyère
05. And Mama Said It's Amazing
06. We Walk Fast
07. Her Movie
08. Sunday Morning
09. Daddy Walks Under The Snow
10. Fire Flies
11. Kien-Lang
12. A Night With The Trees


Forest Swords - Miarches

l_28916770fcc741c69c139bff1d92c3c5Autant vous le dire tout de suite, de Forest Swords, je ne vais pas vous en faire une tartine. Je n'ai pas grand chose à étaler. Mis à part qu'internet c'est le pied, que l'on trouve des trucs formidables sans jamais savoir d'où et comment l'on tombe dessus. Si le natif de Liverpool qui se cache derrière cette épée champêtre de bon ton a un album qui sort bientôt, Dagger Paths, un net-label-blog, OESB, où l'on peut commander ledit album paru le 1 mars, il a surtout de très belles vidéos illustrant son dub narcotique nimbé de bruits blancs. A noter que Dagger Paths est une réédition d'une cassette, Miarches, parue l'année dernière. Non je ne le fais pas exprès. Vous aimez ? N'hésitez pas à télécharger sa mixtapepondue pour le blog défricheurGorilla vs Bear. Et là, tout est dit.

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Villeneuve - Dry Marks Of Memory

cover-1C'est avec une impatience non dissimulée que j'ai essayé depuis le 5 octobre 2009, date de la sortie du maxi Death Race de Villeneuve, de percer un secret d'alcôve foutrement bien protégé. Littéralement émerveillé par cette embarquée virevoltante au long court, dont le clip, un montage d’images du film THX 1138 (1971) de Georges Lucas, fait passer son homonyme québécois pour un coureur de bacs à sable, j'ai tenté par tous les moyens d'en savoir plus sur Dry Marks of Memory, album à paraître le 22 février, dont Death Race est extrait. En vain. Et c'est au moment où je m'y attendais le moins qu'un Loup savamment aiguillonné me le glisse entre les mains. Rongeant mon frein, je m'étais documenté sur le passé d'un jeune homme à la discographie aussi ténue que son curriculum vitae n'est fourni. Un Ep, Graceland, sorti en 2004 précède un album paru l'année suivante, First Date, où Villeneuve, épaulé tout au long du disque par Mélanie Pain (Nouvelle Vague), égraine un savoir faire électro-pop indéniable (Mercury, Oh No), parfois suranné (The Falling, Men Like You) mais jamais ennuyeux (Words are Meaningless). C'est entre ces quatre années, séparant ce premier rendez-vous à la sortie de Dry Marks of Memory, que se déploie le parcours d'un Villeneuve producteur exigeant et touche à tout, oscillant entre circuit indé et réseau mainstream. Il travaille aussi bien avec M83 et Agoria, que Christophe Willem, Stéphane Eicher ou Anaïs. De quoi forger son oreille et sa volonté à l'enclume du succès. Ainsi Dry Marks of Memory porte son titre à merveille. Ce qui frappe à la première écoute tarabuste toujours à la vingtième : loin de l'unicité à laquelle on peut s'attendre, Villeneuve s'offre une large introspection caressant de son inspiration érudite un large pan de la musique contemporaine, sautant, de plages en plages, du coq à l'âne. Cet hétéroclisme avoué et cette science du clin d'œil, tout en subtilité, font de ce disque une ode au septième art tant son esthétique raffinée dépeint un kaléidoscope de paysages intérieurs plus visuels que sonores. Comme sur son précédent disque, Villeneuve imprègne ses compositions de la chaleur de voix féminines en invitant Liz Green, que l'on a découverte lors du récent festival MO'FO', qui enlumine de son timbre de velours l'électrique Words of Yesterday et l'acoustique Second Start, et Nili, de Lilly Wood and The Pricks, lors d'une confondante balade folk douce amère. Le chanteur belge Ozark Henry participe lui à l'un des sommets de l'album sur le morceau Yours and Yours d'un classicisme pop indémodable. Tant par ses rêveries éveillées (Dry Marks of Memory, Victoria Falls) que par ses angoisses éthérées (Patterns, Day One), Villeneuve semble s'appliquer à marcher non loin des pas d'un Sébastien Schuller ayant intégré, dans sa fabrique d'onirisme pop, la puissance des guitares et la magnificence de leur saturation.
Le mystère une fois élucidé ne perd pas de son éclat. Au contraire, celui-ci se révèle au centuple.

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Villeneuve - Yours and Yours (avec Ozark Henry)

Tracklist

Villeneuve - Dry Marks of Memory  (PIAS, 2010)

1. Set the Level
2. Dry Marks of Memory
3. Patterns
4. Words of Yesterday (avec Liz Green)
5. Victoria Falls
6. The Sun (avec Lili)
7. Yours and Yours (avec Ozark Henry)
8. Day One
9. Second Start (avec Liz Green)
10. Death Race


The Konki Duet / Suzanne The Man - Split EP

Les Boutiques Sonores, toujours à la pointe d’idées innovantes, réunissent dans le split, et nous proposent sur la même galette de découvrir les charmes diamétralement opposés mais néanmoins savoureux de Suzanne the Man et The Konki Duet. Ou comment passer du feu (de camp) à la glace (parfum mangue-banane) d’une face à l’autre.

konki1Découverte avec Octet, Suzanne the Man renvoie à l’élégance diaphane des premières mélodies de Chan Marshall, et rappelle ces chansons qu’on aimerait écouter un après-midi d’automne blotti  au coin du feu. Suzanne Thoma embrassant de sa voix mystérieuse et aérienne les accords fins, touchants et parfois ombrageux s’échappant de sa guitare. Partagé entre caresses chaleureuses (Leaves clap your hand) et complaintes folk lo-fi (Stargazing), Let’s burn se savoure comme de purs sentiments tendrement arrachés d’un cœur vertueux que l’on vous soufflerait au visage. Aussi tendre que les larmes d’un archange, la préciosité de la musique de Suzanne The Man séduit par la légèreté de ses arrangements et la poésie de ses textes. Un début des plus brillants.

suz1Certains voient uniquement en The Konki Duet le prolongement de la personnalité, ma foi très affirmée, de Kumi Solo. Mais ce trio féminin se révèle fascinant par son originalité et sa capacité à rebondir d’un essai à l’autre. Kumi, Tamara et Zoé endossent donc une fois de plus le costume d’idoles et plongent l’auditeur dans un rock synthétique dérivant sur des harmonies J-Pop. Mais bienheureux celui qui arrivera à leur coller une étiquette tant leur musique semble échapper à tout carcan prédéfini. Les orchestrations les plus folles leur sont permises, autant que les rythmiques downtempo auxquelles les jeunes femmes saupoudreront un brin de folie (Nothing but Love). On ressent parfois très fort l’influence de Cocorosie, mais aussi d’artistes nipponnes comme BoA. Et c’est dans cette mixité des genres que The Konki Duet prend tout sens, ne lâchant aucun compromis au profit d’une liberté créatrice audacieuse mais rafraîchissante.

Akitrash

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The Konki Duet - Riff
Suzanne the Man - How the owl Sang Last Night

Traclist

Konki Duet / Suzanne the man - Split EP ( Les Boutiques Sonores Records, 2010)
Face A : Konki Duet
01. Riff
02. Isolee
03. Ensemble
04. Nothing But Love
05. Stereoland

Face B : Suzanne the Man
01. Leaves clap your hand
02. How the owl sang last night
03. Stargazing
04. Flourishing