TOP 10 VOTW

Best of 2014 by hzPlutôt que faire les fonds de cuve en cette période creuse, et bananer des vidéos de Noël signées Grimes, on a benoîtement préféré établir un top 10 des vidéos OTW parmi les cinquante-deux de l'année écoulée. Bon visionnage.

Vidéos

01. Profligate – Girl Full of Joy (lire)

http://vimeo.com/108325563

02. The Dead Mantra – Mxeico (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=HyvXmQ7rROI

03. Grégoire Orio et Julien Magot – Lapalissade (lire)

http://vimeo.com/86666842

04. Odawas - Black Iron Awakening / The Empire Never Ended (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=Ka3QENhhufw&feature=youtu.be

05. Night Riders - L'espace et le temps (lire)

http://vimeo.com/97033695

06. Sleepers in Metropolis – Sana (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=Pu8vzUgMoro

07. Momentform – Ornament (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=MsXMaT6mHmo

08. Ricardo Tobar – Hundreds (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=TBX7JnWodWQ

09. Cheveu – Monsieur Perrier (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=OxaZnEV1YJc

10. Daniel Avery – Drone Logic (lire)

https://www.youtube.com/watch?v=eS0CO-yPmO4


Ricardo Tobar - Hundreds

Ricardo_Tobar_Hundreds_Garden_Daniel_Avery_Bass_Clef_Remix_Art_750_750_90_sSi l'on tient une comptabilité exacte de nos regrets passés, celui d'avoir injustement sous-estimé la force de frappe de Treillis, premier LP sorti en octobre 2013 du Chilien Ricardo Tobar sur Desire Records, trône en numéro un de l'année écoulée. Partiellement réparé par une entrevue à l'occasion de la sortie d'un maxi paru le 9 juin dernier et reprenant deux titres phares de l’album, Hundreds et Garden, respectivement remixés par Daniel Avery et Bass Clef (lire), le ressentiment s'étiolera comme il peut, notamment les yeux rivés à la mise en images signée Hélène Peruzzaro et Laura Mateu d'Hundreds où l'obsession se pare d'un visage serti de cheveux blonds et transpercé d'un regard à la fixité pour le moins embarrassante.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=TBX7JnWodWQ



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Ricardo Tobar l'interview

Ricardo_Tobar_Hundreds_Garden_Daniel_Avery_Bass_Clef_Remix_Art_750_750_90_sLa carrière musicale de Ricardo Tobar commence au milieu des années 2000, à Viña del Mar, sur le littoral pacifique chilien. Loin des préoccupations de l'industrie musicale, et de la cadence machinique des grandes métropoles européennes, Ricardo profite du calme de "La Ciudad Jardín" pour bricoler ses mélodies à l'instinct sur Audio Mulch et Cubase. A l'époque, il avoue lui-même ne rien connaître aux synthétiseurs, et s'efforce simplement de produire et d'assembler les sons qui l'attirent. Sans professeur ni véritable accès à internet, Ricardo triture ses fréquences avec une naïveté troublante. En 2007, il envoie quelques démos chez Border Community, le label de James Holden, qui décide de sortir son premier EP El Sunset. L'accueil est favorable mais l'assimilation rapide des productions du musicien chilien aux représentants de la house progressive, dont il n'apprécie pas particulièrement la musique, pousse Ricardo à changer de cap. Au cours de ces six dernières années, obsédé par le besoin de créer librement et ne supportant ni les étiquettes ni les commandes, il partage l'ensemble de ses sorties entre des labels aussi différents qu'In Paradisum, Traum Schallplatten, ou encore Natura Sonoris. En octobre 2013, Treillis, son premier album, sort chez Desire, label français indépendant, sur lequel sont signés entre autres Egyptology et Ike Yard.

