Blank Dogs Mixtape for Hartzine

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Quand nous avons appris que Blank Dogs revenait à Paris pour une série de concerts ce printemps, c'est toute la rédaction d'Hartzine qui s'est mise en branle-bas de combat. Et comme entre Mike Sniper et Hartzine, c'est une grande histoire d'amour, ni une, ni deux, celui-ci nous a pondu une savoureuse mixtape dont il a le secret. Un condensé frénétique de post-pop fiévreuse et de new wave en clair-obscur.

Audio

Tracklist

1. The Sound - Heartland
2. The Servants - Look like a girl
3. Sparks - How are you getting home ?
4. The teardrop explodes - Ouch monkeys
5. Dukes of Stratosphear - Your gold dress
6. Tomo Akikawabaya - Dark
7. Bubblegum Splash ! - Just Waked away
8. Can of Xymox - 7th time (démo)
9. Cliff Wade - Sister
10. Melted Toys - Come on
11. Mc Tells - Virginia MC
12. Tim Cohen - Bad Blood


Blank Dogs - Collected by Itself 2006-2009

blank-dogs-collected-by-itself-2006-2009Mais qui est donc Blank Dogs ? Plus on pense en savoir sur le projet de Mike Sniper et plus on reste dans le flou, tant l'homme se plaît à s'envelopper d'une aura mystérieuse. Rarement nous aurons connu artiste si prolifique, puisque le musicien compte déjà cinq albums au compteur, une douzaine d'EP, de multiples compilations et ce, en à peine cinq ans de carrière. Un parcours sans fausse note, loin de là, chaque sortie apportant son lot de bouleversement. Une course en hors-piste qui nous amène à la lisière de la noise, de l'expérimental, de la coldwave, du post-punk et plus récemment des sonorités synthé-pop. On en connaît qui ont fini par se perdre pour moins que ça. Et pourtant, ce véritable bourreau de travail distance les émules d'une colossale enjambée, livrant quelques pièces maîtresses dont la reconnaissance ne devrait pas tarder à être gratifiée. Et si nous ne pouvons que saluer le talent fertile du multi-instrumentiste acharné, force est de constater que les rouages de la production indépendante n'auront pas permis à Blank Dogs de toucher le très large public... Du moins, à ses débuts. Fervent défenseur des supports K7 et vinyle sur lesquels s'imprimeront les premiers méfaits du New-Yorkais, les faibles quantités éditées ne permettaient plus aujourd'hui à l'auditeur de se replonger dans les limbes de l'avènement de ce phénomène tapageur. Mike Sniper corrige le tir, compilant pas moins de 27 morceaux sur son propre label Captured Tracks, publiés entre 2006 et 2009, la plupart extrait de maxis et de singles totalement introuvables. Toujours aussi boulimique...

Plus qu'une réelle réédition, les 27 morceaux qui composent cette compilation ressemblent plus à une encyclopédie du genre lo-fi qu'à un vague balayage des années perdues. Un condensé de titres (loin d'être indigeste) empruntés aux mémorables Yellow Mice Sleep, Diana (The Herald), Doorbell Fire, Mirror Lights... imprimés pour la première fois en digital et remasterisés pour l'occasion. Une aubaine pour le profane comme pour les groupies de se (re)plonger dans les premier essais du visionnaire au visage drapé. Du gothisme suranné et vacillant de Freezing Styles à la ligne de basse inquiétante de Leaving the Light On, développant des atmosphères moites et angoissantes sur Two Months, Blank Dogs révèle la genèse du monstre qu'il s'est voué lui-même à créer. Aiguisant des mélodies d'une menue singularité pour mieux les écorcher, Mike Simonetti nous captive de sa voix caverneuse, monocorde, toute en écho, familière et lointaine comme celle du spectre d'un être cher. Avant même Under and Under et Land and Fixed, qui auront fini de le consacrer, l'artiste démontre déjà un talent inépuisable pour bâtir des mélodies emplies de tumultes, parcourues d'intenses courants électriques et totalement salutaires. Au contraire, certains tracks comme Scenes From a New Town se révèlent être de petits hymnes, figeant l'instant, Polaroïd corné fixant le temps qui passe. D'autres, comme Anywhere, apparaisssent comme de véritables odes à la lenteur, traînant de douces lignes synthétiques éreintées, ou comme Splitting, flirtent avec la minimal-wave, flot de rythmiques mécaniques et robotiques, invitation à se déchaîner sur des dancefloors lugubres et moites. Au-delà de toute étiquette, Blank Dogs a toujours été un projet à part dans le paysage musical actuel, la rencontre crépitante de courants parallèles destinés tôt ou tard à se rencontrer.

