Chaos Physique – The Science Of Chaotic Solutions

cpOn savait Amaury Cambuzat performant avec Ulan Bator, groupe expérimental issu de nos contrées. Il se montre tout aussi prolifique, décalé et intéressant dans ce qu'il produit, avec son label Acid Cobra Records, basé en Angleterre, cet album de Chaos Physique constituant l'éclatante preuve de l'intérêt que peut susciter son catalogue. A l'instar de ce que font des structures hexagonales comme Kythibong, Ruminance ou A tant rêver du roi, Le Son du Maquis ou encore Clapping Music, Acid Cobra Records s'adonne à la gestion de groupes aux styles non-conventionnels, et ce brillant opus de huit titres met à l'honneur un trio qui, pour un coup d'essai, réalise un sans-faute.

Qu'il opte pour un climat psyché répétitif et obsédant (Cul De Sac, excellente entrée  en matière), sur un format outrepassant les cinq minutes, réitère le même procédé sur un format moins étendu (Sun Run Fun Gun et sa trame toute en retenue, dotée d'un arrière-plan menaçant à tout moment de rompre), ou impose une plage courte et rythmée (l'entraînant Litany For A Monkey, noisy et mené par l'implacable batterie de Pier Mecca), Chaos Physique fait preuve, d'emblée, d'un savoir-faire déroutant. L'amorce est donc concluante et Spaghetti Frogs, qui vient prolonger ce qu'exhale Litany For A Monkey, nous régale d'un krautrock digne de Neu !, le tout dans une ambiance alerte et grinçante du plus bel effet.

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En outre, la diversité des atmosphères ne nuit aucunement à la valeur du rendu, et le trio, au sein duquel se distingue également Diego Vinciarelli, bassiste de Sexy Rexy dont l'album éponyme captive tout autant que celui décrit en ces lignes, fort de ce premier volet probant, enfonce le clou sur les titres restants, à commencer par Jeux De Promesses qui voit le chant en français, qui ne dépareille nullement, prendre les manettes. Psychédélique, sombre, à la linéarité rompue par la frappe sobre de Pier, il complète et étoffe parfaitement la palette liée à ce premier long-jet, Amaury y allant de son chant songeur, et trouve en Arum Titan, le morceau suivant, son digne prolongement. Textuellement, comme dans le climat qui s'en dégage, ce dernier s'avère attrayant au possible, posé aussi, mais porteur, comme nombre des chansons de l'opus, d'un enrobage sonore obscur et tendu, parfaitement élaboré.

Chaos Physique réinstaure ensuite un krautrock vivace sur Neutrons Protons, incoercible et animé par une guitare volubile. Sa durée réduite lui permet de plus d'afficher un mordant constant, et met à genoux un auditeur déjà conquis par ce qu'il vient d'entendre.

C'est alors que se profile Socrate Rook, pièce maîtresse de ce disque majeur, d'une durée atteignant les treize minutes. On y oscille entre rêverie haut perchée, digne des groupes actuels ou passés  les plus « enfumés », et soubresauts rythmiques et soniques jouissifs, un fracas sonore indescriptible mettant fin à cet ultime plage de la plus belle des manières.

Pour conclure, on se trouve ici en présence d'un disque précieux, digne du parcours et de la dextérité de ses géniteurs, parfaitement représentatif de leur esprit et excellent de bout en bout. Et qui donne, de surcroît, l'irrépressible envie de découvrir les autres groupes de ce label hautement recommandable.

Audio

Chaos Physique - Litany For A Monkey

Vidéo

 

Tracklist

Chaos Physique – The Science Of Chaotic Solutions (Jestrai/Acid Cobra Records, 2009)

1. Cul De Sac
2. Sun Run Fun Gun
3. Litany For A Monkey
4. Spaghetti Frog
5. Jeux De Promesses
6. Arum Titan
7. Neutrons Protons
8. Socrate Rook


Memory Tapes – Seek Magic

memory-tapes-seek-magicLe renouveau de l’electro-pop par des clichés synthétiques archi-usés c’est possible ? Ça dépend de qui tire les ficelles, et dans le cas du schizophrénique Dayve Hawk on répondra immédiatement à l’affirmative. Ce jeune américain un peu fêlé mais talentueux, fusionne ses deux projets musicaux Memory Cassette et Weird Tapes, et en garde toute la fraîcheur ainsi que l’originalité. Car Memory Tapes c’est avant tout l’histoire d’un mariage musical entre dream-pop vintage et post-rock futuristique et glam. Un peu comme si les Beach Boys effectuaient un come-back électronica chez 4AD. SIC !
Et juste au moment où l’on commençait à se lasser des revivals claviéristes bontempi et des pédales à effet pour ukulele, cet originaire de Philies pour les intimes, débarque avec son Seek Magic qui concilie, et d’une aisance ahurissante, la rêverie piquante du Loveless de My Bloody Valentine et le groove dance du  The Warning d’Hot Chip.
On ne transite pas entre électro ou pop, on fusionne, on malaxe, on digère et on recrache le tout sur huit titres qui se savourent autant qu’ils transpercent, fiévreux et électriques. On n’avait pas entendu mieux dans le genre depuis The Knife, et pas sûr que la ré-édit soit pour tout de suite. Narcotique et revitalisant en même temps, c’est possible ? Il faut croire que Memory Tapes a réussit cet exploit.

