Monolithe Noir – Aquard

Quand on choisit d’intituler son projet Monolithe Noir, on force volontairement la sémantique clarko-kubrickienne, à tout le moins on s’oriente vers un truc un peu métaphysique sur l’évolution humaine. Et pourquoi pas, parce qu’il y a bien dans la dérangeante combinaison audiovisuelle d’Aquardqu’on peut aussi épeler « awkward » — la trame d’un enjeu de civilisation, un destin de l’humanité.

Enchevêtrement de séquences cinématographiques à la lecture, à l’orientation et aux températures mouvantes et déroutantes, la vidéo réalisée par le musicien lui-même se fait crûment l’écho d’un monde qui se marche sur la tête — au pas martial comme l’appuie si clairement la rythmique — en direction de sa propre déconstruction, son suicide collectif, une involontaire solution finale. Et embourbées entre deux plans de lave sinueuse, des explosions volcaniques accompagnent le crescendo strident du drone électronique jusqu’aux premières ères de la Terre, ses éons les plus bruts, ceux d’avant l’appauvrissante occupation humaine.

Au final et en substance, Aquard renvoie à un des thèmes chers à l’anticipation, celui de la dégénérescence inéluctable de la civilisation telle qu’on la connaît, et à cette logique simple et raisonnable : on rase tout et on recommence, les prochains seront peut-être moins cons.

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