Frànçois And The Atlas Mountains - Plaine inondable

3700398704654Un Charentais répondant au doux nom de Frànçois, nous envoie l'air de rien depuis Saintes  des pop songs à la beauté impénétrable, naufragées d'un monde jusque-là inconnu.  Nous le disons tout de go, rarement autant d'émotions, dangereusement transmissibles, n'auront transpiré sur un disque depuis qu'un certain Dominique A dévoila au grand jour son inégalable fossette.  Toute comparaison mise à part, l'auteur de Plaine inondable - terre musicale fertile où coule encore une douce et lumineuse  mélancolie -  ne s'arrête pas, comme parfois certains nuages chimiques, aux frontières du pays qui le vit naître. Résultat d'un long, laborieux  mais chanceux séjour dans la contrée voisine de l'albion, ce disque  donne aussi à entendre une honorable et respectueuse leçon de pop anglaise à tous ceux qui s'y sont essayés depuis que Belle&Sebastian ont usé leurs dernières cartouches de franc-tireur sur l'impeccable Your Hands Child, You Walk Like a Peasantusable . Mais arrêtons-là les grands discours, car finalement aucun commentaire, même le plus enjoué, ne pourra saisir ce qui fait véritablement la force de cette vitrine d'orfèvreries, force qui se situe du côté de l'indicible et qui n'a de vérité que dans l'expérience onirique à laquelle inévitablement elle nous invite.

Benoît

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Frànçois & The Atlas Mountains - Moitiée

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Tracklist

Frànçois And The Atlas Mountains - Plaine inondable (Talitres, 2009)

1. Friends
2. Be Water (Je suis de l’eau)
3. Wonders
4. Moitiée
5. Remind
6. Do You Do
7. Otages
8. Nights = Days
9. Years Of The Rain
10. Pic - Nic


A Place to Bury Strangers - Exploding Head

page 1&4Les superlatifs ne manquent pas et chacun peut, à sa sauce, les amonceler, les superposer pour dépeindre ce que provoque l'écoute du premier album éponyme d'A Place to Bury Strangers. Facile aussi de leur coller une montagne de références, bien trop partagées pour être indicatives, des Cure à The Jesus and Mary Chain en passant par Joy Division ou My Bloody Valentine, et d'étiquettes éculées, shoegaze or not, post punk ou quoi. Et si le prolixe critique se gargarise à l'avance du second album du trio new-yorkais, Exploding head, paru sur Mute records, le lecteur, lui, se perd déjà dans cet océan de mots annonçant le déluge tellurique, le ras de marré sonique. La terre tremble dirait l'autre, les acouphènes frémissent. Mais si science du bruit il y a, celle qui habite le groupe réputé jouer le plus fort de la scène new yorkaise va définitivement plus loin qu'un simple jeu de miroir réfléchissant trente ans d'histoire noise. S'ils collectionnent depuis 2006, année de formation du groupe, les affiches prestigieuses - ils ont tourné en première partie des Brian Jonestown Massacre, Jesus and mary chain ou encore Nin Inch Nails - Oliver Ackermann (guitare et voix), Jono Mofo (basse) et Jay Space (batterie) confectionnent avant tout des morceaux à la puissance pop imparable malgré l'épaisseur bruitiste de leur texture sonore. Et en premier lieu de celle de leur guitare saturée. En cela, rien de très surprenant lorsque l'on sait qu'Oliver Ackermann dirige sa propre boîte de pédales de distorsions, Death by Audio, et non des moindre puisqu'elle fournit des groupes tels Wilco, My Bloody Valentine ou Lightning Bolt. S'ils agaçent certains à mixer fort leurs compositions - sans doute trop fort, à tel point que ceux ayant voulu transférer le single To Fix the Gash in Your Head pour l'Angleterre ont vu leur beau matériel rendre l'âme - les dix morceaux intrinsèquement sombres, contenus sur leur premier album, esquissent, à rebours de l'actuelle scène new yorkaise, la beauté frustre d'un rock ciselé, nimbé d'électricité, où la voix s'efface à dessein. Au sein de ce manifeste pour le moins compact, la noirceur lente et vénéneuse de The Falling Sun contraste avec celle intempestive et violente de My Weakness quand I Know I'll See You est un incontournable sommet pop, véritable réminiscence new orderienne. D'évidence Exploding head se situe dans le prolongement de son prédécesseur. D'abord parce que nombre des morceaux qu'il comporte ne sont pas de toute première jeunesse. Everything Always Goes Wrong comme I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart figuraient à l'état brut comme face b de précédents maxis (Breathe pour le premier, Missing You pour le second), tandis que Deadbeat et Ego death - qui s'appelait alors Gimme Acid - étaient déjà jouées par le groupe en version live (SXSW radio session). Ensuite parce que le disque est cousu d'un même fil, acéré et radical, laissant l'urgence s'insinuer dans les interstices d'une production cependant plus fine et aboutie. Les guitares, empruntes d'une surf music crasse et entêtante (Deadbeat, Exploding Head), dressent ce qu'il faut d'intensité rock et d'efficacité pop pour voir se déployer, entre-deux, une rythmique folle (Is it Nothing, Smile When You Smile) ou inquiétante (Lost Feeling, Ego Death). Keep Slipping Away constitue le point d'orgue mélodique d'Exploding Head, quand I Live My Life to Stand in the Shadow of your Heart et sa basse sur-saturée le conclut de la plus brutale des manières. Un second disque et un second tour de piste en moins d'un an : A place to Bury Strangers enchaîne dès octobre les dates de concert, dont une, le 19 novembre à la Maroquinerie (Paris).