Quoiqu'en dise Ricardo, les onze morceaux de Treillis tiennent plus de l'aboutissement que de la rupture radicale avec ses travaux antérieurs. Flottant quelque part entre les nappes synthétiques de Boards of Canada, les riffs distordus de My Bloody Valentine, et les cadences frottantes d'un Rezzett, Treillis sillonne dans les eaux troubles d'une electronica-shoegaze qui constitue désormais la griffe du producteur. Souvent rapproché du noise rock, les productions de Ricardo broient pourtant sans doute plus qu'elles ne bruissent. On est loin des performances d'un Ron Morelli ou de la violence de Low Jack (qui a par ailleurs remixé un de ses morceaux). L'atmosphère générale balance entre boucles psychédéliques, mélodies lointaines et rêveuses, et lignes de basse tassées dans le grain. Un onirisme façon Cité d'Or, ambiance mécanico-chamanique et graviers. Des textures synthétiques qui absorbent et transportent comme les couleurs d'un dessin animé des années 80. Un rêve terreux et profondément incarné. Une musique introspective marquée par des expériences universelles, selon les mots de Josh Hall.

Si vous avez manqué l'album en octobre dernier, la séance de rattrapage est fixée au 9 juin, à l'occasion de la sortie d'un EP reprenant deux titres phares de l'album (Hundreds et Garden) - respectivement remixés par Daniel Avery et Bass Clef.

Ricardo Tobar, l'entretien

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Photos © Helene Peruzzaro

Depuis 2007, tu as sorti sept EP's & singles et un album, sur sept labels différents. Comment expliques-tu cette fréquence de changement ? C'est volontaire de ne pas être vouloir être affilié à un label ?
Since 2007, you’ve released 7 EPs & singles and one album, on 7 different record labels. How do you explain this turnover? Is it something intentional, not to be affiliated with one label?

Quand j'ai commencé, je pense que je n'étais pas vraiment conscient de tout ça. J'aimais quelques labels et je leur ai envoyé plusieurs démos. Mais les labels veulent, ou ont déjà, leur propre pâte, et attendent quelque chose de précis. En tant qu'artiste, le besoin d'évoluer, de chercher quelques chose de nouveau, est primordial. J'essaie de travailler avec des gens qui sont intéressés par mes morceaux au moment où je les produis. Il n'y a aucun intérêt à se répéter - pour le meilleur ou pour le pire.

I think when I started I wasn’t conscious about all this label stuff. I just liked a few record labels and I sent them some demos, but labels want or have their own sound and they expect something from you… As an artist you always need to evolve and search for something new or different so I try to work with people that are interested in my songs and in the phase I’m going through in the present. There’s no point on repeating yourself, for better or for worse.

Treillis est ton premier album, comment as-tu abordé ce changement de format ? Penses-tu que cette expérience va influencer tes productions à venir ?
Treillis is your first album, how did you approach this new format? Do you think this experience will affect your future releases?

J’essayais de travailler sur un album depuis une éternité mais au début j’étais complètement perdu. Je n’avais pas de concept, rien… la musique était cette chose abstraite que je faisais parce que j’aimais ça. Je savais que c’était de la techno et je savais que je ne voulais pas servir de matériel pour DJ mais ça s’arrêtait là. Donc l’idée de faire un album était géniale mais ça m’a pris un temps fou de comprendre ce que je voulais. En fait, c’est le mot “art” qui m’a sauvé. J’ai découvert que c’était plus important que ce que j’imaginais avant, même si ça sonne prétentieux.

Je crois que ça m’a vraiment influencé et je serai heureux de faire un nouvel album aussi vite que possible.

I was trying to work on an album since ages really but at the beginning I was completely lost. I didn’t have a concept or anything… music was this abstract thing that I was doing because I just liked it. I knew it was techno and I knew I didn’t want to be dj material but that was it. So the idea of doing an album was great but it took me ages to realise what I wanted. In fact the word « art » saved me. I discovered it was more important than anything else I was thinking before, even if that sounds pompous.

I think it really influenced me and i would be happy to do another album as soon as i can.

Lorsque tu as commencé à tourner, tu évoquais souvent les difficultés liées au passage de la production au live. Est-ce un problème que tu as réussi à maîtriser avec le temps ? Comment la perspective de jouer en live a-t-elle influencé ta manière de produire ?
When you started to tour, you often mentioned the difficulties you had going from the studio to live music. Do you still have this problem? How did the prospect of playing live affect your compositions?

Je pense avoir toujours quelques problèmes avec ça. Je joue toujours dans des clubs et les gens, même s’ils aiment ta musique, ils veulent avoir une expérience physique, ou au moins danser un minimum. Quand j’ai commencé à jouer en live c’était très difficile pour moi. J’étais souvent très frustré donc je me suis mis à produire des morceaux en ayant en tête l’idée des clubs mais je pense que c’était affreux. C’était une phase d’apprentissage et je suis heureux d’être passé par là.