Akitrash

Audio

Memory Tapes - Graphics

Tracklist

Memory Tapes – Seek Magic (Rough Trade, 2009)

1. Swimming Field
2. Bicycle
3. Green Knight
4. Pink Stones
5. Stop Talking
6. Graphics
7. Plain Material
8. Run Out

Video


Soap & Skin - Marche Funèbre EP

soapskin-artworkSoap&Skin vient d'Autriche. Un curieux nom de scène pour une jeune femme d'à peine dix neuf ans, à la beauté fragile et au teint diaphane. Quoi que. Dès les premières notes on pressent l'étrangeté cristalline, la pureté maladive. Le titre de son récent EP, Marche Funèbre, n'est guère plus rassurant. On ferme les yeux et on se retrouve en plein cœur d'une nuit froide, où la voûte céleste se joint à la terre déshumanisée par d'épais rideaux brumeux. On reste à l'affût, on trésaille, et il y a de quoi. Avec déjà un album à son actif, Lovetune for Vacuum (PIAS, 2009), et deux maxis inauguraux (S/t - 2008, Spiracle Single, 2009), Anja Plaschg, de son véritable nom, n'a pas perdu de temps pour composer et enregistrer ses comptines transpirant d'effroi et égrainer ainsi ses obsessions morbides. Telle une Chan Marshall possédée, ou un double antithétique de Chris Garneau, Anja Plaschg électrise la peau et les âmes d'oraisons minimalistes, où sa voix d'opale s'adjoint d'infernales mélodies exécutées au piano, le tout subrepticement agrémentés d'une électronique triturée et de cordes anémiées. La demoiselle aux mains d'argent règne sans partage dans son royaume de l'étrange, aux arcanes gothiques et aux décoctions instantanées quasi surnaturelles. Les deux versions proposées sur cet EP de Marche Funèbre, dont l'original est inclus dans Lovetune for Vacuum, inoculent le maléfice et son lot d'incongruités - cris lointain, déchirement de cordes, mantras catatoniques - dans les interstices d'un morceau d'une noirceur phénoménale quand Thanatos n'est autre, dans la mythologie grecque, que la personnification de la mort. Inédit et ramassé (deux minutes trente), Thanatos résume à lui seul la potentialité de Soap&Skin : remuer les tripes sans pour autant verser dans l'imagerie glauque et malhabile. A l'évidence, la pureté de l'incantation suffit.

Thibault

Audio

Soap&Skin - Thanatos

Tracklist

Soapand Skin - Marche Funèbre EP (Couch Records/Pias, 2009)

01. Thanatos
02. Marche Funèbre (yrazor)
03. Marche Funèbre (dj koze marxa mix)

Video



On y était - Piers Faccini à la Cigale

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Piers Faccini, Paris, La Cigale, 16 décembre 2009

Paris. -2°. La sécurité ne traîne pas et la longue file disparaît bien vite dans une Cigale qui affiche complet ce soir. Plus un strapontin. Du monde au balcon. Des ampoules au plafond. Déco minimaliste pour artistes touche à tout. Piers Faccini et en première partie une découverte soyeuse, Krystel Warren. Petit bout de femme androgyne, seule sur scène avec sa guitare, son folk surprend tout le monde et annonce la suite. Piers Faccini donc. Un nom qui brouille les douanes et une musique tout aussi déroutante. L’homme a longtemps fait ses classes en première partie de Ben Harper. Alors, autant le dire tout de suite, il maîtrise son sujet, captive l’attention et vous emmène loin. Très loin. Ca commence comme une veillée au coin du feu mais A Storm Is Going To Come et Piers Faccini bouscule son public, prolonge les instrumentales et s’appuie sur sa complice Laetitia Shériff pour durcir le ton. Durcir. Le mot est fort pour un folk toujours maîtrise, jamais agressif. Disons que la veillée se fait road movie et ne cherchez pas de frontières à sa musique, il n’en a pas. Des plaines de l’Ouest au Proche Orient, des envolées celtiques à la toscane, Piers faccini joue son dernier album  Two Grains Of Sand décrit souvent comme l’album le plus apaisé de sa discographie. Mais comme la salle lui est complètement acquise, 2 chansons de Leave Not Race sorti en 2004 font sensation.  If I aussi a bien vieilli. Le public accompagne le chanteur qui se permet même le luxe d’a capella loin du micro. Chapeau. « Avec certaines chansons, dans certains moments, j’ai l’impression que c’est la première fois ». C’est con mais dit comme ça, seul face au public, ça marche et le pire c’est qu’il a l’air sincère. 2 rappels, un duo avec Krystel et 3 chansons plus loin, la salle se vide doucement sur une rythmique vocale collective réclamée par le maître de cérémonie. Tiens, il fait moins froid dehors…

Fabrice

Video


Jamie & Damon save the world

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Bonjour c'est Rigobert. Cette semaine à travers  Theophilus London et un pour un chassé-croisé de remix,  on revient sur deux événements marquants de 2009 à savoir l'admirable album de The XX et son contraire  le destestable album d'Amadou et Mariam dont seul fut sauvé d'un marasme exemplaire,  Sabali.  Finalement tout est question de production.

Audio

Theophilus London - Pull My Heart Away remix (prod. by Jamie Smith of The XX)

Amadou&Mariam - Sabali (Theophilus London remix)


2009 : On fait le bilan

bilan

Hartzine vous propose de revenir sur une année de musique à travers les bilans subjectifs de ses rédacteurs et leurs tops.

Benoît

Dans le monde merveilleux du vin, il existe parait-il des années miracles qui se répéteraient toutes les fins de décennie et il semblerait que cet axiome se vérifie également dans l'univers de la musique. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à regarder de plus près les bilans de fin d'année proposés ici et là pour s'apercevoir que l'année 2009 n'a pas enfanté de palmarès consensuels, preuve d'une année discographique "grand cru" avec ce qu'il faut de sourires et de larmes pour créer l'équilibre parfait. 2009, année bilan d'une décennie dont il nous faudra encore dix ans pour en interroger le sens, achève les premiers temps d'un nouveau millénaire musical en trompe l'œil, "noughties" à la fois hantées par la crise du disque et, sur ses ruines, illuminée par l'émergence fulgurante d'une nouvelle scène indépendante protéiforme, mondialisée et insolemment inclassable.
Animal Collective et The XX, chacun à leur manière, incarnent cette nouvelle épopée musicale qui, libérée du joug du conformisme mainstream et des potentats qui le régissent, fait éclater en morceaux l'identité "musico-normée" de la pop. Aussi une lecture plus symbolique de l'histoire nous aurait ainsi prouvé que ce n'est pas Conrad Murray et sa trousse à pharmacie qui priva Bambi de son ultime tentative de rédemption mais bien Merriweather Post Pavillon et son élégiaque complexité, véritable antidote à la médiocrité ambiante. Dans cette entreprise d'édification d'un nouvel ordre musical , Les bambins étonnamment matures de The XX ne sont pas en reste. En un unique album construit dans la froideur d'un garage anglais, à l'aube d'une nouvelle décennie et  sur les cendres encore chaudes de l'économie phonographique, leurs chansons décomplexées marquent un coût d'arrêt brutal dans le continuum historique de la musique et font sortir de sa torpeur toute une génération abîmée par le croissant déficit de la Pensée. Par sa lecture à rebrousse-poil de la musique de papa et sa faculté à mixer cette exégèse avec ce qui lui est en apparence le plus opposé, The XX permet, le temps de 45 petites minutes,  de recouvrer ce qui avait disparu et était condamné à l'oubli : le goût salvateur de l'étonnement.
Mais ce ne sont pas forcément ces deux noms que vous retrouverez classés ci-dessous. Car on peut aussi y préférer ce que l'on veut, c'est aussi ça la magie de 2009.

