Photoshoot : Cheatahs à la Flèche d'or

Capture d’écran 2014-05-31 à 13.07.02Après avoir sorti plusieurs EP chez Marshall Teller Records ou bien Young And Lost ClubCheathas, formation rock, emmenée par Nathan Hewitt a sorti son premier LP au début de cette année chez Wichita. En tournée en ce moment aux côtés de Cloud Nothings, ils étaient de passage à la Flèche d'Or. Retour en images sur le concert...

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On y était : Swingfest Berlin, 25 & 26 avril 2014

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Photos © Patrice Bonenfant

Swingfest, Berlin, 25 et 26 avril 2014, Par Alex P.

Aller à Berlin pour un week-end festif est peut-être l'un des trucs les plus galvaudés qui soit - c'est un peu au clubber ce qu'est la Thaïlande au touriste sexuel obèse ou Lourdes au cul-bénit, un putain de cliché. Cela étant dit, c'est quand même bien cool, Berlin, et c'est pourquoi on n'a pas tergiversé longtemps pour répondre à l'invitation du Denovali Swingfest, un festival pas comme les autres piloté par le label allemand du même nom (sur lequel on reviendra très vite avec une interview), histoire de profiter de leur programmation exigeante et de la météo estivale en bord de Spree avec deux soirées au Radialsystem V, belle bâtisse industrielle rehaussée d'une structure moderne et centre culturel de son état.

L'événement affiche complet et on comprend tout de suite que l'on a affaire à un public de connaisseurs bien à l'image de Denovali, studieux et passionnés. Pour cette première soirée, la salle est d'ailleurs entièrement assise, le combo bière/bédo/food truck, ça se passe dehors. À l'intérieur, pas de distractions, seulement de la musique et de l'art vidéo. Les Britanniques Origamibiro sont les premiers à s'y coller avec leur hybride électro-folk expérimental. Certains passages me rappellent les explorations à la fois bruitistes et fragiles de Hood époque Silent 88. Le collectif pluridisciplinaire déroule son set en passant en revue une large gamme d'instruments et d'objets pour délivrer un concert-performance A.V. intéressant. Le dispositif n'est pas nouveau mais il est ici au service d'une histoire. Au travers de cahiers, d'albums photo, on assiste à une scène où quelqu'un serait en train de fouiller dans les fragments de ses souvenirs, un état de lieux mélancolique et touchant.

Piano Interrupted, soit Tom Hodge et son complice bidouilleur électro-noise, prennent le relais. Piano à queue et clarinette d'un côté, machines de l'autre, le duo développe ses mouvements néo-classiques interrompus par des digressions électroniques comme si Chopin ou Debussy avaient grandi avec la techno. On continue dans le british avec Greg Haines qui propose une dichotomie intéressante entre envolées romantiques de piano et séquences électro dansantes. Être assis et danser.

La fin de soirée approche et c'est sous les applaudissements que la tête d'affiche du jour s'avance sur scène et salue le public avant de s'installer derrière son bureau tout en ajustant ses lunettes. Profesor Murcof est en place et peut maintenant faire doucement monter ses ambiances contemplatives ; illustrations de paysages minimalistes faisant écho au travail de lumières en monochromes et fondus au ralenti qui fonctionnent comme une succession de tableaux crépusculaires. Un soupçon d'inquiétude s'immisce dans les atmosphères monacales et suggère quelque chose de vicieux derrière les samples de chants lyriques et de clavecin. Une mise en lumière de motifs mélodiques pour mieux leur mettre la tête sous l'eau. Immersion, baptême, sensation de douce noyade.

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Le deuxième soir, le public est toujours au rendez-vous, le food truck éco-responsable aussi, ainsi que le beau temps et la bonne humeur de nos hôtes. La salle a été débarrassée de la moitié de ses sièges afin de pouvoir accueillir plus de monde et favoriser quelques déhanchements. John Lemke ouvre le bal avec son ambiant en drones de diapason et vibrations qui flirte avec la musique de film. Il y insère progressivement des élans électro-pop avant d'embrayer sur des mouvements plus techno, psyché et orientalisants. Un set en forme de rampe de lancement subtile et efficace, variée mais presque cohérente. Cohérence qu'il prendra le soin de déconstruire allègrement sur la fin pour maintenir l'audience sur ses gardes.