I think I still have some problems with that. I’m always playing in clubs and people, even though they like your music, they want to have a physical experience or at least dance a little bit. When I started to play live it was really difficult for me. I was often really frustrated so I started to do some songs with clubs in mind but I think it was awful. It was a learning curve and I’m happy I went through that.

Dans le prolongement de ma question précédente, tu as déclaré, dans une interview avec Ibiza Voice, que tu ne savais pas faire de hit et que tu ne serais pas capable de composer spécialement pour le dancefloor. Pourtant, comme la plupart des artistes issus de la scène électronique, tu joues majoritairement en club. Comment parviens-tu à gérer cette tension entre le souci de garder ta ligne musicale et la "nécessité" de faire danser le public ?
You said in an interview with Ibiza Voice that you didn’t know how to make a hit and that you wouldn’t be able to compose a song especially for the dancefloor. And yet, as many electronic artists, you play mostly in club. How do you get to handle that tension between keeping your musical orientation and the need of making people dance?

Il y a toujours cette pression en concert parce que ça peut très bien se passer ou très mal. Tout dépend de mon humeur et des gens présents. Mais en général, le public des premiers rangs est déçu parce qu’ils veulent toujours quelque chose de différent. je crois que je fais l’exact opposé de ce qui fonctionne dans un club. J’essaie de continuer à peaufiner ça, c’est le secret !

There’s always this tension when I play live because it can go really well or really bad. It all depends on my mood and the people there with me. But usually people in the front are not happy because they always want something different. I think I just do the whole opposite of what works in a club. I try to keep refining that, that’s the secret !

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Tu as commencé à composer avec peu d'équipement, un logiciel téléchargé sur internet et quelques machines, ce qui a conditionné ton esthétique lo-fi, brute. Pourtant, sept ans plus tard, tu es toujours animé par la volonté de "salir" tes productions, de les traîner dans la terre, de distiller ça et là des imperfections, des cahots dans la rythmique et de fissurer tes lignes de basses. L'omniprésence de la distorsion est l'une de tes marques de fabrique, et ce souci ce raffinement dans le sabotage donne un aspect très vivant, presque animal, à ta musique. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce choix esthétique ?
You started to compose songs with very few equipments, a hacked software and some electronic musical instruments, which determined your lo-fi, rough aesthetic. However, seven years later, there’s still a desire to mess with your songs, get them dirty, to spread some imperfections here and there, some irregularities in the rhythm section and cracks in your bass lines. The distorsion’s omnipresence is one of your trademarks, and your refinement in sabotaging give a very lively, almost bestial aspect to your music. Could you tell us a little more about this aesthetic choice?

Ce n’était vraiment pas conscient. J’imagine que c’était parce que j’étais tellement plongé dans le noise rock. Tout ce que j’aime est toujours un peu noisy donc ça me paraissait naturel de produire des morceaux comme ça. J’ai toujours pensé que je n’étais pas assez extrême cela dit. Je veux aller encore plus loin.

It wasn’t conscious really. I guess it was because I was so into noise rock. Everything I like it’s always a bit noisy so it just feels natural for me to do songs like that. I always thought I wasn’t extreme enough though. I want to go further.

Un autre aspect caractéristique de tes productions, c'est leur force visuelle et leur faculté à engendrer des visions chez celui qui les écoute - une musique hallucinogène en un certain sens. On a souvent évoqué l'influence du mysticisme sur ton travail. Comment lies-tu la spiritualité à la musique ?
Another distinctive aspect of your productions is their visual impact and their capacity of creating visions in the listener’s mind - a kind of mind-expanding music. The influence of mysticism on your work has often been mentioned. How do spirituality and music connect in your work?

La spiritualité est quelque chose de très important dans la vie, du moins c’est ce que je pense. Si tu creuses un peu et que tu vas au plus simple, tout est spirituel. La créativité en est un aspect important et la musique est une petite partie de cet ensemble. Chaque manisfestation est d’égale importance, donc la photo, la peinture, la musique, la poésie ou n’importe quoi d’autre, tout est connecté. Il ne devrait pas y avoir de différence entre tous ces éléments.