On ne peut que rester fasciné par cette rétrospective tant celle-ci, en plus de retracer les temps fort et méconnus d'un artiste indispensable, dessine une véritable cartographie du genre post-punk lo-fi dans ses grandes largeurs.  Au centre d'un parallaxe dont l'appel du vide serait l'enjeu macabre, Mike Sniper apporte un peu de lumière et transparaît avec la plus naïve simplicité comme le dernier outrage de ce nouveau siècle.

Audio

Vidéo

Tracklist

Blank Dogs – Collected by itself 2006 – 2009 (Captured Tracks, 2011)

01 Leaving the Light On
02 Slow Room!
03 Two Months
04 Before the Hours
05 Keeping All The Time
06 Freezing Styles
07 1480 Fox
08 The Tied
09 She's Violent Tonight
10 Dismorphobia
11 Doorbell Fire
12 The Other Way
13 Calling Over
14 Yellow Mice Sleep
15 Outside Alarmer
16 Waiting
17 My House Is Red
18 Butler Hospital
19 Poison Ivy
20 Scenes in a New Town
21 Anywhere
22 They Said
23 Ages Ago
24 Mirror Lights
25 Splitting
26 Leaves
27 Stuck Inside the World


Bilan de l'année 2010

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Une année 2010 résumée en deux morceaux par tête de pipe. A écouter ci-dessous et à télécharger par ici.

Histoire de joindre la lecture à l'écoute, retrouvez notre bilan 2010 par .

Tracklist

01. Trentemoeller - The Mash And The Fury
02. Tristesse Contemporaine - 51 Ways To Leave Your Lover
03. Porcelain Raft - Tip Of Your Tongue
04. Terror Bird - Shadow in the Hall
05. Ikons - Slow Light
06. Tame Impala - Make Up Your Mind
07. Braids - Lemonade
08. Blank Dogs - Another Language
09. Wavves - Post Acid 
10. Daedelus - Stampede Me (feat. Amir Yaghmai)
11. Caribou - Odessa
12. Destroyer - Chinatown
13. Summer Camp - Jake Ryan
14. Coma Cinema - Her Sinking Sun
15. Gil Scott-Heron - Me And The Devil
16. Beach House - Silver Soul
17. Zola Jesus - I Can't Stand
18. Julianna Barwick - Sunlight, Heaven


On y était - Blank Dogs au Point Ephémère (vidéos)

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Blank Dogs, Le Point Ephémère, Paris, 27 octobre 2010.

Une fois n'est pas coutume, il y a des live reports instantanés et indépassables. Rien ne servait donc de s'échiner à la tâche et reproduire avec maladresse la force de propos allusive et percutante de Christophe Basterra, pilier de la Magic team, s'agissant du concert de Blank Dogs au Point Éphémère (lire) le 27 octobre dernier. On s'est donc plutôt focalisé sur l'aspect proprement visuel de la chose et c'est peu de dire que l'on a bien fait. Entre splendeur spectrale et violence de l'ombre, entre brume mélodique et glissement électronique, tout est là, concentré en quelques morceaux, et non des moindres (Northern Islands, End of Summer...). Seul signe indécelable à l'écran, la gentillesse du bonhomme, Mike Sniper, que l'on avait interviewé au préalable (lire) et avec qui nous avons prolongé la nuit au cours d'un after-show des plus réussis, organisé avec nos amis de Summery Agency et du Motel, où ce-dernier ne daigna que rarement lâcher les platines - à notre plus grande joie auditive.