Les drones menaçants de Talvihorros prennent la suite. Le combo dessine des motifs mélodiques entêtants pas très éloignés de l'esthétique de Carpenter, appuyés par un batteur tantôt au toucher jazz tantôt ouvrier sidérurgique. Les infra-basses sont épaisses et vont pousser une partie du public à vivre l'expérience sensorielle allongée sur le sol. Ils termineront leur performance par de bonnes montées épiques à la manière d'un Nathan Fake des débuts.

Hidden Orchestra devait être de la fête mais victimes d'un accident de la route quelques jours plus tôt dans les pays de l'Est (d'ailleurs, a priori ça va, seule la carrosserie a morflé, enfin je crois, j'espère), ils sont remplacés au pied levé par Sankt Otten. Dress code en rouge et noir à faire kiffer Jeanne Mas, les historiques de la maison Denovali vont exécuter un concert propre mais lisse à en être indigent, l'ère du post-rock à base de e-bow étant définitivement révolue. Finalement, c'est un problème technique aussi brutal qu'inopiné qui, en interrompant un morceau par un gros buzz de saturation, m'aura le plus fait vibrer. malheureusement pour eux, la technique aura raison de la suite de leur set. La vie est cruelle.

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Le collectif polonais Skalpel remet la machine en route et ce soir les deux darons des platines ont des collaborateurs de choix : un VJ au travail intéressant qui se présente sous la forme d'un voyage dans la trame cathodique et d'explorations géométriques, ainsi qu'un batteur fou et une claviériste impro free jazz lookée néo-Tokyo. Ils balancent un énorme groove pour ce qui sera la grosse performance live du jour.

On termine la soirée de la même manière que la veille : avec un mec installé à son bureau. Oneohtrix Point Never s'assoie derrière sa mallette d'un côté de la scène et le vidéaste qui l'accompagne de l'autre, debout derrière un pupitre. Conférence assis/debout toute en ambiances éthérées, beats subaquatiques et glitches sonores et visuels. La vidéo générée par logiciel 3D est froide mais vivante, les objets design distordus vibrants en juxtaposition sur des décors cathodiques qui déplacent le contexte participent à ce plaisir de conférer une dimension organique à l'inanimé tout en parasitant et travestissant le beau.

Après le Swingfest Berlin, on s'est senti tellement intelligents qu'on n'est même pas allé cabrer sur la bonne basse avec les potos quadra costauds du Berghain. Au lieu de ça, on a profité du soleil du côté de Treptower Park. Le collègue photographe a ainsi pu cultiver son capital bronzage travaillé quelques jours plus tôt à la Réunion. On est aussi allé au musée, à la Nationalgalerie Im Hamburger Bahnhof, pour l'installation sonore et spatiale Part File Score de l'artiste Susan Philipsz, hommage et réflexion sur l'œuvre du compositeur Hans Eisler.

Berlin, ce n'est pas que de la déglingue, et le Denovali Swingfest et sa programmation pointue, ce n'est pas que Berlin, mais également à surveiller du côté d'Essen, de Londres, et peut-être bientôt à côté de chez toi.

Prochain rendez-vous Swingfest : 2-5 octobre 2014, Weststadthalle, Essen, avec entre autres Bohren, Hauschka, Demdike Stare et The Haxan Cloak.

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On y était - Festival BBMIX 2013

Festival BBmix, Le Carré Bellefeuille, Boulogne-Billancourt, du 21 au 24 novembre 2013

photos©Emeline Ancel-Pirouelle

Exercice pas évident en soi au demeurant, le BBMIX est un festival à la programmation ambitieuse. Proposant de naviguer à travers différents styles allant de la pop la plus accessible aux artistes expérimentaux nettement plus exigeants, le BBMIX est d’autant plus un pari risqué qu’il porte sa programmation à Boulogne-Billancourt, au Carré Bellefeuille, une salle de concert/spectacle avec des fauteuils rouges confortables, une scène large et un son globalement propre mais qui voit passer, entre autres choses, les BB Brunes ou Michel Fugain.

