VA - Sisters (Sister Phunk)

va-sisters-phunkQui n'a pas eu ce problème ? Le cadre : le bord de la piscine. L'enjeu : impressionné ces amis avec le son de l'été. Évidement on ne va pas sortir le dernier tube estival poussé par les chaînes généralistes. Héhé... Hartzine a la solution. La compilation Sisters du jeune label parisien Sisters Phunk. 18 morceaux qui te sortent du transat sans trop savoir comment... Sisters est la compilation pop hybride idéale de l'été 2009, voire même une "compilation définissant son époque" selon certains. On y trouve 18 "airs du temps" entre pop, rock, electro de jeunes talents internationaux émergents. Ca c'est pour le côté officiel de la présentation. Dans le détail, la programmation est cohérente, dansante. Rien de trop tape à l'oeil. Il y a les valeurs -déjà- presque sûre comme Passion Pit, Micachu ou The Modernaires. Le reste ? Beaucoup de révélation, assurément. Difficile d'égrainer tous les groupes alors, je me contenterai d'une petite sélection. Prenons, BMX par exemple. Bon ok, avec un nom pareil pas facile de percer. Très franchement, je mettrais bien un billet australien quand même. Avec sa voix de jeune fille pas sage, BMX emprunte aux Ting Tings ou à Lily Allen version années 80. C'est ultra rythmé avec le côté kitsch du "clap your hands". Ce War est une petite bombe dancefloor très proche de ce que fait The Golden Filter à peine plus loin. Vous êtes plus branché The Streets ? Ca tombe bien Micachu aussi. Ici, direction Londres. Vous avez un mixer ? Electro, r’n’b, punk et expérimentations, ça donne un album génial : Jewellery (Beggars/Naïve) et un single sur la compile sisters baptisé Golden Phone. Après un tel coktail, il faut s'attendre à avoir des visions. L'ovni s'appelle Django Django. Pas franchement des inconnus mais à chaque fois une découverte. Avec eux, on reste du même côté de la manche et il en sort un truc intemporel. Storm commence comme un bon vieux tube des années 60 sauf que Django Django passe tout ça finement à la moulinette électronique. Il en ressort un son hybride à l'image de leurs inspirations affichées Daft Punk, Public Enemy, Pink Floyd, The Beatles ou Bo Diddley. Histoire d'être cohérent, je terminerais avec Où est le Swimming Pool. Drôle de nom pour ce groupe anglais, mais ne vous y trompez pas, ce trio de Camden distille une électro pop bien dark. Ils ont probablement un peu trop écouté Justice mais les voix collent tellement aux instrus que je me dis que c’est un peu un mélange parfait. Les trois petits génies de la pop s'appellent Andelé Peligroso Pericosima, Fernando P.I. et Affa. Avec toute l'attention des maisons de disque d’ors et déjà braquée sur eux, Où est le Swimming Pool est appelé à devenir la sensation de 2009 à ne pas rater. Alors ? Elle est où le piscine...

Fabrice Clooney

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BMX - War (via discodust)

Bonus




Gary War – Horribles Parade (Sacred Bones)

garywar-horribles-parade1La musique de Gary War est à l'image de la pochette de son album : aqueuse, vrillée et opaque. Gary pousse son tintouin new wave-lofi dans les derniers retranchements du bidouillage sonore. On ne comprend pas forcement tout mais on retient le principal : ces mélodies immédiates et ces voix torsadées à l'extrème. Les hipsters penseront à Blank Dogs, les nostalgiques à Chrome. Dans les deux cas la ressemblance est plus que frappante, on soupçonne par ci par la un peu de gruge... On ne sera néanmoins peu regardant car au final le calque est plutôt de bonne qualité. Ma préférence va aux morceaux qui se déclinent autour d'un thème de synthé (See Right Thru, No Payoff) nous rappelant les plus belles heures du catalogue Flexi Pop aka la flamboyance allemande 80's.