Mes trois Albums de l'année :

francoisFrànçois And The Atlas Mountains

Plaine inondable
14/09/2009
(Talitres)

écouter Moitié

jeremy-jayJeremy Jay

Slow Dance
23/03/2009
(K Records)

écouter Love Everlasting

summertimeThe Drums

Summertime
12/10/2009
(Moshi Moshi)

écouter Let's Go Surfin

Mes trois chansons de l'année :

girls-album-l-1jpegGirls - Lust For Life

extrait de Album
28/09/2009
(True Panther/Turnstile/PIAS)

écouter Lust For Life

koudlampromohr1Koudlam - See you all

extrait de Goodbye
16/11/2009
(Pan European Recording)

écouter See you all

lareproductionArnaud Fleurent-Didier - France Culture

extrait de La reproduction
04/10/2010
(Columbia)

écouter France Culture

Mes espoirs 2010 :

hunxHunx + The Punkettes

écouter U don't Like Rock'n'roll

un album prévu pour 2010

saycetSaycet

album à venir en mars 2010

Through The Window

écouter Easy

Thibault

On a beau dire que l'industrie du disque est en crise, la création musicale, elle, est loin d'être en panne. Un constat historique milite d'ailleurs en sa faveur : quand la situation économique se délite, le peuple, s'il réclame du pain, s'en remet aux jeux pour oublier. Les salles de concert sont pleines, certains groupes passent de l'ombre à la lumière en une poignée de seconde (Girls, The xx) quand d'autres se reforment avec appétence (Pavement, the Pixies, Chokebore). Contrastant avec une certaine atonie fin de siècle consacrant l'ère du dj roi, une émulation sans pareille s'empare de formes musicales qui se recyclent, se mélangent et se renouvellent. Phénomène récurent dans l'univers de la création mais qui se double d'un second plus nouveau : l'instantanéité. On aime, on aime pas, le choix est immédiat. Et comme dans tout déluge, difficile de voir pointer l'horizon. La profusion de groupes, de sonorités nouvelles et de relectures itératives de genres dépoussiérés obstruent déjà un discernement susceptible d'accoucher d'un véritable bilan de fin d'année. Avec la dose d'amnésie qu'inocule quotidiennement l'actualité musicale en continue, dont le symbole tient en un mot - Pitchfork - cela devient d'autant plus dur que les repères temporels sont brouillés. Janvier dernier parait si loin, et pourtant c'est à peine hier. Mais à vrai dire, pourquoi s'en plaindre ? Les classements sont-ils véritablement utiles ? Réponse de normand : oui et non. S'il est toujours profitable de jeter un coup d'œil furtif dans le rétro-viseur quand on trace son chemin, le temps long, lui, est un puissant révélateur. Celui de la beauté et de la justesse immuable. Les authentiques classements ne se font donc que quelques années, voir quelques décennies plus tard. Dès à présent, qui peut différencier ce qui sera conservé précieusement de ce qui sera oublié d'un revers de veste ? Pas grand monde. A défaut d'être présomptueux, il n'y a pas de prophète en la matière. Un jeu peut cependant consister à prendre de la hauteur pour imaginer ce que l'on continuera à écouter une ou deux décades plus tard. Inutile de dire que l'exercice est périlleux. Inutile de dire que c'est un peu vain. Mais qu'au moins, ça a le mérite d'être sincère, bien loin de l'agitation et d'une période de solde déjà entamée. Car les classements ça sert aussi à écouler les stocks.

Mes trois Albums de l'année :

walkabout-coverAtlas Sound

Logos
20/10/2009
(4AD)

écouter My Halo

turzi011109Turzi

B
28/10/2009
(Record Makers)

écouter Brazilia

girls-album-l-1jpeg Girls

Album
28/09/2009
(True Panther/Turnstile/PIAS)

écouter Hellhole Ratrace

Mes trois chansons de l'année :

desire_lp_cover-1Desire - Don't call

extrait de II
21/07/2009
(Italians Do It Better)

écouter Don't Call

beakBeak - Iron acton

extrait de Beak
17/11/2009
(Ipecac)

écouter Iron Acton

jeremy-jayJeremy Jay - Breaking The Ice

extrait de Slow Dance
23/03/2009
(K Records)

écouter Breaking The Ice

Mes espoirs 2010 :

l_aea4df174083464fb878f116f934838eVilleneuve

Album à venir début 2010
Dry Marks of Memory
(PIAS)

écouter Death Race (discodeine remix)

17640271Twisted Wires

Album à venir en 2010
(Italians Do It Better)

écouter One Night At The Raw Deal

Mon meilleur concert :

Skeleton$ (Midi festival, 26 juillet 2009, Villa Noailles de Hyères)

Virginie

Bbbbrrr l'hiver est arrivé, je frissonne, voilà l'année 2009 qui se termine déjà! À l'heure du bilan, je dois tout avouer, oui c'est vrai : j'ai des tendances mono-maniaques. Je peux écouter un album, voir un titre jusqu'à la lie, jusqu'à (presque) m'en dégoûter...Ce qui a pour conséquence néfaste, j'en ai bien peur, un manque de disponibilité assez dramatique dans mes écouteurs, pour peu que j'écoute une quantité non-négligeable de vieilleries toutes plus respectables les unes que les autres, cela va sans dire, mmm et bien voilà, je n'ai pas écouté tout ce qu'il y avait à écouter! Que la foudre s'abatte sur moi! Oh Dieu de la critique musicale, pardonne-moi! Oui, je réciterai mon je vous salut rock n'roll trente deux fois avant de me coucher, c'est promis.