Les soirées étaient concoctées de manière cohérente, avec dans un premier temps une soirée plutôt dédiée au rock made in France, la seconde plutôt expérimentale/électronique, la troisième pop/DIY et enfin pour terminer une soirée plutôt psyché/drone. On va entrer dans le vif du sujet en commençant par ce qui fâche : l’inertie générée par cette salle envahie du pourpre des fauteuils sagement alignés, contaminant les spectateurs en première phase d’hibernation à s’y asseoir sans n’en plus bouger (et vaguement daigner applaudir d’une claque molle entre les morceaux)...

Certes, à quelques exceptions près, où le public a vainement exprimé sa joie d’être présent en se mettant debout dans les allées et devant. Notamment lors des deux concerts estampillés Born Bad avec la reformation trente ans plus tard des joyeux punks dilettantes Les Olivensteins (prônant allègrement la fainéantise dans plusieurs textes) et le duo garage rock bien huilé de Magnetix. Chacun dans leur genre, ils ont amené rockers d’époque et jeunes convertis à se dandiner, danser et sauter dans cette salle aux allures « école des fans » dixit le chanteur des Olivensteins, qui n’ont pas forcément l’habitude de jouer dans ces conditions, on veut bien les croire. Quelle frustration également de voir le set de Felix Kubin, bien confortablement assis dans nos fauteuils (je me rends compte de l’absurdité de se plaindre du confort...) n’osant pas en sortir (je pense qu’on est plusieurs à avoir eu l’envie de s’approcher de la scène comme la veille happés par les élucubrations gesticulatoires du musicien allemand).

Quoi qu’il en soit de belles choses ont pu laisser leur empreinte dans les esprits, comme les machines enchantées de Pierre Bastien, artisan expérimental avec ses objets mécaniques générant sons, boucles, rythmiques, mélangés à un système de loops vidéo basés sur des images d’archives (enregistrements de terrains, blues rural, rythmes africains, chœurs d’hommes...). Son approche artisanale de la construction sonore apporta un réel intérêt à son concert. Univers poétique similaire prolongé chez Ela Orleans qui de son côté, injecta des réminiscences 60's (pop d’antan, yéyé...) au sein de son set électronique accompagnant son chant élégant et inspiré. Petit clin d’œil à la situation improbable de la salle avec un sample déclarant « On this music you should dance », devant un parterre d’hibernants plus ou moins expressifs bien qu’à l’évidence réceptifs à sa musique.

Puisqu’on parle de danse, Felix Kubin a assuré le show en déhanchements derrière ses deux synthés, lançant des rythmiques, jouant les mélodies et faisant des footings le long de la scène, tout cela en se grimant de sourires complices et amusés, ajoutant un genre d’humour à froid à son univers électro-kraut ludique et jubilatoire. Notons également la présence de ces musiciens néo-zélandais assez décalés que sont Orchestra of Spheres, mêlant instruments traditionnels trafiqués, sonorités distordues, rythmiques directes et déguisements assez improbables, avec un héritage sous acide de Sun Ra. On retiendra surtout le morceau où les deux filles du groupe se lancèrent dans un chant et une rythmique complémentaire réalisée de leurs voix entremêlées et leurs mains synchrones, un ping-pong sophistiqué à la fois amusant et entraînant.