Tracklist

Gary War – Horribles Parade (2009, Sacred Bones)

01. Highspeed Drift
02. Sold Out
03. See Right Thru
04. No Payoff
05. For Cobra
06. Costumes
07. Clean Up
08. What You Are
09. Orange Trails
10. Nothing Moving

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Multichroniques : Forest Sword vs Pradada

L'hyper exposition de l'écurie Notnotfun records (Pocahaunted, Sun Araw...) a coïncidé avec l'émergence des musiques expérimentales dites tropicales, terme usurpatoire pour ne pas dire musique du monde. On aurait très bien pu appeler ça « krautrock joué par des ingés son fauchés » ça serait également revenu au même. Au milieu de ce magma mantrique, Forest Swords et Pradada proposent des visions pour le moins personnelles de cette hype momentanée.

forestsword

Forest Swords, c'est tout frais, même pas un an d'existence : une K7, un CD-R et déjà pas mal de papiers sur ce one-man band (no pain in pop notamment). Tout ça est plutôt mérité, tant le cdR en question épate par sa qualité pour un premier jet. On pourrait ramener ça à un Tortoise juvénile bardé d'intentions psychédéliques, shoegaze voire dub par moments (je dis bien par moments). La doublette Trust Your Blood – Riverbed est vraiment le point culminant de l'album : 11 minutes d'un ressac sonore minimaliste et aride. Forest swords, c'est davantage le bayou que l'océan.

pradada

Pradada, quant à lui, opère depuis un peu plus longtemps (milieu des années 2000, il me semble). Jusqu'ici, sa discographie m'avait laissé de marbre : musique concrète, ennui réel. Cd de la dernière chance avant l'oubli éternel, Slow Waltz in empty Horror remplit à moitié le contrat. Le démarrage s'effectue sur les chapeaux de roues, les deux premières pistes assurent la liaison entre un shoegaze brumeux et une mélopée de dresseur de serpent à la sauce harsh-électro (sic). Tout cela se gâte par la suite : l'apparat autiste reprend le dessus (une sorte de mixture nauséabonde de rythmes world et indus et de noise cheap). Dommage, j'aimais bien la pochette.

Nicolas

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forest swords - miarches

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[flashvideo file=http://www.youtube.com/watch?v=KTkZWaTV7Yw /]

Tracklist

Forest Swords - Fjree Feather (autoproduit, 2009)

1. down steps
2. Red Rocks Fogg
3. Kaisaba Claps
4. Trust Your Blood
5. Riverbed
6. Bones

Pradada - Slaw Waltz in Empty Horror (Hobo cult Records - 2009)

1. Soul white swan
2. Confetti jungle jive
3. Hidden hotel samba
4. Static moon glow
5. Blood bells burn
6. Alcohol flavored lipstick
7. Purple pussy sprinkles

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Yellow6 - He Beautiful Season Has Past (Rroopp Records)

yellow6Voilà un disque dont la conception s'est sans doute avérée être une entreprise de titan, tant la tâche  ne paraissait pas simple au départ. Réunir tous les travaux de Jon Attwood parus sur divers labels,  les compiler, en remastériser certains, quelle entreprise. Jon Attwood est un compositeur effréné et  prolixe, il compose à tout vent, aux rythmes des saisons. De là à dire qu'il produit de la musique aux  kilomètres, non, celle-ci a toujours du sens. Ce disque sur un tout nouveau label est là pour le rappeler et le présenter. Une musique spatiale, mélangeant allégrement nappes, guitares acoustiques et effets électroniques, dans l'esprit de ce que peut proposer Rothko, c'est pas trop dire...

Cyril

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Yellow6 - Series2
Yellow6 - N.Y.E


Yacht – See Mystery Lights (DFA)

yacht_coverPremière remarque : la pochette du cd de Yacht est vraiment horrible. Marrant qu'un groupe qui fait d'habitude dans la surenchère figurative et symbolique ait aussi peu d'imagination pour son artwork. Passons. L'image que j'ai de DFA est celle d'un label à singles : j'ai souvent eu du mal a m'enthousiasmer pour un cd longue durée de LCD Soundsystem, Black Dice ou The Rapture. Je serais tenté de dire que c'est encore une fois le cas ici. A vrai dire le dernier yacht s'inscrit dans la grande tradition des « cds-tiroirs », musicalement inqualifiable. Il me fait particulièrement penser au « Homies & Homos » du britannique Riton édité 5 ans plutôt. A savoir à partir d'une base électronique et synthétique l'ajout jusqu'à l'écœurement d'élèments pop, new-disco et bigbeat soft. Il en résulte des pistes incroyablement longues (jusqu'à 8'54''); sortes de kermesses sonores décalées visant à générer une complexité, au final, écrêtée. Cela dit il y a de vraies bonne(s?) chanson(s?) dans ce cd, je retiens particulièrement « summer song » pour le côté The Rapture 2.0 . Impressions mitigées donc; un petit conseil : regardez dans le rétroviseur en vous procurant le « live after breakfast » de Los Microwaves paru en 82, ça me semble légèrement plus décomplexé que Yacht.

