Charts #1

Massimiliano Pagliara
Focus for Infinity / Live at Robert Johnson – Juin 2011

As the Night Breathes

Le premier LP de Massi sort sur le label du club de Francfort, le Robert Johnson. Rien d’étonnant pour ceux qui ont pris mesure du lieu et de la mythologie qui l’entoure. On y célèbre tous les week-end une musique disco-synthético-bleep-wave, pour faire vite. Tout y est joué en-dessous de 120 BPM, les allers-retours entre edits et compositions originales se troublent et créent un continuum laidback le plus souvent de qualité, parfois soporifique.

Un peu comme l’album de Massimiliano au final. On sent clairement que les préceptes de la house et de la disco se sont gravés sans peine dans la tête de l’Italien et forment désormais une sorte de dépôt dont il est bon de se départir. On appréciera tout particulièrement la présence de guests inattendus (Heidi Diel de Time Life) et le gros clin d’oeil à PIL sur le track In Order Of More Depth… Un peu moins les penchants lounge du milieu de l’album.

Andy Stott
Passed Me By / Modern Love – Mai 2011

Execution

La pochette du nouveau LP d’Andy Stott indique d’entrée que cet album est interrogation, terreur et souffrance. Interrogation certaine sur le premier track subtilement intitulé New Ground. Où est passé l’artiste dub techno relativement anonyme ? Il galope désormais le long de contrées post-dubstep sans fond. C’est relativement chiant jusqu’à la piste 5 (Dark Details), qui initie l’auditeur à un broken beat malmené par des infra-basses sûrement produites par un sakalobo marabouté. Il en va de même pour la piste suivante : techno à bas BPM, salie, souillée par des vocaux fantomatiques et une basse caverneuse. Le final (Passed Me By) te donne envie d’y revenir.

Haus Arafna
New York Rhapsody / Galakthorrö – Juin 2011

Ground Zero

L’industriel en abrégé. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, à part qu’en 2011, je crains que les thématiques de la grande musique d’autrefois échouent dans les mains d’un public fatigué d’avoir tourné les pages de l’abécédaire indie. Ça risque d’être moche.

Kindest Lines
Covered in Dust / Wierd Records – Juin 2011

Destructive Paths to Live Happily

J’arrête deux minutes de faire le VRP de Wierd Records. L’album des Kindest Lines m’a été annoncé par le boss du label comme « le calme avant la tempête ». J’attendrai donc la tempête, non pas que l’album ne soit pas de qualité mais les Cure n’ont jamais eu spécialement ma sympathie et passer après Martial Canterel et Staccato du Mal n’est pas la chose la plus évidente.

 

 

Niggas With Guitars
Ethnic frenzy / Digitalis – Mai 2011

EFO

Ce 6 titres offre la possibilité d’être écouté en 3 temps. Le groupe a clairement mis au point la stratégie de l’embourbement auditif alternatif : chaque piste est alternativement à chier (pistes 1, 3 et 5) et cool (pistes 2, 4 et 6). Les pistes cool combinent éléments exotica (Milky White), new age (Ethnic Frenzy) et R’n’B lo-fi (E.F.O) sans qu’aucune logique n’en ressorte. Hypnagogic with guitars.

 

 

Brother Raven
Eagle Vision / Aguirre Records – Octobre 2010

Eagle Vision

S’essayer à créer de l’acid electronica en ayant trop écouté d’ambient, c’est parfois risqué. C’est à peu près ce que doit se dire Brother Raven au moment de reproduire son EP en conditions live. Le pic émotionnel est atteint sur Salamander. Par la suite tout le monde descend.

 

 

The Method Actors
This Is Still It /  Acute – Mars 2010

Bleeding

Cette réédition commence à dater, il est donc grand temps d’en parler. Acute fait un travail remarquable en ranimant des losers post-punk (The Lines) initiateurs de formules bancales (dub-post-punk pour les Lines, no wave-post-punk pour les Method Actors). La pochette est magnifique et laisse entrevoir la signification du titre du LP.

Les 11 premiers titres de l’album font place aux morceaux guidés par le jeu de guitare dépouillé de Vic Varney, la fin de l’album est plus rythmée et indique les méthodes de danse pratiquées à Athens, Georgie au début des années 80.

 

Vatican Shadow
Kneel Before Religious Icons / Hospital Productions – Janvier 2011

Harbingers of Things to Come

Cyniquement dédié (et scénarisé en fonction) aux forces armées embourbées dans un conflit non-identifié quelque part au Moyen-Orient, l’album K7 de Vatican Shadow est le meilleur truc post-industriel que j’aie pu entendre ces derniers mois. Le pari de mixer nappes ambient/néo-classique et rythmiques cyberpunk enregistrées sur un 2 pistes marche à fond. Bravo Dominik Fernow.