Tristesse Contemporaine - Stop And Start

Depuis 2009, le trio all living in Paris Tristesse Contemporaine cultive son côté arty : le nom qui sonne comme un manifeste d’art contemporain, ou une étude de la pensée comportementale du XIXe siècle selon Hippolyte Fierens Gevaert (lire), et la tête qui rappelle les bienfaits de la discrimination positive, un "united sounds of Benetton" plus haut de gamme et plus branché. Les deux associés au port très posé décalé d’un masque d’âne à la performance, le groupe affichait tous les stigmates de l’effet de mode, par définition vain et éphémère. Cette troisième fournée, Stop And Start, née dans le giron de Record Makers, remet les choses à leur place, loin de l'aseptisation des ambiances de podiums.

Musique sur papier glacé, la partition des émotions du trio polyglotte s’écrit blanc sur noir dans un cadre étudié. Rien n’est laissé au hasard, des motifs carrés découpés au bistouri à l’écho lancinant du propos, susurré et resserré autour d’une idée qui transpire pas la joie (Girls, It Doesn’t Matter, No Hope), incision de spleen à trois instruments chirurgicaux - quatre si l’on compte les services du batteur dont le trio s’est adjoint ici. Il rôde toujours une certaine idée de la frugalité sur ces dix pistes ; qui peut le moins peut le mieux. Ce qui vaut à de beaux moments d’émerger comme avec, en tête, Ceremony, point d’orgue de cet album, strict "stop" de fin qui souffle le chaud au-dessus du vent glacial des eighties, toutes voiles et références dehors.

Sorti de l’urgence un peu rêche et métronomique de la boîte à rythme, délesté du dogmatisme synthétique, Tristesse Contemporaine reprend des couleurs et diffuse un peu plus de chaleur et de catchy dodelinements de tête, sans aller jusqu’au booty shake s’entend. Et l'aspect blues back to basics de Know My Name le lui rend bien. Comme quoi, avant de commencer, s’arrêter a parfois du bon. Les pichenettes électriques secouent l’écriture à la bile noire que recrache le trio à partir de sa lecture du théâtre de l’ordinaire, sans en extraire les scories. Une allure émaciée, lot de la griffe Tristesse Contemporaine. Entre Londres, Paris, Stockholm et Tokyo.

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Tracklist

Tristesse Contemporaine - Stop And Start (Record Makers, 20 janvier 2017)

01. Let's Go
02. Dem Roc
03. Girls
04. Know My Name
05. Get What You Want
06. Everyday
07. It Doesn't Matter
08. Stop and Start
09. No Hope
10. Ceremony


Tristesse Contemporaine - st

Ce qui faisait le cachet du premier single de Tristesse Contemporaine51 Ways To Leave Your Lover, c'était cette sirène traumatisante qui venait briser la coolitude trompeuse du morceau avant de basculer dans un final ambient-post-rock d'une grande pureté. Mais toute cette alchimie a été noyée dans un nouveau mix bourré d’effets superflus, et la sirène tout simplement retirée.

C'est ballot, comme disent les jeunes, d'autant que ce premier LP de trente-six minutes ne compte pas une multitude de moments forts à offrir parmi ses nouveautés. Mais de toute façon TC n'est pas un groupe à "moments forts". L'album est un paroxysme de discrétion, d'économie, d'élégance - de snobisme aussi, mais avec un doigté à la française qui en fait un objet toujours sensuel. Pour ceux qui se demandaient ce que le groupe pouvait faire sur album, de manière assez prévisible on se situe dans une sorte de néo-cold-wave mâtinée de trip-hop pour lounge-bar glauque-chic. La production et le mixage sont tout en caresse, en retenue, donnant sa place à chaque élément avec une sobriété et une distance presque pompeuses étant donnée la petitesse des morceaux qu'elles servent. Et c'est bien ce qui rend ce disque attachant et vain : cette sensation très contemporaine d'être face à quelque chose de vide et beau, d'inutilement précieux, où la musique ne se focalise que sur son propre minimalisme, par recherche de l'épure, ou par paresse.

Question contenu, on trouve quelques pépites : le vague-à-l'âme de ce sublime accord de synthé qui s’étire jusqu'à la fin d'Empty Hearts, l'électro-funk étroit de In The Wake, la dark-disco de I Didn't Know, le downtempo épuisé de Hierarchies font tous leur effet. Les vocaux, que l'on doit à l'ex-chanteur d'Earthling (duo hip-hop anglais culte des 90's), mais qui évoquent un Tricky famélique, sont suffisamment monocordes et absents pour ne pas gêner, et les autres morceaux assez insignifiants pour qu’on les oublie (si ce n'est le regrettable Daytime Nighttime, carrément hors-sujet). On pense parfois à la classe et à l’obscurité d’un Colder, mais avec moins de venin et de charisme, ou à l’amertume de The XX, mais sans la même innocence. Le sentiment qui prime est un peu celui qu’on peut avoir face à un film bien esthétisant de Sofia Coppola : ce détachement, cette pose absente, sont-ils un moyen de capturer une sorte d’aphasie universelle (cf. le nom du groupe, parodique mais touchant), ou seulement un cache-misère hype pour faire une œuvre faussement profonde avec une matière première cheap ?