Nicolas

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YACHT - Summer Song from Jona Bechtolt on Vimeo.

Tracklist

Yacht - See Mystery Lights (DFA, 2009)

1. Ring the Bell
2. The Afterlife
3. I'm in Love With a Ripper
4. It's Boring / You Can Live Anywhere You Want
5. Psychic City (Voodoo City)
6. Summer Song
7. We Have All We've Ever Wanted
8. Don't Fight the Darkness
9. I'm in Love With a Ripper (Party Mix)
10. Psychic City (Version)

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Speech Debelle - Speech Therapy (Big Dada)

speecharchLe rap féminin avait plutôt tendance ces derniers temps à nous exaspérer et il fallait soit, se plonger dans les bas-fond de l'indie  pour trouver quelques voix féminines capables à la fois de nous prendre aux tripes tout en nous garantissant un haut degré de satisfaction poétique soit, privilégier des rencontres moins orthodoxes quitte à se fourvoyer  dans le putassier.
A l'écoute de Speech Therapy, la première chose qui nous frappe c'est d'abord et avant tout l'élégance avec laquelle mademoiselle Debelle a su retrouver le chemin de la maison mère, maison jadis habitée par d'autres rappeuses (Bahamadia, Jean Grae) ayant su, elles-aussi, se libérer du joug de l'omnipotente tutelle masculine qui pèse depuis toujours sur le hip-hop. Ce qui frappe ensuite, c'est que la jeune fille du south London a fait le choix d'une production léchée, imaginée en partie par le chef d'orchestre Wayne "Lotek" Bennet et à contre-courant de l'esprit minimaliste qui règne en maître depuis l'avènement des Dirty South,  musique de Bal et autre Grime. Ce qui frappe enfin c'est tout simplement que la présence d'instruments, joués live, permettent aux propos crus et politiques de Speech d'être entourés d'une antinomique légèreté, manière lumineuse de conter sans misérabilisme les chroniques ordinaires de  son existence tourmentée tout en évitant l'écueil de se prendre pour le rhapsode de l'humaine condition.
En définitive avec cet album, Speech Debelle, en archéologue averti, déterre les symboles les plus antiques qui ont fait la gloire du hip-hop de son enfance, en exhume les codes et les traditions et les dépoussières avec un pinceau fin et efficace d'inentendu, empêchant ainsi et pour un temps sa course inexorable vers le déclin.

Benoît

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Speech Debelle - Better Days  Featuring Micachu

Tracklist

SPEECH DEBELLE - Speech Therapy (Big Dada, 2009)

01.    Searching
02.    The Key
03.    Better Days  Featuring Micachu
04.    Spinnin'
05.    Go Then, Bye
06.    Daddy's Little Girl
07.    Bad Boy
08.    Wheels In Motion  Featuring Roots Manuva
09.    Live And Learn
10.    Working Weak
11.    Buddy Love
12.    Finish This Album
13.    Speech Therapy

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Prins Thomas – Live at Robert Johnson