Thibault

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A Place to Bury Strangers - Smile When You Smile

Tracklist

A Place to Bury Strangers - Exploding Head (2009, Mute)

1. It Is Nothing
2. In Your Heart
3. Lost Feeling
4. Deadbeat
5. Keep Slipping Away
6. Ego Death
7. Smile When You Smile
8. Everything Always Goes Wrong
9. Exploding Head
10. I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart

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The Wave Pictures - If you Leave it Alone

Il y a des groupes que l'on croirait d'un autre âge, d'autres que l'on imagine venus d'ailleurs. Visages poupons, mines radieuses, les Wave Pictures semblent jouer en toute décontraction les gammes de leurs grands parents américains. L'Amérique du grand ouest, celle d'une géographie fantasmée ralliant l'orgueilleuse country texane à l'intimiste folk californienne. On se surprend à deviner la boue séchée sur leurs bottes, la brindille de paille malicieusement fourrée au coin de leurs lèvres. On est pourtant loin du compte, à quelques milliers de kilomètres près. Loin d'un disque de débutant, If you Leave it Alone est le huitième du nom, en dix ans de carrière, des natifs de Wymeswold, petit village d'une poignée d'habitants, proche de Leicester. C'est dans ce coin un rien paumé, en plein cœur de la brume crachoteuse des Midlands, au centre de la Perfide, que Dave Tattersall (chant, guitare) et Franic Rozychki (basse) forment dès 1998, en guise de galop d'essai, Blind summit. Quelques reprises de vieux formats punk plus loin (des ramones aux stooges), Jonny Helm les rejoint (batterie), et le groupe, définitivement rebaptisé Wave Pictures, s'installe à Londres. Là, les trois gaillards enchaînent les concerts et tissent leur réseau, s'accommodant autant de l'avion pour sauter l'Atlantique et comploter avec Jeffrey Lewis que du channel pour traverser la manche et s'acoquiner avec Hernan Düne (Catching light: the songs of André Herman Düne 2006). Instant coffee baby, sort en mars 2008 et assoie définitivement le groupe au rang d'incontournables troublions de la scène pop actuelle tant chaque morceau est désarmant de générosité et d'espièglerie narrative (entre autres, il est question de cafetière italienne, de Casius Clay, de confiture...). Les bases de leur son semblent ici jetées, entre basse suave et guitare rêche, voix nasal et batterie sèche. Une formule adéquate pour une tripoté de morceaux potaches et enjoués transpirant de virtuosité et navigant dans les eaux territoriales de Jonathan Richman (Kiss me, Just Like the Drumer, Leave the Scene Behind). Sorti en catimini à la rentrée, If You Leave It Alone prend le pari de ne pas reprendre les choses là où les dernières notes lascives d'Instant Coffeee Baby les avaient laissées. S'il est toujours question d'avaries sentimentales ou d'autres potins rabroués, le ton change, intimement apaisé. Ce disque "n’a pas été engendré dans la difficulté. [...] J’ai plein d’exemples où avoir envisagé les choses avec légèreté et facilité s’est avéré être la meilleure solution, et cet album est l’un de ceux-là”. Dave Tattersal trace, le doigt dans le ciel, la feuille de route de ces douze compositions nimbées de soleil. D'émouvantes ballades, magnifiées d'une subtile trompette (If youleave it alone, My kiss, Come on daniel), se mélangent à d'intrépides escapades country (Canary Wharf, Bumble Bee, Softly you, Softly me), quand bien même l'humour et le handclap font bon ménage (Bye bye belly). Tiny Craters in The Sand et ses chœurs nonchalants rappelle la fougue d'Instant coffee baby, tandis que Nothing can change this love clôture d'une fragile comptine If You Leave it Alone, disque que l'on aura tôt fait de ressortir en plein hiver, à ces heures où la lumière vient à manquer.