Spirituality is something really important in life, I think, at least for me. Everything is spiritual if you go deeper and if you simplify things. Creativity is one important aspect of it and music is a tiny part of that circle. Any kind of manifestation is just as important, so pictures, paintings, music, poetry or everything you could think of is connected. There should be no distinction between all of them.

Une autre formation qui s'inscrit dans cette dynamique profondément visuelle, et à laquelle tu as souvent été comparé, c'est Boards of Canada. Pourtant, à ma connaissance, tu n'as jamais personnellement fait mention du duo écossais dans tes interviews. Est-ce une filiation que tu assumes ?
There’s another formation which fit into this really visual movement, and to which you’ve often been compared to, it’s Boards Of Canada. But to my knowledge, you’ve never mentioned the scottish duo personally durung your interviews. Do you agree with this affiliation ?

Je les aime beaucoup. Mais j'imagine qu'aujourd'hui, tout peut sonner comme du BoC, donc j'essaie de prendre mes distances avec eux. Et pour être honnête, ils sont trop bons pour que je puisse me comparer à eux. Mais je pense qu’on a la même influence : My Bloody Valentine.

I like them a lot. I guess everything can sound like BoC now so I try to keep my distance from them. And to be honest I can’t really compare to them, they are so good. But i guess we have the same influence : my bloody valentine.

Dans plusieurs interviews, tu mets l'accent sur le besoin de composer une musique qui a du sens, qui est riche de sens (meaningful). Qu'est-ce que ça signifie exactement pour toi une "musique qui a du sens" ?
During several interviews, you insisted upon the fact that you need to compose music which is meaningful. What do you mean by that exactly?

Quelque chose qui ne soit pas évident et qui puisse durer. J’ai souvent été comparé à d’autres artistes que je n’aimais pas particulièrement parce que j’étais sur le même label. J’ai eu envie de m’éloigner de tout ça et de dire “Fuck”, vraiment. Si je dois faire un disque de noise pour y parvenir, alors je le ferai.
Donc “faire de la musique qui a du sens”, pour moi, c’était de continuer à produire des morceaux, non pas pour l’argent ou pour la hype, mais qui me touchent ou me transforment. Si ça peut me toucher, alors peut-être que ça en touchera d’autres.

Something that’s not obvious and that can last. I was often compared to other artists that I don’t really like only because I released on the same label. I wanted to get far away from that and to say « fuck that » really… If I have to make a noise record to get there, i will. So meaningful was for me to stay making songs no for money or to be hyped, just to do something that can move me or change me. If this can affect me maybe it can affect others.

Treillis est un excellent album dont la richesse justifierait de longues heures de discussion. Malheureusement le temps nous manque, je me limiterai donc à une seule question formelle. Au trois quart de "Garden" (présent sur l'EP), tu injectes une coupure brutale en pleine mesure, puis repars tranquillement comme si de rien était. Tu mets souvent l'accent sur l'importance de la liberté créative. Est-ce que c'était ta manière de reprendre le contrôle sur la forme et l'aspect sclérosant de nos habitudes d'écoute ? Une sorte de fuck you musical pour manifester ton côté punk ?
Treillis is an amazing record we could talk about for jours. Unfortunately we don’t have the time so I’ll just ask you one formal question. At some point in the song “Garden” (from the EP) you make a sudden break in the middle of the rhythm then start again as if nothing happened. You often insist on the importance of the freedom of the creativity. Was this your way to take over our listening habits? Some sort of punk musical “Fuck You”?

C’est gentil, merci mec ! Je fais généralement ce genre de choses afin de dissimuler toutes les erreurs faites lors de l’enregistrement, mais j’aime mettre une coupure dans un morceau à chaque fois que ça semble opportun. J’ai toujours aimé Nine Inch Nails et Trent Reznor détruisait ses morceaux de cette manière. Je lui ai piqué ça. C’est très important de garder une attitude punk face à la musique, tu dois faire ce que tu as envie de faire, toujours.

That’s nice, thanks man. I usually do everything like that to cover all the mistakes i did during the recording, but I like to break a song whenever it feels right. I was always into Nine Inch Nails and Trent Reznor was destroying his songs like that. I grabbed that from him. To have a punk attitude towards music is really important, you have to do whatever you want to do always.