prins_thomas-live_at_robert_johnson1L'exercice du cd mixé, trace d'une prestation live en club, est une tache ardue : sa conception équivaut à un travail d'alchimiste ayant pour but de résoudre la difficile équation efficacité dancefloor/ affirmation de choix personnels. A ce jeu beaucoup s'y perdent soit en faisant ce que chaque gugusse armé d'une connaissance pointue de la blogosphère peut faire (aligner des titres sans saveurs) soit en s'enfermant dans l'autisme musical au nom d'une érudition mal placée. En choisissant Prins Thomas pour sa deuxième livraison (la première ayant été confiée a la sensuelle chloé), le Robert Johnson insuffle une coloration post-disco à sa petite entreprise. Post-disco? Encore un terme pompeux... Pour faire simple, on pourrait ramener ça à une génération de trentenaire ayant pris (trop?) au sérieux la vague « cosmic-sound » 70's, mouvement musical au frontière d'une multitude de genres (electro, disco, funk, psyché, krautrock, jazz, expé) et à l'imagerie reconnaissable entre mille (invitation au voyage interstellaire et ce genre d'illuminations). Le résultat sonore est franchement impeccable. Ni trop nostalgique, ni trop visionnaire ce mix a pour grande qualité de tracer une ligne droite entre Massiera et Villalobos, James Yuill et Sebastien Tellier en laissant entrevoir une forme de « dépendance » sonore entre chaque piste (qualité première d'un mix me semble-t'il). 1 heure et 16 minutes de musique pour un rendu compacte aux dispersions multiples, c'est la tout le paradoxe.

Nicolas

Tracklist

PRINS THOMAS – Live at Robert Johnson (Robert Johnson Office, 2009)

01. A Very Small Intro
02. Arpadys - Funky Bass (Idjut Boys Version)
03. Cage & Aviary - Giorgio Carpenter
04. Capracara - King of Witches (Rub N Tug Remix)
05. Trans Am - First Words
06. Map of Africa - Wyatt Urp
07. Bjørn Torske - Kokt Kveite
08. Käre & The Cavemen - Gallery Oslo
09. Babytalk - Chance (Babytalk Remix)
10. Frankie Valentine - Zumbi (Isoul8 Remix)
11. Low Motion Disco - Love Love Love (Still Going Remix)
12. James Yuill - This Sweet Love (Prins Thomas Re-Edit)
13. Dogs Of War - Le Stress
14. Cos/Mes - Build The Band
15. Ricardo Villalobos - Waiworinao
16. Anarchic System - Generation (Long Version)
17. Argy & The Mole - Cantstandlovegetaway
18. Martin Circus - Disco Circus
19. Opolopo - I Do (Domu Discotech Mix Ð Intrumental)
20. Acid Test - Test 1
21. Mathew Jonson - Followed By Angels
22. Samos - Alpha Storm (Original)
23. Sébastien Tellier - Sexual Sportswear
24. Closer Musik - Maria
25. Lindstrøm - Contemporary Fix (Bjørn Torske Remix)
26. Steel an' Skin - Afro Punk Reggae (Dub)
27. A Very Small Outro


DEAD GAZE- The Pride of Calling Panther Lake

dead-gaze-2Le Mississipi a toujours été agité par de grandes questions : union ou sécession ? intégration ou ségrégation ? Sens de coulée du fleuve : vers le haut ou vers le bas ? Surement le genre d'interrogations qui viennent à l'esprit de R. Cole Furlow, l'homme derrière Dead Gaze, au moment de composer. A vrai dire, je suis tombé par hasard sur ce cd (qui n'en est pas un puisque uniquement disponible sur le web) au détour d'un argumentaire qui est tout sauf tape à l'oeil : « My name is R. Cole Furlow. I make songs about where I'm from ». En intitulant ses chansons « I'm used to this life », « Been a mistery », « Married in montana » ou « Simple man » R.Cole pose le décor : la célébration de ce territoire aux grandes plaines forestières sera teintée de mysticisme et de mélancolie. Musicalement des éléments psychédéliques (utilisation du trémolo sur la voix), issus du field recording ou du flower rock se mélangent pour un rendu foncièrement pop : ça s'écoute d'une traite et ça reste en tête. Un début prometteur à l'heure de l'explosion d'une scène lo-fi qui se rapproche de plus en plus de sa date de péremption.

Nicolas

AUDIO

DEAD GAZE - Future Loves and Sing-Abouts


Snd - Activism (Raster- Noton)

snd1Une des pierres angulaires du mythique - et défunt - label Mille Plateaux, le duo anglais snd ne pouvait que se retrouver sur Raster-Noton pour la suite de ses aventures, neuf années (et oui, déjà!) après la sortie de son dernier opus sur la tant regrettée structure fondée par Achim Szepanski (exception faite du triple vinyl 4, 5, 6 de l'an dernier).