Vidéos


Blank Dogs - Land And Fixed

blank-dogs-1Difficile d'avoir fait partie des DC Snipers, puis se faire appeler Mike Sniper tout en s'exposant à visage découvert. Avancer masqué, le maître mot pour viser juste. Et en rafale. C'est ainsi que depuis presque quatre ans l'inusable New-Yorkais conjugue activisme do it yourself et stakhanovisme artistique, empilant sans ciller les jalons de fondateur émérite de la structure Captured Tracks, au catalogue de sorties irréprochable, en plus de ceux liés à son projet Blank Dogs, déjà responsable d'une discographie pléthorique dénombrant pas moins de trois albums, On Two Sides (Sacred Bones, 2008), Under and Under (In the Red Records, 2009) et, depuis le 12 octobre dernier, Land and Fixed, en sus d'une pluie de maxis sortis sur différents labels, dont les récents Seconds et Phrases parus respectivement en 2009 et 2010 sur Captured Tracks. Par commodité, on passe ici sous silence les nombreuses collaborations du jeune homme au sein de groupes plus ou moins durables et formels - dont Roman Soldiers (Warmer, Sacred Bones, 2009) avec Gary War, increvable baroudeur cold-pop, ou encore The Mayfair Set (Young One, Woodist, 2009) avec Kristin Gundred des Dum Dum Girls d'I Will Be (Sub Pop, 2010) - mais une chose est sûre : Mike Sniper n'est pas prêt de se reposer sur les lauriers fraichement glanés auprès de la critique et de ses pairs.

Tel un symbole d'une imperturbable effervescence musicale, radicale et indépendante, jouant tout à la fois sur les vieux formats (cassette et vinyles en tête) et les nouveaux modes de transmission instantanée de la musique en ligne (téléchargement, blogosphère), il réincarne à brûle-pourpoint, par ses velléités cold-wave, l'ensemble des fantômes post-punk dissipés à l'orée des années quatre-vingt-dix. Ses deux premiers albums, perclus de voix caverneuses et de saturations corrodées, ont réouvert la boîte de Pandore là où les psalmodies cafardeuses de The Cure et Joy Division l'avaient fermé au tout début des années quatre-vingt : en plein effroi, taillé dans un son brut, presque industriel. Entre hommage passéiste et relecture numérique il n'y a qu'un pas que Blank Dogs s'empresse d'emboîter sans même se justifier, l'addiction auditive provoquée chez l'auditeur averti par On Two Sides et Under and Under renâclant elle-même son propre lot de réponses évasives. C'est d'ailleurs ce mimétisme sur les entournures, robustement chevillé à une singulière efficacité mélodique, que l'on retrouve sous une autre expression avec Land and Fixed, album aux sonorités synth-pop plus évidentes et à la production moins effrontément lo-fi. L'algarade ne s'apparente plus seulement à une forêt de distorsions viciées et hantées, s'accaparant désormais l'apparence d'un nouveau manifeste new-wave transpercé de part en part de claviers, oscillant entre lignes accrocheuses et nappes atmosphériques, de guitares à la parcimonie salutaire et de vocalises à la gravité assumée. Moins figé, peut-être plus enjoué, Land and Fixed égraine une vision plus contrastée d'un univers musical révulsé d'angoisses, esquissant par le biais du microsillon son ordonnancement cardinal, entre hymnes synthétiques rondement exécutés (Goes By, Northern Islands, Insides), habiles constructions cold-pop (Blurred Tonight, Another Languages), indolentes déflagrations à l'électricité roborative (All Around, Through the Wall) et fragile complainte touchante de sincérité (Treelines).

Tracklist

Blank Dogs - Land and Fixed (Captured Tracks, 2010)
1. Goes By
2. Collides
3. Longlights
4. Northern Islands
5. Insides
6. Blurred Tonight
7. Languages
8. Elevens
9. Out the Door
10. All Around
11. Through the Wall
12. Treelines


Blank Dogs l'interview

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Y'a-t-il un son Blank Dogs ? Comment le définirais-tu ?