Mes trois albums de l'année :

fever-ray_coverFever Ray

Fever Ray
29/03/2009
(Mute)

écouter When I Grow Up

Fever Ray, bande originale hallucinée d'un conte fantastique, l'ex-Knife Karin Dreijer Andersson nous plonge dans une transe lynchienne qui donne la chair de poule.

battant-noheadBattant

No Head
23/02/2009
(Kill The DJ)

écouter No Rod

Remarquable énergie brute d'un bout à l'autre, on les attends au tournant.

07232009_kap_bambino_blacklistKap Bambino

Black List
25/05/2009
(Because)

écouter Bluescreen

Bonheur adolescent et jubilatoire, à mille lieues de toute la production musicale de cette année. Le groupe électro le plus Punk du monde.

Mes trois chansons de l'année :

poch_thexx_702a39804bde8797c3993b5d9e7997af_fullsizeThe XX - Crystalised

Extrait de XX
15/09/2009
XL Recordings

écouter Crystalised

Idéale ballade post-pubère et planante pour un film plein d'ados taciturnes de Greg Araki, je ne peux qu'adhérer!

album-17935YACHT - The Afterlife

extrait de See Mystery Lights
28/07/2009
(DFA)

écouter The Afterlife

Le titre sur lequel j'ai fait le plus de playback dans les transports publics, et j'assume.

873_1_lChairlift - Bruises

extrait de Bruises
11/09/2009
(Columbia)

écouter Bruises

Parce que je suis une midinette c'est évident. Et encore, j'avoue le plus avouable.

Ma découverte de l'année :

a673aecae7D.M Stith

Heavy Ghost
10/03/2009
(Asthmatic Kitty)

écouter Pity Dance

L'univers de ce parfait inconnu est d'une beauté et d'une poésie à faire pleurer. Inclassable, à écouter tout seul dans le noir.

Mon espoir  2010 :

815b805248566da1a5a95498b9bf5e83_mediumFreelance Whales

Album à venir début 2010
Weathervanes
(frenchkiss)

écouter Ghosting

Un énorme potentiel pour devenir ma nouvelle mono-obsession musicale. Des ricains du Queens, le nouveau Brooklyn qu'on se le dise, mais ils auraient tout aussi bien pu venir de Montréal, si vous voyez ce que je veux dire.

Mon meilleur concert  de l'année :

KAP BAMBINO KAP BAMBINO et KAP BAMBINO.

Nicolas

En musique comme en économie, les bulles se sont dégonflées les unes après les autres (electro fluo, baby rock...); laissant la place à d'autres solutions moussantes (pop lo-fi, revival shoegaze...). Les salles de concert n'ont jamais autant rempli leur rôle de sanctuaire... Paradoxalement je me suis plutôt retrouvé dans des sons du passé qu'on qualifiera parfois de cheap mais qui transpire l'authenticité. De la vague froide flexipop à ma découverte du krautrock déviant des 70's, autant de références qui permettent d'apprécier à leur juste (faible) valeur la majeur partie des sorties de l'année 2009.

Mes 3 albums de l'année :
ursk_alukAluk Todolo

Finsternis
05/06/2009
(Utech Records)

écouter Quatrième Contact

kickback-nosurrenderKickback

No Surrender
21/05/2009
(GSR)

écouté No Surrender

andrew_weatherall_a_pox_on_the_pioneersAndrew Weatherall

A Pox On The Pioneers
28/09/2009
(Rotters Golf Club)

écouter All The Little Things

Mes 3 chansons de l'année :

jozif_by_rich_kellyJozif – Midnight Effigy

itsafinelineivansmaggheettimparisIt's A  Fine Line – Never Go With a Hippie to a second Location (allez allez remix)

écouter Never Go With a Hippie to a second Location (allez allez remix)

fairtilizer-track-70582-sGesaffelstein – Midnight Anxiety

écouter Midnight Anxiety

Ma découverte de l'année :
front

Circle of Ouroborus

Island
16/03/2009
(Infinite Wisdom)

Emeline

Je ne vais pas vous mentir : en 2009, je n'ai pas écouté beaucoup d'albums sortis en 2009. J'aime les vieux groupes, ou les groupes nouveaux qui sonnent comme des vieux. Peut-être que c'est un peu facile de se complaire dans les valeurs sûres, mais je ne me sens pas très à l'aise avec le fait d'écouter les cinquante derniers albums hype qui sortent chaque semaine. J'ai besoin de prendre mon temps, d'écouter en boucle pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour apprécier vraiment. D'aller voir les groupes en concert. Mais, en 2009, quand on est fan des Doors ou de John Lee Hooker, ce n'est pas évident.Et pourtant, grâce à Hartzine, je me suis dit qu'il était temps, et je me suis un peu forcée. J'ai même écouté des albums qui n'étaient pas encore sortis. Et j'ai découvert qu'en 2009, on pouvait sonner comme il y a quarante ans. Ou pas du tout. Mais je ne me suis pas sentie aussi perdue que ce que je prévoyais. Quoiqu'il en soit, mon bilan 2009 sera probablement beaucoup moins pointu que ce que vous auriez pu espérer, et vous n'y découvrirez peut-être pas grand chose. Mais j'y parle de groupes qui me tiennent vraiment à coeur. Rendez-vous en 2010 ?

Mes trois albums de l'année :

41cfgqzcxxl_sl500_aa240_Revolver

Music For A While
23/06/2009
(EMI)

écouté Leave Me alone

Ca faisait déjà quelques années que j'avais entendu parler de ce groupe, depuis une démo atterrie au hasard dans mon salon en 2007. Deux ans après, je suis satisfaite de voir leur travail et leur talent récompensés.

heart-onEagles Of Death Metal

Heart On
28/10/2009
(Cooperative Music)

écouter Wannabe In L.A.

Le groupe de Jesse Hughes et Josh Homme livre un troisième opus qui sent, comme les deux premiers, le sexe, la sueur et le blues. Un remède efficace contre les néo-nunuches à la voix faussement innocente qu'on nous sort tous les trois mois.

deadweather2The Dead Weather

Horehound
13/07/2009
(Sony)

écouté Treat Me Like Your Mother

Le dernier groupe de Jack White offre un premier album lourd et poussiéreux, dans lequel Alison Mosshart trouve un adversaire à sa mesure.

