Hz Monthly Mixtape – September15

septembre

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger. Ce mois-ci, deux parties, north & south, à vous de choisir.

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Hz Monthly Mixtape - September15 PART NORTH

01. John Lemke - Kleinod
02. Angel Ho - Yah Cunt
03. Haf Haf - Kuro No Meiro
04. Skinny Puppy - Sleeping Beast
05. Helena Hauff - Spur
06. SNTS - le B1
07. Szeb - Gomb V2
08. Rrose - Purge
09. Ben Vedren & Pit Spector - Rave 3000
10. Jedsa Soundorom - Champagne (jef k Remix)
11. Positive Centre - Great Excavator
12. Ryo Murakami - Bias

Hz Monthly Mixtape - September15 PART SOUTH

01. Plapla Pinky - Appel
02. Night Court - Hector’s Crew
03. Crystalite Feat. Kristen - Cut By A Laser
04. S3A - Theuz Hamtaak
05. Savant - Shadow In Deceit
06. The Magic Valley Tarot Society - MVTS5
07. Shannon and the Clams - How Long?
08. Young Thug x Lotic - Halftime x Phlegm
09. Brookee Burnside - Freestyle 1
10. Lou Barlow - Nerve
11. Destroyer - Times Square
12. Blank Realm - Gold
13. Low - What Part Of Me
14. Cymande - Getting It Back
15. Here We Go Magic - Ordinary Feeling


On y était : Destroyer au Nouveau Casino

Les oreilles et l'objectif d'Hartzine étaient donc présents au Nouveau Casino le 11 juillet dernier à l'occasion du passage de Destroyer, notre entité favorite du Canadien Dan Bejar, auteur du récent Kaputt, nouveau sommet d'une discographie qui en comptait déjà quelques uns. Et on n'a pas été déçu par la prestation de Bejar et ses musiciens, visiblement contents d'être là, et sûrs de leur force. Devant un public conquis par avance, le groupe déroula ce soir-là un tracklisting sans faille, enchaînant perle sur perle, et rendant justice à chaque titre. On pouvait craindre en effet que le live ne soit pas l'allié naturel de la finesse des instrumentations déployées sur disque. Inquiétude vite balayée par le combo, qui malgré une réelle puissance de feu, ne sacrifiera jamais la subtilité sur l'autel de l'efficacité. Un sans faute du début à la fin, donc, avec une mention spéciale au rappel, qui nous donna l'occasion de profiter de l'excellente Chinatown, qu'on n'en pouvait plus d'attendre.

Crédits Photos : Hélène Peruzzaro

Photos


Destroyer – Kaputt

Destroyer est déroutant. Il a souvent été incompréhensible, mystérieux, inquiétant mais toujours bouleversant à l’image de la petite dizaine d’albums aussi imparfaits qu'attachants qu’il a produits depuis une quinzaine d’années. Loin de moi l'idée de vous retracer les hauts et les bas de sa carrière. Vous avez déjà votre opinion sur les élucubrations de son chantre et peut-être même sur ce Kaputt. Mais alors pourquoi vous adresser mes impressions me direz-vous ? Pas seulement parce que le dernier album de Destroyer bénéficiait jusqu’ici d’une faible distribution et qu’il vient de ressortir en Europe grâce à Dead Oceans et Differ-ant, mais surtout pour des raisons qui me sont chères. Tout d’abord, parce qu’il est difficile pour un produit d’une pop soignée de gagner l’intérêt d'un certain public. Comme si seuls les styles musicaux moins immédiats avaient le monopole de la profondeur et de l’authenticité. Ainsi, pour n’en citer que quelques-uns, certains projets essentiels, à l’image des carrières de Stephen Duffy, de Roddy Frame ou de Paddy McAloon, ont malheureusement souffert du manque de crédibilité pour ne gagner qu’un succès d'estime. Pour en revenir à notre sujet, les solos de flûte, de saxophone et de guitare, la rythmique classique, les chœurs féminins sensuels (Sibel Thrasher) et la production plutôt soignée donnent une couleur faussement lisse et parfaite à ce Kaputt. Mais si l’auditeur méfiant s’abandonne à ce recueil, il découvrira heureusement que ladite pureté frottée aux compositions impies de Dan Bejar engendrent un antagonisme remarquable, une sorte de dédoublement de personnalité musicale à l’originalité rare. Ainsi, hormis l’emballage léché, les 9 constituants de Kaputt ne respectent pas un schéma de pop classique. Les disharmonies subtiles, les structures déstabilisantes, les moments d'intensité insoutenables font de cet album un pur joyau de la couronne spinescente de la discographie de Destroyer. Mais surtout Kaputt est un album sensible, fort et passionné. Bejar est ici le gardien des amoureux torturés, des complices fougueux qu’il couvre de son manteau, réelle enveloppe protectrice et voluptueuse. Il nous fait revivre la liquation et l'alliage ; il nous rend, pendant un peu moins d’une heure, la douce ivresse des moments divins passés dans les bras les plus précieux du monde… il apaise tous les amants séparés.