Relire l'interview du groupe réalisée en 2010.

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Tracklist

Tristesse Contemporaine - Tristesse Contemporaine (Dirty/Pschent, 2012)

1. Empty Hearts
2. In The Wake
3. Hell Is Other People
4. I Didn't Know
5. Hierarchies
6. Daytime Nighttime
7. 51 Ways To Leave Your Lover
8. America

 


Tristesse Contemporaine l'interview

  • On a souvent pas grand-chose à dire et encore moins à demander à un groupe qui n'a qu'une seule chanson à son actif. Cela dit, quand le groupe a pour nom Tristesse Contemporaine, les cartes sont légèrement redistribuées. Logiquement s'ensuit une discussion sur le conservatisme religieux prôné par un mec qui s'appelle Hyppolite et le décompte du nombre de Suédois et de Japonais présents à la prochaine coupe du monde de football. Entre-temps vous aurez appris beaucoup de choses sur ce groupe à la fois proto & post d'un style musical pas encore identifé...
tristesse-contemporaine-3-webPhotos © Emeline Ancel-Pirouelle pour hartzine

On a très peu d'infos sur le groupe. Leo, tu joues dans Aswefall...

Leo : Oui.

Narumi, tu faisais des apparitions sur les lives d'Aswefall...

Narumi : Oui, je jouais sur le premier album.

Mike était dans Earthling...

Narumi : Et en fait, je jouais avec lui dans Telepopmusik, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés.

Au sein de Tristesse Contemporaine, ça fait combien de temps que vous jouez ensemble ?

Narumi : Notre premier concert était au Pop In On s'est formés l'année dernière.

Leo : Ouais, c'est ça, à l'été, l'automne dernier. Après on se connaît depuis pas mal de temps. Mike et Narumi se connaissent depuis longtemps. Ça doit faire deux ans que Narumi m'a présenté Mike. On s'entendait bien et on a toujours parlé de faire un morceau ensemble. On a fait une chanson qui est désormais sur le second album de Aswefall. Puis j'ai commencé à travailler avec Narumi aussi...

Narumi : C'est à partir du moment où on a senti qu'on avait besoin de chant, qu'il manquait quelque chose, qu'on s'est dit : « Tiens, pourquoi pas Mike ? »

Leo : Oui, c'était très logique. Comme tous les deux, on aimait bien Mike, on lui a demandé de participer. Au début, on avait pensé, Narumi et moi, faire un groupe à deux. On a commencé à deux. On a ensuite un peu lié ces deux projets.

A l'heure actuelle, Tristesse Contemporaine est vraiment un groupe ou davantage un side project d'Aswefall ?

Leo : C'est plus un groupe...On se voit chaque semaine, on travaille ensemble.

Niveau line-up, si j'ai bien compris : Leo joue de la guitare, Narumi du synthé  et Mike chante. Tout ce qui concerne la batterie et la programmation, quelqu'un s'en charge en particulier ou vous bossez tous dessus ?

Leo : Le studio dans lequel on travaille, c'est mon studio que je partage avec un pote, Julien Plaisir de France. Après on enregistre beaucoup de rythmiques avec des micros. Des fois c'est moi, des fois c'est Narumi, des fois c'est Mike qui fait ça. Je gère plus le côté technique mais sinon tout le monde participe.

Concernant votre nom de groupe, c'est LE truc sur lequel tout le monde s'arrête. C'est purement pour le côté catchy un peu nihiliste ou pour la référence au bouquin d'Hippolyte Fierens Gevaert ?

Leo : C'est grâce au bouquin que j'ai trouvé le nom. J'ai travaillé  dans les livres anciens, place de la Sorbonne. C'était une librairie philosophique. Je fichais ce livre et j'ai trouvé le titre assez fort...

Narumi : On cherchait un nom français parce qu'aucun de nous n'est français mais ça fait longtemps qu'on vit à Paris, c'est ici qu'on travaille donc on voulait quelque chose de lié à la France et on a trouvé ce nom. On a tous commencé à lire le bouquin. J'ai pas pu terminer. Tu l'as terminé, Leo?

Leo : Non je ne l'ai pas terminé.

Narumi : Tout le monde a commencé à la lire. C'est assez intéressant...

Leo : Oui, c'est marrant.

... Ça traite des courants moraux et intellectuels du 19ème siècle, c'est ça ?