Deux autres groupes étaient également à remarquer, notamment Magik Markers avec leur rock assez classe et entraînant et un noise psyché nous préparant à la transe du lendemain. La soirée du dimanche fut sans doute celle qui attira le plus de monde avec en clôture de festival le groupe psychédélique Föllakzoid, influencé à l’évidence par la musique répétitive (faisant tourner des rythmiques jusqu’à nous faire perdre nos repères), suivi du trio doom/stoner OM, qui a délivré un set classique mais avec de réels passages métaphysiques lorgnant vers l’extase, grâce aux basses lourdes de Cisneros qui auraient pu être encore plus fortes pour une immersion absolue, mais peut-être cela aurait été trop fort pour l’ingénieur du son qui nous mit à la fin un bon vieux reggae sans faire la moindre sommation juste à la fin du concert (comme pour signaler : « Cassez-vous »). Ainsi, les membres du trio avec les rythmiques alambiquées d’Emil Amos et la présence extatique et devenue indispensable de Lichens à la guitare, tambourin et synthés ont fait vibrer le Carré Bellefeuille comme il ne doit pas en avoir souvent l’occasion. Transe, ou extase ? Telle était également la question posée, plus tôt cette même après-midi, lors de la conférence sur le drone par Catherine Guesde, rappelant quelques bases et souvenirs aux nombreux connaisseurs de drone et doom présents dans la petite salle secondaire, où d’autres propositions eurent lieu, comme l’orchestre d’ordinateurs à la démarche électro-acoustique Synorsk ou le groupe Fiasco  (pas de jeux de mot s’il vous plaît).

Quatre jours bien remplis - vous aurez remarqué que je ne suis pas revenu sur tout, n’ayant pas pu arriver à temps pour voir Tazief, n’ayant pas pu apprécier les mondes de Michel Cloup Duo (n’ayant pas été très « attentif » à ses textes en français, malgré des arrangements intéressants...) et encore moins n’ayant pu supporter la partie de Lee Ranaldo et son supergroupe avec des chansons pas spécialement à la hauteur du personnage à mon goût (ce qui me donna une bonne excuse pour m’éclipser et boire un coup). Quoi qu’il en soit, il y en eut pour tout le monde, et soulignons tout de même le prix : pour des soirées de 3 concerts en moyenne à 10€, on est quand même à des kilomètres de ce que pratique le Pitchfork Festival, pour ne pas le citer. Donc BBMIX, merci beaucoup pour la belle musique dans les oreilles et la prochaine fois, pensez aux gens qui aiment les concerts debout !

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Michel Cloup Duo

The Olivensteins

Magnetix

Tazief

Ela Orleans

Magic Markers

Lee Ronaldo

Föllakzoid

OM


Photoshoot : Cut Copy à Londres

cut copy londres concert

L'objectif d'Hartzine a traversé la Manche le 26 novembre dernier pour le concert des Australiens de Cut Copy à l'Oval Space de Londres.

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On y était - Festival Iceland Airwaves

1On y était - Festival Iceland Airwaves, 30/10/13 - 03/11/2013

Descente de l’avion après trois heures de vol, de la roche volcanique à perte de vue, un vent glacé qui picote le visage et cette odeur de soufre qui titille les narines : nous sommes en terre viking pour la 15ème édition de l'Iceland Airwaves.

Ce qui a démarré en 1999 comme un événement festif purement local dans un hangar de l’aéroport de Reykjavík est devenu depuis quelques années déjà une référence mondiale en matière de musiques indépendantes officiant notamment comme un premier tremplin international pour beaucoup de groupes désormais confirmés. Le menu est plutôt du genre copieux : plus d’une centaine de groupes répartis sur une double sélection « on » et « off » entre salles à grandes capacités, petits clubs, bars et lieux insolites, des églises aux salons des hôtels en passant par les vitrines de magasins. De midi à l’aube, difficile d’échapper au son et il y en a pour tous les goûts. De la folk au rap, de l’indie à la techno, y’avait même du reggae islandais, c’est dire. Heureusement ce n’était qu’un épiphénomène, faut pas pousser non plus (oui tu l’as deviné, le reggae et moi, on n'est pas copains). Une profusion de concerts et de genres telle que l’on ne peut pas tout voir, l’embarras du choix.

