Die! Die! Die! – Form

dieComment n’aurais-je pu être séduit par un groupe dont le nom est « Crève ! Crève ! Crève ! » ! Avant d’aller un peu plus loin cher lecteur, je sais qu’une nouvelle fois je vais me mettre pas mal de monde à dos : labels, maisons de disques, censure, Hadopi, l’Etat, la Droite, Sarkozy, le Pentagone, la Maison Blanche, Dieu… Car oui, j’ai téléchargé cet album illégalement ! Vois-tu cher lecteur, malgré le nombre incalculable d’albums que nous recevons chaque semaine à la rédaction (je remercie au passage nos camarades partenaires), notre devoir est de te faire découvrir le petit bijou auquel tu aspires tant. Et malgré une actualité plutôt chargée, je préfère te dénicher la perle à laquelle tu peux prétendre plutôt que de te vomir un torchon numérique, bien immonde, sur la dernière bouse d’Arcade Fire par exemple. Ah mais il semblerait qu’une chronique soit dans les tubes, alors j’arrête le massacre sur le crew de Montréal. Quoiqu’il en soit, sache que malgré nos pauvres revenus… Comment, tu pensais que les rédacteurs d’Hartzine roulaient en Subaru et vivaient sur la côte bretonne ? Tu confonds avec les pigistes de Rock & Folk là ! Non, malgré cela nous n’hésitons pas à mettre la main à la poche pour débusquer au rayon import l’objet de toutes les convoitises… Ou certain plus téméraires, n’ayant pas peur de se frotter au côté obscur, iront jusqu’à fouiller les recoins interdits du net.
die_die_dieC’est donc ainsi que j’ai découvert Die! Die! Die!, trio venu des Terres du Milieu, ou de la Nouvelle-Zélande, à toi de choisir.Pourtant rien ne me préparait à la claque qu’allait m’asséner Form et notamment Casemen, premier morceau terrifiant. Catalogué comme punk pop, le combo est bien au-delà. Casemen en est la preuve parfaite. Ce track tendu, décollant dès la première seconde, scotche l’auditeur au sol tel un flacon de nitroglycérine déjà secoué à la main. Un nombre incalculable d’adjectifs me traversent l’esprit et je n’en vois aucun de négatif ou péjoratif. Ce titre est une immense bombe que je me passe en boucle et en boucle et en boucle et en boucle… Bien loin de l’idiot-punk d’un Blink-machin ou d’un Jour Vert, nos trois jeunes musiciens flirtent avec l’alternatif voir le grunge et envoient une décharge d’hystérie mélangeant pure mélancolie et salve hormonale. Le jeu de guitare d’Andrew Wilson et la rythmique de batterie de Michael Prain se font écho dans un refrain qui vaut bien un 8,6 sur l’échelle de Richter. La voix juvénile mais rageuse de Wilson apportant une touche d’authenticité supplémentaire à ce groupe qu’il faudra surveiller désormais de très près. Form est déjà leur troisième album, leur premier EP ayant été produit par Steve Albini himself. Tu comprendras donc un peu mieux je pense, cher lecteur, où je veux en venir maintenant. A noter également que nos chers Die! Die! Die! bénéficient d’une excellente réputation scénique, reste à savoir quelle salle parisienne ils choisiront d’embraser. Donc cher lecteur, ne cherche pas plus loin, si tu trouves Casemen dans la playlist Hartzine du mois, c’est qu’il y a une raison, si tu en en veux une de plus, elle se trouve en dessous… D’ici peu dans toutes les bonnes crèmeries (c’est pas parce que je l’ai déjà que ça va m’empêcher de l’acheter… ), Form est de ces albums dont le seul point faible est qu’il faille se lever pour le remettre au début… Et croyez-moi, j’en ai des crampes à force. So listen it or Die! Die! Die!

Audio

Die! Die! Die! – Wasted Lands

Tracklist

Die! Die! Die! – Form (Flying Nun Records, 2010)

1. Casemen
2. Lil Ships
3. Howye
4. Daze
5. We buit our own oppressors
6. Paquin
7. Shine through
8. Wasted Lands
9. Ht
10. Frame