Mes trois chansons de l'année :

deadweather2The Dead Weather - Treat Me Like YourMother

extrait de Horehound
13/07/2009
(Sony)

écouté Treat Me Like Your Mother

La scène de ménage la plus classe de l'histoire du rock.

mrcd-partyintellectualsMarc Ribot's Ceramic Dog - Break On Through

extrait de Party Intellectual
24/06/2008
(Pi Recordings)

écouté Break On Through

Reprendre un titre des Doors était un pari osé ; le nouveau groupe de Marc Ribot s'en tire à merveille.

ykgpxv26Tu Seras Terriblement Gentille - Lester Bangs

extrait de Tu Seras Terriblement Gentille
30/06/2009
Born Bad Records

écouter Lester Bangs

Trois filles énervées rendent hommage au rock critic sans prendre de gants. Il aurait apprécié.

Ma découverte de l'année :

The Dead Weather

Je ne voudrais pas avoir l'air de sortir le même groupe à toutes les sauces, mais quoi de plus excitant que de découvrir que le génie de Détroit et la tigresse des Kills ont formé un groupe ensemble ?

Mon espoir 2010  :

Je n'ai qu'un seul espoir : que les White Stripes sortent enfin leur nouvel album et repartent en tournée.

Mon concert de l'année :

The Dead Weather, Wiltern Theater, Los Angeles, 28 août 2009

Après le concert parisien un peu court précédant la sortie de leur album, les Dead Weather allongent leur show et se déchaînent encore plus. Alison, plus habitée que jamais, reste l'artiste la plus envoûtante que j'aie jamais vue sur scène.

Akitrash

Pour une fois, quantité aura rimé avec qualité, et de ce marasme symphonique qu'aura été 2009 l'indépendance aura primé sur le reste. Que les jeunes artistes se rassurent c'est par eux que passera le flambeau.

Mes trois albums de l'année :

fever-ray_coverFever Ray

Fever Ray
29/03/2009
(Mute)

écouter When I Grow Up
Plus de 10 mois coincé dans mon Ipod, et je l'écoute toujours, un exploit!

dirty-projectors-bitte-orca-coverDirty Projectors

Bitte Orca
9/06/2009
(Domino)

écouter Stillness Is The Move

Dave Longstreth est à la fois Jésus et Syd Barrett, un Ovni!

200px-animal_collective_merriweatherAnimal Collective

Merriweather Post Pavillon
06/01/2009
(Domino)

écouter My Girls

Animal dans mon top 3, facile? Bah non, longtemps hésité avec Atlas Sound et Bibio!

Mes 3 chansons de l'année:

gussusGus Gus - Add This Song

extrait de Add This Son
26/06/2009
(Kompakt)

écouter Add This Song

200px-animal_collective_merriweatherAnimal Collective - Bleeding

Merriweather Post Pavillon
06/01/2009
(Domino)

écouter Bleeding
Leur morceau le plus étrange et cotonneux depuis des lustres...

walkabout-coverAtlas Sound - Kid Klimax

extrait de Logos
20/10/2009
(4AD)

écouter Kid Klimax
Magique, tragique, douloureux, organique... l'âme même de Bradford Cox!

Ma découverte de l'année :

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Destination Tokyo
20/06/2009
(Smalltown Supersound)

écouter Destination Tokyo

3 japonaises au look de lolitas qui renvoient tous nos papis du noise à l'âge de pierre... Une méga claque!

Mon Espoir  2010:

Pour le come-back je mise gros sur le retour de Massive Attack. Pas une déception en presque 20 ans d'activité, y a pas de raison que ça change non d'une pipe.
Et également la consécration du label parisien
Pan European qui après Turzi, Koudlam, Kill for total peace a su réveiller nos esgourdes...

Meilleur concert de l'année :
Dirty Projectors, La Maroquinerie
Le jour où je suis tombé amoureux de Angel Deradoorian et que je me suis pris en pleine face une démonstration brute d'orchestration de folie maitrisée.


Vic Chesnutt (1964-2009)