Je suis sûr qu'il en existe un... mais il est très difficile de m'extraire du projet pour le nommer ou le définir.

L'esthétique du groupe est très sombre... Correspond-elle à ta personnalité ? Ou est-ce une façon de faire correspondre esthétique et musique ?

Je ne pense pas que ce soit conscient, c'est juste comme ça : ce n'est pas fait exprès. Je ne pense pas être une personne particulièrement sombre... mais j'exprime juste de cette manière une façon personnelle de voir les choses.

Quels sont les chansons que tu aurais rêvé de composer et qui pourraient nous éclairer sur ta manière de concevoir un titre ?

Oh, wow. Et bien, il y a tellement de réponses à cette question. Je dirais que Calling de Chrisma est vraiment une grande chanson, 25 O'Clock de Dukes of Stratosphear, Ouch Monkeys de Teardrop Explodes... Ce sont des petites chansons extraordinaires. Puis il y a des grands morceaux comme Cattle and Cane de Go Betweens, magnifique et mélancolique.

Qu'est ce qui me ferait choisir Land and Fixed comme album de l'année plutôt que Gemini de Wild Nothing ou celui éponyme de Beach Fossils ?

Je pense que ce serait à toi de le dire ! Je ne pourrais sincèrement te dire pourquoi...

En quoi est-il différent de tes précédents disques, On Two Sides et Under and Under ?

Je dirais qu'il est plus expansif, clair et concret.

Lis-tu d'ailleurs les critiques musicale de tes albums ?

Je le faisais avant. Je ne vois pas à quoi ça sert maintenant.

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De quels groupes de la scène new-yorkaise te sens-tu en ce moment le plus proche musicalement parlant ? Cold Cave ou The Pains of Being Pure at Heart peut être ?

Peut-être Crystal Stilts, mais j'aime ceux que tu as mentionnés aussi. Woods aussi, même si leur vision est toute autre, l'approche est similaire.

Avec qui tu partages ce même amour pour la synth-pop des années quatre-vingt ?

Avec Xeno & Oaklander, Led Er Est, les groupes sur Wierd qui sont encore plus synthy que moi.

Si tu est condamné à rester toute ta vie sur une île déserte... quels disques emporterais-tu dans ton malheur ?

Quoi que je prenne, je m'en lasserais assez vite, tu ne crois pas ? Peut-être quelque chose composé d'ambiances assez variées, comme le White Album par exemple, pas nécessairement un de mes préférés. Je pense que j'aurais de plus grandes préoccupations que les disques là-bas...

Blank Dogs est loin d'être ton unique préoccupation musicale. D'autres projets musicaux ou collaborations à déclarer récemment ?

Toujours, beaucoup trop pour en dresser une liste... et de toute façon, j'ai peur que ces projets ne se réalisent pas ou arrêtent brusquement d'exister si j'en parle, alors je me retiens !

Toutes tes sorties se font pratiquement via des labels différents et non des moindres, quel rapport entretiens-tu avec eux ?

Très bons en général. Certains de ces labels sont dirigés par de réels amis en dehors du domaine musical comme Woodsist, In The Red et Sacred Bones.

blank-dogs-51Quelle fut ta motivation première quand tu as créé Captured Tracks ?

Sans aucun doute de sortir de la bonne musique et de laisser une trace.

Cosmetics, Craft Spells... Y'a-t-il une marque de fabrique Captured Tracks ? Comment choisis-tu les groupes signés ?

Il n'y a aucune image de marque Captured Tracks... autre que la qualité.

A ce propos peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets avec ?

Juste un album, mais il n'est pas encore terminé.

Tu es en ce moment en train de tourner en Europe pour présenter ton dernier album : qu'attends-tu de ces différents concerts et comment conçois-tu de manière générale ton rapport à la scène ?

Je n'ai pas d'attentes particulières et jouer est parfois bénéfique, parfois une corvée. Je pense que la plupart des gens te diraient la même chose.