L'autre extrait de l'album présent sur l'EP, c'est "Hundreds" - rien d'étonnant diront ceux qui l'ont découvert via l'album, tant il était impossible de rester insensible à la puissance mélodique dégagée par le morceau. Pourtant, tu sembles entretenir des rapports ambigus avec cette track. Dans une interview avec Electronic Beats, tu déclarais qu'elle s'intitulait "Hundreds" parce que tu avais facilement composé des centaines de morceaux de ce genre, que tu avais décidé de "put something like that on the album just for the sake of it", “pour la forme, par principe”. Etait-ce une forme de concession pour ton public ? Est-ce que tu peux nous parler un peu plus de ton rapport avec ce morceau ?
The other song present on the album which was also on the EP is “Hundreds”. But you seem to have an unclear relationship with this track. During an interview with Electronic Beats, you said that it was called “Hunderd” in reference of the fact that you’ve composed hundreds of songs just like that one and that you decided to "put something like that on the album just for the sake of it". Was it some sort of concession for your audience? Could you tell us a little more about this song?

J’ai des sentiments mitigés pour tous les morceaux que j’ai composés ! Je n’en suis jamais satisfait, j’ai dit ça parce que je fais généralement ce genre de morceaux très rapidement pour les effacer au final parce qu’ils sont… je ne sais pas comment l’expliquer mais la plupart du temps, quand quelque chose est facile à faire, tu ne lui accordes pas une très grande valeur. J’aime beaucoup la distorsion sur “Hundreds” cela dit.

I have mixed feelings with every song i’ve made ! I’m never satisfied with them, I said that because I usually do songs like that really fast but at the end of the day I end up erasing them because they feel… I don’t how to explain it, but usually when something is easy to do you think it’s not worth it. I like the tape distortion on hundreds a lot though.

Les deux autres artistes présents sur l'EP sont Daniel Avery et Bass Clef. Comment le projet de cet EP a-t-il été conçu ? Qu'est-ce qui a déterminé votre volonté de travailler ensemble ?
Daniel Avery and Bass Clef also play on the EP. How did you come up with this project? What made you want to work together?

Avec Daniel, on parlait de faire un truc ensemble depuis un moment. On aime beaucoup ce que fait l’autre donc c’était génial de collaborer. Je ne connais pas Bass Clef personnellement mais j’ai toujours aimé sa musique et Jérôme (Mestre) de Desire le connaissait donc tout s’est fait simplement et de manière spéciale. Je suis très content de l'EP pour être honnête.

We were talking with Daniel to do something together since some time, we are really fan of each other so it was amazing to do the collaboration. I don’t know Bass Clef personally but I always liked his music and Jerome from desire knew him so everything was really special and easy to handle. I’m really happy with the EP to be honest.

Tu vis en France depuis quelques années maintenant, mais tu es né et a grandi au Chili. Quels rapports (musicaux) entretiens-tu avec ton pays d'origine ? As-tu eu l'occasion de jouer au Chili ? Existe-t-il une scène électronique là-bas ?
You’ve been living in France for some years now but you (were born and) grew up in Chile. What musical relationships do you have with your country of origin? Did you have the chance to play there? Is there an electronic scene?

Il y a une petite scène électronique là bas mais je n’ai aucun rapport avec eux. Je me sens tellement loin de ça. Les Djs s’intéressent à quelque chose que Luciano ou Villalobos ont déjà fait. Ils sont plus intéressée par les à-côtés de la vie de Dj : porter des lunettes de soleil en boîte, mettre une écharpe quand il fait super chaud, et se complaire dans cette ambiance superficielle. C’est comme s’ils avaient 10 ans de retard… Mais je suppose que c’est normal, on entend encore des morceaux identiques à ce que faisait Border Community il y a dix ans auparavant même si tout le monde est passé à autre chose.

There’s a little scene there but I’m not related to all that at all. I just feel so different to them. Dj’s there are focused on something that luciano or villalobos already did. They are more interested in the life of a Dj : wearing glasses inside a club, using a scarf when it’s really sweaty and stay in this uninteresting constant groove. It’s like they are 10 years away… but I suppose is normal, you still hear songs copying what Border Community did ten years ago even though everybody moved on.

Dernière question, est-ce que tu peux nous parler un peu de tes projets à venir ? Lives, nouvel EP, etc. ?
Last question, could you tell us about your future projects ? Lives, EPs, etc?