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C’est le jour de Noël, les enfants, arborant des sourires joyeux, s’empressent de déballer leurs cadeaux. Quelqu’un allume la radio, comme dans un de ces vieux films noirs des années 40. Et la nouvelle tombe, rapide, sèche, brutale. « Vic Chesnutt est mort ». Ces quelques mots me rappellent l’ambiance inquiétante et plombante de l’introduction de Lost Highway. Quelques mots lointains, adressés à vous-même, et qui vous font sentir que les choses ne seront plus tout à fait pareilles.
En effet, c’est le jeudi 24 Décembre 2009 que le petit Boss nous a quitté, celui qui à nos yeux restera cet être frêle encerclé profondément dans son cercueil roulant de métal mais qui dans nos cœurs demeurera ce génie trop méconnu dont la voix nasillarde nous chatouillait de sa poésie ténébreuse.
Décédé suite à  une overdose médicamenteuse, l’artiste avait placé sa vie d’un halo noir. Orphelin, il grandit dans une petite ville de Georgie, et se retrouve cloué dans un fauteuil roulant à l’âge de 18 ans suite à un accident de voiture. Il survie en s’accrochant à sa guitare qu’il gratte du bout de ses dents et forcera le respect de ses ainées en pondant en 1990 « Little », un album country-folk au doux parfum de Louisiane, sur lequel Chesnutt fait également montre de ses talents d’auteur-compositeur. Suivront « West of Rome » et « Drunk » dans lesquels l’homme de fer exorcise ses fantômes à coup de bottleneck et chante la Georgie des romans de Harry Crews.
En suivi une période très prolifique, qui permis enfin à ce tailleur de pierres précieuses de faire reconnaitre ses talents d’orfèvre auprès grand public et d’accéder enfin à la renommée qui lui est due. Il s’associe à de grandes causes en compagnie de son ami Michael Stipe (Leader de R.E.M pour les incultes), qui voue pour Chesnutt une admiration sans bornes, et l’aida à décrocher de la drogue quelques années plus tôt. Il publia également parallèlement « About to Choke » et « The Salesman and Bernadette » aux côté de Lambchop qui marquèrent son passage vers un songwriting plus lumineux, mais toujours teinté de mélancolie.
Le passage au nouveau millénaire marqua l’entrée d’une nouvelle ère pour ce troubadour aux mélodies inépuisables. Véritable mère courage pour ses pairs et source inépuisable de rimes glissées sur les cordes de sa guitare acoustique, Chesnutt se démultiplia, se divisa, et donna jusqu’à l’épuisement. De cette décennie folle s’en extirperont quelques essais flamboyant comme l’introspectif et incandescent « Silver Lake» ou le collégial « North Star Deserter », qui voit entre autre le folkeux Georgien collaborer avec les non-moins impressionnants Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestral, soit une rencontre qui sent la poudre. Et la presse s’empresse d’allumer la mèche.
Plus personne n’ignorait le talent de Vic Chesnutt. Plébiscité et pillé, l’aura de l’artiste semble pourtant décliner. Ombrageux et sur le fil, ses deux derniers albums parus cette année, « At the cut » et « Skitter On Take-Off », rappellent à ses début et dégagent une colère qui jusqu’à présent semblait contenue.  On sait l’artiste dépressif et en proie à de nombreux démons, n’arrivant plus à se supporter, ni à faire face aux créances qu’il doit endosser pour se soigner. La suite, nous l’avons reçu comme un coup de marteau en jour saint de Noël.
L’ombre de la mort n’aura cessé de planer sur les multitudes morceaux que nous lègue ce musicien hors-pair, cet écorché vif, qui trouvait sa place entre le spleen de Jeff Buckley et la chronique urbaine et bluesy de Bruce Springsteen. On espère que Vic Chesnutt aura trouvé le sourire qui lui faisait défaut là où il trouve. Et si il nous reste une mine inépuisable de trésor sur lequel se consoler, rien ne remplacera la grâce de cet artiste qui savait trouver les mots pour définir les sentiments enfouis au plus profond de nos êtres. « Vic Chesnutt est mort ». Cette phrase résonne dans ma tête, et n’en a pas fini faire écho. Adieu l’ami.

Akitrash

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Retour en quelque titres sur la discographie pléthorique de Vic Chesnutt

Vic Chesnutt  - Rabbit Box extrait de l'album Little (Texas Hotel, 1990)

Vic Chesnutt  - The Night The Lights Went Out In Georgia extrait de la compilation Star Power! (Pravda Records, 1995)

Vic Chesnutt - New Town extrait de l'album About To Choke ( Rough Trade, 1996)

Vic Chesnutt - Bernadette & Her Crowd extrait de l'album The Salesman and Bernadette (Velocette Records, 1998)

Vic Chesnutt - Buckets Of Rain extrait de la musique du film Crossing Jordan (2003)

Vic Chesnutt  - In My Way, Yes extrait de l'album  Silver Lake (New West, 2003)

Vic Chesnutt - Like A Monkey In The Zoo extrait de l'album The Late Great Daniel Johnston: Discovered Covered (Eternal Yip Eye , 2004)

Vic Chesnutt - Strange Language extrait de l'album Is The Actor Happy? (New West, 2004)

Vic Chesnutt - Dodge extrait de l'album Drunk (New West, 2004)

Vic Chesnutt -You Are Never Alone extrait de l'album North Star Deserter (Constellation, 2007)

Vic Chesnutt - Little Fucker extrait de l'album Dark Developments (Orange Twin, 2008)

Vic Chesnutt - Flirted With You All My Life extrait de l'album At The Cut (Constellation, 2009)

Vic Chesnutt - Dick Cheney extrait de l'album Skitter On Take-Off (Vapor Records, 2009)

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Chromatic Flights - Sunset Bell

sunsetbellChromatic Flights est le projet solo de Kyle Wyss des Blind Man’s Colour. A savoir un duo de laborantin en herbe, qui, entre bruits, échos et réverbérations, triturent la matière sonore selon les leçons de chimistes parmi les plus avertis et réputés, Animal Collective et Panda Bear pour ne pas les nommer. C'est bien simple : la grande pomme est en ébullition depuis la signature des deux garnements venus de Floride sur le label Kanine records (Grizzly Bear, Chairlift, Oxford Collapse). Kyle Wyss et Orhan Chettri - qui a aussi un side-project nommé Lucid Bus - peuvent compter en effet sur le soutien indéfectible d'une kyrielle d'étoiles du landerneau pop new-yorkais : Ed Droste de Grizzly Bear et John Norris, de MTV, les maternent avec une dévotion non dissimulée, tandis que Kanye West est fan, c'est dire, et que la soeur d'Avey Tare d'Animal collective a confectionné la pochette de l'EP Favorite Cat de Chromatic Flights. Tout est donc paré pour que 2010 soit l’année de l’envol de ces jeunes gens ne cumulant à deux qu’à peine quarante piges. Et c'est Kyle Wyss qui envoie la seconde salve - après Season Dreaming de Blind Mind's Colour paru en 2009 - avec Sunset Bell (OneThirtyBpm, 2009), un disque à l'épure psychédélique et cotonneuse. Les sept morceaux, proposés en téléchargement gratuit ici, s'égrainent à nos oreilles de la même manière que l'on regarde les vieux Polaroïds d'antan, floutés mais confondants, avec cette dose de nostalgie procrastinant l'inutile neurasthénie. Une somme de variations fluxant l'expérimentation à la répétition et irradiant l'auditeur jusqu'à l'étourdissement volubile par d'ondoyantes nappes de synthétiseurs. La beauté chloroformée de morceaux tels Sunset Bell et Cocomo's mirage, comme la litanie scintillante de Diamond Skull, qui n'est autre qu'une reprise d'un des poncifs de son compère Orhan Chettri, transfigurent les affres de l'hiver rigoureux en une odyssée aquatique nimbée d'un soleil plus qu'omniscient. Sunset Bell participe au réchauffement climatique. Mais là, personne ne s'en plaindra.