Video

http://www.youtube.com/watch?v=wHQbHLTFXyE

Tracklist

The Wave Picture - If you Leave it Alone (Moshi Moshi, 2009)

1. If You Leave It Alone
2. Canary Wharf
3. My Kiss
4. I Thought Of You Again
5. Tiny Craters In The Sand
6. Bumble Bee
7. Come On Daniel
8. Too Many Questions
9. Bye Bye Bumble Belly
10. Softly You, Softly Me
11. Strawberry Cables
12. Nothing Can Change This Love


Girls - Album

album-art-girls-album-1024x1024L'intérêt que l'on porte à un groupe est souvent le fruit mûr d'un drôle de hasard. J'arrive à la bourre, comme d'habitude, rapide passage dans la chambre, histoire de se mettre en jambe et d'écouter quelques trucs. Je lui balance aux oreilles Blank dogs - le groupe d'un seul homme, Mike Sniper, au nom et à la cold wave très classe - lui me retourne dans les dents Hellhole Ratrace de Girls. Malaise. On passe à autre chose, très vite, car de toute façon il faut y aller, on nous attend. Si Girls me dit bien quelque chose dans la brume épaisse de ma mémoire confetti, ce refrain... ce refrain déglingué résonne comme le triste échos d'un temps pas si lointain, définitivement révolu. Les jours passent et la toile se met à fleurir, à l'image de la pochette d'Album, de ce nom à la fois simple et saugrenu, Girls, où le projet de deux mecs que l'on croirait tout droit sorti du film Clerks, les employés modèles. Une différence notable : on parle pour eux, comme pour the Pains of Being Pure at Heart et the Big Pink, de revival shoegazing. Alors autant commencer par là : qu'est ce que le shoegaze si ce n'est cette poudre aux yeux balancée à la volé par une nué de journalistes spécialistes du genre ? Réponse : une façon de rassembler sous la même enseigne, et sur une même scène, Oxford, des groupes partageant tant un son qu'une attitude. Pèle mêle, on cite les effets de manche, les nappes de distorsion ou encore la voix reléguée au simple statut d'instrument. Il s'agit d'incorporer le bruit dans un ensemble mélodique pour être shoegaze et ainsi se retrouver dans les pages du NME et du Melody Maker aux côtés de groupes aussi différents que My Bloody Valentine, Moose ou Ride. Ce qui laisse perplexe tant l'histoire de Girls s'appréhende différemment. On pénètre une intimité crue, dépouillée et extrêmement sensible, bien au delà de tout carcan rationnel. Ici, tout est question d'affect.

San Francisco, année 2000, Christopher Owens, véritable écorché vif au destin ubuesque (embrigadé dans une secte dont il s'échappe à l'âge de seize ans, il vagabonde sans le sous avant d'être rescapé par un milliardaire), est guitariste du groupe punk Holy Shit de Matt Fishbeck et d'Ariel Pink. Durant ces années d'apprentissage et d'excès en tout genre, il croise la route de Chet Jr White, bassiste et producteur débrouillard. Les deux types s'apprécient et, suite à un concours de circonstances, sortent discrètement Lust for Life via une page myspace créée pour l'occasion. C'est par ce biais que Frédéric Landini les contacte et leur propose d'ouvrir l'édition 2008 du Midi Festival. De l'aveu de Christopher Owens, "c'est plus ou moins le premier concert que l'on ai fait. Et presque la raison pour laquelle on a monté un groupe." John Anderson (guitare) et Garett Godard (batterie), après avoir répondu à une petite annonce des plus anodines, se retrouvent derechef embarqués pour la french riviera d'Hyères où l'embryon de groupe ne passe pas inaperçu. Un an plus tard, Christopher Owens et Chet Jr White sortent leur premier disque, et, en douze morceaux, catapulte leur carrière sur les devants de la scène. Il n'y a là rien d'injustifié tant le ressenti personnel magnifie des influences subtilement suggérées et minutieusement produites. La voix, rappelant celle de Lawrence Hayward de Felt, comme les guitares, évoquant le garage sixties, les Beach boys ou encore Yo la tengo, bâtissent un univers fictionnel propice au naturalisme juvénile et faussement naïf de Christopher Owens. Les grands sentiments tels l'amour et l'amitié, le doute ou l'abandon tapissent en filigrane l'ensemble d'un disque entamé pied au plancher par l'épique Lust for life. Si les figures changent, fusionnelles ou délicates, (Laura, Lauren Marie), les blessures restent les mêmes, arides et soniques (Morning light, Summertime) non loin de l'errance confondante (le magnifique Hellhole Ratrace à la mélancolie aigre-douce, Headache). Darling conclu le disque d'un ton presque enjoué et l'on comprend Christopher Owens lorsqu'il confie que ce morceau "parle du bonheur [qu'il a] à écrire des chansons". C'est déjà un tel bonheur de les écouter.