Audio

Destroyer - Chinatown

Vidéo

Tracklist

Destroyer – Kaputt (Dead Oceans, 2011)

1. Chinatown
2. Blue Eyes
3. Savage Night At The Opera
4. Suicide Demo For Kara Walker
5. Poor In Love
6. Kaputt
7. Downtown
8. Song For America
9. Bay Of Pigs


Destroyer - Archer On The Beach EP

destroyer-archer-on-the-beachIl y a quelques années, Daniel Bejar échangeait sa peau fauve, électrisée aux façons glam rock, pour une sonate étrange : Your Blues. Que cette œuvre fut une improbable rencontre, c’est peu dire. Des synthétiseurs singeant une atmosphère « cabaret », des chansons comme des passerelles où une impressionnante galerie de personnages nous filait les sensations de l’horreur et du sublime. Bref, un univers de fantaisie et de révolution. Le chanteur de Destroyer s’est peu à peu penché sur sa voix et sa diction phénoménale. Soignant ses mots à la lame fine, les trempant dans des bains d’éther ou dans des immondices artistiquement agencées, Bejar s’est créé une fantastique armada poétique prête à désosser tous les pitres paroliers polluant l’indie pop. Il y a peu, le Canadien revenait à la charge avec Bay of Pigs, une déclamation impressionnante où les mots circulaient dans une farandole discoïde neurasthénique. Listen, I’ve been drinking… Voilà comment il ouvrait cette mystérieuse confession bordée de révélations en arabesque, de cartes postales amoureuses et d’images féminines fugaces : her heart’s made of wood as apocalypses go that’s pretty good. Des textes cryptés, complexes et parfois kitsch naviguant dans les eaux sobres d’une musique prosaïque.

Cet épisode musical se révélait fascinant, dur à la découverte, ombrageux. Archer On The Beach élargit l’entaille. Grandement même. Opus résultant d’une collaboration avec Tim Hecker et Scott Morgan (sur la composition Grief Point), Bejar saisit de nouveau l’occasion de manier le frisson et la lenteur. On peut penser : déconstruction, avant-garde et expérimentation. Mais cette voix, magique acte de présence, intensifie une musique blanche et parfois inerte. Elle convoque les soubresauts un peu à la manière d’Alan Vega. On ressort de cette écoute intrigué et perdu. Un peu comme l’on sort d’une séance de cinéma après avoir vu un film étrange. De savoureux vertiges et un sentiment d’ailleurs qui scintille dans nos yeux. On ne désire donc qu’une seule chose : s’y confronter de nouveau.

Audio

Destroyer - Archer on the Beach

Tracklist

Destroyer - Archer On The Beach EP (Merge, 2010)

01. Archer on the Beach
02. Grief Point