Après un bref passage à l’hôtel histoire de retrouver les potos, on démarre doucement par un concert du collectif local Bedroom Community dans la Hallgrimskirkja, la grande église en forme de fusée qui décolle. Bon, à l’intérieur ça ne décolle pas vraiment malgré un cadre impressionnant, un orgue que Bach n’aurait pas renié et un son digne du petit Jésus. L’équipe de Valgeir Sigurðsson a un talent indéniable mais les vignettes sonores proposées arrivent malgré tout à faire pioncer et c’est pas la mamie assise devant moi qui me contredira - sur ce coup-là, le collectif porte bien son nom. L’envie de se caler sous une couverture est forte et les éclairs de la violoniste Nadia Sirota, les belles interprétations de quelques pièces d’Arvo Pärt et les fulgurances bruitistes de Ben Frost n’inverseront pas la tendance.

C’est le moment d’aller boire une bière au Kaffibarinn (bar faisant office de petite institution dans la scène musicale du coin) et d’enchaîner sur les concerts dans la grande salle du Harpa, le superbe bâtiment de l’architecte Olafur Eliasson, centre névralgique du festival. Ambiançage avec le collectif métissé local Retro Stefson puis la sensation dance pop carnaval du cru FM Belfast. Tout le monde danse, chante, balance des rubans, la foule est en liesse. C’est complètement débile, les gens kiffent et ça en devient communicatif. Une bonne première soirée tout en contradictions pour se mettre dans le bain.
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En parlant de bain, on attaque la journée du lendemain par une session piscine car ici elles sont toutes équipées de hot tubs et de saunas grâce aux joies de la géothermie - ça a ses avantages de vivre sur un putain de volcan. Après ce petit traitement anti-gueule de bois, direction le bar classe situé au dernier étage du Harpa et sa très belle vue sur la ville pour les concerts « off » de Good Moon Dear et Ghostigital. Si le premier duo batterie/machines et son électro raffinée est une plaisante découverte, j’avais déjà pris ma claque sur le groupe d’Einar Örn, ancien membre des Sugarcubes et chargé culturel de la ville de Reykjavík (ici les musiciens font aussi de la politique) à l’occasion de la dernière édition d'Air d’Islande, festival partenaire de l'Airwaves qui se tient chaque année à Paris depuis maintenant six ans (prochaine édition les 31 janvier et 1er février, on vous en reparlera bientôt). Leur électro indus est toujours aussi tranchante et la présence du frontman toujours aussi imposante, à la fois drôle et inquiétante.

Petit passage au Dolly bar pour un apéro vodka offert par la marque islandaise partenaire du festival avant de continuer ce début de soirée au Harlem, petit club intimiste, pour les sets bass jungle de Thizone, acid house de Subliminal et techno bruitiste de Quadruplos. Ce soir on fait tout à l’envers : début de soirée club puis concert de Jagwar Ma au Reykjavík Art Museum. Les Australiens distillent leur pop très british à la perfection et si le combo ne m’a pas plus emballé que ça sur disque, ils prennent une autre dimension en live. Un bon groupe de scène. Retour au Harpa pour le concert de Yo La Tengo, institution indie que l’on ne présente plus. Après la prestation toujours aussi classe des Ricains, place aux Canadiens de Metz et leur noise rock abrasif tout en puissance et décibels. Les titres s’enchaînent, la tension est palpable, je vis une petite cure de jouvence tant j’ai l’impression d’assister à ce qui se fait de mieux au sein d’une scène que j’ai longtemps écumée avant de m’y désintéresser peu à peu. Plutôt agréable finalement, cette petite madeleine de Proust. À la sortie de la salle, le ciel nous gratifie d’une magnifique aurore boréale. Les lumières blanches puis vertes dansent sous la voûte céleste et ce spectacle surnaturel clôturera cette deuxième journée en lui conférant un caractère inoubliable.

