Faire de la « rave music », c’est l’ambition de Darq E Freaker. Le 1er Avril sortait sur BIG Dada un EP de cinq titres, un de ces EP un peu improbables qu’on met du temps à appréhender. Bon on ne va pas tomber dans le classisme et récupérer une analyse détaillée, universitaire et blanche de l’influence de la pop culture dans les tentatives pointues des musiciens d’aujourd’hui. Mais on vous demande d’imaginer un postulat. Une musique faite pour les raves de 2016 à Londres (c’est à dire à l’heure où les lieux qui interrogent la notion de fête ferment les uns après les autres), un truc qui mélange grime, trap et dance music.

C’est à peu près de ce postulat qu’il faut partir pour entendre ADHD l’EP de Darq E Freaker. Cinq titres qu’on ne sait pas bien classer entre ces « sous-genres » mais qui assurément proposent une version queer et radical des fêtes monotones où les soundsystems se comptent d’avantage en kilos qu’en propositions innovantes.

Darq E Freaker réussit le pari de réactualiser la rave sauce black, queer, trap, grime et dance, tout ça à la fois. À ce titre on vous engage vraiment à vous procurer au plus vite cette petite pièce de bravoure qui vous dévore de l’intérieur.

ADHD marche un peu comme une rupture dans notre monde tout gris, et on doit le dire, ça fait quand même un bien fou, tout à fait fou. Des nappes de synthés moches comme s’il en pleuvait, des beats tech-gabber bizarres, et des bass trap, franchement, ça mérite vivement d’y tendre l’oreille. Régressif mais jouissif on pourrait dire. Régressif mais assez essentiel pour imaginer une nouvelle géographie et une nouvelle définition de la fête. Une définition où il ne faudrait ne plus avoir peur ni du nightcore le plus dégoulinant, ni de ce méchant genre trap fourre-tout. Et puis de toute façon avec ADHD on est déjà dans autre chose. On en vient à se dire qu’il serait temps de faire insurrection dans la morne et molle techno grisâtre franco-française…

Audio

Darq E Freaker- Adhd (1er avril 2016, Big Dada)