Thibault

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Girls - Lust For Life

Tracklist

Girls -  Album (Fantazy Trashan, 2009)

1. Lust for Life
2. Laura
3. Ghostmouth
4. Goddamn
5. Big Bad Mean Motherfucker
6. Hellhole Ratrace
7. Headache
8. Summertime
9. Lauren Marie
10. Morning Light
11. Curls
12. Darling


Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers

andrewNous avons affaire ici à un des représentants du bon goût britannique. De tous les bon coups, Andrew est un homme au cv impressionnant : producteur émérite (Primal Scream entre autre), musicien racé au sein du duo Two Lone Swordsmen et enfin remixeur touchant à tout ce que l'Angleterre a produit ces 30 dernières années (de My Bloody Valentine à The Future Sound of London). Cela dit à bientôt 50 ans, Weatherall devait se dire qu'il était temps de laisser une trace personnelle et consistante sur son compte Discogs; en gros un cd en tout point éloigné de l'ennuyeux The Bullet Catcher's Apprentice (son précédent Ep).

Afin d'écourter le suspense, je vais tout de suite dire que c'est chose faite. Weatherall, au delà de la simple production de titres, produit avant tout des clins d'œil. Clin d'oeil à une discothèque personnelle que l'on imagine vaste et sans limite (ou presque). Déjouant tour à tour les codes de la musique électronique (l'intro de Fail we may, sail we must ne laisse en rien présager la tournure pop du morceau) et du rock, Weatherall compile des instantanés qui placent son esthétique musicale à égale distance de l'inné et de l'acquis. Les mots clés sont alors nombreux : new wave, pub & surf rock, gospel, glam, techno, acid rock, ambiance pastorale, synthétique, organique, original, juste...

Un grand moment d'électro est a signaler en piste 8 : la démonstration pure et simple qu'une basse et des arrangements de cordes sont aussi efficaces que des synthétiseurs. Bref, une preuve parmi tant d'autres de la qualité de cet opus.

Nicolas

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Andrew Weatheral - All The Little Things (That Make Life Worth Living)

Traclist

Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers (Rotters golf club, 2009)

1.Fail We May, Sail We Must
2.Privately Electrified
3.Miss Rule
4.Selective Walking
5.Liar With Wings
6.Let's Do The 7 Again
7.A Pox On The Pioneers
8.All The Little Things (That Make Life Worth Living)
9.Built Back Higher
10.Walk Of Shame


Desire - II

ii-desireLe label Italians do it better fraye agilement son chemin. S'il n'est pas pourvoyeur de têtes gondoles à fort potentiel mercantile - ce n'est pas ce qu'on lui souhaite - le voilà néanmoins confortablement installé au sein d'un mouvement musical d'ampleur, celui revisitant et magnifiant tout ce qu'il y a à magnifier des eighties et en particulier Giorgio Moroder. Fondé en 2005, par Johny Jewel et Mike Simonetti, Italians do it better cultive à dessein une marque de fabrique plus indie que commercial : l'art-work aux couleurs criardes est fait maison, les disques crachotent tandis que la communication s'opère via un blog des plus minimalistes... Dès 2007, les italiens d'Oregon font mieux que tout le monde. D'un groupe au passé discographique relativement anodin (les dispensables chrome rats vs basement rutz et plaster hounds), les Chromatics d'Adam Miller se métamorphosent, par le biais d'un maxi (nite) et d'un album (night drive) de toute beauté, en subtil et addictif panachage, associant dans les grandes largeurs d'une dérive au cœur de la nuit, cold wave noire et italo disco scintillante. Une mue confondante de talent, et ce talent à un nom, récurrent : Johny Jewel. Devenu membre et producteur des Chromatics, après que son ami Adam ne le rejoigne à Portland, Jonhy Jewel transfigure l'atonie no wawe des débuts par d'envoûtantes nappes synthétiques magistralement lovées autour de basses à la langueur hypnotique. La voix lascive de Ruth Radalet et la guitare gracile d'Adam font le reste : les Chromatics s'imposent comme une des révélations de l'année. Janvier 2008. Glass candy, formation où sévit Johny Jewel depuis le bug de l'an 2000, reprend la balle au bond et convertit avec l'album B/E/A/T/B/O/X le retour d'un glam glacial et enivrant à l'érotisme éthéré. Des synthétiseurs omniscients et une boîte à rythme dépouillée de tout superflu laissent à Ida No les coudées franches pour électriser de sa voix d'opale les dancefloors du monde entier. 2007, 2008 et donc 2009. L'année de Desire. On y retrouve Johny Jewel en compagnie de Nattie, batteur des Chromatics, et de Megan Louise, incarnation brune et montréalaise de Blondie, au timbre de voix généreusement cristallin. L'album, (inexplicablement) intitulé II, débute par les remerciements, en français dans le texte, d'une chanteuse qui nous plonge instantanément dans les affres de son intimité : à l'odyssée brève et onirique d'une rencontre fantasmée (montre moi ton visage, mirroir mirroir) succède irrémédiablement l'absence et son substrat mélancolique. La promesse, vite balayée par les violons du magnifique don't call, mue et engendre les vertiges d'une douleur aussi verte que créatrice (Colorless Sky, If I can't hold you). Si les compositions font la part belle aux claviers qui agissent moins en nappes qu'en lignes mélodiques, de furtives boucles de guitares miment ici et là les larmes d'un cœur profondément étrillé (dans mes rêves). D'énigme il n'y a pas. Sur Under your Spell Megan Louise dévoile tout, d'une simple interrogation : quelle différence y a-t-il entre l'amour et l'obsession et entre l'obsession et le désir ? Sûrement moins qu'une feuille de papier à cigarette : Desire ne prendrait pas autant aux tripes.