Vendredi, place au cirque médiatique : nous embarquons à bord d’un bus avec une délégation internationale de journalistes. La RP du festival souhaitant réellement nous en mettre plein la vue, l’excursion va durer près de cinq heures. L’Islandais aime l’Islande et il veut que tu saches pourquoi et même si ce chauvinisme exacerbé est plutôt amusant, on le comprend car c’est un bled vraiment à part. Des paysages à couper le souffle et des stats assez tarées pour des mecs qui, il n’y a encore pas si longtemps, kidnappaient des meufs pour les faire venir sur leur caillou. Ici, rien de plus banal que d’écrire un bouquin, un tiers des gens l’ont fait. Ils jouent tous de plusieurs instruments et la plupart ont des groupes, pour les autres c’est le cinéma (si c’est pas déjà fait mate Noi Albinoi, très bon film) ou la pêche à la baleine.

Premier arrêt paumé près d’une chute d’eau en dehors de la ville. Bienvenue dans le studio de Sigur Rós. Pour un enthousiaste du son qui n’a jamais rien tripoté de mieux qu’un Microkorg, un Juno 106 ou une ESX-1, c’est Disneyland. Un lieu mortel, du matos dans tous les sens et un concert privé de Hjaltalin histoire de se mettre bien avec, entre autres, une belle reprise de Beyoncé, sans oublier les rafraîchissements alcoolisés omniprésents.

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Un tour de bus tout terrain pour se paumer un peu plus dans le paysage et deuxième arrêt à la maison du Prix Nobel islandais de littérature, Halldór Laxness. On entre chez quelqu’un et même si la baraque de l’alpha dog culturel aujourd’hui décédé est devenu un mini musée, l’ambiance est intimiste et cosy. En plus d’écrire de bons trucs, Halldór était mélomane et organisait tous les dimanches des concerts classiques ou jazz dans son salon de 12m². Du coup, tout ce beau monde muni d’appareils photo se serre et prend place sur les canapés ou le parquet pour un concert du trio de la pointure latin jazz islandaise Tómas R. Einarsson accompagné de la chanteuse Ragnheidur Gröndal. S’ensuit une lecture de l’écrivain Andri Snær Magnason, auteur entre autres de Bónus, un bouquin marrant, tu comprendras quand t’iras en Islande. Malgré le ventre vide, la caisse de la veille et les rafraîchissements qui s’enchaînent, je vis un moment intéressant. Le talent d’orateur d’Andri n’est pas mis à contribution par hasard puisqu’il est aussi là pour présenter le spin-off littéraire de l'Airwaves, l'Airwords, dont il sera le président. La musique pour les jeunes, la littérature pour les vieux, c’est connu, histoire de brasser le public le plus large possible car que les choses soient claires, la vocation première du festival, en bon outil de communication, est d’attirer le touriste pendant la saison basse. Bon, étant donné la programmation de grande qualité et les cool vacances que tu passes ici, on a vu pire comme carotte.

Dernier arrêt de notre petit safari au Syrland Studio où des grands noms nationaux (Sugarcubes, Björk, Sigur Rós) et internationaux (Blur) ont mis en boîte un certain nombre de morceaux que tu possèdes certainement sur ton lecteur mp3. Réception digne de monsieur l’ambassadeur avec discours et tout, au bar la vodka s’est ajoutée à la bière, il manque juste les Ferrero Rocher. Heureusement, le buffet nous évite le K.O. et pendant que l’on savoure notre premier repas de la journée, un couple nous interprète deux mouvements de musique contemporaine dans la lumière bleue diffuse de la grande salle d’enregistrement.