Blank Dogs est-il initialement créé pour sortir des disques ou te produire sur scène ?

Cela a commencé comme tout expérience, juste pour écrire des chansons et les enregistrer simplement. Je suppose que le projet a progressivement évolué en quelque chose de plus sophistiqué.

Qu'écoutes-tu venant de France ?

J'ai toujours écouté beaucoup de trucs français. Heldon, Kas Product, les premiers Michel Polnareff... Je trouve qu'il y a eu plein de bonnes choses en France.


Chronique & Interview : Blank Dogs - Land And Fixed

blank-dogs-1Difficile d'avoir fait partie des DC Snipers, puis se faire appeler Mike Sniper tout en s'exposant à visage découvert. Avancer masqué, le maître mot pour viser juste. Et en rafale. C'est ainsi que depuis presque quatre ans l'inusable New-Yorkais conjugue activisme do it yourself et stakhanovisme artistique, empilant sans ciller les jalons de fondateur émérite de la structure Captured Tracks, au catalogue de sorties irréprochable, en plus de ceux liés à son projet Blank Dogs, déjà responsable d'une discographie pléthorique dénombrant pas moins de trois albums, On Two Sides (Sacred Bones, 2008), Under and Under (In the Red Records, 2009) et, depuis le 12 octobre dernier, Land and Fixed, en sus d'une pluie de maxis sortis sur différents labels, dont les récents Seconds et Phrases parus respectivement en 2009 et 2010 sur Captured Tracks. Par commodité, on passe ici sous silence les nombreuses collaborations du jeune homme au sein de groupes plus ou moins durables et formels - dont Roman Soldiers (Warmer, Sacred Bones, 2009) avec Gary War, increvable baroudeur cold-pop, ou encore The Mayfair Set (Young One, Woodist, 2009) avec Kristin Gundred des Dum Dum Girls d'I Will Be (Sub Pop, 2010) - mais une chose est sûre : Mike Sniper n'est pas prêt de se reposer sur les lauriers fraichement glanés auprès de la critique et de ses pairs. Tel un symbole d'une imperturbable effervescence musicale, radicale et indépendante, jouant tout à la fois sur les vieux formats (cassette et vinyles en tête) et les nouveaux modes de transmission instantanée de la musique en ligne (téléchargement, blogosphère), il réincarne à brûle-pourpoint, par ses velléités cold-wave, l'ensemble des fantômes post-punk dissipés à l'orée des années quatre-vingt-dix. Ses deux premiers albums, perclus de voix caverneuses et de saturations corrodées, ont réouvert la boîte de Pandore là où les psalmodies cafardeuses de The Cure et Joy Division l'avaient fermé au tout début des années quatre-vingt : en plein effroi, taillé dans un son brut, presque industriel. Entre hommage passéiste et relecture numérique il n'y a qu'un pas que Blank Dogs s'empresse d'emboîter sans même se justifier, l'addiction auditive provoquée chez l'auditeur averti par On Two Sides et Under and Under renâclant elle-même son propre lot de réponses évasives. C'est d'ailleurs ce mimétisme sur les entournures, robustement chevillé à une singulière efficacité mélodique, que l'on retrouve sous une autre expression avec Land and Fixed, album aux sonorités synth-pop plus évidentes et à la production moins effrontément lo-fi. L'algarade ne s'apparente plus seulement à une forêt de distorsions viciées et hantées, s'accaparant désormais l'apparence d'un nouveau manifeste new-wave transpercé de part en part de claviers, oscillant entre lignes accrocheuses et nappes atmosphériques, de guitares à la parcimonie salutaire et de vocalises à la gravité assumée. Moins figé, peut-être plus enjoué, Land and Fixed égraine une vision plus contrastée d'un univers musical révulsé d'angoisses, esquissant par le biais du microsillon son ordonnancement cardinal, entre hymnes synthétiques rondement exécutés (Goes By, Northern Islands, Insides), habiles constructions cold-pop (Blurred Tonight, Another Languages), indolentes déflagrations à l'électricité roborative (All Around, Through the Wall) et fragile complainte touchante de sincérité (Treelines).