bred 11s

Présage pour l'avenir : 2010 sera l'année de Twisted wires.

Thibault

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Desire - Don't Call

Tracklist

DESIRE - II (Italians Do It Better, 2009)
1. Montre Moi ton Visage
2. Mirroir Mirroir
3. Don’t Call
4. Dans mes Reves
5. Under Your Spell
6. Colorless Sky
7. If I Can’t Hold You
8. Part II

The Drums - Summertime!

the_drums_press_shot_3Les choses auraient pu tourner autrement. Jonathan et Jacob auraient pu se détester à jamais l'un l'autre, ne pas transformer cette amitié fraternelle débutée lors d'un camp d'ado estival, quelque part sur la côte est des Etats-Unis, en une des plus belles promesses musicales des années à venir. Pis, Jonathan et Jacob auraient pu ne jamais se trouver d'affinités électives, l'un et l'autre étouffés par la certitude de n'être pas fait musicalement l'un pour l'autre et ainsi, assouvir leur amour commun de la chose musicale seuls, dans leur coin, à des jours de voiture l'un de l'autre sans jamais confondre leur talent. Mais voilà, The Drums existe et Jonathan et Jacob n'ont jamais cesser d'y croire, nous donnant ainsi à entendre sur ce premier Ep le mélange atypique et détonnant découlant de la rencontre fortuite de deux univers musicaux. Véritable pont entre deux rives , celui reliant les distorsions électriques de la surf music  aux élucubrations sonores de la  Madchester,  Summertime! est finalement l'album qui saura le mieux cette année accompagner musicalement les changements de saisons et ce, que vous les aimiez chaudes ou froides.

Ian curtis et Dick Dale apprécieront.

Benoît

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The Drums - I Felt Stupid

Video

[flashvideo file=http://www.youtube.com/v/8dBv4i0dXUc /]

Tracklist

THE DRUMS - Summertime! (Twentyseven Records, 2009)

1. Saddest Summer
2. Let's Go Surfing
3. Make You Mine
4. Don't be a Jerk, Jonny
5. Submarine
6. Down by the Water


Lightning bolt – Earthly Delights

1250294297-403Réaction à la sortie d'un concert de Lightning Bolt le 26 novembre 2008 :

Réaction A : «mouais....pas trop accroché à Lightning Bolt .... Le bassiste a failli m'endormir et les solos de batterie quand on fait toujours la même chose, c'est chiant. Sur la longue le concert était ennuyeux même si certains passages et un morceaux ou deux l'ont grave fait mais ils étaient minoritaires »

Réaction B : « lightning bolt, finalement je préfère sur disque ..... bien joué par contre la dispo des concerts et les glaces au dessus des zicos, comme ça tu crois vraiment que tu es devant la télé !!!!! »

Réaction C : « l'une des bases musicales de lightning bolt en live c'est l'idée d'une sorte de trance "no wave" on va dire..c'est à dire que plus tu te laisses porter par leur son mieux c'est etc...
pour schématiser ce que j'avais ressenti au niveau de la puissance de leur son je fais référence à l'effet que peut faire le son en teuf électro à supra burnes....mais peut être que cet effet n'a pas eu lieu hier soir tant pis pour vous »

Réaction D : « Lightning Bolt c'est très bon en concert, je crois juste que mercredi c'était pas un bon concert. On ne pouvait pas les entourer car ils étaient contre un mur et tant que tu n'est pas juste à côté d'eux, t'as l'impression que c'est de la branlette. Sinon tu t'en prends plein la gueule et ça marche à fond !!!! »

Réaction A : Piste 1, Piste 5

Réaction B : Piste 4, Piste 6, Piste 7

Réaction C : Piste 2, Piste 3

Réaction D : Piste 8, Piste 9

(classement variable selon les humeurs)

Nicolas

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Lightning bolt - S.0.S.