Retour en ville et au Harpa pour Omar Souleyman et une performance qui sera l’un des moments forts de ce festival. Le roi syrien de la fête accompagné de son fidèle musicien virtuose Rizan Sa’id amène la chaleur et la température prend des proportions moyen-orientales. Crowd-surfing, clappements de mains, transe. Björk danse à deux pas de nous, personne ne résiste au moustachu aux lunettes noires et au keffieh. Pendant que certains iront prendre des clichés de la belle Aluna George ou pogoter mollement sur le hardcore fiotte tendance planche à roulettes de Fucked Up, on retrouve Sean Nicholas Savage et sa swing pop mélancolique dans le petit amphithéâtre, et ce dernier confirme tout le bien que je pensais déjà de lui après sa prestation au Heart of Glass, Heart of Gold en septembre dernier (lire le report). Accompagné cette fois-ci de son seul claviériste, le caractère intimiste de ses compositions est mis en valeur et sa présence scénique est toujours aussi touchante et divertissante. On remonte dans la grande salle pour une gifle surprise hyperprotéinée et chargée en testostérone de la part de Gluteus Maximus, side-project des mecs de Gus Gus. Le beat est lourd et sombre, un Monsieur Loyal à la Barnum arpente la scène en scandant implacablement le nom du groupe avec sa voix robotique tandis que des haltérophiles hommes et femmes installés de part et d’autre de lui commencent à pousser la fonte en rythme sur le gros son techno, du génie. Merci à la famille Ferrigno électronique et skál.

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Au gré de nos déambulations du lendemain après-midi, on assistera à une chouette performance du duo électro-synth Aaron & the Sea et aux grimaces de deux collègues qui ont eu la riche idée de goûter au hakari dans la halle du marché. Le soir, le Reykjavík Art Museum accueille un plateau trois étoiles. On retrouve Ghostigital cette fois-ci en format big band accompagné par Captain Fufanu et les enfants Örn pour un live électrique. Un DJ aux airs de Dennis Rodman rachitique les remplace sur scène et prépare l’audience pour Mykki Blanco. La diva transgenre du rap US débarque et ne tarde pas à prendre le contrôle de la salle avec son charisme et son flow intenses. Le public en redemande, le son finira par être coupé, on ne plaisante pas avec le timing du côté des régisseurs islandais. Pas grave, le set sera terminé a capella et par un bain de foule. Ah tiens, revoilà Björk qui fait une apparition le temps d’un hug avec Mykki - le gars s’est mis tout le monde dans la poche. On continue avec le super live du Britannique Gold Panda et le concert du combo post-punk féminin Savages. Il se fait tard, c’est le moment d’aller au Harlem. Hermigervill porte le dancefloor à ébullition avec ses interprétations disco-cheesy terriblement dansantes de standards de la variété islandaise. Pedro Pilatus enchaîne avec son électro fourre-tout puis est rejoint par son prédécesseur pour un DJ-set hip hop/trap, bounce bitch.

Repos dominical bien mérité après quatre jours de festival et après-midi détente thermale au Blue Lagoon.

Le gros événement de cette dernière journée était bien évidemment le concert de Kraftwerk. À occasion spéciale, conditions spéciales : le concert était déjà sold out avant même le début du festival (il fallait réserver à l’avance) et notre précieux sésame média ne nous y donnant pas accès, on ira voir des concerts au Kex puis au Dolly pour des DJ-sets électro et un live du jeune producteur Daithi. Installé au milieu du bar entouré par ses machines, il dégaine, en bon Irlandais, un violon avec lequel il fera des boucles pour construire ses progressions. Bonne petite soirée qui s’achèvera en after party improvisée dans le studio des Múm histoire de terminer sur une note aussi alcoolisée qu’incongrue. Takk fyrir Reykjavik et bless bless.

Alexandre P.

Photoshoot par Patrice Bonenfant


On y était - Festival SOY du 30 octobre au 3 novembre 2013 à Nantes

SOYL'objectif d'Hartzine était à Nantes du 30 octobre au 3 novembre, afin de capturer en images la dernière édition du festival SOY, onzième du nom.

Photos par Ludmilla A


On y était - Pitchfork Festival 2013

Pitchfork Festival, Grande Halle de La Villette, Paris, 31 octobre-2 novembre 2013

Photos et gifs © Emeline Ancel-Pirouelle

Notre dernier édito annonçait la couleur quant à notre avis sur la programmation du Pitchfork Festival. Malgré tout, curiosité malsaine oblige, on est quand même allé y traîner notre objectif histoire de voir de quoi il retournait en vrai, mais pour ne pas risquer l'overdose et parce qu'on n'avait pas tellement envie de se taper un marathon (les festivals, c'est pour les jeunes), on s'était concocté une sélection très très légère. Résultat : sur sept concerts vus, on en a aimé cinq, on n'a pas eu mal au crâne et on n'a insulté aucun membre du public.