C'est donc animé d'une impatience non dissimulée, que l'on vous invite à découvrir le 27 octobre prochain Blank Dogs au Point Éphémère avec en première partie Frank (Just Frank), groupe franco-anglais. Et si trois places sont offertes, en partenariat avec Summery Agency et le Point Éphémère, aux plus chanceux d'entre vous en cliquant par ici, l'alter-show qui se tiendra dès 23h au Motel, en compagnie de Mike Sniper et New is the New Old, est lui ouvert à tous. Avant cela, rencontre avec un homme clair, net et concis.

Interview

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Y'a-t-il un son Blank Dogs ? Comment le définirais-tu ?

Je suis sûr qu'il en existe un... mais il est très difficile de m'extraire du projet pour le nommer ou le définir.

L'esthétique du groupe est très sombre... Correspond-elle à ta personnalité ? Ou est-ce une façon de faire correspondre esthétique et musique ?

Je ne pense pas que ce soit conscient, c'est juste comme ça : ce n'est pas fait exprès. Je ne pense pas être une personne particulièrement sombre... mais j'exprime juste de cette manière une façon personnelle de voir les choses.

Quels sont les chansons que tu aurais rêvé de composer et qui pourraient nous éclairer sur ta manière de concevoir un titre ?

Oh, wow. Et bien, il y a tellement de réponses à cette question. Je dirais que Calling de Chrisma est vraiment une grande chanson, 25 O'Clock de Dukes of Stratosphear, Ouch Monkeys de Teardrop Explodes... Ce sont des petites chansons extraordinaires. Puis il y a des grands morceaux comme Cattle and Cane de Go Betweens, magnifique et mélancolique.

Qu'est ce qui me ferait choisir Land and Fixed comme album de l'année plutôt que Gemini de Wild Nothing ou celui éponyme de Beach Fossils ?

Je pense que ce serait à toi de le dire ! Je ne pourrais sincèrement te dire pourquoi...

En quoi est-il différent de tes précédents disques, On Two Sides et Under and Under ?

Je dirais qu'il est plus expansif, clair et concret.

Lis-tu d'ailleurs les critiques musicale de tes albums ?

Je le faisais avant. Je ne vois pas à quoi ça sert maintenant.

blank-dogs-4

De quels groupes de la scène new-yorkaise te sens-tu en ce moment le plus proche musicalement parlant ? Cold Cave ou The Pains of Being Pure at Heart peut être ?

Peut-être Crystal Stilts, mais j'aime ceux que tu as mentionnés aussi. Woods aussi, même si leur vision est toute autre, l'approche est similaire.

Avec qui tu partages ce même amour pour la synth-pop des années quatre-vingt ?

Avec Xeno & Oaklander, Led Er Est, les groupes sur Wierd qui sont encore plus synthy que moi.

Si tu est condamné à rester toute ta vie sur une île déserte... quels disques emporterais-tu dans ton malheur ?

Quoi que je prenne, je m'en lasserais assez vite, tu ne crois pas ? Peut-être quelque chose composé d'ambiances assez variées, comme le White Album par exemple, pas nécessairement un de mes préférés. Je pense que j'aurais de plus grandes préoccupations que les disques là-bas...

Blank Dogs est loin d'être ton unique préoccupation musicale. D'autres projets musicaux ou collaborations à déclarer récemment ?

Toujours, beaucoup trop pour en dresser une liste... et de toute façon, j'ai peur que ces projets ne se réalisent pas ou arrêtent brusquement d'exister si j'en parle, alors je me retiens !

Toutes tes sorties se font pratiquement via des labels différents et non des moindres, quel rapport entretiens-tu avec eux ?

Très bons en général. Certains de ces labels sont dirigés par de réels amis en dehors du domaine musical comme Woodsist, In The Red et Sacred Bones.

blank-dogs-51Quelle fut ta motivation première quand tu as créé Captured Tracks ?

Sans aucun doute de sortir de la bonne musique et de laisser une trace.