Tracklist

Lightning bolt – Earthly Delights (Load Records, 2009)

1. Sound Guardians
2. Nation of Boar
3. Colossus
4. The Sublime Freak
5. Flooded Chamber
6. Funny Farm
7. Rain on Lake I’m Swimming In
8. S.O.S.
9. Transmissionary


Charge Group - Escaping Mankind

visuel-charge-groupDe mélancolie, il est aussi question sur le premier album des australiens de Charge Group l'autre découverte estivale de Own Records avant Talons'. Ici, les guitares sont plus électriques et s'accompagnent des cris de violons. Les morceaux  d’Escaping Mankind commencent souvent comme des balades mais Mike Blackman et sa voix d'écorché vif s'applique à casser le rythme. Tantôt, c'est une caresse, tantôt une claque. Le sublime Redcoats and Convicts en est l'exemple parfait. Tout se pose progressivement, la guitare d'abord, les violons ensuite et le roulement de batterie annonciateur d'un orage en guise de final que Mike Blackman invoque dans un chant quasi shamanique.  Le très réussi Lullaby For The Apocalypse, est un peu l'histoire du phoenix. Une chanson torturée et tortueuse sur la fin d’une histoire amoureuse et le besoin de renaître de ses cendres. Les violons y prennent toute leur place. Alors bien sûr, il faut aimer les grandes envolées. Celles qui vous prennent aux tripes et vous laissent comme sonné.« Escaping Mankind » est un album complexe alternant avec aisance, instrumentales soignées et histoires sensibles. Pour une pemière, Charge Group affiche une belle maîtrise et sait prendre des risques. Own Records tient peut-être avec ses australiens une future valeur sûre.

Fabrice Clooney

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Charge Group - Lullaby for the Apocalypse

 

Tracklist

Charge Group - Escaping Mankind (Own Records, 2009)

01. Lunar Module
02. Partial Glowing
03. Redcoats & Convicts
04. Pax #1
05. Vice’D
06. Speakeasy Death Song
07. The Contest
08. Lullaby For The Apocalypse
09. Pax #2
10. Morning Of Superheroes


Boris/Torche - Chapter Ahead Being Fake

torche_boris_scan3_s-500x409Ces dernières années, pas mal de labels ont contribué a redonner ses lettres de noblesses au métal. Il faut dire qu'on repartait de loin, tant l'explosion de la comète néo-métal (korn, limp bizkit, etc) avait fait beaucoup de victimes. D'un point de vue historique, on va dire que des structures comme Relapse records, Teepee records, Southern lord ou encore Hydra Head records ont déployé leur aura bien au delà de leur fanbase traditionnelle. Il n'y a qu'à observer la constitution des premières compilations Contamination sorties chez Relapse. Déjà composées des futurs poids lourds de la nouvelle scène métal (the dillinger escape plan entres autres), elles n'en restaient pas moins fermées sur elles-mêmes. A l'époque, quel fan de mortician (groupe culte de gore grindcore, tout est dit) aurait imaginé son groupe partager une compile, quelques années plus tard, au côté du projet prog Zombi ?

Les explications de la réussite de ces labels sont à prendre autant du côté des choix artistiques que des cellules marketing mobilisant de plus en plus de dollars sur les lignes budgétaires de ces désormais multi-nationales. Les têtes de wagons de ce nouveau business orienté métal extrême entretenant des relations quasi incestueuses, il n'est pas rare de voir certains groupes partager les mêmes labels au gré des collaborations. C'est notamment le cas de Boris et de Torche, pensionnaires d'au moins la moitié des faiseurs de disques pré-cités.

Il n'est pas étonnant de voir les deux groupes s'unir pour un split. Il y a beaucoup en commun : un amour des tournées intensives, un intérêt pour les guitares accordées très bas et un attrait pour les mélodies noyées dans un déluge de saturation. Le résultat est vraiment bon, les deux groupes apparaissent transcendés. Pour Boris, c'est plûtot habituel : leur discographie est parsemée de morceaux faisant le lien entre astrobrite et khanate; un shoegaze-doom (doom-shoegaze ça marche aussi) performé au poil, évitant l'emphatisme du post-hardcore et la sécheresse de la drone. Pour Torche, c'est LA bonne surprise. Leur discographie stoner-rock-metal restait pour moi dans l'ombre de Kylesa (groupe que je leur associe, je ne sais pas pourquoi), honte à moi. Leur morceau, bien que débutant sur un gimmick neurosien, s'étoffe par la suite. King Beef prend toute sa mesure des que le larsen apparaît et atteint par la suite sa potentialité sonique qu'on est en droit d'attendre de la part de ce genre de groupes.