Parmi les groupes entendus, pas difficile d'élire le duo gagnant. Le soir de Halloween, Darkside, le duo formé par Nicolas Jaar et Dave Harrington, tombait à point nommé avec sa scénographie fondée sur de fascinants jeux de lumière réalisés en direct - l'amour du travail artisanal. Côté musical, la réinterprétation ultra puissante de leur premier album nous a scotchés.

Le lendemain, on était fébrile dès l'ouverture des portes pour la performance de Petit Fantôme, sans doute celle que l'on attendait le plus de cette édition. Depuis la sortie de Stave, sa merveilleuse mixtape (toujours téléchargeable gratuitement ici), le Bordelais Pierre Loustaunau et sa bande s'étaient faits rares sur scène, ne jouant qu'en province et boudant Paris - pour une fois. Le moins que l'on puisse dire, c'est que leur premier concert parisien, délicat, exaltant et parfois un peu brutal, a été à la hauteur de nos attentes. On les attend maintenant dans une salle pour une soirée rien qu'à eux. Quant au Pitchfork, on lui dit bon vent et à l'année prochaine. Peut-être.

Photos

Mount Kimbie

Darkside

The Haxan Cloak

Petit Fantôme

Wall of Death

Warpaint

Colin Stetson


On y était - Automelodi au Batofar

10558681304_0a8e2739e7_bL'objectif d'Hartzine était au Batofar le 19 octobre dernier pour un concert fomenté par La Forme Lente du duo Automelodi dans le cadre d'une tournée européenne présentant son ultime et bien gaulé Surlendemains Acides (lire).

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Photoshoot : Psychic Ills & Antilles au Point Éphémère

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L'objectif d'Hartzine était au Point Éphémère le 1er octobre dernier pour le concert des Parisiens d'Antilles et des New-Yorkais de Psychic Ills.

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Antilles

Psychic Ills


On y était - Baleapop Festival #4

baleapop festivalL'objectif d'hartzine s'est promené au Baleapop Festival pour sa quatrième édition. Le résultat en images.


Photoshoot : Dark Dark Dark au Trabendo

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L'objectif d'Hartzine était au Trabendo le 1er juin dernier pour la venue des Américains de Dark Dark Dark.

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Photoshoot : The Babies + Big Deal + Spectral Park au Point Éphémère

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Photoshoot : The Babies + Big Deal + Spectral Park au Point Éphémère

L'objectif d'hartzine était au Point Éphémère le 28 mai pour une Route du Rock Session électrique emmenée par les New-Yorkais de The Babies dont le premier concert parisien, organisé par nos soins il y a un peu plus d'un an, avait déjà été une réussite (vidéo). Pour l'occasion, Cassie Ramone et Kevin Morby étaient notamment introduits sur scène par les Anglais de Spectral Park, dont on avait déjà parlé - en bien - ici.

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The Babies

Big Deal

Spectral Park


Photoshoot : Secretly Canadian Night

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L'objectif d'hartzine était à la flèche d'or le 23 mai dernier pour la Secretly Canadian Night avec Diana (lire), Bleached et Cayucas.

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Diana

Bleached

Cayucas


Photoshoot : Teen au Divan du Monde


L'objectif d'Hartzine était au Divan du Monde le 27 mars dernier à l'occasion du Festival Les Femmes S'en Mêlent et de la performance des Américaines de Teen.

 

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photoshoot : RDR Collection Hiver, 15, 16 et 17 Février 2013 à Saint-Malo

L'objectif d'Hartzine était présent lors de La Route du Rock Collection Hiver 2013, du 15 au 17 Février à Saint-Malo.

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