Leo : Oui, voilà. C'est un peu second degré... et un peu troisième aussi... et premier. Ça parle des gens des villes qui ne vont plus à l'église le dimanche et qui par conséquent perdent les valeurs fortes de la religion. Les gens se concentrent davantage sur des trucs très court terme et assez superficiels. Il parle beaucoup de ces choses-là et j'ai trouvé que même maintenant, 100 ans après...

... C'est encore d'actualité...

Leo : Oui, même encore plus. Toutes les questions actuelles sont basées sur ça, même plus maintenant...

... C'était visionnaire...

Leo : Bon, après je pense pas que ce soit un grand...

Narumi : ...écrivain

Leo : Lui est conservateur. J'ai eu l'impression qu'il voulait dire que si les gens allaient plus à l'église, on aurait moins de problèmes.

Narumi : A partir du moment où les gens ont arrété d'aller à l'église, il y a eu des problèmes...

Leo : ... si les gens reviennent vers l'église, tout ira mieux. Moi j'ai capté ça. Après, je ne lis pas très bien le français.

(S'ensuit une digression sur le fait que le bouquin  est reconnu en Belgique et peu en France et sur l'hypothese qu'il s'agirait d'une vision belge du monde...)

Leo : Finalement, ça collait avec ce qu'on voulait. On a hésité. Les gens disent : « Vous êtes pas français », mais ça fait très longtemps qu'on est sur Paris. On est peut être pas français mais au moins parisiens.

Narumi : Au début il y a beaucoup d'amis français qui étaient contre ce nom de groupe.

Vous aviez pensé à  quoi comme autre nom de groupe à l'époque ?

Leo : Il vaut mieux pas le dire (rires). On a cherché. Au moment où on a fini le premier titre, on s'est dit : « Si on fait écouter le morceau à quelqu'un, il nous faut un nom de groupe ». On a cherché pendant 2 ou 3 semaines.

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Il y a encore peu de temps, le mec de oOoOO me disait qu'à l'heure de la musique sur internet, les noms de groupes n'importaient plus, seul l'identité visuelle était primordiale. Sur votre blog, on voit que vous avez également une marque visuelle assez forte avec des références à la Nouvelle Vague notamment. Nom de groupe et visuel, ça fonctionne ensemble pour vous ? Vous ne pourriez pas vous baser que sur un visuel par exemple ? Le nom du groupe est très important ?

Narumi : Oui, c'est important

Leo : Après, je pense que c'est un « statement ». Je ne me rappelle plus du nom du groupe... un groupe suédois... This quelque chose.

Narumi : This quelque chose ? (rires) Un groupe français ?

Leo : Non, suédois...

... Ils font de la pop ?

Leo : C'est instrumental.

Narumi : Ah, dingdingding (en imitant le son d'une machine). C'est pas ça ?

Leo : Le truc, c'est qu'ils notent tous les morceaux de façon chronologique : 1, 2, 3, etc... En ce moment j'ai l'impression que... C'est pas très nouveau mais j'ai l'impression que c'est un peu la mode en ce moment.

Narumi : Je crois qu'il existait déjà un mec qui faisait ça.

Leo : Oui, ce n'est pas nouveau. Il y en aussi qui notent les morceaux par rapport aux tempos, des choses comme ça. Je pense que klf a fait ça. Personnellement, je suis pour. Je trouve que c'est un bon développement. Je pense que de la fin des années 90 à il y a encore quelques années, les gens voulaient faire de la musique « underground » qui cartonnait. Artic Monkeys, etc... il y a plein d'exemples comme ça. Des groupes qui se disaient underground tout en voulant devenir Coldplay. Leur but était assez évident, d'autant plus que leur musique était très pop.

Narumi : Ils cachent ça mais en fait...

Leo : Bah ils cachent mal car c'est très pop et ils veulent vendre ça comme underground. Comme les disques ne se vendent plus, ce genre de stratégie ne sert à rien donc les gens partent plus dans les trucs arty du type pop instrumental avec des titres chronologiques. Finalement, c'est ça qui sort de la masse car moins de gens pratiquent ce genre de musiques et c'est un moyen de se démarquer.

Narumi : C'est comme en Angleterre avec le retour du vinyle...

Leo : ... C'est le vrai esprit underground qui revient, je trouve.

(Leo se rend comtpe qu'il a le nom du groupe sur son portable... Il s'agit de This Is Head.)

Le visuel de vos lives est également tres marqué. C'est assez dépouillé  et au milieu Mike attire l'attention avec son masque. C'est nouveau pour lui de jouer masqué ?

Narumi : Il n'a jamais porté de masque mais il avait toujours besoin de quelque chose. Un déguisement, du maquillage...Il a besoin de se transformer que ce soit devant 3, 100 ou 1000 personnes.

Pas de second degré là-dedans comme d'autres peuvent le faire ? Je pense au chanteur de Mayhem qui joue déguisé en lapin au milieu d'un concert métal...