Nicolas

Audio

Torche – King Beef

Tracklist

Boris/Torche - Chapter Ahead Being Fake (Hydra Head records, 2009)

1. Boris – Luna
2. Torche – King Beef


Chairlift - Bruises (ep)

bruisesL'espoir vous fait vivre et vous souhaitez connaître la recette pour sortir de l'indifférence musicale générale qui vous entoure et rencontrer une bonne fois pour toute le succès  à la fois critique et commercial? Rien de plus simple, il vous faudra suivre la démarche énoncée ci-après. Avant toute chose délestez-vous de toutes attaches qu'elles soient personnelles, professionnelles ou matérielles car l'atlantique il vous faudra traverser. Démerdez-vous également pour vous constituer un sympathique pécule afin de pouvoir passer à l'étape décisive suivante. Direction donc le pays où paraît-il tout est possible. Une fois là-bas, inscrivez-vous dans une université, de préférence gauchiste genre Wesleyan et tentez d'y suivre les cours d'ethnomusicologie proposés. Après un semestre d'immersion où vous en aurez profité pour améliorer votre connaissance du synthétiseur et vous constituer une banque de sons digne de ce nom sur  disquette 3"5, passez une petite annonce sur la page facebook de l'université  pour une opération flash mob ayant par exemple pour objet de marcher au ralenti, qui plus est à reculons, dans l'allée principale du campus au son d'un mashup traduisant votre ouverture d'esprit . Si vous réussissez, des gens formidables viendrons vous féliciter. Sachez alors ouvrir l'œil et reconnaître  parmi ces derniers vos futurs compagnons de route.  Une fois donc votre band monté, deux, trois, voire quatre chansons rodées, bref de quoi déjà vous risquer à organiser la série de concert à travers tout le conté, une page myspace et ses milliers de connexions plus tard, rejoignez sur un coup de tête Brooklyn et installez-vous dans le Williamsbourg. Humez l'odeur de l'effervescence artistique qui s'y trame et inspirez-vous en pour réécrire votre demo que vous vous empresserez ensuite d'envoyer aux micro labels influents du coin (Catora, Frenchkiss, Kanine...).  Une fois le contrat signé, votre premier ep paru, playlisté, remixé, bootlegué, hyperlinké, acheté pour une pub, utilisé pour un meeting de l'UMP, chroniqué sur pitchfork, joué live pour une dayrotter session, vous serez contacté par Rick Rubin, vous signerez chez Columbia et le succès enfin vous connaîtrez.

C'est très grossièrement ce qu'ont vécu les trois membres de Chairlift dont l'album Does You Inspire You depuis maintenant plus d'un an ne cesse de recevoir les louanges du milieu . C'est d'ailleurs au tour de la gentille balade synthpop Bruises - après avoir fait office de fond musical pour une publicité d'une légendaire firme de Cupertino - d'être mise à l'honneur via la sortie d'un maxi. Bonne surprise, ce dernier vaut autant par la nonchalante liberté que son titre phare évoque, que par les relectures percutantes et sensorielles qu'en font, en bons voisins, Passion Pit et Juan Mclean.

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Chairlift - Bruises (Passion Pit remix)

Chairlift - Bruises (Juan Maclean remix)

Tracklist

Chairlift - Bruise (Columbia, 2009)

01. Bruises (Original)
02. Bruises (Passion Pit Remix)
03. Bruises (The Juan Mac Lean Remix)
04. Le Flying Saucer Hat


Talons' - Song for Babes

talonsUn cri de mouette. Une voiture qui passe. Des sirènes au loin. Nathalie, Erin, Rachel. Qui êtes vous ? Talons' a travaillé son atmosphère. Derrière ce pseudo se cache Mike Tolan et sa guitare. Son Song for Babes est un petit moment de rêveries. Ici, l'essentiel est dis en peu de mots, peu de notes. Peu de temps aussi. A chaque femme son histoire vécue ou fantasmée. L'Ohio et ses villes sinistrées par la crise offrent le décor idéal à la mélancolie de Mike Tolan. Usines fermées, pavillons abandonnés, les trentenaires ont la vie dure dans cet album aux allures d'albums photos en noir et blanc. Au jeu des comparaisons connues, il y a du Ben Harper? (Will Oldam, ndlr) chez Talons en plus folk. Mais Talons a une faiblesse pour ceux qui ne se laissent pas embarquer trop facilement. Ce Song for Babes est un peu lisse. Le rêve n'a d'intérêt que s'il nous emmène loin. Le tout est trop monocorde pour ne pas dire monochrome. Le songwritter américain n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Son site Bark and Hiss est là pour en témoigner mais c'est la première fois qu'il se cale dans les bacs des disquaires sur le label Own Records. Alors si l'on reste un peu sur sa faim, il paraît que Mike Tolan travaille déjà sur d'autres albums plus électroniques et l'on se surprend à les attendre. Mike Tolan aurait il finalement réussi son pari ?

