Pictureplane - Thee Physical

Plus dark, plus sexy, le déconstructiviste de la dance Travis Egedy joue les prolongations du revival 90’s avec son nouvel opus, Thee Physical.
Deux ans après Dark Rift, Pictureplane est toujours aussi décomplexé du sampler en nous rappelant à nouveau nos premiers pas de danse sur des pépites 90’s comme celles de Snap!, Corona, voire même N-Trance pour les plus hardis d’entre nous….Des clins d’œil culottés mais pas ironiques pour un sou. L’essence des années 90 flotte toujours sur Thee Physical : du sampling à tire-larigot (Body ModTrancegender, Breath Work), des variations de rythme dignes des plus grands hymnes trance (Black Nails), dub-step et hip-hop, des a capella de diva black en boucle (Sex Mechanism, Touching Transform), des voix clippées, des synthés frais et sautillants (Breath Work, Touching Transform, Body Mod) des lignes de basse intenses  (Black Nails) et de la réverb', BEAUCOUP de réverb'. Près de dix ans après l’apogée de la dance music et de ses rejetons en sous-genres, la déconstruction savante au cœur du projet Pictureplane met en avant et questionne la proéminente culture musicale club des années 90, qu’on avait bien vite fait d’oublier, tout honteux qu’on était. Alors que les années 90 ont vu exploser et se commercialiser à grande échelle les genres et sous-genres électroniques à destination des dancefloors, un marketing à la truelle va imposer au grand public une sélection musicale étendue mais superficielle. Un petit tube et puis s’en vont. Avec Pictureplane, Egedy reprend à contre-courant les tendances consuméristes des années 90 pour en créer quelque chose de créatif, frais et plus profond et où l’amateur de musique devient enfin maître de ses expériences musicales.

Moins nostalgique que Dark Rift, Thee Physical met particulièrement en avant un triptyque plutôt psychédélique Mind/Body/Real, au cœur du Thee Physical Concept Manifesto, un écrit un peu timbré mais inspiré, éclairant sur la nature de cet album-concept, et d’une verve pratiquement surréaliste que n’aurait pas reniée André Breton s’il était né en 1990 avec une casquette fluo vissée sur la tête. Bien loin de l’électro/shoegaze ambiante (witch-house) de Salemou oOoOO à laquelle on l’associe parfois à tort, avec Thee Physical, Pictureplane s’attaque donc à la reconquête du tangible. Ambiances feutrées, corps qui se touchent et tendances fétichistes éhontées dans Black Nails où Egedy nous susurre :« I got some black nails, come on let me feel you right now » ; sexualité extravertie et expérimentale dans Sex Mechanism et Trancegender (« Coz you could be my boy if i was your girl, genderless ») ; imitation d’un souffle qui s’accélère dans une construction rythmique détonante avec Breath Work. « The ill-behavior’s back » nous dit Black Mod et on l’admet sans peine : Thee Physical est sexuel, effronté et entraînant à s’en damner.

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Tracklist

Pictureplane, Thee Physical (Lovepump United Records, juillet 2011)

1. Body Mod
2. Black Nails
3. Sex Mechanism
4. Touching Transforrm
5. Post Physical
6. Techno Fetish
7. Real is a Feeling
8. Trancegender
9. Negative Slave
10. Breath Work
11. Thee Power Hand


Pictureplane - Post Physical

Pionnier de la scène dark-wave, à tout juste 26 ans et déjà quatre albums au compteur, Travis Egedy peut se tarir d’avoir mis la scène électronique en ébullition. A travers sa musique, le musicien de Pictureplane crée une esthétique décadente puisant autant dans le gothisme et le fétichisme que dans le grunge et le hip-hop. En résulte un mariage contre-nature, non sans rappeler les extravagances chères à Michael Alig et ses Club Kids, illustrant parfaitement des perversions auditives éreintantes, bien que jouissives, totalement inclassables. Des fantasmes SM couleur rose bonbon, mis en image avec la frénésie d’un hachoir électrique. Délicieusement malsain.

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