Je joue au Social Club à Paris le 19 juin et j’ai quelques dates après ça. Je ne souhaite pas parler des prochaines sorties mais des choses sont prévues !!

I’m playing in paris at the Social Club on june 19th and I have a few dates after that. I don’t want to talk about releases yet, but there’s some stuff coming out !!

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux

Audio


Who are you In Paradisum ?

In Paradisum Mixtape(Dis)continuité discographique du label Fool House, In Paradisum, conjointement chapeauté par Paul Régimbeau - plus connu sous le patronyme de Mondkopf - et Guillaume Heuguet, se pose, avec Antinote, Dement3d (lire) et Get the Curse, en fer de lance hexagonal d'un nouveau souffle techno à la fois plus intellectualisé et moins festif, plus dur mais non moins référencé. En somme, l'antidote à la lèpre Ed Banger. Esthétiques musicale et graphique cohérentes - tendant de pair vers des ténèbres insondables -, rythme de sorties de plus en plus soutenu, In Paradisum n'est déjà plus un jeune label, quand bien même son back catalogue dénombre autant d'artistes qu'une main compte de doigts : Mondkopf donc, mais aussi Low Jack - présenté il y a peu ici même (lire) - ,  Somaticae - évoqué à l'occasion de son LP Catharsis (lire) - , Qoso et Insiden. Un peu plus même si l'on s'enquiert de Ricardo Tobar migrant depuis lors sous les cieux de Desire Records afin de faire paraître son ultime album Treillis. L'idée ici est de développer un son propre à chaque producteur, de le faire maturer sur la durée, pas de faire nombre avec une kyrielle de maxis émanant de toute part. Oscillant entre house, techno-noise, ambient et musiques industrielle et drone, les cousins français d'Hospital Productions, Blackest Ever Black ou Long Island Electrical Systems se confient ici par la voix de Guillaume Heuguet à une poignée de jours d'une soirée In Paradisum XIII (Event FB) réunissant samedi prochain au Garage MU Somaticae, Low Jack et Ren Schofield aka Container - et dont on vous fait gagner quelques places en fin d'article. En prime une mixtape, taillée dans l'acier et le béton, à écouter et télécharger ci-après.

Mixtape

01. Charlemagne Palestine - Beauty Chord + Voice (Alga Marghen)
02. Ben Frost - Sleeping Beauty (benfrost.bandcamp.com)
03. Witxes - The Weavers (Denovali)
04. Swans - Weakling (Neutral)
05. Pharmakon - Pitted (Sacred Bones)
06. Katie Gately - Last Day (Public Information)
07. Hopen - Paloma Black Ordax (Everest Records)
08. Ike Yard - Dancing + Slaving (Acute Records)
09. Elg - Notringo Indigo (SDZ Records)
10. Violetshaped - CX310 (JK Flesh reshape) (Violet Poison)
11. MKFN - When they set their eyes to cast me (Mesheland)
12. These Hidden Hands - Severed (Hidden Hundred)
13. Vapauteen - You'll get used to it (L.I.E.S)
14. Eurythmics - Jennifer (RCA)

Entretien avec Guillaume Heuguet

face InsidenD’où vous est venue l’idée et la volonté de créer In Paradisum ? Quelles sont les dates ou événements importants dans votre démarche de création du label ?

On avait Ease Your Pain sous la main… Et puis on a eu envie de revendiquer les trucs que par défaut on écoutait un peu qu’entre nous. Au final, ça nous a permis d’entrer en relation avec pas mal de gens qu’on aurait bien aimé connaitre plus tôt.

Très prosaïquement, le label a-t-il bénéficié de la notoriété préalable de Mondkopf pour exister ? 

Ce sont les ventes de nos projets précédents qui nous ont permis de financer les premières sorties. Mais honnêtement, chaque disque reste un défi.

Au-delà du nom - que l'on peut concevoir comme une antithèse gothique de l'esthétique musicale du label - comment définiriez-vous cette dernière ? 

On aime bien les choses un peu sauvages… Je ne sais pas, j’espère que d’autres la définiront pour nous.