Fabrice Clooney

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Talons' - Cole


Cold Cave - Love Comes Close

coldcaveGrand espoir de l'année musicale s'il en est - et, à vrai dire, il ne suffirait pas de dix doigts multipliés par autant de mains pour tous les compter ces temps-ci - Cold Cave se détache néanmoins de cet afflux incessant de nouvelles têtes sur le marché du "bon goût" par son extrême intransigeance face à la qualité. Il nous allait donc vous en toucher quelques mots avant que les garants du buzz médiatico-emphatique n'infligent à cette sortie l'étiquette "révélation découverte par nos soins" et se retrouve par la-même entassée dans la discothèque numérique de monsieur tout le monde. Non encore tout à fait endimanché - Philadelphie n'étant pas New-York et The heartworm, la Factory - Cold Cave possède encore cette position excitante de l'entre-deux, tout encerclé qu'il est par, d'un côté, la fameuse "force des choses" laquelle pourrait très bien leur ouvrir en grand la porte des oubliettes et de l'autre, par "ce hasard qui fait parfois si bien les choses" et qui, à l'inverse, pourrait tout autant leur offrir une gloire méritée. Seulement voilà, cette incertitude face au succès,  lorsque le talent inspire à ceux qui y aspirent la volonté de bien faire, engendre généralement un trésor qui ne demande qu'à être découvert et ce Loves Comes Close, assurément, rejoint ce point de vue. Il nous aura quand même fallu au passage  attendre l'essoufflement du revival 80's pour que, mis à par les flamboyants mais trop discrets texans d'ILYBICD, un groupe rende un hommage honorable à la musique de synthé tout en marquant sa propre époque de sa classieuse modernité. Pourvu qu'on ne se trompe pas, mais ça, seule l'histoire nous le dira.

Benoît

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Cold Cave - Sex Ads

Tracklist

Cold Cave - Love Comes Close (2009, Heartworm Press)

1. Cebe And Me
2. Love Comes Close
3. Life Magazine
4. The Laurels Of Erotomania
5. Heaven Was Full
6. The Trees Grew Emotions And Died
7. Hello Rats
8. Youth And Lust
9. I.C.D.K.


ACETATE ZERO - Hesitation blues

acetateTrès bon album noise rock et à chaque fois pop sans que cela soit noisy pop ou pop rock (l’horreur). Très bon album d’hésitation blues sans que cela soit blues pour 2 sous (et pourtant bien plus mélancolique que n’importe qui ou quoi : ‘The road’ et son chemin de croix). Et hésitant pour 3. Cela aurait pu sortir sur Constellation même si leurs compositions sont beaucoup plus serrées et destructrices par endroit, renvoyant Mogwai dans leur tranchée (‘Heavy super twin’, titre débile et complètement canon). Mais c’est Arbouse qui ramasse la mise, enfin façon de parler, il va s’en vendre qu’une poignée, c’est lamentable mais parions qu’ils n’en ont rien à carrer. Classe mondiale.

Eric Dane

Tracklist

ACETATE ZERO - Hesitation blues  (2009, Arbouse)

1. Imperial climb
2. Dry
3. The road
4. Quiet away
5. Heavy super twin
6. Post victorian memory
7. Hit me, don't worry about it
8. Nothing but the rain
9. Precious metal
10. Down with the ship
11. Tough guy can't die
12. Satan's alley
13. Next great depression
14. 49°55'39.55°N+2°45'22.45°E


Washed Out – Summer 2009

washedoutwashed_out_beachColumbia, caroline du sud, produit un nombre non négligeable de hipsters qui ont pour point commun d'être à l'origine d'une « scène » locale occupant, avec plus ou moins de réussite, toutes les niches des musiques dites « actuelles ». Au programme : pop carencée, house filtrée, noise rock et, cerise sur le gâteau, un projet synthétisant un peu tout ça (Toro y moi).

Washed Out, également originaire de Columbia, apporte une touche « baléarique » et quelque peu efféminée, il faut bien l'avouer, au tableau dressé plus haut. WO performe le genre de pop qu'on ne croyait pouvoir être produite que par nos amis du nord de l'Europe, connus pour leur sensibilité trouble résultant d'un agglomérat complexe (épanouissement de tous les instants/mélancolie latente). Sur le plan musical, émettre un rapprochement avec The Embassy (New theory) et Air France (Lately) ne serait pas calomnieux, pas plus que de citer Georges Michael (Get up) et Turning Shrines (Feel it all around) au petit jeu des références. On a déjà vu pire...

Nicolas

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Washed Out - Feel It all aroud

Tracklist

1. Feel it all around
2. Get up
3. New theory
4. You'll see it
5. Lately

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