Thibault

Audio

Chromatic Flights - Sunset Bell

Tracklist

Chromatic Flights - Sunset Bell (Self Release, 2009)

(téléchargeable ici)

1. Passagrille
2. Sunset Bell
3. Favorite Cat
4. Home Is More
5. Diamond Skull (Lucid Bus cover)
6. Cocomo's Mirage
7. Sunken Sunny


On y était - Battles à l'Elysée Montmartre

battles4801Battles à la soirée WARP, l'Elysée Montmartre, Paris, 8 décembre 2009

J'avais vaguement traîné sur la page myspace de Battles quelques semaines plus tôt, c'est donc quasi-ignorante, que je me suis rendue à ce concert, assez friande que je suis de découvertes rafraîchissantes. Ouvrez les écoutilles, laissez-vous pénétrer... Hum. De Battles je ne connaissais donc rien. Hormis cette appartenance au label WARP qui, l'exigence et la "pointitude" mise à part, ne m'en contait pas plus. Après le très bruitiste duo Nice Nice et le dj set pour le moins déconcertant d'anachronisme de Four Tet (qui a essayé de nous faire croire qu'il était 3h du mat' et que la fête battait son plein, alors qu'il n'était que 21h ma gueule), Battles arrive, reprenez votre souffle.

Petit historique des familles : Battles se met au monde en 2006, se fend de quelques Eps, et d'un album Mirrorred en 2007, tout ceci qualifié par mes consorts journalistes de math-rock ou de post-rock. Vous savez ce genre un peu obscur et franchement 90's, avec des types bien allumés qui prolongent des riffs vaporeux et/ou râpeux sur des plages cds défiants les lois de la norme. Mais si, rappelez-vous Tortoise, et surtout Mogwai. Qu'est-ce que j'ai pu déprimer en écoutant Mogwai! C'était pas leur faute les malheureux, j'étais juste en pleine post-adolescence dans ces années là. Mais les influences de Battles sont plus bigarrées encore...

Sur scène en effet, la batterie de John Stanier se fait furieuse et sèche, quand on sait que ce monsieur a officié chez feu-les très énervés-Helmet, on n'en est plus surpris. Le chanteur, Tyondai Braxton, ajoute lui aussi une couleur à la bataille qui lorgne vers le free-jazz. Entre impro et effets distordus absurdes et complètement assumés, on croirait voir sourire les clowns moqueurs de Mr.Bungle et surtout les frappés de Primus. Cette facette-là, j'avoue j'aime bien. On est toujours dans les 90's, mais celles qui manquent un peu aujourd'hui. Osé et marteau.

Pour le reste, je suis restée sur le bord de la route, même si mes acolytes de show ont tout tenté pour me convertir. Les musiciens de Battles sont de vrais nerds, dans le bon sens du terme j'entends, et il ne fait aucun doute qu'ils se font foutrement plaisir sur scène, il n'y a qu'à voir le grand sourire de ce type au prénom imprononçable. Mais le côté "on s'fait un boeuf" sur scène remporte rarement mon enthousiasme, surtout quand il s'agit d'un genre qui ne me touche finalement plus beaucoup, les affres torturés de ma jeunesse, que je ne peux m'empêcher d'associer à ce son, depuis un (petit) moment dépassés.

Virginie.


The Rodeo - Hotel Utah

couv-hotel-utah19 août. 22h42. Nipton, California. Je suis assise devant le motel, sous la véranda. Cinq clients, le désert, la voie ferrée, et rien. Le bruit très étouffé des conversations, celui des insectes qui gambadent sur le sol, poursuivis par le chat, et parfois, le fracas d'un interminable train de marchandise. Le silence est juste ce qu'il faut d'habité pour pouvoir ne penser à rien. C'est là que j'aurais aimé découvrir le dernier EP de The Rodeo. La voix chaude et rebondie de Dorothée Hannequin se serait parfaitement mariée à ce silence-là. Ses chansons, qui sonnent comme des westerns en carton-pâte, n'auraient pas dépareillé dans cet hôtel dont on se demande, une fois qu'on l'a quitté, s'il a vraiment existé.

Après un premier EP brut et dépouillé (My First EP, sorti en juin 2008), The Rodeo offre un deuxième apéritif à son premier album, prévu pour février 2010. Cette mise en bouche, aux arrangements nettement plus léchés, est pour le moins appétissante. On y redécouvre le timbre à la fois doux et rugueux de Dorothée dans des comptines jolies, mais pas complaisantes. L'EP s'ouvre sur la mélodie parfaitement maitrisée d'On The Radio, dont les chœurs semblent tout droit sortis de la maison hantée de Disneyland. Si on devine en effet les influences américaines de Dorothée (elle cite les Byrds, les Shangri-Las ou Billie Holiday), on sent qu'elle les interprète avec une élégance toute française. Rien qui ne sonne faux, pourtant, car sa voix veloutée sait se faire âpre quand il faut donner à ses compositions toute la profondeur qu'elles méritent. I'll Catch The Following Train et Here's The Light sonnent ainsi comme deux petits bijoux folk sans artifices, délicatement ciselés dans le bois de cette guitare qu'elle a trouvé dans le grenier de son oncle quand elle avait quinze ans.

The Rodeo brille donc par son authenticité. Mais s'il y a aussi un art dans lequel il excelle, c'est celui de la reprise. De la discrète citation du The Beautiful People de Marylin Manson à la fin de l'éraillé Cha Cha Cha à la version gracieuse d'Amazing de Kanye West, Dorothée fait preuve d'un second degré pop superbement retenu qu'on ne peut qu'admirer. Un trésor de modestie et de discrétion qui laisse sur sa faim et dont on attend avec impatience la version longue.

Audio

The Rodeo - Cha cha cha

Tracklist

The Rodeo - Hotel Utah (Emergence Music, 2009)

1. On The Radio
2. I'll Catch The Following Train
3. Cha Cha Cha
4. Here's The Light
5. Amazing (feat. Olympic)


Sammy Decoster l'interview

sammy_decosterSo, sammy!

Quel est le lien entre Giant Sand, Jesus Lizard, Calexico ou Lemonheads ? Peut-être Sammy Decoster. Si son album est un peu passé inaperçu cette année, son mélange de rock, de blues et de country torturé ne laisse pas indifférent. Avec Sammy Decoster, c'est une invitation au voyage dans les plaines nord américaine. Un parfum de stetson et de pick up, une voix à la Jeff Buckley et une ressemblance avec Vincent Gallo non dissimulée .