Cosmetics, Craft Spells... Y'a-t-il une marque de fabrique Captured Tracks ? Comment choisis-tu les groupes signés ?

Il n'y a aucune image de marque Captured Tracks... autre que la qualité.

A ce propos peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets avec ?

Juste un album, mais il n'est pas encore terminé.

Tu es en ce moment en train de tourner en Europe pour présenter ton dernier album : qu'attends-tu de ces différents concerts et comment conçois-tu de manière générale ton rapport à la scène ?

Je n'ai pas d'attentes particulières et jouer est parfois bénéfique, parfois une corvée. Je pense que la plupart des gens te diraient la même chose.

Blank Dogs est-il initialement créé pour sortir des disques ou te produire sur scène ?

Cela a commencé comme tout expérience, juste pour écrire des chansons et les enregistrer simplement. Je suppose que le projet a progressivement évolué en quelque chose de plus sophistiqué.

Qu'écoutes-tu venant de France ?

J'ai toujours écouté beaucoup de trucs français. Heldon, Kas Product, les premiers Michel Polnareff... Je trouve qu'il y a eu plein de bonnes choses en France.

Audio

Blank Dogs - Blurred Tonight

Blank Dogs - Another Languages

Tracklist

Blank Dogs - Land And Fixed (Captured Tracks, 2010)

01. Goes By
02. Collides
03. Longlights
04. Northern Islands
05. Insides
06. Blurred Tonight
07. Another Languages
08. Elevens
09. Out The Door
10. All Around
11. Through The Wall
12. Treelines

Mixtape

Mix (Fact 128)

1. Chrisma - Calling
2. Klinik - Face To Face
3. Astaron - Falling Apart
4. The Plugz - A Gain, A Loss
5. Rheingold - Graffitis
6. Cosmetics - Honey Honey
7. Jackpots - Jack In The Box
8. The Apartments - Mr. Somewhere
9. U.V. Pop - No Songs Tomorrow
10. Happy Refugees - Screaming And Shouting
11. Jo Squillo - Skizzo Skizzo
12. Cindytalk - A Song Of Changes
13. Jeff & Jane Hudson - Fat Of The Land

Une autre mixtape concoctée par Mike Sniper est disponible sur Platform en cliquant par ici.
Blank Dogs sera en concert le 27 octobre à Paris (Point Éphémère), le 28 à Nantes (Le Floride) et le 29 à Bordeaux (Saint Ex).


Bauhaus en deux temps

Bauhaus n'est pas mort. Incroyable mais vrai, ses membres ont formé deux groupes : un (Blank Dogs) signé sur la mecque indé rock/garage/psyché du moment (In the Red) et un autre (The Horrors) appelé a être la « new big thing ». Toujours en balance entre sa quête de l'immédiateté et son côté grandiloquent, Bauhaus a tranché en affectant à chacun de ses nouveaux projets ces caractéristiques qui ont contribué à l'explosion de la scène batcave. A Blank Dogs l'immédiateté, àThe Horrors la grandiloquence. Alors forcement l'oreille non avertie aura l'impression de parfois entendre la même chanson d'un cd à l'autre. Il existe une solution pour s'y retrouver : les accoutrements diffèrent (option elephant man pour Blank Dogs, option adulescent gothique pour The Horrors).Ps : On me dit que Bauhaus est bel et bien mort...

Nicolas

TRACKLIST

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Blank Dogs - Under and Under (In the Red, 2009)

1. No Compass
2. L Machine
3. Night Night
4. Open Shut
5. Setting Fire to Your House
6. Around the Room
7. Blue Lights
8. New Things
9. Falling Back
10. Tin Birds
11. Slowing Down
12. Face Watching
13. Books
14. Nothing Ugc
15. From Here

achetez l'album

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The Horrors -  Primary Colours (XL Recordings, 2009)

1. Mirror's Image
2. Three Decades
3. Who Can Say
4. Do You Remember
5. New Ice Age
6. Scarlet Fields
7. I Only Think Of You
8. I Can't Control Myself
9. Primary Colours
10. Sea Within A Sea

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