Les excellentes habitudes conservant leur très robotique - tiens, le terme rime avec extatique - vigueur en cette fin de première décennie du 21è siècle, Mat Steel et Mark Fell maintiennent plus que jamais leur place au sommet de la hiérarchie überminimaliste, aux côtés des - who else ? - alva noto et Pan Sonic. Comme toute démarche un tant soit peu recherchée, celle remarquable d'AtomTM par exemple, l'auditeur sera immanquablement sollicité à franchir le pas qui le sépare du Rubicon glacé aux multiples craquelures glitch que forme cet Atavism. Les premières épreuves franchies, le corps tout entier expurgé de ses restes de chaleur humaine, la satisfaction - masochiste en son commencement, expiatoire en son terminus - le rendra définitivement accro à une œuvre qu'on peut déjà classer parmi les meilleures de la maison menée de main de maîtres par Carsten Nicolai, Olaf Bender et Frank Bretschneider. Et en soi, c'est un énorme exploit qui, nous l'espérons ardemment, ne nous fera pas patienter neuf autres années.

Fabrice

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SND - 14


Sleepy Sun - Embrace (ATP Recordings)

Ils sont jeunes, 22 et 23 ans, les six membres de Sleepy Sun, et cela ne les empêche nullement de s'y connaître en psychedelia americana. Rempli de guitares torturées à grands coups de distorsions, leur premier opus Embrace indique aux observateurs de la scène West Coast la direction bruyante - et excitante - des Wooden Shjips, débusquée au coin d'un bois où le Neil Young des débuts sous hautes influences illicites éblouit tout son monde. Pour (essayer de) faire bonne figure, les pédales d'effets sont poussés à fond les ballons, ce sont les dealers d'ecsta qui leur disent merci, sans que l'on sache trop si c'est de la pose ou de la sincérité («New Age»). Plus sage, sans jamais être soporifique, la ballade Lord invite à un corps-à-corps émouvant de tendresse (oh, rien de nunuche), entre accords de piano échappés de Grizzly Bear et guitare électrique au lyrisme tranchant des Kings of Leon. En d'autres temps («Red/Black»), la confrontation tourne au chant du cygne post-The Piper at the Gates of Dawn, sous (haute) influence Thom Yorke, avant que de gros coups de mou au genou, censés incarner une tentation stupéfiante, ne fassent retomber une tension jusque là prenante («Golden Artifact»). Bien vite, toutefois, les distorsions enjambent le pont-levis de la scansion acide, encore qu'elles sentent la recette - très - éprouvée (White Dove) aux relents nauséeux de rock prog. L'un dans l'autre, on se sent grugé, en dépit de quelques très bonnes chansons.

Fabrice

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Sleepy Sun - Duet With The Northern Sky

Tracklisting

Sleepy Sun - Embrace (ATP Recordings, 2009)

01. New Age
02. Embrace
03. Red/Black
04. Sleepy Son
05. Golden Artifact
06. White Dove
07. Snow Goddess
08. Duet With The Northern Sky

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Sunn o))) – monolith & dimensions (Southern Lord Records)