Leo : Non je n'ai pas l'impression qu'il y ait de second degré le concernant.

tristesse-contemporaine-4-web1J'ai du mal à définir ce que vous faites. Le morceau en eéoute sur votre MySpace (51 Ways To Leave Your Lover) est à la fois monolithique et aérien. Comment qualifierez-vous votre musique ?

Leo : J'ai le même problème pour Aswefall.

Narumi : Ça correspond davantage à nos humeurs. Tu peux passer d'un état « dark » à un état euphorique. Notre musique reflète beaucoup notre état d'esprit. C'est spontané, au feeling. Ces changements ne sont pas vraiment recherchés. On ne se dit pas : « On va faire un morceau comme ça, comme ci ». On écoute nos morceaux et on ajoute ou on retire ce que l'on veut pour que ça nous paraisse bien.

Leo : On fait un peu exprès de ne pas mettre qui fait quoi au sein du groupe car c'est un peu anti-musique. Pour notre live, il y avait marqué  que je faisais du synthé mais en fait c'est de la guitare qui est juste super traitée... Le seul qui a vraiment un rôle défini, c'est Mike, il est chanteur. Mais concernant le reste, il représente un tiers du groupe. Le morceau en question, on l'a presque fait en un apéro. On a pris quelques bières, on s'est amusés ensemble. Des fois on fait fausse piste, des fois bonne piste. Le genre de truc impossible à faire avec une guitare acoustique. On n'est pas non plus dans un truc techno. C'est un truc entre les deux.

Narumi : On est super concentrés sur le coté technique du traitement du son...

Leo : La démarche... On n'essaye pas d'entrer vraiment dans la musique électronique.

Narumi : Quand je parle de musique avec mes amis, je dis toujours ça : la musique est le seul art qu'on ne peut pas contrôler entièrement. Contrairement à la sculpture, la peinture dans lesquels il n'y a pas de hasard. C'est une histoire de moments, de personnes et de hasards. C'est prétentieux de dire qu'on contrôle à 100% ce qu'on fait.

Leo : On essaye de plus être dans l'erreur que dans la performance. Nous ne sommes pas instrumentalistes.

Narumi : Si les sonorités nous évoquent quelque chose, on suit.

Parler de vous comme un groupe pop, ça va donc être compliqué ? Mettre une étiquette sur Tristesse Contemporaine est quasi impossible ?

Léo : On n'a pas la prétention d'être unique au monde dans notre démarche. On n'est pas un groupe pop. On n'a pas cette volonté de suivre une route bien tracée.

Votre single sort chez Fondation Records. Il s'agira de leur première sortie « rock ». Comment s'est faite la rencontre avec ce label ? C'était également une volonté de leur part de se démarquer des autres labels purement techno ?

Narumi : Par l'intermédiaire de Robert Alves, notre cher ami, qui travaille chez Fondation. Il prospectait des groupes rock. Julien (Danton Eeprom) cherchait à developper Fondation autrement qu'avec des trucs techno. C'est tombé au bon moment. Robert voulait écouter notre morceau. On lui a fait écouter et ça lui a plu. Julien a tout de suite aimé.

Leo : Après ça a pris du temps...

Narumi : Il a sorti son disque, il était hyper occupé.

Leo : Mais ça ne nous a pas freiné, on a bossé sur les autres morceaux. On a quasiment fini l'album. On a 8/9 morceaux. On a commencé  à développer le projet live.

Vous avez également produit des édits de vieux morceaux. C'est un truc qui vous intéresse ?

Narumi : Ah Criminal, ah David... C'était pour le podcast...

Leo : Je l'ai fait pour une mixtape Télérama, plus pour Aswefall. J'aime bien. On va en faire plus, à deux ou à trois. Mais on fait pas ça très sérieusement. C'est un loisir.

Narumi : Je vais peut-être me mettre au djing à l'occasion. Je ne suis pas dj mais j'ai plein de vinyles.

Leo : Je ne pouvais pas mettre Chris Isaak dans le podcast comme ça. C'était trop bateau.

En conclusion, quels sont vos projets à moyen et long terme ?

Leo : L'album. C'est pas fait encore. En décembre, on s'était dit que le live nous permettrait de savoir où nous en étions. On a eu de bons retours. Pour moi c'est le test ultime. Sans avoir la prétention de dire que notre live est le meilleur du monde. Si tu te sens bien sur scène, ça veut dire que c'est bien.

Narumi : Le live nous a aidé à bosser les versions finales des morceaux. Ce qu'on ressent sur scène nous permet de modifier les morceaux. On a évolué parallèlement.

Leo : On espère sortir ça à la rentrée prochaine.

Audio

Tristesse Contemporaine - 51 Ways To Leave Your Lover (sample) by Fondationrecords