Mondkopf, Low Jack... le label semble a priori résolument orienté techno. Un a priori vite contrecarré par la présence de Saåad ou Insiden. In Paradisum est-il conçu comme espace de confrontation et d'expérimentation comme en témoigne la bien nommée Last Love réunissant Mondkopf et Saåad sur la compilation The Black Ideal ?

Oui sans doute, on est prêt à voir où la musique nous mène.

Dans le même ordre d'idée, Somaticae, Ricardo Tobar et Qoso viennent d'univers sensiblement différents. Qu'est-ce qui les fédère à vos yeux et comment choisissez-vous les artistes avec qui vous souhaitez travailler ?

Ce sont un peu tous des enfants sauvages, avec un style un peu trop personnel pour correspondre d’emblée à une scène établie… Par exemple, même si Ricardo a un passé avec Border Community, au moment de son maxi il n’avait plus de “maison” évidente, sa musique avait évolué. Parfois In Paradisum c’est un peu l’orphelinat.

Quel lien faites-vous entre l'esthétique musicale du label et l'aspect graphique, résolument influencé par l'indus et le métal ? 

Le lettrage est dessiné à la main avant d’être envoyé à l’impression pour chaque disque de la série sans pochette, je crois que ça représente bien l'ambiguïté de nos disques qui gardent une dimension assez “incarnée”. Notre graphiste Jules Estèves vient du fanzinat et de l’illustration. Pour nous, plus qu’une esthétique métal, c’est de la confusion organisée, un espace pour se projeter.

Quelles sont les voies de développement du label ? Après la collaboration avec BLWBCK, allez-vous collaborer avec d’autres labels ? Allez-vous exploiter d’autres formats ?

On est agnostiques sur le format, on choisit en fonction de la musique. Mais le format LP ou disque, pour graver 35-40 minutes de musique, correspond bien aux projets en cours. Les voies de développement du label pour l’instant, c’est surtout l’évolution de la musique de Philippe, Charlie, Amédée et Paul, même si on reçoit aussi des propositions de plus en plus pertinentes.

Somaticae

 À ce titre, vous cherchez à organiser des concerts et non plus uniquement des soirées. Est-ce la marque d'un changement de direction du label ?

On a un peu plus d’opportunités pour faire des concerts aujourd’hui, même si on va peut être en faire dix ou zéro dans les prochains mois, là aussi c’est à l’instinct. On a toujours voulu faire des concerts - on avait fait Ben Frost et Roly Porter en format assis à la Gaîté Lyrique. Dans notre tête, le label ça a toujours été les deux situations d’écoute aussi. On a effectivement plusieurs projets qui sont assez loin des formats DJ, mais on n’a aucune intention de “se libérer du dancefloor”.

En parlant de soirées, In Paradisum en a organisé de multiples à Paris, alignant artistes du label aux côtés d'autres tels Andy Stott, Perc ou Oneohtrix Point Never. Est-ce une façon de prolonger l'idée du label ou d'inscrire celui-ci dans un contexte plus large, international ? 

À la base, on voulait surtout voir ces artistes jouer. C’est vrai que le soutien de gens en dehors de ceux qu’on fréquente à Paris est important. En commençant, on ne pensait pas qu’on aurait un vrai échange avec des gens comme Perc ou Ron Morelli. Mais c’est surtout grâce aux disques, les soirées ont peu d’écho en dehors de la France - enfin, à part sur les tourneurs spécialisés, dont c’est le boulot de savoir qu’on existe…

Qui sont les amis d'In Paradisum ? Pensez vous que le label s'inscrit dans une scène particulière ?

Ici, Quentin d’Antinote est un mec qu’on aime beaucoup, je le connais depuis ado en fait.

La rencontre avec Julien de Dement3d et son ouverture d’esprit nous a fait nous sentir moins seuls quand on a commencé le label… Il y a Jules qui fait Unknown Precept avec une passion rare, on va faire un peu de radio ensemble… Les gens de Get the Curse sont vraiment des mecs bien, j’aime beaucoup leur émission Odd Frequencies. BLWBCK avec qui on a donc sorti une cassette. D’ailleurs Greg de Saaad jouera avec Mondkopf sur scène…

On s’entend bien avec Michael d’Ancient Methods (lire), Perc, Pete Swanson, Ron Morelli, Paul d’Emptyset, Untold… Sur l’aspect strictement musical, ce que mixe Forbidden Planet, le label Berceuse Héroïque, et évidement plein d’autres qu’on admire de loin, notamment dans le métal et l’indus comme Handmade Birds, Hospital Productions, Blackest Ever Black…

Tout cela fait peut-être une scène mais pas centrée sur un genre particulier, ce qui nous va bien.