sunn100Le tant attendu nouvel album de sunn o)) est enfin arrivé. Il faut bien avouer que le buzz avait été savamment orchestré par le duo O'malley-Anderson : révélation d'un casting de rêve [Oren Ambarchi, Attila Csihar (Mayhem), Dylan Carlson (Earth), Julian Priester (Sun Ra, John Coltrane’s African Brass band) rien que ça], aucun exemplaire promo distribué, interview en mode « érudition complaisante » de tous les protagonistes de l'album par le web magazine The WIRE, etc... On avait pas vu ça depuis la sortie du dernier Mylène FARMER. Bref, passons.Comment aborder ce cd ? De prime abord et vu le casting, je serais tenté de dire que c'est le cd de l'ouverture (sic). Oui, oui la même qu'en politique, du moins sur le principe : on invite des individus d'un autre bord dans le but de former un groupement plus consistant. A ce sujet sunn o))) n'en est pas à son coup d'essai : une grande partie de sa discographie est parsemée de collaborations diverses et variées qui sont longtemps restées dans le domaine du métal [boris, xasthur, burzum] ou de la noise [merzbow, john wiese]. N'oublions que le duo-socle de sunn o)) est composé de deux metalheads (O'malley s'occupait d'un fanzine orienté black métal dans les 90's). L'évolution marquante du groupe sur ce cd se situe donc davantage dans la concrétisation sonore d'un rapprochement avec de nouvelles sphères musicales (jazz cosmique et chant grégorien principalement); rapprochement entrepris depuis DOMKIRKE, leur précédent enregistrement live. Ils s'en défendront peut être mais on sent quand même poindre la volonté de la part de sunn o)) de sortir du format « happening musical » dans lequel ils s'étaient enfermés (multitudes de side project à l'intérêt plus que douteux) au profit d'une formule moins linéaire, davantage axée sur des compositions abouties. Le résultat est une semi réussite et une histoire de référentiel : à titre personnel, Black One (un de leur précédent opus) est mon disque-référence dès lors que j'aborde les musiques lentes et bourdonnantes; tout y est : ambiance claustro, son monolithique, haine palpable... Au bout du compte la production un peu trop propre de ce monolith & dimensions fait perdre à sunn o)) l'avance qu'il avait sur pas mal de ses concurrents.

Audio

Tracklisting

Sunn o))) – monolith & dimensions (Southern Lord Records – 2009)

01. Aghartha
02. Big Church
03. Hunting & Gathering (Cydonia)
04. Alice


Oldman - Son, Father and Son (Arbouse)

dyn005_original_200_200_pjpeg_18368_57b6a917893495b29ad882f91dfaa7d1Ancienne moitié du duo MAN, artiste épris de collaborations indépendantes (Lena en compagnie de Matthias Delplanque, en duo avec Jérôme Paressant), le Nantais Charles-Eric Charrier aka Oldman fait partie de ses aventuriers ultimes à l’hyperactivité effrénée et contagieuse. Adepte d’une polyvalence stylistique où le spoken word le dispute au jazz – version minimale, preuve en est l’introductif Son, Father et son échappatoire lento d’une captivante beauté sur quelques notes de guitare acoustique, de synthé et de cymbales – Charrier vise à l’épure, toujours, pour atteindre le beau, souvent, le sublime, parfois. Puisant aux sources les plus incontestables, qu’elles soient issues du croisement improbable de la gratte de Matt Elliott instrumentalisée par Cvantez (Mon Délicat) ou du parler nocturne d’un post rock à la sourde colère, trempée dans une Encre période Flux. De temps à autre, le ton se fait davantage serein, divaguant entre six cordes et xylophone sur un nuage comeladien où il fait bon se reposer (Grandfather’s Shield), avant que le souvenir grave (la voix et le texte) de Rodolphe Burger ne fasse définitivement oublier le très pénible Gérard Darmon sur le surprenant Son, Father and Son. C’est que contrairement à une scène franco-hexagonale où l’auto-complaisance est érigée en religion, Oldman regarde au vitriol son ombre dans le miroir, elle lui renvoie une misanthropie paranoïde subjuguante de vérité. A l’image d’un disque dont les fractions inquiètes énumèrent les sens pour mieux les vampiriser.

Fabrice

Tracklist

Oldman - Son, Father and Son (Arbouse Recordings)

1.Son, Father
2.Mon Délicat
3.Mama ! Hum
4.Grandfather's Shield
5.Son, Father and Son...
6.Morrow
7.Father and Son
8.Half Brother


Black Cargoes - Glass (Saiko Records)

black-cargoes-glassL'histoire nous enseigne que le quatuor helvétique Black Cargoes fut responsable en 2005 d'un premier opus recommandable, du temps où seuls les deux frères Frédéric et Manuel Oberholzer en formaient le line-up. Entretemps rejoints par Mario Weiss à la basse et Grégoire Quartier à la batterie, la fratrie helvétique n'a guère musardé en chemin, produisant à quatre paires de mains ce second effort, techniquement irréprochable bien que très référencé Depeche Mode vs Sisters of Mercy vs Japan.
D'une manière plus générale, les douze compositions déclinent leurs envies electro-dark-rock sur des thèmes pas couillons du slip, à l'image du très enthousiasmant «Here», d'une percussion tranchante qui évoque allègrement la bande à Dave Gahan et Martin Gore au milieu d'une plaine de corbeaux métalleux. La moisson n'est pas toujours du même cru, notamment quand Manuel Oberholzer (aka Feldermelder quand il endosse l'habit électronique) et ses petits camarades polissons entament une ballade rocktronica qui évoque le douloureux souvenir des Teutons de Scorpions (qui a crié ouille ?). Heureusement, la post pop de «Mars» vient à la rescousse, ses airs de David Sylvian aidant, bien que l'hommage au pote de Ryuichi Sakamoto tende un peu trop à jouer de la redite («Black Waves»). Globalement, la toute grande majorité des titres tient la route de fort belle manière, fût-elle un peu trop familière aux oreilles aiguisées dans les eighties.