Rencontre sur ses terres lilloises un soir de concert improvisé. De Tucumcari son dernier album à sa tournée barbecue, le chanteur se livre de manière très personnel à Hartzine. Interview en noir et blanc pour artiste entre ombre et lumière.

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Bonus


Holiday Records

holidayrecordsL'industrie du disque est en crise. Le compact disque perd de son attrait, son plastique n'aguiche plus, sa longévité commerciale est menacée. Le règne de l'immatériel et du téléchargement se conjugue désormais au présent et au passé, avec la résurgence d'un format vinyle jamais vraiment disparu. Les deux étant compatibles. La guerre commerciale change de terrain. Proudhon assénait il y a presque deux cent ans "la propriété c'est le vol", et dans un pied de nez dénué humour, on nous rabâche que "le téléchargement illégal c'est du vol". Criminaliser pour mieux défendre les fondations d'un ordre en péril, cela va sans dire, il y a comme un air de déjà vu. Et face à ce mur d'intérêts bien compris, la résistance n'a jamais été le seul fait de l'auditeur chapardant le fruit de la création d'autrui. Le Royaume Uni a été un terreau inégalable de labels ayant pour volonté de briser les règles d'un conformisme creux. Le Madchester de Factory records (1979-1992) résonnent encore dans les têtes de tout un chacun (Joy Division, New Order, Happy Monday) quand le Bristol romantique de la twee-pop et de Sarah records (1987-1995), de The Fiel Mice en passant The Orchids ou The Pastels, retrouve ses lettres de noblesse avec l'émergence de groupe tel The Pains of Being Pure at Heart. Factory, comme Sarah, mettaient au goût du jour le do it yourself des punks tant par un sens graphique aussi esthétique que peu dispendieux (jeunes designers, monochromies) que par l'utilisation de moyens de promotion ciblés (fanzines, compilations). A l'aune de ces initiatives historiques au lustre toujours aussi reluisant, quelques net-labels prennent le contre pied des mastodontes de l'industrie du disque, en proposant notamment le téléchargement légal et gratuit de leur catalogue.

Holiday records, tout récent net-label (mars 2009) en fait partie, et son histoire ne le rend que plus attachant. Tess, Patrick, Justin, Jacob, Caleb et Robert sont tous potes et vivotent dans les environs de San Francisco, à Monterey précisément, autour de projets musicaux protéiformes. C'est alors que tous sont dans l'obligation de se séparer, partant vers de multiples horizons aux promesses d'avenir différentes (la Navy, l'Ireland, l'Ohio, New York). Une des ultimes nuits passées ensemble, ils décident de fonder Holiday records, à savoir un net-label proposant un maxi ou une compilation d'artistes gravitant autour de cette écurie digitale d'un nouveau type - l'analogie avec Sarah records est flagrante, eux qui publièrent plus de cent maxis et compilations - chaque vendredi et en téléchargement gratuit. En somme se faire plaisir, tout en réjouissant nos oreilles. Une seule rétribution est demandée à l'auditeur : le bouche à oreilles. Et si le tout est inégal, en atteste les deux compilations déjà éditées, téléchargeables ici et , de nombreuses pépites trustent la page du site. Parmi celles-ci, les deux groupes d'un des fondateurs d'Holiday, Jacob Graham, The Drums (désormais signé par une major) et Horse Shoes, ou encore Girl Alliance, the Acorn Boys et The Young Friends.

Liens

Lire la chronique de The Young Friends

Ecouter Horse Shoes

Relire la chronique de The Drums


Horse Shoes - Changing Winds

horseshoesIls ont biberonné les Smiths jusqu'à plus soif et, épris de boulimie, vidé le catalogue Sarah Records en un rien de temps. Horse Shoes, en un Ep sorti cet été chez Sheflife et une reprise de The Field Mice téléchargeable gratuitement chez les esthètes d'Holidays records, aura réussi à chasser de ma tête cet espoir futile de voir en 2010, The Drums, écraser de leur classe les prétendants au trône du groupe "le plus cool du monde".

Jusqu'à ce que je m'aperçoive que l'un des deux énergumènes qui se cache derrière ce nom de groupe so kitch était également au manette du groupe qui failli un jour être, lui aussi, touché par le syndrôme poulidor de la critique musicale. Jacob Graham aura donc l'année prochaine deux fois raison de mes posters de Morrissey et de mon cœur.

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Horse Shoes - Changing Winds


Portishead - Chase the Tear (video)

Sans doute lassé par la lenteur du procès Portishead - trois albums en seize ans - Geoff Barrow a retrouvé cette année l'instantanéité rock en enregistrant, en à peine douze jours, avec Billy Fuller (Fuzz Against Junk) et Mat Williams (Team Brick), le premier album de Beak. Sans doute la probabilité d'un nouveau départ pour Geoff Barrow tant les douze morceaux de ce disque éponyme tranchent par leur intensité volubile avec la lourdeur surannée de Third que les bristoliens sortirent l'année précédente. On était cependant loin d'imaginer que l'ami Geoff allait embarquer tout son monde dans sa fièvre motorik. C'est ce qu'annonce aujourd'hui Chase the Tear, morceau réalisé par le trio au profit d'Amnesty International. La voix de Beth Gibbons, soutenue par un motif rythmique aussi répétitif qu'addictif, est à couteaux tirés, dégageant une intimité confondante et acérée. Claustrophobes s'abstenir.

Thibault

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Liars - It Fit When I was A Kid (Crystal Castles remix)

liarsBonjour c'est Rigobert, je fais aujourd'hui une apparition pour crier aux oreilles de celui qui veut bien lire ces lignes  que les Liars sortiront le 8 mars prochain Sisteworld, le successeur du j'ai nommé "on s'est pas foulé comme titre de second album en l'appelant Liars". En attendant on ne cache pas notre plaisir de vous donner à réentendre le désormais classique It Fit When I was A Kid ici remixé par le duo Crystal Castles dont on attend aussi avec beaucoup d'impatience le retour l'été prochain.

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Liars - It Fit When I was A Kid (Crystal Castles remix)