Quel est le futur proche du label, notamment en termes de sorties ?

On vient d’avoir les versions finales de l’album d’Insiden, groupe qui inclut Somaticae. C’est de l’ambient sombre mais c’est loin d’être réservé aux amateurs du genre. Il y un projet assez spécial de Mondkopf qui est prêt, un nouveau maxi de Qoso qu’il est en train de finir, et les autres sont sur la suite aussi.

Chroniques

Somaticae - Pointless (article paru le 1er juillet 2013)

Si l'on a déjà présenté la verve techno-noise du Grenoblois Somaticae à l'occasion de son premier LP Catharsis (lire) - paru via In Paradisum - , inutile de dire qu'on attendait avec une certaine impatience, pétrie d'un masochisme compulsif, sa traduction à l'écran - tant l’introspection maladive du jeune homme, hybridant électronique, ambiant et métal d'un même élan vers l'abîme, recèle d'une imagerie à la noirceur inhérente. Fractales obscures et anthracites d'images à peine identifiables, mais épousant libidineusement l'ambiance claustrophobe de Pointless, la réalisation d'Hugo Saugier ne déçoit pas, bien au contraire, accompagnant cette ode aux enfers au degré d'abstraction requis : celui où l’œil, pétrifié de souffrance et de folie, ne distingue plus autre chose que les formes se mouvant dans les ténèbres devenues monde. Flippant.

http://www.youtube.com/watch?v=_t_CQ7Scwgc

Low Jack - Flashes (article paru le 23 septembre 2013)

Peut-être que je sortirai un truc de gaber hollandais ou de ghetto house à 135bpm plus tard dans l’année, va savoir. C'est en ces mots que le producteur parisien Philippe Hallais, oeuvrant sous le patronyme de Low Jack, évoquait son futur proche discographique lors d'une interview (lire) faisant suite à sa récente collaboration avec Qoso sur In Paradisum (Like It Soft). Evidemment, on se persuadait de la boutade bien senti tant on devinait que ses textures grimées entre lenteur et fracas étourdissant, allaient continuer à s'obscurcir et s'inscrire par les deux bouts en pleine maturation techno-noise, conjuguant sur Flashes - son EP paru le 30 septembre -, sonorités industrielles et rythmiques métal. Ledit maxi est défloré par la mise en images signée Loup Sarion, Théo Mérigeau et Clément Thuriot du morceau introductif du même titre, à découvrir ci-après, superposant non sans réussite parfums d'apocalypse et instinct animal.

http://www.youtube.com/watch?v=U3y4u6ThMKs

Concours

IPXIII

On vous fait gagner deux places pour la soirée du samedi 30 novembre avec Somaticae, Low Jack et Container. Pour tenter le coup, rien de plus simple : envoyez vos nom et prénom à l’adresse hartzine.concours@gmail.com ou remplissez le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront tirés au sort le 29 novembre et prévenus par mail le lendemain matin.

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Ricardo Tobar - If I Love You (D'Marc Cantu Remix)

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Livré avec trois remixes par Samuel Kerridge, D'Marc Cantu et Low Jack, l'edit If I Love You du plus parisien des Chiliens Ricardo Tobar préfigure son très attendu premier LP à paraître en octobre prochain sur Desire Records. Celui que l'on avait découvert via deux EP parus par l'entremise de la Border Community de James Holden, et qui a l'année passée sorti un EP via la structure plus sombre et expérimentale In Paradisum de Mondkopf, entonne avec If I Love You la parfaite voie médiane entre savoir-faire club et expérimentations électroniques. À la fois évident et ésotérique, dansant et noise, extatique et mental, c'est avec justesse que son label peut s'essayer à le décrire telle la face punk d'une musique électronique en perpétuelle recomposition.

Audio

Tracklist

Ricardo Tobar - If I Love You 12" (Desire Records, septembre 2013)

A1. D’Marc Cantu Remix
A2. 12’’ edit
B1. Samuel Kerridge Remix
B2. Low Jack Remix