Fabrice

Video

[flashvideo file=http://www.youtube.com/watch?gl=DE&hl=de&v=GECLQyabIcw /]

Tracklist

black-cargoes-glass1

Black Cargoes - Glass (Saiko Records, 2009)
1. Darkened Floor
2. Three, Four
3. Here
4. Streets
5. Mars
6. Ocean
7. Black Waves
8. Rerun, Rerun
9. Lover C'mon
10. The Ravage
11. Glass
12. Twilight

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Bauhaus en deux temps

Bauhaus n'est pas mort. Incroyable mais vrai, ses membres ont formé deux groupes : un (Blank Dogs) signé sur la mecque indé rock/garage/psyché du moment (In the Red) et un autre (The Horrors) appelé a être la « new big thing ». Toujours en balance entre sa quête de l'immédiateté et son côté grandiloquent, Bauhaus a tranché en affectant à chacun de ses nouveaux projets ces caractéristiques qui ont contribué à l'explosion de la scène batcave. A Blank Dogs l'immédiateté, àThe Horrors la grandiloquence. Alors forcement l'oreille non avertie aura l'impression de parfois entendre la même chanson d'un cd à l'autre. Il existe une solution pour s'y retrouver : les accoutrements diffèrent (option elephant man pour Blank Dogs, option adulescent gothique pour The Horrors).Ps : On me dit que Bauhaus est bel et bien mort...

Nicolas

TRACKLIST

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Blank Dogs - Under and Under (In the Red, 2009)

1. No Compass
2. L Machine
3. Night Night
4. Open Shut
5. Setting Fire to Your House
6. Around the Room
7. Blue Lights
8. New Things
9. Falling Back
10. Tin Birds
11. Slowing Down
12. Face Watching
13. Books
14. Nothing Ugc
15. From Here

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The Horrors -  Primary Colours (XL Recordings, 2009)

1. Mirror's Image
2. Three Decades
3. Who Can Say
4. Do You Remember
5. New Ice Age
6. Scarlet Fields
7. I Only Think Of You
8. I Can't Control Myself
9. Primary Colours
10. Sea Within A Sea

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Clark – Growls Garden (Warp, 2009)

clarkarchivesLe dernier effort de Clark, Turning Dragon (Warp, 2008), avait marqué un net virage dans la discographie de l'anglais. Chantre d'une IDM arythmée et faisant la part belle à de grosses nappes mélodieuses, Clark a semble-t-il fait évoluer sa musique pour un impact plus immédiat, plus « dancefloor ». Qu'on ne s'y méprenne pas, l'expérimentation est toujours au rendez-vous (Warp oblige). Comme sur Turning Dragon, les morceaux sont à la pointe des techniques de production moderne des musiques éléctroniques : cuting et glitching désossent les structures binaires des morceaux pour un rendu complexe, parfois déroutant. Ce Ep 6 titres peut tout aussi bien être considéré comme un document compilant tous ce qu'a pu faire Clark dans une passé plus ou moins proche (les morceaux The Magnet Mine ou Farewell Mining Town) que comme l'annonce d'une future sortie prévue fin 2009 laissant présager de nouvelles sonorités (les deux titres chantés : Growls Garden et Gong Roughage).

Nicolas

MP3

Clark - Grolwls Garden

TRACKLIST

Clark – Growls Garden (Warp, 2009)

01. Growls Garden
02. The Magnet Mine
03. Seaweed
04. Gonk Roughage
05. Distant Father Torch
06. Farewell Mining Town